Carnet de guerre 1914-1918 de Claude BERNELIN

des 54e, 27e et 13e régiments d’artillerie

 

 

Mise à jour : Octobre 2014

 

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Jean-Pierre m’écrit en septembre 2014 :

 

« J'ai récemment effectué sur Internet quelques recherches, en particulier je recherchais des cartes pour pouvoir situer les batailles à laquelle mon grand-père a participé,  pour agrémenter un document que j'avais commencé à rédiger il y a une dizaine d'année sur la base de photocopies, remises par une tante il y a 30 ans, des pages du carnet de guerre de mon grand-père Claude BERNELIN, Maréchal des Logis au 54 ième RAC (l'original du carnet a depuis disparu après le décès de cette tante, elle l'avait conservé car après la seconde guerre mondiale elle s'était établie avec son mari en Lorraine (à Azerailles) et avait reconnu des noms de villages cités dans le dit carnet)

 

Avec les cérémonies du centenaire, je me suis remis dans la rédaction de ce document, je n'ose pas l'appeler livre.

En effectuant ces recherches je suis tombé sur votre site qui est une vraie mine d'or.

Vos récits des batailles sont remarquables et j'ai été très heureux de découvrir des cartes qui me permettent d'étayer mon récit dans lequel j'ai rajouté des photos et une partie de la correspondance (malheureusement incomplète) entre mes grands-parents et la famille (cousins, grandes tantes,...).

Je n'ai pas connu, à mon grand regret, ce grand-père, né le 30 juillet 1877 et décédé le 28 janvier 1939 à Charly (Rhône), je ne suis né qu'en 1960.

J’aimerais bien, si vous le voulez évidemment, que vous l'ajoutiez sur votre site dans la série d'autres récits de poilus.

 

La photo de mon grand-père, en tenue de Maréchal des Logis, date de son service militaire effectué de 1898 à 1901. »

 

 

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Août 1914.

Départ de Vernaison (Rhône) le 6 à 8h½ du matin.

Arrivé à St Péray (Ardèche) à 3h.

En route pour Valence (Drôme), en arrivant petit repas et rentrée au corps.

 

7/8, à 10h du matin, visite et dîner chez Gaston.

Soir réception des chevaux.

 

8/8, réception et classement des chevaux, bricolage et le soir à l'arsenal prise en possession du matériel.

 

9/8, corvée de vivres à la manutention, paquetage du départ, à 1h préparatif pour le départ à St Péray, retour, abreuvoir, souper et adieux chez Gaston.

 

10 août, départ à 7h par Valence, arrivé à Romans à 12h.

Repos, embarquement, départ à 5h du soir.

Arrivé à Montmélian (Savoie), 11 août, à 3h du matin, débarquement et route pour Chignin.

Tous les jours manœuvre, beaucoup de pluie, chemins affreux.

 

Départ le 21 à 2h du matin par temps affreux, embarqué à Montmélian et départ à 6h 50.

Arrivé à Charmes (Vosges) à 6h du matin le 22 août.

En route pour Xirocourt (Meurthe et Moselle) par Socourt et Gripport.

 

Le 23

Messe.

Parti de Xirocourt le 24 à 5h du soir pour Bainville, arrêt sur route et départ avec 5 caissons pour St Germain, pas de vivres, au hasard ouvert boites de singe et couché sur route.

 

25 au matin, café chaud.

Traversé le village le matin; formé le parc (*)  au bas, vue magnifique du tir.

Ravitaillé 2 fois au 54ième;

Vu Gauthier.

Retour et parti se ravitaillé(er) à 4h du soir pour Neufville devant Bayon et Crantenoy, nuit noire, retour avec peine à St Germain à 2h du matin le 26.

Exténué de fatigue et de faim, couché dans les caissons.

 

Départ à 5h, vu blessés allemands toute la journée, attelé, nombreux changements, formé le parc à Borville à la nuit.

Pluie, couché sous caissons.

Départ à minuit ½ le 27 par Rozelieures, nombreux tués, spectacle affreux, cris de blessés. (**)

Saunier reçoit coup de pied et est évacué.

Couché au moulin.

 

(*) : Il s’agit du parc d’artillerie. Ensemble de matériel pour contribuer au régiment d’artillerie en campagne ; munitions, vivres, chevaux...

(**) : Les combats qui ont eu lieu dans la région de Rozelieures entre le 21 et 25 août ont été particulièrement sanglants pour l’armée française.

 

 

Le 28, ravitaillement à Rozelieures, pluie, terrain affreux, chevaux infectés, le soir à la nuit départ pour Froville, pluie d'orage, arrivé à Froville à 11h½ du soir, couché sur la dure.

 

Le 29, nettoyage, revue, couché dans un lit à 8h½, à 9h départ précipité par Clayeures, détaché à 2h du matin le 30 pour ravitaillé(er) au bas de Moriviller.

Resté agent de liaison, perdu dans le bois sans vivres, rejoint avec peine la section vers les 9h.

Reparti avec 3 caissons direction de Gerbéviller , panique, obusiers tombe(nt) sur caisson du 3ième lourd, retraite du génie, tableau effrayant, arrêté au retour par général Tavenna (?), traité de lâche et renvoyé aux feux avec Gutton.

Journée mémorable, ravitaillé le 56ième à 3h du soir, agent de liaison, retour à 7h du soir sans manger ni boire depuis la veille.

Couché à Clayeures.

Départ le 31 à Froville et ravitaillement à Bayon ; le soir repos.

Septembre 1914.

Le 1 7bre (*), retour à Clayeures.

(*) : Premier septembre

 

Le 2 7bre, retour à Froville et repos.

 

3 et 4, repos dans la boue.

 

Le 5, départ par Einvaux, Charmois, passé à Damelevières, ravitaillé à Blainville le 9ième d'artillerie, couché dehors.

 

Le 6, au matin, départ à Damelevières, funérailles de soldats, relevé à 10h, retour par Méhoncourt, Brémoncourt, arrivé à Froville à 2h.

 

Le 7, ravitaillement à Bayon.

 

Le 8, repos.

 

Le 9, départ à 7h passé à Clayeures, Moriviller, ravitaillé le 56ième, agent de liaison.

Mangé sous bois avec eux.

Retour à Froville à 9h du soir.

 

Le 10, ravitaillement à Bayon.

 

Le 11 et 12, nettoyage et repos.

 

Le 13, départ de Froville à 2h par Einvaux, agent de liaison du 3ième, passé à Landécourt, Grand-Bois, Lamath, Xermaménil, Gerbéviller, Fraimbois, retour à Lamath à 9h du soir, pluie battante.

Bonne nuit, bonne journée.

 

Le 14, départ à 4h du soir par Mont-sur-Meurthe, Blainville, Damelevières, arrivé à Rozières-aux-Salines à 7h½.

 

Le 14, repos, pluie.

(2 fois le 14 septembre ?)

 

Le 15, repos, nettoyage, couché dans un lit.

 

Le 16, logé chez Mr Rattaire, 11 rue Malortic (?).

 

Le 17, rentré au haras, repos.

 

Le 18, pluie, adieu à Mr. Rodayre.

 

Le 19, départ à 11h par Hudiviller, Hantelut, fausse route, important parc abandonné par les Allemands, arrivé à Deuxville à 5 heures, pluie logé chez Barbier.

 

Le 20, …

(Illisible)

 

Le 21, pluie repos.

 

Le 22, ravitaillement à Bonviller et Lunéville.

Le soir à Mont et à Lunéville.

 

Le 23, funérailles d'un lieutenant.

 

24, repos.

 

25 et 26, pluie.

 

Le 27, messe le matin, funérailles du maire et du curé.

Le soir, corvée d'obus abandonné, passé à Maixe, Crevic, propriété du q…  L…(illisible).

 

Le 28, promenade.

 

Le 29, promenade à Friscati.

 

Le 30, de garde.

 

 

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18e section de munitions de 75, 1e pièce, 1914

Cliquer sur la photo pour agrandissement

 

 

Octobre 1914.

1e

Repos.

 

Le 2

Départ à 11h, passé à Dombasle, St Nicolas, arrivé à 3h à Ville-en-Vernois.

Le soir, visite à Lupcourt.

 

3

Promenade.

 

Le 4

Passé à Damelevières.

Tous les jours promenade et repos.

Vu le dimanche, Azelot, Burtcourt, Manoncourt, Fléville.

-1915-

Janvier/février/mars 1915

Parti de Ville-en-Vernois le 17 janvier avec neige et temps affreux.

Arrivé à Sommervillers.

Rien du séjour qui a été charmant par sa bonne hospitalité.

 

Avril/mai/juin 1915

Parti le 21 avril pour Deuxville séjour assez agréable.

Juillet/août/septembre/octobre 1915.

Départ le 8 juillet pour Rehainvillers.

Enlèvement de fumier à outrance et parti ensuite pour Hériménil le 15 par pluie battante; arrivé le soir, reparti ensuite en ravitaillement, nombreux ravitaillements vers le 208 mais bonne permission du 26 juillet au 6 août.

Novembre 1915.

Reparti de là, le 5 9bre pour Chènevières.

Mauvais cantonnement et travail pénible pour le transport des pierres sur route.

Décembre 1915.

Départ le 26 10bre pour Fauconcourt (Vosges).

Séjour de 3 jours et ensuite en route pour Villes-sur-Moselle, séjour charmant au bout de la Moselle et parti le 31 pour Manoncourt.

Janvier 1916.

Jour de l'an bien morne avec temps affreux.

 

Le 16, dîner chez Reigner avec Tiviller et annonce de l'arrivée de ma petite femme qui vient me surprendre le 20 au soir venant d'être vacciné.

Jours heureux et sans pareils jusqu'au 26, où j'accompagne sur la route ma chérie toute désemparée.

Février/mars/avril 1916.

Parti de ce pays maudit, le 4/2 au matin, pour Rosières, où le père Rattaire m'attend les bras ouverts.

3 jours passés, et le 7 en route pour Frouard, où pendant presque 4 mois nous avons vécu en petits rois.

Ravitaillements nombreux et longs; corvée de génie bien souvent, et parti en permission le 16 avril, avec Gutton, Tiviller, et passé les fêtes de Pâques.

Mai/juin/juillet/août 1916

Rentré le 26, à Frouard, d'où nous partons le 5 juin pour Faux.

Installation sommaire mais suffisante, et le 18 août départ pour Chavigny, les chevaux à la corde, et couché au presbytère désaffecté, parti à Lupcourt le 27.

Septembre 1916.

Bien installé dans une grange, et reparti le 4 à 6h du matin pour embarquer à Ludres, avec un temps affreux.

Voyagé en 2ième (*) avec les amis, et arrivé à 5h à Nançois (Meuse), Tronville où, après débarquement à la pluie, nous faisons route pour Ménil-sur-Saulx où nous arrivons en pleine nuit, et couché sur l'avoine, à minuit.

(*) : 2eme classe. À l’époque les chemins de fer proposait 3 classes différentes.

 

Reparti de là le 8 à 6h du matin pour aller à Longchamps sur Aire après une étape de 50 Kms, et reparti le 9 à 8h du matin pour Landrecourt.

C'est de là que je suis parti en permission par Revigny.

 

Bon séjour à Charly.

Vendangé le 18, le 19 et le 20, et reparti le 21 où j'arrive le 22 à Landrecourt.

Ravitaillement le 24 au soir au fort St Michel, arrivée sensationnelle, cheval tué, lieutenant blessé, et rentré à 6h du matin.

 

Deuxième ravitaillement, le 27 au soir, mais cette fois calme.

 

Jean vient me voir le 29 et couche avec moi, il revient le soir et s'en va avec des collègues.

Octobre 1916.

Le 1 8bre, nous dînons avec Guerpillon, et Jean vient le 2, d'où il part, avec nous, le soir, avec la pluie.

 

Le 3, journée meilleure mais le soir nous partons ravitailler au quai St Michel.

Retour à 6h du matin.

 

Le 4, vent et pluie, et le soir on se couche de bonne heure.

 

Le 5, vent sans pluie, revue de chevaux à 2h ½.

 

Le 6-7-8, vie normale, assez calme.

 

Le 9, nous partons ravitailler, n'ayant presque pas le temps de manger, et nous allons au quai St Michel tous ensembles, retour par Verdun.

Pellet perd son cheval et nous rentrons à 4h30.

 

Le 10, Guerpillon vient coucher, Grenier reçoit l'ordre de partir, et le 11, à 2h, il nous quitte.

Le soir, nous partons ravitailler à la position Marceau, faisons fausse route au retour et rentrons à 5h30 au parc.

 

Le 12, repos et bon sommeil.

 

Le 13, temps sombre et repos.

 

Le 14, Jean, venu la veille, repart à 3 heures, Gutton arrive et m'apporte ma pèlerine, le soir nous allons ravitailler au fort St Michel, beau temps, rentré à 4 hres.

 

15, pluie, temps froid.

 

16, temps toujours mauvais.

 

17, encore pluie, ravitaillement le soir à St Michel, rentré par la citadelle, chevaux morts à Regret et 2 hommes aussi du 30ième.

 

18, temps froid et pluvieux.

 

19, orage et pluie toute la journée, dans la nuit le vent du nord s'élève et le 20, le soleil brille chaud, mais encore de la boue.

 

21, temps beau, et le soir, nous partons ravitailler au 6ième, route de St Michel.

 

22, repos.

 

23, temps sombre, et le soir nous partons de nouveau ravitailler à la (P. ou D.? position?) Marceau dans la plaine, retour avec un peu de pluie et le 24 il fait encore mauvais.

 

Le 25, le vent du midi souffle et à 1h la section part ravitailler à Thiaumont, nuit mémorable mais je n'y suis pas remplacé par Pellet.

 

Le 26, repos mais de nouveau il faut partir à 4h½ pour ravitailler et nous allons au quai St Michel retour à 4h du matin temps froid.

 

Le 27, il pleut un peu à 9h mais le soir nous filons ravitailler au fort de Tavannes, au 53ième, route longue, et retour à 7h du matin.

 

Le soir (28), repos.

 

29, pluie, prise d'armes à 1h.

 

30, toujours la pluie, à 1h arrive l'ordre d'aller ravitailler et nous partons à 1h45, avec la pluie, en cours de route ravitaillons au 13ième Art (artillerie), devant Thiaumont.

Nuit terrible et pénible, nous laissons 7 chevaux en route, et retour à 6h.

 

Le 31, repos.

Novembre 1916.

Le 1ier 9bre, beau temps.

Le 2, le 3 et le 4, relâche, nous attendons le départ et le 5, dimanche, nous livrons nos munitions sur place.

 

Le 6, à 6 heures du matin, nous levons le camp, et passons à Vadelaincourt, Ippécourt, Fleury-sur-Aire, et arrivons, de bonne heure, à Bauzée où nous couchons.

 

Le 7, départ à 8h du matin, passons à Rembercourt-aux-Pots, Louppy-le-Petit, Louppy-le-Château, temps affreux, pluie et vent, Laimond, et arrivons à Neuville-sur-Orne, tout transit de froid.

 

Le 8, départ à 7h par Vassincourt, entièrement démoli, Magnéville, Couvonges, Beurey où je trouve Pierre Durand et Louis Bailly à Robert-Espagne, joli petit pays, Baudonvillers, Chancenay, St Dizier (Haute Marne), Hallignicourt, et Ambrières (Marne), arrivé de nuit, mais bonne chambre, nombreux déménagements et enfin assez bien installés, nous aurions voulu y rester longtemps.

Jean Guillot tue 3 lièvres et 4 perdrix et nous avons une popote excellente.

 

Le 16, à 2h, nous arrive l'ordre de départ, et nous quittons ce pays à 8h du matin, froid très vif, en route sur St Dizier (Haute Marne), Baudonvillers (Meuse), passé à Saudrupt, grosse descente à Brillon et enfin à Bar-le-Duc, mais il fait nuit, arrive à Rosières-devant-Bar à 7h du soir, parc à 500 mètres du village et installation un peu longue, nous couchons dans la paille mais il fait froid et le matin nous avons de la neige;

Il faut cramponner et nous partons à 10 heures avec une pluie battante; journée pénible, passons dans de nombreux petits pays et arrivons à Chaumont-sur-Aire, où il nous faut changer de route.

Arrivons à Rambluzin, à 7 heures du soir, et il nous faut camper les chevaux dehors et manger avec les anges.

 

Le lendemain 19, temps meilleur, nous quittons le village à midi et venons nous installer dans le bois du Charnois, où nous sommes assez bien.

 

Le temps est sombre le 20, le 21 et le 22.

 

Le 23, le brouillard coule, et nous passons une revue de chevaux à 14 heures.

Décembre 1916.

Rien de nouveau tout le mois de 10bre, mais le 29, je pars en détachement à Lahaymeix, où pendant 7 jours je regarde tomber de la pluie.

-1917-

Janvier 1917.

Le 1ier, je viens chercher les lettres et voir les amis, et le 5, je regagne le Chânois.

 

Le 19, départ en permission avec le froid, et mauvais chemin; comme toujours journées bonnes et trop courtes car le 29 je reviens m'embarquer pour arriver le 30 à 7h½ dans les bois de Sivry-la-Perche, temps très froid et chemins impraticables.

Février/mars 1917.

Là, séjour assez calme au début; tour à tour Gelas, Champion et enfin Gutton partent en détachement.

 

Vers la fin février, corvée d'épaves à Froide Terre et puis ravitaillement à la côte du Poivre.

Corvée pour l'artillerie lourde tout près de Varcy et les obus tombent tout près.

La veille, Guillot a eu un ravitaillement mouvementé à la côte du Poivre; conclusion: croix de guerre.

 

Le 10, nous partons ravitailler le 41ième à Froide Terre, retour à 6h du matin.

Quelques jours de repos et, le 18, nous partons ravitailler au ravin du Helly au 14ième; gros bombardement et retour à 5h½ du matin.

 

Nous partons le 24 au matin pour Beauzée en passant à Soulesme, Vadelaincourt, Ippécourt, St André, et arrivons à 2h, couché dans une lapinière mais mal dormi.

 

Le lendemain (25) départ à 7h30 pour Somme-Yèvre, passé à Pretz, Triaucourt, Senard, Charmontois-le-Roy (Marne), Givry-en-Argonne, Remicourt, Noirlieu, et arrivé à 4 heures où nous cantonnons dans une immense ferme, temps splendide, voyage très agréable.

 

Le lendemain (26) en route par la neige qui tombe du vent du midi et passons à Varimont et arrivée à 11h à Herpont, temps affreux toute la journée, couché à la paille, il ne fait pas bon.

Avril 1917.

Le temps reste mauvais mais nous n'avons rien à faire et tout se passe bien jusqu'au dimanche 1ier avril où nous partons à 9 heures en passant à Herpine, Dampierre-le-Château puis Rapsécourt, Voilemont, Dampierre-sur-Auve et enfin Argers où nous nous installons à peu près pour déménager le lendemain.

Séjour tranquille et alternative de beau et de mauvais temps jusqu'au 20 avril où le beau temps n'arrête pas.

 

Le 22, nous allons voir Ste Menehould avec les collègues.

Mai 1917.

Le mois de mai sans encombre et à part deux ravitaillements à Berzieux, nous ne menons des obus qu'aux échelons.

Juin 1917.

Le 4 juin, nous partons en perme avec Gutton par Ste Menehould et arrivons à Lyon à 10h du matin le 5.

Mon arrivée bien à propos coïncide avec la naissance de notre petite fille à 10h30 du soir.

 

J'ai 10 jours et ne repars que le 18 à 2h du soir pour rejoindre la section à Rapsécourt où j'arrive le 20 à 10h30.

 

Séjour tranquille jusqu'à ce jour 22 mais le temps n'est pas trop beau.

 

Le 27, nous partons le matin pour aller coucher à St Jean-sur-Moivre en passant à Dampierre-le-Château, Dommartin-sur-Yèvre, Varimont, Somme-Yèvre, Moivre, Le Fresne, Coupéville, temps beau, mais bien de la poussière.

 

Nous repartons le lendemain (28) à 5h15 pour aller à Matougues en passant à Dampierre-sur-Moivre, Francheville S.M., Pogny, St Germain-la-Ville, Mairy-sur-Marne, St Laurent.

Nous contournons Chalons, voyons le grand parc en passant et prenons la grande route d'Épernay, traversons St Gibrieux, et arrivons à Matougues, les chevaux sont à la corde le long de la route, et le soir il tonne et il pleut.

 

Nous partons le lendemain (29) à 4h45 pour Mardeuil en traversant Aulnay, Jâlon, Athis, Plivot, Chouilly, Épernay.

Étape admirable comme route et panorama, beaux villages qui inspirent la richesse et la bonne tenue.

Nous couchons dans une grande ferme où est toute la section et dont le gérant est charmant.

 

Nous partons le lendemain à 5h30 pour venir à Pourcy en traversant Damery, Nanteuil-la-Fosse et arrivons de bonne heure ici le 30, avec la pluie; les chevaux sont à la corde mais peu après nous trouvons une écurie et je loge toute ma pièce.

Juillet 1917.

Le 1ier juillet, dimanche, il ne fait pas encore trop beau mais nous avons repos complet et nous dormons jusqu'à 7h30 du matin.

 

Nous restons au repos jusqu'au 6 au matin mais, le 5, une partie des vieux camarades rejoint le dépôt.

Parti le 6, nous passons à Marfaux, à Chaumuzy, Sarcy, Poilly, Tramery, Faverolles, Savigny, Jonchery, Pévy, et enfin arrivons à Bouvancourt à 3h par temps beau mais chaud et poussiéreux.

Nous couchons dans le marabout mais dans la nuit il y a danse à grand orchestre par les avions, et mitrailleuses et canons prêtent leurs concours.

 

Les autres nuits, calme complet sauf le 8, où la musique recommence.

 

Le 14, grand spectacle; les obus tombent au  299ième et blessent plusieurs hommes.

Comme vie intérieure c'est le rêve et jamais je n'avais été aussi tranquille.

 

Le 16, partent pour le dépôt, Gauthier, Carolle, Vion, et moi j'attends toujours.

 

Jusqu'au 25, même vie, mais le soir le chef m'apprend qu'il faut partir pour G.P.A.5 et le vendredi 27 nous partons à 13h.

Passé au 27ième régiment d’artillerie de campagne le 27 juillet 1917.

 

Voyage long car nous allons coucher à Meaux, et n'arrivons qu'à midi à Épernay, d'où nous nous dirigeons à Ay.

Rien à faire les premiers jours et nous attendons des ordres qui viendront bien un jour.

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Fiche matriculaire de Claude BERNELIN.

Cliquez pour agrandir.

Août/septembre 1917.

Le 1ier août, je pars avec 10 hommes à Germaine dans un dépôt de munitions perdu au milieu des bois; le premier jour peu à faire mais le lendemain il arrive 16 wagons de munitions il y a bien du travail, le pays est triste mais je m'y plais bien, temps mauvais car il pleut à tout moment.

 

Le 12 août, nous faisons une promenade à Ville-en-Selve, Ludes, Chigny un peu longue mais fort agréable,

Vu Reims et toute la ligne des tranchées.

Depuis cette date toujours la même vie calme à certains moments et tourmentée dans d'autres.

Je compte partir en perme le 20 au soir, ou le 21 au matin.

 

Je suis parti le 20 au soir et arrivé à Charly le 21 à 10h, bonne permission comme toutes, et il me faut partir le 1 de Lyon pour arriver ici le 2.

Toujours même travail et bons moments par intervalles.

-1918-

Janvier 1918.

Rien d'extraordinaire à signaler jusqu'au 11 janvier où, de nouveau, je pars heureux passer 10 jours excellents à Charly et je rentre le 24 au soir.

Mars 1918.

Passé au 13ième régiment d’artillerie de campagne le 1ier mars 1918.

Vie active dans le courant mars (illisible, 1 ligne haut de page) de partir le 31, jour de Pâques, pour aller à Méry-Prémecy.

Nous partons donc le matin tous ensemble et via Épernay, Dormans et arrivés à M.P. (Méry-Prémecy) à 20h30 du soir, nous couchons assez mal au moulin.

Avril 1918.

Et le lendemain 1ier nous en repartons pour gagner Germaine où nous arrivons le 2 à 8 heures du matin, en attendant les ordres.

Nous (illisible, 2 lignes bas de page)…. et nous arrivons à 6 heures.

Installé avec les collègues dans une petite cagna, nous y restons jusqu'au samedi à 4 heures d'où nous retournons à Dormans où nous arrivons à la nuit; nous couchons dans une baraque à chient (mot peu lisible?) et y passons le dimanche 7 et lundi 8 et repartons le 8 à 8 heures du matin pour le C.B.R. jusqu'à Savigny où de là nous gagnons Jonchery à pied où nous embarquons à 5 heures pour ne partir qu'à 9 heures.

De là route sur Paris en prenant la ……. (Illisible, 1 ligne haut de page)….et débarqués à Us (Seine et Oise) à 11 heures.

Nous en repartons à 6h30 pour Chambly (Oise) en camions, bourrés comme des anchois, et arrivons à 20 heures du soir, nous y couchons mal.

Vu de jolis pays au passage.

Nous y constituons le Oct. C. (ou Dét.C.?) avec les collègues et recevons comme cadeau deux beaux (mot illisible) le Cne et le G. de B. (Capitaine et Général de Brigade ?).

 

Samedi, revue de paquetages et bonne séance.

Dimanche 14

Allons à la messe avec Coquelle et le soir j'écris une quantité de lettres au foyer du soldat.

La semaine du 14 au 21 nous n'avons rien à faire mais nous faisons de bonnes promenades avec les collègues, entre autres, à la propriété du prince Murat où nous voyons de beaux chevaux, des voitures historiques et un hôpital très bien installé; nous allons encore à Mesnil, Bernes (Seine et Oise), Persan, enfin une vraie semaine agréable.

Je reçois mes lettres à partir du 19, et, depuis le 2 je n'en avais pas.

Il fait froid et il gèle fort le 20, 21, la (illisible fin de ligne) mais le 30 avril notre détachement part remerciant (?) Lagorce et … le vieux crampon.

C'est toujours la même chose on est bien par moments à la ferme avec M…. (mot illisible).

Mai 1918.

Le 1er mai, nous ramassons les premiers bouquets (ligne peu lisible) et souvent nous allons en cueillir avec Dessernon.

 

Le 22, arrive l'ordre d'envoyer un détachement à Theuilloy-l'Abbaye et je suis désigné, mais le soir c'est changé et je ne reste pas longtemps car le 23 à midi, je suis désigné pour me rendre à Bonnières avec Colas.

 

Nous partons le 24 à 10h et arrivons à Paris à 11h½ d'où nous repartons à 4h½ pour Bonnières.

 

Le lendemain 26, je suis désigné pour convoyer un wagon à Nesle-St-Sayre en passant par Mantes, Gisors.

 

Le 28, nous passons la journée à St Saire et nous repartons le soir en repassant à Gisors (Eure), où nous dînons.

Vernon et nous arrivons à Bonnières à 9h½ du soir.

 

Le 30, repos complet et je m'installe, mais croyant partir en perme sous peu, celles-ci sont suspendues.

Juin 1918.

Le mois de juin se passe normalement, mais le 21 les permes reprennent, et averti à 2h que je pouvais partir, je pars à 7h du soir pour arriver à Lyon le 22 à 6h.

Juillet 1918.

Bonne permission avec le beau temps et le 4, à 9h30, nous nous embarquons avec Jean à Perrache.

Le 5, à 7h, j'arrive à Bonnières où je reprends mon travail le 6.

Bien du travail jusqu'au 16 où je reçois l'ordre de rejoindre le G.P.A.V. à Fère-Champenoise.

Nous partons le 17 à 12h½ avec Prévost et nous nous arrêtons à Carrières-sur-Seine où nous restons jusqu'au lendemain 11h25; très bien reçu par sa famille, nous prenons deux bons repas et une bonne nuit.

 

Nous arrivons le 18 à 11h45 à Paris gare St Lazare, prenons le métro et à 12h56 nous embarquons à la gare de l'Est pour Rumilly (Romilly sur Seine,Aube) où nous avons un gros arrêt mais finalement à 7h30 nous débarquons à Fère (Marne) et nous rendons au G.P.A.

Réception enthousiaste de boches qui arrivent à 11h et lancent 6 bombes dont une démolit une partie de la baraque où nous couchons.

 

Le lendemain, je trouve Reynard et nous nous voyons tous les jours.

Les avions abandonnent la partie quelques jours, mais, le 25 et le 26, ils recommencent et détruisent une partie du P.R.A. et lancent quelques bombes sur le village; nous couchons à la cave et l'on n'y dort pas beaucoup.

Comme travail il ne faut pas se plaindre mais le temps dure.

 

Les 27 et 28, nous couchons à la cave de la brasserie, mais le 29 il faut partir à Plivot où j'arrive à 9h½.

Pénible impression en arrivant car c'est un fouillis affreux mais avec du temps on arrivera à le liquider.

Août 1918.

Puech part en perme le 1ier août et Barrau, à Damery, le 2, ce qui me rend la tâche encore plus ardue.

Septembre 1918.

Tout de même, je m'acquitte de ma tâche et le 13 7bre, grâce au Cne Roy, je pars en perme pour 10 jours.

Bonne période bien entendu, mais j'ai des coliques et cela me fatigue beaucoup.

 

Je reviens le 27 au soir à Plivot et je reprends mon service.

Octobre 1918.

Nous passons quelques jours tranquilles, jusqu'au 11 où nous partons à Cormontreuil, où nous logeons à la verrerie.

Bonne chambre et on ne s'en fait pas.

Nous restons là jusqu'au 16, où nous déménageons pour aller à Bergnicourt (Ardennes); mauvais temps en route et à l'arrivée installation plutôt précaire, mais le lendemain, on s'installe sous la tente et ça va mieux.

Là, nous y passons quelques heureux jours et bien tranquilles mais il fait souvent mauvais temps.

Novembre 1918.

Le 10, par un beau soleil, nous allons à Tagnon et j'y vois Reynard.

 

Le 11, nous apprenons la signature de l'armistice, et grande joie chez tous.

Nous restons là jusqu'au 28 9bre à ne rien faire mais tout marche bien et c'est du bon temps.

 

Le 28, nous partons en camions pour Flize avec une petite pluie fine (Vu Rethel en passant).

Nous traversons Rethel et nous arrivons à 3h. Là, j'apprends que le lendemain nous devons repartir.

Nous couchons dans de bons lits et nous dormons bien.

 

Le 29, nous partons pour Sibret (Nous voyons en route Sedan et Bazeilles) mais les camions ont des pannes et nous couchons à Florenville après avoir franchi la frontière dans la soirée (Belgique).

Nous couchons dans de bons lits après avoir bien soupés et le lendemain à 8 heures nous repartons.

 

Je vais à l'église, magnifique édifice, et le pays à l'air très dévot.

Nous arrivons à Sibret à 1 heure après avoir traversé Neufchâteau, belle ville très propre.

Gros travail à l'arrivée pour nettoyer les saletés des boches et ce travail se continue le lendemain dimanche jusqu'à la soupe.

Le soir, repas, et nous cherchons avec le lieutenant une popote. Bon moment avec le logeur et le soir j'écris plusieurs cartes bien au chaud dans le bureau.

Il fait froid et les brouillards sont épais.

Nous fêtons la Ste Barbe avec tous les collègues et passons une bonne veillée.

Bon temps où le travail ne nous bouscule pas trop.

 

Le vendredi je suis de repos mais le mauvais temps m'empêche de sortir.

 

Ainsi s'achève le récit de sa campagne de guerre.

 

 

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Copie du Livre d’Or de Charly (Rhône)

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Je désire contacter le propriétaire

 

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