HISTORIQUE
Du
6ème BATAILLON
ALPIN DE CHASSEURS A PIED
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1916
Du
Le 7 janvier, le groupe
reçoit l’ordre de se tenir prêt à partir pour une destination inconnue ;
et le lendemain il commence son embarquement, procédant d’abord à la mise en
place des animaux et du matériel, qu’il faut répartir sur les croiseurs Edgard-Quinet,
Waldeck-Rousseau, Ernest-Renan et Jules-Ferry.
Le personnel embarque le 9
janvier, à
Le deuxième détachement, à
bord de l’Ernest-Pérochon, sous les ordres du capitaine adjudant major
Thévenot, comprend la moitié de l’état-major du bataillon, de la S.H.R., les 1ère
et 4ème compagnies, une section de mitrailleuses et une demi
batterie.
Le troisième détachement, sous
les ordres du capitaine Ancé, à bord du Jules-Ferry, comprend la 6ème
compagnie et un détachement de la batterie.
Le quatrième détachement, sous
les ordres du capitaine Barthélemy, à bord du Waldeck-Rousseau, comprend
les 2ème et 5ème compagnies, une section de mitrailleuses
et les conducteurs du train régimentaire.
L’embarquement commence à
A
Le 10 janvier, à
CORFOU
L’île de Corfou jouit d’un
climat très doux, rappelant celui de la Côte d’Azur ; l’hiver y est
presque inconnu. La partie nord est très accidentée. De tous les points de
l’île on aperçoit le plateau aride du Panthokrator, qui est le sommet le plus
élevé de l’île ; elle produit en abondance du vin, des oranges et autres
fruits, ainsi que du maïs.
La ville de Corfou, qui compte
près de 20 000 habitants, est plutôt sale, les rues sont étroites et
tortueuses, seule la promenade de l’Esplanade est bien tenue.
A 4 kilomètres au sud de la
ville, dans un site charmant, se trouve le village de Gastouri, sur le
territoire duquel est construit l’Achillcon.
Le 11 janvier, vers
A
Le commandant fait
immédiatement procéder à l’arrestation des espions et personnages suspects,
dont le chef de l’espionnage allemand Rhomboer, qui sont gardés à vue, en
attendant d’être envoyés sur un croiseur.
A
Le chef de bataillon, estimant
que l’occupation de l’Achillcon, résidence de l’empereur d’Allemagne, doit se
faire sans tarder, forme un petit groupe, sous le commandement du lieutenant de
vaisseau Avis et de l’aspirant Samson, composé de sapeurs, de matelots
torpilleurs et mineurs, munis d’explosifs et d’engins de destruction, et les
fait partir en auto.
A
Un détachement de la 3ème
compagnie empêche toute personne de sortir de la ville.
La caserne de la citadelle,
reliée à la ville par un pont qui a été occupé dès l’arrivée, se trouve
complètement isolée ; aussi grande est la surprise des soldats grecs, qui
logent presque tous en ville, quand, voulant regagner leur caserne, ils en sont
empêchés par les chasseurs, qui croisent la baïonnette et ne laissent passer
personne.
A
Le commandant lui répond
courtoisement qu’il prend acte de ses déclarations et ajoute : « qu’ayant
reçu une mission à remplir, il l’exécute ». Sur cette réponse, le
préfet s’incline et se retire.
Le débarquement continue dans
les meilleures conditions.
A
A
A
A
En face de Corfou, l’île de
Vido est occupée par une demi section et une pièce d’artillerie ; cette
demi section est relevée le 16 janvier par la 3ème compagnie, qui
commence l’installation des camps destinés à recevoir les soldats serbes.
L’armée serbe, ramenée sur les
vaisseaux des marines alliées, sera reconstituée et réorganisées par le 6ème
groupe alpin, dans l’île de Corfou.
Le 18 janvier, par
ordre ministériel, le groupe alpin cesse d’appartenir à l’armée navale et passe
sous les ordres du général de Mondésir, chef de la mission militaire française
après de l’armée serbe, dont le représentant actuel à Corfou est le lieutenant
colonel Broussaud.
La population civile et
militaire, très impressionnée par la tenue et la discipline des chasseurs, se
montre absolument neutre et ne témoigne pas la moindre marque de sympathie.
A partir du 20 janvier,
les débris de l’armée serbe arrivent chaque jour, jusqu’au 31 janvier.
L’état d’épuisement et de
misère des malheureux soldats serbes est extrême… Ils n’ont sur le dos que des
loques, sont rongés de vermine et n’ont pas mangé d’aliments dignes de ce nom
depuis plusieurs semaines. Aussi le typhus et le choléra font-ils parmi eux de
terribles ravages ; les chasseurs les aident de leur mieux. Un
médecin-major du Waldeck-Rousseau et le médecin auxiliaire Duvacher, du
6ème bataillon, font preuve d’un dévouement inlassable.
L’île de Vido, fut choisie
pour l’isolement des malades dysentériques, les malheureux Serbes ont à peine
la force de débarquer ; quelques-uns tombent à terre et doivent être
transportés sur brancard. La plupart sont muets, squelettiques, courbés sous le
poids de leur défaite et des fatigues sans nom qu’ils ont endurées, vêtus de
lambeaux de capotes kaki, les pieds plus souvent entourés de morceaux de toile
que de chaussures.
Tout ce monde se répand en
désordre autour du débarcadère. Détail particulier, même ceux qui peuvent à
peine se traîner, conservent leurs fusils, dont ils se servent comme d’un bâton
de soutien.
Les brancardiers serbes, aidés
des chasseurs du bataillon, transportent tous ces malheureux dans les locaux
disponibles. Les officiers du bataillon font rassembler avec peine les soldats
serbes pour les conduire aux deux camps : l’un au promontoire nord de
l’île, l’autre dans un vallonnement à l’est. Là, ils reçoivent des toiles de
tentes fournies par le bataillon et montent leurs entes individuelles.
La dysenterie, le manque de
nourriture et la fraîcheur des nuits de janvier sèment la mort dans ces camps.
Vers le 23 janvier il en mourait quarante par jour ; à la fin du
mois, ce chiffre était monté à cent cinquante.
Mais de nouveaux soldats
serbes, arrivant des côtes d’Albanie, comblèrent rapidement les vides ;
l’île de Vido en contint jusqu’à 7 000 dans ses camps.
Misérable aspect que celui de
ces camps, où les soldats serbes cherchaient à réchauffer leurs membres
rigides, en allumant des feux qu’ils entretenaient sans cesse, même par les
jours ensoleillés et brûlants.
Pour calmer leur soif, on en
vit plus d’un déterrer l’herbe des talus et la manger avidement. Le seul puits
de l’île était l’objet d’un siège en règle, qui nécessitait la présence d’un
poste de chasseurs. Sur les rares plages, on rencontrait ces malheureux,
accroupis, creusant avec leurs mains, non loin de la ligne des vagues des
sortes de puisards dans lesquels l’eau de mer arrivait filtrée par le
sable ; ils la buvaient au fur et à mesure. Pour apaiser leur faim, ils
allaient jusqu’à essayer de déterrer les trous à ordures de la compagnie de
chasseurs, pour y chercher quelque nourriture.
Dans la mesure du possible, on
plaçait à part les plus fatigués, dans les rares bâtiments de Vido, à
l’infirmerie, où l’on pansait les ulcères qui couvraient souvent tout le corps
de ces malheureux. Nombreux étaient ceux qui marchaient sur plusieurs grosses
ampoules suppurées, développées sous la plante des pieds.
Dans le coin des dysentériques
graves, groupés sur un peu de paille, dans les étroits locaux existants, ils
étaient environ 800, étendus les uns à côté des autres, dans un tel état d’émaciation
et d’affaiblissement, qu’il fallait souvent les secouer avec force pour
distinguer les moribonds de ceux qui étaient déjà morts.
Pour ces malades, et pour les
quelques milliers des camps, la compagnie du 6ème dut s’ingénier à
utiliser le riz fourni par l’intendance en assez grande quantité. Avec des
moyens de fortune, un minimum de nourriture saine fut ainsi assuré aux Serbes
de l’île de Vido, en attendant l’arrivée de la mission française.
La compagnie du 6ème
aidait les quelques brancardiers serbes à recruter dans les camps, dans leur
travail qui consistait à transporter et à enterrer les morts dans d’immenses
fosses que l’on creusait au sud de l’île. Mais une épidémie de choléra s’étant
déclarée peu après l’arrivée de la mission française, le chiffre journalier des
morts s’éleva jusqu’à 200. L’inhumation de tant de cadavres devenant
impossible, un navire-hôpital français, le Saint François d’Assises, fut
chargé d’aller les immerger au large du canal d’Otrante.
Tel fut à peu près le travail des
premiers jours à Vido, c’est-à-dire du 17 au 31 janvier, date à laquelle
la mission française commença à fournir le personnel et le matériel nécessaire.
La mission française arrive
fin janvier. Les chasseurs aident au transport des médicaments et du matériel.
Des baraques en bois à double épaisseur, du modèle « Adrian », des
tentes « Bessonneau » s’élèvent un peu partout, grâce à l’activité
des chasseurs et permettent d’aliter les malades serbes et de les soigner dans
de bonnes conditions. Avant de les y admettre, on les fait passer à un service
de douches et on leur distribue du linge de corps neuf. Des médecins de la
mission française, de la marine, des médecins serbes, donnent leurs soins aux
malades sous la direction d’un médecin-chef français.
Tandis que Vido était choisie
dès le début comme lieu d’isolement pour la masse des malades serbes, le
Lazaret (îlot situé au nord de Vido) ne fut utilisé qu’au début de février par
la mission française pour y faire passer aux douches et habiller à neuf la majeure
partie de l’armée serbe bien portante. Quelques marins étaient affectés au
fonctionnement de l’étuve humide. Des chasseurs étaient préposés à la police
générale, à la distribution du linge propre et des vêtements neufs. Le médecin
auxiliaire du 6ème bataillon, docteur Duvacher, surveillait
l’ensemble.
Il passait de 500 à 1 000
hommes par jours, habillés en bleu horizon ou en kaki, qui étaient ensuite
dirigés par bateaux, vers les différents camps préparés dans l’île de Corfou.
Vers le 10 février, le
Lazaret changea d’utilisation et fut affecté aux contagieux graves.
Lorsqu’au début de février, le
prince Alexandre de Serbie vint pour visiter l’installation sanitaire de Vido,
il trouva admirablement organisée.
Tout le monde s’ingéniait pour
rendre aux Serbes leur séjour agréable ; le commandant Melle-Desjardins
envoya plusieurs fois la fanfare du bataillon jouer devant l’habitation des
officiers et au milieu des camps ; initiative très appréciée de ces
mélomanes qui eux-mêmes, jouaient des airs mélancoliques de leur patrie, le
visage tourné vers le nord, du côté de la Serbie envahie. On vit plusieurs
fois, au moment où la fanfare jouait l’Hymne Serbe », des moribonds se
redresser su leur couche, et trouver encore la force de saluer pour ensuite retomber
épuisés ou morts.
Le 4 février, la 1ère
compagnie est détachée dans la partie sud de l’île de Corfou, pour préparer des
camps destinés à recevoir trois divisions serbes. Le 6 février, le
prince Alexandre de Serbie arrive à Corfou ; les honneurs lui sont rendus
par les 3ème, 6ème compagnies et la fanfare.
Le 24 février, les
unités qu ne sont pas de service auprès des malades, sont passées en revue, sur
l’Esplanade de Corfou, par le général de Mondésir, qui remet la médaille
militaire au chasseur Cabane, avec la citation suivante :
« Chasseur
extrêmement brillant au feu. Au combat du
Durant le mois de mars, et au
fur et à mesure de la remise en état des troupes serbes, les unités du 6ème
bataillon qui deviennent disponibles, assurent le service de place de la
garnison.
Les dissidents Bosniaques et
Herzégoviniens de l’armée serbe sont réunis à Govino, par les soins du
bataillon, sur l’ordre de la mission militaire française ; le capitaine
Barthélemy en forme un bataillon dont il fait l’instruction.
Le 10 avril, le 10ème
bataillon territorial de zouaves arrive à Corfou, pour remplacer le 6ème
bataillon de chasseurs, qui doit rentrer en France.
Le 24 avril, le ministère de
la guerre de Serbie envoie au général de Mondésir la lettre suivante :
« Je viens d’être informé
que le 6ème bataillon de chasseurs alpins partira prochainement de
Corfou et qu’il se séparera de l’armée serbe, à laquelle il a été attaché voilà
bientôt trois mois.
« Cette séparation est un
moment plein d’émotion pour chaque soldat serbe. Les chasseurs ont en effet,
pendant leur séjour à Corfou, gagné les cœurs des soldats serbes et de leurs
chefs, par leur dévouement inlassable envers leurs camarades serbes, et ceux-ci
ne pourraient assez exprimer leurs sentiments de reconnaissance et d’amour pour
leurs braves camarades français, car le 6ème bataillon de chasseurs,
digne représentant de la belle et courageuse armée française, notre grande
alliée, accueille les soldats serbes au moment de leurs plus cruelles
souffrances, provenant de longs combats acharnés, contre un ennemi trois fois
supérieur en nombre, et de cette dure retraite, pendant laquelle ils mourraient
de faim.
« Les chasseurs ont
transporté dans leurs bras les soldats serbes épuisés et mourants, sans se
préoccuper nullement de ce qu’un grand nombre de ces derniers étaient atteints
de maladies contagieuses et des plus graves. Ils leur portaient leurs
équipements et leur donnaient la plus grande partie de leur pain.
« Dans les rangs de
l’armée serbe, on raconte des anecdotes touchantes, sur la générosité du soldat
français. Les chasseurs ont en un mot accueilli les soldats serbes, non
seulement comme alliés, mais comme de véritables frères.
« Au nom de l’armée
serbe, j’ai l’honneur d’exprimer sa reconnaissance sincère à MM les officiers,
sous-officiers et chasseurs du 6ème bataillon, en vous priant de
vouloir bien le leur transmettre.
« Si vous voulez bien me
communiquer à temps l’heure du départ du bataillon, j’irai au devant du désir
de notre armée et je permettrai à une section d’infanterie et d’artillerie et à
un peloton de cavalerie, de venir les saluer au départ, afin que les soldats
serbes puissent serrer la main de leurs camarades français en se séparant
d’eux.
« Afin de donner un signe
visible de reconnaissance de l’armée serbe, je vous prie, mon Général, de
vouloir bien me transmettre en aussi grand nombre que possible, les noms de MM
les officiers, sous-officiers et chasseurs du 6ème bataillon qui se
sont distingués pendant ces trois mois dans l’accomplissement de leur devoir si
difficile, et j’aurai l’honneur de les proposer à Son Altesse royale le Prince
héritier, pour être décoré.
« Pour
le ministre de la guerre,
« Le
colonel d’état-major,
« Signé :
FERVITCH »
Le 28 avril, les
zouaves relèvent les 2ème et 3ème compagnies et les
sections de mitrailleuses qui sont à Govino et Moraïtika, afin de leur
permettre de rentrer à Corfou pour le rassemblement du bataillon, qui est
entièrement effectué le 29 avril.
Le 1er mai,
le prince Alexandre de Serbie passe ne revue le 6ème groupe alpin
sur l’Esplanade de Corfou ; il remercie le 6ème bataillon du
concours qu’il a prêté à l’armée serbe et décore plusieurs officiers,
sous-officiers, caporaux et chasseurs.
Le 13 mai, le groupe
alpin est dissous ; la 46ème batterie reste à Corfou et le 6ème
bataillon embarque à bord du croiseur auxiliaire La Savoie, pour rentrer
en France.
Durant les journées des 14, 15
et 16 mai, voyage de Corfou à Marseille par le détroit de Messine et les
bouches du Bonifacio.
Le 18 mai, le bataillon
débarque au Frioul, où il reste en observation.
Le 19 mai, le commandant
Melle-Desjardins, promu lieutenant-colonel, pendant le séjour du bataillon à
Corfou, fait ses adieux au bataillon, pour aller prendre le commandement du 6ème
régiment d’infanterie ; il fait paraître l’ordre suivant :
ORDRE DU BATAILLON N° 215
« Officiers,
Sous-officiers, Caporaux et Chasseurs du 6ème bataillon alpin,
« Désigné
pour le 6ème régiment d’infanterie, par décision du général en chef,
je quitte aujourd’hui le commandement du bataillon.
« Pendant
une année entière, j’ai eu l’honneur d’être à votre tête, partageant vos bonnes
et mauvaises fortunes et appréciant hautement vos brillantes qualités
militaires, votre dévouement inlassable, votre allant et votre énergie hors de
pair.
« C’est
avec orgueil que j’ai constaté récemment qu’au grand quartier général votre
réputation est faite. Nos chefs les plus éminents y considèrent le bataillon
comme un des meilleurs corps de troupe de l’armée française.
« Cette
réputation justement méritée, vous tiendrez à honneur de la maintenir.
« Le
colosse allemand est maintenant ébranlé, et le jour n’est plus éloigné où une
dernière et vigoureuse poussée fera sonner pour lui l’heure de la débâcle
finale.
« Ce
jour-là, tapez dur, mes amis, qu’aucune considération ne vous retienne et que
le 6ème bataillon soit un des premiers à rejeter au-delà du Rhin
l’infâme envahisseur.
« Le
pays peut compter sur vous !
Chasseurs
du 6ème bataillon,
« C’est
avec un profond chagrin que je vous quitte. Soyez convaincus que je ne saurais
vous oublier et que ne cesserai de m’intéresser à vous et de vous suivre dans
votre carrière.
« Au
revoir, mes amis, je vous souhaite tous bonne chance et je vous demande de
crier tous avec moi :
« Vivent
les chasseurs,
« Vive
la France immortelle !...
« Marseille,
le
« Le
lieutenant-colonel commandant le 6ème B.C.A.
« Signé :
MELLE-DESJARDINS »
Ce même jour, le capitaine
adjudant major Thévenot prend le commandement du bataillon.
Le 21 mai, le
commandant Beauser vient prendre le commandement du 6ème bataillon.
ORDRE DU BATAILLON N° 216
« Officiers,
Sous-officiers, Caporaux et Chasseurs,
« Appelé
à l’honneur de commander le 6ème bataillon de chasseurs, je retrouve
avec plaisir ce corps dans lequel j’ai servi en temps de paix, pendant sept
ans, et avec lequel j’ai fait la campagne de Lorraine, en 1914.
« Pendant
que le bataillon était loin du front pour une mission spéciale, de mon côté,
j’étais maintenu aussi loin du front pour blessures.
« Le
bataillon va repartir, c’est une nouvelle guerre qui commence pour lui. Je suis
sûr qu’il saura conserver son ancienne réputation, d’être pour tous, le plus
beau bataillon de chasseurs et, pour les ennemis, le plus terrible des
« diables bleus ».
A
Marseille, le
« Le
chef de bataillon commandant le 6ème B.C.A.
« Signé :
BEAUSER »
Le 25 mai, le bataillon
est dirigé du Frioul sur Marseille, où il embarque le lendemain matin en chemin
de fer, à destination de Nice et rejoint son dépôt pour se réorganiser.
VOSGES
Le 12 juin, le 6ème
bataillon embarque à Nice, à destination de Laveline-devant-Bruyères (Vosges),
où il arrive le 14 juin, et va cantonner dans la région de Corcieux.
Le 15 juin, il vient de
Corcieux à Clefcy et passe sous les ordres du général Gratier, commandant la 40ème
D.I. ; il est affecté à la 8ème brigade de chasseurs, commandée
par le lieutenant-colonel Petit.
Pendant trois jours, le
bataillon cantonne dans la région de Clefcy. Le 19 juin il fait
mouvement vers le Lingekopf, où il doit relever le 13ème B.C.A. et
des unités du 1er bataillon territorial de chasseurs alpins. La
relève s’effectue sans incidents, pendant les nuits des 21 et 22 juin.
Le 23 juin, tout le 6ème
bataillon est en ligne et occupe le secteur Linge-Schratz ; du 23 juin
au 16 juillet, le bataillon organise ce secteur ; l’ennemi est calme,
les bombardements qu’il déclanche à certaines heures, ne sont faits que dans le
but de détruire ou de gêner les travaux.
Dans la nuit du 15 au 16
juillet, commence la relève du 6ème bataillon par le 305ème
régiment d’infanterie ; elle ne sera terminée que la nuit suivante.
A cette date, la 8ème
brigade de chasseurs, dont fait partie le 6ème bataillon, passe de
la 46ème à la 63ème D.I.
Le bataillon fait étape sur
Clefcy, où il reste trois jours.
Le 27 juillet, il
quitte la 8ème brigade et passe à la 6ème, sous les
ordres du colonel Messimy. Il continue par étapes jusqu’à Archettes, où il
reste du 30 juillet au 14 août.
Le colonel Messimy fait alors
paraître un Ordre de brigade :
ORDRE DE
« Officiers,
Sous-officiers, Caporaux et Chasseurs des 6ème, 27ème et
28ème bataillons,
« Pendant
de longs mois, vous avez assuré la défense du coin de terre que les troupes
d’Alsace ont reconquises. Vous l’avez fait au prix de sacrifices héroïques,
vous y avez conquis un tel lustre que votre nom est aujourd’hui, aussi bien
chez les Alliés que chez nos ennemis, synonyme d’endurance, de courage et de
haine de l’Allemand.
« Une
tâche plus grande, plus lourde, plus glorieuse, nous attend ; avec nos
camarades des autres bataillons nous sommes au début de cette troisième année
de guerre, qui doit être la dernière, appelés à la bataille qui boutera
l’ennemi hors de France.
« Instruits
par l’expérience, mûris par les dangers et les épreuves, nous nous donnerons
tout entiers et sans réserve pour remporter les succès qui nous apporteront une
paix féconde et glorieuse.
« Nommé
par décision du 22 juillet, au commandement de la 6ème brigade de
chasseurs, je vous exprime à tous, mes chers camarades, la rude et profonde
joie que j’éprouve à me retrouver au milieu de vous, la fierté que je ressens à
être votre chef.
« Ensemble,
j’en ai la pleine et ferme assurance, nous marcherons à la victoire.
« Le
colonel commandant la 1ère brigade de chasseurs,
« Signé :
MESSIMY »
Le 15 août, le
bataillon est embarqué en chemin de fer en trois échelons et transporté dans la
région d’Héricourt (Haute-Saône) ; de là, par Banvillars et Méroux, il
vient cantonner à Rechesy (Haut-Rhin) où, pendant huit jours, il exécute des
travaux de défense sur la frontière suisse.
Le 24 août, il embarque
en chemin de fer dans la région de Petit-Croix et arrive le 25 en gare de
Longeau (Somme).
SOMME
A partir de ce moment, le 6ème
bataillon va être employé dans la formidable bataille de la Somme et, comme
partout où il est déjà passé, il se distinguera par sa belle tenue au feu et
son ardeur combative.
De Longeau, le bataillon vient
bivouaquer dans le bois Labbée, puis vient cantonner à Cerisy-Gailly, où il
passe six jours. Le 2 septembre, il va cantonner au camp de Suzanne, sur
la rive nord de la Somme, à l’est de Bray-sur-Somme.
Le 3 septembre, le 6ème
bataillon quitte le camp de Suzanne, et se porte près de Chalu, où il stationne
au Chapeau de Gendarme, entre le moulin de Fargny et le village de Chalu, en
réserve de division.
A
Le bataillon traverse Curlu,
et emprunte des boyaux pour franchir la croupe des Observatoires et la ligne de
notre artillerie.
Nos 75 tirent sans
interruption ; la marche est très lente. Le bataillon reçoit son
ravitaillement pour le lendemain.
Après un arrêt de quelques
heures dans les tranchées de « Trouve-qui-Peut » et
« Pestilence », il reprend sa marche en avant.
Les hommes avancent
difficilement, car les tranchées ont été bouleversées par notre
artillerie ; de plus, les guides envoyés par l’infanterie connaissent très
peu le terrain. Il est plus de
Tout est calme ; les deux
artilleries se déplacent et le bataillon continue sa marche sans incidents, sur
le champ de bataille de la veille.
Au petit jour, il n’avait pas
complètement pris ses emplacements, les compagnies de queue ont encore à
franchir la croupe de Cranières, pour aller prendre position au bois des Riez.
Leur mouvement es vu de l’ennemi, qui déclanche un barrage causant un certain
désarroi et des pertes graves dans la section de mitrailleuses du
sous-lieutenant Malandri.
De trous d’obus en trous
d’obus, les compagnies de deuxièmes lignes gagnent leurs emplacements du bois
des Riez et s’abritent de leur mieux. Les compagnies de tête sont devant la
tranchée de « Maussoul ». Le terrain, encore recouvert de cadavres
allemands, et complètement bouleversé par l’artillerie, témoigne de l’âpreté de
la lutte qui s’y déroula la veille, puisque deux compagnies bavaroises s’y
firent décimer, tenant jusqu’au dernier homme. Aussi le bois des Riez et ses
abords ne sont qu’un cimetière.
Dès
A
Le terrain où il aura à
progresser se présent sous la forme d’une plaine très peu vallonnée, coupée de
quelques talus. L’objectif est distant d’environ 2 kilomètres.
A l’heure « H », le
bataillon sort des tranchées dans un élan admirable et dans un ordre parfait.
Trois compagnies et une C.M. en tête, deux compagnies et
L’attaque progresse au pas de
charge. L’ennemi est complètement interloqué ; ses éléments avancés se
replient dans le plus grand désordre à travers les champs d’avoine, où ils sont
descendus à coups de fusil ou capturés par les chasseurs. En 18 minutes, la
crête des Observatoires (cote 109) est enlevée. Des mitrailleuses se révèlent
su la gauche, vers la ferme de l’Hôpital et l’ennemi, fortement retranché dans
des caves et des abris bétonnés, a réussi à enrayer l’avance du 1er
corps d’armée ; des éléments de la 1ère et de la 5ème
compagnies s’établissent alors défensivement sur une ligne oblique au front. Le
barrage ennemi est réglé sur la cote 109. Le capitaine Flageolet est tué au
cours de la progression.
Des éléments de la 1ère
compagnie, sous les ordres du lieutenant Bailly, et la 2ème
compagnie, commandée par le capitaine Barthélemy, profitant de la confusion de
l’ennemi, dépassent les objectifs et s’emparent du bois Reinette, progressant
sous le feu des mitrailleuses de la ferme de l’Hôpital. Elles s’établissent en
avant du bois Reinette. Une patrouille de dix hommes, sous les ordres du
sergent Buéra, réussit à ce moment un coup d’audace admirable. Après avoir
réduit des mitrailleuses, cette patrouille arrive devant une batterie
d’artillerie ennemie, comprenant trois pièces de 77 et deux de 150. Les
artilleurs essaient de se défendre, mais les chasseurs leur bondissent dessus à
la grenade et à la baïonnette, en tuent quatre, dont un sous-officier et
ramènent les autres dans nos lignes.
A
A
Dans la conduite de ces
reconnaissances, les sergents Carrère et Perrin font preuve d’un beau courage
en entraînant leurs chasseurs jusque sur les positions ennemies, d’où ils ne
reviennent que sur ordre, en rapportant des renseignements précieux.
Dans les journées de 5 et 6
septembre, le bataillon renforce ses positions. La journée du 5 voir la
prise de la ferme de l’Hôpital par le 3ème mixte de zouaves et de
tirailleurs. La ferme est enlevée vers
Vers
Le 7 septembre, le
bataillon est ramené en arrière, près du bois des Riez, la tête dans la tranche
de Maussoul, la queue dans le bois des Riez. Des abris individuels sont creusés
le long du talus, pendant que notre artillerie commence le bombardement des
tranchées de Marrière.
Les 8, 9, 10 et 11
septembre, le bataillon fournit des équipes de travailleurs qui sont
employées au P.C. de la brigade et au creusement d’un boyau allant du P.C. de
la brigade au P.C. du 133ème R.I et à la corne sud du bois
Reinette ; ce boyau servira de place d’armes pour la concentration des
bataillons de réserve, le jour de l’attaque de Bouchavesnes.
Le 12 septembre, à
A
Les lisières des bois Marrière et Reinette
sont violemment bombardées par 77 et 105 ; le bataillon s’y établit
néanmoins et utilise les tranchées que le 28ème vient de quitter.
L’attaque progresse normalement devant le front
de la brigade, mais sur la gauche, il existe un trou de 1 500 mètres
devant 650-C. Les tirailleurs n’avancent plus, cloués par des mitrailleuses et
subissent de fortes pertes. Dans une portion de la tranchée des Berlingots, une
garnison allemande se défend avec vigueur, et les mitrailleuses prennent sous
leur feu tout ce qui essaie de déboucher au nord du bois Marrière.
Cette résistance compromet l’avance du 28ème
B.C.A. qui déjà déborde Bouchavesnes par le nord. Le bataillon reçoit mission
de la faire tomber ; en conséquence, les 3ème et 4ème
compagnies (groupe Chalumeau) tournent la position par l’est, pendant que la 2ème
compagnie la fixera face au nord-est.
Avec beaucoup de cran et une
audace admirable, les trois compagnies se mettent en mouvement pour cette
opération délicate. Il faut profiter du moindre accident de terrain et se
glisser de trous d’obus en trous d’obus. L’accès d’un chemin creux, partant de
la corne nord-ouest du bois Marrière et couvert par des réseau incomplètement
détruits est particulièrement meurtrier. Des tirailleurs, arrêtés devant la
position, y dirigent leur feu et se cramponnent au terrain, malgré de lourdes
pertes.
La manœuvre exécutée par le 6ème
bataillon réussit admirablement ; l’ennemi se voit près d’être encerclé,
car de toutes parts surgissent les baïonnettes des chasseurs ; les
tirailleurs, électrisés eux aussi, se précipitent et après un court combat, la
garnison ennemie se rend. 420 prisonniers et 6 mitrailleuses sont capturés.
Un capitaine allemand, blessé,
voyant arriver les chasseurs, s’écrie : « Ah ! les chasseurs,
vous êtes des as !... »
Il est
Vers
A
Vers
Dans la nuit du 13 au 14,
le bataillon est relevé par le 31ème R.I., il se rassemble au bois
des Riez, où sont ses cuisines, et le 14, vers
Pendant la période du 4 au
14 septembre, le bataillon a subi les pertes suivantes : 6 officiers
tués ; 121 sous-officiers, caporaux et chasseurs tués ; 9 officiers
blessés et 369 sous-officiers, caporaux et chasseurs blessés.
Le 15 septembre, le
bataillon est enlevé en T.M. et transporté à Vraignes, où il cantonne. Le 17
septembre, il fait étape à Bougainville, où il reçoit les félicitations du
général commandant la 41ème D.I.
ORDRE DE
« Rattachée
à la 44ème D.I. depuis le 23 août, la 6ème brigade de
chasseurs alpins a conquis successivement trois lignes de retranchements
ennemis avec un élan admirable, en faisant de nombreux prisonniers et en
ramenant dans nos lignes un important butin de matériel de guerre.
« Le
général commandant la 41ème division est fier d’avoir eu sous ses
ordres les brillants bataillons de chasseurs qui constituent cette brigade. A
tous, au colonel commandant de brigade, aux officiers, sous-officiers, caporaux
et chasseurs des 6ème, 27ème, 28ème bataillons
de chasseurs alpins, il adresse ses plus affectueuses félicitations pour
l’œuvre accomplie et tous ses vœux pour que la 6ème brigade maintienne
jalousement sa glorieuse réputation et continue, jusqu’à la victoire décisive,
la tâche si bien commencée. »
Le général commandant le 7ème
corps d’armée envoie, par l’intermédiaire de la 6ème brigade,
l’ordre suivant :
ORDRE GÉNÉRAL N° 134
« Entré
dans la bataille à l’allure de la charge, et ne marquant le pas que sur ordre
et pour mieux reprendre son élan, la 6ème brigade de chasseurs na
connu l’obstacle que pour le renverser.
« A
la rescousse des bataillons du 44ème et du 133ème, elle
n’a fait qu’un bond jusqu’à Bouchavesnes. Sur elle ensuite, la contre-attaque
s’est usée.
« Chasseurs
de la 6ème brigade, l’ennemi sait par expérience que les alpins des
6ème, 27ème et 28ème bataillons sont aussi
ardents en plaine qu’en montagne, et que bois ou tranchées, ils enlèvent tout.
« Je
m’incline devant vos morts.
« Je
salue votre glorieux drapeau !
« Au
P.C., le
« Le
général commandant le 7ème C.A.
« Signé :
DE BAZELAIRE »
A la suite des combats que le bataillon
a livrés pendant la période du 4 au 14 septembre, le général commandant la
VIème armée a accordé les citations suivantes :
Capitaine BARTHÉLEMY :
« Officier
du plus grand mérite. Au combat du 4 septembre a, d’un élan admirable, lancé sa
compagnie à l’attaque, entraînant avec elle les éléments voisins. A enlevé d’un
seul bond les objectifs qui lui étaient assignés, occupant au delà et
organisant une position qui devint la base d’une action suivante. »
Sergent CARRÈRE :
« A
l’attaque du
Sergent PERRIN :
« Son
chef de section ayant été tué, a mené ses hommes à l’attaque avec ordre et
sang-froid. Commandant une patrouille de combat, a poussé jusqu’aux fils de fer
de la position ennemie suivante et y est resté pendant dix-huit heures en
observation. »
Chasseur ESPERANDIEU, de la
compagnie de mitrailleuses :
« Blessé
une première fois, a continué à progresser en portant sa pièce ; blessé
par une deuxième balle, ne s’est arrêté qu’après avoir atteint le point qui lui
avait été fixé. »
Chasseur DELON,
infirmier :
« Déjà
cité, au front depuis vingt-trois mois, n’a jamais cessé de donner les plus
beaux exemples de courage ; a été grièvement blessé le 4 septembre, en
soignant un blessé sous le feu des mitrailleuses ennemies. »
Le chasseur BERTRAND est
également cité à l’Ordre de l’armée, de même que l’aspirant CHAUTARD, tué au
moment où il entraînait sa section, pendant le combat du 4 septembre.
Le 18 septembre, le
bataillon est enlevé en T.M. et transporté à Formerie ; le 19, il
fait étape à Criquiers (Seine-Inférieure), où il cantonne jusqu’au 23
octobre.
Durant cette période de repos,
le colonel Messimy, commandant la 6ème brigade, passe le bataillon
en revue, le 7 octobre.
Du 10 au 14 octobre, la
garde du drapeau est confiée au 6ème bataillon, qui le passe ensuite
solennellement au 27ème bataillon. Au cours de cette cérémonie, il
est donné lecture de la citation à l’0rdre de l’armée obtenue par le 6ème
bataillon de chasseurs, pour les combats des 4 et 12 septembre.
Est cité à l’Ordre de
l’armée :
Le 6ème Bataillon
de Chasseurs :
« Bataillon
d’élite, ayant déjà été cité à l’Ordre de l’armée. Dans les attaques des 4 et
12 septembre, a progressé dans les lignes allemandes avec une énergie et une
audace dignes d’admiration, réalisant dans ces deux attaques successives,
malgré de lourdes pertes, un gain de quatre kilomètres, faisant 500
prisonniers, prenant 5 canons et 9 mitrailleuses, et contribuant pour une large
part, grâce à l’habileté manœuvrière et à la hardiesse de son chef, le
commandant Beauser, à facilité la marche des troupes placées à sa gauche.
« Signé :
FAYOLLE »
Le 20 octobre, le port de la Fourragère aux
couleurs de la Croix de guerre est conféré au 6ème bataillon de
chasseurs.
En même temps que le 6ème
bataillon, la 6ème brigade de chasseurs alpins est également citée à
l’Ordre de l’armée.
ORDRE GÉNÉRAL N° 399, de VIème
ARMÉE
La 6ème
Brigade de Chasseurs Alpins, sous les ordres du colonel MESSIMY :
« Entrée
dans la bataille à l’allure de la charge, y a apporté une ardeur magnifique,
dépassant ses objectifs, pour étendre l’occupation du terrain conquis. Arrivée
à la rescousse des unités entrées à Bouchavesnes, a vigoureusement arrêté les
contre-attaques de l’adversaire, et maintenu les positions enlevées de haute
lutte à l’ennemi.
« Le
général commandant la VIème armée,
« Signé :
FAYOLLE »
Le 23 octobre, le
bataillon quitte son cantonnement de repos et revient en T.M. au camp de
Suzanne, où, en attendant l’ordre de monter en secteur, il détache la moitié de
son effectif pour préparer le terrain d’attaque.
Le 25 octobre, le
colonel Messimy fait paraître l’Ordre suivant :
ORDRE DE
« Chasseurs
de la 6ème Brigade,
« Vos
trois bataillons sont tous trois cités à l’Ordre de l’armée.
« 27ème
bataillon,
« Le
combat de Bouchavesnes, dans lequel est tombé, au milieu de vous, le chef
valeureux et héroïque que vous aurez à cœur de venger, vous a valu une troisième
citation à l’Ordre de l’armée, qui redouble l’estime que vos chefs et l’armée
toute entière avaient pour votre glorieux passé.
« 6ème
et 28ème bataillons,
« Par
votre vaillance renouvelée, par l’éclat de vos victoires, vous avez conquis à
la pointe de vos baïonnettes, le droit au port de la Fourragère, apanage envié
de dix-neuf corps d’armée français.
« La
6ème brigade se trouve être aujourd’hui la seule des brigades de
notre armée qui ait, tout entière, droit au port de cet emblème. Cette décoration
collective force le respect et l’admiration de la foule ; elle rappelle
constamment à ceux qui ont la fierté de la porter, la piété respectueuse due
aux anciens qui, par leur sang, ont conquis un tel honneur ; elle est pour
tous, officier et troupe, en bravoure et en valeur tous les corps d’une armée
où l’héroïsme est, partout, la règle commune.
« Officiers
et Chasseurs de la 6ème Brigade,