LEFORT Jean - classe 1914

49e régiment d’artillerie

Ma campagne pendant la guerre de 1914, commencée le 8 février 1915 finie le 1e juillet 1918

 

Mise à jour : mars 2014

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Jean-Pierre, octobre 2013 :

« J’ai visité votre site, et comme j’ai retrouvé dans mes archives le cahier de mon grand père  qu’il tenait jours après jours sa campagne 14 / 18, si cela vous intéresse, je vous envoie les 54 pages qui début le 7 février 1914 au 1e juillet 1918. Il était artilleur, puis conducteur, cycliste et enfin infirmier.

Et bravo  pour ce que vous faites  pour ces anciens ils le méritaient bien. »

 

Merci à Yvette et Françoise pour la recopie du carnet qui se présentait sous sa forme brute.

 

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Le 49e régiment d'artillerie, créé à la date du 1er janvier 1911, à l'effectif de douze batteries (en 4 groupes d’artillerie), il formait l'artillerie de corps du 9e corps d'armée, sous les ordres du colonel BARTHAL, à Poitiers.

 

 

1915

Février à avril 1915

Nous sommes partis du dépôt du 49e régiment d’artillerie à Poitiers de 7 février 1915.

On est arrivé à Bergues (*), on a débarqué et on est parti à pied vers le front le 11.

On a fait 45 km en 1 jour et demi en cantonnant dans un petit village à une douzaine de kilomètre de Bergues.

 

(*) : Sud de Dunkerque (59)

 

 Le lendemain, on est parti pour Poperinghe, là on cantonne dans le théâtre, le lendemain, on part à 7 h pour Vlamertinghe à la ferme de L’hôpital. Là est cantonné le train régimentaire (*) de chez nous.

Au soir on est versé dans les brigades et le lendemain on part pour nos échelons respectifs.

Moi, je suis versé à la 5ème batterie (capitaine De BOISRICHEUX, lieutenant De CROIX, sous-lieutenant GASTINEAU. Les échelons sont cantonnés entre Zonnebecke et St Jean. Il y a 50 cm de boue, moi, n’ayant pas de chevaux d’attelage, je suis versé aux haut-le-pied.

C’est la dernière des misères.

 

(*) : Train régimentaire : ensemble des moyens d’un régiment destinés à fournir ce qui est nécessaire aux unités pour subsister. Il est hippomobile. Il existe aussi un train de combat. L’ensemble des 2 forment un « train » d’environ 1 à 2 km de long

 

 

Extrait du journal du 49e régiment d’artillerie du 8 août 1914, on y retrouve les noms des officiers que Jean LEFORT cite dans ses écrits.

Il fait donc parti de la 5e batterie du 2ème groupe d’artillerie du 49e régiment d’artillerie.

 

Tous les 12 jours, la brigade allait au repos à Brielem, à la fin on a eu un repos de 12 jours et le 7 avril nous quittions la Belgique sans regret pour laisser la place aux Anglais.

À 10 heures du soir, nous laissions les positions, nous passons au nord d’Ypres, Vlamertinghe, Poperinghe et nous allons jusqu’à Oudecherque.

 

Le 8, là on fait le jus en France espérant bien ne jamais retourner en Belgique.

Les fourriers n’ont pas pu trouver le logement, il a fallu retourner sur nos pas et cantonner dans un pré.

À 10 h. du soir, on nous fait atteler pour aller dans une ferme, finalement, on se couche à minuit, on met les chevaux dans des granges et des hangars, là on y reste 2 jours et je passe conducteur du tricycle.

Le 11 avril

On part à 5 H et on arrive à Vormout à 2 heures du soir.

Là on m’enlève un cheval, enfin, on commence à respirer à son aise et là on cause avec des français, on fait une omelette et le matin les gens nous payent le café et le rhum.

 

 Et le 12, on part à 5 heures pour ne pas changer la mode, après 25 km de marche on arrive à Arnecke.

Là, ma pièce est toute seule dans une petite ferme. On est tranquille. On achète un poulet et on le mange avec une bonne salade de pissenlits. On a mangé comme il y avait longtemps que nous n’avions pas mangé.

 

Le lendemain, 13, on part à 6 H.

On devait enterrer un cheval mais on n’a pas le temps et dans la précipitation je laisse ma musette.

On arrive à Audinguen à 3 H. On mange encore une omelette mais comme l’infanterie était fatiguée on a 24 heures de repos et on nous fait laver le harnachement et d’armes.

On en chie et encore c’est un dimanche, on sort au soir et on paye le vin blanc, 36 sous le litre, on ne croirait pas être en France.

 

Le lendemain, 15, on part pour Anvin.

On y arrive à 1 heure. On a du vin à 10 sous le litre, c’est la bombe. (*) 

Là, il y a une usine boche (Auvernach) fabrique de cartons contre l’humidité.

 

(*) : C’est la fête

 

Le lendemain, 16, on part à 6 heures pour Tillievres dans le Pas-de-Calais.

Là, on abandonne le tricycle et je reprends ma place à la 7ème pièce (le 19 on se fait photographier toute la 7ème pièce).

On y reste 8 jours, et ce n’est que revue sur revue, et le soir on sort jusqu’à 8 heures.

 

Enfin le 24, on part pour Trohen-le-Grand.

On y arrive à 11 heures. On cantonne dans un pré et nous, on couche chez un marchand de volailles. On commence à peindre le matériel.

On fait boire les chevaux à la rivière et on ne trouve que du cidre pourri à 5 sous le litre.

 

Le 25, après la soupe, on va au pansage mais on a même pas le temps de toucher aux chevaux que l’on nous dit « allez bricolez au trot ».

Ramasser les couvertures et les ustensiles de cuisine fut fait en un clin d’œil sans pagaille, heureusement, tout le monde y a mis du sien. On distribue le pinard, les derniers rendus se tapent la soupe, on ne la mange pas, on la renverse.

À 4 heures, on part mais personne ne sait ou l’on va. Les uns disent : une alerte du «  colon », les autres : « on embarque ». Il y en a qui avaient dit vrai car à 5 h on embarque à Auxi-le-Chateau.

À 7 h, tout est terminé.

 

On voyage pendant 30 heures et le 26 au soir on arrive à Hazebrouck on débarque en vitesse on prend la route de Poperinghe, ça y est on retourne en Belgique. Mais après 10 à 12 km on fait halte, on fait cuire des bifs et le jus en même temps.

À midi, on repart, on a encore 25 km à faire.

On passe à Poperinghe qui a reçu la visite des obus depuis que l’on y est passé. On s’informe de ce qu’il y a. On nous dit que les boches ont attaqué.

Enfin on arrive à Vouestem le 27.

Là, on nous dit que les boches ont lancé des gaz asphyxiants.

On reste 2 jours dans la ferme et à 8h du matin.

 

Le 28, on prend la direction d’Elverdinghe. On nous dit que c’est là que l’on doit mettre en batterie.

À 11 heures, on fait cantonnement d’alerte à côté de la ferme de l’Hôpital.

À 1 h, on selle et on part. On laisse les échelons sur le bord de la route. Le capitaine fait prendre les dispositions de combat.

Une ½ heure après, les échelons étaient partis. On passe à Vlamertinghe et on prend la route neuve de Brielen. On tourne à gauche dans les champs au château des Trois Tours, à 500 d’où nous allions au repos on essaye de se ranger à la lisière du parc, mais les boches nous envoient des 105 fusants.

Alors le lieutenant PICHOT qui commande les échelons du 2e groupe nous fait faire demi-tour et on va se placer en arrière auprès d’une haie. On attend une ½ heure à peine et la contre-attaque commence. Ce n’est qu’un roulement et un ordre du colonel nous dit que les ravitaillements ne doivent pas employer les chevaux blancs. La batterie est à 800 m en avant de Brielen.

Au soir, les blessés rappliquent avec des chasseurs à pied à moitié asphyxiés qui nous disent que les boches ont encore lancé des gaz.

 

Le lendemain 30

Attaque.

Mai à juin 1915

Le 1er mai

Attaque.

 

Enfin, pendant quatre jours, on a gagné 4 tranchées. Les échelons se dispersent et on va coucher dans une ferme où il y a des ouislicots comme disent les Anglais (des poux). On fait des gourbis et tout le monde a peur des poux.

 

Enfin, il y avait à peu près huit jours que l’on était tranquille, le général de division lance une attaque le 9 mai, mais les boches avaient repéré les batteries.

Ils se mettent à marmiter une ferme où le capitaine avait fait installer son téléphone. La maison prend feu et toute la ferme.

Un brigadier veut sortir son cheval mais la selle lui brûle sur le dos. Le capitaine et le commandant NAUD sont blessés. Le capitaine a les reins cassés, son cuisinier a le ventre ouvert, le commandant a le talon coupé, le maréchal des logis MARCHAIS a un éclat dans la vessie. (*)

Cette grêle d’obus n’a duré que vingt minutes. Les conducteurs ont laissé leurs chevaux. Il y a un attelage qui est revenu sans conducteur.

Plusieurs des copains ont été cités à l’ordre du corps d’armée après ça a été calme.

 

(*) : Le 9 mai, un obus allemand tombe dans le poste de commandement du capitaine NAUD qui se trouvaient avec le capitaine DE BOISSICHEUX et des téléphonistes. Le capitaine Albert Amédé LEBLANC DE BOIRICHEUX et le téléphoniste Léopold Sévérin NERET meurent des suites de leur blessures.

Curieusement le journal du régiment de ce 2e groupe n’existe pas (ou plus), le suivant démarre à la date du 10 mai. A t il été détruit dans ce drame ?

 

On m’a donné un vieux cheval.

Depuis que nous sommes en Belgique 5 ou 6 espions ont été arrêtés. La dame du château a été, dit-on, fusillée par un général anglais.

Un jour on devait partir mais on a été retardé car les Anglais n’étaient pas prêts et enfin le 3 juin on part à 9h du soir.

On passe à Vlamertinge, Sint Sixtus, Proven, Roesbrugge, Oost-Cappel, là on cantonne dans une petite ferme. Le 1er jour on a dormi, le 2ème jour on nous a distribué des effets neufs, ce n’était pas de trop.

 

Le 6 on a eu une revue du capitaine et du commandant Gillot, on y est resté jusqu’au 7 juin.

On est parti à 9h, on a été embarqué à Cassel et à 7h du matin on partait de la gare.

 

Le 8, on est arrivé à Frévent, après le débarquement on a fait le jus et fait manger l’avoine aux chevaux. On part à midi pour Villers-Saint-Simon, on arrive à 5h du soir, on mange la soupe et on nettoie le harnachement croyant repartir le lendemain.

 

Mais le lendemain 9 juin on fait la promenade des chevaux.

 

Le 10, même boulot

 

Le 11, aussi et au soir on part pour la position, on arrive à 1 heure du matin à Etrun. Après avoir fait 22 km on commence à entendre le canon à 5 km d’Arras.

On fait des cagnas, la batterie tire 400 obus par jour et le 13 on fait une attaque qui nous a rapporté une tranchée. La batterie est au fond de Vaze(?)

Il y avait 400 bouches à feu. 50 mille cavaliers, 25 régiments d’infanterie, c'est-à-dire qu’elle était manquée.

On avait été tranquille jusqu’à ce moment, un beau matin en mangeant la soupe on fut surpris par 2 « 130 » qui tombèrent auprès des marmites à soupe et chacun en aurait bien ch… dans sa culotte.

 

Après on est changé de place et les batteries aussi, nous on a été au bois d’Habarcq et les batteries sont au chemin des Pylones.

Là, il y a plus de 30 sections de munitions et nous on a au moins 12 km pour aller ravitailler et l’abreuvoir est à 1500 mètres.

Juillet-août 1915

On y est resté jusqu’au 6 juillet puis on est parti un matin à 2h pour Blangy-sur-Ternoise.

Le temps que l’on avait été là il y a eu un capitaine d’artillerie de fusillé pour avoir donné de mauvais renseignements vu qu’il était observateur dans une saucisse. (*)

Le général GUIGUABODET (**) a été rétrogradé pour avoir donné 3 coups de cravache à un sergent 90ème de ligne qui avait les cheveux longs.

Pendant que l’on était à Blangy, c’est là que les permissions ont commencé pour les types mariés pères de familles, et depuis le début le 10 et le 11 on a eu repos après une série de revues : chevaux, souliers, armes.

Le capitaine nous a payé pour le 14 juillet un paquet de tabac de 30 centimes et un demi-litre de vin.

J’ai commencé à voir les pays du 68ème de ligne, du 90ème, du 125 et du 9ème train des équipages.

 

(*) : Un ballon d’observation. Ils étaient en forme de saucisses.

(**) : Pierre GUIGANBAUDET, général de division, est mort pour la France, tué par un obus en mai 1918.

 

Enfin le 16 juillet on partait de Blangy pour Frévent où on avait débarqué en arrivant de Belgique.

Là, il y a le général Foch, commandant les armées du Nord.

 

Le 18, on part pour Outrebois, on cantonne dans un pré et le grenier où l’on couche est plein de poux ou (mies de pain mécaniques).

 

Le 19, lendemain, on part pour Vignacourt, là on a revue du colonel Blanchon et du lieutenant-colonel Lavenir et du commandant Gillot.

Le lendemain 20 on part pour Namps-au-Val, on arrive à 10 heures, on fait boire les chevaux au seau et on couche dans la paille.

On se repose un peu mieux le 21, on va à la rivière La Selle et on fait du pansage à l’eau, le soir on a revue d’harnachement et d’aciers.

 

Le 22, on part pour Lecrocq où on arrive à 11h, on met les chevaux dans une grange et je trouve un couteau ; toujours le même service et il arrive des nouveaux et des évacués.

Le soir, je prends la garde d’écurie.

Je couche dehors et dans la nuit il tombe de l’eau et le lendemain matin en me levant comme il y avait de l’eau sur ma toile de tente en levant les bras je me renverse tout sur la quetsche.

 

Au matin du 23, on a réveil à 3h et on passe à Hardiviller, Campremy, Wavignies et Fumechon, on arrive à Catillon à 10 heures ; on fait le parc autour de l’église et les chevaux sont auprès des murs de ferme brûlée.

Le capitaine nous félicite pour notre bonne tenue et nous engage à continuer.

 

Le 24, on part à 5h, on passe à Nourard-le-Franc, Le Mesnil-sur-Bulles, Bulles, Etouy, Clermont (sous-préfecture de l’Oise) et on arrive à Breuil-le-Vert, nous on est cantonné à Rotheleux chez Mr Coq-Tithus, on nous dit que l’on est au grand repos et les perms reprennent.

On passe les chevaux à la pommade anti-galeuse, on nettoie les effets et les harnachements à fond.

 

Mais un beau jour, le 5 août, on a départ en vitesse après avoir fait une promenade de 30 km ; on part à 2h du tantôt et on s’en va cantonner à Sains-Morainvillers, la nuit on nous réveille et on part à 2 h du matin pour Warvillers.

Là, on y arrive sous la pluie et on est cantonné à 1500 m du parc on mange une bonne omelette et la nuit on fait la rafle aux pigeons et on part à 1 heure du matin pour Vrély.

Là, le 6ème d’artillerie y est depuis 10 mois, il y a des écuries pour les chevaux et les civils y sont encore.

Quoique ça ne soit qu’à 6 km des lignes, on ne voit pas un trou d’obus dans les champs, les pièces sont éclairées à l’électricité et les gourbis aussi, c’est comme des salons.

Nous on va à l’abreuvoir à Cayeux en passant par Caix, il y a 6 km.

 

Pendant 1 semaine on nous défend de cacheter les lettres.

On va couper du vert pour les chevaux avec une vieille faucheuse à herbe que le 6ème avait été cherché à Méharicourt auprès des lignes : la 6ème batterie nous l’a cassé et il a fallu emmancher une vieille faux.

Après on a fourni dans le groupe une équipe pour aller battre à la machine, on avait 6 sous de l’heure et on n’était pas nourri.

Septembre-octobre 1915

Enfin le 2 septembre, j’ai voulu prendre un jour de repos et justement il est tombé de l’eau et le soir on nous dit que l’on foutait le camp à 1 heure ; j’ai sellé un cheval et j’ai été cherché nos ustensiles de cuisines.

Au soir, on s’est couché tout habillé et on est parti que le lendemain 3 septembre, en passant à Caix, Cayeux et on arrivait à Boves auprès d’Amiens.

On mange à 8h, on est trempé comme des soupes, on se couche tout de même.

 

Le lendemain 4, on part à 4h, on passe à Longueau, Amiens et on arrive à Havernas à 10 heures, là on est cantonnés dans une ferme, on mettait l’attelage des 6 chevaux ensemble, le capitaine nous rassemble et nous dit que le régiment était d’une mauvaise tenue en route et le 5 on part à 5h et faut que tout le monde soit botté et éperonné.

On passe à Doullens où il y a un grand état-major Franco-Anglais et à 11 heures à Coullemont on est rendu dans le Pas-de-Calais, on nous dit que l’on va vers le sud d’Arras, on est cantonné dans un pré, il y a tout le 20e et les 2 premiers groupes du 49e

 Nous allons à l’abreuvoir dans la Somme car c’est à la rive des deux départements

 

Là, on y reste jusqu’au 8.

On part à 5h du soir on ………à Gouy, et on arrive à Simencourt à 9h.

On couche dehors sous les caissons, quelques-uns ont monté leur toile de tente à la chandelle.

Le lendemain, on forme le parc et on change les chevaux de place pour aller à l’abreuvoir. On met 4 h car ça n’en finit pas. Là, je vois un copain du 33e d’artillerie.

Le 77eme de ligne joue de la musique tous les soirs.

Après, on va à l’abreuvoir à Habarq. Tous les jours, on va à la brigade mener des matériaux pour faire la position.

 

Le 24 au soir, les sections de munitions, menaient les fameux obus asphyxiants ou obus jobs.

Le 25, on s’en va à la levée du chemin de fer à Dainville et à midi et quart, l’attaque du 25 septembre était rechangée, la brigade est en position à Achicourt ½ heure après l’attaque on ne voit plus de saucisses boches et les bataillons de marche avancent, la cavalerie est derrière, les avions se promènent à une faible hauteur et à 5h on nous dit que le 66e s’est fait amocher et que ce n’était simplement que pour faire une démonstration à l’ennemi.

Mais, en attendant, les bonhommes se font casser la gueule pendant les  2 jours d’attaque. On n’a pas fermé l’œil et la brigade a été mettre en position à Beaumetz-les- Loges.

 

Nous, les échelons, on était retourné à Simencourt. On nous dit qu’en Champagne on a avancé de 5 kilomètres en profondeur et 20 kilomètres en largeur.

Les Anglais ont cerné Lens avec 700 boches dedans et que les opérations marchent bien. Mais, il n’en est rien pour les Anglais, ils n’en ont pas fait tant que cela.

 

 Enfin, le 29 au soir, la brigade est relevée par le 13e volant. On passe la nuit complète.

On passe à Vauquetin, Habarq, le bois d’Habarq, Aubigny, Cancourt et on arrive à Cauchin-le-Gall.

Là, le commandant nous fait nettoyer le harnachement. Le colonel distribue des croix de guerre.

 

Le 1er octobre, on part à 1h20 pour aller mettre en position, on passe au Château, à Coupigny, à Hersin, Sains-en-Gohelle et on arrive à Nœux-les-Mines.

Mais, un jeune aspirant qui est parti avec le logement se trompe et on est rendu au cantonnement qu’à 8h du soir. C'est-à-dire à la fosse n°2 ou fosse Dupont.

Là, on a écuries et abreuvoirs, fait par le 58e d’artillerie. La brigade est à 8km de là, à Mard.

Le dimanche, un biplan vient atterrir dans un champ de betteraves à 100m de nous, il a un éclat dans le radiateur. J’ai visité la fosse et c’est assez intéressant pendant 3 semaines tout le temps la même chose.

 Enfin, le 21 on se met à refaire notre cuisine et justement la pluie nous y prend et on trempe comme des soupes.

On fait des écuries neuves.

Le lendemain qu’elles sont finies, il vient un grand vent qui emporte le carton goudronné de dessus.

Novembre-décembre 1915

 Le 13 novembre, on va au repos à Haillecourt on passe à Hersin, Barlin, Ruizt et Haillicourt. Le cantonnement de repos n’est pas épatant.

Deux jours après notre départ, les boches ont bombardé la fosse et ont défoncé le bistro qu’il y avait en face, heureusement que nous étions partis.

Lorsque nous sommes revenus du repos, les boches n’ont fait que cogner sur les mines de Hersin et de Noeux.

 

 Le 25 novembre, après avoir fait sauter les chaudières de la fosse d’Hersin, ils ont lancé des 210 dans les champs en face de la fosse 2.

Après que le 1er soit tombé, on a attendu ½ heure. Moi et un brigadier, nous partons chercher les fusées, nous étions à peine arrivés au tr… que  en voilà un autre qui s’amène, puis un 3e alors on s’est débiné en vitesse .

 

 Le 1er décembre, c’était le tour de la fosse 2 dite Dupont. On a emmené les chevaux dans les champs et on est revenu quand le bombardement a été fini. IL n’y avait pas trop de mal, sauf les chaudières qui avaient sautées.

Le lendemain matin, on partait au repos, en rentrant, moi  je pars en permission. Je passe une bonne permission vu que ça fait plaisir.

 

Le 26, je rentrai à la brigade qui doit retourner au repos. En arrivant de permission, j’ai pris une muffée qui m’a duré 2 jours et le lendemain j’avais sérieusement le cafard.

 

1916

Janvier-février-mars 1916

 Plus  tard, le 2 janvier on nous dit que l’on va être relevé, mais le départ est annulé.  On reste jusqu’au 29 janvier.

 

La brigade est relevée, on reste dans nos cantonnements …………… Baccary jusqu’au 6 février.

On part pour Divion, on passe à Hersin, Barlin, Ruizt, Haillicourt, Bruay, Divion. On cantonne dans les corons des Sudouilles et 2 jours après le 8 on cantonne aux corons du Transvaal. Il y a des écuries de quoi mettre 900 chevaux. Je n’ai jamais vu un pays aussi débauché.

Toutes les femmes sont enceintes et mêmes des femmes filles de 14 à 15 ans.

 

Le 13 février, on repart, on s’en va à Compigny par la même route que pour aller. On n’est pas trop mal, mais les écuries sont à 1 km du cantonnement, auprès de la ligne de la fosse d’Hersin.

Ensuite, il est tombé de la neige qui va durer 15 jours.

 Le 19, les boches ont voulu attaquer le même jour que Verdun, mais leur coup a manqué. On l’a su au matin avant l’attaque par un Bavarois qui s’était fait faire prisonnier. Ils s’amenaient en colonne par 6, alors le 75 les a dispersés en peu de temps.

 

Enfin le 29 et le 30, on a la visite d’officiers anglais qui venaient pour prendre nos positions.

 

Le 1er mars, nous quittons les positions, on part à 9 h pour Marest, on prend la même route que pour aller au repos, passe Divion, on arrive à Marest à 1h.

Là, on y reste pendant 3 jours et le 3e jour le colonel nous fait vacciner.

 

Le lendemain matin, 5 mars, on part avec nos bras en « compote ».

On passe à Anvin. Où on était passé en partant de Belgique la 1ere fois. On arrive à Blangy-sur-Ternoise où on avait cantonné en partant du bois d’Habarq.

 

Le 6 mars, on part pour Ligercourt, mais en arrivant on n’a pas de cantonnement on est obligé de faire 6 km de plus pour arriver à Vironchoux où il y a un maigre cantonnement.

Là, je suis garde d’écurie. Je couche dans le foin.

 

Le 7 mars, on part pour Tigny-Noyelle à 8 km de la mer. On loge dans un château chez une vieille bigote à manies.

 

Le 8, le capitaine nous passe une revue d’armes et le lendemain on doit passer une revue par le commandant, armes, harnachement et en tenue de campagne.

Le même jour, le colonel Blanchon quitte le 49e d’artillerie pour aller on ne sait où. Les officier sont logés au château, nous on couche dans les combles.

Notre cuisine est auprès du moulin à 800 mètres. 

 

3 jours de revue.

Le capitaine obtient la perm du commandant de nous mener voir la mer, mais juste le jour où le capitaine doit nous y mener, on reçoit l’ordre de rester dans le cantonnement, car le nouveau colonel doit passer dans les cantonnements.

 

Enfin le 13 mars au matin, le capitaine nous emmène à la mer auprès du Fort-Mahon.

On est très content du voyage mais on aurait préférer aller à Berck-Plage. Au soir à ma pièce on a mangé (lapin et lièvre que l’on avait pris au collet)

 

Le 30 mars, on reçoit l’ordre de ramasser toutes ses affaires et le 31 on a réveil à 3 heures et départ en vitesse à 7 heures du matin.

On passe par Noyelles, Nampont, Vron, Bernay, Nouvion et on arrive à la Motte-Buleux.

Là on est cantonné dans une vieille ferme abandonnée, les chevaux sont attachés au tas de foin, j’ai un mal de dent terrible.

Avril 1916

Le lendemain 1er avril, on part à 7 heures, on passe à Buigny-Saint-Maclou, Hauvillers, Hocquincourt et on arrive à Hallencourt.

On met les chevaux à la corde et le soir à 5 h on les emmène dans une grange.

Les Anglais y étaient au repos depuis le mois d’octobre.

 

Le lendemain 2 avril, on part à 7h, on passe à Mérélessart, Wiry-au-Mont, Frettecuisse, Saint-Maulvis, Boisrault, Hornoy, Vraignes et on arrive à Bettembos.

Le parc est auprès de l’église, les chevaux et les hommes sont dans une ferme abandonnée.

 

Le lendemain, on a nettoyage du harnachement et on touche 2 œufs par hommes.

 

Le lendemain 4 avril, on part à 5h, on passe à Lamaronde, Eplessier, Poix.

Là, le général Curé, commandant le 9ème corps nous passe en revue et on file sur Blangy-sous-Poix, Famechon, Uzenneville, Frémontiers, Contre, Fleury, Conty, Luzières-les-Conty, Monsures, Fransures et on arrive à Rogy.

Là on est encore dans une ferme abandonnée, au soir on fait une rafle à la paille.

 

Le lendemain 5, on part à 5h20, on passe à Fransures, Esquenoy, Breteuil, La Folie-Beauvoir, Wavignies, Catillon où l’on avait cantonné l’année dernière et on arrive à Nourard-le-Franc.

Là on met les chevaux à l’écurie dans une ferme auprès de l’église.

 

Le lendemain 6, on nettoie les aciers et les bricoles, au soir à 3h on s’en va à Saint-Just, en partant on rencontre un lieutenant.

Après le véto, en arrivant à St-Just on tombe dans les pattes du commandant et du colon qui arrête son auto en nous demandant où on allait et on commençait à avoir la frousse.

Mais c’est pour nous dire d’aller dire au commandant De Molling, commandant le 6ème bataillon que l’on part à 6h, on boit un coup en vitesse et on retourne au cantonnement pour ramasser nos affaires.

 

Le lendemain on part à 7h, on passe à St-Just, Montigny, Maignelay, Tricot où est l’aviation du 9ème corps, Courcelles.

On passe dans la Somme et on arrive à Rollot.

Là les bistros ne sont ouverts qu’à 5h, les chevaux et les cuisines sont dans le parc.

 

Le lendemain 8 avril, on passe à Mortemer, Cuvilly, Ressons et on arrive à Bayencourt.

On est cantonné à la sucrerie transformée en usine à énergie électrique.

 

Le lendemain 9 avril, on va mener des matériaux pour faire des positions de batterie, on passe à Margny-sur-Matz, Mareuil-la-Motte.

Les servants travaillent toute la journée et le lendemain on n’y revient pas, on est sur le qui-vive.

Dans la nuit du 10 au 11, la batterie s’en va mettre en position à Conchy-les-Pots et elle est ravitaillée par le 13ème Volants et nous le 12 au matin on a été ravitaillé le 13ème Volant.

Au soir après la soupe on nous dit de ne pas quitter le cantonnement et en effets à 7h on partait pour aller chercher les obus à la position.

On passe à Cuvilly, Orvillers, Conchy-les-Pots, là la batterie est remplacée par du 90 et à 10h on revient, on passe par Biermont, Ricquebourg, La Neuville-sur-Matz (La Neuville-sur-Ressons) et on revient à Bayancourt où on était avant.

 

On nous dit que l’on part le lendemain 13 avril à 6h.

Le lendemain on passe à Ressons-sur-Matz, Lataule, Mery, Coivrel et on arrive à Maignelay.

Là, je trouve un copain du 90ème de ligne, les 3 batteries sont ensemble et nous on couche chez un marchand de vin en gros, la moitié des hommes sont saouls.

 

Le capitaine nous rassemble et nous dit que l’on embarque et en effet le 15 on embarquait à 10h à la gare de Tricot par une pluie intense et on est parti à 3h, on est passé au Bourget et on se dirige sur l’Est.

 

Le 16 avril, on arrive à Revigny et on débarque, on part à 9h on passe à Brabant-le-Roi, Nettancourt, là le capitaine s’est trompé de route il a fallu faire demi-tour et après on passe à Sommeilles et on arrive à Givry-en-Argonne, on est couché très loin du par cet des chevaux.

 

Le 17, on part à 12h, on passe à Senard, on traverse la forêt et on arrive à Triaucourt à 4h par un temps affreux, les 3 batteries sont encore ensembles, les hommes couchent à 1h de là et moi par ce temps-là je suis de garde d’écurie comme chance.

 

Le 18, on a réveil à 3h ½ et départ à 6h ½, on passe à Foucaucourt, Waly, Jubécourt, Ville-sur-Cousance et on arrive au bois de Fouchères.

Là, il tombe encore de l’eau à plein temps et les chevaux sont à la corde dans 20cm de boue, l’abreuvoir est à 3 km de là et l’eau potable à 1500 m.

 

Là, on y reste 3 jours et le 21 au matin on passe à Dombasle-en-Argonne et on cantonne dans le bois du même nom, ce n’est que des trous de marmites.

Les batteries ne sont pas abritées et il n’y a pas de gourbis et on tire sur le bois d’Avocourt pendant 5 jours ; après notre arrivée la batterie vidait tous les caissons tous les jours c'est-à-dire, une moyenne de 100 coups par jour.

On ne peut pas trouver d’eau et on ne peut ni se débarbouiller, ni laver son linge et on est dans la boue jusqu’aux fesses, mais le beau temps vient et ça sèche vite.

Toutes les fois que l’on va à la batterie on se fait marmiter.

Mai-juin-juillet 1916

Le 5 mai, les boches ont lancé les gaz asphyxiants au 1er groupe, il y a eu 12 morts dans le même après-midi et plusieurs pièces ont été mises en morceaux.

 

Le 6 mai, le 68ème de ligne a été, dit-on, cerné par la faute d’un autre régiment.

Au soir il fait un vent épouvantable et les saucisses françaises se sont en allés chez les boches.

A l’échelon on avait jamais vu d’obus quand un jour à 1h ½ au moment où le train régimentaire arrivait, les boches nous ont envoyé 7 obus de 130 à longue portée, il y a eu 2 blessés et le bourrelier de la batterie a eu les deux jambes coupées. Il est mort 2 jours après.

On a fait une tranchée, on ne consomme que 5 ou 6 caissons par jour. Comme les bombardements deviennent moins fréquents, on croit que les boches doivent retirer des troupes, nos fantassins ont repris les tranchées perdues le 6 mai.

 

Dans la nuit du 18 au 19 mai, les Boches nous ont marmités avec des gros calibres, il en est tombé un sur les écuries de la 6eme brigade qui a tué 17 chevaux. On a été obligé de quitter les cantonnements et de coucher à la belle étoile.

 

Le 21, on emmène les chevaux à l’arrière dans un petit bois en revenant sur Dombasle.

 

Depuis plusieurs jours, on nous disait que l’on allait être relevé, enfin le 3 juin, à 8h on quittait la position des échelons pour aller cantonner au bois St Pierre. On est relevé par le 32e d’artillerie.

  Nous restons jusqu’au 4 juin au matin.

Départ à 8h, on passe à Brocourt, Ville-sur-Cousance, Jubécourt, Froidos. On arrive à Grigny.

Là on cantonne dans un pré, on est au village d’Éclaires. Le capitaine et le commandant nous rassemblent et nous félicitent de notre bravoure à la bataille de Verdun.

Le régiment sera cité à l’ordre du jour, l’étendard portera ces mots (côte 304 – 21 avril -3 juin 1916).

 

Le lendemain on part à 7h on passe à Le Chemin,

 

 

Bournonville, Epeuse, on arrive à Dommartin-sur-Yèvre. Toujours le même boulot en arrivant dans un cantonnement.

 

Le lendemain 8, départ à 6h, on passe à Nerpout, La Grande Romaine, on arrive à La Cheppe.

 

Là, nous restons le 9, le 10, le 11.

On trouve en partie ce que l’on veut.

 

Le 11 au soir, on part en position (avant j’avais été aux douches et j’ai attrapé des poux dans du linge que j’ai touché).

On passe à Cuperly, Suippes, on cantonne aux Abris-Roques.

Le secteur est tout à fait tranquille. On fait l’abreuvoir à 2 km de là. C’est une promenade pour les chevaux et la batterie tire à 4 ou 5 coups par jour. C’est pour ainsi dire  rien. Il y a des écuries et des baraquements pour les hommes.

 

Le 18 juillet au soir, je pars en permission et quand je reviens, le secteur et toujours tranquille. Les batteries ont changé de place, mais les échelons n’ont pas bougé.

Nous avons eu plusieurs alertes au gaz, mais les boches n’en ont jamais lancés.

Août-octobre 1916

Le 20 août, les boches ont tiré sur le tracteur d’une saucisse, mais il n’y a pas eu de mal. Depuis quelques temps on parle de la relève.

Le 3 septembre, on a été les pièces. (?)

 

Le 4 septembre, on part des Abris-Roques à 5h.

On passe à Suippes, Cuperly, St Etienne-au-Temple.

On arrive à Lépine à 11 heures du soir, à 3 h la pluie commence et le lendemain 5 on part à 3h1/2 du matin, toujours par la pluie qui ne cesse qu’à 10h. On passe à Châlons, Soguy-au-Mort, Serry, Mairy-sur-Marne, Cernon et on arrive à Coupetz.

Le lendemain 6, on part à 6h on passe à Écurie-sur-Coole, Fontaine-sur-Coole, Dommartin, Lettrie, Soudée-Notre-Dame, Soudée-Ste-Croix.

On arrive à Poivre (sur 5 qu’il y a au caisson (*), on est 3 de saoul).

 

(*) : Le caisson d’une pièce d’artillerie entrepose tous les obus prêt à être utilisés.

 

Le 7, on part à 6h, on passe à Trouan-le-Petit, Dosnons, Granville, Vinets, Aubigny, Isle, Ramerupt on arrive à Nogent-sur-Aube.

Là on doit rester 15 ou 20 jours au repos.

On passe les revues habituelles et après on fait des batteries attelées au camp de Mailly. Moi, je fais quelques journées chez le proprio où l’on est.

 

Le 19 au soir, on nous dit que l’on part le lendemain 20 septembre à 8h, on part de chez Mr Bernard où l’on a été logé.

On passe à Ramerupt, Isle, Vubigny, Vinets, et on arrive à Granville à 10h ½.

Le soir le capitaine nous rassemble et nous dit que l’on part le 21 pour embarquer à Sommesous.

 

Le 23, on débarque à Crèvecœur dans l’Oise.

On cantonne à 6 km de là, à Blicourt. On  y reste 2 jours et le 25 au matin on part à 8h.

On passe à Haute- Épine, Previllers, on arrive à Granvillers.

Le lendemain 26, on passe à Taussac, on monte une côte de 3 km de long.

On arrive à Equennes, Poise et on cantonne à Eplessier. En arrivant, je demande une perm, pour aller voir mon frère qui est à Couty, à 5h j’étais de retour.

 

Le 28, revue par le Général Gascouin.

 

le 29, on part à 6h.

On passe à Poise, Blangy-sous-Poix, Fancechon, Greneville, Fremontiers, Coutre, Fleury, Couty, Tilloy, Loeuly, Namply, Plachy, on cantonne à Buyon.

 

Le 30, on part à 7h.

On passe à Petit-Léon, Amiens, Camon, on arrive à Lamotte-Brebière.

On cantonne dans un champ et dans la nuit, les boches nous envoient les bombes (d’aéro) sur la gueule.

 

Le 1er octobre, on part à 6h.

On passe à Daours, Aubigny, Fouilloy, Corbie, on arrive à Etinchem au bois des Tailles.

 

Le lendemain 2, on part à 11h par Bray, arrivée à Suzanne.

On est cantonné auprès du cimetière.

 

Le 3, on va pour mettre en position, mais on est obligé de faire demi-tour.

 

Retour le lendemain 4, on met en position dans un vallon entre Morval et Combles et au tantôt, on emmène les échelons au bois Billon à côté de la gare.

 

Le 5, on va pour ravitailler, mais les boches nous font faire demi-tour.

Enfin, au petit jour, on passe quand même, on vide nos caissons.

Ce n’est que trous d’obus (ils s’entrecroisent tous).

Le 7, il y a un marmitage très violent, qui a tué notre capitaine Labrousse (*) et le sous-chef Trichet.

Pendant  toute la semaine, il est tombé de l’eau et les boches bombardent tout le temps jusqu’au 26 octobre. Nous sommes tout le temps dans la boue.

Toute la fin du mois est pareille, on nous dit que l’on doit être relevés, mais ça ne vient pas vite, ça ferait pourtant plaisir.

A la batterie, il y a tout le temps des blessés et des tués.

 

(*) : LABROUSSE Jacques Charles, capitaine au 49e d’artillerie, mort pour la France le 7 octobre 1916 au ravin Morval (Pas-de-Calais) tué à l’ennemi. Il était né à Paris le 13 septembre 1886. Sa fiche SGA indique aussi : « Inhumé cimetière national d’Albert, tombe 450 »

 

TRICHET Camille Édouard, Maréchal des Logis, 5e batterie au 49e d’artillerie, mort pour la France le 7 octobre 1916, tué à l’ennemi, enseveli dans un abri. Il était né à Aizenay (Vendée), le 24 juillet 1892. Sa fiche SGA indique aussi que la retranscription a été réalisée à Poitiers en 1933 !

 

 Depuis une quinzaine de jours, on passe par Combles, pour aller ravitailler, mais le chemin creux que l’on prend devient impraticable, après on passe le long du bois des Bouleaux. Ce n’est pas franc, on est obligé de passer dans les trous d’obus.

Ce n’est pas que ça, après encore, on est obligé de passer en plein champ et on est vu. Mais les boches ne sont pas si méchants qu’il y a un mois.

Novembre-décembre 1916

Dans les premiers jours de novembre, les échelons s’en vont à la Briqueterie de Guillemont.

On fait des cagnas avec des cheminées et le 15, la batterie prend la position de la 6eme batterie.

 

A la fin du mois, le calme vient.

On ne mène plus d’obus. Mais un ordre vient, il faut enlever toutes les douilles, car c’est les Anglais qui vont prendre les positions et tout le secteur.

On essaie tout les chariots de parc, tombereaux, caissons à caisse et finalement on nous les fait enlever avec des sacs d’avoine 50 par cheval dans 2 sacs comme un bats, mais les boches bombardent encore la route au bois de Leuze.

Enfin le principal c’est qu’ils soient sages pour les batteries.

 

Le 1er décembre, les boches ont fait un marmitage rationnel et même ils ont attaqué, ce jour-là on a resté 6 fois en panne avec notre caisson, chevaux tombés, traits cassés, tombés dans un trou d’obus fouinard.

Mais la joie vient car on nous annonce que l’on est relevé du 4 au 5 et cette fois c’est vrai.

 

Le 7 on quitte la position des Échelous et on part à 8h, on passe à Maricourt, Bray, Vaux, Corbie, Fouilloy, le Hamel et là on cantonne dans le patelin.

 

Le lendemain 8 on part à 6h, on passe Fouilloy, Blangy-Tronville, Longueau, Saleux et on arrive à Vers.

Là on est encore cantonné dans le patelin, le parc est très loin pour apporter les rouleaux de couverture on prend les chevaux.

 

Le 9 décembre, on part à 7h, on passe à Bacouel, Loeuilly, Wailly, Conty, Fleury, Contre, Frémontiers, Uzeneville, Famechon, Bergicourt, Guisancourt, les croisements de Taussacq, Lahaye, Eramecourt, Agnières et on arrive à Andicourt un village où il y a 5 habitants et pas mal de fermes vides et pas de bistrot, là on ne sait pas le temps que l’on doit y rester.

 

Le 10 se passe, le 11 aussi mais dans la nuit on nous réveille à 1h pour nous dire que l’on part en perm à 35 pour cent et comme je me trouve dans la liste je fais mon paquet car je ne m’y attendais pas, je comptais y aller que à le fin de janvier.

En arrivant à la gare de Fouilloy, il tombe de l’eau à plein temps et le train qui ne doit passer qu’à 6h du matin arrive tout de même à 3h du soir.

 

Le 22, je rentre de perm avec un pied blessé par mon soulier.

En arrivant on m’apprend que le 9ème corps est pour repartir dans la Somme et en effet le 26 au matin on part à 7h, on passe à Agnières, Taussacq, Lahaye St Romain, Guisancourt, Bergicourt, Famechon, Uzenneville, Frémontiers, Namps-au-Val.

Là on cantonne on y avait déjà passé en 1915.

 

Le 27, on part à 7h, on passe à Rumaisnil, Bacouel-sur-Selle, Salouel, Saleux, Cagny, Longueau, Glisy et on arrive à Blangy-Tronville, là les chevaux sont sur le bord du canal et nous on couche dans le patelin dans un grenier défoncé.

 

Le lendemain 28 on part à 7h, on passe à Petit-Blangy, Villers-Bretonneux, Cerisy-Gailly, Proyart, Froissy, La Neuville-les-Bray, on est campé dans la boue et on y reste 2 jours.

 

Le 30, on part à 11h, on passe à Suzanne, Eclusier, Vaux et on arrive au bois de Vaux où sont déjà les échelons du 1er groupe.

Il y a des écuries pour les chevaux et les hommes couchent dans des marabouts, on est obligé de monter sur un cheval pour aller manger la soupe.

Comme j’étais blessé au pied notre cuistot ayant parti en perm, moi je suis désigné pour faire la cuisine.

Enfin en allant mettre en position, il y a eu 2 téléphonistes de tués et 6 chevaux, un conducteur et le caisson esquinté, et après sur la route de Cléry ça n’a jamais été franc.

1917

Janvier-mars 1917

Enfin le 21 on part du bois de Vaux à 1h du matin et à 8h toutes les voitures étaient sorties sur la route non sans peine, on passe à Éclusier, La Neuville, Froissy, Méricourt, Morcourt, Cerisy-Gailly et on arrive à Le Hamel et on nous envoie cantonner au camp 60 dans un bois il y a 20 cm de neige auprès du parc d’aviation de Villers-Bretonneux.

 

Le lendemain 22, on part à 7h ½, on passe à Warfusée, Abancourt, Villers-Bretonneux, Cachy, Gentelles, Boves, Cottenchy, Dommartin, Guyencourt, Remiencourt et on arrive à Ailly-sur-Noye.

Là les chevaux sont dehors et au froid.

 

Le lendemain matin ils sont à moitié frigorifiés, enfin on part à 7h, on passe à Jumel, Berny, Essertaux, Bosquel, Conty, Fleury, Contre et on arrive à Frémontiers où on a déjà passé plusieurs fois (c’est la 6ème fois que l’on passe sur cette route-là).

 

Le 26, il y a eu remise de croix de guerre et on fait les revues habituelles et maintenant on attend les ordres de départ en faisant tous les matins la promenade des chevaux.

Un beau soir avec un camarade AUGERS, on a fait le projet d’aller à ?? on était au premier repos de la Somme, on s’est appuyé (ça faisait 36 aller et retour, on est arrivé à 4h du matin.)

 

Enfin le 9 février on part à 7h 1/2, on passe à Contre, Fleury, Conty, Bosquel, Essertaux et on arrive à St Sauflieu, on n’est pas trop mal cantonné mais il n’y a pas d’eau propre pour les chevaux, c’est des mares qui sont gelées et l’eau est plus noire que du purin (l’eau est à 10 mètres de profondeur).

Là on paye le vin 38 le rouge et le blanc 40 et 42, les harengs 9 et 10 sous, les camemberts 36 sous, c’est la ruine.

 

On y reste 4 jours et le 12 à 8h du soir on part, on passe à Essertaux, Bosquel et on arrive à Conty pour embarquer à 5h ½ du matin.

 

Le 13, on partait de Conty et le soir à 10h on arrivait à la gare de Châlons, on débarque en vitesse, on part à 11h, on passe à Chalons, St-Martin-sur-le-Pré et on arrive à Recy où le 49ème avait déjà passé en octobre 1914.

On n’est pas trop mal logé et on a une revue du colonel GASCOUIN.

Pendant plusieurs jours je vais à Châlons avec le fourrier pour acheter des légumes.

 

Le dimanche suivant, on va à Châlons à pied pour se promener vu qu’il y a repos et en nous rendant on se trompe de chemin et on se perd dans le cimetière.

 

Enfin le 3 mars on part à 7h, on passe à St-Martin-sur-le-Pré, Châlons, Compertrix, Écury-sur-Coole, Nuisement-sur-Coole, Breuvery et on arrive à St Quentin-sur-Coole.

On n’est pas trop bien cantonné mais c’est la mode et on y est habitué.

 

Le lendemain on part à 6h45, on passe à Cernon, Coupetz, Fontaine-sur-Coole, Vesigneul-sur-Coole, Coole, là on prend une grande route, on passe à Soudé-Notre-Dame, Halte de Poivres, Poivres et on arrive à Mailly-le-Camp.

Les chevaux sont dans les écuries comme au quartier et nous on couche dans des baraquements. Tout le 9ème corps y est pour faire des manœuvres de corps d’armée.

 

Jusqu’au 17, on fait les batteries attelées tous les jours, le 15 on a fait une grande manœuvre de division comme pour la guerre en rase campagne.

Enfin le 17, on part à 8h, on passe à Mailly-Ville, Sommesous, Haussimont et on arrive à Vassimont, on est que la 5ème batterie dans le bourg et on n’est pas embêté.

 

Enfin le 19 au soir, je pars en perm.

Je vais trouver un camarade à Sommesous et je couche dans un grenier avec lui.

Je pars le matin à 4h1/2, j’arrive chez moi le lendemain matin et pendant mes 7 jours de perm je ne m’ennuie pas trop.

 

Le 30 mars au matin, je pars de la gare de Tours et j’arrive à Jessains dans l’après-midi, là on nous envoie sur Epernay, en y arrivant on ne trouve rien et on nous envoie sur Dormans, là encore rien on nous envoie à Château-Thierry et là on nous dit d’aller trouver à coucher en ville et de revenir le lendemain à midi et demi.

Alors nous voilà partis et à 6h du soir après avoir demandé à plus de 20 personnes pour trouver un lit.

On en trouve un pour 2 à 4fs la durée de la nuit et le café le lendemain matin, après on va souper en ville et il était temps d’arriver car on veut fermer à cause des avions.

Avril-juin 1917

Le lendemain à 11h on revient dîner et on s’en va prendre le train qui nous emmène sur Jonchery. En arrivant on nous dit de filer jusqu’à Muizon.

Là, plus de 1000 permissionnaires attendent les renseignements, 2h après que l’on est rendu on nous dit d’aller à Pargny qui est à 9 km de là.

On demande à un planton en sortant de la gare et nous voilà partis, on passe à Gueux, Vrigny, Coulommes et on arrive à Pargny.

 

Là, on va voir le major de cantonnement qui nous dit que l’A.C.9 (*) est partie du matin à 8h, ce qu’il y a de mieux c’est qu’il y a avec nous des types du 3ème et 4ème groupe qui ne savent pas où aller eux non plus.

Enfin on fouille toutes les fermes qui ont les portes ouvertes et on finit par trouver un grenier où il y a de la paille à moitié pourrie, on se couche 2 par 2.

 

(*) : A.C.9 : Artillerie du 9e corps d’armée

 

Le lendemain matin, on part et retourne par où on est venu, entre Vrigny et Gueux on rencontre la voiture à viande du groupe qui nous dit que les batteries sont au camp du Vivier.

Alors on repasse à la gare de Muizon et ensuite à un Moulin sur la Vesle, Châlons-sur-Vesle et on arrive au Camp du Vivier auprès de Trigny.

Là, les batteries sont dans des baraquements et les chevaux dans des écuries en planches. L’A.C.9 est en renfort du 7ème corps et on est cantonné avec l’A.C. de ce corps qui est le 47ème, on est très mal nourri et on ne touche qu’un quart de vin et pas de tabac.

D’ailleurs quand on n’est pas à son corps d’armée respectif c’est toujours comme cela.

Les batteries sont en position à l’est d’Hermonville à 200 m du cimetière civil sur le bord du chemin et du ruisseau qui va à la route de Reims à Berry-au-Bac.

 

Les copains me disent en arrivant (tu es dur d’aller à la batterie ce soir), car nous on y va tous les jours depuis que l’on est ici, et en effet le soir même de mon arrivée le 2 avril, après la soupe, je suis commandé pour aller ravitailler, on part à 7h30, on passe à Trigny.

 

On traverse un grand bois dont la route est camouflée et ensuite un petit village et on arrive à Hermonville que l’on traverse jusqu’à la place de la mairie et ensuite on tourne à droite en prenant la route de Cauroy. On ravitaille comme ça tous les soirs 10 à 12 caissons car le secteur est assez calme mais on veut faire une offensive.

Entre Châlons-sur-Vesle, Trigny, le camp du Vivier et Chenay il y a dans cette petite plaine une vingtaine de pièces de 380 et de 400 et dans la région de Gueux c’est la même chose.

 

Dans la nuit du 13 au 14, comme nous étions bien en train de dormir, on vient nous réveiller à 10h en vitesse pour aller ravitailler la 4ème batterie, on se lève en se frottant les yeux et on s’en va bricoler non s’en poser chacun son petit mot de dépit.

On part à 11h moins le ¼, on passe à Châlons-sur-Vesle, gare de Muizon, Muizon, on traverse la grande route de Reims à Soissons et on arrive à la ferme de Vaute où il y a un dépôt de munition formidable.

Aussitôt chargés on part pour la position de la 4ème batterie, on a un peu le cafard car quand on va à une position que l’on ne connait pas on est inquiet et on voudrait être revenu.

 

On repasse par où l’on a été mais en traversant Châlons-sur-Vesle on tourne à droite dans la direction de Chenay, Le fort St Thierry, Thil, Villers-Franqueux et on arrive à la position après avoir tourné à un carrefour sur la place où il y a écrit (gare aux marmites, passez vite !).

 

On décharge les obus en vitesse et on retourne aux échelons à 7h du matin avec une grande envie de dormir.

Les autres jours, on va faire notre plein d’obus, soit à D12, au-dessus de Trigny sur la route d’Hermonville ou à la gare de Prouilly (on les prend dans les wagons).

 

Enfin le 16 avril à 7h du matin, l’attaque se déclenche.

À 8h 1/2 comme on revenait de la batterie, on rencontre des fantassins qui en reviennent déjà et qui ont quelques petites blessures. Ils nous disent que ça va bien.

Les coloniaux qui sont devant nous et qui sont en liaison avec les Russes prennent le fort de Brimont, le perdent, le reprennent et finalement le reperdent.

 

 Enfin, dans ce secteur, ça se calme un peu et le 23 au soir, on nous dit que nous sommes relevés à minuit. On nous commande pour aller faire notre plein d’obus à D12, on passe à Hermonville et à Châlon-le-Vergeur on y passe toute la nuit.

En arrivant aux échelons, on nous dit de ne pas nous coucher parce que l’on part à 8h.

 

Pendant ces 23 jours, on change de capitaine.

Le nouveau, qui suit l’école de guerre est à « cheval sur le service ».

Enfin à 10h 1/2, il donne le signal du départ avec 2 coups de sifflet, après avoir formé la colonne du groupe, on passe à Trigny, Prouilly, Pévy, Bouvancourt, Ventelay.

On prend la route de Montigny et sur la crête avant d’y arriver on tourne à droite dans les champs et on va cantonner dans un bois de sapin.

En arrivant, on installe les toiles de tentes.

 

On y reste les 24, 25, 26, 27, 28 et le 29 au matin, on change les échelons et l’on descend à côté de Romain auprès d’un petit moulin, entre Romain et le Grand Hameau.

Les batteries sont en position à Pontavert depuis le 26 au soir. Pour y aller on passe par Ventelay, Concevreux, Cury-les-Chandardes.

On prend la grande route qui mène à Pontavert et 300 m avant d’y arriver on tourne dans le bois de Beau Marais.

Les batteries sont à l’entrée du bois.

Pour revenir on passe par Chaudardes, on revient à Concevreux prendre la route de l’aller. On peut passer par Romain, Meurival, Muscourt, le pont de Maizy.

On traverse la prairie et on vient prendre la grande route à Cury.

Les échelons ne sont pas trop mal, ce qui nous embête, c’est que la nuit, les avions boches qui vont bombarder Breuil, Courlandon et Fismes passent au dessus de nous et les affûts de nos 75 nous retombent sur la tête. On est obligé de faire des petits gourbis.

Moi, j’en fais un avec un copain, sous un pied de frêne à l’appui d’un talus.

Les batteries restent en position et on prend 6 jours de repos par batterie, car sur les 3, il y en que 2 qui restent en position et une qui est au repos.

 

Vers le 10 juin, les batteries changent de position et se portent 4 ou 5 kilomètres à gauche, c'est-à-dire sur le plateau Triangulaire, au carrefour de la route de Craonnelle et Hurtebise.

Pour y aller, il n’y a que la route, on passe à Romain, Meurival, Muscourt, le pont de Maizy, Beaurieux.

Pour le retour, c’est la même route.

Juillet-août 1917

Les premiers jours de juillet sont affreux, il tombe de l’eau qui envahit les gourbis et les tentes. La position  n’est pas trop mauvaise et il y a de bons abris, mais pour les pièces, il faut aller faire le tour devant la batterie pour les ravitailler.

Les premiers jours on les laisse en bas de la batterie et les servants montent les obus à brassée.

 

Le 6 juillet au soir, on va chercher des obus sur une position du 266e artillerie qui a encore ses pièces en position et qui a reçu ces obus le matin même.

Pendant que l’on fait le chargement, un avion boche vient pondre 2 bombes à côté de nous sur un parc du génie. Le sous-officier VOISINE qui nous conduit, coupe à travers bois et réussit à ne pas se perdre.

On arrive presque directement à la batterie.

On décharge les obus en vitesse et en revenant on boit un quart de bouillon à la cantine gratuite américaine qui est sur la place du bas de Beaurieux.

Le secteur est redevenu un peu plus calme, quoique les boches fassent toujours quelques attaques locales sans trop de fracas.

 

Enfin, le 12, après avoir tant attendu, je pars en permission. Comme toujours, les perm se passent bien et le 23, je me remets sur le départ pour le front avec un petit cafard.

Pendant que j’étais en perm les boches on fait une attaque du côté d’Hurtebise le 13 juillet.

Le 66eme, le 32eme et le 77eme d’infanterie de la 18eme division mon corps d’armée essuient le choc avec beaucoup de pertes et pendant 3 jours Français et Boches sont mélangés à travers les tranchées. Pour tous ces faits d’armes la 18e D.I. à la fourragère au couleur de la croix de guerre.

Nous l’artillerie, on est bombardé avec des gros calibres et en plus de cela, ils sont à gaz. Les batteries ont la moitié de servants qui sont intoxiqués.

 

Vers les premiers jours d’août, on nous parle de la relève et on trouve que ce n’est pas trop tôt.

Depuis 4 mois que l’on est là.

En effet, le 7 au matin, à 6h, on part du bois du Moulin, on passe à Romain, Courlandon, Fismes, Cherry-Chartreuse, Coulanges, Cohan et on cantonne à Sargy.

Nous restons jusqu’au lendemain.

 

On part à 5 h, on passe à Le Charmel, Jaulgonne, Varenne et on cantonne à Moulins, un petit hameau de la commune de Mézy  (entre Épernay et Dormans).

On y passe la journée du 8 et 9 août.

 

Le soir du 9, on part à 7h pour aller embarquer à Dormans à 10h en pleine voie et dans l’obscurité la plus complète.

À minuit, on démarre de la gare et on prend la direction de St Dizier, Toul, Nancy on arrive à Charmes.

On débarque à 4h du soir, le 10 août sur un quai qui fait 1500m de long. C’est fait en 30 mn. On casse la croûte et on fait le rassemblement.

 

À 6h20 départ, on passe dans une forêt et ensuite à St Germain, Lorot, on arrive à Montzey ces deux hameaux forment la commune de Loromontzey.

Nous sommes là pour un nombre de jours indéterminé et les premiers jours on passe les revues habituelles, de chevaux, d’armes, d’harnachement, d’effets de draps et enfin de tout.

 

Enfin, le 24 au soir, le lieutenant PICHOT qui commande la batterie depuis 3 semaines nous rassemble auprès du pont et après nous avoir lu quelques décisions et des notes ministérielles nous dit qu’il prenait définitivement le commandement de la batterie et que l’on partait pour mettre en position le surlendemain 26.

Pendant le temps que nous avons été là, nous avons été faire une promenade à Gerbéviller qui a été complètement détruit par les boches et où il y a eu de sanglants combats en août 1914.

 

Un mardi soir, le général NIESSEL qui commande le 9ème corps nous fait rassembler et nous fait ses adieux en nous disant qu’il est désigné pour aller faire une mission en Russie.

Enfin le 26 au matin on part à 5h ½, on passe à Borville où est la 4ème batterie et à 6h sur la route de Bayon à Baccarat on passe à Rozelieures, Mattexey, Magnières, Saint-Pierremont et on arrive à Domptail.

 

On forme le parc dans un pré avant d’arriver au village et on met les chevaux à la corde entre les voitures. Nos cantonnements sont dans le milieu du patelin, la cuisine et ma pièce se trouvent sous le grenier où l’on couche au moins à 1500 mètres des chevaux.

Moi, comble de bonheur je suis de garde d’écurie le soir et il tombe de l’eau à plein temps.

 

Le lendemain soir les batteries partent pour les positions, on nous fait préparer pour partir, après on nous dit que l’on ne part pas, après que l’on part et finalement on ne part pas.

Le lieutenant PEPIN qui commande les échelons décide de ne partir que le lendemain matin.

 

Le 28 au matin, on part à 6h1/2, on passe à Fontenoy, Glonville, Azrailles et on arrive à Gélacourt.

Là on relève de l’artillerie coloniale et comme ils sont cantonnés dans un bois, car les civils ne veulent pas les voir, nous, on prend leur place.

 

Au bout de 2 jours, le commandant qui aime que les chevaux soient à l’abri réussit à avoir du maire, l’autorisation d’amener ses échelons dans le village. Ma pièce est une des mieux logée, chevaux et hommes sont ensemble car on a un chef de pièce qui est débrouillard à ce point de vue-là et qui n’a pas peur de réclamer.

On fait comme toujours un peu d’installation, d’harnachement et du nettoyage.

Septembre-octobre 1917

Le 1er septembre, je vais à la visite pour le mal de dent et le major me fait un bon pour aller me faire soigner à Baccarat, on me fait un 1er pansement et dois y retourner dans 3 jours.

 

Mais le 3 au soir, on nous dit que les batteries sont relevées et comme on a rendu 2 caissons par Bie, je passe conducteur d’une petite voiture à 2 roues comme les voitures de compagnie d’infanterie.

À 4h on part pour aller chercher les pièces, on passe à Brouville, Reherrey, Montitgny, Ste-Pôle et la Bie est entre Ste-Pôle et St-Maurice.

On revient le soir sur les 8h et le lendemain 4 on part à 5h ½, on passe à Azerailles, Menil-Flin, Chènevières, St-Clément et on cantonne dans les fermes entre St-Clément et Moncel-les-Lunéville.

Maintenant je suis à la 5ème pièce et on se trouve cantonné à la Ferme des Briques en face la route qui va à Fraimbois.

La Bie est dans 3 fermes : ferme de Mississipi où sont le parc et la 1ère section, ferme des Briques où est la 2ème section, ferme des Krats où est l’échelon.

 

Le 5 au soir, je vais à Hériménil au poste du commandant CHÔNÉ, je passe par Moncel-les-Lunéville, la ferme de la Petite Pologne et j’arrive à Hériménil.

 

Tous les jours comme partout ailleurs on fait des promenades et du nettoyage et le 24 on part à 2 heures pour embarquer à Lunéville, sur le quai Sélestat et on part à 5h pour une destination encore inconnue.

 

Enfin le 25 au matin, en passant à Villers-Cotterêts, on nous dit que l’on débarquait à Berzy-le-Sec, mais en y passant on ne s’y arrête pas car c’est encombré et on va pour débarquer à Soissons, et en arrivant là on nous dit que la gare est encombrée et même que les boches l’ont bombardée le matin avec du 380.

 

Alors le commissaire de gare nous envoie pour débarquer à Mercin-Pommiers.

En arrivant il n’y a qu’un pont et on met 5h pour débarquer et après on part à Pommiers où l’on cantonne dans un bois au-dessus de la sucrerie. Il y a des baraques pour le logement des hommes.

 

Le 26 au soir, on va reconnaître les positions et le 27 au matin on va mener les servants à la position, on part à 5h, on passe à Pommiers, Cuffies, Vauxrot, Crouy, Bucy-le-Long, Ste-Marguerite, Chivres et les batteries sont avant d’arriver à Nanteuil-la-Fosse entre Nanteuil et Sancy.

On revient et à 2h on emmène les échelons entre Bucy-le-Long et Crouy dans un bois à moitié pente d’une crête et on met les chevaux dans un chemin creux et on les mène à l’abreuvoir à Bucy.

On est là en renfort du 14ème corps et notre colonel (le colonel CAMBURZAT) a le commandement de quelques Bie en bois, c’est le colonel d’un autre régiment qui nous commande.

On améliore les positions et on y mène pas mal de munitions car on veut faire une attaque. Tout le long de la route de Chivres à Nanteuil ce n’est qu’’une bordure de grosse pièces de tout calibre.

 

Dans les 1ers jours d’octobre on nous dit que l’on va toucher la prime de combat, depuis si longtemps que le lieutenant-colonel ROUSSET en parle dans le petit Parisien. (*)

 

(*) : Le Petit Parisien est un ancien journal français qui a existé de 1876 à 1944.

On peut consulter tous les numéros sur Gallica : >>>  ici  <<<

 

Enfin on nous dit que l’attaque est pour le 12 octobre, ensuite elle est remise au 20 et dans ces jours-là les boches viennent brûler une saucisse qui est au-dessus de nous et elle tombe sur les écuries de la 1ère section.

L’attaque est mise au 21 et elle se fait enfin le 23 à 5h du matin et à 9h on voyait déjà passer les prisonniers, des jeunes et des vieux tous mêlés ensemble.

 

À midi on nous commande pour aller ravitailler à Z 3, c’est un dépôt qui se trouve auprès de Leury, on passe à Crouy, Vauxerot et là on prend la grande route de Soissons à St Quentin et on arrive à Z 3.

Il tombe de l’eau à plein temps, enfin après 1 heure d’attente on charge nos caissons et on va directement à la batterie, on passe à Clamecy, Vuillery, Margival, on passe auprès de l’usine du Moulin Rouge de Montrouge, là on traverse la route de Soissons à Laon et on prend une petite route qui va directement à Nanteuil et de là aux batteries ; après avoir déchargé les caissons on reprend la route de Chivres et les servant nous disent que l’on a avancé de 6 km.

 

Le 24 au soir comme les pièces ne peuvent plus tirer, on va les avancer on passe à Nanteuil et on prend une route qui est orientée dans la direction de la Malmaison et arrivé sur la crête on passe auprès d’un tank qui est resté en panne et on tourne à gauche complètement, on traverse les tranchées boches où il y a pas mal de cadavres boches qui ont été tué par les marmites et crapouillot, ensuite on prend la grande route de Soissons à Laon et on mène les pièces sur le bord de cette route auprès d’un ravin.

Les servants fond la cuisine en plein air et couchent sous la toile de tente, on ne fait même pas de réglage de tir car on attend des ordres et le lendemain 25 on est commandé pour aller avancer les pièces.

 

À nouveau on passe au Moulin de Laffaux, le Château de la Motte où il y a des monceaux de cadavres boches et Français, car là la lutte a été sanglante et ensuite on suit la route de Pinon jusqu’à la forêt de Pinon et on met les pièces à la lisière, comme toujours il n’y a rien pour les abriter et de maigres gourbis ; là comme à la position précédente on ne règle pas sans avoir des ordres.

 

Enfin le 29 au soir on commande tout le monde pour aller relever la Bie à 2h du matin, aussitôt rendus, les servant qui on apprêté tout le chargement est vite fait et à 4h on reprenait la route des Échelons (*) où on arrivait à 6h.

On prend le café et on nous dit que l’on retourne à notre ancienne position les Échelons qui étaient à Bussy et à 8h on partait.

 

(*) : Les Échelons sont à gauche de Nanteuil au-dessus de Vuvenil.

 

Dans la nuit les boches étaient venus lancer des bombes sur les cantonnements en bas des nôtres et avaient tué : 19 chevaux et deux hommes et blessé une dizaine d’hommes.

Moi après avoir été relevé la Bie avec ma voiture et amener tout le matériel, là sans dételer on me commande pour aller chercher d’autre matériel qui reste à Vuvenil ; alors je demande à changer de chevaux car les miens sont vannés.

Aussitôt revenus on mange la soupe et on fait le chargement complet pour partir le lendemain matin.

Novembre-décembre 1917

En effet le 1er novembre on part à 6h ½, on passe à Crouy, Vauxerot, Cuffies, Pommiers, Mercin, Pernant, Ambleny, Ressons-le-Long et on arrive à Montigny à 4h ½.

Les chevaux sont à la corde et dans les cantonnements il n’y a pas de paille.

 

Le lendemain 2 on part à 5h ½, on passe à Courtieux, Jaulzy, Croutoy, Hautefontaine, Chelles, St Etienne, Pierrefonds, Morienval, Fresnoy-la-Rivière, Béthancourt, Gilocourt, Béthisy-Saint-Martin, Béthisy-Saint-Pierre et on arrive à Saint-Sauveur.

Là on met les chevaux dans une ancienne usine de brosse baptisée : « la petite Bastille », ce jour-là on a fait une étape de 40 km et on est vanné et les chevaux aussi.

 

Le soir, un cheval est mort de coliques (je cite ce cas, parce qu’il était à la batterie depuis le début et qu’il avait la colique assez souvent). On couche dans un petit local à côté des chevaux, mais il n’y a pas de paille.

 

 Le lendemain 3, on reste 4, 2 maréchaux, moi et un téléphoniste pour dépouiller le fameux canasson, on ne peut partir qu’à 9h.

On prend la route de Saintines, on passe à Verberie, Rhuis, Pompoint, Pont-St Maxence, Beaurepaire, on cantonne à Verneuil. Le maréchal en pied qui nous conduisait nous ayant payé pas mal de petits verres, on est pas mal éméché en arrivant. Les chevaux sont à la corde, qui est attachée aux caissons.

On est cantonné dans une grande ferme à l’entrée du village.

 

 Le lendemain 4, on part à 5 h.

On passe à Creil, Montataire, Magenta et on arrive à Cramoisy. Les chevaux sont dans une ancienne carrière de pierre tendre et chaque pièce a à peu près son petit logement à part.

Le soir, le capitaine nous rassemble et nous dit que l’on est ici pour 4 ou 6 semaines et que l’on vient ici pour rendre les chevaux et toucher des tracteurs. Il nous dit que ceux qui veulent conduire des tracteurs n’ont qu’à se faire inscrire des le lendemain matin.

Moi, n’étant pas ennemi de la mécanique, je me fais inscrire pour l’apprentissage.

 

Le 10 au matin, un dimanche on embarque la moitié des chevaux et on part à 11 h.

On touche du pain, des sardines, du singe, du fromage, du pinard et 4 le tout pour 4 jours de voyage. On nous dit que l’on doit aller soit à Lunéville ou à Belfort.

Finalement à Port d’Atelier, le premier groupe nous quitte et est dirigé sur Belfort , nous sur Bruyère.

On arrive à 11 h du soir.

Le matin à 7 h, on vient nous réveiller dans les wagons où l’on dormait bien quoique ayant les pieds gelés. On débarque les bourrins et on les conduit vers une caserne au dessus de la gare où il y a un hôpital pour les chevaux.

Le capitaine de cette remonte nous les passe tous en revue les uns après les autres.

Ensuite, on nous fait ramasser les brides, les licols et les couvertures que l’on avait emportées sans en avoir besoin. En revenant dans des wagons de voyageurs, cela n’est bon qu’à nous embarrasser pour changer de train.

D’abord à Epinal, Port d’Atelier, Noisy-le-Sec et Creil.

Nous arrivons à 10 h du soir et l’adjudant trompette DEYSLAS qui commande le détachement demande 1 homme par batterie pour garder le matériel que l’on rapporte et comme par bonheur ça tombe sur moi.

Cela fait que je passe la nuit et je m’en vais me coucher dans un abri destiné aux permissionnaires.

 

Le lendemain matin, un fourgon vient chercher tout ce matériel et je vous promets qu’il est chargé.

À 10 h, on arrive à Cramoisy et après avoir mangé la soupe, je m’en vais au bureau pour voir si je pars bientôt en perm ; et en effet, on me dit que je pars le soir même. Cela me fait plaisir sans trop me contenter.

Quand je serai rendu chez moi, cela fera 7 nuits passées dans le train sans repos.

 Mais je ne la refuse pas quand même ma permission.

 

Je pars le 16 au soir et arrive chez moi le 18 au matin.

Je passe une bonne perm.

 

En rentrant, j’apprends que je suis passé à la 8eme batterie du 49eme artillerie.

Capitaine PICHOT, Lieutenant KELLER et Aspirant TURST, Adjudant CATIN et Chef LECOMTE. Je suis affecté à la 3eme pièce et mon chef de pièce me dit, que je serai soit cycliste ou cuisinier.

Je demande à l’adjudant qu’il me propose comme cycliste au capitaine et je suis accepté.

 

Je commence mon service le 3 décembre 1917. Pendant ma perm. on m’a barboté 2 couvertures et heureusement qu’il y a des copains en perm. Alors je me couvre avec leurs couvertures.

On touche nos tracteurs (*) les premiers jours de décembre. Les voitures pour les officiers n’arrivent que le 5. On fait des manœuvres pendant ces jours là et toute la fin du mois.

 

(*) : Les chevaux qui tirent les canons sont remplacés par des camions qui « tractent ».

 

Moi, étant cycliste en pied car il y en a 2, le capitaine me désigne pour apprendre la moto car il y a un motocycliste par batterie et en 3 fois, je suis capable de conduire.

1918

Janvier-juillet 1918

Le 6 janvier 1918, on part à 7 h.

On se rassemble à Magenta, Montataire, Creil, Verneuil, Beaurepaire, Pont St Maxence, Pompoint, Rhuis, Verberie.

On doit embarquer, on laisse le matériel à la gare et l’on va se coucher à St Sauveur où l’on avait déjà cantonné.

En venant, on fait la cuisine dans un petit bistro qui est tenu par des réfugiés. On n’est pas trop mal, on couche dans un grenier au dessus et moi je vais coucher à l’infirmerie du cantonnement avec 2 brancardiers et un téléphoniste.

Comme il y a de la neige et qu’il fait un froid terrible, on fait brûler les bancs, on se repose bien.

 

Le lendemain, on part à 8 h pour aller embarquer le matériel.

On part à 2 h de l’après-midi et le lendemain on débarque à St Clément à 4h

S’en va cantonner à Azerailles où l’on a déjà passé la 1ère fois que l’on est venu en Lorraine, on passe à Chennevières, Ménil-Flin et Azerailles, on y arrive à minuit.

 

On y reste jusqu’au 11 et à midi on va mettre en position sans mener les pièces car on prend les pièces du 252ème artillerie, on passe à Gélacourt, Brouville et Vaxainville, là on met en position dans un petit bois entre Vaxainville et Mignéville.

Le poste du commandant DUC (surnommé Icare) est à Montigny.

Les officiers ont tous des surnoms : le capitaine PICHOT s’appelle « Innocent », le lieutenant KELLER s’appelle « Ignace », tous les officiers du groupe leur surnom commence par un I.

Moi je suis affecté à la 1ère pour faire la liaison entre le commandant et la Bie et je m’en vais à Montigny en subsistance au groupe.

 

Le 16 on fait un coup de main et on fait 100 prisonniers et le 18 au matin on s’en va à Mignéville, mais il n’y a pas de position de faite et les servants vont en commencer une.

 

Dans la nuit du 18 au 19 le mal d’oreille me prend et je ne peux plus y résister, au matin le major me fait mettre de la glycérine froide dans l’oreille gauche et le 19 au soir j’ai toujours le mal de tête.

La nuit je la passe comme l’autre et le 20 au matin le major me dit : puisque l’on est relevé quand on va être aux Échelons, j’en ai pour 5 minutes à te faire passer ton mal d’oreille.

Mais en arrivant à Azerailles les officiers du groupe font le projet d’aller déjeuner à Lunéville et le major ne s’occupe plus de moi alors je vais à la visite et le major du 252ème qui passe la visite me fait prendre ma température et comme j’ai 38°6 de fièvre il m’évacue en mettant sur mon billet d’hôpital (non imputable au service)

À 1h de l’après-midi, je partais dans un fourgon.

 

En arrivant à Baccarat, je passe une visite à l’H.O.E. qui me dirige aussitôt sur le centre d’O.R.L. de Rambervillers et on prend une auto qui nous y mène, on y arrive à 5h, mon mal d’oreille ne se passe toujours pas et le lendemain matin on me fait un lavage d’oreille et on m’y met de la glycérine chaude.

 

5 ou 6 jours après on m’incise un petit furoncle du conduit et je ne peux pas manger de pain, je suis aux œufs et au lait.

On m’extrait 2 polypes et avec beaucoup de souffrance et enfin le 22 comme je ne suis pas guéri le major me fait marquer sur la liste pour l’intérieur et le 24 au matin, je prenais le train sanitaire qui nous conduit à Charmes et là à 11h on partait à Neufchâteau.

On complète le train et on file sur la 16ème région.

 

Le 26 au matin, on arrive à Perpignan et à la gare, sans nous trier on m’expédie à l’hôpital du Sacré-Cœur, cela fait 3 jours que mon pansement n’est pas changé.

 

Le 27 la même chose, le 28 aussi, le 29 et le 30 on décide de m’envoyer à l’hôpital du St Sacrement, je le regrette beaucoup car au Sacré-Cœur on était comme des pigeons mignons ; enfin le 1er au matin j’arrive à 9h au St Sacrement et le Major me passe la visite et décide de m’envoyer illico sur le Centre Régional qui est à Montpellier pour faire opérer.

 

Je prends le train à 4h56 du soir et à 11h j’arrive à Montpellier et le lendemain matin je passe la visite devant le Médecin chef qui décide de m’opérer le soir même et à 3h20 je montais sur le billard et j’y restais jusqu’à 4h moins 10, avant que l’on commence à m’endormir pendant l’opération je ne sens rien et c’est la Sœur Angélique qui m’a endormi et le Médecin chef Seigneurin qui m’a opéré.

 

À 7h10, je me réveillais dans mon lit et je ne pouvais pas remuer la tête même en y mettant les mains, je suis allongé dans mon lit sans traversin et je demande un oreiller mais on me dit que l’on m’en apportera un à 9h.

On me questionne et je réponds sans perdre la tête.

 

Le lendemain on ne me fait pas de pansements, le 4 on m’enlève les mèches qui sont un peu colées au fond du conduit de l’oreille et ensuite on me fait couler de l’Ambrine chaude dans l’oreille et je fais fortement la grimace, on m’en met comme cela pendant 5 jours et le 9 on me met des mèches à l’alcool Borique et ça pique fortement, comme cela pendant 3 jours et le 12 on recommence à mettre de l’Ambrine.

Ensuite on me fait enlever mon pansement un jour et je dois avoir attrapé froid car le lendemain j’avais la tête enflée et on recommence à mettre un pansement chaud et au bout de 4 jours le médecin chef tombe malade ; je suis soigné par le médecin major de 2ème classe Sagols qui lui parle de me présenter au professeur Mouret.

 

Enfin le lundi 15, le médecin-chef reprend son service mais il n’est plus médecin-chef car il trouve que ça le fatigue trop ; lui me remet un drain dans la cicatrice pour faire couler le pu de la partie enflée et il me l’enlève le lundi 22 et me met de la poudre.

 

Je suis à l’hôpital général, service Mouret, salle 5, Montpellier (Hérault).

Le même jour le Major SEIGNEURIN me demande si je veux bien l’aider à faire ses pansements le temps que son aide aille passer une convalescence ; ça me fait plaisir et même me donne une distraction.

 

Je fais ce travail en ayant des permissions tous les dimanches jusqu’au 4 juin croyant ne plus continuer, mais le médecin-chef propose celui que je remplace pour Balaruc-les-Bains.

 

Vers le 15 juin, j’ai une angine qui me monte jusqu’à 40 et même plus de fièvre, heureusement que mon camarade n’est pas parti et il me remplace.

Mon oreille droite se met à couler elle aussi, mais ce n’est rien.

 

Enfin le 1er juillet après 2 semaines de repos, je reprends mon travail à la salle d’opération.

 

 

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