Merci à Marie-France pour cet
historique
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Toutes les mémoires ont gardé le souvenir de la mobilisation du 2 août 1914, de l’ordre et de l’entrain que le pays entier apporta à cette opération gigantesque. Le contingent affecté au 104ème T. y manifesta pour la première fois la bonne volonté et l’esprit de discipline qui devait le distinguer au cours de la campagne. Le 5 août, le Régiment entièrement constitué, habillé et équipé, à l’effectif complet de 3 104 hommes et gradés, sous le commandement du lieutenant-colonel Richard d’ABNOUR, était dirigé par voie ferrée de Roanne sur Lyon-Vaise.
ETAT-MAJOR
Lieutenant-colonel : d’ABNOUR, Commandant le régiment
AVIGNON, Capitaine adjoint
LAPLANCHE, Officier payeur
PETEL, Lieutenant, officier d’approvisionnement
MOUILLESSEAUX, Lieutenant Porte-drapeau
Docteur ROCHE, Médecin chef
1er BATAILLON
Etat-major
DE CHALAIN, Commandant le Bataillon
Docteur TALICHET
1ère Cie
MARNEFF, Capitaine
GUERAUD, Lieutenant
2ème Cie
BERTRAND, Capitaine
DELACOUR, Lieutenant
3ème Cie
LABROSSE, Capitaine
4ème Cie
MEYER, Capitaine
2ème BATAILLON
Etat-major
COLOMBANI, Commandant le Bataillon
Docteur OLLIER
5ème Cie
MATRAY, Capitaine
6ème Cie
VABRE, Capitaine
7ème Cie
BERGER, Capitaine
PIVOT, Lieutenant
8ème Cie
RIFFAUD, Lieutenant
3ème BATAILLON
Etat-major
TALLON, Commandant le Bataillon
Docteur FUMOUX
9ème Cie
GOMOT, Lieutenant
10ème Cie
MOULIN, Capitaine
11ème Cie
BENOIT, Capitaine
12ème Cie
ASSELIN, Capitaine
BLANC, Lieutenant
Aussitôt installé
dans ses cantonnements du Fort Lamothe, des usines Lumière et Lafont et de Montchat,
il relevait conformément aux indications du plan de mobilisation, le 99ème R.I. dans les nombreux postes de
Le 13 et le 20 septembre, deux prélèvements, l’un de 750, l’autre de 500 hommes et gradés furent opérés sur l’effectif du Régiment et acheminés sur Tulle et Brive-la-Gaillarde pour le premier et sur le Bourget pour le second. Ils furent remplacés en partie par un renfort de 750 hommes et gradés reçus le 21 du dépôt de Roanne.
Les Capitaines BERGER et DECHELETTE, arrivés au 104ème T. peu après la mobilisation, passent tous les deux, sur leurs pressantes demandes, dans un corps actif. Peu après, l’un et l’autre furent tués glorieusement à la tête de leur unité.
A une affectueuse observation faite au Capitaine DECHELETTE, par un officier supérieur du Régiment, il répondait simplement : « je suis marié, il est vrai, mais sans enfant, je considère que ma place est à l’avant et non pas à l’arrière. Je pars. »
Immolation
gravement entrevue, noblement recherchée, crânement acceptée en beauté et en
grandeur pour
Le 25 septembre, le Régiment apprend son prochain départ et l’ordre de se transformer en régiment de campagne. Il reçoit le lendemain un nouveau renfort de 180 hommes et gradés, ainsi que les éclaireurs montés qui lui sont attribués de par sa nouvelle affectation.
Ces remaniements d’effectif et la transformation en Régiment de campagne entraînent de multiples opérations, notamment la réquisition d’un important matériel roulant d’aspect hétéroclite et parfois un peu inattendu mais qui, grâce à un entretien vigilant, fera cependant bonne figure, pendant de longs mois sur les routes défoncées du front. Ce sont autant de difficultés supplémentaires apportées à la vie d’un corps de formation récente et chargé, en outre, d’un service de place très absorbant. Malgré le nombre réduit des officiers (28) toutes ces complications sont résolues à temps et de la manière la plus satisfaisante, grâce au zèle des gradés et à la bonne volonté de tous.
En quelques jours, le régiment avait touché ses chevaux, procédé à la réquisition des voitures et des harnais qui lui étaient nécessaires, constitué ses approvisionnements réglementaires en vivres et en munitions. Véritable tour de force qui faisait prévoir dès ce moment que le 104ème T. saurait se « débrouiller » partout et toujours.
L’embarquement du Régiment eut lieu le 7 octobre dans quatre trains spéciaux dirigés d’abord sur Noisy-le-Sec puis de là sur Epernay. Ils arrivèrent dans la journée du 9. Le canon tonnait sans interruption du côté de Reims. Le Régiment après s’être reformé et après avoir procédé au déchargement de tout son matériel roulant, se mit en route vers le Nord-est. Après avoir traversé le village de Marfaud complètement détruit par les Allemands, il cantonna le soir même :
L’Etat-major
et
Le 1er bataillon à Courmas
Le 2ème bataillon à Courmas
Le 3ème bataillon à la ferme d’Onrézy
Le 11 on se rapproche de Reims
L’Etat-major à Pargny-les-Reims
Le 1er bataillon à Ville-Domange
Le 2ème bataillon à Coulomme-la-Montagne
Le 3ème bataillon à Pargny-les-Reims
Des crêtes qui dominent ces localités, le spectacle était saisissant : le jour on voyait les éclatements s’abattre sur la malheureuse cité de Reims, la nuit le ciel était en feu !
Le Régiment est rattaché à la 5ème Division d’Infanterie de réserve (Général BOUTEGOURD).
Jusqu’au 8 novembre, les compagnies changent assez fréquemment d’emplacement et sont employées à des services très divers. Une compagnie de travailleurs est d’abord mise à la disposition de la 101ème brigade à Tinqueux. Un bataillon est ensuite détaché à Chalons-sur-Vesle pour la réfection des routes en arrière du 3ème corps d’Armée (Général HACHE).
Petit à petit,
les unités se rapprochent de la ligne. Pendant la période du 24 octobre au 8
novembre, les bataillons vont occuper successivement, les tranchées de deuxième
ligne à Saint-Thierry en arrière du 129ème
R.I.
Le 27 octobre, le Régiment se trouve pour la première fois sous un bombardement de gros calibre à Chenay. Le Général MANGIN, commandant la 5ème Division d’Infanterie, donne l’ordre aux 1er et 2ème bataillons qui y sont cantonnés de rejoindre le 3ème bataillon à Chalons-sur-Vesle. Les trois bataillons s’entassent dans ce village qui n’a que quelques maisons.
Le 4 novembre le 1er bataillon est en réserve dans la 6ème Division d’Infanterie (Général JACQUOT) engagée dans un combat au Godat.
Plusieurs compagnies sont occupées à différents travaux de fortification ou d’aménagement du secteur.
A partir du 8 novembre le bastion de Villers-Franqueux et ses deuxièmes lignes sont occupés par six Compagnies du 104ème T. (dont trois, puis deux en première ligne) sous les ordres de l’un des chefs de Bataillon, en remplacement du 129ème R.I. Chaque nuit une Compagnie est désignée pour le travail aux tranchées, en avant de la ferme du Luxembourg. A partir du 13 cette organisation est modifiée par l’introduction d’éléments du 274ème R.I.
Une nouvelle
modification a lieu le 9 décembre par suite du départ de ce Régiment qui est
remplacé par le 39ème R.I. Le lieutenant-colonel commandant le 104ème T. vient s’installer avec
Ce secteur partant du Bois de Chauffour à l’Est jusqu’au Bois de Luxembourg à l’Ouest, formait une sorte de redan s’avançant sur le village de Loivre. Toute la ligne était dominée par les observatoires boches du Fort de Brimont. Aussi les boyaux, la route 44, et les gourbis des Meules et de la route de Thil sont-ils continuellement bombardés.
Le 23 décembre, le commandant TALLON du 3ème Bataillon est promu lieutenant-colonel à T.T. et maintenu au commandement du Régiment qu’il exerçait depuis le 19, le lieutenant-colonel Richard d’ABNOUR ayant été envoyé en congé sur sa demande pour cause de maladie. A la même date, le Capitaine BENOIT prend le commandement du 3ème Bataillon et le Capitaine MARNEFF celui du 2ème, le commandant COLOMBANI ayant été muté au 88ème R.I.T.
Pendant cette longue période du 10 décembre 1914 au 11 juin 1915, le Régiment tout entier, réuni dans le secteur de Villers-Franqueux, s’initie progressivement à la garde des tranchées et au service des guetteurs. Il devient expert dans la construction et l’aménagement des tranchées, boyaux et abris de toutes sortes, ainsi que dans la confection et la mise en place des défenses accessoires, des masques et de tous les travaux improvisés que comporte la guerre de tranchées.
Sous la direction de chefs éclairés et bienveillants, Général FRANCHET D’ESPEREY (Vème Armée), Général HACHE (3ème C.A.), général GUILLAUMAT (1er C.A.), général TASSIN (D.I.P.), colonel HUGOT-DERVILLE (S/Secteur de gauche) ; Colonel GIBON GUILHEM (S.Secteur du Luxembourg), Lieutenant-colonel TALLON, commandant le 104ème T., le Régiment fait bonne figure à côté de l’active à laquelle il est d’abord amalgamé, puis dont on le sépare pour lui confier la garde des parties de la ligne formant courtine, à la route 44 et au Luxembourg.
Il reçoit des éloges pour sa vigilance dans les gardes de nuit, prend part aux patrouilles exécutées en avant de la ligne et subit, sans broncher, de très fréquents bombardements soit aux tranchées, soit dans ses cantonnements dits de repos, notamment le 21 janvier 1915 à Villers-Franqueux où plusieurs foyers d’incendie sont allumés par les obus allemands.
Le 16 février, une diversion est tentée sur le front du Secteur par trois bataillons des (5ème, 39ème et 148ème R.I.) avec mission d’enlever les bois parallèles du Luxembourg et de réoccuper, si possible, la ligne du canal. Pendant l’action, qui ne donne malheureusement pas le résultat espéré, le 3ème bataillon occupe les tranchées du Luxembourg et le 1er, celles de la route 44. La 10ème compagnie et vingt brancardiers du 104ème T. envoyés de Villers-Franqueux travaillent toute la nuit au transport des blessés dont un grand nombre est soigné par le docteur FUMOUX, du 3ème bataillon, dans son poste de secours. Un homme du 3ème bataillon est tué et 3 sont blessés.
Le 13 mars, au matin, une attaque ennemie est repoussée au secteur du Luxembourg dans les tranchées duquel cinq hommes du bataillon sont encore blessés.
Tout en s’habituant peu à peu au contact de l’ennemi, les territoriaux améliorent progressivement les conditions de leur existence, malgré les rigueurs de l’hiver et les obligations du service. Les cuisines sont rapprochées de la première ligne, contrairement aux idées trop souvent admises à cette époque. Les mulets de bât des mitrailleurs remplacent avantageusement les voitures dans le ravitaillement quotidien. Un poste d’eau est créé.
Le prolongement du boyau des Meules donne plus de sécurité à la circulation au Nord de Villers-Franqueux. Les abris de la première ligne, ceux de la route 44, et de la route de Thil sont complétés, consolidés, et aménagés ce qui permet d’évacuer presque complètement le village de Villers-Franqueux très fréquemment bombardé.
Les pertes par le feu sont ainsi réduites au minimum. Une conduite d’eau descendant de la colline est réparée et une fontaine rétablie. C’est le commencement d’une longue suite de travaux, trop fréquemment interrompus, que le 104ème T. reprendra inlassablement dans tous ses cantonnements futurs, souvent au profit de ses successeurs, mais toujours avec la même bonne volonté et le même souci de servir l’intérêt commun.
Le haut
commandement a d’ailleurs toujours reconnu la parfaite organisation du secteur
et les résultats obtenus. C’est ainsi qu’à l’expiration de cette première
période, le général FRANCHET D’ESPEREY, sur la proposition du général
commandant le 1er corps, cite le lieutenant-colonel TALLON,
commandant le 104ème T. à l’ordre de
« A exercé pendant sept mois d’une façon remarquable, le commandement du Sous-secteur qui lui était confié ; toujours sous le feu parfois violent des batteries de l’ennemi, en pleine vue des observateurs de celui-ci, il n’a cessé de perfectionner son organisation défensive tout en maintenant ferme la discipline et l’excellent esprit de ses territoriaux. »
Pendant cette première période de séjour au front, le Régiment a perdu par le feu 64 gradés et hommes, dont 17 tués parmi lesquels le Capitaine GOMOT de la 9ème Compagnie.
Les citations suivantes se rapportent à des faits de la même période.
Elles montrent que, dès le début, nos territoriaux ont fait preuve d’une énergie et d’une ténacité vraiment extraordinaires. Ils ont montré de telles qualités que le Régiment par la suite a eu le grand honneur d’être chargé de la défense de nombreux secteurs, alors que d’autres régiments territoriaux restaient employés aux travaux de l’arrière.
Le commandement ne s’est pas trompé en comptant ainsi, sur le courage et l’endurance du 104ème T. !
ANDRE Sergent-major 2ème Compagnie
M. le Lieutenant-colonel TALLON Commandant le Régiment
FUMOUX Médecin, Aide-Major de 1ère classe
ROCHE Philibert Caporal brancardier 2ème Compagnie
ANDRE Sergent-major 2ème Compagnie
SARRAZIN B Sous-lieutenant porte-drapeau
PHILIPPE Hyacinthe Eclaireur monté
SERVY E. Sous-lieutenant 2ème Compagnie
CHAMPALE Cl. Caporal 7ème Compagnie
BADIOU Sous-lieutenant
TURRET Adjudant-chef 3ème Bataillon
BARGOIN C. Adjudant 11ème Compagnie
BEAUGENDRE G. Adjudant 10ème Compagnie
DECHAVANNE C. Adjudant 12ème Compagnie
CHASSOT Ant. 5ème Compagnie
MENTEUR Capitaine
PISON Jules Sergent 1ère C.M.
CUCHERAT C.-M. Sergent 1ère C.M.
GOUTTEBARON Joanny Sergent 1ère C.M.
GONDARD Cl. Soldat 2ème C.M.
Le 10 juin, le 104ème T., ayant reçu son ordre de départ,
passait les consignes au 127ème R.I.
et se mettait aussitôt en route par étapes jusqu’à Prouilly et Pévy, puis par
camions automobiles jusqu’à Fismes. Pendant l’embarquement du régiment à la
gare de cette dernière localité, un avion allemand est venu lancer une bombe
qui, d’ailleurs, n’a produit aucun effet meurtrier. De Fismes, le 104ème T. fut transporté par voie ferrée,
via Château-Thierry, Dormans, à Saint-Hilaire-au-Temple, et de là dirigé par une
dernière étape jusqu’à la ferme du Piémont ; Il passait ainsi de
ETAT-MAJOR
TALLON, Lieutenant-colonel du Régiment
PEILLON, Capitaine adjoint
LOUBET, Sous-lieutenant, Officier payeur
PETEL, Lieutenant, Officier d’approvisionnement
TALLON, Sous-lieutenant, Chef des Téléphonistes
SARRAZIN, Sous-lieutenant porte drapeau
Abbé TARRAULT, Aumônier
1er BATAILLON
Etat-major
DE CHALAIN, Commandant le Bataillon
Docteur HOULBRECQUE
1ère Cie
DE JESSE-LEVAS, Lieutenant
TILLIE, Sous-lieutenant
POURRET, Sous-lieutenant
2ème Cie
BUCHET, Lieutenant
SAVARY, Sous-lieutenant
SERVY, Sous-lieutenant
TILLIER, Sous-lieutenant
3ème Cie
FORISSIER, Capitaine
DE VAULX, Lieutenant
ALAMARTINE, Sous-lieutenant
4ème Cie
MEYER, Capitaine
EVERWYN, Sous-lieutenant
LEVASSEUR, Sous-lieutenant
2ème BATAILLON
Etat-major
MARNEFF, Commandant le Bataillon
Docteur OLLIER
5ème Cie
MATRAY, Capitaine
BOUE, Sous-lieutenant
ROUX, Sous-lieutenant
6ème Cie
VABRE, Capitaine
MARGOT, Sous-lieutenant
MALLET, Sous-lieutenant
7ème Cie
PIVOT, Capitaine
DAVENAS, Sous-lieutenant
GRAJON, Sous-lieutenant
8ème CieBLANC, Capitaine
MOULY, Sous-lieutenant
ROUFFIAC, Sous-lieutenant
3ème BATAILLON
Etat-major
BENOIT, Commandant le Bataillon
FUMOUX, docteur
9ème Cie
SAUVEGRAIN, Lieutenant
SONNERY, Sous-lieutenant
BRUYERON, Sous-lieutenant
10ème Cie
MOUILLESSEAUX, Capitaine
DENIS, Sous-lieutenant
FARGE, Sous-lieutenant
11ème Cie
MASSONET, Capitaine
POINTU, Sous-lieutenant
GANDILLON, Sous-lieutenant
12 Cie
MENTEUR, Capitaine
CARRAL, Sous-lieutenant
VACHERET, Sous-lieutenant
Cie MES
DESCOTTES, Sous-lieutenant
REMONDIN, Sous-lieutenant
Après quelques
jours passés dans les bivouacs de Bouy (1er Bataillon) à
Mourmelon-le-Grand, Jonchery-sur-Suippes, Saint-Hilaire-le-Grand (2ème
Bataillon) et au quartier National ( 3ème Bataillon) chaque
bataillon était affecté, le 30 juin,
à l’une des Division du C.A. : le 1er bataillon à la 8ème D.I., Général D’INFREVILLE (secteurs
de
Sauf la 6ème compagnie affectée jusqu’au 12 juillet au service de la place de Mourmelon et la 8ème détachée à l’exploitation forestière dans les environs de Bouy, toutes les compagnies furent employées, pendant ces premières semaines, à divers travaux de fortification sous le canon ennemi.
La situation était particulièrement dangereuse pour les 5ème et 7ème compagnies dans les chantiers (cote 153, etc…) et les cantonnements de Jonchery-sur-Suippes et de Saint-Hilaire furent fréquemment soumis à des feux de mousqueterie et à des bombardements violents. La fermeté et l’entrain dont ces deux unités firent preuve dans des circonstances difficiles leur valurent le 5 août, une citation à l’ordre du Régiment avec le motif suivant :
« Fournissant
depuis 45 jours sans le moindre repos un effort considérable pour
l’organisation défensive d’un secteur. De jour et de nuit, au travail comme au
cantonnement, toujours sous les obus et les balles, ont conservé un entrain et
un moral qui font le plus grand honneur à tous les hommes et aux gradés. »
De plus, des lettres de félicitations leur furent adressées, ainsi qu’à la 6ème compagnie qui était venue les rejoindre le 12 juillet à Jonchery, par le Général FARRET, Commandant la 13ème Brigade, le Colonel BASTON, Commandant la 14ème Brigade et le capitaine DURAND Commandant le Génie Divisionnaire.
Dans le courant de juillet, au quartier
National,
Les artistes étaient nombreux dans les compagnies, anciens musiciens de régiment ou des municipalités de Vichy et de Roanne, aussi dès sa formation la musique du 104ème T. put-elle rivaliser avec les meilleures musiques des régiments actifs.
Par la suite, que de bons moments elle procurera à tous dans les cantonnements, dans les bivouacs, pendant les longues marches et dans les nombreuses séances récréatives ! Comme les autres unités elle aura elle aussi à déplorer des pertes et des deuils.
Le 24 août au soir, on commence sur
tout le front du secteur, devant Auberive, les travaux d’approche en vue de
l’offensive prochaine. Le 1er Bataillon, préalablement rassemblé au
bois de
« A exécuté
dans les nuits des 25 et 26 août,
des travaux d’approche sous le feu de l’ennemi, dans des conditions
particulièrement difficiles et délicates. Malgré les rafales d’obus, les hommes
conduits par leurs gradés sont sortis des tranchées et se sont portés en avant
sans la moindre hésitation ; ils se sont placés dans un ordre parfait et
se sont mis là l’ouvrage avec la plus grande ardeur sans se laisser émouvoir
par la violente canonnade. »
D’un autre côté, plusieurs citations individuelles, furent accordées aux hommes et gradés. De plus le Général DANTANT, Commandant la 124ème D.I., lui transmet les félicitations du Général commandant le C.A. et exprime sa satisfaction pour la part brillante que la 104ème D.I. a prise à l’avancée de nos lignes, sa belle tenue au feu et l’excellent exemple qu’il a donné aux troupes plus jeunes qui l’entouraient.
La 8ème compagnie rejoint le Régiment et, jusqu’au 23 septembre, les bataillons sont employés non seulement à la garde des tranchées du secteur B, mais encore à divers travaux d’aménagement aux bivouacs, au bois des Réserves et au camp d’aviation de la Pyramide.
Les pionniers sont fréquemment occupés dans les grands boyaux de communication et d’évacuation que l’on vient d’achever aux derniers préparatifs en vue de l’offensive prochaine.
Ce 22 septembre paraît l’ordre qui
prescrit l’offensive générale. Le 104ème T. y participera de la manière
suivante : le 3ème Bataillon restera dans les tranchées qu’il
occupe à l’Ouest de la route d’Auberive ; le 2ème Bataillon
occupera celles qui se trouvent à l’Est de la même route, après le départ des
vagues d’assaut ; le 1er Bataillon dont les compagnies
stationnent, respectivement au poste de l’Espérance, au bois de
Après une préparation d’artillerie de trois jours, le signal de l’attaque est donné le 25 à 9 heures du matin. Malgré l’intensité, inusitée à cette époque, du bombardement préparatoire, l’attaque ne donna pas le résultat attendu sur la ligne d’Auberive dont une seule tranchée est enlevée.
En conséquence, le 2ème Bataillon dont les têtes de colonnes s’avancent dans les boyaux Canrobert Est et Ouest et Chanzy Est et Ouest n’a pas à remplir entièrement la mission qui lui avait été tracée et les 5ème met 6ème compagnies sont renvoyées à 18 heures au bois des Réserves. Par suite de son stationnement dans les boyaux soumis au tir de barrage ennemi, ce bataillon se trouve particulièrement éprouvé. A la 8ème compagnie, le même obus tue le capitaine BLANC et le Sous-lieutenant ROUFFIAC et blesse grièvement le Sous-lieutenant MOULY.
Plusieurs autres gradés et hommes sont également tués ou blessés au cours de la même journée.
Le Régiment reste à la disposition des 13ème (Général FARRET) et 14ème Brigades (colonel BASTON) et de la place de Mourmelon jusqu’au 29 septembre, date à laquelle le Lieutenant-colonel TALLON, Commandant le 104ème T. prend le commandement du secteur devant Auberive avec P.C. au bois des Marmites. La répartition des unités est la suivante :
1er Bataillon aux tranchées du Bois-Sacré,
2ème Bataillon au saillant des Dragons et 3ème Bataillon en repos au bois des Réserves.
Dans ce secteur qui commence à se stabiliser, le régiment se met immédiatement au travail.
La première tâche qui s’impose est la création des abris de première ligne dont l’absence s’est fait cruellement sentir pendant la réaction ennemie qui a suivi notre offensive du 25 et qui s’est prolongée jusqu’à l’attaque de la deuxième position par les corps voisins le 6 octobre.
Un grand nombre de ces abris sont commencés simultanément sur tout le front du secteur. Les cuisines dont le rassemblement sur la lisière S. du bois des Marmites attiraient journellement le feu de l’ennemi, notamment le 29 septembre où le bombardement cause des pertes très sérieuses à la 2ème compagnie, sont déplacées, séparées et rapprochées considérablement des premières lignes.
Un puits est remis en état près de la voie Romaine. Le ravitaillement est réorganisé par un choix judicieux des pistes et des points de distribution.
Une équipe de charbonniers installée dans les bois fournit à la première ligne le combustible nécessaire ; Des abris à l’épreuve sont creusés au bois Sacré et au bois des Marmites. Tous ces travaux sont poussés avec la plus grande activité, indépendamment de ceux qui sont prescrits par le Commandement, notamment le renforcement du réduit 137 et l’établissement d’une ligne de couverture d’artillerie auxquels le bataillon au repos travaille toutes les nuits.
Le 30 octobre, la 7ème D.I. était remplacée par la 60ème D.I. (Général REVEILHAC) et l’occupation de la première ligne était renforcée par 75 cavaliers des escadrons divisionnaires.
Le Régiment était incorporé à la 120ème brigade de réserve (Colonel PATHE).
Depuis son départ de Villers-Franqueux, le Régiment a perdu par le feu 2 officiers et 24 hommes ou gradés tués, 1 officier et 119 hommes ou gradés blessés. En quittant le secteur, le Général WEYWADA, Commandant la 7ème D.I. a tenu à exprimer au Lieutenant-colonel TALLON, Commandant le Régiment, toute sa satisfaction au sujet de l’activité et de la discipline de son régiment et son attitude calme et résolue sous le feu.
Quelques temps
après (15 février 1916) le
Lieutenant-colonel TALLON, Commandant le Régiment était cité à l’ordre du corps
d’Armée pour : « Le sang-froid
et l’autorité avec lesquels il avait commandé pendant un mois et demi
l’important secteur du Saillant des Dragons ».
Les citations suivantes se rapportent à la même période du 15 juin au 5 novembre 1915 :
PERRET Gaspard Sergent 2ème C.M. (C. de G.)
TALLON Lieutenant-colonel Commandant le Régiment
FAYET Maurice Clairon
ARNEFF M. Chef de Bataillon
DEMONGEOT J. Caporal 1ère Cie
B. DE CHALAIN Chef de Bataillon
MASSONET Capitaine 11ème Cie
TARRAULT Aumônier volontaire
FESSY Sergent 1ère Cie
DUMAS. L. Soldat 2ème Cie
SEIVE B. Soldat 1ère Cie
BAUDET Médecin auxiliaire
AUBRET Soldat 7ème Cie
MAURY M. Soldat 2ème Cie
BLANC Capitaine
ROUFFIAC J. Sous-lieutenant
MOULY H. Sous-lieutenant
CADIEU Sergent, aide-vaguemestre
LORUT Antoine Soldat 11ème Cie
PELTON J. Adjudant 2ème Cie
TALLON Henri Sous-lieutenant C.H.R.
PAPILLIER A., Sous-lieutenant, C.H.R.
PERONNET Antoine Sergent 1ère Cie
CHAMPALE Cl., Soldat C.H.R
SEDLER F., Sergent 1ère Cie
FORISSIER Capitaine
MEYER Capitaine
DE JESSE-LEVAS Capitaine
SAVARY Sous-lieutenant
DE CHALAIN Chef de Bataillon
MATRAY Capitaine 5ème Cie
PIVOT Capitaine 7ème Cie
CHABARD 7ème Cie
LAPORTE 7ème Cie
SAVARY Sous-lieutenant 2ème Cie
ROBIN Médecin-major 2ème Cie
MEYER Capitaine 4ème Cie
ARTHUS Sergent 7ème Cie
CHABAS 7ème Cie
PRAX 5ème Cie
MALBRUNOT Adjudant 2ème Cie
GARDARIN Sergent 2ème Cie
DUBOST A. Agent de liaison 2ème Cie
FESSY J. Sergent 1ère Cie
SEIVE B. 1ère Cie
DAUVERGNE J. Sergent 3ème Cie
LEVITRE A. Caporal 3ème Cie
OLLIER Médecin A.M. 1ère classe
VABRE Capitaine 6ème Cie
FARGEST P. Brancardier 5ème Cie
DESBOURBES J. Brancardier
GRAND 7ème Cie
CHAZELLE Cl. Sergent
GOUTTARD A Soldat 2ème cl. C.M.
LARUE Cl. 10ème Cie
NOITETERRE G. Caporal 10ème Cie
LAFAY C. 5ème Cie
BERTRAND P. Caporal 5ème Cie
MEUNIER C. 5ème Cie
GARRET J.-L. Soldat 5ème Cie
DUBUIS C. Brancardier
DACHER G. Caporal
MATICHARD J. Adjudant 8ème Cie
GIVRE C. Soldat
BOUSSAND J.M. Soldat 8ème Cie
DECHELETTE V. Caporal téléphoniste C.H.R.
MARIDET J.-M. Adjudant 9ème Cie
PRUDHOMME A. Sergent fourrier 6ème Cie
POMMIER J. Adjudant 6ème Cie
PATAIN J. Ord. C.H.R.
BERTHELIER C. Soldat 2ème Cie
GUYOT F. Soldat 2ème C.M.
MENANT L. Adjudant 6ème Cie
PAYANT Adjudant 2ème Cie
JABOIN L. Agent de liaison 2ème Cie
DUMAS L. 1ère Cie
CORRE J. Sergent 3ème Cie
LAVILLATTE G. Caporal 3ème Cie
LANOIX Soldat 3ème Cie
DAVENAS Sous-lieutenant 6ème Cie
MAROCHE J.-V. Caporal infirmier
BAYOL Cl. Infirmier
BASSOT A. Cycliste 6ème Cie
AUBRY Sergent 8ème Cie
BLIN Léon Caporal
LACHAS L. 3ème Cie
GOUTAUDIER G., 10ème Cie
CHEVALIER J. Adjudant C.M.
JARRY C. Adjudant 5ème Cie
COUTISSON B. Caporal
UROISSIN M. Soldat 5ème Cie
SANEROT V. Brancardier
PETIT A. Brancardier 8ème Cie
CHABRIER C. Soldat 8ème Cie
FERRAGNE J. Sergent 7ème Cie
MORLAT C. Cycliste 7ème Cie
GRANET Caporal-Fourrier 5ème Cie
AUCOURT L. Sergent 10ème Cie
SUTY Ch. 1ère Cie
COMBY J.-A. Tambour 10ème Cie
JONARD G. Soldat 3ème Cie
FONGARLAND Cl. Sergent 7ème Cie
BUISSONNIER E. Sergent 7ème Cie
BROGA J. Adjudant 1ère C.M.
LAUXEROIS E. Adjudant C.H.R.
LAGARDE V. Sergent téléphoniste C.H.R.
BASSINET J. Caporal 2ème Cie
AUDHEMAR J. Soldat 1ère C.M.
LEGRAND A. Pionnier 7ème Cie
FENOUILLET C.-M. Sergent 4ème Cie
SARRAZIN J. 4ème Cie
REGANOFF P. 4ème Cie
CAILLOT P. Sergent 7ème Cie
MOUILLESSEAUX Capitaine
VALLET Lieutenant
HOULBRECQUE Médecin, A.-M. 2ème classe
BRUN F. Soldat 7ème Cie
LEVASSEUR Sous-lieutenant 4ème Cie
FARGE Lieutenant
PAILLEUX Sous-lieutenant
TILLIER J. Sous-lieutenant 12ème Cie
CHERPIN H. Adjudant 9ème Cie
GOUTTEBARON J.-M Sous-lieutenant 6ème Cie
KAEPPELIN C. Sous-lieutenant 1ère Cie
ALAMARTINE C. Sous-lieutenant 3ème Cie
DUBOST H. Cycliste 5ème Cie
BABE J.-B. Caporal 7ème Cie
GOUTALAND J. 2ème Cie
REMONDIN Lieutenant 4ème Cie
POURRET Sous-lieutenant 4ème Cie
EVERWYN Capitaine C.H.R.
BARRIQUAND E. Adjudant 2ème Cie
POYET C.-M. 2ème Cie
BOUTON E. Caporal 1ère Cie
BORDAT J.-M. Sergent 1ère C.M.
MELLET F. Caporal 1ère C.M.
RIVIERE E. Adjudant 7ème Cie
PICARD C. Pionnier 7ème Cie
AUCOUTURIER F. 4ème Cie
POULETTE J.-M. 4ème Cie
MICHARD Sous-lieutenant 7ème Cie
DE VAULX Capitaine
TILLIE Lieutenant
OLIVIER Médecin A.M. 1ère classe
LHOTE A 3ème Cie
DEMUR G. Médecin auxiliaire
FOREST B. Sous-lieutenant
TRIOULAYRE J. Maréchal des Logis 3ème Bataillon
PRAS Ant. Sous-lieutenant 12ème Cie
RAIMOND G. Sergent 11ème Cie
DUCROS L.-M. Sous-lieutenant 8ème Cie
CHALUMET A. Sous-lieutenant 6ème Cie
CROUZIER J. Sergent 8ème Cie
THERRE J. Sergent 6ème Cie
MATHIEU A. Sergent 5ème Cie
BELUZE J. Sergent 8ème Cie
LUCAS Lieutenant 1ère C.M.
BLETTERY E. Sergent 2ème Cie
DEMONT J. Sous-lieutenant 3ème Cie
TALABARD M. Sergent 2ème Cie
PARDON P. Sergent-major 1ère Cie
BERTRAND A. Caporal 3ème Cie
Le 29 octobre et les jours suivants, les
Allemands exécutèrent de violentes attaques du côté des Marquises avec émissions
de gaz asphyxiants. Le 2ème corps de cavalerie et la brigade
bretonne (271ème et 248ème)
de la 60ème Division d’infanterie devant le bois de
Le 104ème T. qui comptait conserver la garde de son secteur d’Auberive reçut le 3 novembre l’ordre de relever le 209ème T. Il passait ainsi à la 7ème Division de Cavalerie (Général LEOBAS) du 2ème Corps de Cavalerie (Général de MITRY).
Le mouvement s’acheva dans la journée du 5 novembre ; il plaçait le régiment dans la situation suivante :
Aux tranchées
3 Cies dans le secteur de
2 Cies dans le secteur des Marquise
Au repos
1 Cie à Bouy
1 Cie à Livry
1 Cie à Mourmelon-le-Grand
3 à Beaumont-sur-Vesles
Etat-major du Régiment à Verzy
Etat-major
du 1er Bataillon à Verzy
du 2ème Bataillon à Thuizy
du 3ème Bataillon à Wez
Dans ce secteur
le Régiment eut particulièrement à souffrir, non pas seulement du tir de
l’artillerie, mais des fatigues excessives dues à la nature du sol, aux
mauvaises installations à
L’expérience de la guerre, depuis quatorze mois pendant lesquels le régiment n’avait cessé d’être en contact avec l’ennemi, nous avait appris qu’il y avait les plus grands avantages à porter les cuisines le plus en avant possible. La cavalerie, qui ne voit pas toujours les choses sous le même angle que l’infanterie, non seulement les maintenait bien loin des lignes, mais encore interdisait d’une façon absolue tout feu pendant le jour. Le repas du matin devait se faire avant le jour et celui du soir bien avant dans la nuit. Comment soutenir une troupe dans ces conditions ?
Aussi ce fut avec
un véritable soulagement que le régiment reçut l’ordre de rejoindre son corps
d’Armée, le 4ème C.A.
C’est le 15 décembre que le régiment s’embarqua à Mourmelon-le-Petit en même temps que le 111ème T.
Le 309ème T. remplaçait le 104ème T. à la 7ème division de cavalerie.
Pendant cette courte période, le Régiment a fourni un travail considérable aux unités de cavalerie auxquelles ses Compagnies étaient accolées. Pour cette raison et à cause de la grande dispersion de ses différents éléments, le 104ème T. n’a pu pousser, comme il l’avait fait ailleurs, l’amélioration de ses conditions d’existence.
Une équipe de charbonniers du 104ème T. alimentant toute la 7ème D.C. fonctionne dans les bois et les environs de Mont-de-Billy.
Malgré la courte durée du séjour du 104ème T. dans ce secteur, ses qualités de travail et de discipline ont pu être très appréciées par le Commandement, ainsi que le montre les lettres de félicitations envoyées par le général LEORAS Commandant la 7ème D.C. et par le Colonel LAURENT, Commandant le secteur au sujet des améliorations réalisées dans les cantonnements de Thuizy et de Wez par les chefs de 2ème et 3ème bataillons (Commandant MARNEFF, Commandant MEYER).
Le 27 novembre, en exécution des ordres du GQ.G., 341 hommes et gradés des classes 1897 et 1900 ont été versés au 248ème R.I. et 81 au 271 R.I. en remplacement d’un nombre égal de R.A.T. des classes 1894 et plus anciennes provenant de ces régiments actifs.
Pendant ces quelques semaines, le régiment a perdu par le feu 2 tués et 5 blessés. Les citations suivantes ont été obtenues :
ANTHENE Claude, Sergent, 10ème Cie (Croix de Guerre)
FABRE Jean-Marie, 7ème Cie
CHARLIER Pierre, 6ème Cie.
Le Régiment parti le 15 décembre en quatre trains, arriva le 16 à Givry-en-Argonne et fut aussitôt rassemblé à Vieil-Dampierre. Il revient ainsi au 4ème C.A. (Général PUTZ) et il est mis en partie à la disposition de la 7ème D.I. (Général WEYWADA)
Du 18 au 20, les bataillons se mettaient en mouvement pour rejoindre leurs emplacements avec les affectations suivantes qui leur furent attribuées par tirage au sort :
1er Bataillon, Villers-en-Argonne (E.M. de Bt),
fermes de
2ème Bataillon, Argers (E.M. de Btn), Sainte-Menehould,
puis
3ème Bataillon,
Le E.M. du Régiment et le C.H.R. à Argers.
Dans le courant de janvier, eut lieu un prélèvement pour l’armée active. Plusieurs excellents officiers, gradés et soldats quittèrent ainsi le 104ème T. où leur départ fut unanimement regretté.
Le 21 février, jour de l’attaque de Verdun par les Allemands, un zeppelin, le O.Z. 77, aveuglé par les projecteurs de Sainte-Menehould et de Valmy et bombardé par notre artillerie anti-aérienne, survola, vers 20 heures, Argers et la région voisine. Quelques instants après il tombait en flammes à Brabant-sur-Auve près de Revigny.
Le 26 février, les éléments stationnés à Arger (E.M., C.H.R., C.M.) à l’exception du personnel des ateliers, laissèrent ce cantonnement à la disposition des nombreuses troupes de passage qui se rendaient à Verdun et vinrent cantonner à Dampierre-sur-Auve et Dommartin-la-Planchette.
Le 25 mars, l’E.M. et
Le Régiment revient ainsi aux tranchées, au bois d’Hauzy,
où il prend successivement huit jours en première ligne et huit jours au repos.
Le Chef de Bataillon en ligne, commande la subdivision 42 et le secteur Est
sous les ordres du Colonel commandant le régiment actif, sauf pendant la
période du 5 au 14 juillet, où le commandement est exercé par le
Lieutenant-colonel TALLON, commandant le 104ème
T. Le roulement entre les 2ème et 3ème Bataillons
se poursuit régulièrement jusqu’à la fin de juillet, sauf quelques
modifications de détail (1/2 Cie à Vienne-la-Ville, et une autre à Montrémoy,
E.M. et C.H.R. à
Au bois d’Hauzy, comme partout, le 104ème T. emploie toute son activité à l’amélioration du secteur et de ses défenses. Il y réalise tous les perfectionnements compatibles avec la nature marécageuse du terrain qui ne permet que des ouvrages en superstructure.
Les résultats obtenus ont constatés par une lettre élogieuse adressée au Lieutenant-colonel TALLON, commandant le régiment, par le Général DESTENAVE, commandant la 248ème Brigade à la suite d’une inspection du Général, commandant la 124ème D.E., au sujet de l’excellente organisation des ouvrages numéros 1, 2, 3, 4, et 5 bis qui ont été confiés au 104ème T.
Le bivouac de
Les cantonnements
de la ferme de Venise et de
Près de ce dernier, on construit un abri anti-gaz qui
servira à de nombreuses expériences sur la protection par filtration de l’air,
dans la terre meuble. Les parties intéressantes et encore intactes de l’église
de
Malgré un travail considérable dans les bois et les ateliers, le 1er Bataillon organise d’une façon remarquable ses cantonnements de la forêt de l’Argonne. A citer particulièrement celui de la 1ème Cie, commandé par le Lieutenant EVERWYN. Le personnel affecté aux divers ateliers donne toute satisfaction par son rendement et son excellent esprit.
C’est pendant la
même période que naît et se développe la fabrication des réseaux pliants
imaginés par le Sous-lieutenant MARGOT, de la 6ème Cie, travail pour
lequel le 104ème T. a fourni une
main-d’œuvre considérable. Ce système de défense accessoire est l’objet d’une
note très élogieuse de
Une deuxième
Compagnie de mitrailleuse a été crée à la date du 1er avril 1916. Jusqu’à l’entrée en secteur où elle a
fourni un service très apprécié par le commandement, la compagnie primitive a
été employée, en partie, à la garde du ballon de
Jusqu’au 25 juillet, le régiment a perdu par le feu, soit en première ligne, soit dans les bombardements de l’a Neuville-au-Pont, 1 officier tué, (Sous-lieutenant MATICHARD, 8ème Cie) et 2 blessés, 20 hommes ou gradés tués, 27 blessés et 1 prisonnier.
Il a été l’objet des distinctions suivantes : Le
Lieutenant-colonel TALLON, Commandant le Régiment, est promu Officier de
Le Commandant MARNEFF, détaché pendant quelques semaines au commandement des bivouacs de la cote 202, est félicité par le Général TATIN, commandant la 124ème D.I. pour l’activité et l’énergie dont il a fait preuve dans un poste particulièrement délicat. Le Sous-lieutenant MATICHARD, de la 8ème Cie, tué avec trois soldats, au moment où il rassemblait ses hommes pour le service de nuit, est cité à l’ordre du corps d’Armée dans les termes suivants :
« Excellent Commandant de Compagnie, Officier très allant ayant une haute conception de ses devoirs. Malgré un violent bombardement le 8 juin 1916, n’a pas hésité à réunir les hommes qui devaient occuper leurs postes de combat. A été tué par un obus au moment où il mettait son détachement en marche. »
A ce moment le rang de bataille était le suivant :
ETAT-MAJOR
Lieutenant-colonel TALLON, Commandant le Régiment
PEILLON, Capitaine adjoint
LOUBET, Sous-lieutenant, officier payeur
ROCHAS, Sous-lieutenant, officier d’approvisionnement
PAPILLIER, Lieutenant, Chef des Téléphonistes
MARGOT, Sous-lieutenant, officier pionnier
SARRAZIN, Lieutenant, Porte drapeau
Docteur RIVIERE
Abbé TARRAULT, Aumônier
1er BATAILLON
Etat-major
Commandant de CHALAIN
Docteur EYRAUD
1ère Cie
Lieutenant EVERWYN
Sous-lieutenant KAEPPELIN
Sous-lieutenant POURRET
2ème Cie
Lieutenant SAVARY
Sous-lieutenant MALBRUNOT
SERVY
3ème Cie
Lieutenant BONNIER
Sous-lieutenant ALAMARTINE
Sous-lieutenant DEMONT
4ème Cie
Capitaine MATRAY
Sous-lieutenant DECHAVANNE
Sous-lieutenant BESACIER
2ème BATAILLON
Etat-major
Commandant MARNEFF
Docteur LEOTY
5ème Cie
Lieutenant BOUE
Sous-lieutenant VALENSANT
Sous-lieutenant PAYANT
6ème Cie
Capitaine VABRE
Sous-lieutenant CHALUMET
Sous-lieutenant GOUTTEBARON
7ème Cie
Capitaine PIVOT
Sous-lieutenant MICHARD
Sous-lieutenant ARTUS
8ème Cie
Capitaine VIVOT
Lieutenant BOUDET
Sous-lieutenant DUCROS
3ème BATAILLON
Etat-major
Commandant MEYER
Docteur ATGER
9ème Cie
Capitaine PETEL
Sous-lieutenant MARIDET
Sous-lieutenant PAILLEUX
10ème Cie
Capitaine MOUILLESEAUX
Sous-lieutenant MILLOT
11ème Cie
Lieutenant FARGE
Sous-lieutenant BADIOU
Sous-lieutenant FOREST
12ème Cie
Capitaine MENTEUR
Sous-lieutenant TILLIER
Sous-lieutenant PRAS
1ère C.M.
Lieutenant LUCAS
Sous-lieutenant CHEVALIER
2ème C.M.
Lieutenant REMONDIN
Sous-lieutenant GAUTHIER
Le 104ème T. fut regroupé provisoirement le 25 juillet à Hans et à Somme-Bionne pour un changement de secteur qui coïncida avec la suppression du 3ème Bataillon. A la suite de ces opérations, le Régiment était constitué et réparti de la manière suivante :
En ligne :
cratère, Annulaire de
Au repos : Courtemont et cote 138, trois compagnies et une C.M., avec relève tous les huit jours.
A Courtemont : E.M. du Régiment et C.H.R.
Les deux autres Compagnies (1ère et 2ème, puis 6ème) dans lesquelles on a versé tous les spécialistes et les hommes intéressants par leur situation de famille, restent à la disposition du Génie de l’Armée pour les scieries et les exploitations de l’arrière.
Les effectifs des
huit Compagnies restantes étant complétés à 200 hommes, la dissolution du 3ème
Bataillon est achevée le 26 août. Le Commandant MEYER passe au 141ème T. six officiers au 317ème R.I., et 322 hommes au 111ème T. Le Régiment ne se sépare pas
sans regret de ces excellents camarades qui avaient partagé sa vie et ses
travaux depuis le début de la campagne. Deux autres officiers de L’E.-M., le
capitaine PEILLON et le Lieutenant SARRAZIN, étaient envoyés quelques jours
plus tard aux 124ème et 142ème
R.I.
Le 104ème T. depuis janvier 1916 avait passé de nombreux officiers (les plus jeunes), à des régiments actifs. Messieurs les Sous-lieutenant BALAY, Sous-lieutenant TALLON (tué glorieusement à Verdun), Capitaine de VAULX (très grièvement blessé à Verdun), Lieutenant TILLIE, Lieutenant MAILLET, Sous-lieutenant DENIS Sous-lieutenant POINTU, Sous-lieutenant ROUX, Sous-lieutenant CARRAL (tué glorieusement à Maison de Champagne), Sous-lieutenant GANDILLON, Lieutenant DESCOTTES, Sous-lieutenant SERVY, Sous-lieutenant ALLARMARTINE, Sous-lieutenant FOREST, (tué glorieusement au Cornillet), Sous-lieutenant TILLIER, Sous-lieutenant MARIDET, Sous-lieutenant GOUTTEBARON, Sous-lieutenant PAILLEUX, Sous-lieutenant BADIOU, Sous-lieutenant PRAS, Sous-lieutenant KAEPPELIN, Sous-lieutenant VALANSANT ;
Jusqu’au 17 octobre, les deux bataillons furent successivement affectés aux 7ème, 8ème et 124ème D.I. Les emplacements des Compagnies sont changés fréquemment pendant cette période. Elles passent au camp de Somme-Tourbe, au ravin des Pins, au réduit du Marson, au Buisson Fondu, à l’ouvrage Poquereau.
Elles vont à Mesnil-lès-Hurlus, à la ferme Beauséjour, au Bois Jaune, au réduit des Loups, etc.
Les P.C. de Bataillon sont transférés le 6 octobre au Marson et au ravin des Pins.
L’E.-M. du
Régiment et
Pendant cette période au cours de laquelle le Régiment n’a occupé que les deuxièmes lignes, ses pertes se réduisent à huit blessés dont sept par l’explosion accidentelle d’un dépôt de grenades au pied de la cote 180.
Le Régiment a continué à donner toute satisfaction aux chefs sous les ordres desquels il a passé successivement dans ce secteur. Le Général D’INFREVILLE, commandant la 8ème D.I. constate, dans une lettre adressés au Lieutenant-colonel TALLON, commandant le 104ème T. : « La bonne tenue de ce Régiment et son ardeur au travail ».
Les grades et hommes dont les noms suivent ont été cités pour leur conduite au cours de cette période.
Au grade d’Officier : M. TALLON, Lieutenant-colonel, commandant le 104ème t.
Au grade de Chevalier : M. VACHERET, Sous-lieutenant, 11ème Cie
MICOLLIER J. Sergent 11ème Cie (C. de G.)
MATICHARD Sous-lieutenant 8ème Cie
PIN B. Caporal 10ème Cie
ROUX C.H. 1er C.M.
SAVARY Clovis Sergent T.R. 2.
PEILLON Capitaine C.H.R.
GIVRE M Caporal 10ème Cie
BARNACHON 10ème Cie
CHERBLANC 8ème Cie
MARTIN J 8ème Cie
PLASSE C. Adjudant 10ème Cie
GIRAUD J.-B. Brancardier 11ème Cie
VALANSANT V. Sous-lieutenant 5ème Cie
ROYER A., Sergent, 5ème Cie
AUBOYER Lieutenant 5ème Cie
PETOT J., 8ème Cie
DUMONT L., 8ème Cie
ROBIN L Sergent fourrier C.H.R.
CHIGNIER J.-J., 8ème Cie
COIN J., Caporal 5ème Cie
POTHIER J., 7ème Cie
CHEVALIER P., Musicien, C.H.R.
BRUN A., Adjudant C.H.R.
RIVIERE P., Médecin major 2ème classe
GAUTHIER J.-M., Sous-lieutenant, 2ème c.M.
BEZACIER E., Sous-lieutenant 1ère Cie
BELLET J.-J Adjudant-chef 2ème Bataillon
PLASSON V., Sergent 6ème Cie
PANET J., Adjudant 8ème Cie
LABROSSE A 8ème Cie
VIVOT Capitaine 8ème Cie
PION 8ème Cie
BASSET, Sergent 7ème Cie
CHAUVEL E., Sergent 10ème Cie
DESIAGE M., 10ème Cie
DUVAL E., 10ème Cie
ROCHARD J., 8ème Cie
DUGARRE C., Caporal, 8ème Cie
ROUPIE J 10ème Cie
CARTALIER E. 11ème Cie
BLETTRY Adjudant, 6ème Cie
MEILLER C., Sergent 5ème Cie
POIROT E., Sergent 5ème Cie
THORAL F., 5ème Cie
MATHO E 5ème Cie
PETEL Capitaine 2ème Cie
BARDONNET J., 8ème Cie
CHABOT A., 5ème Cie
DENIS J., Caporal C.H.R.
CELAYRE P Sergent 8ème Cie
MOISE F., C.H.R.
ROCHAS A., Sous-lieutenant C.H.R.
NEANT P., Adjudant 6ème Cie
BESSON P., Médecin de 1ère classe, C.H.R.
GIPON L., Caporal 2ème Cie
ROCHET P., Sergent 7ème Cie
VIVIERE J.L., Sergent, 7ème Cie
LE MASSON J., Soldat 8ème Cie
RIVIERE J.M., Soldat 6ème Cie
EYRAUD G Médecin aide-major de 1ère
classe
BONNIER Lieutenant 7ème Cie
,
Pendant cette période, le 3ème bataillon du régiment fut supprimé ; le 15 août, le 104ème T. était constitué de la façon suivante.
ETAT-MAJOR : Lieutenant-colonel TALLON, commandant le régiment
: PEILLON, Capitaine Adjoint
: SARRAZIN, Lieutenant porte drapeau
: LOUBET, Sous-lieutenant chargé des détails
: ROCHAS, Sous-lieutenant, officier d’approvisionnement
: PAPILLIER, Lieutenant téléphoniste
: ARTUS, Lieutenant grenadier
: RIVIERE, Médecin major chef de service
: Abbé COIFFIER, Aumônier
1er BATAILLON
Etat-major
Commandant DE CHALAIN, Chef de Bataillon
Docteur EYRAUD
1ère Cie
EVERWYN, Lieutenant, Commandant la Compagnie
POURRET, Sous-lieutenant
KAEPPELIN, Sous-lieutenant
MARGOT, Sous-lieutenant
PETEL, Capitaine Commandant la Compagnie
SAVARY, Sous-lieutenant
SERVY, Sous-lieutenant
MALBRUNOT, Sous-lieutenant
3ème Cie
MOUILLESSEAUX, Capitaine, Commandant la Compagnie
BONNIER, Lieutenant
ALLARMATINE, Sous-lieutenant
DUMONT, Sous-lieutenant
4ème Cie
MATRAY, Capitaine Commandant la Compagnie
DECHAVANNE, Sous-lieutenant
BEZACIER, Sous-lieutenant
2ème BATAILLON
Etat-major
MARNEFF, Chef de Bataillon
LEOTY, Aide major
5ème Cie
BOUE, Lieutenant, Commandant la Compagnie
POUYANT, Sous-lieutenant
VALENSANT, Sous-lieutenant
MILLOT, Sous-lieutenant (fusiller mitrailleur)
6ème Cie
MENTEUR, Capitaine, Commandant la Compagnie
GOUTTEBARON, Sous-lieutenant
CHALUMET, Sous-lieutenant
7ème Cie
PIVOT, Capitaine, Commandant la Compagnie
FARGE, Lieutenant
MICHARD, Sous-lieutenant
GARNIER DE LABAREYRE, Lieutenant
8ème Cie
VIVOT, Capitaine, Commandant la Compagnie
BOUDET, Lieutenant
DUCROS E., Lieutenant
Le 17 octobre, le Régiment recevait
l’ordre de quitter le secteur de Massiges, dans lequel il se trouvait depuis
près de trois 3 mois. Il devait, disait-on, partir pour
Sa reconstitution à deux bataillons avait été faite dès le mois d’août, mais on apporta encore quelques modifications dans sa constitution, notamment en ce qui concerne la création des adjoints aux chefs de bataillon.
Par suite, comme nous l’avons vu plus haut, une partie du 104ème T. quittait Somme-Tourbe le 17 octobre pour aller cantonner à Saint-Mard-sur-Auve. Le lendemain 18, les 4ème et 7ème Compagnies stationnées au Marson venaient le rejoindre.
Le 20, le Régiment se porte à Somme-Vesle, le 21 à Sainte-Memmie-de-Courtisols, le 23 à Sary et s’embarque en chemin de fer à Chalons-sur-Marne dans la journée du 25.
Arrivé à Dormans le même jour, il séjourne dans les environs, à Vincelles, à Soilly, Courthiézy, les Chassains, jusqu’au 29. Ce jour-là il reçoit l’ordre de se porter en une étape sur Dravegny. Le temps est si mauvais qu’il faut s’arrêter en route et n’arriver à Dravegny que le lendemain 30. Le régiment occupe les cantonnements ci-après :
Etat-major et Cie H.R. : Dravegny
1er Bataillon : Chéry-Chartreuve
2ème Bataillon : Dravegny ET A