Petite étude sur le torpillage du Gallia le 4 octobre 1916

Avec la liste nominative des disparus

et 4 témoignages directs

 

 

 

 

 

Sommaire :

Relevés des transports effectués par le Gallia

Journal « Progrès de Saône et Loire »  du 11/10/1916

Lettre du soldat Constant PAQUET (1e témoignage)

Second témoignage

Troisième Témoignage de Jules Ferry, rescapé

Quatrième témoignage de René MENARD

Carnet de Guerre de Gaston LEGALLET

Listes nominatives des disparus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Relevés des transports effectués par le Gallia

Voilà les relevés faits à Toulon en 2004 du registre de route du Gallia (merci à Fred)

 

 

arrivée au port 1916

départ du port

caractère de l'embarquement

16-mai

23-mai

armé en bâtiment de guerre

25-mai

25-mai

divers français serbes

29-mai

30-mai

divers français serbes

04-juin

17-juin

divers français serbes

18-juin

19-juin

divers français serbes

22-juin

22-juin

divers français serbes

26-juin

26-juin

divers français serbes

23-juil

24-juin

russes

24-juil

25-juin

russes

30-juil

31-juil

russes

2 aout

09-août

italiens

11-août

11-août

italiens

16-août

23-août

français serbes

28-août

02-août

français serbes

02-sept

03-oct

français serbes

 

Disparu en mer le 4 octobre vers 17h 30

 

 

 

Journal « Progrès de Saône et Loire »  du 11/10/1916

Les militaires embarqués appartenaient (d'après le Progrès de Saône et Loire du 11/10/1916) aux 35e RI (?), 55e RIT, 59e RIT, 113e RIT, 15e escadron du train des équipages, plus 13 militaires français d'unités diverses ainsi qu'un détachement serbe.

 

 

 

 

 

 

 

1er témoignage : lettre du soldat Constant PAQUET

Les 55e RIT, 59e RIT, 113e RIT sont confirmés par la lettre du soldat Constant PAQUET (du 59e RIT)

Un passage de sa lettre est reproduit ci-dessous :

 

«  ….On était en train de manger quand tout d’un coup, une formidable explosion se produisit, notre repas finit en même temps, on a dit ça y est nous sommes foutus, tout de suite on ne se tourmentait pas trop, les sous-officiers passèrent en disant, ce n’est rien, c’est une avarie de machine, je tendis la tête au-dessus du bord et je vis que le navire commençait à s’enfoncer et à 4 ou 5 mètres de nous où nous avions passé, une chose noire qui sortait de l’eau, c’était le sous-marin qui nous regardait couler ; les marins commencèrent aussitôt à descendre les barques et tout le monde se précipitait dedans, il fallait descendre par des cordes à 7 ou 8 m de hauteur, il y en avait qui sautaient du haut, je me suit dit, c’est pas par là que tu pourras te sauver, on nous a donné l’ordre d’enlever nos chaussures, je quittai mes souliers, je gonflai bien ma ceinture de sauvetage, je pris mon livret dans la poche de ma capote ; j’avais une tablette de chocolat et une boite de sardines dans ma musette, je les mis dans ma poche et j’attendis, j’étais aussi tranquille qu’une heure avant, c’est ce qui m’a sauvé.

 

L’arrière du navire s’enfonçait rapidement, tout le monde se sauvait sur l’avant en courant, c’était noir de monde et c’était un affolement général, les barques étaient surchargées et il en montait encore, ça s’écrasait l’un sur l’autre, je regardais ça, un moment je suis resté seul à l’endroit où j’étais, j’attendais que mes pieds soient à fleur d’eau pour sauter dedans, je pensais à vous tous et me lançais dans la mer, je tournai la tête et vis le navire qui se cabrait tout droit et s’enfonçait d’un seul coup, je me sentis attiré sous l’eau à je ne sais quelle profondeur, il y faisait presque nuit ; tout d’un coup, je remontai avec la même rapidité que j’étais descendu comme un bouchon dans l’eau ; elle était tellement claire que je voyais le ciel au travers, ma tête vint heurter contre des planches, heureusement que j’avais mis mon calot, j’étais pris sous un radeau, je me dis il ne faut pas rester là, je suivis le bord et je sorti de l’eau, je n’eus qu’à mettre la main sur le bord du radeau et à monter dessus, c’est ma ceinture qui m’a sauvé.
       Il y en avait déjà 7 ou 8 dessus, j’assistai alors à un spectacle horrible à voir, à la place du navire, des épaves de toutes sortes, des planches, des voitures, des bottes de paille et de tout et accrochés à tout cela, des malheureux sans qu’on put leur porter secours, nous avons aidé à monter vers nous tous ceux qui se trouvaient à portée, nous avions à nous défendre contre les mulets qui voulaient monter aussi et qui nageaient dans toutes les directions.

 

La nuit arriva là-dessus et petit à petit le silence se fit, cette nuit du 4 au 5 on ne peut se faire une idée de ce qu’elle fut pour nous dans l’eau jusqu’à la ceinture, nous étions 43 où il y avait de la place pour 20, serrés les uns contre les autres pour nous réchauffer en attendant du secours qui ne venait pas, les appareils de télégraphie n’avaient pas fonctionné, de temps en temps on allumait des papiers et aussitôt on en voyait d’autres partout, c’en étaient d’autres comme nous, le jour vint enfin après cette nuit interminable, on put se voir avec les autres, il y en avait partout dans des barques et sur des radeaux, j’en comptai une trentaine tous à la même enseigne, le soleil vint pour nous sécher, il y en avait en chemise, d’autres en caleçon ; nous avons passé une partie de la journée à regarder de tous côtés sans rien voir que le ciel et l’eau ici vers deux heures après-midi on crut apercevoir de la fumée d’un côté, on ne la quittai pas de vue, c’était bien un navire qui s’avançait sur nous, il nous aperçut aussi et une heure après il était bien en vue, c’était un grand croiseur cuirassé français qui transportait des Russes à Salonique, il vint se placer au milieu de nous et envoya des marins nous chercher, il prit tous ceux qui étaient en vue, nous aurions pu y rester plus longtemps, il ne devait pas nous prendre mais le commandant était un brave homme qui a eu pitié de nous, il détourna sa route pour nous mener à Bizerte et télégraphia à d’autres navires d’aller chercher ceux qui s’étaient éloignés, on en a repêché encore le lendemain.

 

Nous avons été bien reçus à bord du Chateaurenault, c’est le nom du navire, par les marins et par les Russes qui nous emmenaient partager leur repas.

Malheureusement quant on a voulu chercher les camarades, bien peu ont pu se retrouver, la plupart y sont restés, de notre détachement du 59ème les ¾ sont morts, 93 vivants sur 331, il y en avait du 55ème et du 113ème et du 35ème réserve de l’active, un détachement de serbes et des tringlots tous ont perdu du monde, nous regrettons nos malheureux camarades et plaignons bien leur famille du malheur qui les frappe….. »

 

 

Ce texte est tiré du site : http://www.chez.com/saintmartindeschamps/hier/gallia.htm

Vous pourrez y lire la lettre entière

 

Note : Le 35e RI est le 235e RI (35e de réserve) comme dit Constant PAQUET dans sa lettre.

 

 

 

 

 

 

Second témoignage

Témoignage d’un soldat du 113e RIT

 

       « Partis de Villers-Cotterêts le dimanche 1er octobre 1916, notre détachement arriva à Toulon le mardi 3.

Il embarqua aussitôt sur le Gallia qui, à 6 heures du soir, levait l’ancre avec plus de 2000 hommes de troupe…..

 

La journée du 4 s’annonça belle….Vers 3 heures de l’après-midi, le bruit court que le navire a dû modifier sa route, qu’un sous-marin allemand a été signalé par le Guichen qui navigue de conserve avec nous….

   L’inquiétude disparaît. Nous mangeons tranquillement la soupe quand, vers 5 h 30, une brusque détonation ébranle le navire. La torpille a touché  l’arrière, trouant la coque vers les cuisines et faisant exploser des munitions du bord. L’équipage cherche à calmer  les esprits, mais le danger presse, tout le monde se précipite sur le pont, chacun gonfle en hâte sa ceinture de sauvetage. Aucun bruit, tout bas les soldats se disent adieu. Quelques uns atterrés restent assis dans leur coin sans bouger ; d’autres se débarrassent de leurs habits pour sauter à la mer ; certains, par contre, éperdus, s’élancent avec leur sac et leur fusil.

  Les matelots coupent les cordages qui  suspendent au dessus de la mer les barques et les radeaux. On s’y précipite pour y prendre place, mais les échelles manquent  ou se rompent. Il faut sauter. Par vingt ou trente à la fois, les soldats s’élancent sur les barques qui, brusquement surchargées, chavirent. Tout autour du Gallia des hommes se noient ou se débattent en appelant au secours.

 

  La sirène, actionnée par le commandant du bord, hurle sans arrêt, couvrant les appels, les cris des naufragés.

  Les hommes continuent à sauter, de 20 ou 30 mètres de hauteur, sur les radeaux qui n’ont pas pu s’éloigner. Il écrasent les occupants ou se tuent  dans leur chute.

  Notre barque est pleine à sombrer. Il faut nous éloigner au plus vite car, de plus en plus, le navire s’enfonce et il va nous engloutir dans son remous. D’un  effort surhumain nous arrivons à nous écarter.

 

L’arrière du Gallia s’enfonce, les mâts tombent, des craquements sinistres se font entendre. Un immense tourbillon, une vague énorme qui nous recouvre et puis plus rien que de l’écume blanche, des épaves, des noyés, le grand silence.

   Nous sommes seuls. Quelques mulets sont remontés à la surface de l’eau. Ils nagent à côté de notre barque. Ils tentent de grimper et risquent de nous faire chavirer. Avec des débris que nous ramassons dans la mer, nous les assommons.

Nous apercevons des radeaux, d’autres barques, puis la nuit arrive. Au jour, le matin du 5, nous voyons tout le tragique de notre situation. Ballottés au gré des flots, nous espérons en un secours qui ne vient pas.

Vers une heure de l’après-midi, un croiseur parait à l’horizon. Il ne voit pas nos signaux, il disparaît, et, à l’espoir d’un instant succède le découragement le plus profond.

  La nuit du 5 au 6 se passe dans l’attente.

 

Le 7 au matin, nous souffrons de la soif et la fatigue engourdit nos membres quand, vers 8 heures, on signale des rochers. Nous reprenons courage. Nous essayons de nous diriger vers la terre. A 8 heures du soir, enfin, un chalutier vient à notre rencontre et nous abordons sur la côte italienne.

  Les italiens nous reçoivent à bras ouverts. Ils crient : « vive la France ! ».Ils nous font manger et boire, ils nous habillent. La journée est pour nous un enchantement.    

   Mais à 8 heures du soir, il faut nous rembarquer pour Bizerte.

Là, le 10, nous retrouvons des camarades. Beaucoup manquent à l’appel ; les télégrammes arrivent de France, réclamant des nouvelles. A la joie de ceux qui sont sauvés se mêle la tristesse des familles qui déjà pleurent les disparus. »

 

 

 

 

 

 

 

Troisième Témoignage de Jules Ferry, rescapé

Autre témoignage, celui d'un rescapé de ce naufrage, Jules Ferry, disant être parti de Besançon le 1/10/1916.

 

« Ce rescapé avait, en son temps, adressé le récit (détaillé)- avec une petite photo du "Gallia" du torpillage du Gallia à ma grand-mère, indiquant qu'il y avait eu 1 500 victimes et 1300 rescapés, recueillis sur un bateau appelé le "Château Renault",  qui débarqua ces rescapés le 6 octobre 1916 à Bizerte. »

Martine MORET,  janv. 2005

 

Merci à Marie Paule, pour la saisie du texte

 

 

A Madame MORET, en mémoire et souvenir de son cher mari mort pour la France, dans cette catastrophe, le 4 octobre 1916.

 

 

 

 

 

 

               Parti de Besançon le 1er Octobre à 9 heures du soir, je suis arrivé à Toulon le 3, vers 9 heures du matin : embarqué aussitôt sur le « Gallia » vers midi.

 

               Le « Gallia » fit route vers 6 heures du soir, la mer était belle, calme comme un lac ; j’ai été nommé de garde à bord à 4 heures jusqu’au lendemain pareille heure. On était 48 hommes de garde, 4 caporaux, un sergent. J’ai passé la nuit de garde sur le pont à l’arrière.

 

               Il y avait à bord peut-être 100 mulets. L’équipage pouvait être de 300 hommes. Il y avait au moins 2 500 hommes de troupe : cela faisait un total de 2 800 hommes. La nuit du 3 au 4 se passe bien. Le 4, la mer toujours belle, le vaisseau marchait toujours bien. On aperçut le matin quelques dauphins (sorte de gros poissons) qui s’ébattaient à quelque cent mètres du bateau.

 

               On vit les côtes de la Sardaigne pendant au moins un heure, mais loin. On ne voyait que les hauteurs : elles disparurent à l’horizon.

 

               J’ai été relevé de garde  4 heures et à 5 heures ou 5 heures et demie, on mangea la soupe (maigre manger). J’étais avec le 35ème Infanterie sur l’avant du vaisseau, tout à fait à l’extrémité. Vers 5 heures et demie environ, on vit à tribord, c’est-à-dire à droite en regardant l’avant, au loin, quelque chose de noir, que l’on prit pour un dauphin encore. Personne ne s’en inquiéta, cela avait l’air d’un gros poisson et cela en était peut-être un aussi. Vers 6 heures moins le quart, quelqu’un cria : « une torpille ». Qui est-ce ? Je l’ignore. Tout de suite, tout le monde sur l’avant fut debout, et effectivement, à 300 ou 400 mètres, je vis un sillage fait indubitablement par la torpille. Elle venait en plein travers par tribord, je ne le voyais pas, mais le sillage était facile à remarquer, mais le vaisseau continuait sa marche avant, elle ne le toucha que vers l’arrière, au-delà des 2/3 de sa longueur à peu près.

 

               Entre le moment où on  la vit et le moment où elle toucha le vaisseau, il se passa peut-être 10 secondes, 20 secondes, je ne sais.

               Ce fut un moment d’effroi, la peur, la crainte étaient peintes sur tous les visages comme si le sang s’était arrêté de couler dans toutes les artères……

 

               On sentait l’irrémédiable qui arrivait.

 

               Il n’y eut pas un cri, puis ce fut l’explosion, je vis un nuage de fumée noire mélangé d’éclats de bois et de fer.

 

               Tout le monde fut culbuté, le vaisseau trembla dans toute sa carcasse sous le formidable choc et arrêt du navire : c'est-à-dire que probablement les chaudières furent touchées et le vaisseau fila sur son aire.

 

               Alors ce fut la ruée, tous se déshabillaient pour pouvoir mieux nager, ceux qui ne savaient pas nager couraient du côté des embarcations, ceux du fond montaient au galop les escaliers…. c’était la ruée.

 

               Tout à coup, le command cria : « Ne vous précipitez pas, le vaisseau ne coule pas, attendez un peu et tout ira bien ».

               Il est vrai que je jetai un coup d’œil sur les flots et beaucoup comme moi pour voir, et en effet je ne vis pas qu’il s’était enfoncé beaucoup. Il y eut un moment de calme, peut-être deux minutes, peut-être cinq. Il y avait moins de précipitation, mais malgré cela, on sentait que l’avant se dressait au dessus des flots, donc l’arrière s’enfonçait et alors ce fut la panique…. Je courus à l’arrière parce que je savais qu’il y avait des radeaux, j’avais été de garde tout le temps à côté, il y en avait 20 ou 30, peut-être plus (cela avait 4 à 5 mètres de long sur 1m50 ou 2m de large et haut de 50 à 60 cm), cela tient sur l’eau, c’est très pratique.

 

               J’arrivais sur l’arrière au moment où il disparaissait sous les flots, les mulets qui étaient attachés se débattaient et l’eau arrivait au même moment sur l’endroit où la torpille avait fait explosion. Je grimpais sur le flanc du vaisseau et je gagnais la passerelle supérieure, appelée « passerelle du commandant », où je savais qu’il y avait encore des radeaux. L’eau me suivait et j’eus le temps de monter sur un radeau au moment où l’eau le soulevait, il était temps.

 

               J’avais perdu tous les camarades, car dans ces moments-là on n’a plus la tête à soi, où étaient-ils passés ? Je l’ignorais et je n’y pensais pas. On s’est trouvé 7 ou 8 sur ce radeau, on se servit d’un bout de planche qui flottait et on essaya de dégager des épaves qui flottaient partout, et surtout du remous que l’on sentait arriver, car pendant ce court laps de temps, l’avant se dressait toujours au dessus des flots, au fur et à mesure que l’arrière s’enfonçait. On était peut-être à 10 ou 20 mètres du vaisseau lorsque l’eau qui avait gagné les machines les fit sauter mais l’explosion se fit sous l’eau, il n’y eut pas de secousse ou peu. L’avant se dressa presque verticalement et d’un seul coup s’enfonça avec ce qui restait, comme un cigare, cela se fit d’un seul coup, brusquement, puis plus rien. On eut encore la chance qu’il coula comme cela, car il n’y eut presque pas de remous.

 

               Alors le vide !.... Un tas de gens criant au secours en nageant vers les radeaux ou les embarcations, car il y eut aussi cinq ou six chaloupes de mises à flot (il y en eut d’autres, mais qui se retournèrent étant surchargées), combien moururent comme cela ? …  Les pauvres !

 

               On recueillit tout ce que l’on pu de naufragés et on se trouva en un instant 20 et quelques sur le radeau et nous fîmes notre possible pour nous éloigner des épaves qui surgissaient et auraient pu disloquer notre radeau. Depuis le moment de l’explosion jusqu’au moment où le vaisseau coula, il y eu quinze minutes environ. Pendant ces quinze minutes, je ne peux raconter les épisodes tragiques dont je fus témoin, les scènes déchirantes, les actes de barbarie qui me passèrent devant les yeux, cela fut tellement vite fait, que l’imagination seule peut se le représenter, mais ne peut le raconter aussi vite que cela se passa et ces mille scènes se passèrent ensemble.

 

               Maintenant, il s’agissait de s’éloigner. Toujours il y avait des mulets qui avaient été détachés soit par l’explosion ou tout autre cause je ne sais, qui nageaient et il fallait les empêcher de monter ou de frapper les radeaux, sous peine de voir ceux-ci se disloquer et tomber tous à l’eau. Alors on les repoussait avec nos bouts de planches, malgré cela, j’en vis encore nager jusqu’à 9 heures du soir, après je n’en vis plus.

 

               La nuit vint, le silence se fit sur cette sombre tragédie et nous restâmes autant qu’il fut possible en contact avec les autres radeaux, du moins à portée de voix, car il fallait éviter les chocs entre les radeaux et barques. Il y en avait qui étaient presque nus, alors  pour qu’ils n’aient pas froid on les frictionnait ou ceux qui avaient des vêtements en cédaient aux autres.

               J’avais du tabac avec du papier et des allumettes, cela était sec. On l’a usé la nuit pour s’empêcher de dormir, car en dormant on risquait de tomber à l’eau et en plus il fallait veiller pour éviter quelque rencontre qui pût gêner la stabilité de notre radeau.

               Puis ce fut l’attente toute la nuit, que de pensées pendant ces heures interminables, que la nuit fut longue, chacun à ses pensées, les heures sont des siècles.

 

               Le jour vint éclairer les flots, jetant les yeux autour de nous, c’étaient partout des radeaux comme le nôtre, j’en comptais plus de trente. Il y en avait qui s’étaient rapprochés e t liés ensemble pour avoir une plus grande surface, comme la mer était calme ils étaient plus logeables. Et toujours l’attente…..

 

               Le soleil vint sécher nos vêtements et nous réchauffer et alors nous pûmes mieux nous reconnaître, il y en avait de tous les régiments, des Serbes aussi, mélangés avec nous.

 

               Vers huit heures, il passa une de nos barques armée d’avirons et avec une voile de fortune, nous disant d’avoir confiance, qu’ils allaient en découverte essayer de trouver du secours. Nous la vîmes longtemps, puis elle disparut à l’horizon et toujours rien.

 

               Vers 10 heures, une autre barque commandée par un officier du  Gallia passa vers tous les radeaux, prit les marins qui pouvaient l’aider. Comme elle était chargée de Serbes, il s’en débarrassa, prit des marins ou des officiers à la place. Nous avions trois marins, il en prit deux et laissa le troisième sous prétexte qu’il était Belge, et nous mit six Serbes à la place avec des mots et gestes absolument péremptoires. L’officier nous dit qu’il avait besoin de ses matelots et que nous n’avions qu’à nous incliner, qu’ils allaient en Sardaigne chercher du secours et que nous le voulions ou pas, ce serait pareil. Cela nous priva de l’aide des matelots que nous avions.

 

                    Ce fut un moment de découragement, surtout de la façon dont ce fut fait, car nous savions bien tous que la Sardaigne était trop loin pour que nous puissions compter sur un secours venant de là (les évènements nous donnèrent raison). Avec cela, ils avaient de l’eau et des vivres, mais ne nous donnèrent rien !....

 

               Puis l’attente toujours…. On se consolait en voyant d’autres radeaux autour de nous, mais il y en avait que les flots avaient poussé très loin puisqu’ils nous perdirent et furent recueillis par d’autres vapeurs.

 

               Vers midi environ, puisque nous n’avons pas d’heure, tout cela d’après notre idée, on vit un peu de fumée à peine perceptible à l’horizon. Tous les yeux furent braqués vers cet embryon de secours, donc on n’était plus seul, d’où soulagement. D’un radeau à l’autre on se le cria et il n’y eut pas une seconde où les yeux s’en détachèrent. La fumée grandit, pas vite à notre gré, et en même temps notre joie était tempérée par la crainte que cette fumée ne disparût. Cela dura combien ? ….  Je ne sais, mais on trouva que ce fut longtemps, peut-être une demi-heure, peut-être plus, je ne saurais le dire. Puis on vit la fumée grossir, puis les cheminées se dessiner, puis ce fut un gros vaisseau, il nous vit et vint vers nous, et commença aussitôt par nous recueillir.

Ce fut relativement vite fait, avec quelle joie nous voyons un plancher solide sous nos pieds. Mais un peu d’appréhension s’en mêlait, on avait encore peur d’un accident pareil.

 

          Nous avions tous hâte de quitter ces pauvres radeaux qui nous avaient sauvé la vie.

          J’embarquais, je me retournais pour adresser un coup d’œil de reconnaissance à ces quelques planches qui avaient soutenu tant d’existences.

          Nous étions sur le « Château Renault » et nous fûmes reçus à bras ouverts. Il transportait des troupes Russes, tous nous choyèrent.

          Là, je revis quelques camarades, j’en réclamais d’autres, et je pleurais, car pour d’aucun pas de réponse.

 

          Comme il y en eut 1 300 de sauvés, ce fut donc 1 500 au minimum qui y perdirent la vie. Triste mort…

 

          Le « Château Renault » nous débarqua le lendemain 6 octobre à Bizerte sur les 10 heures du matin.

          Voilà ce que je vis, d’où j’étais placé.

          Faire part de cela à n’importe qui.

          Jules FERRY

 

 

Quatrième Témoignage de René MENARD, rescapé

Son récit du naufrage (lettre envoyée à sa femme).

Merci à Jérôme, son petit-fils

 

 

Bizerte, le 26 Octobre

Récit d’un rescapé

 

          Le 3 octobre le 113 Tal, le 55e, et 59 Tal, tous les trois formés avec ma classe et comptant mille et quelque arrivaient par le même train à 9h et demi à Toulon et étaient dirigés aussitôt dans le port.

Le capitaine commandant les détachements donna l’ordre de former les faisceaux sur le quai en face du bateau qui devait nous transporter à Salonique et portait le nom de Gallia puis de rester à distance et de casser la croûte si nous voulions et ce qui fut dit fut fait.

          Tout en mangeant avec les camarades, je reluquais la mer, cette grande plaine liquide et tous ces grands bâtiments de guerre qui attendait leur mission. Dans le nôtre, pendant que nous mangions, les tringlots faisaient l’embarquement de leurs mulets, au moyen d’une grue qui les prenait sur le quai par une ceinture grâce à eux et les enlevait à une dizaine de mètres pour les poser ensuite à leur place. Ce travail se faisait méthodiquement et sans peine pour les tringlots et le travail se faisait vite. Il y en avait 180 et ça n’a pas pris beaucoup de temps.

          Nous, nous avons eu le temps de bien manger et avant de terminer j’avais eu la bonne idée d’offrir un biscuit aux camarades qui m’entouraient et ils en étaient heureux.

          Trois heures arrivèrent et on nous donna l’ordre de monter au bateau notre tour était venu de quitter la France. Pour monter à notre place, il y avait un petit pont formant un escalier et nous pouvions tenir que sur un  rang, mais ça n’empêche que les bons hommes grimpèrent en peu de temps. Une fois installé, chacun de nous connaissant sa place, je restais curieux de visiter le bateau et partout où je pus je lui rendis visite. Je restai émerveillé de sa propreté, de sa grandeur et de sa beauté.

          Je me suis laissé dire qu’il mesurait 182 mètres de long et 19 de large et pour la profondeur comme il y a contradiction, je ne désigne rien. Il avait avec lui 2700 à 2800 passagers c’est certain. Nous d’abord la classe 93 nous étions un grand 1000, plusieurs autres détachements formés avec des classes plus jeunes et les permissionnaires ils étaient autant. Puis il y avait avec nous de quatre à 500 serbes et l’équipage de la flotte contenant 300 hommes. Le tout compris était 2800 hommes, des munitions, le nécessaire pour faire le voyage et 180 mulets.

          A cinq heures exactement la sirène annonça le départ et il fut salué par le canon et l’entourage du bateau.

          Il démarra lentement et en cours de route les matelots me disaient qu’il faisait 19 nœuds à l’heure ou 35 kilomètres.

 

          C’est drôle et j’ai oublié de te le dire, étant au port, j’avais vu tous les noms des bateaux et il était le seul que son nom me faisait une mauvaise impression, on aurait dit que j’avais pressentiment du malheur. Mais ces idées s’étaient dissipées et avant la nuit, je me disais si la mer reste bonne c’est impossible que je sois indisposé du voyage.

          Bref, la nuit arriva et le commandant du bateau donna la consigne pour la nuit qui était de ne pas fumer pour éviter la moindre étincelle et de ne pas faire de bruit.

          Alors chacun de nous resta à sa place, et comme la plupart que le voyage avait déjà fatigué allongea une couverture sur le plancher qui forma le lit avec le sac pour servir d’oreiller et la nuit se passa ainsi dans les meilleures conditions.

          Pour moi, je trouvais mon aise mais je dormais les yeux ouverts, entendant continuellement le sillage des eaux  produit par les hélices du bateau.

          A notre réveil comme à la caserne, on nous distribua le café à 10h la soupe, légumes, un morceau de viande et le café le soir également à 5 heures.

          Dans le courant de cette journée du 4, je n’ai vu qu’une bande de marsouins et ils étaient nombreux pour venir attirer mon attention autrement c’était la mer dans toute son étendue. A ce moment là, il était 2 heures des camarades avaient cru voir et ils l’avaient crié à haute voix : un sous-marin dans le milieu des marsouins et beaucoup d’autres n’en avaient que de s’en moquer ainsi que la flotte.

          A 6 heures moins le quart sortant de manger, les uns s’étaient déjà mis à jouer aux cartes, d’autres fumaient leur cigarette pour aider à passer le temps et tous nous paraissions contents de notre voyage. Mais hélas, l’heure était venue d’en  finir, la mort planait sur nous et personne ne s’en doutait. A ce moment quelle grande surprise et quel malheur.

          Un bruit formidable se fit entendre par le torpillage. Aussitôt, on s’est aperçu que le bateau allait sombrer et il était cloué sur place. Les officiers nous répétaient pas d’affolement, mais préparez- vous pour descendre et pendant ces quelques minutes qui nous restaient et qu’en décideraient de notre sort, chacun de nous s’occupe pour le mieux. Les matelots étaient rendus à leur place pour détacher les canots et ils étaient au nombre de 14 et les plates-formes qui étaient en plus grand nombre.

          Pour moi, après avoir mis ma ceinture de sauvetage quitté mes souliers et ma capote, je me mis à l’œuvre conservant tout mon naturel. J’avais eu assez de force de caractère pour rester maître de moi-même et cette confiance dans la divine providence m’avait donné le courage nécessaire pour surmonter tous les obstacles. Pendant que d’autres ont été foudroyés sur place et n’ont pas eu la force de chercher à sauver leur vie.

 

De plus, j’avais un bon couteau et il m’a servi pour couper les cordages et faire monter les canots et le travail terminé, j’empoigne une corde suspendue et j’y descends pour prendre une barque. Quelques camarades y étaient déjà montés, et les autres y descendaient incessamment par n’importe quel moyen si bien que je n’ai pu rester où j’étais. C’était attendre la mort. Donc j’ai sauté dans une deuxième à côté et là encore je me suis mis à l’œuvre avec un camarade pour dégager celle-ci au [----] et au moyen, des avirons de l’éloigner, effort encore inutile.

          Là encore j’ai été obligé d’en rejoindre une 3ème et elle a été la bonne, encore elle était moitié pleine d’eau et nous avons monté dès le début une trentaine dedans.

C’est là que j’ai sauvé la vie à un camarade, je l’ai attiré dans la barque et je l’ai monté. Quand au 2e, avec l’aide d’un autre, notre peine fut inutile il avait les deux jambes brisées et il a succombé deux heures après souffrant terriblement.

Pour échapper à a mort nous avons eu douze minutes après le torpillage et j’ai vu en face de moi le bateau se partager où il avait reçu la torpille, en deux morceaux et entraînant une quantité de soldats dans l’abîme. Te dire tout ce que j’ai pu voir de ce tableau d’épouvante, je ne peux, il y a trop à raconter et pour s’en donner une idée il faut en être témoin. Puis, après avoir conservé tout son sang froid, être à même de voir se dérouler  tout ce que l’on peut imaginer de plus triste dans la vie.

          Après la disparition du bateau, on pouvait voir une quantité d’hommes cherchant à rejoindre une petite embarcation, les autres à bout de souffle rendant leur dernier soupir et une quantité de cadavres flottant déjà sur l’eau.

          Dans cette fourmilière d’êtres humains, il y avait aussi et qui nageaient mieux que nous des mulets qui avaient pu trouver la liberté, ceux-ci ont fait du bien et du mal, les uns ont sauvé la vie de quelques soldats, comme pour d’autres ils ont donné la mort en jetant leurs pattes ou leurs têtes sur els chaloupes et plates-formes et renversaient les embarcations fragiles.

Je ne veux pas t’énumérer tous ces petits détails ce serait trop long. Je me contente de te dire pour nous mettre à notre aise il a fallu travailler longtemps pour épuiser notre petite chaloupe. Encore heureusement que dans le travail on s’est aperçu que le bouchon du canot était ôté et que nous avons pu mettre la main dessous et le replacer, sinon nous aurions pu continuer notre travail pendant le séjour sur cette barque et il a été pour nous de 22 heures.

          Le lendemain dès la première heure, les matelots se sont aperçus que nous étions à notre aise et dans les canots d’avantage chargés quelques uns sont venus nous rejoindre.

          Tous les canots, à part trois ou quatre, montés par les matelots nous avaient quittés pour rejoindre les côtes de Sardaigne et ce sont eux qui ont été recueillis 24 heures après nous.

          Quant aux autres, ils sont restés groupés sur les lieux du sinistre et le matin j’ai pu voir un jeune serbe avoir passé sa nuit sur une petite épave du bateau assis dessus et les jambes dans l’eau et a été recueilli par nous. Un autre soldat français, qui avait passé la nuit lui aussi mais sur un mulet noyé a été sauvé.

 

          Ma chère amie, pour croire tout ce que je pourrais raconter il faut y passer et le voir et je peux dire que les rescapés ont eu des chances exceptionnelles et providentielles. Plusieurs cas nous ont échappé à la mort certaine. D’abord le torpillage du jour, il s’en suit que nous avons pu nous rendre compte comment nous devions opérer pour échapper à la mort. De plus, nous étions sans défense, le sous-marin qui avait pu le constater pouvait nous mitrailler tous, mais nous avons supposé d’après ce qui s’est passé et en le voyant toujours au guet et se tenant à proximité de nous qu’il espérait mieux faire, renouveler le premier coup si bien réussi en torpillant le bateau qui viendrait nous recueillir.

Puis, surtout une mer très bonne sinon très peu pouvait échapper à la mort, aussi de cette traversée malgré que j’étais couvert et mouillé un peu, je n’ai nullement souffert du voyage. Ensuite, le bonheur a voulu que le bateau que tu connais le nom se trouvant de passage puisse nous voir et nous recueillir.

 Alors ce n’est que grâce au commandant du bateau en question se sentant fort et dévoué s’est avancé à nous et s’est arrêté dans un endroit à côté des épaves. Tu peux deviner comment il a été accueilli par nous, la joie au cœur et il a été le sauveur pour quelques uns des rescapés pendant 22 heures nous avons vagisés à la merci des vagues ayant un peu à boire et à manger dans le canot mais défense d’y toucher dans le courant de la journée car nous ignorions complètement le temps que nous pouvions rester ainsi sachant que le commandant du Gallia n’avait pu télégraphié, les fils avaient été coupés par l’explosion.

A trois heures de l’après-midi, à tour de rôle en commençant bien entendu par les plus proches toutes ses petites embarcations chargées de soldats rejoignaient Chateaurenault et y trouvaient une grande délivrance en y mettant les pieds.

A cinq heures c’était fini et chacun de nous avait trouvé une petite place et avait été accueilli par les russes et l’équipage du bateau. Ils ont fait leur possible pour nous faire plaisir

en nous donnant à boire et à manger ainsi même des chaussures et du linge. N’empêche pas que nous avons eu la distribution dans ce bateau comme dans celui qui venait de disparaître. Mais dans ce bateau qui transportait déjà plus de 3000 serbes et russes en comprenant la flotte il était presque au complet pour être à son aise et nous en plus il a fallu passer 24 heures placées comme des sardines dans un panier. Et je me disais en moi-même si le torpillage recommence quelle omelette, impossible de s’échapper autant l’un que l’autre.

          Il parait que dans le courant de la nuit, trois torpilles avaient lancées sur le bateau mais sans effet. C’est alors que le Commandant fit donner de la vitesse au bateau et pris un chemin détourné. Là il n’y avait plus rien à craindre du danger du torpillage et nous arrivions (les rescapés) à bon port à Bizerte, le 6 dans l’après-midi vers 2 heures.

 

 

 

 

 

Carnet de Guerre de Gaston LEGALLET

Le Gallia a été aperçu par LAGALLET Gaston le 30 sept.1916 au départ de Marseille. Il le dit dans son carnet de guerre.

C’était son dernier départ.

Texte tiré du site : http://www.chtimiste.com/carnets/legallet.htm

 

 

 

 

 

Liste nominative des disparus

 

 

 

Extrait des minutes du Greffe du Tribunal Civil de première instance

de l’arrondissement de Toulon, département du VAR

 

Vu la signification à nous faites le 31 octobre 1917 :

Nous avons transcrit le jugement suivant :

 

République Française au nom du peuple français

 

Le Tribunal de Première Instance de l’arrondissement de Toulon a rendu ce jugement sur requête dont la teneur suit :

A Messieurs le Président et Juges composant le Tribunal de Première Instance de Toulon (Var) ; Le Procureur de la République à l’honneur d’emparer :

Que le quatre octobre mille neuf cent seize, le croiseur auxiliaire le « Gallia » a été torpillé a environ cinquante mille de l’île San Pietro , alors qu’il transportait un contingent de troupes de Toulon à Salonique et que le navire a coulé au bout de quelques minutes.

Qu’une partie de l’équipage et des passagers a pu prendre place sur des embarcations et des radeaux, et que ces hommes ont été recueillis le lendemain par le « Châteaurenault »  « l’Almath » et « l’Aldebaran », tandis que deux canots ont réussis à atteindre Carloforte avec soixante neuf hommes.

Que malgré toutes les recherches effectuées, il n’est pas été possible de retrouver les autres personnes présentes à bord, qui doivent être considérées comme définitivement disparues.

Qu’à la date du douze juin mille neuf cent dix sept, Monsieur le Ministre de la Marine a en conséquence décidé qu’il y a disparition, conformément à l’article quatre vingt huit du code civil, de quarante quatre marins et cinq cent cinquante trois militaires ; figurant sur la liste données à ce jour par les services compétents, sous réserve d’une liste ultérieure donnée par le Ministre de la Guerre.

C’est pourquoi il consigne :

Vu l’article quatre vingt dix du code civil modifié par la loi du huit juin mille huit cent quatre vingt treize,

Vu la loi du deux juillet mille neuf cent quinze,

Requiert qu’il plaise au tribunal,

Déclare constant (?) le décès des officiers, officiers mariniers, sous officiers et soldats dont suit l’énumération

Dire que le jugement ainsi rendu tiendra d’acte de décès, qu’il sera transmit sur le registre de l’état civil de la commune de Toulon, port comptable du « Gallia », ainsi que sur ceux des communes où les disparus ont eu leur dernier domicile, et qu’il en soit fait mention en marge des dits registres, à la date du décès.

Toulon le 23 juin 1917

Pour le Procureur de la république

Signé Jacquot, substitut

 

ORDONNANCE

Monsieur le Président du Tribunal Civil, vu la requête qui précède…….Par ces motifs, le Tribunal déclare le décès des officiers, officiers mariniers, sous-officiers et soldats ; morts pour la France, le quatre octobre mille neuf cent seize.

 

Vers la liste des disparus

 

 

 

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