Publication :
Juin 2005
Mise à jour : Février
2026

Prologue
Gilles DAUVERGNE. nous dit en 2005 :
«Mon grand-oncle, François
GUILLEMIN (134ème RI de Mâcon) est mort le 14 octobre 1914 à l’hôpital de
Neufchâteau (88).
Je suis à la recherche de son
parcours notamment sur les combats de La Louvière et du Bois Brûlé (début
octobre 1914). Je vous adresse le carnet de guerre de mon aïeul (depuis son
incorporation jusqu'à la date de sa blessure mortelle (6/10/1914 ou 7/10/1914
?)
Par ailleurs, je suis en
possession d'une plaque en émail avec sa photo. »
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Contacts avec des internautes depuis
la mise en ligne :
David B. (2014) :
« Bonjour, je suis le
responsable du magazine de la Ville de Mâcon (Saône et Loire). Je prépare
actuellement une série d’articles sur Mâcon pendant la guerre de 14. C’est
ainsi que j’ai découvert votre site, particulièrement complet, en cherchant des
infos sur le 134e RI, régiment basé à Mâcon. J’ai trouvé sur votre site
des témoignages de soldats du 134e et notamment celui de François Guillemin. J’imagine qu’il était
originaire de Mâcon ou de la région. Je suis justement à la recherche de
témoignages de soldats du coin que je pourrai intégrer dans mon dossier
spécial. Serait-il possible de reproduire des passages de ce témoignage dans
nos pages, en accord, bien sûr, avec la famille du soldat qui vous a confié ses
carnets ? »
Claude V. (2019) :
« Je possède un carnet que
mon arrière-grand-père François Cothenet
a rapporté de la grande guerre 1914-1918 ; ce carnet "au jour le
jour" commence le 5 août 1914 et s'arrête le 27 janvier 1915, lorsque mon
grand-père se trouvait à l'hôpital Villemin à Nancy. Mon grand-père appartenait
au 134ème RI.
C'est en recherchant plus d'infos
sur le 134ème régiment, que j'ai découvert votre site, et tous les carnets de
guerre ; surtout celui de François Guillemin,
lui aussi du 134éme RI, 1er bataillon (François Cothenet était du 2ème bataillon). »
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Remerciements
Merci à Philippe S. pour les corrections éventuelles et certaines
recherches.
Merci à Dominique G. pour la recopie du carnet.
Nous avons ajouté du texte en
bleu pour la compréhension de certains
termes et pour aller « plus loin » dans l’analyse du récit.
Pour une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des chapitres,
sinon le reste est exactement conforme à l’original.
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Introduction
François GUILLEMIN est né à Poisson (Saône-et-Loire) en octobre 1888. A
son incorporation en 1909, il déclare être cultivateur et est affecté au 56ème
régiment d’infanterie, puis au 86ème régiment d’infanterie. A la mobilisation
en août 1914, il est affecté au 134ème régiment d’infanterie.
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DEBUT DES ÉCRITS

Carnet de guerre de François GUILLEMIN
Départ de Viry à 5 heures du matin pour rejoindre le 134e d’infanterie.
Arrivée à Mâcon à midi. Le même soir, habillé.
Ont fini de nous équiper et habiller.
On passe la revue du colonel qui prononce un discours à 9 heures du matin.
Le soir, départ de Mâcon pour l’Est à 6 heures du soir. (*)
À 4 heures, le 1er bataillon se rassemble au quai sud, où la population parmi les jeunes filles qui nous présente des bouquets de fleurs. On voyage toute la nuit dans le train.
(*) : Le régiment embarque dans
3 trains à 17h59, 20h19 et 20h59 (JMO)
Arrivé à Épinal à 10 heures du matin.
Débarqué à Châtel à 12 h où on nous conduit à Damas-aux-Bois.
(*) : Le 1e bataillon cantonne
dans ce village, les 2 autres sont à Haillainville.
Cantonné à Damas.
Cantonné à Damas.
Alerte à 11 heures ½ du soir départ.
Passé par Vallois, Moyen.
Arrivé à Chenevières à 11 heures du matin. Logé dans une papeterie pour la défendre, et revenu en arrière pour cantonner à Vathiménil à 8 heures du soir.
Même cantonnement. Exercices dans les champs.
Parti passer pour Flin et Mesnil. 1e fusillade sur aéro. Passé la nuit au bivouac dans les bois.
Arrivé à Autrepierre à 10 heures du soir après avoir eu la flotte heures durant.
Parti d’Autrepierre, arrivé à Blamont pour garder le quartier général.
Garde du quartier général.
Nous quittons Blamont à 10 h du matin.
À 11 h, nous mettons pied sur la frontière ou nous dirigeons en Lorraine pour aller cantonner dans une ferme le long du canal de la Marne au Rhin.
Départ à 4 heures du matin sans rien prendre.
Marche de 6 heures sans arrêt. Arrivé près d’un bois.
Fait le café où les obus ennemis viennent tomber à nos côtés.
Parti 8 heures soir, marché toute la nuit.
Arrivé à 4 heures du matin à Langatte où a eu lieu un combat sanglant.
Le 56e donne l’attaque suivie par nous, mais nous ne pouvons résister à l’ennemi. Forcé à battre en retraite, où chacun se sauve comme il peut.
Déjà beaucoup de blessés. (*)
Enfin on parvient à rassembler le régiment. On fait la soupe à 5 heures du soir.
Nous partons 2 h plus tard pour marcher une partie de la nuit. Exténué de fatigue, chacun se dissimule et se couche n’importe où au bivouac.
(*) : Au combat de
Saint-Jean-de-Bassel (54), situé à 4 km au nord de Langatte, le régiment a perdu 250 hommes tués, blessés et
disparus.
Soutien d’artillerie, nous sommes délogés par les obus allemands et nous prenons la direction de la France au pas de course. On marche tout le jour, comble de fatigue. On arrive dans un petit patelin où on couche dans une grange avec le 210.
En France, l’ennemi poursuit.
Au matin, nous faisons des tranchées pour attendre l’ennemi.
Aussitôt faites, les obus nous délogent. Nous nous sauvons, passant par Laronxe, St Clément.
On fait le café. Nous repartons.
Passé à Chenevières, Vathiménil et on bivouaque sur le plateau de Moyen.
Le froid et la fausse alerte nous empêchent de dormir.
Départ à 4 heures passé.
Moyen, Vallois, Magnières, Essey-la-Côte. On fait le café.
On rentre à Damas pour cantonner. Section de garde.
Relevé de garde, rentré cantonnement – ¾ de vin.
On se nettoie. Nous partons à la nuit au bivouac à Saint-Boing.
4 heures du matin, on entend la fusillade.
On part pour Rozelieures où on prend part à un combat acharné. Nous ne pouvons encore résister.
Nos obus nous criblent, en fauche 7 de ma section. 1 mort. Chacun se disperse dans les bois. (*)
On reforme le régiment à 2 heures du soir.
On revient à Damas. Couché.
(*) : Au combat de Rozelières (54), le régiment a perdu environ 500 hommes
tués, blessés et disparus.
On part à 2 h du soir, dans la direction de l’ennemi. On couche à Haillainville sous une forte pluie.
On part à 5 heures matin à travers bois sous une pluie battante.
Chemin affreux. Nous passons sur le champ de bataille de la veille où de nombreux morts y sont encore. Nous nous arrêtons, massés par section.
Un obus ennemi tombe sur un caisson de munitions, met le feu.
Une pluie d’obus nous tombe de tous côtés.
Le reste de la journée, on va coucher au Girivillers. (*)
(*) : Dans cette ville le
régiment reçoit un renfort de 1000 hommes. La plupart de ces hommes n’ont ni livret militaire, ni plaque
d’identité.
Même place que la veille. Soutien d’artillerie.
À la nuit, nous quittons le terrain.
Rentrons à Mattexey où on couche.
Même place.
Font des tranchées. Passons la journée.
À la nuit, prenons la place du 56e en avant-poste sans rien manger.
Passons la journée dans les tranchées.
À 11 heures soir, fusillade à 300 mètres en avant de nous.
Baïonnette au canon, on court. On arrive, l’ennemi a disparu. Les balles sifflent tout de même.
On rentre dans la tranchée où on dort tant bien que mal.
Même place d’avant-poste. Les vivres manquent.
À 5 heures soir, l’ordre est donné, on doit coûte que coûte s’emparer de Magnières occupé par les Prussiens.
Nous avançons jusqu’à la gare de Magnières. Le 3e bataillon doit nous seconder. Une fusillade incessante commence.
Le bataillon n’arrive pas un pont à passer. Les hommes ne peuvent tenir barricadé de tous côtés, forcé une fois de plus à reculer.
On rentre dans nos tranchées à 500 m de l’ennemi.
On est abrité par un bosquet. On veille, prêts à une nouvelle attaque.
5 heures matin, le 56e nous relève. Nous passons en arrière la journée dans un bois voisin.
On va coucher à Mattexey.
Départ 4 h. Occupé la tranchée du 29.
L’ordre de suite de charger. Ma section se porte de garde au général. Pendant le parcours, les obus tombent de tous côtés sans atteindre personne.
Le soir, on retourne à Vennezey pour se coucher.
Nous allons dans un champ d’avoine faire des tranchées.
Le soir, on rentre en cantonnement à Vennezey.
Nous restons au lieu dans un verger à côté du village.
Nous faisons de l’école de bataillon pour remettre les derniers réservistes dans les rangs.
Départ à 5 h matin, passant par Saint-Boingt ; arrivé à la lisière d’un bois. On fait des tranchées.
Le soir, on rentre.
On part à 5 h. Dans le verger voisin, nettoyage des effets, exercice.
Le soir, à la nuit, un aéroplane prussien nous envoie une bombe. Elle tombe à 30 m. Personne d’atteint. (*)
(*) : Cet épisode est exact. Il
est relaté dans le JMO.
Même emplacement. On distribue des cartouches. 14 livres par homme.
Départ 5 h. Passé par Saint-Boingt. Nous regagnons les bois, ma section de garde.
Réveil à 2 heures ½. On nous mène au même emplacement de la veille.
On part à 12 h. On va jusque dans le bois où on fait le café, puis on revient au même point. Orage la nuit. De garde.
Matin, pluie à 8 heures, exercice soir, exercice dans les granges. Le capitaine nous prononce un discours patriotique et même insensé. On nous remet au salut.
Prêt à manger la soupe, le cochon acheté prêt à manger, il faut partir pour Saint-Boing.
Réveil à 4 h matin, exercice, après-midi, on nous emmène dans les tranchées.
Ils nous font partir pour nous amener à 1 km de Vennezey à la côte jusqu’à 7 h du soir. Puis on nous renvoie coucher à Saint-Boingt.
Il pleut à torrent. On ne fait pas de feu.
Réveil à 4 h. On part de suite à l’emplacement de la veille, à la côte de Vennezey.
La division attaque Magnières. On est de réserve à Giriviller. On ne nous donne pas le temps de manger.
On part à 2 h soir.
On passe par Mattexey, Magnières, village abominable, puis par les chemins boueux dans les bois, on vient coucher à Flin à 8 heures du soir. Il pleut à torrent une partie de la journée et toute la nuit. On est bien couché.
Réveil à 4 h. On fait à manger puis on part à 2 h.
On passe par Vathiménil.
On vient entre Chenevières et Vathiménil pour garder un pont que les Allemands ont fait sauter.
La Meurthe est débordée, on est obligé de passer dans l’eau. On couche sur l’herbe, on est figé.
Le matin, on nous apporte le café et la soupe. Ça nous réchauffe un peu.
On est toujours de garde. Il commence à pleuvoir de nouveau.
On y reste jusqu’à midi, on rentre à Vathiménil jusqu’à 2 h.
On part, on passe Moyen, Magnières tout brûlé, Saint-Pierremont. On vient cantonner à Haillainville à 10 h du soir, par des chemins boueux.
Réveil à 4 h. On doit partir à 5 h, on part pas qu’à 10 h 1/2 .
On passe par Damas-aux-Bois.
On vient embarquer à Charmes. Je couche sous les bancs. (*)
On mange la soupe, on fait quelques distributions, puis on embarque à 10 h du soir.
On voyage toute la nuit.
On passe par Toul à 6 heures du matin, Commercy, etc. On arrive à Saint-Mihiel à 10 h du matin.
(*) : Certainement les bancs de la gare
On débarque puis on fait la pause de 15 h, ensuite on part.
On passe sur un pont fait par le Génie car le pont principal est sauté par les Français pour barrer le passage aux Boches.
On traverse la ville, puis on nous emmène dans la caserne aux Chasseurs à pied.
On nettoie les chambres. Il y a quelques matelas où l’on couche avec quelques couvertures. On passe une bonne nuit.
Réveil à 5 h. On part à la corvée de lavage dans un ruisseau à 200 m.
On rentre manger la soupe. On astique les sacs et tout ce qui s’ensuit.
À partir de 2 h, quartier libre.
On parcourt la ville, on trouve presque rien, quelques bouteilles de vin. À 2 h., on rentre pour 3 heures.
Le temps qu’on est à la caserne, notre compagnie fait la soupe aux cuisines.
Réveil à 5 h. On passe quelques revues. Je me fais porter malade.
Après-midi, la compagnie va à l’exercice jusqu’à 3 h.
Ensuite, on se prépare pour partir.
Réveil à 4 h. On part à 5 h.
Il pleut à torrent. On traverse la ville, on passe par Rouvrois, Lacroix où on cantonne.
Arrivé à 9 h. on y reste jusqu’à la nuit, puis on en repart à 7 h du soir on revient sur nos pas. On marche jusqu’à 3 h du matin, passant par Saint-Mihiel, Sampigny, Lérouville.
On nous amène dans une caserne du 154e d’infanterie où on dort jusqu’à 8 h du matin. J’étais malade comme une bête.
Je marche avec les voitures.
Les hommes sont fatigués, il en reste beaucoup le long de la route.
On part de la caserne à 9 h du matin. On revient à Lérouville pour embarquer. On part à 11 h du matin sur la direction de Bar-le-Duc. On y passe à 1 heures. On vient débarquer à Ste-Menehould à 4 h du soir où on débarque.
On nous fait marcher encore pendant 3 h de temps.
On arrive dans une grande ferme qui a été occupée par les Allemands.
On y passe la nuit. Il y a du foin, je suis assez bien couché.
Réveil à 4 h. On fait le café puis la soupe. On passe quelques revues. On passe le reste de la journée à rien.
On couche au même endroit, à la ferme de Moncet.
Même emplacement que la veille. Même travail le soir on passe une revue d’armes et d’effets par le capitaine. On couche encore.
Réveil à 5 h.
On est prêt à manger à soupe, il est 9 h., il arrive un ordre d’alerte, on part de suite. On passe par Braux, Vallois, Daucourt gare, Villers sur Argonne, Passavant, Brizeaux, Foucaucourt, Evres. Pays brûlé, saccagé par les Boches.
Il ne reste plus de maison debout. Beauzée, Amblaincourt, Séraucourt, Rignaucourt.
On arrive à 9 h du soir pour se coucher.
Réveil à 4 h. On fait le café puis on part à 7 h ½.
On revient sur nos pas jusqu’à Beauzée. On change de route, on passe à Nubécourt, Fleury, Autrécourt, Froidos, Auzéville.
On marche jusqu’à 4 h du soir sans s’arrêter. On arrive près d’un patelin. On nous fait mettre par section sous des pruniers jusqu’à la nuit, et ensuite on vient cantonner à Rarecourt.
Réveil à 5 h.
On prend le café. Il y a repos.
Le soir, corvée de lavage et revue d’armes par le lieutenant Churingt (?).
Réveil à 5 h.
Ma section est de garde aux issues. On part le soir à 3 h ½, on revient sur nos pas du 24 jusqu’à Beauzée, Deuxnouds.
On marche jusqu’à 9 h du soir. On arrive à Mondrecourt où on cantonne. Je suis un peu malade.
Réveil à 5 h.
On part de suite. Il y a de la gniôle. On ne peut rien prendre, ni café, ni soupe, ni rien.
On va jusqu’à Heippes où on sort 1 h. Issoncourt, Neuville et 1 ou 2 villages que j’oublie le nom. (*)
On nous amène dans un bois. On ne veut pas que l’on fasse de feux. Il est 1 heure quand on y arrive.
On est obligé de manger du singe un instant plus tard, chacun se débrouille, on fait quelque chose quand même.
On y reste jusqu’à 7 h du soir, puis on nous fait remonter un peu plus haut dans un autre bois caché un peu de l’ennemi pour faire cuire la viande qu’on vient de toucher. On fait des feux toute la nuit pour se réchauffer.
On doit passer la Meuse à la pointe du jour sur une passerelle faite par le génie pour attaquer l’ennemi.
Mais il y a contrordre, on ne part pas.
(*) : Les 1 ou 2 villages
traversés après doivent être Courouvre et Lahaymeix.
On part à 6 h d’où on est pour aller dans le bois où on était hier au soir.
On y reste jusqu’à 7 h du soir.
On retourne où on a passé la nuit de la veille au bivouac.
Dans le bois, on fait quelques abris pour se couvrir du vent et de la pluie parce qu’il ressemble le mauvais temps. On fait du feu toute la nuit.
On part du bois à 5 h du matin.
On va faire un tour un peu loin, crains que de la vue de l’ennemi, on passe par plusieurs bois, dans un bosquet de sapin, une ferme seule, puis ensuite par Fresnes-au-Mont, Rupt devant Saint-Mihiel. Il y a beaucoup de côtes dans les bois presque tout le temps, ensuite Grimaucourt, Ménil-au-Bois, Flin (?), Vadonville, Lérouville, Pont-sur-Meuse.
On arrive à Boncourt à 8 h du soir où que c’est qu’on cantonne.
Journée fatigante, on fait bien au moins 40 km.

Réveil à 5 h.
On prend le café puis on attend. On est de réserve du corps d’armée. On reste ici à Boncourt jusqu’à 9 h du soir. Depuis 5 h on est sur le qui-vive. Alors on part pour Lérouville.
On passe par Sampigny qu’on laisse sur notre gauche, Mécrin, Marbotte, puis on marche sur la route dans un bois (forêt de Marbotte) où on va prendre position dans les tranchées. On y arrive à la pointe du jour.
Alors on prend les avant-postes.
Ma compagnie seule attaque à 11 h du matin, reliée avec le 171e de ligne et du 227e.
Journée terrible pour nous.
On se bat dans le bois avec ardeur. On tire mais on ne voit rien. Les Boches sont dans les tranchées, on ne peut les sortir.
On est sous le feu depuis 11 h jusqu’à 5 h. On se replie un peu. Il y a des morts et des blessés en masse. On reprend notre place du matin. On y reste 1 h ½ où on est remplacé par la 3e compagnie.
On change de place un peu plus loin de l’ennemi, sous quelques abris où on se couche un peu mais on ne peut dormir car on est toujours sous les balles de l’ennemi. On est obligé d’être sous le qui-vive toute la nuit.
Enfin la pointe du jour arrive. Rien de neuf pour nous.
La fusillade ne cesse toute la nuit.
On passe de réserve, mais toujours sous les abris constitués. On y reste toute la journée.
On change la nuit pour aller sous un autre abri. Toute la nuit, ce n’est qu’une fusillade. On est sur le qui-vive.
On reste au même emplacement sous nos petites tonnelles. La journée, on porte des cartouches à la 4e compagnie.
Puis l’après-midi, on fait des croix pour aller enterrer des Français et des Boches, et des claies avec des feuillages pour faire des abris à la 3e compagnie qui est tout à fait en 1re ligne.
La nuit se passe encore pas mal, à part quelques fusillades.
Même emplacement, même détail que la veille, toujours dans nos cahutes.
Id.
On doit au soir remplacer une section du 227e, mais on reste à notre place. Les fusillades continuent comme de coutume. Le canon gronde la nuit. On nous dit même au jour qu’on a employé le Turpin. (*)
(*) : Eugène TURPIN étant
l’inventeur de la mélinite, il doit s’agir d’obus-torpille.
On prend le café, puis ensuite on va remplacer une section de ma compagnie qui est depuis 5 jours.
On est à 50 m des Boches, mais toujours dans le bois d’Apremont.
FIN DES ÉCRITS
LA SUITE
Il a été blessé sur ce lieu le 6 ou le 7 octobre 1914 puis évacué à l'arrière à l'hôpital de Neufchâteau où il est décédé le 14/10/1914.
Il est inhumé dans la nécropole nationale à Neufchâteau, tombe n° 5.
Contacter
le propriétaire du carnet de François GUILLEMIN
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