Publication : Mai 2006
Mise à jour : Janvier 2026

Pierre
MERCIER (au centre) officier au 71e régiment
d’infanterie en 2011 puis 271e régiment d’infanterie
Jacques
nous dit en 2003 :
« Je vous envoie le carnet de mon
grand-père, Pierre MERCIER, que vous pouvez publier sur votre site. Il est très
court car décédé suite de blessures graves en début 1915 »
![]()
Anne-Sophie nous dit en avril 2008 :
« Bonjour, Je m'appelle Anne-Sophie PIERROT,
j'ai 26 ans et je suis licenciée en communication.
A l'occasion de l'armistice 14-18, je voudrais
rédiger un article pour un journal local belge (l'Avenir du Luxembourg) et un
journal français (l'Ardennais).
En surfant sur internet, mon père est tombé sur
votre site et m'a parlé du carnet du capitaine Pierre Auguste Léon MERCIER,
dans lequel il raconte son passage par notre région (Le Ban d'Alle, Corbion, Porcheresse)
Cela m'intéresserait de publier l'extrait avec mon
article. En effet, l'intérêt de ce carnet est qu'il parle de nombreux petits
villages de part et d'autre de la frontiète
franco-belge.
Ma demande est assez urgente car je voudrais publier
l'article mardi. Me permettez-vous de le faire ? Merci d'avance. »
Sébastien nous dit en octobre 2010 :
« Je suis Sébastien Montani
et habite à Vrigne Meuse (08). Je suis natif de Donchery (2km), et travaille sur un projet de
réhabilitation du Château de la Croix Piot, qui est encore dans l'état
d'abandon par les allemands de 1945, et faire un site touristique sur tout le
pourtour du Mont Piot. Je viens de voir votre site, et m’intéresse au 271 RI du
capitaine MERCIER. Je souhaite créer un lieu de recueil et de mémoire, lié aux
trois guerres. Vous savez sans doute, mais Donchery
est un haut lieu de passage et d’histoire (le traité de 1870, le château Paret, l’attaque d’août 1914 et le passage de la Meuse, le
dernier assaut de 1918 avec Trébuchon, la nouvelle
percée de 1940, etc…. ). Si vous le souhaitez, vous
pouvez m’aider à combler les manques sur ces batailles et régiments.
Je travaille avec différents historiens, fils et petits fils de combattants, cinéastes, et je veux vraiment,
avec ce projet, enfin sortir de l’idée des Ardennes perdantes, et mettre en
lumière tous ces soldats qui ont donné leur vie pour notre liberté. »
![]()
Merci à Jacques, son petit-fils, pour le carnet.
Merci à Philippe S. pour les corrections
éventuelles et certaines recherches.
Nous avons ajouté du texte en bleu pour la compréhension de certains termes et pour aller « plus loin » dans
l’analyse du récit. Pour une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des
chapitres, sinon le reste est exactement conforme à l’original.
Les noms de villages ont été corrigés.
![]()
Pierre
Auguste Léon MERCIER est né en juillet 1870 à Rouen.
À
19 ans, étudiant, il s’engage pour cinq ans et part à l’école de Saint-Cyr.
Sous-lieutenant en 1891 au 123ème régiment d’infanterie. Il fait campagne en
Algérie, passe par plusieurs régiments et est capitaine au 271ème régiment
d’infanterie en août 1914, adjoint au lieutenant-colonel, commandant le
régiment.
Il
est aussi le rédacteur du journal des marches et opérations (JMO) de cette
unité. On retrouve dans son carnet quelques expressions et phrases qui sont exactes copies du JMO.
![]()
Départ
de Saint-Brieuc.
Embarquement
des chevaux et voitures sans incidents, malgré l’inexpérience du personnel,
mais le sergent-major GAD qui préside à l’opération s’en tire à son honneur.
Nous laissons pourtant un fourgon dont l’avant-train a cassé – bois trop sec.
LORAND
a fait décorer les wagons des officiers avec fleurs et drapeaux.
Avant
le départ, tout ce qui compte dans Saint-Brieuc est sur le quai, l’évêque en
premier.
Le
Lt. colonel reçoit une jolie gerbe qui lui est
présentée par Melle DELMAS, une autre par les ouvriers de la gare. Cette
attention le touche extrêmement.
Nous
nous installons pour le voyage avec le commandant HUBERDEAU (*), en 3ème (**), nous occupons un très confortable wagon couloir.
A
tous les arrêts, afflue la population endimanchée qui nous acclame
chaleureusement – allocutions, fleurs, signatures sur les drapeaux etc.
Depuis
Rennes, impossible d’avoir des journaux. Les hommes se conduisent bien,
heureusement, car les cadres inférieurs sont un peu inertes. Quelques jours de campagne
et on aura la cohésion nécessaire. La concentration se poursuit sans à coup,
elle a été remarquablement préparée et la bonne volonté de tous la fait
réussir.
Les
sections HR (***) fonctionnent bien.
(*) : Le commandant HUBERDEA commande
le 5ème bataillon du 271ème régiment d’infanterie.
(**) : En 3ème classe.
(***) : Sections HR : sections
hors rang = l’intendance
Voyage
sans incidents jusqu’à Laon.
Là,
les nouvelles de la guerre se précisent, on affirme une victoire de la
cavalerie française menée par le général SORDET sur des régiments allemands
vers Tongnes. On a un aperçu assez vague de la
composition des différentes armées. Le débarquement en force des Anglais est
confirmé.
Jusqu’alors
nous avions conclu de certains indices qu’on dirigerait le régiment sur la
Belgique, l’E.M. (*) installé à la G.R. (**) nous enlève cette illusion en nous expédiant sur Le
Chatelet, ligne de Reims à Rethel.
Dès
Soissons, où de gracieuses dames de la C.R. (***) nous comblent de cafés et de sourires, on fait monter sur un truc une
section, commandée par un officier, dans le but assez illusoire de tirer sur
les aéroplanes ennemis. A quoi les reconnaître ? Mystère.
En
attendant nous longeons les hangars de Bétheny-aviation où des appareils bien
français s’élèvent salués par nos bravos.
Le
débarquement du convoi au Châtelet(-sur-Retourne), au
crépuscule et sans lanternes, avec des équipes peu nombreuses et mal exercées
est un peu laborieux. Tout se passe, heureusement, sans accidents.
Le
Lt. Colonel m’invite à partager à l’auberge un repas
léger mais chaud qui nous fait grand plaisir après les viandes froides et les
boissons tièdes que nous absorbons depuis 30 heures.
Pendant
cet aimable intermède, je perds ma fidèle Bagatelle et le plus fidèle Bléogat (****), que je retrouve l’un tirant l’autre le lendemain
matin.
Un
quart d’heure de footing et nous sommes au cantonnement de Neuflize
où je trouve vers minuit le sommeil qui clôture une journée bien remplie.
(*) : E.M. : état-major
(**) : G.R. : gare régulatrice.
(***) : Croix rouge.
(****) : Les noms de
chevaux ?
Départ
de Neuflize pour Leffincourt
– 16km – La marche, après deux nuits de voyage, avec des hommes aussi peu
entraînés à la marche avec un paquetage, devient une déroute après le 8ème
kilomètre. Plus de cent hommes s’écroulent dans les fossés après avoir chargé à
tout rompre les voitures qui nous suivent. (*)
Enfin,
après une halte obligée d’une heure dans un boqueteau au fond duquel coule la
Retourne, nous atteignons le cantonnement où le bataillon ROGIER (**), arrivé quelques heures avant, nous a installés…
Je
suis logé, pour ma part, chez un brave homme qui mériterait d’avoir vu le jour
en Bretagne : tout dans la maison est sale et puant. Je me lave dans une
modeste écuelle. Je fais cependant dans ce confort relatif ma première toilette
depuis Saint-Brieuc.
Le
soir, une bonne table nous réunit, le porte-drapeau met lui
même la main à la pâte pour remplacer un Vatel absent.
(*) : Le JMO (journal du régiment) précise :
« La fatigue, la chaleur et le
manque d’entrainement rendent très pénible cette marche de16 km. De nombreux
coups de chaleurs se produisent (…) 35 hommes sont évacués. »
(**) : Le commandant Henri Fernand
Théodore Adolphe ROGIER commande le 6ème bataillon du 271ème régiment
d’infanterie. Il est mort pour la France le 16 octobre 1914 à l’hôpital de
Sens. Voir sa fiche.
Stationnement
à Leffincourt.
Ce
jour de repos fait beaucoup de bien et serait plus efficace encore si la
plupart des traînards ne cherchaient du (?) dans l’alcool. Heureusement, les
cabarets sont à peu près vides d’alcool ; ils sont d’ailleurs consignés.
Quelques
heures sont consacrées à des exercices de combat près du cantonnement.
Sur
le tard, on apprend la mort d’un soldat du 271ème qui a succombé à une
congestion cérébrale due à son imprudence : il s’est précipité, tout en sueur,
sur une fontaine d’eau glacée. (*)
(*) : Entre le 1er et le 15 août 1914,
le seul mort du 271ème régiment d’infanterie est : Pierre Joseph LAGEAT,
29 ans, de Saint-Brieuc. Il est déclaré ‘’ mort
pour la France au combat de Dricourt ‘’. Dricourt est le hameau à côté de Leffincourt,
il n’y a eu aucun combat, les Allemands se trouvant à 50 km de là.
Le capitaine MERCIER, qui tient le
journal du régiment et son annexe des pertes en hommes, ne l’indique pas sur
celui du régiment, et l’annexe n’est pas visible sur le site ‘’ mémoire des
Hommes ‘’. A-t-il voulu préservé la famille (qui
touchera une pension) en notifiant qu’il soit mort au combat ? Voir sa fiche.
On
gagne Vrizy, près Vouziers.
Ce
mouvement amène la division en bordure de l’Aisne. Nous rejoignons ici les
services du XIème corps, que nous reverrons souvent. Pour le moment, il y a
avec nous à Vrizy une section de munitions d’artillerie,
une ½ compagnie du génie et des pontonniers.
Les
villages où nous passons, commencent à manquer de vivres, ayant eu plusieurs
passages de troupes, sans grand moyen de se ravitailler. Ce qui manque le plus,
ce sont les nouvelles certaines. Quant à la correspondance privée, elle est
inexistante. Pas de lettres des nôtres depuis le départ.
J’occupe
une chambre modeste, mais coquette, d’une jeune institutrice qui se rend à
Vouziers tous les jours. Depuis la guerre, elle s’emploie à faire la cuisine
pour les nécessiteux de la ville. Elle rapporte chaque soir les nouvelles
affichées à la sous-préfecture, que je connais ici 24 heures à l’avance.
Séjour
à Vrizy.
Inaction
complète. On voit un ou deux avions, sans pouvoir affirmer leur nationalité.
Depuis
Leffincourt, l’abbé LE DOUAREC, de Saint-Brieuc, nous
suit comme aumônier volontaire (*). Il célèbre, à
l’église de Vrizy, une messe basse où nous allons en
grand nombre et les soldats en foule. Il prononce, en bons termes, une petite
allocution. L’avé Maria stella,
des cantiques sont chantés par les soldats, sur le mode mineur des bretons,
très touchant.
Et
ce sont ces mêmes hommes qui remplissent les rues de leurs bandes avinées et
sans discipline. (**)
La
première impression donnée par le régiment n’est pas bonne ; non seulement il y
a beaucoup de traînards et de malades, mais le moral n’est guère élevé. Tout le
monde est un peu atone.
L’après-midi, on part assez brusquement pour le Chêne-Populeux où
le régiment arrive à 17 heures, poursuivi par une pluie d’orage. La fatigue et
la pluie font négliger les mesures de sécurité les plus élémentaires.
Heureusement,
l’ennemi est loin.
(*) : C’est exact. Il s’git de LE DOUAREC François Charles Marie Joseph né à
Saint-Brieuc en juillet 1879. Voir sa fiche matriculaire : page 1 -- page 2
(**) : Le service
santé divisionnaire écrit à la date du 15 août : ‘’ Les marches de concentration opérées par
temps très chaud éprouvent les réservistes assez pour entrainer quelques deces par oup de chaleur chez les
alcoliques ‘’
Départ
précipité pour Boutancourt ; la division (*) va border la Meuse et s’intercaler entre deux corps de
1ère ligne.
La
première partie de la marche s’opère très bien, la seconde moitié
.. ?.. beaucoup de traînards, peu habitués
encore aux privations et beaucoup n’ont pas pris le café du matin et n’en
prendront un autre qu’à l’arrivée à l’étape, vers 14 heures.
Nous
voyons défiler, dans Boutancourt, notre nouveau gîte,
les mêmes services qu’a Vrizy. Nous avons aussi le
spectacle, peu récréatif, du 248ème, complètement allégé et pourtant bien mal
en point.
Il
a à faire une étape de 39km et c’est énorme pour des régiments comme les
nôtres.
Le soir, à la popote parfaitement installée, je remporte une
victoire signalée sur l’aumônier, pourtant licencié es
lettres, à propos d’une question de grammaire latine.
(*) : 60ème division d’inanterie.
Séjour
à Boutancourt.
L’accueil
un peu froid et guindé que les habitants nous ont fait la veille, s’explique
par le sans-gêne dont le 36ème, qui a séjourné chez eux pendant six jours en a agit avec tout le monde. Maintenant, on fait la différence,
et nous sommes reçus avec toute la bienveillance d’une population qui n’est pas
très expansive.
Départ
pour Donchéry, petite étape sur bonne route.
Depuis
Flize, nous remontons la riante vallée de la Meuse, nous lisons quelques journaux,
ce qui n’était pas arrivé depuis deux jours.
Un
biplan, de nationalité impossible à déterminer nous survole ; dans le doute, on
ne s’abstient pas, fusils et mitrailleuses font rage, sans résultat apparent.
Donchéry
est une vraie petite ville encore approvisionnée ; l’accueil est parfait malgré
que le passage des troupes soit .. ?.. depuis 15 jours : chambres salles à manger, ustensiles de
toute nature sont mis à notre disposition.
Je
commence à acheter des cartes postales – à titre de souvenir – car je ne
saurais les envoyer pour ne pas trahir les secrets de la concentration.
L’église, très
renommée dans le pays, m’a paru quelconque.
La
marche en avant, déjà amorcée, s’arrête – il faut laisser passer devant nous le
9ème corps, ramené de la .. ?..Nous les suivront en
2ème ligne dans quelques jours, sauf changements nouveaux.
J’ai
réquisitionné hier trois chevaux ; les deux meilleurs m’ont été enlevés deux
heures après par un autre corps qui refuse énergiquement de les rendre.
Dans
l’intervalle, ils ont eu le temps de s’emballer et de bousculer notre officier
d’approvisionnement qui s’est relevé sans aucun mal, son cheval a été un peu
moins heureux, mais en sera quitte pour quelques jours de repos.
Visite
sommaire de Sedan avec le Lt. Colonel.
Petite
ville quelconque, assez bien bâtie, nulles traces de la guerre de 1870 pour un
œil non averti. Quant à la guerre actuelle, on ne s’en doute qu’en voyant la
quantité d’autos et d’uniformes de toute espèce qui sillonnent la ville. Les
grandes maisons sont fermées, mais le petit commerce fait de bonnes affaires.
De
grands édifices sont aménagés en ambulances.
Nous
continuons à gémir sur le manque de nouvelles, d’autant qu’il est probable que
nos lettres n’arrivent pas davantage pour réconforter les nôtres.
Les
postiers toujours.. ?.. et désoeuvrés, commencent à être regardés de mauvais œil.
Toute notre reconnaissance, au contraire, à la receveuse des postes de Donchéry qui passe les dépêches avec une bonne grâce
inépuisable. La dépêche que j’ai essayé de passer hier est restée sans réponse.
Séjour
à Donchéry.
Nous
faisons des repas pantagruéliques dans une maison fort
aisée où nous avons installé notre popote.
Sans
pitié pour notre estomac, le porte-drapeau qui préside à la confection de ces
festins, entasse viandes sur viandes et ne considère pas les pommes de terre
comme dignes de nos palais.
Toujours
à Donchéry.
Promenade
à cheval avec le Lt.Colonel. Visite des villages de Vrigne-au-Bois, riche et bien
bâti et de Vivier-au-Court.
Départ
dans la nuit pour la Belgique. Nous traversons St Menges
au petit jour.
A 7 heures, nous dépassons le poteau frontière et nous voyons bientôt
la douane du Ban d’Alle, avec un douanier au képi
rigide.
Après
une descente très pittoresque, la forêt se termine brusquement sur la Semois
que nous passons au pont de Poupehan. Nous trouvons
sur l’autre rive un groupe d’artillerie du.. ?.. fort mal en point, qui vient d’être surpris la veille au
soir au village de Porcheresse.
Les
habitants paraissent avoir été de connivence.
Vers 1 heure, nous traversons le village de Rochehaut,
parfaitement insignifiant et nous en gardons la sortie nord, en arrière de la
division. Toute la journée, le canon tonne et se rapproche.
La
division, dont les têtes se sont avancées à Vivy et à
Mogimont se replie sur la Semois.
Des
renseignements recueillis au QG de la 9ème armée, il résulte que l’armée
allemande, après avoir marché sans relâche depuis le début de la campagne, en
est arrivée à l’extrême limite de la fatigue.
La
vigoureuse offensive prise depuis trois jours par nos troupes a jeté la
surprise dans les rangs de l’ennemi qui était persuadé que nous n’offririons
désormais aucune résistance. Il importe au plus haut point de profiter des
circonstances actuelles.
A
l’heure décisive qui vient de sonner, où se jouent l’honneur et le salut de la
Patrie, français, officiers, sous-officiers, soldats, puiseront dans l’énergie
de notre race, la force de tenir jusqu’au moment où, épuisé, l’ennemi va
reculer.
Le
désordre qui règne dans les troupes allemandes est le signe précurseur de la
victoire, en continuant, avec la plus grande énergie l’effort commencé, notre
armée est certaine d’arrêter la marche de l’ennemi et de le rejeter hors du sol
de la Patrie.
Mais
il faut que chacun soit convaincu que le succès appartiendra à celui qui durera
le plus.
Les
nouvelles.. ?.. du front sont
d’ailleurs excellentes.
La
21ème compagnie, actuellement à Sedan, rejoindra directement à Saint-Menges le chef de bataillon qui fixera une heure d’entrée
dans la colonne.
12h35
Un
régiment au nord-est de Rochehaut, à la bifurcation
des routes de Vivy et de Mogimont.
L’autre régiment entre Poupehan et Corbion.
Le
bataillon à compléter……avec mission d’occuper et de tenir la presqu’île d’Iges.
L’autre
bataillon, à l’EM (*), se portera sur le
bois au nord de Cheveuges. Ravitaillement à Sapogne.
(*) : E.M. : état-major
Cinq
blessés légèrement à la 20ème compagnie.
Evacuation
Vrizy, Vandy par
Attigny-sur-Givry et la rive gauche de l’Aisne.
Demain
30 août ; Continuation du mouvement de retraite vers l’Aisne.
Le
271ème et le groupe d’artillerie stationnés à Guincourt, la compagnie divisionnaire du génie continuent
la retraite sous les ordres du général commandant la 119ème brigade.
L’artillerie prendra position à la cote 205. Le 271ème aura un bataillon sur la
ligne Le….maison des bœufs (5ème bataillon).
L’autre
bataillon du 271ème (6ème bataillon) et la compagnie du génie à la disposition
du général à la cote 193 (est de l’ancien château). Tous ces éléments devront
être en position à 5 heures.
Poste
de commandement du général à la cote 193 où se trouvera également le Lt.colonel.
Le
T.R. (*) partira de Guincourt à 3
heures, se dirigeant vers Attigny et la rive gauche de l’Aisne par Tourteron. Il recevra de nouveaux ordres en cours de route.
Les
T.C. (**) marcherons avec leur bataillon.
Cheveuges
le 29 août 2h00 :
Le
régiment se mettra en route immédiatement dans la direction de St
Aignan-sous-Bar. Rassemblement à la croisée des chemins Villers-sous-Bar – Cheveuges (sortie du village). Les bataillons passeront
dans l’ordre où ils se présenteront.
Les
T.R. et les T.C. précèderont le régiment.
Itinéraire
: St.Aignan-sous-Bar – Sapogne
– Villers-sous-Bar.
(*) : TC : Train de combat.
(**) : TR : Train
régimentaire
FIN
DU CARNET
![]()
Ecrit
par un inconnu, à propos du capitaine MERCIER :
« Le 26 août, Donchéry, deux bataillons se
trouvaient engagés sous un feu violent avec une section au pont et deux
compagnies dans les tranchées, défendant le …. de
terrain de la chapelle Piot qui commande le pont.
La situation devenant intenable, il
s’agissait de commander les mouvements de repli.
Le capitaine MERCIER, adjoint au chef de
corps, n’hésitât pas ; dans ce terrain mitraillé : on le vit tranquille et
calme, sans même accélérer le pas, porter les ordres et maintenir les hommes
dans une retraite honorable.
Le même jour, lorsque la brigade essuya
un retour offensif à St Aignan, le capitaine MERCIER eut encore la même
attitude, depuis la tombée de la nuit, en allant s’assurer que la dernière
compagnie engagée avait pu se retirer.
Le
30 août, à Guincourt et Tourteron, le régiment engagé de 5h1/2 à 13h 1/2 eut à
subir des feux violents d’artillerie, de mitrailleuses et d’infanterie. Deux
capitaines avaient été tués, les pertes étaient sérieuses et les hommes
difficiles à maintenir. Ils resteront néanmoins pendant ces longues heures,
grâce à leurs efforts, à l’énergie des chefs et à leur belle attitude.
Le capitaine MERCIER fut un de ceux dont
on peut admirer le tranquille courage. J’estime qu’il a beaucoup fait pour empêcher
une débandade. »
Au
sud de St Hilaire, le 14 septembre 1914, 8h05

Extrait JMO du 271ème régiment d’infanterie

Extrait de la
fiche matriculaire
Le
capitaine MERCIER, a été blessé ce même jour, à cet endroit, par 16 éclats de schrapnell. Il est décédé 4 mois plus tard, le 25 janvier
1915 à l’hôpital de Sens.
Comme
il était le rédacteur du JMO, on peut remarquer que l’écriture
change le 14 septembre.
FIN des ÉCRITS
![]()
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