HISTORIQUE   du

243e Régiment d’infanterie

Merci à Margaret (pour la copie) et Dominique (pour la saisie)

 

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Campagne 1914-1918

Recruté dans la région du Nord, le 243e R. I. a vécu les heures les plus sombres et les plus dures de la campagne, la Belgique, la Champagne, Hébuterne, Verdun, sans connaître l’enivrement et les joies d’une victoire, à la préparation de laquelle il avait contribué par ses efforts couronnés de succès et le sacrifice d’un grand nombre de ses officiers et de ses soldats. Salut aux glorieux morts du 243e et à tous ceux qui ont eu l’honneur de servir sous les plis de son drapeau !

Mobilisé à Lille, le 4 août 1914, le 243e R. I. compose, avec les 233e et 327e R. I. la 101e Brigade, sous les ordres du Général Petit. Il fait partie de la 51e D. I. commandée par le Général Boudegourd.

 

ENCADREMENT

État-major.

Lieutenant-colonel commandant le régiment : QUIQUANDON,

Capitaine faisant fonctions de Major : COMPANT,

Lieutenant Officier des détails : HUREZ,

Lieutenant Officier d’approvisionnements : DESPREZ,

Lieutenant porte-drapeau : PLATEL,

Médecin-major de 2e classe : BERTIN,

Sous-lieutenants Chefs de Sections de mitrailleuses : HERMANN et DOUCHEZ,

Lieutenant Téléphoniste : BERNARD.

 

5e Bataillon.

Chef de Bataillon : LAPOINTE, Médecin Aide Major de 2e classe : BUTRUILLE.

17e Compagnie

Capitaine commandant la Compagnie : LALLEMENT,

Sous-lieutenant : FLIPO,

Adjudant-chef : LAY.

18e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : PERRON,

Sous-lieutenant : PASTEAU,

Adjudant : SAISON.

19e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : BRIDE,

Sous-lieutenant : LARCHEVEQUE,

Sous-lieutenant : SENECAT.

20e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : JANNOT,

Sous-lieutenant : LYOEN,

Adjudant : GOUSSEN.

 

6e Bataillon.

Chef de Bataillon : TUPINIER,

Médecin-major : COUROUBLE.

21e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : RODIER,

Sous-lieutenant : HACQUET,

Sous-lieutenant : LANGLOIS,

Sous-lieutenant : HALLET.

22e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : BAQUET,

Sous-lieutenant : LEMAITRE,

Sous-lieutenant : DELCROIX,

Adjudant-chef : DESWARTES.

23e Compagnie.

Capitaine commandant la Compagnie : LEQUEUX,

Lieutenant : DUPONT,

Adjudant : LAMIAUX,

Adjudant : MARTINET.

24e Compagnie.

Lieutenant commandant la Compagnie : BAYARD,

Sous-lieutenant : CAMBON,

Sous-lieutenant : COLLETTE,

Adjudant-chef : GAVELLE.

 

Débarqué le 10 Août, à Aubenton (Aisne), le régiment cantonne le 11 à Nampcelle-la-Tour et Malvaux et à Dagny-Lambercy.

Le groupe IV D.R. reçoit pour mission d’organiser autour de Vervins une position fortifiée permettant un débouché offensif, soit vers le Nord, soit vers l’Est. Un bataillon du 243e R. I. organise et tient le plateau au Nord et au Nord-Ouest de Lambercy et Lambercy comme centre de résistance, face au débouché des vallées de Coingt, Saint-Clément et Morgny. L’autre bataillon constitue la réserve de la Brigade au Sud de Brancigny.

 

Les travaux sont poussés activement.

 

Les 18 et 19 août, la 51e D. I. se porte en deux étapes sur Rocroi, pour s’opposer à toute tentative de passage de la Meuse. La 101e Brigade va stationner à droite de la 102e, qui occupe la zone Auberton, Beaume, Besmont. Le 243e R.I. cantonne successivement à Brunchamel et Dohis et à la Neuville-aux-Tourneurs (Ardennes). Il passe le 21 août la frontière belge, accueilli avec enthousiasme par la population et il cantonne à Olloy.

 

Le lendemain, la 101e Brigade reçoit l’ordre de se porter dans la direction de Morville, le 23, elle est à Gerin. Le canon tonne, les mitrailleuses se font entendre, dans la direction d’Hastière. Vers 8 h. 30 le commandement communique le renseignement suivant : « Deux compagnies ennemies ont franchi la Meuse à Waulsort. » Un bataillon du 233e se porte sur Hastière, pour renforcer la défense, et refouler l’ennemi. Cependant, le village de Lenne tombe bientôt aux mains des Allemands, malgré les efforts du 233e R. I. accouru pour le défendre.

 

Jusqu’à 14 heures, la 101e Brigade reste sur ses positions, en dépit d’un feu violent d’artillerie. Le 243e R.I. reçoit stoïquement le baptême du feu de l’artillerie lourde ennemie ; mais les pertes sont élevées.

 

Les 233e et 273e se replient sur Anthée, le 243e tient toujours. A 18 heures, le Général Mangin avec trois bataillons d’infanterie, une Brigade de cavalerie et deux groupes d’artillerie, arrive à Gerin et commence l’attaque d’Onhaye, que vient d’occuper l’ennemi. Après un violent bombardement, l’assaut du village est donné, et le 243e R. I. y entre le premier. Le soir, le régiment est rassemblé à Gerin, et y passe la nuit au bivouac.

 

Les jours suivants, le 243e R. I. est dirigé d'abord vers Rocroi, puis vers Regnowez, et cantonne successivement à La Taillette, Martin-Rieux, Saint-Clément, La Neuville-Bosmont.

Le 29, la 51e D. I., en soutien de la Division de cavalerie, se porte dans la région de Vervins en deux colonnes de Brigade, la 101e Brigade à gauche par Constantine, Bosmont, Prisée, le 243e R. I. formé en rassemblement articulé, poursuit sa marche dans la direction du signal de Saint-Gobert. Une compagnie, la 23e, sous les ordres du Capitaine Lequeux, couvre la gauche, avec les éléments avancés. La Brigade continuant son mouvement, le régiment se porte aux Barraques, puis sur Saint-Pierre où il est soumis à une violente canonnade d’obusiers et d’artillerie lourde ; il bivouaque la nuit dans le village de Saint-Pierre. Les 22e et 24e compagnies se dirigent dès le matin du 30 sur la Grande-Cailleuse occupée par l’ennemi, mais elles sont obligées de se replier sur Saint-Pierre, que le régiment reçoit l’ordre de tenir.

 

Cependant, les Allemands, dont les effectifs sont supérieurs aux nôtres, progressent, soutenus par le feu de leur artillerie ; leurs mitrailleuses causent dans nos rangs des pertes sévères. Le 243e R.I. reçoit l’ordre de se retirer sur Saint-Gobert, puis sur Houry, le soir il cantonne à la Neuville-Bosmont.

 

Les jours suivants, c’est pour la 51e D.I. la marche de repli, pénible, déprimante, épuisante…

 

Poursuivi par l’ennemi, le régiment se rend par marches forcées de jour et de nuit, à Chivres, Merfy, Courtagnon, Villevenarde, Barbonne. Les arrêts ne sont que de quelques heures pour prendre quelque repos au bivouac et repartir au plus tôt. Les hommes sont exténués, le ravitaillement est difficile, le pain manque…

 

La Marne.

Cependant, l’aube de la victoire commence à se lever, le succès va passer du côté de nos armes.

 

Le mouvement de repli est terminé, toute l’armée va passer à l’offensive. Le 6 septembre, le Général Joffre adresse aux troupes ce vigoureux appel : « Au moment où s’engage une bataille dont dépend le salut du pays, il importe de rappeler à tous, que le moment n’est plus de regarder en arrière ; tous les efforts doivent être employés à attaquer et à refouler l’ennemi. Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis, et se faire tuer sur place, plutôt que de reculer. Dans les circonstances actuelles, aucune défaillance ne peut être tolérée. »

 

Le jour même, le régiment se porte dans les bois à l’Est de la route Sézanne-Broyes, prêt à poursuivre vers le Nord ; un peu plus tard, il occupe et organise la croupe 214, au nord des Essarts, formant deux lignes de tranchées, occupées chacune par un bataillon. Le 7, le commandement apprend que les Allemands, qui déjà envisageaient leur entrée à Paris, sont en retraite sur tout le front ; la 5e armée entame la poursuite. Le 327e se porte d'abord à la Ferme de l’Epée, puis sur la Ferme Chapton et Soizy-aux-Bois.

 

Le lendemain, la 51e D.I. se rassemble au Sud de Charleville, le 243e R. I. reçoit l’ordre de se porter sur la crête face à Corfélix. Il essuie un feu violent de l’artillerie ennemie qui lui occasionne quelques pertes, et il est obligé de se replier en deçà de la crête, où il bivouaque.

 

Le 9, reprenait sa marche en avant, il se porte sur Saint-Prix, que les Allemands venaient de quitter, les jours suivants Villevenard, Coizard, Vert-la-Gavelle, Auluizeux, Aulnay, Mareuil-sur-Ory, Avize, Epernay, Villers-Allerand, Rilly-la-Montagne tombent en notre pouvoir.

 

Le 13, la poursuite continue, en direction générale Isle-sur-Suippes, la 51e D.I. se porte sur Béru-Lavannes.

 

Le 243e R.I. détache la 20e compagnie à la garde du poste de commandement du 10e C. A. à 1.500 mètres du fort de Montbre, et organise en position de repli éventuel, le mouvement de terrain à 1.500 mètres au Nord-Est de Montbre.

 

Après la panique des jours précédents, les Allemands semblent se ressaisir, leur artillerie s’installe sur les hauteurs de Béru, et c’est à la faveur de la nuit que le régiment se porte le 15 à Cormontreuil. Le 6e bataillon reçoit ensuite l’ordre d’occuper la voie ferrée de Reims, et d’y installer une organisation défensive avec tranchées. Le 5e bataillon est en réserve, d'abord au pont du Canal, puis au parc Pommery, situé dans les faubourgs de Reims.

 Ce dernier bataillon est sous les ordres du Commandant Lequeux, nouvellement promu, en remplacement du Commandant Lapointe, nommé Lieutenant-Colonel du 43e R. I.

 

Le 17, vers 13 heures 30, les Allemands prononcent une attaque et s’avancent jusqu’à 1.500 mètres de la voie ferrée, appuyés par le feu de leur artillerie. L’attaque est repoussée, le 243e R. I. a deux tués et une dizaine de blessés, dont le Capitaine Lallemant, de la 17e compagnie, gravement atteint.

 

Les jours suivants, le 243e R. I. a pour mission d’organiser définitivement le front Sacy, Ville-Dommange, Jouy-les-Reims, puis il relève le 25e R. I. sur le front Halte-Paslieu, Port, La Neuvillette ; des patrouilles font connaître que l’ennemi occupe la ligne Champ-de-Course, le Pont de Courcy. Un bombardement violent de Port occasionne au régiment quelques tués et blessés.

 

Le 3 octobre, le Lieutenant-Colonel Quiquandon donne l’ordre à deux sections de la 23e compagnie, soutenues par un peloton du 5e bataillon, de reprendre le Pont de Courcy, d’où les Allemands ont chassé nos petits postes.

Un violent combat s’engage sur les Cavaliers-de-Courcy, mais les quatre sections, malgré leurs efforts, ne peuvent progresser sous un feu violent de mousqueterie et de mitrailleuses, le Pont ne peut être atteint. Nous avons eu 13 tués et 33 blessés.

 

Le régiment prit ensuite part à des travaux et à quelques opérations de détail, en vue de l’amélioration et de la rectification des positions.

 

La guerre de positions, si peu en rapport avec les qualités du soldat français, s’impose. Restant dans la région de Reims, le 243e R. I. reçoit le 17 octobre l’ordre de relever le 151e R. I. Dans le secteur s’étendant à 200 mètres de la butte de tir, jusqu’au pont de Saint-Léonard, les tranchées suivant d’une manière générale le talus du chemin de fer. D’importants travaux d’organisation et de défense sont rapidement menés, en dépit du tir très précis de l’artillerie ennemie. Le 26, le régiment va goûter un repos bien gagné, à Trois-Puits et Champfleury.

 

Du 2 au 7 novembre, le régiment occupe les tranchées dans le secteur s’étendant de la route Saint-Léonard à Berru et à un point situé à 200 mètres environ du passage à niveau. Le P.C. du régiment étant fixé à Taissy. Travaux d’amélioration des abris, le long du canal et de la voie ferrée, et renforcement des défenses accessoires, telles sont les occupations de nos soldats, indépendamment de leur service de surveillance.

 

Le 243e R. I. est relevé par le 327e et va en réserve à Champfleury.

 

Le 11 novembre, le régiment se rend à Puisieux et passe sous les ordres du général commandant la division du Maroc. Les deux bataillons font partie du secteur de Prunay, sous le commandement du Colonel Pein, commandant ce secteur. Un bataillon occupe les tranchées à l’Est et à l’Ouest de Pruma, l’autre bataillon est en réserve le long du canal dans des abris situés près du Pont de l’Écluse. C’est à Verzenay, où cantonne l’E. M. du régiment, que le régiment va passer ses périodes de repos, le temps libre est employé à l’instruction.

 

Le 16, le commandant Tupinier, promu Lieutenant-Colonel, prend le commandement du 310e R.I. Le Capitaine Baquet, de la 22e compagnie, commande provisoirement le 6e bataillon.

 

Le 22 décembre, vers 14 heures, la Division marocaine attaque les tranchées ennemies. Le 4e tirailleurs a pour objectif la Ferme de la Bretonnière.

De 14 heures à 15 heures la 23e compagnie du 243e R. I., commandée par le lieutenant Dupont, est soumise à un feu violent d’artillerie (80 obus environ, de tous calibres), elle a reçu pour mission d’aller occuper, puis d’évacuer sur ordre des tranchées ébauchées situées à 300 mètres du front primitif. Elle a bien rempli sa mission, qui était d’attirer le feu de l’ennemi. Dans un rapport sur cette opération, le Colonel commandant le secteur de Prunay demande au Général commandant la Division une citation en faveur du « Lieutenant de réserve Dupont qui commande avec fermeté une compagnie de réservistes depuis trois mois et qui a fait preuve dans la journée du 22 des plus belles qualités de chef, en faisant exécuter avec calme un feu de mousqueterie bien réglé, malgré le tir intensif des batteries ennemies de gros et petit calibres, ayant concentré leurs coups sur sa compagnie. »

 

En faveur de « l’Adjudant Lamiaux, de la 23e compagnie, pour avoir maintenu sa section de façon tout à fait remarquable, malgré un feu excessivement violent d’artillerie. »

 

En faveur des « soldats Goget et Stockmann, de la même compagnie qui, malgré un feu d’artillerie d’une violence inouïe, ont exécuté des feux, comme s’ils étaient à la cible. »

 

Au cours de cette période, des travaux importants sont exécutés, pour l’amélioration du secteur : abris, tranchées, boyaux de communication, etc., les hommes fournissent quatre heures de travail de jour et cinq de nuit. Ces fatigues, les difficultés du ravitaillement, le transport de matériaux et munitions en première ligne sous de continuels bombardements, joints à la rigueur de la température, rendent cette période particulièrement pénible. Les boyaux de communication, détrempés par les pluies abondantes, sont dans un état déplorable et exigent de continuelles réfections.

 

Le 21 janvier 1915, le 243e R. I. quitte le secteur de Prunay, rejoint le 51e R. I. et relève le 208e R. I. dans le secteur de Taissy. Une partie du régiment cantonne à Taissy. L’autre tient les tranchées et occupe les abris le long de la voie ferrée. Le village est fréquemment bombardé, surtout la nuit, les hommes occupent les caves et les abris de protection. Le 23, le Général Franchet d’Esperey passe l’inspection des travaux en cours dans le secteur.

 

Le Commandant Compant, promu récemment, prend le commandement du 6e bataillon. Le Lieutenant-Colonel Gueilhers est nommé au commandement du 243e R. I., en remplacement du Lieutenant-Colonel Quiquandon, affecté à un autre poste.

 

Le 22 avril, le 5e bataillon reçoit l’ordre de relever un bataillon du 1er Étranger dans le secteur des Marquises ; il alternera avec le 6e bataillon qui va cantonner à Verzenay.

 

La 5e D. I. sous les ordres du Général Rouvier, est relevée du front, le 23 mai, et placée en réserve. Le 6e bataillon du 243e R. I. se rend à Romery et le 5e bataillon à Mutry puis à Cormoyeux.

 

Bataille de l’Artois. Hébuterne, Serre

Vers la bataille en son ensemble avec carte

 

Le 24 mai, le 243e R. I. s’embarque à Epernay à destination de Montdicourt (Pas-de-Calais) ; il se porte en fin de journée sur Thièvres où il cantonne.

 

Le 1er juin, les 21e et 22e compagnies exécutent à Corgneux des travaux sous la direction du Génie ; la 23e compagnie se rend à Sailly, avec la même mission.

 

Le 7, le régiment s’établit en position d’attente à Courcelles-au-Bois et à Bus-en-Artois.

 

La 101e Brigade reçoit le 9 juin la mission de s’emparer des tranchées allemandes situées au Nord de la route Serre-la-Sucrerie et débordant un peu cette route au Sud, en vue de préparer la progression ultérieure du 11e C. A. sur Serre. Les 243e et 327e R. I. exécuteront cette attaque.

 

Le 10, à 2 heures, le 243e R. I. est en position d’attaque, il a à sa droite le 327e R. I., et à sa gauche le 64e R. I.

 

Le 5e bataillon a deux compagnies dans la parallèle de départ, une autre dans les boyaux qui font communiquer la parallèle de départ aux tranchées de tir, la dernière dans les tranchées de tir. Le 6e bataillon est rassemblé dans des tranchées, en réserve.

 

 

Dès 4 heures 30, un bombardement d’une extrême violence est exécuté sur le front du régiment par l’artillerie lourde et de campagne ennemie, bouleversant les tranchées et causant quelques pertes. Les lieutenants mitrailleurs Hermann et Douchez sont blessés, M. l’Abbé Lestienne, aumônier de la division est mortellement atteint par un éclat d’obus.

 

 

L’assaut qui devait se déclencher à 7 heures est différé en raison du brouillard ; retardé plusieurs fois, il est décidé pour 17 heures. Le bombardement ennemi ne s’est pas ralenti depuis le matin, semblant rivaliser d’intensité avec le feu de notre artillerie.

 

A 17 heures, sur l’ordre du Lieutenant-colonel Gueilhers, les clairons sonnent la charge…

 

La première vague s’élance, avec un entrain admirable, droit sur les tranchées allemandes ; la 2e vague suit à une distance de 50 mètres, la 3e vague conduite par l’intrépide Chef de bataillon Lequeux, et comprenant la compagnie de mitrailleurs suit la 2e vague, la 4e vague sous les ordres du Capitaine Amsler suit la précédente, à 300 mètres environ. Le bombardement diminue d’intensité, par contre le tir des mitrailleuses allemandes fait rage.

 

Le 6e bataillon arrive à son tour, le bombardement reprend avec une extrême violence, le Capitaine Jannot, adjoint au Lieutenant-colonel, place les 23e et 24e compagnies aux emplacements occupés précédemment par le 5e bataillon. Les deux dernières compagnies suivent avec le Commandant Compant et le capitaine Baquet. A ce moment, le Lieutenant-colonel fait exécuter un tir d’artillerie sur des réserves ennemies qui arrivent de Serre. Immédiatement après, et afin de pouvoir riposter à un retour offensif de l’ennemi, le Lieutenant-colonel ordonne au capitaine Jannot de lancer les 5e et 6e vagues qui partent sur les traces du 5e bataillon.

 

Vers 17h.55, le Lieutenant-colonel apprend que le bataillon placé à notre droite s’est replié, découvrant le flanc droit du 243e R.I. et d’autre part étant sans nouvelle du 5e bataillon et du 64e R. I. opérant à notre gauche, la 7e vague est lancée, conduite par le Commandant Compant et le Capitaine Baquet, pour parer à une contre-attaque sur l’un ou l’autre flanc. La 21e compagnie reste à la disposition du Lieutenant-Colonel.

 

Malgré la distance à parcourir, environ 350 mètres, un réseau de fil de fer incomplètement coupé, une vive fusillade, un tir violent de plusieurs sections de mitrailleuses, d’artillerie lourde et de campagne allemande, la première tranchée ennemie est prise, un combat acharné s’engage dans la position conquise, nous en restons maîtres.

 

Le nombre des prisonniers allemands faits à la suite de cette opération est de plus de 100 soldats appartenant à quatre régiments, deux capitaines : Luchtenberger et Gussmann, un lieutenant blessé, et un matériel de guerre assez important, mitrailleuses, lance-bombes, etc.

 

Le capitaine Gussmann, qui remplissait les fonctions de chef de bataillon, a fait à l’officier d’Etat-major qui l’interrogeait, cette déclaration : « Monsieur, vous avez sans doute envoyé contre nous des troupes d’élite. Je m’étais porté à la tranchée de première ligne de mon bataillon au moment de l’attaque, jamais je n’ai vu de soldats se porter à l’assaut avec autant de bravoure et d’entrain. »

 

Au cours de cette attaque, nous avons perdu les neuf Officiers dont les noms suivent :

 

Capitaine D'ANDLAU,

Lieutenants PASTEAU, BERNARD, FLIPO, SENECAT, LARCHEVEQUE;

Sous-lieutenants GHEYSSENS, CROXO, SAISON.

MM. les Sous-lieutenants MONET et COHET, disparus, et douze Officiers blessés.

 

Troupe : 76 tués, 509 blessés et 244 disparus.

 

 

Une période de calme relatif succède à l'attaque, on s'organise dans la tranchée conquise.

Le 11, vers 15 heures, un bombardement d'une grande violence sur tout le front du 6e bataillon fait croire à une contre-attaque ennemie qui n'a pas lieu. Au déclin du jour, le 5e bataillon se rend à Colincant.

 

Dans la nuit du 11 au 12, les Allemands lancent contre la tranchée conquise trois contre-attaques successives, qui toutes sont enrayées grâce à l'intensité de notre tir, conjointement à celui de l'artillerie amie.

Au lever du jour, on constate devant la tranchée ennemie, aux points d'où partirent les contre-attaques, les cadavres d'une quarantaine d'Allemands.

 

Le 13 juin, une attaque menée par le 233e et le 327e R. I.. appuyés du 6e bataillon du 243e R. I. nous rendait maîtres de la 2e position ennemie. Le soir, le 243e R. 1. relevé allait cantonner à Bertrancourt et à Beaussart.

 

Nombreux sont les actes de bravoure et les traits d'audace collectifs et individuels qui se sont produits au cours de ces journées de combat. Les textes des propositions de citations qui suivent en relatent quelques-uns :

 

5e bataillon du 243e R. I. : « Le 10 juin s'est élancé à l'attaque des tranchées ennemies par vagues successives, avec un élan magnifique qui a suscité l'admiration des corps, voisins et des Allemands eux-mêmes, a parcouru sous un feu terrible d'infanterie, de mitrailleuses et d'artillerie de tous calibres, une distance de 350 mètres en terrain découvert, ne s'est pas laissé arrêter par des défenses encore très denses et a enlevé d'assaut une ligne de tranchées allemandes défendues par des mitrailleuses et des fantassins porteurs de grenades, a fait 121 prisonniers dont un capitaine et fonctionnaire chef de bataillon, et pris un nombreux matériel de guerre. »

 

Chef de bataillon LEQUEUX : « Le 10 juin avec son bataillon, appuyé par 3 autres compagnies du régiment, est parti â l'assaut au signal donné, avec un élan magnifique, a traversé 350 mètres de terrain sous un feu violent d'infanterie et de mitrailleuses ennemies, et sous un bombardement intense exécuté par l'artillerie lourde et de campagne ennemie, s'est emparé après un corps à corps acharné, des tranchées allemandes, où il a fait 121 prisonniers et pris deux capitaines. »

 

Capitaine JANNOT : « Le 10 juin pendant l'attaque des tranchées allemandes, a sous la direction du Chef de Corps, qu'il a très intelligemment secondé, placé deux compagnies de renfort dans la parallèle de départ, en attendant l'arrivée de deux autres compagnies conduites par le chef de bataillon, a fait preuve d'initiative intelligente et montré un coup d'œil judicieux dans la mission qu'il a exécutée dans un moment difficile sous un bombardement extrêmement violent d'artillerie lourde et de campagne ennemie.

 

Capitaine BACQUET : « Pendant l'assaut des tranchées allemandes le 10 juin, a puissamment contribué à l'augmentation du nombre de tranchées ennemies après un combat acharné, y a fait 42 prisonniers. un capitaine allemand commandant le bataillon, et s'est emparé d'une mitrailleuse. »

 

Médecin-major de 2e classe ROUSSEL : « A montré la plus grande activité et le plus grand dévouement pour organiser le relèvement de 200 blessés sur le champ de bataille et l'évacuation de plus de 600 blessés, dans les conditions les plus difficiles et les plus dangereuses. »

 

Capitaine D'ANDLAU : « Venu de la cavalerie pour prendre les délicates fonctions de Commandant de compagnie d'infanterie, s'est acquitté de sa tache avec conscience et un dévouement remarquable, a été tué à la tète de sa troupe qu'il entraînait à l'assaut des tranchées ennemies le 10 juin. »

 

Lieutenant LYOEN : « Officier de cavalerie au début de la campagne, a été amené à prendre les fonctions difficiles de Commandant de compagnie d'infanterie ; a su communiquer à tous ses cadres et à ses hommes le mépris du danger. A été tué bravement à leur tête en se précipitant le premier à l'attaque des tranchées ennemies le 10 juin, sous le feu des mitrailleuses et de l'infanterie, à courte distance. au moment oit il allait franchir le parapet. »

 

Lieutenant FLIPO : « Commandant une compagnie ; a toujours pendant toute la campagne, fait preuve du plus grand dévouement. A été tué à la tète de cette unité, qu'il entraînait à l'assaut sous un feu violent d'artillerie, d'infanterie et de mitrailleuses. »

 

Lieutenant BERNARD : « Est parti avec un courage admirable à l'assaut des tranchées ennemies à la tête de sa compagnie, pour laquelle il avait sollicité l'honneur d'être engagé le premier, a été tué en arrivant aux réseaux de fil de fer. »

 

Lieutenant SENECAT : « Blessé une première fois en mars, revenu sur le front dés guérison, cité à l'ordre du régiment pour sa belle conduite au feu en plusieurs circonstances. A été tué à la tête de sa section, qu'il entraînait à l'assaut d'une tranchée fortement organisée. »

 

Lieutenant PASTEAU : « Tué à la tête de sa section qu'il entraînait à l'assaut des tranchées ennemies le 10 juin ; est tombé sur le parapet conquis. »

 

Lieutenant LARCHEVÊQUE : « Officier de grande va-leur, modeste et consciencieux. Déjà cité à l'ordre du régiment pour sa belle conduite au feu en octobre 1914. A été blessé une première fois, puis tué dans la tranchée ennemie où il venait d'entrer a la tête de ses hommes et en s'exposant pour organiser rapidement sa position conquise. »

 

Lieutenant LECLERQ : « A entraîné brillamment sa compagnie à l'assaut d'une tranchée ennemie sous le feu le plus violent de mitrailleuses, d'infanterie et d'artillerie, a été blessé très grièvement. »

 

Sous-lieutenant COLLETTE : « A entraîné sa section avec la plus belle ardeur à l'assaut des tranchées ennemies, sous un feu violent d'artillerie, de mitrailleuses et d'infanterie, a été blessé grièvement. »

 

Sous-lieutenant MACQUINGHEM : « Chef de section plein d'entrain, a été mortellement blessé de plusieurs balles, à la tête de ses hommes qu'il conduisait à l'assaut des tranchées ennemies sous le feu violent des mitrailleuses, de l'artillerie et de l'infanterie. »

 

Sous-lieutenant SAISON : « Tué à la tête de sa section, qu'il conduisait avec un fougueux entrain, à l'assaut des tranchées ennemies le 10 juin. »

 

Sous-lieutenant GREYSSENS : « A su inspirer à ses hommes un entrain admirable dont il donnait lui-même l'exemple. A été mortellement blessé à la tête de sa section qu'il conduisait à l'assaut des tranchées ennemies le 10 juin. »

 

Sous-lieutenant CROXO : « A été tué en entraînant sa section courageusement à l'assaut d'une tranchée ennemie, sous un feu extrêmement violent.

Sous-lieutenant COHET : « Est tombé mortellement blessé en conduisant avec beaucoup d'énergie et de fermeté sa section à l'assaut des tranchées ennemies. »

 

Aide Major de 2e classe COUROUBLE : « D'une audacieuse témérité s'est porté au secours des blessés dans la tranchée conquise, soumise à un violent bombardement de l'ennemi ; a été blessé légèrement de plusieurs éclats d'obus à la tête, en soignant des blessés. Commandé pour la relève des cadavres, a été tué en arrachant des fils de fer, sur le champ de bataille, le cadavre d'un lieutenant du régiment. »

 

Adjudant POILLION : « Territorial volontaire sur le front depuis octobre 1914 n'a cessé de donner le plus bel exemple d'endurance et de bravoure, a accompli plusieurs missions périlleuses, a été blessé le 10 juin en observant les positions ennemies qu'il devait attaquer le soir. »

 

Adjudant JANSOONE : « A été blessé le 10 juin en entraînant sa section à l'assaut d'une tranchée allemande sous un feu violent d'artillerie, de mitrailleuses et d'infanterie ; avait souvent dirigé volontairement des reconnaissances et patrouilles périlleuses. »

 

Sergent-major LESAFFRE : « Déjà blessé au début de la campagne, et cité à l'ordre du jour du régiment, s'est de nouveau distingué au combat du 10 juin, son chef de section étant blessé, a pris le commandement de sa section, pour la porter à l'assaut d'une tranchée ennemie, sous un feu violent d'artillerie, d'infanterie et de mitrailleuses, est tombé grièvement blessé. »

 

Sergent MENETREZ : « S'est offert pour aller en plein jour et malgré le feu ennemi donner à boire aux blessés épars sur le glacis des tranchées, a ramené sur son dos un sergent-major pendant plus de 100 mètres en rampant à travers les réseaux de fil de fer. »

 

Caporal DUPAIN : « S'est dévoué pour aller en plein jour donner à boire aux blessés et reconnaître les morts épars sur un terrain battu par le feu de l'ennemi. »

 

Sergent-major CABY, caporal DUPIN, soldat PASQUIER : « Étant en patrouille pendant la nuit du 10 au 11 juin, sont tombés à l'improviste sur un poste allemand composé de 1 sergent-major et 10 hommes et par leur attitude résolue sont arrivés à tenir le poste en respect et à le faire prisonnier en entier, malgré une vive résistance. »

 

Caporal GRAS et sapeurs téléphonistes DECLEMY et GERARD : « Ont fait preuve du plus grand dévouement en assurant dans maintes circonstances la pose et les réparations des lignes téléphoniques sous le feu de l'artillerie ennemie. Le 10 juin, chargés d'installer le téléphone dans une tranchée conquise se sont trouvés inopinément devant un officier et 15 soldats allemands qu'ils ont maintenus en respect sous la menace de leurs armes en attendant l'arrivée de renforts. »

 

Sergent FORT, sergent MOTTE François, caporal DE ROO, soldat CHIRAUX : « Chargés d'organiser la partie gauche de la tranchée conquise, plus particulièrement menacée, sont montés sur le parapet et ont ouvert le feu sur une mitrailleuse braquée à moins de 100 mètres ; ont été tués bravement à leur poste. »

 

Adjudant de bataillon DUBAR Raymond : « Adjudant plein de vigueur, d'entrain et d'enthousiasme communicatif, a été un précieux auxiliaire pour son chef de bataillon, aux côtés duquel il a été grièvement blessé pendant l'assaut des tranchées allemandes le 10 juin. » (Proposé pour la médaille militaire).

 

Sergent DANHIEZ Nicolas : « A transporté sur son dos pendant 40 mètres son commandant de compagnie mortellement blessé et, malgré un feu violent d'infanterie et d'artillerie, pendant l'attaque des tranchées ennemies le 10 juin. »

 

Infirmier prêtre BROUCQSAULT : « N'a cessé depuis le commencement de la campagne de prodiguer ses soins à ses camarades blessés, en allant les rechercher sous le feu de l'ennemi. Assure les secours religieux à l'entière satisfaction des militaires qui l'estiment tous comme il le mérite. »

 

Capitaine AMSLER : « Commandant une compagnie depuis le mois de février avec une rare compétence et a fait constamment preuve d'une énergie exemplaire dans toutes les circonstances de la vie de campagne, malgré les souffrances physiques consécutives à son état de santé précaire. A été blessé à la tête de sa compagnie, pendant l'attaque des tranchées allemandes, le 10 juin. »

 

Sous-lieutenant DESWARTES : « Est entré dans une tranchée allemande, où il a déployé une énergie et un sang-froid remarquables, a fait presque seul un grand nombre de prisonniers et a organisé rapidement la position conquise sous un feu extrêmement violent. »

 

Soldat PRUM Henri : « Soldat mitrailleur, s'est distingué particulièrement à l'attaque du 10 juin ; a mis sa pièce en batterie sur le parapet de la tranchée prise, a visé un groupe d'ennemis qui lançaient des grenades à courte distance, les a tous tués, les uns après les autres, en avertissant maintes fois ses camarade de l'arrivée des explosifs, et après la mort du dernier sous-officier allemand, a levé son képi en criant : « Ça y est, j'ai vu sauter son calot, il a la tête cassée ! plus de grenades ! »

 

 

La 20e Compagnie du 243e  régiment d'infanterie : « Pour sa brillante conduite, lors de l'attaque des tranchées ennemies, le 10 juin, est sortie avec un ensemble et une ardeur remarquables, de la parallèle de départ, suivant ses officiers qui l'entraînaient à l'assaut sous un feu violent d'infanterie, de mitrailleuses, d'artillerie ennemies. »

 

Le 15 juin, le régiment entier va cantonner à Ringeval, pour se reformer, puis à Puchevillers. Le 27, le Colonel des Vallières, commandant la 101e Brigade, remet, au cours d'une prise d'armes du régiment, la croix d'officier de la Légion d'honneur à M. le Chef de bataillon Lequeux, et la médaille militaire au caporal mitrailleur Prum.

 

 

Le Général commandant la IIe Armée cite à l'ordre de l'Armée :

Le 5e Bataillon du 243e R. I.

« Après avoir stoïquement supporté un bombardement des plus violents, pendant plusieurs heures, s'est élancé avec un élan admirable à l'assaut des tranchées ennemies, qu'il a conquises malgré les pertes les plus cruelles.

« Le Général commandant le IIe Armée,

« Signé : DE CASTELNAU. »

 

 

Du 18 juillet au 20 août, le régiment fait, à Grouches, de l'instruction sur le tir, notamment, et le lancement des grenades.

 

Le 20 août, le 243e R. I. est mis à la disposition de la 33e D. I. (17e C.A). pour l'exécution de nuit de travaux de défense aux environs d'Arras ; transporté en camions autos, le régiment cantonne dans la ville.

 

Huit jours après, le régiment est conduit en auto à Ignaucourt, et de là va occuper le secteur compris entre la route d'Herleville et de Vermandovillers. Le Lieutenant-Colonel installe son P. C. à Herbonnières, où vient cantonner le bataillon au repos, le 5e et le 6e bataillons alternant pour le service aux tranchées.

 

Le 12 septembre, le Colonel des Vallières et le Lieutenant-colonel de Guillebon, qui vient de prendre le comman¬dement du 243e régiment d'infanterie, visitent le secteur. Le Chef de bataillon Compant, évacué, est remplacé au commandement du 8e bataillon par le Commandant Negrel, venu du 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs.

 

Dans la nuit du 20 au 21 septembre, le régiment relève des troupes de la 26e D. I. dans le secteur entre l'Avre et la voie ferrée Montdidier-Roye; ce secteur est sous les ordres du Colonel des Vallières, commandant la 101e Brigade.

 

Des travaux sont exécutés dans la région d'Armencourt (Somme), nous avons eu quelques blessés par balles au cours de ces travaux.

 

Offensive de Champagne.

Vers la bataille en son ensemble avec carte

 

Le 29 septembre, le 243e R. I. embarque en chemin de fer à Hargicourt, à destination de Châlons-sur-Marne; il cantonne à l'Epine. Le 2 octobre, il se porte dans les bois situés à 5 kilomètres environ au N.-E. de Suippes. Le lendemain, le régiment s'installe dans des tranchées à l'Est de Souain.

 

Le 6, le régiment réserve de division, occupe les tranchées de l'ouvrage de Wagram, à 1.500 mètres au Nord de Souain, il est bientôt remis à la disposition de la 101e Brigade. Vers 11 heures, le 6e bataillon du 243e R. I, débouche de l'ouvrage de Wagram et se porte derrière le 233e, à 3 kilomètres environ au Nord de Souain, à l'Est de la route Souain-Sommepy.

 

Le 5e bataillon se place derrière le précédent, les 17e et 18e et 20e compagnies à l'Est de la route, la 19e compagnie à l'Ouest. La route Souain-Sommepy et les tranchées occupées par le régiment, sont violemment bombardées par l'artillerie lourde allemande, qui nous cause des pertes sévères en officiers et hommes de troupe.

 

Le Sous-lieutenant Clety est mortellement blessé par éclat d'obus; le Commandant Lequeux, légèrement blessé par balle, conserve son commandement; le Lieutenant Pélissier est également blessé; le Capitaine De Toytot, adjoint au Lieutenant-colonel, le Capitaine Ruguet et le Sous-lieutenant Bourlard, de la 21e compagnie ; le Lieutenant Gibert, de la 20e compagnie; le Sous-lieutenant Giraud, de la 23e compagnie, sont tués par obus.

 

Les compagnies quittent successivement, le 9 octobre, leurs emplacements pour rejoindre l'ouvrage Wagram.

 

Le 11, le 243e R. I. relève les 132e et 310e R.I. dans les bois situés à l'Est de la ferme Navarin, face à Somme-Py; au cours de la reconnaissance de cette nouvelle position, le Capitaine De Susini est tué d'une halle à la tète.

Le 243e R. I. est relevé le 14, il va bivouaquer dans les bois, à 2 kilomètres S.-E. de Saint-Etienne-au-Temple; il embarque en chemin de fer le 16, à destination de Verdun, il cantonne à Jardin-Fontaine, puis à Lemmes, où le Général Dubail passe l'inspection des troupes. Le régiment est remis à l'instruction et se rend le, 27, à Erize-la-Brûlée et Rumont.

 

La 101e Brigade est mise à la disposition du Général commandant la R. F. V., pour lui servir de réserve et coopérer aux travaux d'organisation du secteur sud.

 

Le 243e, sous la direction du génie, travaille à Thillombois et aux abords de Villette, devant Saint-Mihiel.

 

Le Chef de bataillon Salvage est affecté au commandement du 6e bataillon, en remplacement du Commandant Négrel, passé à un autre corps.

 

Le 14 décembre, nous retrouvons le 243e R. I. dans le fameux secteur des Eparges, très pénible à occuper, surtout par la mauvaise saison. Le régiment alterne dans son service avec le 233e R. I. Rouvaux et Watronville sont les cantonnements de repos. Dans ce secteur, les travaux d'organisation sont poussés avec activité sous la direction du génie, travaux rendus difficiles par de continuels bombardements qui nous ont causé des pertes assez nombreuses; le 3 janvier, une seule torpille atteignait mortellement le sergent Videpied Marcel, deux caporaux et huit soldats. Le 1er février 1916, le régiment cantonne à Belleville (Nord de Verdun), il embarque en gare de Verdun, au quai de l'Artillerie, à destination de Charny. Il est employé a des travaux sur la rive droite de la Meuse.

 

Verdun.

Le 12 février, vers 16 h. 45, le régiment recevait de la 101e Brigade l'ordre suivant : « Alerte pour tout le monde ! Prenez emplacements. » Dans la soirée, le régiment entre dans ses cantonnements : le 5e bataillon à Bezonvaux et le 6e au fort de Douaumont, il se tient prêt en cas de nouvelle alerte.

 

Le 15, des travaux sont entrepris et poussés activement, sous la direction du génie, pour réunir, par un boyau aménagé en tranchée, le bois de Wavrille et le bois Le Chaume. Le manque de matériaux et l'eau qui remplit les boyaux rendent la tache difficile, mais il n'y a pas un instant à perdre, une attaque ennemie est possible au point du jour, la plus grande vigilance est exercée toute la nuit.

 

Le 18 février, les compagnies occupaient les emplacements suivants :

 

Première position. — Centre d'Ornes : deux compagnies en première ligne; deux compagnies dans le village (sous les ordres du Commandant Lequeux);

 

Position intermédiaire. — Ligne N.- S. à l'Ouest d'Ornes et en avant de la lisière est du bois Le Chaume : une compagnie du 6e bataillon (Capitaine Heurtel), avec deux sections de la 2e compagnie de mitrailleurs de bri¬gade;

 

Deuxième position. — Ouvrage à la lisière nord du bois Le Chaume, une compagnie du 29e territorial et deux sections de la 2e C. M. B.;

 

En réserve. — A la disposition du commandant du sous-secteur, trois compagnies du 6e bataillon sous les ordres du Commandant Salvage à la cote 378 (S.-E.).

 

Le Colonel des Vallières commande le sous-secteur, il installe son P. C. à la cote 378 (S.-E.).

 

Les compagnies des deux premières positions et de la position intermédiaire sont sous les ordres du Lieutenant-colonel de Guillebon, dont le P. C. se trouve dans un abri du bois Le Chaume.

 

Les 10, 20 et 21 février, le sous-secteur est violemment bombardé, sans interruption, sur le front Beaumont-Ornes. Le Lieutenant Deswarte, le Sous-lieutenant Duval, l'Aspirant Charlet, un Adjudant et trois soldats de la 20e compagnie sont tués par un obus.

 

La 18e compagnie et un peloton de la 20e compagnie repoussent par leur feu deux attaques ennemies à la corne est du bois de Soumazanes.

 

Le 22, de 5 heures à 15 heures, les deux mêmes compagnies s'opposent aux tentatives des Allemands pour franchir les fils de fer et repoussent quatre attaques, mais à 15 heures, les Allemands réussissent à s'emparer du bois de la Montagne, y capturent une section de la 20e compagnie, et commencent à s'infiltrer dans le bois de la Ville; le Lieutenant Pélissier, de la 20e compagnie, est blessé.

Le 23, vers 17 heures, les 18e et 20e compagnies, dont la situation devient précaire, reçoivent l'ordre de se replier, d'abord sur le bois Le Chaume, puis à la cote 378.

 

Vers 4 h. 30 de la même journée, les Allemands, qui avaient attaqué sur la Wavrille avaient d'abord été repoussés par le 310e R. I., mais vers 11 heures, à la suite d'une nouvelle attaque, la position est en leurs mains, et le 6e bataillon du 310e est refoulé sur le lisière ouest, le 5e bataillon de ce régiment contre-attaque sans succès et éprouve de fortes pertes. La lisière Sud de la Wavrille se garnit de tireurs allemands.

La 17e compagnie du 243e R. I., débordée sur sa gauche, gagne le bois des Fosses; nombreux sont ses tués et blessés. Elle rejoint la cote 378. Une des deux sections de mitrailleuses a disparu, l'autre se replie sur le bois Le Chaume, puis sur 378.

 

Le Lieutenant-colonel donne l'ordre à la 19e compagnie de replier son aile gauche qui est dans une position défavorable, et de la mettre en liaison avec le 2e zouaves, au bois des Fosses.

 

Par ordre du général de Division, le 5° bataillon du 243e R. I. et une section de mitrailleuses sont groupés, le 24, dans le ravin S.- E. de Louvemont.

 

A 6 heures, le bombardement est très violent sur tout le front, une attaque allemande sur Ornes (partie Nord) est repoussée.

 

A 12 heures, le bombardement redouble, surtout sur Ornes, le 5e bataillon du 243e R. I. est alerté et se forme dans le ravin allant vers Bras et sur les pentes Est, en liaison avec le 3e zouaves à gauche et le 273e à droite.

 

A 13 heures, une attaque allemande, forte d'environ deux régiments, débouche sur trois vagues, marchant vers la lisière Nord du bois des Fosses et la partie Ouest du bois Le Chaume.

 

Le Capitaine Heurtel, commandant la 21e compagnie (liaison entre le bois Le Chaume et le bois des Fosses) ne peut obtenir le tir de barrage de l'artillerie, ni par fusées, ni par plantons. Les Allemands semblent pénétrer sans difficultés dans le bois des Fosses et s'étendent à l'Est dans le bois Le Chaume.

 

La 21e compagnie et la 1ere section de la 2e C. M. B. infligent à l'ennemi des pertes sensibles, mois elles sont débordées à droite et à gauche. Le Capitaine Heurtel se défend héroïquement jusqu'au contact de l'ennemi.

 

La 6e compagnie du 29e territorial et la 24e compagnie du 243e R. I., en lisière du bois Le Chaume, semblent avoir été annihilées par le bombardement.

 

Les Allemands progressent et s'engagent dans la tranchée du plateau des Caurières; la 23e compagnie essaie de les arrêter, mais elle est débordée à gauche par l'ennemi, qui a traversé le bois des Caurières, pour protéger l'artillerie, puis de rejoindre la réserve à la cote 378. L'ennemi progresse à gauche, le Lieutenant-colonel doit marcher vers le Sud, il atteint avec quinze hommes le ravin nord du fort de Douaumont, rallie 50 hommes de la 23e compagnie et se dirige sur Fleury sous Douaumont, où il prend les ordres du Général de Division.

 

Le 5e bataillon du 243e se porte sur la Folie (Sud de Bras), il y est rejoint par les débris de la C. M. du régiment.

 

La 22e du 243e occupe l'ouvrage fermé de la cote 378, la 8e compagnie du 29e territorial reste entre 378 et la ferme Haudremont, en liaison avec le 3e zouaves. Ces deux compagnies reçoivent à minuit l'ordre de se replier sur la cote 321, où elles retrouvent les 233e et 164e R. I. Au point du jour, les trois régiments se portent dans le ravin entre cote 321 et Froide-Terre.

 

Le 5e bataillon, rappelé par ordre du Général de Division, arrive vers 18 heures à Fleury sous Douaumont, où il rejoint le groupe du Lieutenant-colonel, qui occupe les tranchées pour retarder le débouché des Allemands, qui continuent à progresser sur Douaumont.

 

Le 26, l'ordre de se replier sur Regret arrive eu moment où le bombardement provoque des pertes sensibles. Le détachement du Lieutenant-colonel, le 5e bataillon et la C. M. réunis à la caserne Chevert sont avisés que la Division se groupe à Regret; le mouvement s'exécute à la brume. Le 29, le régiment est enlevé en camions à Leroncourt.

Les 3, 4 et 5 mars, il cantonne à Couvert puis, Bonnet et à Greux, où a lieu une prise d'armes au cours de laquelle le Colonel commandant la 101e Brigade remet la croix de la Légion d'honneur à M. le Lieutenant Hallet, et la croix de guerre au soldat Marissal.

 

Le 9, le régiment embarque en chemin de fer à Coussey, pour Champagney, où il se reforme, avec des hommes venus des dépôts des 43e, 63e et 90e R. I.

 

Le 17, le Général Joffre passe en revue les troupes de la 101e Brigade, à 200 mètres au Sud de Plancher-Bas.

 

Il remet à M. le Lieutenant-colonel de Guillebon, la rosette d'officier de la Légion d'honneur, et la médaille militaire au Sous-lieutenant Lefebvre, de la 23e compagnie.

 

Le Chef de bataillon Lequeux est nommé Lieutenant-colonel au 233e R. I. et remplacé au commandement du 5e bataillon du 243e par le Commandant Allegret, venu du 356e R. I.

Les 2 et 3 avril, le 243e cantonne à Frevillers et Bauvillars, puis à Joncherey et Borou.

 

Du 4 avril au 21 mai, des travaux sont exécutés aux centres Courtelevant et de Suarce. Le régiment s'embarque à Morvillars pour aller stationner au camp d'Arches où seront effectuées des manœuvres de bataillon et de régiment.

 

Le 31 mai, le Général commandant l'Armée fait connaître que la 101e Brigade sera formée à deux régiments à la date du 1er juin, par la suppression du 243e R. I.

 

En conséquence, le 1er juin, le 5e bataillon passera au 233e R. I.; il y prendra le numéro 4: le 6e bataillon passera au 327e R. I. et y prendra également le numéro 4; la C. H. R. sera disloquée pour compléter les C. H. R. des 233e et 327° R. I.

 

 

 

Ordre du Régiment N° 52, du 233e R. I.

 

« Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 5e bataillon du 243e R. I. :

 

« Après vingt-deux mois de luttes incessantes et de fatigues vaillamment supportées, on vous demande aujourd'hui un bien dur sacrifice : des considérations d'un ordre supérieur relatives à la défense nationale exigent que vous vous sépariez de votre cher drapeau, pour qui tant des vôtres ont déjà versé généreusement leur sang.

 

« C'est avec une profonde tristesse que vous cessez de porter le numéro sous lequel vous avez combattu, la séparation est bien dure aussi pour votre Chef, le Colonel de Guillebon, dont le cœur plein de bonté saigne en quittant ses soldats, ses enfants.

 

« Rassurez-vous, vos nouveaux camarades vous connaissent et vous aiment. Ils vous ont vus à leurs côtés à Onhaye, à Saint-Pierre, devant Reims, à Hébuterne, en Champagne, et récemment encore à Verdun ; la réception qui vous attend atténuera votre douleur, sans faire oublier votre passé, qui est aussi celui du 233e.

 

« C'est un grand bonheur pour votre nouveau Colonel que de retrouver, après une courte séparation, son cher 5e bataillon, au milieu duquel il a vécu des journées bien dures, mais dont le souvenir ne s'effacera jamais.

 

« Nos chers camarades tombés il y a un an peuvent être certains que leur sacrifice généreux ne sera pas oublié, et la croix de guerre attachée à votre fanion, qu'ils ont vaillamment conquise au prix de leur sang, sera fidèlement gardée au 233e.

 

« Nous ne formons désormais qu'un seul et beau régiment, fier du passé et sûr de l'avenir.

 

« Vive le 243e ! Vive le 233e ! Haut les cœurs ! Pour la Victoire et la délivrance de nos foyers envahis.

 

« Le 1er juin 1916.

 

« Le Lieut.-Colonel LEQUEUX, Cdt le 233e.

 « Signé : LEQUEUX. »

 

 

 

Adieux du Lieutenant-Colonel.

« En portant l'ordre N° 141 de la Division à la connaissance des officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du régiment, le Lieutenant-colonel tient à leur dire combien il lui est pénible de se séparer d'eux.

 

« Il avait espéré qu'il pourrait aller avec eux saluer à Hébuterne, le monument projeté à la mémoire de nos morts, qu'il lui serait donné un jour de rentrer avec eux derrière le drapeau du 243e dans Lille reconquis.

 

« C'est une profonde déception que de renoncer à cet espoir.

 

« Mais si le 243e perd son drapeau et son numéro, il reste à tous ceux qui lui ont appartenu, le souvenir des dangers courus en commun, la fierté d'un passé glorieux et la tâche de reconquérir leurs foyers par la Victoire.

 

« Le 31 mai 1916.

 

« Le Lieutenant-colonel DE GUILLEBON,

« Signé : DE GUILLEBON. »

 

ETAT NOMINATIF DES MILITAIRES DU RÉGIMENT tombés au Champ d'Honneur

 

Capitaines : D'ANDLAU Jean-Marie; DE SUSINI Jules-César; DE TOYTOT Pierre-Jean; HEURTEL Yves-Marie; RUGUET Maurice-Auguste.

 

Lieutenants : BERNARD Adolphe ; DESWARTE Victor-Partait; FLIPO Emile-Jean-Baptiste; LARCHEVEQUE Alfred; LYOEN Emile-Henri; PASTEAU Maurice; SENECAT Alphonse; TILLIER Nestor.

 

Médecin Aide-Major : COUROUBLE Achille.

 

Sous-Lieutenants : BOURLARD Apollon-François; CABY Al¬bert-Léon; CLETY Jules-Emile-Henry; COHET Edouard-François; CROXO Jules-Emile; DUVAL René; GHEYSSENS Paul-Octave; GIBERT Jules-Marie; GIRAUD Joseph-Auguste: LYOEN René-Eugène; MAQUINGHEM Gaston-Pierre ; MONET Jérémie-Paul ; ROBERT Adolphe; SAISON Charles-Louis.

 

Adjudants : COURTY Constant-Joseph; DELACHAR¬BONNY Ray¬mond; DELOGE Auguste-Adrien-Gérars; SEI.OSSE Louis-Paul-Marie.

 

Sergent-Major : AUTTERS Gaston-Auguste-Marie.

 

Sergents-Fourriers : BEUSCART Jules: SAINT-LEGER Julien.

 

Sergents : BACROT Agathon-Cyrille; BACROT André-Joseph; BERNAY Andéchyr-Emile-René; BODELLE Georges; BOISSIEUX Henri;  BOURSIN Adolphe-Victor; CARNEAUX Léon ; COLLARD Fernand-Jules ;  COOLSAERT Auguste; COORDONNIER Jean-Pierre ;  DECLERCQ Maurice-Gustave ; DECOUVELAERE  Alfred-Jules; DELESPIERRE Augustin-Henri-Joseph ; DEMARETZ Hilarion-Joseph ; DENIS Albert-Charles-Modeste; DESROUSSEAUX Aristide-Pierre; DEVERNAY Eloi-Alexandre; D'HOOGHE Maurice-David; FLIPO Charles; FORT Victor; GHIVART Maurice-Henri; LEBRUN Léon-Louis; LENOIR Paul; LIARD Pierre-François-Joseph; LOUBRY Henri-François; MAENE Charles-Victor; MAHIETTE Pierre-Joseph; MAQUINGHEM Jules-Albert; MOTTE François-Albert-Edouard; MULOT Robert-Armand-Désiré; PETITOT Charles-Henri; QUEVA Ernest; ROBERT Léon-Marius; ROUSSEL François-Edouard; SEVENO Paul-Arnoult-Joseph; VIBERT Joseph-Henri; VIDEPIED Ma¬nuel; WATTEL Paul-Henri-Joseph.

 

Caporal-four. : CASAERT Désiré. Caporaux : ALLAEYES Gas¬ton-Adolphe; BALCAEN Albert; BERNARD Joseph-Alphonse; BESSON Narcisse Joseph ; BOUCHER Edouard-Marcellin; BOULANGE Louis-Joseph; CASLIEZ Charles-Emile; CHRISTIAENS Marcel-Henri; DALMAR Jean-Joseph-Louis; DEFORGE Charles-Emile ; DELASSUS Paul; DESPIERES Henri-Joseph ; DEVERNAY Julien-Gustave-Joseph; DEZWARTE Aimable; DUBOIS Louis-Henri-Maurice-Joseph; DUBOIS Urbain-René; DUBOIS Pierre-Nicolas-Louis-Charles; DUCHATEL Julien; DUPRIEZ Edmond; FERTIN Jean-Baptiste; FANTINE; FLORIN Pierre-Auguste; GARRAUD Jean; GAUTIER ; GILMANT Jules; GODEFROY Emile-Polydore; GODART Eu¬gène-Charles; HAMET Maurice-Louis; HAYE Maurice-Joseph; JEFFRAY Jean: LAMARQUE Henri; MACAREZ Léon-Lucien-Louis; MIOT Emile-Léon; PERNOIT Albert-Désiré; POULLET André-Gus¬tave; PREVOST Jean-Baptiste; ROUSSEL Gaston-Arsène; SANDRAT Kléber-Camille; SERGENT Achille-François-Emile; SIX Henri-Etienne; SUBTIL Edouard-Jean-Marie; TERRIEN Pierre; TESTELIN Louis-Pierre; THESE Alfred-Henri-Joseph; VANBAETEN Antoine-Joseph; VASSEUR Narcisse-Pierre-Joseph.

 

Soldats: ACCART Elysée-Paul-Joseph; ALGOET Victor-Henri; AVERLANT Louis-Arthur; AVEZ André.

 

BAERT Julien-arthur ; BAERT Alphonse-Charles ; BAISEZ Gaston-Armand ; BALAN Jean ; BALLOY François-J. ; BARBIEUX Arthur ; BARILLOT Léon ; BART Jules ; BAUDIN Clovis ; BAUDUIN Gaston ; BARBERY François ; BEERNAERT Julien ; BEHAGUE Louis-Désiré ; BERNARD Ernest ; BEUSCART Clovis ; BLANC Louis-Armand-Raymond ; BLONNEE Gaston ; BODDAERT Ignace-Michel-Fidèle ; BONION Albert ; BONDUAU Jules-Emile ; BONNEL Léopold ; BONNIER Alphonse-Florimond ; BOONE Louis-Julien ; BOUILLET Alphonse ; BOUVRY Etienne ; BULTEEL Achille ; BUSENIERS Gaston-Arthur.

 

CABESTAING Henri ; CALMIN Pierre-Louis-Cornil ; CAMBIER Léon ; CANDELIER Léonce-Eugène ; CARETTE Rémy-Joseph ; CARLIER Edouard-Alfred ; CARLIER François-Joseph ; CASSELAIN Jules ; CASTELIN Charles ; CATENNE Maurice ; CATRIX Désiré ; CATRY Henri-Louis-Joseph ; CANEVAILE Albert-Ernest-Gaston ; CHANDAUNAY Léon-Gabriel-Jules ; CHANU Victorien ; CHAPUT Martial ; CHATAIGNIER Eugène-Auguste ; CHIRAUX Paul-Charles-Henri ; CNUDDE Edouard ; COCHETEUX Achille-Louis ; CODRON Cyrille ; COGET René-Joseph ; COPIN Georges ; COLLETTE Jules-Auguste ; CORNELIS Vital ; CORRION Albert ; COTTENGE Albert-Adolphe ; COUSIN Marcel ; COURMONT Pierre-Joseph ; COURMONT Anatole ; CREUSE Paul-Louis-Florentin ; CROMBET Achille ; CROENEN Achille-Edouard.

 

DANGREMONT Édouard ; DARSAUD Jean-Jules ; DAULLET Albert-Henri ; DEBECKER Henri-Jules-Hippolyte ; DEBERGHES Gaston ; DEBERSEE Léon ; DEBUIGNE Albert-Joseph ; DECARNIN Georges-César ; DECLERCQ Charles-Louis ; DECOSTERE Jules ; DACOTTIGNIES Édouard ; DECROIX Émile-Henri-Joseph ; DEDECKER Edmond ; DEFORGES Charles-Philippe ; DEGAVRE Auguste-Edouard ; DEJAEGHER Georges ; DELAHAIE Louis-Joseph ; DELAISSIEZ Joseph-François-J.-B. ; DELAUNAY Gustave ; DELANNOY Paul-Léon ; DELANNOY Émile-Léon ; DELATTRE Auguste-Joseph ; DELCOURT Émile-Augustin ; DELCROIX Émile ; DELEPORTE Georges ; DELEPOURRE Jules-Gédéon-Joseph ; DELMOTTE Etienne-Louis ; DELNESTE Jules ; DELNESTE Léon ; DELOBELLE Paul-Henri-Joseph ; DELPORTE Arsène-Léon-Joseph ; DELPORTE Charles-Bernard-Louis ; DELVOYE Henri-François ; DEMESSINE Auguste-Paul ; DEMETZ Emile-Charles ; DEMEY Pierre-Théophile ; DENDIEVEL Pierre ; DENNEULIN Théophile-Joseph ; DERIEUX Alphonse ; DERRIDER Désiré-Émile ; DESBIENS Camille ; DESCAMPS Louis-Joseph ; DESCAMPS Firmin-Maurice ; DESCAMPS Louis-Florimond-Joseph ; DESCAMPS François ; DESCAMPS Émile-Marie-Eugène-Narcisse ; DESMET Maurice-Jean-Joseph ; DESMET Jules ; DESMET Charles ; DESMETTRE Léon ; DESRUELLES Auguste-Grégoire ; DESTEUQUE Jules-Théodule ; DESTOMBES Louis-Joseph ; DETAILLEUR Oscar-J.-B.-Léon ; DEUWILLE Maurice-André ; DEVITTER Georges-Charles-Gaston ; DEVOOGHT Jules-François ; D’HALLUIN Cyr-Louis-Joseph ; D’HEYGERS Edmond ; DHORNES Victor-Joseph ; DHUYTVETTERE Henri ; DORTOMN Auguste-Victor ; DAUTERLINGUE Auguste-Michel ; DROUART Isidore-François ; DROULEZ Jérôme-Henri ; DRUELLE Charles-Achille; DUBUCHE Arthur; DUBUS Alfred; DUCOURANT Edmond-Joseph; DUCROQUET Louis; DUFAY Jules; DUFERMONT Georges, DUHAMEL Eloi-Joseph; DUJARDIN Camille-Alphonse; DUHAIL Henri-Eugène-Victor; DUMONT Louis-Paul: DUMORTIER Gustave; DURIEZ Jules-Désiré; DUTHOIT Adolphe; DUVILLIER Mathus-Alexis.

 

ELMOND Joseph; ENVORINE Laurent.

 

FEELMAN Pierre; FIN Albert-Léon; FIOLET Marceau-Louis-Joseph; FLAMENT Louis-Maurice; FLAMENT Alphonse; FOURNIER Jules; FRANCHOMME Abel-Joseph; FRANÇOIS Ernest; FRANÇOIS Philippe; FRANÇOIS Fénelon; FRANQUET Eugène; FRANQUET Léo¬nard-Joseph; FRIARD Vital-François; FRUIT Jean-Baptiste.

 

GARRIGUES Jean; GAUDOIS Martial; GELOEN Gaston-Georges; GELTHOOFT Fernand; GHESQU!ÈRE Albert-Pierre; GHILLAIN Louis; GIELEN Lucien-Désiré-Joseph; GILLET Valentin-Eugène; GILLON J.-B.-Joseph; GIRAUDEAU Raoul-Jean; GOBERT Auguste-Julien; GODART Belloni; GODIN Henri-Victor; GOSSELIN Alphonse-Fran¬çois; GRANDVEAU Louis-François; GARRE Emmanuel; GRYSOLLE Julien-Victor ; GUESQUIÈRES Augustin-Paul-Elysée GUIGNET Léon; GUILBERT Etienne-Henri; GUILLEUX Arthur.

 

HALLUIN François; HAUTECOEUR Alfred; HAUTEVART Julien; HERBAUT Jean-François-Emile; HESPEL Jules; HlROUX Léopold; HOUDRY Ernest-Alfred; Hus Fidèle-Louis; HUTEREAU Armand-Charles-Louis.

 

JAUMIAUX Edouard; JOOSEP Edmond-Louis-Joseph ,

 

KELDER Emile Gustave

 

LAIGNEL Pierre-Joseph; LAINE Jean-Baptiste; LALAU Fleu¬risse-Alfred; LEBOUTEILLIER Albert-Emile-Louis; LEBRETON Ré¬mond-Albert; LECAS; LECLERCQ Auguste-Emile-Désiré; LECLERCQ Julien-Gustave-Alfred; LECLERCQ Victor; LECLUSE Achille-Désiré-Joseph; LECOCQ Victor; LEFEBVRE Jules-Joseph; LEFEBVRE Albert-Alexandre; LEFORT François; LE GUILLOU-CRESQUER Louis-Victor; LELEU Louis; LEMAIRE Léonard-Albéric; LEMAIRE Henri-Louis; LENOIR Georges; LEPERCH Victor-Joseph; LEPLAT Géry-Louis; LEPOT Léon-Hilaire; LEPOUTÈRE Henri-Joseph; LEPOUTRE Victor; LEROUGE Marcel; LESAGE Emile; LESAGE Emile-Charles-Joseph; LEVEQUE Louis; LEVEUGLE François; LOERENDOPT Fran¬çois; LONGUEPEE Pierre-Auguste-Joseph; LORTHIOIT Ernest-Henri-Désiré; LUCAS Léon-Georges; LUSSIEZ Paul-Désiré; LUTUN Victor-Désiré-Louis; LUYCK Henri; Lys Lucien-Alphonse.

 

MACE Jean-Marie; MACQUART Victorien-Constant; MAGREZ Arthur-Julien-Joseph; MAHIEU J.-B.; MALBRANQUE Louis; MANGIN Xavier; MARCOU Achille; MARCY LOUIS; MARIETTE Ernest; MARTEL Charles-Alexandre; MARTINS Moïse; MASSCHELEIN François; MENU Georges-Auguste ; MERESSE Georges; MESTDAGH Fernand-Victor; MEYLEMANS François; MIQUET J.-B.; MILLEVILLE Louis-Henri; MOERMAN Noël-Gustave; MOLONGOT Oscar; MOREAU Gustave; MOREL Louis; MOREL Auguste; MOUGEVILLE Augustin; MOURNET Jean.

 

NEVEU Ernest; NIFFELS Adolphe-Henri-François; NIQUET Louis-Clément; NILLAUX Albert; NIVESSE Charles-Augustin; NOEL Fernand-Léon-Emile; NORMAND Georges-Lucien.

 

OGER Joseph-Michel-Alexis-Jules; ONRAET Victor-Joseph; ORVANNE Gustave; OST Joseph-Jacob.

 

PARENT Pierre-André; PARIS Benjamin-Alfred; PARSY Octave-Adonis; PASQUIER Maurice-Léon; PEANNE Octave-Emile; PEELMANN Pierre-François; PHILIPS Arthur-Edmond ; PICAVET Albert-Joseph; PIOGEZ Louis-Henri-Joseph; POLEY Maurice; POMMIER Désiré-Auguste: PONCHAUX Louis-Charles; PONS Fer¬nand; POTIE Léonard; POTIER Alphonse; POTTIER Paul-Auguste; PRESSE François-Vénitien: PROOT Edmond-Oscar.

 

RASSON Louis; RATOUIN Guillaume; REMARS Victor-François; REMERICQ Georges; REMY Vincent-René; RENARD Alfred-Aug.-Alphonse: RICHEZ Hector-François; RIDEZ Eugène; RIGAULT Emile-Isidore; ROGER Jules-Clément; ROSE Adolphe, ROUX Germain; RUTH André-Géry.

 

SAMYN Julien-Joseph; SANDRAPS Edmond-Augustin; SANTENAIRE André-Paul; SEGARD Pierre-Désiré; SENELAR Henri-René; SEZILLE Alphonse-Désiré; SIGIER Désiré; SINSON Léon-Lucien; SIRE Jacob-Constant; SIX Jules-Paul-César; STIEN César; STOOP Charles; SUDRET Léonard.

 

TAILLEZ François; TANCHON Désiré: THÈVE Henri-Joseph; TIBERGHIEN Léon; TIELMAN Henri-Louis: TOCKER Lucien; TOURAILLE Paul-Henri; TRANCHEZ Louis-Jules; TRANSIER Julien.

 

VALENDUE Alfred-Louis; VANBUNDER Jean; VAN COPPENOLLE François; VANDAMME Evariste; VANDAMME Albert; VANDENBULCHE Henri: VANDENBULCHE J.-Baptiste: VANDERCHELDEN Edmond; VANDERPLANCHE Charles; VANDEPLASSCHE Ferdinand-Pierre; VANDE¬VILLE Paul-Léon; VANDEWAELE René; VANDEWIELE Adolphe-Joseph, VAGILVE Jules-Jérémie ; VANHEGHE Gustave-Arthur ; VANHOEMACKERE Jules ; VANMARCKE Yvo-Alfred ; VANOPSTAL Joseph-Pierre ; VALOCQ Alphonse ; VARLOOR René-Désiré ; VANDEVILLE Auguste-Jean-Baptiste ; VAN WELDEN Léon-Henri ; VAN VICKELEN Auguste-Louis ; VELQUE Henri ; VERAEGHE Pierre-François ; VERCAMMEN Isidore ; VERHOTE Pierre ; VERNIER Gustave ; VERSCHAEVE Fleury-Aimé ; VERSCHELDE Gaston-Florimond ; VILLAEYS Adrien-Edouard ; VILLAUX Albert ; VINCENT Adolphe ; VION Oscar-Fernand ; VLIEGHE Bernard-Jules.

 

WAELEKENS Marcel Joseph ; WALLE François ; WASTYN Oscar-J.-Baptiste ; WAGNEL Augustin ; WILS Arthur-Louis ; WIMSINGUES Gustave.

 

 

 

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