Publication : octobre
2008
Mise à jour : Mai 2026

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Prologue
Josiane nous dit en octobre 2009 :
« J'ai retrouvé
dans un cahier écrit par mon grand-père un "résumé" de "sa"
guerre comportant ses souvenirs de la bataille du Chemin des Dames à laquelle
il a participé. Il n'y a que deux pages environ, est ce que ça peut vous
intéresser, tout de même ? »
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Contacts avec des internautes depuis la
mise en ligne (en 2009) :
Contact avec William MATHEY en février 2018 :
« Je suis professeur
des écoles à Sisteron (04). Nous travaillons actuellement sur un ancêtre d’un
de mes élèves mort de la première guerre mondiale. Comme votre aïeul il a servi
au deuxième régiment de Zouaves. Cordialement »
Contact avec Marie BRIERE en janvier 2018 :
« Bonjour. Je
suis enseignante dans une école de Haute-Savoie et avec une classe de CM1/CM2
nous travaillons sur un projet “Petits Artistes de la Mémoire” où il s’agit de
“raconter “ sous une forme artistique l’histoire d’un soldat de la grande guerre,
Faustin BIGONI. Parmi les élèves de cette classe, plusieurs descendants de
Poilus, dont un zouave ayant appartenu au 2ème régiment. Ayant finalement peu
de renseignements sur son parcours de soldat, j’ai fait quelques recherches sur
le net et viens de tomber sur votre site.
N’ayant aucun écrit de
sa part, je souhaiterais savoir s’il était possible de réutiliser les écrits de
votre grand-père (les 2 pages du cahier sur le net) pour effectuer une
narration dans le film que nous préparons. Dans le générique, nous n’oublierons
pas de vous remercier et de citer le nom de votre grand-père qui aura vécu une
petite partie de sa vie de soldat avec Faustin BIGONI - soldat du 2ème régiment
de zouaves.
N’hésitez pas à me
contacter si vous souhaitez plus d’informations, je me ferai un plaisir de vous
répondre. Si vous aviez des documents ou autres informations importantes que
nous pourrions utiliser, nous sommes preneurs !
Merci de m’avoir lue,
et au plaisir de lire votre réponse. »
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Remerciements :
Merci à Josiane pour les écrits de son grand-père.
Merci à Patrick et Christophe pour la recopie.
Merci à Philippe S. pour les corrections éventuelles et certaines recherches.
Nous avons ajouté du texte en bleu pour la compréhension de certains termes et pour aller « plus loin » dans l’analyse du récit. Pour une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des chapitres, sinon le reste est exactement conforme à l’original.
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Introduction :
Jean FOURNY est né en novembre 1881 à Champoly (Loire). A son incorporation, pour son service militaire de deux ans en 1901, il déclare être instituteur congréganiste et est affecté au 2ème régiment de Zouaves. En août 1914, il réintègre ce régiment et part au front.
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Début des écrits
Mais revenons à la mobilisation.
Je partis le 10ème jour rejoindre mon corps, le 2ème régiment de zouaves avec lequel je partis à la bataille de la Marne où le pays fut sauvé par les Galliéni, Joffre, Foch, etc…
A la guerre de tranchées qui succède à cette grande bataille, nous nous installons dans le secteur Tracy-le-Mont, Tracy-le-Val, Carlepont, forêt de l’Aigle, bois Saint-Mard, plateau de Quennevières où des combats meurtriers pour nos unités se déroulèrent.
Celui toujours présent à mon esprit fut celui du 23 septembre 1914 sur le plateau de Quennevières.
Partis le matin 260 à ma compagnie, la 44ème du 11ème bataillon, nous revenions le soir et après l’appel du 24 matin, 41 survivants.
Tous les autres fauchés par les 210, 130, 105, 88 et 77 et tous blessés gravement.
Notre colonel DECHERT pleurait comme un enfant.

En 1915, évacué sur Compiègne pour bronchite double, emphysème et asthme, contracté dans l’eau et la boue des tranchées et éventration double, 40° de fièvre.
De Compiègne, je fus dirigé sur l’hôpital général d’Angers où je restais tant à Angers qu’au Louroux-Béconnais environ 3 mois.
A la fin de ces stages et non guéri, j’obtins un mois de convalescence que je passais auprès de ma femme et de mon fils ainé Marcel.
Reprenons en ce moment les évènements de la grande guerre. A la fin de ma convalescence, je rejoignis mon dépôt à Sathonay où je passais quelques mois comme inapte et employé au bureau des renseignements.
En 1916, après un séjour à l’hôpital Villemanzy, je pus changer d’amis et versé dans l’artillerie, au 54ème de Lyon (*), où je fis 2 mois de classe et versé pour repartir au front au 63ème. (**)
(*) : Le 12 septembre 1916 (fiche matriculaire).
(**) : Le 15 janvier 1917.

À
droite, Jean FOURNY debout à droite et Paul PASTOR assis à droite.
Hôpital
de Villemanzy (69) ?
Paul Gaëtano (Gayetano)
PASTOR, né à Prudon, Algérie en juin 1887, a été
blessé le 13 juillet 1916 à la main gauche près de Verdun.
Il fait partie à cette date du 2ème Zouaves.
Je rejoignis Rueil (Seine et Oise) et allais faire mes classes à Arnouville-Lès-Gonesse et de la fin 1916 au front à nouveau.
Grande différence avec l’infanterie mais pas sans danger.
Avons traversé beaucoup de pays et souvent passé près de la mort.

Jean
FOURNY à l'armée (2ème rang à l'extrême gauche) 1902 ou 1914
A l’offensive du 16 avril 1917 nous étions en position à droite du Bois de Beaumarais en avant du village de Pontavert qui faisait suite à la plaine de Chaudards et au pied de Craonne.
Cette offensive fut terrible et mal préparée. Rien n’avait été tenu au secret et manque de préparation notable. Les troupes montées au chant de notre hymne national redescendaient des lignes hurlant l’Internationale.
Pétain, par son nom, son prestige (n’était-ce-pas le vainqueur de Verdun ?) remit tout en ordre, nous avions frisé la défaite, la débâcle était commencée, qui n’a vu à cette époque les trains de permissionnaires, sans portières et sans vitres, le tout saccagé par un besoin de détruire, ce dont nous avions le plus besoin.
En juillet de cette année, je suis en permission et pendant celle-ci et à mon insu, je fus nommé brigadier (*) et fus désigné pour l’ordinaire tâche ingrat et pénible dont je ne tirais cependant pour le plus grand contentement de tous les hommes et gradés de la section.
J’aurai pu comme un bon nombre d’autres en profiter [xxx] les profits même furent consacrés à l’amélioration de l’ordinaire.
(*) : Le 14 juillet 1917.
A cette époque, nous fûmes désignés pour remplacer les Anglais sur les bords de la mer du Nord et prenons position à Ramscappelle en arrière du Pont du Pélican à Nieuport.
Position de repos, sauf les gaz qui presque chaque soir nous étaient servis abondamment.
Nous défilâmes sur la Somme, remplacer les Anglais en retraite. Tout n’y fut pas drôle, vint ensuite l’affaire du [xxx] toujours au service des Anglais abandonnant la position.
Enfin, nous allions prendre position à Mailly-Raineval en avant de Moreuil et ce fut de là qu’affectés à la 1ère armée du général Deberney, le 6 août, nous prîmes jusqu’au 11 novembre 1918 part à la grande offensive.
A cette date, nous nous trouvions en avant de Fourmies près la trouée de Chimay et descendions alors au camp de Châlon à Livry, à Wesle (?), Châlon, Stains et [xxx] où je fus libéré en février 1919.
Après quelques jours de repos, il fallait reprendre le collier et nous dont la patrie nous était reconnaissante trouvèrent en rentrant des salaires de famine.
Drôle de satisfaction. Nous ne nous y attendions pas, nous méritions mieux que cela.
Petit à petit cependant on améliora un peu l’ordinaire.
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Il décède en octobre 1952 à Champoly (42), à l'âge de 71 ans.
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