Publication :
Octobre 2006
Mise
à jour : Avril 2026

Alexandre
LUCAS caporal au 230ème régiment d’infanterie territoriale
Prologue
Guillaume PORCHET nous dit en février 2006 :
« Bonjour. Je suis en train de
dépouiller les archives familiales qui se trouvent chez ma grand-mère. Par
chance, notre famille ne jette rien à la poubelle et j'ai pu retrouver 570
cartes postales datant de 1910 à 1930 dont 95% de la première guerre mondiale
(grâce un ancêtre, Alexandre LUCAS étant stationné à Paris et à l'arrière des
lignes) en plus de lettres d’un autre ancêtre, Henri TRISTAN, très émouvantes (d'un navire coulé par
un U-Boot). J'ai remarqué une ou deux cartes postales de régiments et des
cartes postales de villages détruits. Je vous en ferais part dès que je les
aurais scannés (je ne vous promets pas d'être rapide). Je salue votre énorme travail
; grâce à lui j'ai trouvé des renseignements sur les parcours de quelques
ancêtres. Je n'ai pas fini de récolter les informations de base concernant tous
mes parents qui me permettraient d'approfondir mes recherches.
Dites-moi ce que vous en pensez. Je vous
tiens au courant. Salutations »
Guillaume, ton mail ne fonctionne plus : prière de me faire connaitre le nouveau. Merci
![]()
Contacts avec des internautes depuis la mise en ligne
(en 2006) :
Contact
avec Nathalie NOËL en juin 2013 :
« Monsieur. Responsable du service
éducatif des archives de l'Essonne, je prépare actuellement des dossiers
pédagogiques sur la 1 GM. J'ai noté qu'Alexandre Lucas avait séjourné en
"Essonne" en février 1916 à Briis-sous-Forges, à ce titre je souhaiterais pouvoir utiliser le
récit de ce soldat avec des classes. Pourriez-vous me communiquer les
coordonnées des ayants droits.
Je vous en remercie, Bien
cordialement. »
Contact
avec Savin YEATMAN-EIFFEL en octobre 2021 :Nathalie NOËL en juin 2013 :
« Bonjour. Auteur-réalisateur je
m'intéresse dans le cadre d'un documentaire aux travaux de l'ingénieur français
Amédée Sébillot. Une des cartes postales mentionnée
sur votre site dans la correspondance d'Alexandre Lucas s'y rapporte : La
Tour de 500 mètres de Montmartre, projet Amédée Sébillot
pour l'exposition de 1920 (en fait de 1900) - Paris le 1er novembre 1915.
Avez-vous par hasard l'original de cette
carte postale ? Serait-il possible que vous me fassiez parvenir un scan de la
tour représentée au recto de cette carte ? Si je connais bien ce projet de
tour, jamais construite, je n'en ai encore jamais trouvé d'illustration. Merci
par avance de votre retour. Bien à vous. »
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Remerciements
Merci à Guillaume pour ces
cartes-postales.
Merci à Philippe S. pour les
corrections éventuelles et certaines recherches.
Nous avons ajouté du texte en bleu pour la compréhension de certains termes
et pour aller « plus loin » dans l’analyse du récit. Pour
une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des chapitres, sinon le reste
est exactement conforme à l’original.
![]()
Introduction
Alexandre Victor François LUCAS est né août 1873 à Saint-SIGISMOND (Vendée). À son incorporation, en novembre 1894, il déclare être ‘’ cultivateur ‘’. Il est affecté pour son service militaire de deux ans au 137ème régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte. En août 1914, il est affecté au 67ème régiment d’infanterie territoriale (qui n’est pas son régiment d’affectation régional, le 84ème régiment d’infanterie territoriale), car il vient de changer de domicile et habite dans les Deux-Sèvres à Coulon. Ce 67ème régiment d’infanterie est basé à Courthenay (Deux-Sèvres).
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Rappel : Ces cartes furent envoyées
à sa famille. Sont présents seulement les renseignements relatifs au régiment
et au déroulement de la guerre. Toutes les autres postales, d’ordre privé, ne
sont pas reproduites.
Listes des cartes postales
avec :
--Au recto : La description
de la carte
--Au verso : la date et
l’éventuelle correspondance.
Attention : un lieu décrit sur une
carte ne veut pas dire qu’à cette même date le régiment s’y trouvait. En effet,
Alexandre LUCAS peut avoir acheté ces cartes et les envoyer d’une autre région
géographique.
Parthenay – Coiffe de Parthenay, dite
« La Gatinelle »
Parthenay le 29 novembre 1914
Parthenay – Entrée de la Ville
Parthenay le 15 décembre 1914
L’armée indienne à Orléans
Parthenay le 3 janvier 1915
Vie militaire – Pendant les manœuvres – Une
cantine
Parthenay le 4 février 1915
"Je
viens dire tout simplement que nous avons tout versé ce matin excepté la
capote, la veste et le pantalon rouge et nous partons 90 de la classe 93 à Bressuire
ce soir par le train de 2 heures, et deux compagnies doivent être formées sur
pied de guerre d’ici peu.
On a
l’air de dire que nous avons de la chance de partir à Bressuire, à présent
c’est tout ce que je puis vous dire jusqu’à nouvel ordre."
Bressuire (Deux-Sèvres) – Les Halles
Bressuire le 20 [février 1915]
"Un
petit mot, je suis arrivé à bon port hier soir à mon poste et ce matin je suis
commandé pour aller surveiller les boches, alors je ferme mon carnet et à onze
heures je termine, après avoir vu les amis, tous sont en bonne santé, et qui
s’en vont en permission de 24 heures, Babin,
Veillat, Caquineau.
Pour
les permissions de 15 jours au lieu de 60, il s’y en trouve que 18 qui ont tiré
au sort et on critique fort."
Bressuire (Deux-Sèvres) – Le Théâtre et la
Mairie
Bressuire le 22 février 1915
Guerre de 1914 – Cathédrale de Malines –
Après le bombardement
Bressuire le 25 février 1915
Bressuire – Route de Nantes
Parthenay le 2 mars 1915
"J’étais
de garde à la poudrière et on nous avait dit hier que nous devions partir
samedi mais à 2 heures des hommes pères de 6 enfants et plus sont venus nous
relever.
En
arrivant nous avons versé notre équipement et armement et on nous dit que nous
partons pour Parthenay demain mercredi vers 10 heures, ceci était prévu, je
vous ai bien dit que quand la classe 1891 serait rentrée nous quitterions
Bressuire."
Bressuire – Le Clocher de l’Église Notre-Dame
(Style roman, XII° siècle)
Parthenay le 4 mars 1915
"Je
suis donc installé à Parthenay une seconde fois et je suis en excellente santé.
La
classe 91 s’installe et déjà trois détachements vont se former dans cette
classe pour partir soir sur les voies soit dans d’autres dépôts.
Hier
on disait que la classe 93 devait partir à la date du 16 au camp de Richard en
Touraine mais ce n’est point officiel et nous avons aucun ordre."
Chinon – Le Château – Ruines
de la Salle du Trône
Le 17 mars 1915
"Arrivé
à Chinon à 3 heures. LUCAS 67ème Territorial près Chinon, 13ème compagnie."
THOUARS (Deux-Sèvres) – Château des Ducs de
la Trémoïlle
Cravant le 18 mars 1915
"Nous
sommes dans un endroit où les correspondances ne vont pas vite pour nous car
nous les recevons pas si vite qu’à Parthenay.
LUCAS
67ème Territorial 13ème compagnie, classe 93, à Cravant par Chinon, Indre et
Loire."
TOURS – Intérieur de la Basilique St Martin
Chinon le 21 mars 1915
Environs de Chinon – Château de Sounay – LL
Cravant le 22 mars 1915
"Lucas
67ème Territorial 13ème compagnie, Cravant"
D-B. Thouars (D.S.) – Eglise Saint-Laon (XI° siècle) – Le Tombeau
de Saint-Laon
Cravant le 6 avril 1915
"J’étais
arrivé ce matin à mon poste à 4h après avoir comme je vous l’avais dit passé la
nuit sans dormir et je n’étais pas seul car ce sont des lignes très
fréquentées."
Lucas
67ème Territorial 13ème Cie Cravant
AZAY-LE-RIDEAU – Entrée du Château
Cravant le 12 avril 1915
"Je viens dire que je suis en bonne santé, que le temps est assez
chaud et nous avons eu quelques orages épars qui nous ont donné de la grêle. La
Vienne a débordé vendredi et samedi et maintenant elle diminue vite, ce sont
des crues vite venues et vite parties.
Tu excuseras mon griffonnage, je suis pressé car nous allons déguster
des truites qu’un camarade a apportées de chez lui hier. J’ai vu Célestin hier,
nous avons trinqué ensemble en fumant la bouffarde. "
L’Ile Bouchard (I. et L.) – Les deux Ponts
Cravant le 16 avril 1915
"Je suis à Chinon ce matin. "
CHINON – La Statue et le Jardin de Rabelais –
LL
Cravant le 22 avril 1915
CHINON – La Tour du Moulin, le mur Romain et
la Vallée de la Vienne
Cravant le 26 avril 1915
L’ILE BOUCHARD (I. et L.) – Entrée du Château
du Temple
Cravant le 27 avril 1915
"Il fait de l’orage et il tombe de gros grêlons mélangés d’eau. Heureusement
que le brouillard ne dure pas trop longtemps car nous serions dans l’eau à
défaut d’évacuation."
L’Ile Bouchard (I. et L.) – L’entrée du
château du Temple (Côté intérieur)
Cravant le 29 avril 1915
"Ce matin comme je l’ai dit hier à ta maman je suis allé à Chinon
et j’ai constaté les dégâts de l’orage d’hier au point de vue de la
grêle."
Deux-Sèvres – 45 – REFFANNES et
MENIGOUTE : Coiffe dite « La Malvina »
Parthenay le 13 mai 1915
Parthenay Vue générale de la Tour de
l’Horloge (9e édition)
Parthenay le 19 mai 1915
"Ce soir le détachement de Poitiers qui vient nous rejoindre, se
forme avec nous pour un départ prochain.
Quelques uns dans les employés sont partis ce matin à Châtellerault, le
chef de bataillon aussi et voilà pourquoi nous sommes sur le qui-vive."
Parthenay – Coiffe de Parthenay dite
« La Gatinelle »
Cormery le 25 mai 1915
"On
nous dit que nous ne serons pas très longtemps là ; mais je crois bien que
personne ne le sait encore bien que ce ne soit pas facile que nous restions
longtemps, il n’y a point d’endroit là pour faire beaucoup d’exercice et je ne
crois point aussi que nous soyons pour aller en danger tout de suite.
Nous
formons un 5ème Bataillon du 69ème et ce n’est pas le premier à marcher. "
Parthenay – Rue Bel-Ange
Cormery le 1er juin 1915
"Adresse :
69ème Territorial 18ème Compagnie 3ème Section Cormery,
Indre et Loire"
CORMERY – Moulin sur l’Indre – LL
Cormery le 5 juin 1915
"Je viens sur cette carte t’annoncer mon départ de Cormery. Nous devons partir demain 6 vers deux heures et on
ne sait où, des que je le saurais, je le dirai."
CORMERY – Moulin sur l’Indre – LL
Cormery le 6 juin 1915
"Environ
une heure avant de quitter Cormery, je t’envoie mon
cantonnement sur L’Indre. Nous partons par un beau temps.
Il
paraît que l’on va du côté de Paris mais personne ne peut l’assurer."
TRUYES (Indre et Loire) – Fabrique de cartons
(Côté Sud) – LL
Courbevoie le 12 juin [1915]
"Nous avons traversé aujourd’hui le bois de Boulogne pour aller au
tir."
TRUYES (Indre et Loire) – L’Église et la
Place – LL
Courbevoie le 13 juin 1915
Paris – La Seine et le Pont Alexandre
Courbevoie le 18 juin 1915
Paris – Jardin des Tuileries
Courbevoie le 20 juin 1915
Paris – Les Invalides – La Chapelle
Courbevoie le 23 juin 1915
Paris (8° arrt) –
Place de la Concorde
Courbevoie le 29 juin 1915
Courbevoie – Caserne du 119ème de ligne – Cour principale- Bâtiment B
Courbevoie le 4 juillet 1915
Paris – Notre-Dame – Façade
Saint-Denis le 26 juillet 1915
"On nous a sonné le réveil à 3h et aussitôt le lever on nous
annonce le départ de Courbevoie pour six heures et avant d’avoir préparé tout
son ménage et charge, les camions des effets et équipements des permissionnaires,
nous sommes arrivés au fort de l’Est et avant de manger la soupe, premier
instant dont je dispose, c’est pour vous renseigner de ma situation toujours
bonne."
L’Abbaye de Saint-Denis – Le Chœur
Saint Denis le 29 juillet 1915
"Nous sommes donc dans un fort, 3 compagnies
et le reste, c’est à dire l’autre compagnie se trouve détachée à Saint Denis
même."
Saint-Denis – La Gare
Saint Denis le 8 août 1915
"A mon réveil nous allons donc au tir tout de suite et comme il
n’y a pas de lever après 9 heures le dimanche, je mets à la boîte cette carte
avant mon départ."
Saint-Denis – Le Square Thiers – LL.
St Denis le 9 août 1915
"On compte s’en aller mais on ne sait rien et on parle encore de
déménagement, ce qui pourrait bien être aussi."
Saint-Denis – La Caserne – J. F. (écrit par
A. Lucas : « où logent les Zouaves »)
Saint Denis le 27 août 1915
"On nous parle aussi de changer de régiment, comme je ne puis rien
affirmer, je préfère me taire.
Nous devons paraît-il passer la revue du général dans les premiers
jours de septembre. Former un régiment nouveau, prendre possession d’un drapeau
et ensuite rester au fort ou aller ailleurs. Déjà y en a t’il qui attendent que
tout soit en place pour partir en permission encore. Personne ne s’en
lasse ; mais je crois bien que d’ici quelques jours on ne peut pas trop y
compter."
Nota : Le 230e RIT est nouvellement formé en août 1915. Il est
composé de l'état major et de la compagnie hors-rang du 30e RIT, du 6e
bataillon du 30e RIT, du 5e bataillon du 69e RIT. le
dépôt de rattachement est chartres
Abbaye de Saint-Denis – Les Tombeaux, Nef de
gauche
Saint Denis le 4 septembre 1915
"Nous partons demain matin à 6 heures pour Tremblay-les-Gonesses,
Seine et Oise, pour huit jours. Je crois qu’on retournera au fort de l’Est
parce que nous faisons un petit ballot du surplus de linge que l’on retrouve en
trop qui est mis sous clef au magasin de la Compagnie."
Tremblay-lès-Gonesse (S. et 0.) – L’Eglise
Le 8 septembre 1915
"Nous ne sommes pas bien loin d’où l’ennemi, ou plutôt la première
patrouille de Hulans est venue l’année dernière à pareille époque."
Saint-Denis – L’Église neuve, l’Abside
Tremblay le 9 septembre 1915
Abbaye de Saint-Denis. Tombeau de François
Ier et de Claude de France
Saint Denis le 12 septembre 1915
"Il est 11 h ½,
j’arrive au fort de l’Est et on nous donne connaissance du
rapport qui concerne alors les permissions et on demande les noms des permissionnaires
qui sont propriétaires exploitants, fermiers ou ouvriers agricoles et alors 20%
des deux premiers cas et 5% des derniers doivent être accordées ! "
Paris. Hôtel des Invalides, le Tombeau de
Napoléon Ier
Saint Denis le 14 septembre 1915
"J’arrive du Fort de Vincennes, nous avons fait 32 kilomètres pour
visser notre fusil, à présent je ne puis point te dire ce que nous touchons
comme fusil mais ce fusil ne doit pas nous entraîner en danger, c’est le fusil
chargeur nouveau modèle qui ne s’emploie pas sur le front.(*)
Nous devons passer deux ou trois revues demain jeudi et vendredi, nous
avons la fameuse reconnaissance du Drapeau à la Caserne de Tourelles."
(*) : C'est exact, le journal du
230e RIT indique bien l'échange de fusil modèle 1874, contre des fusils à
chargeurs modèle 1907-1915. " Les
fusils modèle 1874 devront être, avant leur versement, nettoyés et graissés
soigneusement. "
Paris – Le Palais de la Bourse
Fort de l’Est, le 16 septembre 1915
"Il est 7 heures et je n’écrirai peut-être pas demain pour cause
de la fameuse revue à l’Esplanade des Invalides qui avec la marche nous prendra
une partie de la journée." (*)
(*) : C'est exact, le journal du
230e RIT indique bien l'événement de la remise officielle des drapeaux des 230e
et 237e régiments territoriaux, en présence du président de la république, sur
l'esplanade des Invalides. L'organisation y est décrite minutieusement.
Abbaye de Saint-Denis – Statue de
Marie-Antoinette
Paris le 5 octobre 1915
"Je viens dire que mon voyage s’est bien passé et ce matin nous
avons été commandé de bonne heure pour rendre les honneurs à un lieutenant mort
à l’hôpital et de là nous l’avons conduit à sa dernière demeure après avoir
traversé Paris par l’Étoile, le Trocadéro, la Tour Eiffel et la Grande Roue, ce
qui nous a pris toute la matinée et après avoir mangé un peu, nous avons
ensuite fait de l’exercice de parade.
Je crois que notre temps sera pas mal employé aussi dans Paris.
Ce soir, il part 29 permissionnaires de 15 jours. "
Paris – Le Pont Alexandre III – LL
Paris le 7 octobre 1915
"Toujours de la parade, de la propreté et de la musique pour les
défilés et cela assez souvent. "(*)
(*) : Durant cette période, le
régiment est souvent employé dans les gares pour les évacuations de blessés du
front.
Paris – le Pont de la Concorde et la Chambre des
Députés
Paris le 9 octobre 1915
Paris – L’Hôtel de Ville et le Pont d’Arcole
Paris le 11 octobre 1915
"Je viens dire que nous partons demain matin, en marche manœuvre
de 48 heures, vers 5 heures. Nous sommes ce soir par un temps de brouillard qui
doit vous donner de l’eau et le temps est chaud malgré tout.
Nous emportons de quoi faire le pot bouilli en campagne et nous allons
être assez chargé."
Paris. – La Conciergerie
Paris le 13 octobre 1915, 6 heures du soir
"J’arrive de la fameuse marche dont je vous ai parlé lundi soir.
Je n’avais encore pas été tant fatigué, nous avons manœuvré hier soir de midi à
4 heures et nous sommes arrivés hier soir au cantonnement à 5h ½.
Je suis allé au campement avec le fourrier pour trouver le logement des
hommes de la compagnie, et distribuer l’ordinaire, enfin on a mangé à 8 heures
et demie et ensuite on a été se coucher.
Ce matin on est parti du Chevreau près de Versailles et après avoir
fait la manœuvre jusqu’à 10 heures, on est ensuite arrivé auprès de la forêt de
Meudon où on a fait le café et posé d’une heure, nous sommes repartis ce soir à
midi et ½ et à 4 heures et ½ nous arrivions au Bastion 51, ce bastion nous
tardait à arriver."
Paris – Panorama vers la Place de la Concorde
et la Seine
Paris le 18 octobre 1915
Photo du régiment en train d’éplucher des
pommes de terre
Paris le 22 octobre 1915
Du Sacré-Cœur de Montmartre, Je vous envoie
ce souvenir
Paris le 26 octobre 1915
Paris – La Fontaine des Carpeaux
Paris le 29 octobre 1915
La Tour de 500 Mètres de Montmartre – Projet
Amédée Sébillot pour l’Exposition de 1920
Paris le 1er novembre 1915
Paris – Jardin du Luxembourg – La Fontaine de
Médicis
Tremblay le 2 novembre 1915
Siège de Paris (1870-71) Montmartre – Bal du
Château-Rouge
Paris le 2 novembre 1915
"C’est par un temps très pluvieux que je t’écris ces mots qui sont
simplement pour te tranquilliser. Nous sommes tous prêt à partir à Tremblay.
Je t’écris le soir de la Toussaint mais je date ma carte du 2 car elle
ne partira pas ce soir. Je vais donc me coucher, il est 9 heures et quand je
vais me réveiller certainement, il faudra se préparer à partir. "
Paris –
Salle Wagram. ND Phot.
Paris le 12 novembre 1915, 8h du soir
"Je viens dire que nous sommes dans le bois et ce n’est que des
allées où en temps de paix, c’est un dressage de chevaux de course, nous sommes
logés dans des boxes où doivent loger ces chevaux de course, attenant au parc
qui tient de St Germain, ce n’est que chalet et villa qui sont bâtis de
distance en distance accompagné de dix à vingt boxes et aujourd’hui les trois
quarts de ces habitations sont vides."
Paris – Panorama du Louvre
Paris le 16 novembre 1915
"Je suis arrivé sain et sauf à 20h11 tranquille cette nuit et hier
soir l’express était comble de permissionnaires et l’on a été obligé de former
à Thouars un train omnibus pour rentrer tous les permissionnaires et ne sont
rentrés que ce matin à 6 heures. Ceux-ci ne s’étaient pas beaucoup reposés cette
nuit.
Aujourd’hui les permissionnaires au nombre de 50 ou 60 qui n’y sont pas
allés s’y en vont ce soir et l’on exige le nettoyage des capotes, il faut
croire que nous sommes toujours pour faire du zèle."
Paris – L’Eglise Saint-Augustin
Paris le 28 novembre 1915
"Il va rentrer une portion de l’équipe mercredi et il doit y avoir
des permissions maintenant.
Je ne sais pas si je fais parti du nombre, il y en a qui disent que ce
sont ceux qui sont en équipe qui les ont mais personne n’en sait rien ; car
nous avons de ce moment-ci un lieutenant qui est peu communicatif. "
Paris – Vue Générale prise du Trocadéro
Paris le 30 novembre 1915
Paris (Ier) – La Rue de Rivoli prise de la
Place de la Concorde vers le Louvre
Paris le 17 décembre 1915
"Je ne suis pas encore trop malheureux et nous avons versé ce soir
nos gants que nous avons touchés.
J’en ai une autre paire heureusement car il ne fait pas trop chaud. On
parle aussi de nous retirer nos tricots. Je ne sais pas ce que l’on veut faire
de nous, enfin si l’on nous découvre ainsi c’est peut-être pour nous envoyer
dans le midi. (*)
Je n’y comprends rien et il ne faut point essayer de comprendre, ce que
je vois c’est que pour aller au froid, il ne faudrait pas nous découvrir.
"
(*) : Un bataillon du 59e RIT,
régiment voisin, venait d'être désigné pour partir à Salonique (Grèce).
Peut-être que certains soldats du 230e RIT devaient les rejoindre ?
Paris – Le Pont de la Concorde et la Chambre
des Députés
Paris le 19 décembre 1915
Paris (VI°) – Le Sénat – LL
Paris le 21 décembre 1915
"Aujourd’hui il tombe de l’eau à plein et nous avons été autorisé
à prendre le métro à nos frais pour nous rendre de la Chambre des députés.
Je me mets en tenue d’exercices et demain nous irons probablement à
l’école militaire pour préparer la décoration des Invalides. "
Musée du Louvre – Ecole Flamande : 1107
– MEMLING (Hans) La Vierge et l’Enfant Jésus adorés par les Donateurs
Paris le 25 décembre 1915
Musée du Louvre – Ecole Flamande – 2317 –
RUBENS Pierre-Paul (1577-1640) – Couronnement de Marie de Médicis
Paris le 6 janvier 1916
Paris – Le Trocadéro - Perspective
Paris le 11 janvier 1916
"Hier j’ai eu beau temps mais ce matin neige fondue, grésil et
vent.
Vilain temps ce qui fait que la corvée aujourd’hui est sans
agrément."
Gloire à nos Vainqueurs : l’Apothéose
Paris le 18 janvier 1916
Paris Place de la Bastille La Colonne de Juillet
Paris le 23 janvier 1916
Paris – Quai aux Fleurs
Paris le 28 janvier 1916
"Je suis rue St Charles Boulevard Grenelle auprès de la Tour
Eiffel et [où] je vais me rendre mais je ne sais pas si tu recevras cette carte
demain.
Au rapport, on vient de nous dire que les départs sont arrêtés au n°
320 (*) alors tu vois que je ne suis
pas encore pour partir au dépôt mais cet arrêt ne peut-être que momentané, rien
ne nous parle aujourd’hui de permission d’autant plus que le rapport nous dit
arrêt provisoire. Tout se trouve à revers avec ce changement de têtes, il faut
tout réformer donc je ne puis rien affirmer."
(*) : L'état-major
se doutait que les Allemands allaient lancer une grande offensive. Ce sera à
Verdun en février.
Paris – Les Invalides – Les Portes du Tombeau
Paris le 30 janvier 1916
"Ce matin vous pourrez voir sur le journal les bombes sur Paris,
je ne l’ai encore pas vu, on parle d’une quinzaine de tués et une trentaine de
blessés, du côté de la Violette ainsi tu vois qu’on a pas besoin d’être bien
avancé pour être en danger. Pour en finir nous y sommes tous et toujours.
" (*)
(*) : C'est exact, le journal du
230e RIT indique qu'il
s'agit d'une attaque d'un Zeppelin sur Paris le 29 janvier à 22h00. 17 impacts
sont relevés. Les bombes font des cratères de plus de 4 m de profondeur et
détruisent certains immeubles de 4 étages. Celles trouvées non éclatées font 62
kilos.
Notre-Dame – L’Abside
Paris le 13 février 1916
Paris – Notre-Dame – L’Abside
Paris le 20 février 1916
"Je m’en vais ce matin à la Chambre des Députés (*) et je serais encore tranquille 24 heures."
(*) : Une section
du 230e RIT monte la garde devant la chambre des députés.
Briis-sous-Forges – Vue
générale de la route de Frileuse
Briis sous Forges le 23 février 1916
"En
sortant de souper, je t’écris à la lueur d’une lampe à huile, dans un fenil sur
des chevaux où sont installés tant bien que mal deux lits à cage. Malgré cela,
draps de lit très fin et deux bonnes couvertures. On en a besoin car il tombe
encore de la neige ce soir.
Comme
nourriture seuls les soldats sont nourris à la ferme avec les bonnes, une
cuisinière et une femme de chambre servant les maîtres à table.
Le
matin un grand bol de café, sucre à discrétion, pain blanc beurre et fromage ou
pâté ou hure et cidre à volonté à toute heure du jour cela à 5h 1/2.
A
6h, la cloche sonne et tout le monde (attelle) dans la ferme trois (gones) 2
charretiers et 2 journaliers et nous deux seulement, il en est arrivé deux
autres aujourd’hui du 285e Territorial qui étaient demandés aussi. Alors à 11
heures la soupe et à midi et demi la cloche sonne et même mouvement jusqu’à 6
heures et la soupe aussitôt. Nous avons donc deux fois la soupe et un plat de
viande et un plat de légumes ; je trouve beaucoup de changement du
quartier comme nourriture."
Briis-sous-Forges
Briis sous Forge le 24 février 1916
"La
journée d’aujourd’hui s’est passée dans la bergerie et il faisait plus beau que
dehors.
Je
suis là pour vous être agréable car cette incertitude est remise à néant
jusqu’au 22 mars et vous pouvez être tranquille sur mon sort, je me tirerai
bien d’affaire aussi bien qu’à Paris et cela me changera un peu du métier.
La
cuisinière est une bretonne qui a habité Lille pendant 15 ans et il y a quatre
ans qu’elle est cuisinière à la ferme d’Invilliers.
La
bonne est une fille du pays qui est myope.
La
jeune maîtresse Mme Perrin est
absente en ce moment, son mari est mobilisé depuis le début et la mère de
celui-ci est à la ferme en ce moment.
Le
monsieur qui dirige la ferme est un homme de 55 ans habitant des pays
environnants, exploitant une ferme de 200 hectares et propriétaire d’une ferme
de 100. Il est aimable et parle beaucoup, il a pris cette place depuis un mois
pour s’occuper et faire face à ses dépenses car lui aussi il a tout abandonné
et il a 7 militaires qui étaient à son service qu’il entretient d’argent et il
a été privé de vendre ses récoltes qui étaient juste rentrées au commencement
de la mobilisation.
Il
est donc commun de voir dans la contrée que je suis, des gens comme partout
bien en peine. Ne vous ennuyez pas, la cuisinière d’Invilliers
vaut bien celle du bastion 51.
Excuse
moi auprès ce ceux que je devrais écrire mais le temps me manque et le soir il
ne fait pas chaud dans notre chambre, à écrire sans feu et il faut s’occuper de
se faire blanchir."
Briis-sous-Forges
(S.-et-O.) – L’Église et l’Ecole libre
Briis-sous-Forges le 1 mars 1916
Briis-sous-Forges –
Grande Rue
Briis-sous-Forges le 3 mars 1916
Soucy. Commune de Fontenay-les-Briis
(S.-et-O.) – Chapelle St-Eloi datant du XIIIe siècle
Briis-sous-Forges le 8 mars 1916
Briis-sous-Forges (S-et-O)
– Vue générale de la route de Vaugrigneuse
Le 10 mars 1916
"J’ai reçu des nouvelles de Paris, il y a encore quelques
permissionnaires de 15 jours partis chez eux et on a demandé un état des
possesseurs de plus de 8 hectares sans donner d’autres détails."
Bligny – Briis-sous-Forges
Briis-sous-Forges le 21 mars 1916
"J’adresse ma dernière correspondance d’Invilliers
et on va quitter la fameuse ferme demain vers 11 heures 5. "
BRIIS-sous-FORGES – Vue générale prise de la
route de Vaugrigneuse
Paris le 23 mars 1916
"Je viens t’annoncer mon arrivée à Paris.
Tout s’est bien passé et à présent je vais attendre encore des ordres
pour partir en permission.
Je vois que le personnel de la compagnie a beaucoup diminué par les
équipes qui s’en vont et qui y sont encore actuellement. Je ne sais pas si on
va attendre que les quelques permissionnaires de quinze jours soient rentrés
pour en envoyer d’autres."
Paris (Ier) – Avenue de l’Opéra prise du
Grand Hôtel du Louvre
Paris le 17 avril 1916
"Je suis donc à mon bastion et dès ce matin, je suis allé à la
mitrailleuse et je suis là pour 15 jours. "
Paris – Panorama, pris de l’Eglise Saint-Gervais
Paris le 19 avril 1916
"Hier soir j’ai bien dîné car nous étions 5 ou 6 invités en retour
de noces du camarade qui s’était marié la veille de mon arrivée en permission,
alors nous avons donc passé un petit moment d’agrément ce qui nous permet de la
distraction, j’ai donc passé avec quelques camarades un petit moment d’oubli
mais très court, pensant ensuite à vous et à tant d’autres qui n’ont pas ce qui
leur fait au point de vue de la nourriture.
Oui bien des cas de ce genre existent et ne devraient pas exister.
Je te dirai que l’on nous a retiré nos tricots et comme je ne voulais
pas m’en passer, je m’en suis acheté un autre plutôt que de vous demander de
m’en envoyer un, car je l’ai acheté moins embarrassant. Rien d’autre chose à
vous dire si ce n’est à demain. "
Paris – Boulevard Saint-Denis
Paris le 20 avril 1916
Paris – Opéra – Le Grand Foyer
Paris le 25 avril 1916
"J’apprends que demain, il y a marche manœuvre et nous devons être
rendu avec notre mitrailleuse à 5h ½ au Rond Point du Mont Valérien du côté de
Courbevoie, on emporte un repas froid ce qui me fait supposer que nous ne
rentrerons peut-être pas de bonne heure demain soir."
Paris- Ile de la Cité – Ecluse de la Monnaie
Paris le 3 mai 1916
"Je suis très pressé. J’arrive d’un enterrement à Levallois d’un
jeune homme blessé à Verdun et l’on s’en va à l’exercice. "
Saint Raphaël quinquina, Castelnau, Joffre,
Pau
Paris le 12 mai 1916
"Je suis aujourd’hui à Batignolles."
Eglise de la Sorbonne – Tombeau du Cardinal
de Richelieu, Ministre du Roi Louis XIII
Paris le 15 mai 1916
Paris-Montmartre – Panorama de la Rue André Del Sarte, vue prise du Sacré-Coeur
Paris le 28 juin 1916
"Je vais passer la nuit aux Batignolles alors demain matin je ne
serais pas plus disposé que ce soir car pour passer la nuit, je fais la garde,
les autres sont à l’exercice, exceptés les hommes de nuit."
Paris – Jardin du Luxembourg
Paris le 11 juillet 1916
Paris – L’Elysée,
Palais de la Présidence
Paris le 13 juillet 1916
Suresnes – Le Mont Valérien – Vue Générale
Paris le 15 juillet 1916
Paris – L’Hôtel de Ville
Paris le 31 juillet 1916
Paris (XXe) – Intérieur de la Caserne des
Tourelles : Le Poste et la Salle des Rapports – Vue panoramique
Paris le 8 août 1916
"Je me suis reposé ce soir un peu et demain on va à la gare de
Lyon assurer un service d’ordre car c’est la rentrée des ajournés des classes
de 13 à 17 et toujours ainsi le temps passe et surtout beaucoup de beau temps à
présent."
Musée de l’Armée – Eglise des Invalides « Nos martyrs, pour le Droit et la Liberté » par
Joseph Aubert – 1916
Paris le 10 août 1916
Les Lilas – Rue de Paris
Paris le 7 septembre 1916
Musée de l’Armée – Campagne 1914-1916. La
foule devant les trophées de guerre
Paris le 10 septembre 1916
Paris (IXe) – Vue panoramique de l’Opéra et
du Grand Hôtel
Paris le 12 septembre 1916
Paris (XX°) – Intérieur de le Caserne des
Tourelles – Le départ pour l’exercice
Paris le 19 septembre 1916
"A présent comme je te disais hier soir, nous attendons le départ
pour le bastion 8 à la porte St Mandé.
Une corvée est allée ce matin nettoyer le bâtiment comme c’est toujours
militaire, il ne faut pas se trouver surpris d’un ordre nouveau jusqu’au
dernier moment on attend donc en faisant son service.
Je suis libre un peu aujourd’hui si ce n’est que les préparatifs de
ballots des hommes qui ne sont pas présents à la compagnie."
Les LILAS – La crèche Municipale et la Mairie
Paris le 20 septembre 1916
"Je suis aujourd’hui à la Chambre des Députés jusqu’à demain 10h.
Il paraît que l’on doit déménager demain des Tourelles. Il y a des permissionnaires
de partis pour les vendanges mais chez nous, aucune permission n’est délivrée
de ce moment-ci, c’est un peu compréhensible car avec le service à assurer, les
corvées qui n’arrêtent jamais, qui déménagerait les ballots, la literie et tout
un bâtiment qui doit être nettoyé pouvant loger 500 hommes."
Paris – La Gare d’Orléans, Quai d’Orsay
Paris le 9 octobre 1916
"Je viens d’arriver d’une corvée du quai d’Ivry et je suis
commandé demain pour la Chambre des Députés."
Paris – Notre-Dame. La Nef
Paris le 11 octobre 1916
"Je suis aujourd’hui au quartier. J’arrive de la Chambre et j’irai
aux Tourelles demain soir."
Paris – Notre-Dame. Côté sud
Paris le 12 octobre 1916
"Je suis aux Tourelles."
Paris – La Gare de l’Est
Paris le 16 octobre 1916
Paris – Boulevard Bonne-Nouvelle et Porte
Saint-Denis
Paris le 6 novembre 1916
" Un petit mot car je ne suis pas sûr de ce qu’il y a ce soir et
comme on se doute de la visite du général, il pourrait se faire que l’on ne me
donne pas le temps d’écrire. "
Paris – Le Pont Royal et le Pavillon de Flore
Paris le 12 novembre 1916
4017. Paris – Place de la République
Paris le 21 novembre 1916
"Je pars ce matin au tir à la mitrailleuse."
Paris-Monmartre
(XVIIIe) – Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre terminée
Paris le 25 novembre 1916
"Les veillées sont longues, comme je viens de le dire à Edmond en
regardant une lampe flamboyée à côté d’un poêle, entendant craquer des pneus
d’autos à chaque instant avec le sifflet des trains qui roulent constamment
pendant que l’on dort au bastion."
Paris (7e
arrt.) – Les Invalides
Paris le 20 décembre 1916
Le Repos hebdomadaire
Le 25 décembre 1916
Paris – Le Pont des Arts et l’Institut
Paris le 12 janvier 1917
Paris – Jardin des Plantes – Bisons d’Amérique
Le 17 janvier 1917
Paris – Monument du Triomphe de la République
par Dalou et crocodiles ornant le bassin de la Place de la Nation
Paris le 5 février 1917
Paris – Le Pont d’Iéna et le Trocadéro
Le 8 février 1917
Je suis à la Chambre des députés.
Bondy – Pont sur le Canal
Bondy le 23 février 1917
Bondy – L’Eglise
Bondy le 5 mars 1917
Bondy (Seine) – Rue de Paris, arrêt du
Tramway de la Rue La Croix
Bondy le 9 mars 1917
Bondy – Rue de Paris et Rue Satine
Bondy le 10 mars 1917
"Brouillard épais ce qui fait que la neige est à peu près fondue.
Rien de nouveau, cependant il me semble entrevoir le retour à Paris
dans la fin de la semaine prochaine."
Paris – Le Pont de la Concorde et la Chambre
des Députés
Paris le 8 avril 1917
Paris – Hôtel des Invalides. Les Fossés et
les Vieux Canons
Paris le 10 avril 1917
"Aujourd’hui je suis à la Chambre des Députés et quand viendra le
jour de la libération, ce ne sera pas sans avoir vu un petit peu partout dans
la capitale et avoir passé les nuits, car hier soir j’étais relevé à 5 heures
de mon service de garde alors je suis allé souper en société, je suis rentré à
11 heures et ce matin à 8 heures en route pour la Chambre des Députés par un
temps de neige."
Paris – Le Bois de Boulogne – Châtelet des
Iles
Le 13 avril 1917
"Je suis donc de retour au bastion et je vais me promener un peu
en attendant mon service de la gare d’Orléans ce soir de 6 à 10 et demain sans
doute ce sera ailleurs car des ordres pour assurer le départ de la classe 18
ont été donnés à ce sujet et pour cela les permissions agricoles sont
suspendues.
Un autre service pour les officiers et sous-officiers est de garder les
portes de Paris et il y en a quelques unes, jour et nuit, ce qui emploiera pas
mal leur temps avec les consignes spéciales, tout cela n’avancera peut-être pas
mon tour de permission."
Paris – Panorama pris de l’Arc de Triomphe
sur les Avenues Carnot et Mac-Mahon – LL
Paris le 22 avril 1917
Paris – Avenue de Wagram
Paris le 23 avril 1917
Paris – Le Métropolitain, une station
souterraine
Paris le 22 mai 1917
"Je devais partir demain conduire un détachement de récupérés mais
je n’y tiens pas, les voyages sont toujours coûteux et fatiguant, et rempli de
responsabilités.
Il s’est trouvé un volontaire et j’ai lâché. J’attendais les ordres
pour te le faire savoir.
La discipline est toujours de plus en plus dure. Un caporal a été cassé
depuis mon départ et un autre parti. Le tour de départ comme il y a un an passé
du mois de février est rétabli de ce côté là.
Je gagnerai un peu car il y a encore beaucoup de gradés plus jeune que
moi. Il est encore question fortement que l’on doit changer de quartier mais
jusqu’ici non officiel."
Paris – L’Eglise de
la Madeleine
Paris le 22 mai 1917
"Contrairement à ce que j’ai écrit tantôt, on n’a pas tenu compte
de la demande du volontaire et je suis commandé d’office donc je pars demain
matin à 5h ½ du Bastion pour aller je ne sais pas où.
On aura des feuilles pour cela sans doute. Ce sera deux ou trois jours
d’absence. "
Dijon – Poilus Palace Cantine, salle de repos
Paris, Dijon le 24 mai 1917
"Je viens te donner de mes nouvelles de Dijon qui sont absolument
les mêmes qu’à Paris.
Il est 2 heures ½ du matin et je suis entrain de déjeuner dans l’établissement que tu vois sur cette carte et ma mission sera terminée à 7 heures, alors dans la soirée ou demain, je te donnerai d’autres nouvelles. Je compte rentrer dans la nuit prochaine à Paris. "
Dijon. Tombeau de Philippe le Hardi
Paris le 28 mai 1917
Dijon – Vue Générale
Paris le 29 mai 1917
Paris – Perspective prise de l’Eglise Saint-Gervais
Paris le 18 juin 1917
2. Kremlin-Bicêtre – Entrée de l’Hospice
Paris le 23 juin 1917
"Je t’envoie deux mots aujourd’hui mais je ne sais pas s’ils te parviendront
tout de suite. Je me suis commandé de service pour le pénitentiaire de Bicêtre,
fort à 4 km de Paris.
Nous avons été commandé hier soir à 11h pour partir ce matin à 5h et je
suis dans ce fort au grand air sorti de la caserne où on respire à pleins
poumons."
Arrivée des Américains à Paris (4 juillet
1917) – A la caserne de Reuilly
Le 8 juillet 1917
"Nous expédions donc la classe 90 et nous recevons en remplacement
la classe 88 ; 89 et même nous en avons de la classe 80 ; 86, des
Parisiens et qui n’ont jamais été soldats dans l’action et depuis la guerre,
ils ont fait certains travaux pour pouvoir les désennuyer et une discipline
bien plus large que n’est la nôtre.
Voici la situation et je ne vois pas que ces sujets là puissent prendre
le service pour nous envoyer en permission.
Enfin je ne veux point m’en faire pour cela. Car tout à tour si la
guerre ne finit pas d’ici quelques temps, l’on commencera à envoyer les
vieilles classes chez eux et ainsi mon tour viendra."
Arrivée des Américains à Paris (4 juillet
1917) – Place de l’Hôtel de Ville
Le 9 juillet 1917
"Je
continue de t’envoyer la collection de l’arrivée des Américains qui a produit
dans Paris un effet moral extraordinaire.
Je
suis toujours en excellente santé avec un changement considérable de tête. Car
nous expédions du 90 et nous recevons du 89. On dit que tout doit être réformé
pour le 14 mais je crois que 89 ne doit pas rester longtemps avec nous, c’est
ce qui m’empêche de parler au point de vue permission.
Si
on change encore d’hommes, il ne faut pas compter avant le 15 août ou
septembre. Ainsi ne vous découragez pas, c’est un commencement et ce n’est pas
la fin.
Espérons
donc et pensons à des jours meilleurs, car de ces changements, nous sommes
revenus à l’état normal mais (4/90) s’en vont comme cabots et forcément on est
de service tous les jours."
Paris – L’Avenue du Bois-de-Boulogne
Paris le 13 juillet 1917
"Ce que je sais c’est qu’il se prépare quelque chose pour nos
classes.
L’autre jour étant de garde au poste de police, les agents nous en ont
amenés plusieurs de la classe 90 qui avaient perdu leur chef de détachement
alors emboîtés et renvoyés en autos à la place le lendemain et tous les jours
15 ou 20 à emboîter comme cela, c’est assez dur : des hommes blessés qui
ont payé leur dette.
Nous sommes un peu attachés à la police. Demain c’est la même
chose."
Paris – La Basilique du Sacré-Cœur de
Montmartre terminée
Paris le 18 juillet 1917
Revue du 14 juillet 1917 – Division Marocaine
Paris le 21 juillet 1917
REVUE du 14 juillet 1917 – Place de la Nation
Paris le 27 juillet 1917
"Je suis de près les évènements de chaque jour, Conférence de
Paris des Alliés, dernière séance du Palais Bourbon avant la dislocation des
Chambres, retraite des Russes.
Il ne faut pas se faire d’illusions, nous sommes appelés à avoir du
changement.
Aujourd’hui il est décidé que la classe 91 cultivateurs et tous les RAT
pères de 5 enfants ou veuf de 4, doivent rentrer avant le 15 septembre mais je
crois qu’ils seront rentrés à la fin d’août."
Paris (VIII°) – La Rue Royale prise vers la
Place de la Concorde – LL
Paris le 14 septembre 1917
"Je suis allé sur les grands boulevards où l’on voit le véritable
Paris et où l’on a presque assez à faire pour se garer.
Je m’attendais d’être de service aujourd’hui, ce sera sans doute pour
demain soir et dimanche. Nous sommes allés à l’exercice ce matin et maintenant
nous avons un petit moment en attendant la soupe, j’en profite. "
Aux pieds du Sacré-Cœur, j’ai prié pour vous
Paris le 16 septembre 1917
"Cette semaine je suis donc présent à la caserne, je ne me
distrait pas beaucoup. Les nouvelles de Paris sont toujours les mêmes, celles
de Reuilly sont telles que trois sous officiers de 90 sont renvoyés au dépôt
d’hier.
Aujourd’hui c’est un caporal qui était à 200m de chez lui ayant d’hier
sa carte de couchage et dirigé aujourd’hui sur Clermont. On devait commencer
par les plus jeunes et c’est les plus vieux.
Il n’y a rien à y comprendre."
Paris (III°) – Monument de la République,
Place de la République
Paris le 19 septembre 1917
Paris – Bois de Boulogne – Le Lac
Paris le 20 octobre 1917
Paris (Montmartre) – Basilique du Sacré-Cœur
- la Bénédiction de Paris par le Saint-Sacrement
Paris le 24 octobre 1917
Paris Montmartre – Montage de la Savoyarde au
Sacré Cœur le 16 octobre 1895
Paris le 28 octobre 1917
Souvenir du Sacré-Cœur de Montmartre
Paris le 29 octobre 1917
" Nous avons 50 hommes qui s’en vont aujourd’hui à Etampes à la
garde de prisonniers de guerre. Je ne sais pas ce que l’on veut faire encore
une fois, ils s’en vont avec armes et bagages. "
Boulevard de Strasbourg
Paris le 3 novembre 1917
Paris – Tombeau de l’Empereur aux Invalides
Paris le 22 novembre 1917
" On a été à 2 doigts de partir au Fort d’Issy-les-Moulineaux de
nuit comme l’on est venu à Reuilly mercredi il y a huit jours dans la nuit.
Mais tout est resté là quand même et le quartier est déconsigné d’hier.
Le chef m’a assez bien reçu. Il avait envie de m’écrire mais le temps
lui a manqué. "
Niort – 102 Costumes Poitevins Mothais
Paris le 23 novembre 1917
Paris – Place de l’Hôtel de Ville
Paris le 28 novembre 1917
Paris – Place de la Nation
Paris le 19 décembre 1917
Paris – Sacré-Cœur
Paris le 20 décembre 1917
Paris – Le Palais de la Bourse
Paris le 1er février 1918
" J’arrive du tir du polygone de Vincennes. On a passé à côté du
travail des Gothas. " (*)
(*) : Il s'agit
d'avions qui bombardent Paris.
Paris – Le Boulevard Montmartre
Paris le 6 février 1918
Paris – Le Pont de la Concorde et la Chambre
des Députés
Paris le 8 février 1918
Paris – Le Grand Palais
Le 14 mars 1918
" Deux mots, je suis au Bastion 14 et j’ai un laisser passer pour
aller au 41 Boulevard Reuilly. "
Paris – L’Observatoire, vue générale
Paris le 17 mars 1918
Bois de Vincennes – Un Coin du Las Daumesnil
Paris le 19 mars 1918 au soir
" Je suis commandé pour aller à Reuilly demain. "
Bois de Vincennes – Le Lac Daumesnil et le
Temple Grec
Paris le 21 mars 1918
Bois de Vincennes – Pavillon des Eaux et
Forêts
Paris le 23 mars 1918
"Nous sommes de retour des Finances et l’alerte dure toujours.
Cette carte ne partira que demain matin sans doute car le vaguemestre ne va
sans doute pas marcher ce soir.
Les avions Boches n’ont pas l’air nombreux, il y aura quelques victimes
encore, on en signale vers la gare de l’Est. J’espère que vous ferez de votre
mieux pour vous maintenir dans un bon état de santé malgré la petite inquiétude
de ces fréquentes visites de Gothas. Je suis au Bastion 14 ce soir et demain il
est difficile de savoir où je serai."
Bois de Vincennes – La Grotte du Lac
Daumesnil
Paris le 26 mars 1918
" Je m’en vais aux Finances ce matin. "
Niort (Deux-Sèvres) – Vue prise du Donjon
Paris le 30 mars 1918,
Niort et ses environs – Jeunes filles de Mougon
Le 5 avril 1918
" Pour m’effrayer par les bombardements, je ne ressens rien du
tout, je dors avant et après quand je ne suis pas de service. "
Tout Paris (XXe). – 247. Square du
Père-Lachaise – L’Aurore et le Déclin
Paris le 6 avril 1918
"Je suis heureux de voir ce beau temps d’avril pour vous dire que
je suis en bonne santé et nous avons entendu tout à l’heure encore 2 coups de
canon. Voici la vie et je puis affirmer que je ne suis pas effrayé du tout du
tout.
Je suis à Reuilly et tout ce que je demande c’est qu’il n’y ait pas
d’alerte."
Tout Paris (XXe). – 270. Porte de Bagnolet
Paris le 11 avril 1918
" Autrement rien de nouveau, si ce n’est la Bertha qui a tiré
trois coups ce soir et qu’on avait pas entendu depuis
dimanche. "
TOUT Paris (XX°) – 130. Nouvelle Entrée de la
Fondation Debrousse, Rue de Bagnolet 148
Paris le 14 avril [1918]
"Nous avons encore eu le coup de canon cette nuit qui fait que
l’on ne dort pas trop tranquille, mais j’ai quand même pas trop à souffrir car
10 minutes après le coup je me rendors.
Je me suis bien moins inquiété de cela que de vous autres. Je ne sais
pas pourquoi depuis le premier jour, il en a été ainsi bien que je n’ai jamais
été en grand danger.
Il m’a toujours paru plus doux que la séparation."
Paris – Rue Vitruve et Place Des Grès (XX° arrt)
Paris le 19 avril 1918
LYON – Rue de la République
Paris le 18 mai 1918
"Nous avons encore eu alerte un petit moment hier soir qui n’a
duré qu’une heure environ."
Paris. Porte Maillot, le Retour du Bois
Paris le 24 mai 1918
"Je viens te dire que l’alerte d’hier matin a fini à 4 heures hier
soir et à 8 heures et demi hier soir on en a eu une autre qui a fini à 10h ½.
Je m’en vais à Neuilly ce matin."
Paris – Pont et Place de la Concorde
Le 12 juin 1918
"Voici
donc mon adresse jusqu’à nouvel ordre : 230ème RAT (*) 2ème bataillon 7ème compagnie, secteur 181."
(*) :
RAT : Réserve de l’Armée Territoriale
Fort du Mont Valérien – Bâtiment A
Le Mont Valérien le 15 juin 1918
"Le bâtiment que j’envoie aujourd’hui est celui que j’occupe à la
fenêtre où j’ai fait une croix au crayon et on est là à 160 m au-dessus de la
Seine qui est à 600 m environ à vol d’oiseau.
C’est pour te dire que c’est un point relativement élevé au point de
vue des environs car Suresnes, comme Puteaux, comme Boulogne-sur-Seine sont des
points qui sont très bas.
Autrement je suis en bonne santé et nous nous sommes ressenti déjà de
l’avance de l’heure, ce matin, la pendule du quartier avait sauté d’une heure et
nous étions à l’exercice à 5h45."
Environs de La Ferté-sous-Jouarre (S. et M.)
– Le Château de Luzancy, la Cour d’Honneur
Le 20 juin 1918
"Je
suis en bonne santé et toujours en plein air ce qui est énorme quoique que sur
la paille, je repose et dors comme une soupe depuis 9h jusqu’à 5h.
Je
vous souhaite à tous d’être aussi heureux que moi. On a donc eu de l’orage et
de l’eau, on commence à n’être pas trop propre mais ce n’est pas le trottoir
parisien.
A
Lucas, 230e RAT 2e Bataillon 7e Cie Secteur 181"
Environs de La Ferté-sous-Jouarre – La Crypte
Saint-Paul, la plus ancienne de France
Le 22 juin 1918
"Aujourd’hui
même mouvement. On a pas beaucoup de temps.
Nous
ne sommes pas trop pressés de travail mais il faut de la présence quand même.
Je suis en excellente santé et l’on à l’air de vouloir établir un tour de rôle
de permission de détente. Comme je ne fais pas parti des ayants droits.
Je
fais comme vous. J’attends.
A
Lucas. 230e RAT 2e Bataillon 7e Compagnie Secteur 181."
Paris – Panorama pris de Notre-Dame
Le 3 juillet 1918
Aujourd’hui
le temps est couvert, il fait moins chaud que d’habitude et le travail est
toujours à peu près le même. Cependant on ne peut rester tout le temps là, il
faudra bien changer de chantier, jusqu’à présent rien de nouveau.
A
Lucas, Caporal, 230e Territorial 7ème division d’infanterie. Secteur 181 bis.
Campagne 1914 – Environs de la
Ferté-sous-Jouarre (S. et M.) – Hôpital temporaire 71 – Château de Péreuse. Côté Ouest
Le 7 juillet 1918
"A
Lucas caporal 230ème RAT 2ème bataillon 7ème Cie. Secteur 181 bis."
La Grande Guerre 1914-15-16-17
Les Lanciers de la Reine d’Angleterre
traversant la Marne à Germigny-l’Évêque (S et M)
Le 25 juillet 1918
La Ferté-sous-Jouarre – Campagne 1914-1915
Le 26 juillet 1918
La Ferté-sous-Jouarre (S.-et-M.) – Le Quai
des Moulins. Passage d’un Yacht
Le 27 juillet [1918]
"J’ai une laveuse qui repasse et raccommode ainsi hier soir j’ai
pris une chemise, un caleçon, un gilet, une paire de chaussette et un mouchoir,
lavés et raccommodés pour 29 sous. Je ne me plains pas, c’est propre.
Autrement je ne suis pas surmené et tous les jours, j’absorbe 1litre ½
de pinard."
La Ferté-sous-Jouarre – Le Chemin du Halage
Le 31 juillet 1918
La Ferté sous Jouarre le Château de l’Ile -
Bataille de la Marne (8 au 9 septembre 1914)
Le 8 août 1918
La FERTE-SOUS-JOUARRE (S.-et-M.) – L’Ile et
la Marne en amont du Pont. Passage d’un yacht
Le 12 août [1918]
"On a l’ordre de se tenir prêt à partir. On parle de l’Orne. Je
suis content de partir là-bas car on se fatigue vite d’être au même
endroit."
Construction et Lancement sur la Marne, par
les Sapeurs du 5e Génie de Versailles, du Pont, système Marcille,
reliant Changis à Armantières
et Lizy par la voie ferrée (Les Travaux la veille)
Le Neubourg le 14 août 1918
"Je suis à Le Neubourg. A 9 heures on va à la mairie et ensuite on
doit nous mettre à notre destination.
La première impression des patelins n’est pas mauvaise, les gens ont
l’air affable. Je ne sais pas ce que l’on sera dans les fermes. Pour moi je
suis en bonne santé et je crois que je me maintiendrai.
Pour les travaux, ils seront certainement plus durs que ceux que l’on
faisait avant. J’ai acheté quelques vues, je vais en joindre une du patelin où
notre destination va avoir lieu.
Nous sommes 18 dans ce chef-lieu de canton."
Construction et Lancement sur la Marne, par
les Sapeurs du 5e Génie de Versailles, du Pont, système Marcille,
reliant Changis à Armantières
et Lizy par la voie ferrée
Cresteau le 18 août 1918
"Je suis en bonne santé et quand j’aurai de vos nouvelles, je
serai plus heureux que militaire. Il faut l’être pour être ce que je suis mais
que veux-tu, la guerre nous éprouve de toutes les façons."
Le Neubourg – La Halle, Place du
Vieux-Château
Le 19 août 1918
"Je
suis dans une commune appelée Cresteau à 8 kilomètres
du canton de Le Neubourg.
Je
suis chez une femme que son mari est de ma classe mobilisé. Elle a 2 filles
dont une de l’âge de Laure. Elle fait valoir 32 hectares et je vois qu’elle en
a une dizaine d’ensemencés, elle n’est pas trop en avant, il y en a encore plus
de la moitié à couper.
Le
travail n’y manquera pas mais je ferai comme d’habitude, ce que je dois faire.
On y est pas mal nourri, c’est déjà quelque chose.
A
Lucas, Caporal 230e RAT 7e Cie, Equipe agricole, mairie de Le Neubourg
Eure."
Le Neubourg (Eure) – Place de la Gare
Crestot le 25 août 1918
Environs de la Ferté-sous-Jouarre (S.-et-M.)
– Le Pont reliant Sommeron et Ussy
sur-Marne rétabli après l’invasion allemande
Ussy sur Marne le 23 septembre 1918
"A.
Lucas Caporal 230ème RIT 2ème Bataillon 7ème Cie à la Ferté-sous-Jouarre,
Seine-et-Marne."
Environs de la Ferté-sous-Jouarre (Seine et
Marne) – Un coin de la Marne à Ussy
Ussy le 29 septembre 1918
"A.
Lucas Caporal 230 RIT 2ème Bataillon 7ème Cie à la Ferté-sous-Jouarre,
Seine-et-Marne."
Montceaux-les-Meaux (S-et-M.) – Château historique de
la Belle Gabrielle d’Estrées
Ussy le 8 octobre 1918
"Je
ne fais pas parti de cette compagnie de départ que je t’ai annoncé. Je ne
connais pas l’attribution du reste du bataillon. J’ai bien peur de rentrer à
Paris car ce service est bien pénible surtout après avoir passé une période pas
trop malheureuse.
A.
Lucas, cap, 230e RAT, 2ème Bataillon, 7e Cie à la Ferté-sous-Jouarre,
Seine-et-Marne."
Montceaux-les-Meaux (S. et M.) – Porte des
Calottes – Ancienne Entrée principale
Ussy le 9 octobre 1918
"Je
viens te dire ce soir que je n’ai rien reçu de vous aujourd’hui et que la 5ème
Cie formée part demain matin.
Sans
doute que l’on ne va pas être bien longtemps à moisir là car nous venons de
verser les outils de parc pour le génie. Aussitôt que tu auras mon adresse, tu
t’occuperas d’un détachement temporaire si tu peux car à Paris il pourrait se
faire que l’on aurait une permission ou un détachement temporaire dans le
courant de novembre avant la libération car le mouvement est excellent.
A.
Lucas Caporal 230e RIT 2e Bataillon 7e Cie à la Ferté-sous-Jouarre,
Seine-et-Marne."
Lettre
Ussy le 10 octobre 1918
"A
Lucas, caporal 230ème RIT, 2ème Bataillon, 7ème Cnie
à la Ferté-sous-Jouarre, Seine-et-Marne."
Lettre
Ussy le 11 octobre 1918
"Je crois que c’est la fin sous peu.
L’Allemagne a l’air contente que Wilson veut
parler. Le Kaiser parle d’abdiquer et la Turquie attendrait la réponse du
Président des États Unis pour une paix séparée sans doute. Le ministère étant
transformé. L’Autriche n’a pas de réponse.
Pour moi une fin tragique de cette guerre se prépare à grands pas
pendant que l’ennemi est bousculé sur toute la ligne.
Pour moi j’espère bien que moins de 2 mois nous séparent de la fin et
la R.I.T. ne sera pas gardée longtemps. Nous suivons donc tous ces évènements
pas à pas."
Environs de la Ferté-sous-Jouarre (S-et-M.). Ussy – Vue générale
Courbevoie le 13 octobre 1918
"Je
t’ai mis une lettre acquittée hier à la gare de l’Est où nous sommes arrivés à
1h. On a mis nos sacs en voiture et on nous a conduits à la porte Maillot.
D’ici
nous sommes allés à Courbevoie.
La
population à l’air gai. Voici notre entrée à Paris. Les nouvelles de la guerre
sont toujours bonnes.
Adresse :
Lucas Cap 230ème RAT 13ème Bataillon 7ème Cie Caserne Charras
à Courbevoie, Seine."
la Ferté-sous-Jouarre (S.-et-M.) – Place
de l’Église
Courbevoie le 14 octobre 1918
"C’est une vie d’attente à présent. Nous allons changer sans doute
je crois l’on retourne à Paris dans un bastion."
Courbevoie – La Caserne d’Infanterie – Entrée
Principale
Courbevoie le 22 octobre 1918
"Je viens te dire de Courbevoie. Je viens de tuer la grippe au café,
en entrant d’une prise d’armes de Paris d’où l’on est arrivé à 6 heures.
Demain matin je pars à huit heures au bastion 10 pour prendre la garde
et les compagnies vont nous rejoindre jeudi ou vendredi."
Courbevoie – Fondation Bischoffsheim
Paris le 27 octobre 1918
Paris – Panorama du Palais de Justice. Vue
sur la Sainte-Chapelle, la Tour de l’Horloge et les Bâtiments de la
Conciergerie
Paris le 30 octobre 1918
"Aujourd’hui nous sommes allés à l’enterrement d’un général
chinois et l’on arrive."
Paris – Perspective de la Rue Rivoli
Paris le 8 novembre 1918
"J’arrive d’une prise d’armes, nous avons encore traversé Paris au
son de la musique ce matin pour les honneurs à un sénateur.
Les parisiens sentent la fin, les bravos et les bouquets, quelques pièces,
on voit de l’entrain ce qui ne durera sans doute pas longtemps.
Enfin hier soir, un bruit dans Paris courait fortement que l’armistice
était signé, un télégramme mal interprété ou un coup de bourse dans un monde
aussi bruyant.
Mais je crois bien que cela ne va pas être long ce sera fait sans doute
au reçu de ma lettre si ce n’est déjà opéré."
Bois de Boulogne. – La Cascade
Le 10 novembre 1918
"Tout va bien les nouvelles sont bonnes."
Paris – Le Val-de-Grace
Paris le 13 novembre 1918
"Je vois que vous êtes renseignées sur la fin que je vous avais
prédit.
Maintenant je ne sais rien de plus, sans doute que l’on est en train de
préparer la démobilisation et dans 5 ou 6 semaines au plus tard, je compte bien
être au milieu de vous.
Je suis allé ce matin rendre les honneurs militaires à un soldat engagé
classe 19, atteint par les gaz et mort au Val-de-Grace. Une grande assistance,
tout le collège Stanislas était présent et l’inhumation était au cimetière de
Neuilly. On arrive à l’heure actuelle, il est 2 heures et je me presse car la
seconde levée va être faite. "
A Lucas.
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