Avec la liste nominative des disparus
et 4 témoignages directs
Sommaire :
Relevés des transports effectués
par le Gallia
Journal « Progrès de Saône et Loire » du 11/10/1916
Lettre du soldat Constant PAQUET
(1e témoignage)
Troisième Témoignage de Jules
Ferry, rescapé
Quatrième
témoignage de René MENARD
Carnet de Guerre de Gaston LEGALLET
Listes nominatives des disparus
Voilà les relevés faits à Toulon en 2004 du registre de
route du Gallia (merci à Fred)
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arrivée au port
1916 |
départ du port |
caractère de
l'embarquement |
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16-mai |
23-mai |
armé en bâtiment de
guerre |
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25-mai |
25-mai |
divers français
serbes |
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29-mai |
30-mai |
divers français
serbes |
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04-juin |
17-juin |
divers français
serbes |
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18-juin |
19-juin |
divers français
serbes |
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22-juin |
22-juin |
divers français
serbes |
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26-juin |
26-juin |
divers français
serbes |
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23-juil |
24-juin |
russes |
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24-juil |
25-juin |
russes |
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30-juil |
31-juil |
russes |
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2 aout |
09-août |
italiens |
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11-août |
11-août |
italiens |
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16-août |
23-août |
français serbes |
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28-août |
02-août |
français serbes |
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02-sept |
03-oct |
français serbes |
Disparu en mer le 4
octobre vers
Les militaires embarqués appartenaient (d'après le Progrès de Saône et Loire du 11/10/1916) aux 35e RI (?), 55e RIT, 59e RIT, 113e RIT, 15e escadron du train des équipages, plus 13 militaires français d'unités diverses ainsi qu'un détachement serbe.
Les 55e RIT, 59e RIT, 113e RIT sont confirmés par la lettre du
soldat Constant PAQUET (du 59e RIT)
Un passage de sa lettre est reproduit ci-dessous :
« ….On était en train de manger quand tout d’un coup, une
formidable explosion se produisit, notre repas finit en même temps, on a dit ça
y est nous sommes foutus, tout de suite on ne se tourmentait pas trop, les
sous-officiers passèrent en disant, ce n’est rien, c’est une avarie de machine,
je tendis la tête au-dessus du bord et je vis que le navire commençait à
s’enfoncer et à 4 ou 5 mètres de nous où nous avions passé, une chose noire qui
sortait de l’eau, c’était le sous-marin qui nous regardait couler ; les
marins commencèrent aussitôt à descendre les barques et tout le monde se
précipitait dedans, il fallait descendre par des cordes à 7 ou 8 m de hauteur,
il y en avait qui sautaient du haut, je me suit dit, c’est pas par là que tu
pourras te sauver, on nous a donné l’ordre d’enlever nos chaussures, je quittai
mes souliers, je gonflai bien ma ceinture de sauvetage, je pris mon livret dans
la poche de ma capote ; j’avais une tablette de chocolat et une boite de
sardines dans ma musette, je les mis dans ma poche et j’attendis, j’étais aussi
tranquille qu’une heure avant, c’est ce qui m’a sauvé.
L’arrière du navire s’enfonçait rapidement, tout le monde se sauvait sur
l’avant en courant, c’était noir de monde et c’était un affolement général, les
barques étaient surchargées et il en montait encore, ça s’écrasait l’un sur
l’autre, je regardais ça, un moment je suis resté seul à l’endroit où j’étais,
j’attendais que mes pieds soient à fleur d’eau pour sauter dedans, je pensais à
vous tous et me lançais dans la mer, je tournai la tête et vis le navire qui se
cabrait tout droit et s’enfonçait d’un seul coup, je me sentis attiré sous
l’eau à je ne sais quelle profondeur, il y faisait presque nuit ; tout
d’un coup, je remontai avec la même rapidité que j’étais descendu comme un
bouchon dans l’eau ; elle était tellement claire que je voyais le ciel au
travers, ma tête vint heurter contre des planches, heureusement que j’avais mis
mon calot, j’étais pris sous un radeau, je me dis il ne faut pas rester là, je
suivis le bord et je sorti de l’eau, je n’eus qu’à mettre la main sur le bord
du radeau et à monter dessus, c’est ma ceinture qui m’a sauvé.
Il y en avait déjà 7 ou 8 dessus,
j’assistai alors à un spectacle horrible à voir, à la place du navire, des
épaves de toutes sortes, des planches, des voitures, des bottes de paille et de
tout et accrochés à tout cela, des malheureux sans qu’on put leur porter
secours, nous avons aidé à monter vers nous tous ceux qui se trouvaient à
portée, nous avions à nous défendre contre les mulets qui voulaient monter
aussi et qui nageaient dans toutes les directions.
La nuit arriva là-dessus et petit à petit le silence se fit, cette nuit
du 4 au 5 on ne peut se faire une idée de ce qu’elle fut pour nous dans l’eau jusqu’à
la ceinture, nous étions 43 où il y avait de la place pour 20, serrés les uns
contre les autres pour nous réchauffer en attendant du secours qui ne venait
pas, les appareils de télégraphie n’avaient pas fonctionné, de temps en
temps on allumait des papiers et aussitôt on en voyait d’autres partout, c’en
étaient d’autres comme nous, le jour vint enfin après cette nuit interminable,
on put se voir avec les autres, il y en avait partout dans des barques et sur
des radeaux, j’en comptai une trentaine tous à la même enseigne, le soleil vint
pour nous sécher, il y en avait en chemise, d’autres en caleçon ; nous
avons passé une partie de la journée à regarder de tous côtés sans rien voir
que le ciel et l’eau ici vers deux heures après-midi on crut apercevoir de la
fumée d’un côté, on ne la quittai pas de vue, c’était bien un navire qui
s’avançait sur nous, il nous aperçut aussi et une heure après il était bien en
vue, c’était un grand croiseur cuirassé français qui transportait des Russes à
Salonique, il vint se placer au milieu de nous et envoya des marins nous
chercher, il prit tous ceux qui étaient en vue, nous aurions pu y rester plus
longtemps, il ne devait pas nous prendre mais le commandant était un brave
homme qui a eu pitié de nous, il détourna sa route pour nous mener à Bizerte et
télégraphia à d’autres navires d’aller chercher ceux qui s’étaient éloignés, on
en a repêché encore le lendemain.
Nous avons été bien reçus à bord du Chateaurenault, c’est le nom du
navire, par les marins et par les Russes qui nous emmenaient partager leur
repas.
Malheureusement quant on a voulu chercher les camarades, bien peu ont pu
se retrouver, la plupart y sont restés, de notre détachement du 59ème les ¾
sont morts, 93 vivants sur 331, il y en avait du 55ème et du 113ème et du 35ème
réserve de l’active, un détachement de serbes et des tringlots tous ont perdu
du monde, nous regrettons nos malheureux camarades et plaignons bien leur
famille du malheur qui les frappe….. »
Ce
texte est tiré du site : http://www.chez.com/saintmartindeschamps/hier/gallia.htm
Vous
pourrez y lire la lettre entière
Note : Le 35e RI est le 235e RI
(35e de réserve) comme dit Constant PAQUET dans sa lettre.
Témoignage d’un soldat du 113e RIT
« Partis de Villers-Cotterêts le dimanche 1er octobre
1916, notre détachement arriva à Toulon le mardi 3.
Il embarqua aussitôt sur le Gallia qui, à 6
heures du soir, levait l’ancre avec plus de 2000 hommes de troupe…..
L’inquiétude disparaît. Nous mangeons tranquillement la soupe quand,
vers 5 h 30, une brusque détonation ébranle le navire. La torpille a
touché l’arrière, trouant la coque vers
les cuisines et faisant exploser des munitions du bord. L’équipage cherche à
calmer les esprits, mais le danger
presse, tout le monde se précipite sur le pont, chacun gonfle en hâte sa
ceinture de sauvetage. Aucun bruit, tout bas les soldats se disent adieu.
Quelques uns atterrés restent assis dans leur coin sans bouger ; d’autres
se débarrassent de leurs habits pour sauter à la mer ; certains, par
contre, éperdus, s’élancent avec leur sac et leur fusil.
Les
matelots coupent les cordages qui
suspendent au dessus de la mer les barques et les radeaux. On s’y
précipite pour y prendre place, mais les échelles manquent ou se rompent. Il faut sauter. Par vingt ou
trente à la fois, les soldats s’élancent sur les barques qui, brusquement
surchargées, chavirent. Tout autour du Gallia des hommes se noient ou se
débattent en appelant au secours.
La sirène,
actionnée par le commandant du bord, hurle sans arrêt, couvrant les appels, les
cris des naufragés.
Les
hommes continuent à sauter, de 20 ou 30 mètres de hauteur, sur les radeaux qui
n’ont pas pu s’éloigner. Il écrasent les occupants ou se tuent dans leur chute.
Notre barque est pleine à sombrer. Il faut nous éloigner au plus vite
car, de plus en plus, le navire s’enfonce et il va nous engloutir dans son
remous. D’un effort surhumain nous
arrivons à nous écarter.
L’arrière du Gallia s’enfonce, les mâts
tombent, des craquements sinistres se font entendre. Un immense tourbillon, une
vague énorme qui nous recouvre et puis plus rien que de l’écume blanche, des
épaves, des noyés, le grand silence.
Nous sommes seuls. Quelques mulets sont remontés à la surface de l’eau.
Ils nagent à côté de notre barque. Ils tentent de grimper et risquent de nous
faire
Nous apercevons des radeaux, d’autres
barques, puis la nuit arrive. Au jour, le matin du 5, nous voyons tout le
tragique de notre situation. Ballottés au gré des flots, nous espérons en un
secours qui ne vient pas.
Vers une heure de l’après-midi, un croiseur
parait à l’horizon. Il ne voit pas nos signaux, il disparaît, et, à l’espoir
d’un instant succède le découragement le plus profond.
La
nuit du 5 au 6 se passe dans l’attente.
Le 7 au matin, nous souffrons de la soif et
la fatigue engourdit nos membres quand, vers 8 heures, on signale des rochers.
Nous reprenons courage. Nous essayons de nous diriger vers la terre. A 8 heures
du soir, enfin, un chalutier vient à notre rencontre et nous abordons sur la
côte italienne.
Les
italiens nous reçoivent à bras ouverts. Ils crient : « vive la
France ! ».Ils nous font manger et boire, ils nous habillent. La
journée est pour nous un enchantement.
Mais à 8 heures du soir, il faut nous rembarquer pour Bizerte.
Là, le 10, nous retrouvons des camarades.
Beaucoup manquent à l’appel ; les télégrammes arrivent de France, réclamant
des nouvelles. A la joie de ceux qui sont sauvés se mêle la tristesse des
familles qui déjà pleurent les disparus. »
Autre témoignage, celui d'un rescapé de ce naufrage, Jules
Ferry, disant être parti de Besançon le 1/10/1916.
« Ce rescapé avait, en son temps,
adressé le récit (détaillé)- avec une petite photo du "Gallia" du
torpillage du Gallia à ma grand-mère, indiquant qu'il y avait eu 1 500
victimes et 1300 rescapés, recueillis sur un bateau appelé le "Château
Renault", qui débarqua ces rescapés
le 6 octobre 1916 à Bizerte. »
Martine MORET, janv. 2005
Merci à Marie Paule, pour la saisie du texte
A Madame MORET, en mémoire et souvenir de son
cher mari mort pour la France, dans cette catastrophe, le 4 octobre 1916.
Parti
de Besançon le 1er Octobre à 9 heures du soir, je suis arrivé à
Toulon le 3, vers 9 heures du matin : embarqué aussitôt sur le
« Gallia » vers midi.
Le
« Gallia » fit route vers 6 heures du soir, la mer était belle, calme
comme un lac ; j’ai été nommé de garde à bord à 4 heures jusqu’au
lendemain pareille heure. On était 48 hommes de garde, 4 caporaux, un sergent.
J’ai passé la nuit de garde sur le pont à l’arrière.
On
vit les côtes de la Sardaigne pendant au moins un heure, mais loin. On ne
voyait que les hauteurs : elles disparurent à l’horizon.
J’ai
été relevé de garde 4 heures et à 5
heures ou 5 heures et demie, on mangea la soupe (maigre manger). J’étais avec
le 35ème Infanterie sur l’avant du vaisseau, tout à fait à
l’extrémité. Vers 5 heures et demie environ, on vit à tribord, c’est-à-dire à
droite en regardant l’avant, au loin, quelque chose de noir, que l’on prit pour
un dauphin encore. Personne ne s’en inquiéta, cela avait l’air d’un gros
poisson et cela en était peut-être un aussi. Vers 6 heures moins le quart,
quelqu’un cria : « une torpille ». Qui est-ce ? Je
l’ignore. Tout de suite, tout le monde sur l’avant fut debout, et
effectivement, à 300 ou 400 mètres, je vis un sillage fait indubitablement par
la torpille. Elle venait en plein travers par tribord, je ne le voyais pas,
mais le sillage était facile à remarquer, mais le vaisseau continuait sa marche
avant, elle ne le toucha que vers l’arrière, au-delà des 2/3 de sa longueur à
peu près.
Entre
le moment où on la vit et le moment où
elle toucha le vaisseau, il se passa peut-être 10 secondes, 20 secondes, je ne
sais.
Ce
fut un moment d’effroi, la peur, la crainte étaient peintes sur tous les
visages comme si le sang s’était arrêté de couler dans toutes les artères……
On
sentait l’irrémédiable qui arrivait.
Il
n’y eut pas un cri, puis ce fut l’explosion, je vis un nuage de fumée noire
mélangé d’éclats de bois et de fer.
Tout
le monde fut culbuté, le vaisseau trembla dans toute sa carcasse sous le
formidable choc et arrêt du navire : c'est-à-dire que probablement les chaudières
furent touchées et le vaisseau fila sur son aire.
Tout
à coup, le command cria : « Ne
vous précipitez pas, le vaisseau ne coule pas, attendez un peu et tout ira bien ».
Il
est vrai que je jetai un coup d’œil sur les flots et beaucoup comme moi pour
voir, et en effet je ne vis pas qu’il s’était enfoncé beaucoup. Il y eut un
moment de calme, peut-être deux minutes, peut-être cinq. Il y avait moins de
précipitation, mais malgré cela, on sentait que l’avant se dressait au dessus
des flots, donc l’arrière s’enfonçait et alors ce fut la panique…. Je courus à
l’arrière parce que je savais qu’il y avait des radeaux, j’avais été de garde
tout le temps à côté, il y en avait 20 ou 30, peut-être plus (cela avait 4 à 5
mètres de long sur 1m50 ou 2m de large et haut de 50 à 60 cm), cela tient sur
l’eau, c’est très pratique.
J’arrivais
sur l’arrière au moment où il disparaissait sous les flots, les mulets qui
étaient attachés se débattaient et l’eau arrivait au même moment sur l’endroit
où la torpille avait fait explosion. Je grimpais sur le flanc du vaisseau et je
gagnais la passerelle supérieure, appelée « passerelle du
commandant », où je savais qu’il y avait encore des radeaux. L’eau me
suivait et j’eus le temps de monter sur un radeau au moment où l’eau le
soulevait, il était temps.
J’avais
perdu tous les camarades, car dans ces moments-là on n’a plus la tête à soi, où
étaient-ils passés ? Je l’ignorais et je n’y pensais pas. On s’est trouvé
7 ou 8 sur ce radeau, on se servit d’un bout de planche qui flottait et on
essaya de dégager des épaves qui flottaient partout, et surtout du remous que
l’on sentait arriver, car pendant ce court laps de temps, l’avant se dressait
toujours au dessus des flots, au fur et à mesure que l’arrière s’enfonçait. On
était peut-être à 10 ou 20 mètres du vaisseau lorsque l’eau qui avait gagné les
machines les fit sauter mais l’explosion se fit sous l’eau, il n’y eut pas de
secousse ou peu. L’avant se dressa presque verticalement et d’un seul coup
s’enfonça avec ce qui restait, comme un cigare, cela se fit d’un seul coup, brusquement,
puis plus rien. On eut encore la chance qu’il coula comme cela, car il n’y eut
presque pas de remous.
Alors
le vide !.... Un tas de gens criant au secours en nageant vers les radeaux
ou les embarcations, car il y eut aussi cinq ou six chaloupes de mises à flot
(il y en eut d’autres, mais qui se retournèrent étant surchargées), combien
moururent comme cela ? … Les
pauvres !
On
recueillit tout ce que l’on pu de naufragés et on se trouva en un instant 20 et
quelques sur le radeau et nous fîmes notre possible pour nous éloigner des
épaves qui surgissaient et auraient pu disloquer notre radeau. Depuis le moment
de l’explosion jusqu’au moment où le vaisseau coula, il y eu quinze minutes
environ. Pendant ces quinze minutes, je ne peux raconter les épisodes tragiques
dont je fus témoin, les scènes déchirantes, les actes de barbarie qui me
passèrent devant les yeux, cela fut tellement vite fait, que l’imagination
seule peut se le représenter, mais ne peut le raconter aussi vite que cela se
passa et ces mille scènes se passèrent ensemble.
Maintenant,
il s’agissait de s’éloigner. Toujours il y avait des mulets qui avaient été
détachés soit par l’explosion ou tout autre cause je ne sais, qui nageaient et
il fallait les empêcher de monter ou de frapper les radeaux, sous peine de voir
ceux-ci se disloquer et tomber tous à l’eau. Alors on les repoussait avec nos
bouts de planches, malgré cela, j’en vis encore nager jusqu’à 9 heures du soir,
après je n’en vis plus.
La
nuit vint, le silence se fit sur cette sombre tragédie et nous restâmes autant
qu’il fut possible en contact avec les autres radeaux, du moins à portée de
voix, car il fallait éviter les chocs entre les radeaux et barques. Il y en
avait qui étaient presque nus, alors
pour qu’ils n’aient pas froid on les frictionnait ou ceux qui avaient
des vêtements en cédaient aux autres.
J’avais
du tabac avec du papier et des allumettes, cela était sec. On l’a usé la nuit
pour s’empêcher de dormir, car en dormant on risquait de tomber à l’eau et en
plus il fallait veiller pour éviter quelque rencontre qui pût gêner la
stabilité de notre radeau.
Puis
ce fut l’attente toute la nuit, que de pensées pendant ces heures
interminables, que la nuit fut longue, chacun à ses pensées, les heures sont
des siècles.
Le
jour vint éclairer les flots, jetant les yeux autour de nous, c’étaient partout
des radeaux comme le nôtre, j’en comptais plus de trente. Il y en avait qui
s’étaient rapprochés e t liés ensemble pour avoir une plus grande surface,
comme la mer était calme ils étaient plus logeables. Et toujours l’attente…..
Vers
huit heures, il passa une de nos barques armée d’avirons et avec une voile de
fortune, nous disant d’avoir confiance, qu’ils allaient en découverte essayer
de trouver du secours. Nous la vîmes longtemps, puis elle disparut à l’horizon
et toujours rien.
Vers
10 heures, une autre barque commandée par un officier du Gallia passa
vers tous les radeaux, prit les marins qui pouvaient l’aider. Comme elle était
chargée de Serbes, il s’en débarrassa, prit des marins ou des officiers à la
place. Nous avions trois marins, il en prit deux et laissa le troisième sous
prétexte qu’il était Belge, et nous mit six Serbes à la place avec des mots et
gestes absolument péremptoires. L’officier nous dit qu’il avait besoin de ses
matelots et que nous n’avions qu’à nous incliner, qu’ils allaient en Sardaigne
chercher du secours et que nous le voulions ou pas, ce serait pareil. Cela nous
priva de l’aide des matelots que nous avions.
Ce fut un moment de découragement, surtout de
la façon dont ce fut fait, car nous savions bien tous que la Sardaigne était
trop loin pour que nous puissions compter sur un secours venant de là (les
évènements nous donnèrent raison). Avec cela, ils avaient de l’eau et des
vivres, mais ne nous donnèrent rien !....
Puis l’attente toujours…. On se
consolait en voyant d’autres radeaux autour de nous, mais il y en avait que les
flots avaient poussé très loin puisqu’ils nous perdirent et furent recueillis
par d’autres vapeurs.
Vers midi environ, puisque nous
n’avons pas d’heure, tout cela d’après notre idée, on vit un peu de fumée à
peine perceptible à l’horizon. Tous les yeux furent braqués vers cet embryon de
secours, donc on n’était plus seul, d’où soulagement. D’un radeau à l’autre on
se le cria et il n’y eut pas une seconde où les yeux s’en détachèrent. La fumée
grandit, pas vite à notre gré, et en même temps notre joie était tempérée par
la crainte que cette fumée ne disparût. Cela dura combien ? …. Je ne sais, mais on trouva que ce fut
longtemps, peut-être une demi-heure, peut-être plus, je ne saurais le dire.
Puis on vit la fumée grossir, puis les cheminées se dessiner, puis ce fut un
gros vaisseau, il nous vit et vint vers nous, et commença aussitôt par nous
recueillir.
Ce fut
relativement vite fait, avec quelle joie nous voyons un plancher solide sous
nos pieds. Mais un peu d’appréhension s’en mêlait, on avait encore peur d’un
accident pareil.
J’embarquais, je me retournais pour
adresser un coup d’œil de reconnaissance à ces quelques planches qui avaient
soutenu tant d’existences.
Nous étions sur le « Château
Renault » et nous fûmes reçus à bras ouverts. Il transportait des troupes
Russes, tous nous choyèrent.
Là, je revis quelques camarades, j’en
réclamais d’autres, et je pleurais, car pour d’aucun pas de réponse.
Comme il y en eut 1 300 de
sauvés, ce fut donc 1 500 au minimum qui y perdirent la vie. Triste mort…
Le « Château Renault » nous
débarqua le lendemain 6 octobre à Bizerte sur les 10 heures du matin.
Voilà ce que je vis, d’où j’étais
placé.
Faire part de cela à n’importe qui.
Jules FERRY
Son récit du naufrage (lettre envoyée à sa femme).
Merci à Jérôme, son petit-fils
Bizerte, le 26 Octobre
Récit d’un rescapé
Le
3 octobre le 113 Tal, le 55e, et 59 Tal, tous
les trois formés avec ma classe et comptant mille et quelque arrivaient par le même
train à 9h et demi à Toulon et étaient dirigés aussitôt dans le port.
Le capitaine commandant les détachements
donna l’ordre de former les faisceaux sur le quai en face du bateau qui devait
nous transporter à Salonique et portait le nom de Gallia puis de rester à
distance et de casser la croûte si nous voulions et ce qui fut dit fut fait.
Tout
en mangeant avec les camarades, je reluquais la mer, cette grande plaine
liquide et tous ces grands bâtiments de guerre qui attendait leur mission. Dans
le nôtre, pendant que nous mangions, les tringlots faisaient l’embarquement de
leurs mulets, au moyen d’une grue qui les prenait sur le quai par une ceinture
grâce à eux et les enlevait à une dizaine de mètres pour les poser ensuite à
leur place. Ce travail se faisait méthodiquement et sans peine pour les
tringlots et le travail se faisait vite. Il y en avait 180 et ça n’a pas pris
beaucoup de temps.
Nous,
nous avons eu le temps de bien manger et avant de terminer j’avais eu la bonne
idée d’offrir un biscuit aux camarades qui m’entouraient et ils en étaient
heureux.
Trois
heures arrivèrent et on nous donna l’ordre de monter au bateau notre tour était
venu de quitter la France. Pour monter à notre place, il y avait un petit pont
formant un escalier et nous pouvions tenir que sur un rang, mais ça n’empêche que les bons hommes
grimpèrent en peu de temps. Une fois installé, chacun de nous connaissant sa
place, je restais curieux de visiter le bateau et partout où je pus je lui
rendis visite. Je restai émerveillé de sa propreté, de sa grandeur et de sa
beauté.
Je
me suis laissé dire qu’il mesurait 182 mètres de long et 19 de large et pour la
profondeur comme il y a contradiction, je ne désigne rien. Il avait avec lui
2700 à 2800 passagers c’est certain. Nous d’abord la classe 93 nous étions un
grand 1000, plusieurs autres détachements formés avec des classes plus jeunes
et les permissionnaires ils étaient autant. Puis il y avait avec nous de quatre
à 500 serbes et l’équipage de la flotte contenant 300 hommes. Le tout compris
était 2800 hommes, des munitions, le nécessaire pour faire le voyage et 180
mulets.
A
cinq heures exactement la sirène annonça le départ et il fut salué par le canon
et l’entourage du bateau.
Il
démarra lentement et en cours de route les matelots me disaient qu’il faisait
19 nœuds à l’heure ou 35 kilomètres.
C’est
drôle et j’ai oublié de te le dire, étant au port, j’avais vu tous les noms des
bateaux et il était le seul que son nom me faisait une mauvaise impression, on
aurait dit que j’avais pressentiment du malheur. Mais ces idées s’étaient
dissipées et avant la nuit, je me disais si la mer reste bonne c’est impossible
que je sois indisposé du voyage.
Bref,
la nuit arriva et le commandant du bateau donna la consigne pour la nuit qui
était de ne pas fumer pour éviter la moindre étincelle et de ne pas faire de
bruit.
Alors
chacun de nous resta à sa place, et comme la plupart que le voyage avait déjà
fatigué allongea une couverture sur le plancher qui forma le lit avec le sac
pour servir d’oreiller et la nuit se passa ainsi dans les meilleures
conditions.
Pour
moi, je trouvais mon aise mais je dormais les yeux ouverts, entendant
continuellement le sillage des eaux
produit par les hélices du bateau.
A
notre réveil comme à la caserne, on nous distribua le café à 10h la soupe,
légumes, un morceau de viande et le café le soir également à 5 heures.
Dans
le courant de cette journée du 4, je n’ai vu qu’une bande de marsouins et ils
étaient nombreux pour venir attirer mon attention autrement c’était la mer dans
toute son étendue. A ce moment là, il était 2 heures des camarades avaient cru
voir et ils l’avaient crié à haute voix : un sous-marin dans le milieu des
marsouins et beaucoup d’autres n’en avaient que de s’en moquer ainsi que la
flotte.
A
6 heures moins le quart sortant de manger, les uns s’étaient déjà mis à jouer
aux cartes, d’autres fumaient leur cigarette pour aider à passer le temps et
tous nous paraissions contents de notre voyage. Mais hélas, l’heure était venue
d’en finir, la mort planait sur nous et
personne ne s’en doutait. A ce moment quelle grande surprise et quel malheur.
Un
bruit formidable se fit entendre par le torpillage. Aussitôt, on s’est aperçu
que le bateau allait sombrer et il était cloué sur place. Les officiers nous répétaient
pas d’affolement, mais préparez- vous pour descendre et pendant ces quelques
minutes qui nous restaient et qu’en décideraient de notre sort, chacun de nous
s’occupe pour le mieux. Les matelots étaient rendus à leur place pour détacher
les canots et ils étaient au nombre de 14 et les plates-formes qui étaient en
plus grand nombre.
Pour
moi, après avoir mis ma ceinture de sauvetage quitté mes souliers et ma capote,
je me mis à l’œuvre conservant tout mon naturel. J’avais eu assez de force de
caractère pour rester maître de moi-même et cette confiance dans la divine
providence m’avait donné le courage nécessaire pour surmonter tous les
obstacles. Pendant que d’autres ont été foudroyés sur place et n’ont pas eu la
force de chercher à sauver leur vie.
De plus, j’avais un bon couteau et il m’a
servi pour couper les cordages et faire monter les canots et le travail
terminé, j’empoigne une corde suspendue et j’y descends pour prendre une
barque. Quelques camarades y étaient déjà montés, et les autres y descendaient
incessamment par n’importe quel moyen si bien que je n’ai pu rester où j’étais.
C’était attendre la mort. Donc j’ai sauté dans une deuxième à côté et là encore
je me suis mis à l’œuvre avec un camarade pour dégager celle-ci au [----] et au
moyen, des avirons de l’éloigner, effort encore inutile.
Là
encore j’ai été obligé d’en rejoindre une 3ème et elle a été la
bonne, encore elle était moitié pleine d’eau et nous avons monté dès le début
une trentaine dedans.
C’est là que j’ai sauvé la vie à un camarade,
je l’ai attiré dans la barque et je l’ai monté. Quand au 2e, avec
l’aide d’un autre, notre peine fut inutile il avait les deux jambes brisées et
il a succombé deux heures après souffrant terriblement.
Pour échapper à a mort nous avons eu douze
minutes après le torpillage et j’ai vu en face de moi le bateau se partager où
il avait reçu la torpille, en deux morceaux et entraînant une quantité de
soldats dans l’abîme. Te dire tout ce que j’ai pu voir de ce tableau
d’épouvante, je ne peux, il y a trop à raconter et pour s’en donner une idée il
faut en être témoin. Puis, après avoir conservé tout son sang froid, être à
même de voir se dérouler tout ce que
l’on peut imaginer de plus triste dans la vie.
Après
la disparition du bateau, on pouvait voir une quantité d’hommes cherchant à
rejoindre une petite embarcation, les autres à bout de souffle rendant leur
dernier soupir et une quantité de cadavres flottant déjà sur l’eau.
Dans
cette fourmilière d’êtres humains, il y avait aussi et qui nageaient mieux que
nous des mulets qui avaient pu trouver la liberté, ceux-ci ont fait du bien et
du mal, les uns ont sauvé la vie de quelques soldats, comme pour d’autres ils
ont donné la mort en jetant leurs pattes ou leurs têtes sur els chaloupes et
plates-formes et renversaient les embarcations fragiles.
Je ne veux pas t’énumérer tous ces petits
détails ce serait trop long. Je me contente de te dire pour nous mettre à notre
aise il a fallu travailler longtemps pour épuiser notre petite chaloupe. Encore
heureusement que dans le travail on s’est aperçu que le bouchon du canot était
ôté et que nous avons pu mettre la main dessous et le replacer, sinon nous
aurions pu continuer notre travail pendant le séjour sur cette barque et il a
été pour nous de 22 heures.
Le
lendemain dès la première heure, les matelots se sont aperçus que nous étions à
notre aise et dans les canots d’avantage chargés quelques uns sont venus nous
rejoindre.
Tous
les canots, à part trois ou quatre, montés par les matelots nous avaient
quittés pour rejoindre les côtes de Sardaigne et ce sont eux qui ont été
recueillis 24 heures après nous.
Quant
aux autres, ils sont restés groupés sur les lieux du sinistre et le matin j’ai
pu voir un jeune serbe avoir passé sa nuit sur une petite épave du bateau assis
dessus et les jambes dans l’eau et a été recueilli par nous. Un autre soldat
français, qui avait passé la nuit lui aussi mais sur un mulet noyé a été sauvé.
Ma
chère amie, pour croire tout ce que je pourrais raconter il faut y passer et le
voir et je peux dire que les rescapés ont eu des chances exceptionnelles et
providentielles. Plusieurs cas nous ont échappé à la mort certaine. D’abord le
torpillage du jour, il s’en suit que nous avons pu nous rendre compte comment
nous devions opérer pour échapper à
Puis, surtout une mer très bonne sinon très
peu pouvait échapper à la mort, aussi de cette traversée malgré que j’étais
couvert et mouillé un peu, je n’ai nullement souffert du voyage. Ensuite, le
bonheur a voulu que le bateau que tu connais le nom se trouvant de passage
puisse nous voir et nous recueillir.
Alors
ce n’est que grâce au commandant du bateau en question se sentant fort et
dévoué s’est avancé à nous et s’est arrêté dans un endroit à côté des épaves.
Tu peux deviner comment il a été accueilli par nous, la joie au cœur et il a
été le sauveur pour quelques uns des rescapés pendant 22 heures nous avons
vagisés à la merci des vagues ayant un peu à boire et à manger dans le canot
mais défense d’y toucher dans le courant de la journée car nous ignorions
complètement le temps que nous pouvions rester ainsi sachant que le commandant
du Gallia n’avait pu télégraphié, les fils avaient été coupés par l’explosion.
A trois heures de l’après-midi, à tour de
rôle en commençant bien entendu par les plus proches toutes ses petites
embarcations chargées de soldats rejoignaient Chateaurenault et y trouvaient
une grande délivrance en y mettant les pieds.
A cinq heures c’était fini et chacun de
nous avait trouvé une petite place et avait été accueilli par les russes et
l’équipage du bateau. Ils ont fait leur possible pour nous faire plaisir
en nous donnant à boire et à manger ainsi
même des chaussures et du linge. N’empêche pas que nous avons eu la
distribution dans ce bateau comme dans celui qui venait de disparaître. Mais
dans ce bateau qui transportait déjà plus de 3000 serbes et russes en
comprenant la flotte il était presque au complet pour être à son aise et nous
en plus il a fallu passer 24 heures placées comme des sardines dans un panier.
Et je me disais en moi-même si le torpillage recommence quelle omelette,
impossible de s’échapper autant l’un que l’autre.
Il
parait que dans le courant de la nuit, trois torpilles avaient lancées sur le
bateau mais sans effet. C’est alors que le Commandant fit donner de la vitesse
au bateau et pris un chemin détourné. Là il n’y avait plus rien à craindre du
danger du torpillage et nous arrivions (les rescapés) à bon port à Bizerte, le
6 dans l’après-midi vers 2 heures.
Le Gallia a été aperçu par LAGALLET Gaston le 30
sept.1916 au départ de Marseille. Il le dit dans son carnet de guerre.
C’était son dernier départ.
Texte
tiré du site : http://www.chtimiste.com/carnets/legallet.htm
Extrait des minutes du Greffe du Tribunal Civil de
première instance
de l’arrondissement de Toulon, département du VAR
Vu la signification à nous
faites le 31 octobre 1917 :
Nous avons transcrit le
jugement suivant :
République Française au nom du peuple français
Le
Tribunal de Première Instance de l’arrondissement de Toulon a rendu ce jugement
sur requête dont la teneur suit :
A
Messieurs le Président et Juges composant le Tribunal de Première Instance de
Toulon (Var) ; Le Procureur de la République à l’honneur d’emparer :
Que
le quatre octobre mille neuf cent seize, le croiseur auxiliaire le
« Gallia » a été torpillé a environ cinquante mille de l’île San
Pietro , alors qu’il transportait un contingent de troupes de Toulon à
Salonique et que le navire a coulé au bout de quelques minutes.
Qu’une
partie de l’équipage et des passagers a pu prendre place sur des embarcations
et des radeaux, et que ces hommes ont été recueillis le lendemain par le
« Châteaurenault »
« l’Almath » et « l’Aldebaran », tandis que deux
canots ont réussis à atteindre Carloforte avec soixante neuf hommes.
Que
malgré toutes les recherches effectuées, il n’est pas été possible de retrouver
les autres personnes présentes à bord, qui doivent être considérées comme
définitivement disparues.
Qu’à
la date du douze juin mille neuf cent dix sept, Monsieur le Ministre de la
Marine a en conséquence décidé qu’il y a disparition, conformément à l’article
quatre vingt huit du code civil, de quarante quatre marins et cinq cent
cinquante trois militaires ; figurant sur la liste données à ce jour par
les services compétents, sous réserve d’une liste ultérieure donnée par le
Ministre de la Guerre.
C’est
pourquoi il consigne :
Vu
l’article quatre vingt dix du code civil modifié par la loi du huit juin mille
huit cent quatre vingt treize,
Vu
la loi du deux juillet mille neuf cent quinze,
Requiert
qu’il plaise au tribunal,
Déclare
constant (?) le décès des officiers, officiers mariniers, sous officiers et
soldats dont suit l’énumération
Dire
que le jugement ainsi rendu tiendra d’acte de décès, qu’il sera transmit sur le
registre de l’état civil de la commune de Toulon, port comptable du
« Gallia », ainsi que sur ceux des communes où les disparus ont eu
leur dernier domicile, et qu’il en soit fait mention en marge des dits
registres, à la date du décès.
Toulon
le 23 juin 1917
Pour
le Procureur de la république
Signé
Jacquot, substitut
ORDONNANCE
Monsieur le Président du Tribunal Civil, vu la requête qui précède…….Par
ces motifs, le Tribunal déclare le décès des officiers, officiers mariniers,
sous-officiers et soldats ; morts pour la France, le quatre octobre mille neuf cent seize.