Carnet de guerre de Claude PARRON

du 26e régiment d’infanterie

 

 

Mise à jour : mars 2017

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PRELUDE

 

« Les pages qui suivent sont la reproduction du cahier écrit par Claude PARRON (mon arrière grand-oncle) entre le 22 juin 1915 et le 5 août 1915.

Ce sont ses souvenirs, ses réflexions rapportées pendant cette période de la guerre des tranchées.

J’ai essayé de reproduire le plus fidèlement possible son propre texte ce qui explique les fautes d’orthographe et de syntaxe.

Ce cahier, je l’ai découvert, il y a déjà quelques années chez ma grand-mère Louise PARRON, épouse François ANSOUD, à Messimy dans l’Ain. J’étais alors adolescent. La lecture de ce cahier écrit dans des conditions particulièrement difficiles m’avait révolté.

Quelques années après j’ai eu la chance de récupérer ce cahier.

 

Avoir un témoignage d’une personne aussi proche de moi sans l’avoir jamais connue, découvrir son destin aux travers des paroles de mes grands-parents, m’ont incité à sauvegarder ces écrits.

J’ai eu envie de prolonger la vie, bien courte, de Claude par la diffusion de ce document. »

Jean François, Février 2006

 

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Qui est Claude PARRON ?

 

Il est né le 27 octobre 1894 à Villeneuve (Ain)

Issu d’une famille de cultivateur très modeste de 5 enfants (3 garçons et 2 filles : Claudine né en 1890, Claude né en 1896, Jean-François né en 1898, Louise né en 1901, Pierre). Le père Claude PARRON est déjà décédé lors du départ de Claude à la guerre. Claude travaille sur la ferme familiale à Villeneuve dans l’Ain (lieu-dit « les Amaries »).

Sur sa fiche matriculaire on peut retrouver une confirmation de ce que j’avais entendu dire par ma grand-mère. On peut aussi vérifier ses différentes affectations, ses blessures et maladies.

Les dates écrites dans son cahier sont confirmées par le registre matriculaire.

Voir sa fiche matriculaire   page 1   page 2

 

 

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Étude du carnet :

 

Fin 2016, ce carnet a été étudié en cours de deuxième année du département d'histoire de l'Université de Montréal (Québec).

 

En 2015, ce carnet a été étudié par plusieurs enseignants du lycée Condorcet de Lens (62).

 

En 2008, ce carnet a été étudié par le professeur d’histoire du Lycée Fresnel de Bernay (27) et ses élèves.

 

 

 

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Commencé le 22 juin 1919, Souvenirs

 

Tenant à réunir dans un même cahier tout ce qui m’a rappeler mon entrée au service militaire et en même temps la fameuse campagne 1914-15.

J’ai donc écris ceci comme le meilleur souvenir de toute ces choses pour moi et en même pour ma famille et enfin tout ceux dont ces lignes pourrait leur faire plaisir à lire en pensant à tant de choses qui se sont passées.

C’est donc tout le sujet de ces lignes que vais commencée en ayant soins de mettre ma signature en dessous chaque chapitre ou plutôt chaque résumé pour attester que tout ceci a bien été fait par moi.

PARRON Claude né à Villeneuve (Ain) le 27 octobre 1894.

Signé PARRON Claude

 

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Sommaire

(Ne figure pas dans le carnet)

 

Premier résumé : de mon arrivée à mon départ sur le front

Deuxième résumé : ce que j’avais sur moi et en tenue de campagne

Troisième résumé : de mon départ au front mon retour a l’hôpital

Quatrième résumé : souvenirs de Belgique. (début 1915)

Cinquième résumé : Hiver 1915 et la France.

Sixième résumé : Fable de France. Les nôtres - Les vôtres…

Septième résumé : Causeries sur la guerre.

Huitième résumé : Honneur aux camarades, qu’on ne verra plus

Neuvième résumé : Critiques et pensées

Dixième résumé : Chanson

Onzième résumé : Conclusion

 

 

Premier résumé : de mon arrivée à mon départ sur le front : sept.-décembre 1914

Je suis parti de chez moi la nuit du 3 au 4 septembre 1914 pour rejoindre le 44ème de ligne qui tenait garnison à Lons-le-Saunier.

Alors depuis le 4 jusqu’au 20 environ je suis resté à Lons-le-Saunier au dépôt et ce jour-là je suis partit au camp du Valdalion pour y faire mes classes.. Puis je suis revenu à Lons-le-Saunier le 6 novembre environ ou je suis resté jusqu’au 28 décembre a 8 heures ¼ heure ou je partais pour rejoindre le 26ème.

 

Pendant tout ce temps la ce fut la vie de caserne et je ne fut encore pas trop mal au dépôt je couchais toujours dans un lit et au camp dans un sac à viande une paillaisse est un isolateur puis, revenu au dépôt, j’eu deux permission une de 48 heures et l’autre de 24 juste le jour avant de partir.

Puis c’est tout.

Signé PARRON Claude

Deuxième résumé : ce que j’avais sur moi et en tenue de campagne

Sur moi, deux flanelles une chemise trois ceinture. Des médailles chapelet et scapulaires. Deux cravates, des épingles de sureté mon porte-monnaie, un couteau, un mouchoir une pipe, un tricôt, un veston, un calecon deux pantalons deux paires de chaussettes, une paire de souliers, une paire de jambières un képi et un couvre-képi un cache-nez, une capôte, un passe montagne un calôt une paire de gants, une paire de manchettes, un décrassoir, des ficelles, deux crayons, deux carnets du papier a lettre, mon livret, un paquet de pansement, ma correspondance, une patte d’épaule des bretelles.

 

En plus, « Tenue de Campagne »

Mon fusil, mon bidon, mon équipement c’est-a-dire bretelles de suspension et cartouchières et épée baïonnette, ma musette qui contient, fourchette, cuillère, quart, gamelle, pain et vivre, mon sac, une chemise, une flanelle un calecon, deux boites de singe, douze biscuits, du chocolat, une boite, une baguette et une brosse à fusil, une couverture, une peau de mouton un bidon de campement, un outil, une toile de tente quatre mouchoirs, un cache-nez, une trousse a raccommoder, un torchon, un savon, trois paires de chaussettes, du coton, quatre paquet de cartouches, du philopate, des ficelles de toile de tente, du tabac.

Puis 150 cartouches en temps normal en campagne et 250 pour une attaque qu’on met dans la musette et dans les cartouchières puis aussi dans le sac. A tout cela on pourrait encore y ajouter certains petits objets sans importance.

 

Mais enfin ce que j’ai marqué c’est tout ce que j’avais lorsque je suis partit je n’y ai rien ajouter ni rien sortit. Ceux qui liront ces lignes verront que ce n’est pas étonnant qu’on évaluent a trente cinq kilogrammes environ le chargement complet d’un fantassin en campagne.

Maintenant c’est a vous de juger et d’en penser ce que vous voudrez.

Pour moi je sais que trop ce qu’il en ai. Donc, au revoir a tous.

Signé PARRON Claude

Troisième résumé : De mon départ au front à mon retour à l’hôpital (déc. 1914 – 25 mai 1915)

Pour en revenir au fait, je laissais donc le 44e et le 28 décembre a 8 heures moins ¼ je quittais la caserne de Lons-le-Saunier pour aller embarquer pour rejoindre mon nouveau régiment auxquel je venais d’être versé c’est a dire le 26ème de ligne dont la garnison était à Nancy mais qui avait été transféré a Mâcon endroit ou je le rejoignit. Le 28 décembre 1914, Claude PARRON est muté au 26e régiment d’infanterie.

 

Pendant deux jours, je couchais dans les granges et le 30 décembre a 4 heures de soir je quittais Mâcon tout équipé au complet avec 120 cartouches et j’embarquais pour direction inconnue quoique que je me doutais bien qu’on allait nous mener en Belgique car le 26ème y était.

Puis comme on s’en doutait on nous mena en Belgique et voici les principales gares que j’ai passé pour y aller, Mâcon, Chalons, Dijon, Laroche, Joigny, Sens, Montereau, St Mamès, Fontainebleau, Melun. Montgeron, Villeneuve-St-Georges, Paris-Est, Le Bourget, Amiens, Abbeville, Boulogne-sur-Mer, Calais, Bourbourg, Dunkerque puis Bergues ou on a débarqué…

 

Récapitulation…..

J’avais finit de couché dans un lit le 25 décembre c’est a dire la nuit de Noël et c’est chez moi étant en permission que j’avais arrêté de coucher c’est a dire dans mon lit.

 

Ensuite j’ai passé le 27 décembre chez moi et la nuit du 27 au 28 en chemin de fer ensuite j’ai couché dans les granges a Mâcon et lorsque nous sommes débarqués a Bergues j’ai été cantonné dans un village a environ 15 kilomètres de ce dernier appelé Oost-Cappel ou on couchait dans les écuries les remises les vieilles maisons les granges enfin de partout.

 

Puis je suis partit de ce dernier endroit d’Oost-Cappel le 25 janvier pour aller au Lion Belge ou on a cantonné une nuit pour repartir le 26 prendre les tranchées du côté de Langemarck en avant du canal et de la Maison du Passeur.

Puis j’ai fait trois jours dans ces tranchées et ensuite on était en réserve d’armée pendant une quinzaine de jours.

 

Puis vers le quinze février on retournait prendre les tranchées mais plus du côté de Langemarck, cette fois-ci on allait du côté de St Julien ou plutôt en avant de St Julien entre ce dernier endroit et Roulers qui était aux Boches a environ douze kilomètre en avant d’Ypres pour aller au repos ou bien sur le canal.

Car le plus souvent on allait a Vonester, Lessingue, Liverdingue, Lion Belge, Elverdinghe, Poperinghe, Oostleteren en passant par Vitchle et St Jean puis on a passé et été aussi dans beaucoup d’autres endroits dont je ne me rappelle pas.

 

Puis on a pris ces tranchées tout l’hiver sans avoir trop de pertes et toujours dans le même secteur dont on faisait 4 jours de tranchées et 4 jours de repos jusqu’au 13 avril au soir.

 

Puis le 13 au soir nous avons quitté les tranchées qui ont été occupées par des troupes anglaises, les Canadiens (*) et nous sommes aller dans un petit endroit a côté de Unster ou nous sommes arrivé le matin, alors nous y avons fait le café et mangé un peu.

 

(*) : C’est dans la nuit du 14 au 15 avril que le régiment est relevé par une brigade canadienne : source JMO (Journal des Marches et opérations du régiment)

 

Ensuite d’ici nous avons été sur la grand route a Unster pour embarquer et vers 9 heures nous sommes partit en autobus. Jusqu’au environ d’Herzeele et de la nous sommes partit a pied jusqu'à Cassel qui se trouvait a environ 12 a 15 kilomètres de ce dernier endroit.

 

Puis nous sommes arrivé vers quatre heures du soir a Cassel ou nous avons fait le café et mangé et nous sommes partit a la gare pour embarquer par la vers 7 heures du soir et a huit heures environ le train partait pour destination inconnue.

Il faisait un détour en passant par Calais, St Omer, Estrées et nous emmenaient a St Pol ou on débarquait le lendemain matin 15 avril vers deux heures du matin, puis de ce dernier endroit on partait pour aller cantonner dans un petit village a environ 15 kilomètres de St Pol. (Il s’agit de Valhuon à 6 km de Saint-Pol-sur-Ternoise, 62).

 

Et de la, jusqu’au 28 avril, on cantonnait un peu de partout et on changeait souvent de village.

 

Puis le 28 on partait cantonné a Mareuil a environ 4 kilomètres d’Arras, alors depuis le 28 avril jusqu’au 9 mai, jour de la grande attaque, on allait travailler a faire des boyaux un peu de partout quelquefois entre les 1ère lignes Boches et les notres.

 

Quoique a partir du 1er mai le 1er bataillon de mon régiment était en ligne.

 

Puis le 7 mai et 8, on sentait qu’une attaque approchait et en effet nos officiers nous en parlait en nous disant de bien marcher qu’ils comptait sur nous et que tout marcherait surement bien car ils nous avertissaient qu’ils y avait une préparation d’artillerie formidable telles qu’on en avait jamais vu de si terrible qu’on comptait envoyer onze cent coups a la minute et par ce moyen bouleverser complètement les tranchées boches et abrutir ceux qui se trouveraient dedans.

Enfin nos officiers et nous mêmes nous avions une grande confiance dans la réussite surtout d’après ce qu’on venait de nous dire car on nous disait même qu’on pouvait prendre les tranchées sans prendre beaucoup de monde et alors depuis le 7 on se tenait prêt pour l’attaque nuit et jour avec une bonne confiance qui ne fut malheureusement pas récompensée.

 

C’est alors dans cette attente que nous restions jusqu'à la nuit du 8 au 9 mai puis dans cette nuit comme on nous en avait un peu avertit le soir on nous réveilla a 1 heure du matin pour partir immédiatement.

On allait attaquer, on partit donc de Mareuil vers 1 heure du matin on passa dans les boyeaux et on arrivera vers 4 heures dans nos seconde ligne.

 

Puis arrivez là, on nous expliqua que notre role était de partir dans l’attaque sur la direction de Thélus qui était aux Boches a environ 2 kilomètre en arrière de leur 1er ligne et on se trouvait alors entre Ecury et Neuville-St-Vaast a environ 2 kilomètre au nord d’Arras et autant au sud du Mont St Eloi.

Puis on devait prendre Thélus, mais il fallait pour cela enfoncer la 1er ligne boches la seconde puis la 3ème et surtout traverser le fameux Labyrinthe (*) de boyaux dont les Boches en avait fait un vrai endroit fortifié.

 

(*) : Le « Labyrinthe » est un système très complexe de tranchées allemandes entre Lens et Arras. S’il est un lieu du front occidental qui dit bien la complexité des combats de la Première Guerre mondiale, c’est le Labyrinthe, au nord d’Arras, entre Ecurie et Neuville-Saint-Vaast. Aujourd’hui, cette portion du champ de bataille se situe sous une gare de péage autoroutière et seule la proximité de deux nécropoles militaires semble indiquer au conducteur que, sous ses roues, il y a un siècle, se déroula un véritable drame. Mais en 1915, le Labyrinthe est tellement connu que les combats qui s’y déroulent ont les honneurs de la presse nationale sur plusieurs journaux.

 

Pour l’attaque le 1er bataillon du 26ème avec le deuxième formait a eux deux la 1er ligne d’attaque et la deuxième dont deux compagnie du 1er en 1er ligne et deux du second, puis 2 Cie du 1er en seconde ligne et aussi 2 du second.

Et nous le 3ème bataillon, comme c’était notre tour, nous formions la 3ème ligne d’attaque et toutes ces lignes devait se suivre a une distance d’environ cinquante mètre et pour partir pendant que la 1er ligne se déployait en tirailleur au bout du boyeaux que nous avions creusés entre les tranchées boches.

Nous la deuxième, devait immédiatement se trouver dans ces boyeaux et la 3ème, c’est a dire mon bataillon devait se trouver en 1er ligne et tous prêts a partir, c’est a dire en 1er ligne de tranchées, et c’est dans cette formation qu’on se trouva en effet au moment de l’attaque malheureusement que sa ne réussit pas.

 

Enfin depuis quatre heures jusqu'à 6 heures du matin on se fit tant bien que mal des abrits contre le bombardement qu’on devait redouter.

C’est alors que vers 6 heures notre artillerie commenca son bombardement sur toutes les positions d’infanterie et d’artillerie allemande. Il fut en effet comme on nous l’avait dit d’une grande intensitée.

 

carte dessinée par Claude PARRON

 

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Et il dura jusque vers 10 heures environ, c’est a dire l’heure fixé pour l’attaque.

C’est alors a ce moment qu’on se trouva tous dans la formation qu’on devait être c’est a dire prêts a foncer.

Puis a ce moment l’artillerie ralentit son tir et tira plus en arrière et on donna de partout le signal d’attaque alors, d’un seul coup, toutes les troupes qui se trouvait sur notre gauche partirent en tirailleurs ainsi que nous.

Mais d’après ce que j’entendis dire là-bas par les hommes et mêmes les sous-officiers, le 17ème corps qui se trouvait sur notre droite ne voulut pas sortir des tranchées, c’est a dire ne voulut pas attaquer et c’est même d’après les dire de beaucoup pour ce motif que l’attaque échoua en grande partie. (Pendant l’attaque, le 26e RI était encadré à droite par le 11e RI (7e corps d’armée) et à sa gauche par le 79e RI (20e corps).

 

Seulement on tint toujours caché le plus qu’on put ces faits, car on dit même qu’on en fusilla pas mal du 17ème pour les punirs mais jamais ceux qui était en arrière ne l’apprirent car sa aurait produit un mauvais effet sur la population.

Toujours est-il que les troupes qui se trouvait sur notre gauche avancèrent d’une moyenne d’environ quatre kilomètres certains endroits un peu plus puis d’autres endroits un peu moins, mais enfin elles y arrivèrent assez vite.

Au lieu que sur notre droite rien ne bougea comme je vous l’ai expliqué et peut-être malheureusement pour tous et surtout pour mon régiment qui aurait put opérer de flanc si sa avait avancé des deux côtés.

Quand a mon régiment tout était prêt et au signal toute la 1er ligne partit elle avait une espace d’environ cent cinquante mètres a franchir. Mais malgré une bonne préparation d’artillerie la 1er ligne Boches n’avait pas de mal et elle se trouvait au contraire criblée de mitrailleuses en face.

Ou mon régiment attaquait et on en comptait au moins une trentaine sur une largeur de douze cent mètres, c’est a dire juste la largeur ou mon régiment attaquait car c’était un des endroits que les Boches avait le plus fortifié parce qu’il formait pour eux un point de grande importance et avec cela le terrain allant légèrement en pente de leur côté ce prétait pour ce motif admirablement bien pour eux au tir de leurs mitrailleuses.

 

C’est donc justement ce qui arriva notre 1er ligne partit mais a mesure qu’elle avancait les hommes tombait étant fauchés par la mitraille puis on envoyait pendant un moment du renfort de la seconde ligne mais les hommes tombaient toujours et des sections entières étaient fauchées, cependant quelques uns arrivèrent jusqu'à une trentaine de mètres mais ils ne purent aller plus loin car ils seraient tombés avant d’arriver.

C’est alors qu’après une heure environ d’un travail si terrible et voyant qu’autant on en enverrait autant ils en tomberaient les Chefs donnèrent l’ordre d’arrêter l’attaque sur ce point mais ceux qui était en bonne santé ou blessé et qui se trouvaient entre les deux lignes furent obligés d’y rester et beaucoup de ceux-la trouvèrent la mort comme cela car aussitôt qu’ils faisaient un mouvement les Boches tiraient dessus et les achevaient ou les tuaient.

 

C’est ainsi qu’en une heure de temps environ, ils firent de terribles ravages dans nos rangs du 1er et 2ème bataillon on comptait prêt de huit cents morts et plus de quatre cents blessés en si peu de temps, puis ceux qui purent revinrent le jours mais une bonne partie furent obligés de rester couchés jusqu’à la grande nuit a 30 ou 40 mètres de la ligne Boches et ce n’est que le soir que les rares survivants purent revenir dans nos lignes a la faveur de la nuit.

Quand aux blessés ceux qui pouvaient revenir revenaient mais les autres restaient car il était impossible d’aller les chercher et c’est ainsi qu’ils durent attendre pour seule délivrance qu’ils pouvaient espérer c’est a dire la mort et pour moi j’en ai vu chose qui m’aurait déchiré le cœur en tout autre circonstance qui remuaient encore le lendemain de l’attaque dans la soirée.

Et c’est justement ce qui ma le plus frappé ainsi que les cris des mourants qu’on entendait a tout instant et qu’on était impuissants a secourir.

 

Le JMO signale 750 tués ou blessés, et encore 200 de plus signalés le soir. Il dit :

« Les rares survivants (de la première vague) continuent cependant à se porter en avant, dépassent la 1e ligne allemande et trouvent une mort glorieuse sur les tranchées de seconde lignes… »

 

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Extrait du JMO de cette journée, cliquez pour agrandir

 

 

 

Enfin parlons plus tôt de l’action.

Comme tout était arrêter dans notre attaque, mon bataillon qui était prêt a aller partir en tirailleur, n’eut pas besoin d’y aller alors on ne sortit pas de la tranchée et au contraire on se recula a environ cinquante mètres.

Dans les boyeaux qu’on accupait en arrivant le matin et c’est ceux qui restaient du 1er et 2ème bataillon qui occupèrent la tranchée de 1er ligne ou ils restèrent même plusieurs jours sans en bouger afin de pouvoir se reformer avec des renforts.

Quand a nous, le 3ème bataillon qu’on avait presque pas eut de perte pendant l’attaque on resta dans nos boyeaux jusqu'à environ sept heures du soir. Puis a cette heure la, comme il venait d’arriver un ordre d’attaque on partit dans la direction de la route de Neuville St Vaast car on avait ordre d’essayer de les prendrent de flan en partant en tirailleur dessus la route d’Ecury a Ablain St Nazaire.

 

Puis on partit jusqu'à environ cent mètres des Boches et on venait de faire environ deux cent cinquante mètres en tirailleur, puis arriver la un ordre nous fut donné de se faire avec un peu de terre des abris individuels puis on nous redit plus rien, alors lorsqu’on vit arriver minuit et 1 heure du matin on juja bon d’approfondir nos trous au cas ou on resterait le lendemain et c’est justement ce qui arriva.

C’est alors qu’on se trouva content d’avoir creusé et fait de nos abris une petite tranchée d’environ 1 mètre de profondeur et d’environ 0m,80 de largeur.

Car pour celui qui ne le saurait pas il est bon dire qu’on ne peut faire ce travail que la nuit ou a peu près car si on le fait le jour en jetant la terre il n’y a rien de telle pour se faire repérer de l’artillerie qui peut par ce moyen apprécier la distance et ensuite elle ne cesse de nous arroser d’obus c’est pour cela que vous comprendrez qu’on est obligé de ne pas bouger le jour et surtout de ne pas se faire voir les 1er et les plus prudentes choses pour un fantassin.

Puis pendant que le 1er et le 2ème bataillon était dans les tranchées de 1er ligne ou on les a laissés. Nous autres le 3ème on resta cinq ou six jours dans notre boyeaux puis ensuite on nous mena en 1er ligne toujours sur le flanc mais un peu plus haut et on nous changea d’ailleurs souvent d’endroit.

 

Jusqu’au 20 au soir, ou on nous fit partir de la tranchée pour aller occuper un boyeau qui se trouvait a environ deux cents mètres en avant de la tranchée et qui y aboutissait par un bout et a l’autre. Tout se croisait avec un boyeau Boche.

Ce boyeau avait environ quatre cents mètres de long on nous y envoya un peloton. C’est a dire soixante hommes environ.

Puis on l’occupa comme on nous avait donnez l’ordre sur une distance d’environ cent cinquante mètres a partir du boyeau Boche. Il est donc facile de comprendre qu’il restait environ deux cent cinquante mètres de boyeau entre nous et notre première tranchée qui était inoccupée et on se trouvait par ce fait isolé des autres et a côté des Boches, puisque les boyeaux se croisaient.

 

Aussi tout ainsi que notre lieutenant voyait qu’on se trouvait dans une très grave situation. Mais malgré tout il fallait y rester et c’est ainsi qu’en arrivant dedans le boyeau malgré qu’on fut exténués de fatigue, il fallut l’arranger un peu et se creuser un petit abri contre l’artillerie. Car le lendemain il ne fallait pas travailler et surtout ne pas se faire voir la moindre chose car l’artillerie tappait déjà assez et c’est ainsi qu’on attendit ce qui arriverait.

Mais on comprenait bien que si les Boches nous avait attaqués on avait beaucoup de hasard d’être pris comme des rats et on se demandait pourquoi on nous avaient envoyé dans un tel endroit et plusieurs fois notre lieutenant fit son possible pour qu’on nous en sortent mais il ne réussit pas.

C’est alors qu’on attendit jusqu’au 21 au soir qu’on vint nous dire qu’on devait attaquer avec un peloton de la 10ème compagnie qui se trouvait a notre gauche et plus en arrière puisque l’attaque aurait lieu vers 1 heure du matin mais qu’il fallait se tenir prêts.

 

Puis vers 10 heures du soir une assez forte attaque Boches se déclancha tout d’un coup a environ 200 mètres sur notre gauche puis fit rage pendant une demie heure environ ou les balles sifflaient de partout et c’est gracé a notre 75 qu’elle fut enfin arrêté. Mais comme sa tapait tout de suite a côté de nous on nous fit tout mettre en éveil au parapet baïonnette au canon et le fusil approvisionné et prêt a faire feu ; car c’était a craindre qu’ils attaquent aussi que nous et d’en cet endroit on n’avait pas de boyeaux en arrière pour se sauver au cas ou on aurait pas put résister aussi on aurait été obligés de se défendre jusqu’au bout et c’est pour cela qu’il était bon de ne pas se laisser surprendre.

 

Mais tout aller encore pour le mieux, car les Boches nous attaquèrent pas mais ils veillaient sérieusement en face nous craignant aussi qu’on attaque.

Car qu’en sa tappe d’un côté il bien a craindre que sa se cogne bientôt a côté et pour celui qui ne le sait pas il est bon dire que a peu-près chaque fois que les Boches attaquent nous contre-attaquons alors comme ils venaient d’attaquer ils s’en méfiaient.

Et comme on avait recu ordre le soir de tacher de les prendre par surprise on pensait qu’après cette attaque Boches a gauche de nous notre attaque en face nous n’aurait pas lieu car après un coup comme cela il ne fallait plus penser de les prendrent par surprises car ils se tenaient surement sur leurs gardes.

 

Mais malgré tout, l’heure d’attaque arriva sans qu’on reçu aucun contrordre.

Alors lorsque arriva une heure on s’équipa au complet on mit le sac au dos et notre sous-lieutenant et nos sergent donnèrent l’ordre de partir tout en faisant le moins de bruit possible car le terrain malgré la légère pente allant du côté Boche se prêtait encore assez pour se cacher parce que sur les 200 mètres environ que nous avions a franchir seulement une quarantaine.

En arrivant au Boches se trouvait en terrain découvert mais avant c’était un grand champ de vieilles betteraves qui n’avait pas put être arrachées a l’automne précédent et dont les feuilles avaient bien repoussées de près de 50 centimètres.

Aussi se trouvait-on ancore assez caché et jusqu’au terrain découvert les Boches ne faisaient que tirailler comme ils en ont l’habitude mais pas de trop.

 

Seulement comme on devait approcher en rampant jusqu'à une quinzaine de mètres de leurs tranchées, ils nous découvrirent tout de suite en débouchant des betteraves et c’est alors qu’ils nous arrosèrent de balles avec leurs et leurs mitrailleuses qui exécutèrent sur nous un tir croisés car leur tranchée faisait le demi cercle puis on se trouvait a une jolie porté de fusil aussi leur tir fut-il bon.

Car malgré que c’était la nuit il nous voyaient comme le jours avec leur fusées éclairantes qu’ils lancaient en masses sans discontinuer. Aussi les balles nous sifflaient comme des mouches autour des oreilles mais malgré cela nous avancions jusqu'à une vingtaine de mètres a peine où je fut blessé juste au moment ou on allait y aller a la baïonnette.

Alors je laissa mon sac sur place et je me traina un peu en arrière ou je trouvait un trou d’obus alors là je quittait tout mon fourmiment pour essayer de me sauver comme je pouvait car les balles sifflaient sans discontinuer et durent comme grêle puis avec cela je perdais assez de sang et je craignais qu’après cinq mois de fatigue et tout cela les forces viennent a me manquer. Mais enfin grâce a Dieu tout alla encore pour le mieux et je réussis enfin a atteindre le boyeau d’ou on était partit.

 

Alors la, je me trouvais a l’abri au moins des balles puis je le suivis jusqu'à notre tranchée de la 1ère ligne ou je fit encore une centaine de mètres pour trouver un camarade qui avec mon paquet de pansement me donna les premiers soin c’est a dire banda ma blessure ou le sang coulait afin de l’arrêter un peu.

Il était temps car en plusieurs fois pendant qu’ils me pensait mes forces faillirent me manquer mais je rassemblait tout mon courage et aussitôt mon pansement fait au lieu d’attendre la que les brancardiers viennent me chercher je partit résolument a Mareuil endroit situé a environ 4 kilomètres au moins et ou se trouvait l’infirmerie.

Je partit donc dans les boyeaux ou je trouvait des hommes du génie qui s’en allèrent assez loin quand-moi et un voulut me donner a manger et a boire. J’acceptai un œuf avec du pain et deux canon de bière.

 

Puis je repartit tout seul a travers champ car le petit jour commencai a venir et je trouva d’ailleurs assez bien mon chemin grâce au artilleurs qui se trouvait partout en arrière et a qui je demandait puis finalement j’arrivai a Mareuil a 4 heures du matin environ.

Alors là je trouvais l’infirmerie ou les majors me firent asseoir puis me donnèrent a boire car encore une fois malgré moi les forces semblaient encore vouloir me trahirent mais je tins bon et vers cinq heures deux majors regardèrent ma blessure d’ou le sang sortait toujours.

Ils la trouvèrent assez grave puis ils me dirent que j’avais en effet eu une forte hémorragie de sang mais que ce n’était pas très sur que l’os fut touché. Alors ils lavèrent un peu la plaie et me refirent mon pansement car le mien était baigné de sang puis me firent coucher sur un brancard, pour m’envoyer immédiatement, pour être visiter encore une fois a Aubigny petite ville un peu plus a l’arrière. Car tous ceux dont l’étât parraissait un peu grave était revisiter a Aubigny avant d’embarquer pour partir.

J’attendis don demie heure environ puis on m’embarqua dans une auto avec cinq autres camarades des plus blessés couchés sur des brancards les uns accrochés au-dessus des autres.

Puis on partit pour Aubigny qui se trouvait a 15 kilomètres environ et ou on n’arriva vers 6 heures.

 

Alors la on nous emporta a l’ambulance ou j’attendis jusqu'à 7 heures environ puis un major vint me défit mon pansement qui était trempé de sang et examina ma blessure qu’il jugea pas trop grave car il me dit que l’os ne devait pas être touché mais que j’étais faible et qu’il faudrait un peu manger.

Puis il m’aida a quitter ma flanelle ma chemise et mon tricot parce que tout était trempé de sang puis il me nettoya ma blessure et me refit mon pansement puis me donna une autre chemise qu’on m’aida a prendre et c’est tout ce que je gardais sur moi avec ma capote car sa ne faisait d’ailleurs pas froid.

 

Puis vers 10 heures, j’alla manger et boire et ensuite je me reposa jusqu'à 4 heures environ ou on vint me réveiller parce qu’on allait nous embarquer on nous remmena donc en auto jusqu'à la gare ou on nous embarqua dans le train sanitaire qui était en train de se former jusqu'à ce qu’il y eut assez de blessés pour compléter le train.

 

Puis vers 7 h 30 du soir, comme le train était complet on partit dans la direction de Paris et on pensait qu’on nous menait a Bordeaux mais on alla plus loin.

Voici d’ailleurs les principales villes que j’ai passées : « Amiens, Montdidier, Clermont, Creil, Beaumont (sur Oise), Ecouen, Le Bourget, Paris , Juvisy, Essones, Etampes, Angerville, Artenay, Orléans, Angers, Poitier, Angoulême, Bordeaux et Pau ou je suis arrivé a 9 heures du matin environ le 25 mai 1915.

 

Seulement j’ai oublié de marquer beaucoup de villes car en chemin je dormait car j’étais très fatigué. Puis comme on s’arrêta assez longtemps au Bourget pour qu’on nous donnent a manger on me fit refaire pour la quatrième fois mon pansement car malgré l’épaisseur de coton qu’on mettait toutes les fois il était encore trempé de sang et sa tachait la chemise.

Autrement j’ai très bien supporté le voyage.

Signé PARRON Claude

Quatrième résumé : souvenirs de Belgique.(fin 1914-avril 1915)

Comme j’ai passé l’hiver en Belgique, je suis très content de pouvoir en parler un peu.

Car pour ma part je puis le dire j’ai emporté une très bonne impression de la population Belge quoique je ne veuille pas dire de la population entière mais des vrai Belges car la Belgique et peuplée aussi de beaucoup d’Allemands d’Hollandais de Polonais, Français et autre mais après les Belges.

C’est surement les Allemands qui s’était le plus implanté en Belgique et c’est pour cela qu’on y trouvait tant d’espions. Maintenant les Belges n’ont pas de langues nationale ce qu’on y parle c’est principalement le flamand espèce de parler qu’on cause aussi dans tout le Nord de la France, mais on y trouve l’Allemand le Français l’Hollandais.

D’ailleurs le Flamand est presque le même que l’Allemand.

Mais d’après ce qu’il ma parut je crois qu’on aurait maintenant beaucoup de tendance a vouloir causer le Français car déjà un grand nombre de Belges le causait assez couramment et le comprenait a peu près tout quoique au début lorsque on était arrivé très peu le comprenait mais ils l’apprenait très vite car ils aimait bien les Français et ils s’apliquait beaucoup a comprendre notre langue et a la parler au lieu qu’ils n’essayait pas d’apprendre la langue Anglaise.

 

Car ils nous aimait bien mieux qu’eux et ont était ont peu le dire presque mieux vu que leurs propres soldat car il avait une grande confiance en nous parce qu’il savait que le Français est bon soldat et ils était bien plus en suretée avec nous qu’avec les Anglais.

Surtout qu’ils connaissait très bien le 20ème corps car il savait que leur roi Albert 1er l’avait demandé comme étant des meilleur corps d’armée Français et il n’avait jamais oubliez que c’était ce corps d’armée qui avait arrêté les Boches dans leur terrible offensive sur Ypres et le canal de l’Yser.

Lors de la 1er offensive c’est-à-dire vers la fin d’août et au mois de septembre 1914 où les Allemands avait ordre de franchir l’Yser coute que coute et ou les notres leurs infligèrent des pertes énormes et tinrent bon malgré la tempète de mitraille qui pendant plus de huit jours faisait rage, mais malgré cela et les grosses perte qu’on subit aussi les Allemands n’allèrent pas plus loin.

Malgré qu’a certains endroits ils passèrent le canal.

Mais les notres leurs firent repasser lestement et ensuite les poursuivirent jusque assez loin d’Ypres et du canal pour qu’ils ne puissant plus bombarder la ville avec leurs petites pièces.

 

Aussi les Allemands éprouvèrent de telles pertes qu’ils ne recommencèrent pas l’expérience jusqu’au 22 avril 1915 car depuis 6 jours on était partit et il attaquèrent les Anglais qui nous avait remplacés en se servant de leurs gazs asphisiant.

Mais jamais il n’attaquèrent sur nous aussi les Belges avaient une grande confiance sur nous car il connaissait la valeur du 20ème qui était formés de la division de Nancy et de la division de Toul qu’on appelait les Divisions de fer.

Aussi lorsqu’on partit, ils était ennuyés et ils nous regardait partir d’un air triste car sil était en suretée d’un côté avec nous.

Ils nous aiment aussi lorsqu’on était cantonnés chez eux, car ils nous trouvaient très familiers au lieu qu’ils aimait pas les Anglais qui sont plutôt fiers, hautains, froids et qui veulent être les maitres partout parce que il se croit plus que les autres qui se battent avec eux.

Malgré qu’il faut le dire les Anglais ont un haut sentiment du devoir surtout de la fraternité car ils sont mêmes généreux pour donner beaucoup de petites choses a leurs camarades étrangers et surtout ils soignent mieux même que nous nos blessés ou tout ceux qui ont besoin de soin et ils sont toujours prêts a rendre service et même a se dévouer pour n’importe qui.

Mais comme je l’ai dit plus haut ils aiment a rester les maitres partout.

 

Aussi j’ai été très content de vivre au milieu de ces braves Belges qui était courageux quand même au milieu de leurs désastres et qui a part quelques uns comme partout nous avaient pas très bien recu mais je parle qu’en générale on était bien vu. Et sur la fin ils venaient dans toutes les maisons pour nous vendres beaucoup de choses dont ont pouvait avoir besoin et ils étaient très familliers et très aimable avec nous.

Maintenant ont peut dire que les Belges sont très économes et aiment beaucoup leurs pays et c’est une nation qui vient d’être appelées a devenir très prospère car la terre y ait bonne rapporte beaucoup et on y emploi les outils et les machines les plus modernes et les mieux perfectionnées.

Puis avec cela les Belges aiment beaucoup le progrès et voyagent beaucoup en France pour remporter chez eux ce qu’ils y apprennent.

Mais malgré tout le Belge et très attaché aux anciennes traditions il aime son Roi et son Dieu aussi la population est très Chrétienne et a peu près tous les jours matin et soir toutes la famille et enfin tout les habitants de la maison se réunissaient pour faire la prière en commun au milieu de nous tous qu’on était en train de se chauffer autour de leurs fourneaux et causer avec eux un moment et ils n’y manquait jamais dans n’importe quelle maison

 

Quand au maisons de villages, elles sont toutes construites en briques et couvertes en tuiles rouges et aussi une bonne partie des maisons de campagne. Mais beaucoup de petites maison en campagne sont encore construites en chaume et couvertes en paille même certaines maisons qui sont batît en briques sont couvertes en paille.

Car on ne peut pas trop y faire de maison en terre car la terre ne se tient pas et le sol ne s’y prêtent pas car l’eau s’infiltrent très peu profond alors le terrain n’est pas ferme.

Aussi il est très rare de voir de haute maison mais le sol y très fertile parce que jamais les plantes ne manquent d’eau et en creusant seulement 40 ou 50 centimètres il n’est pas rare de la trouver et ce fait est produit par rapport au pays qui est plat et partout ou j’ai voyagé ce n’était que de grandes plaines.

Aussi ou l’on veut faire une route qui soit bonne, on est obligé de toute la faire en grosses pierres carrées telle que beaucoup de rues de nos villes, comme Villefranche par exemple, mais malgré cela les voies de communications par routes sont assez nombreuses et par chemin de fer aussi.

Dans tous les villages les maisons sont très propres mais dans la campagne c’est a peut près comme chez nous

 

Dans ce pays on trouve la très belle race de chevaux flamands et la même race de belle vaches rouges mais très peu de bœufs car c’est les cheveaux qui font tout et je n’y ait jamais vu de bœufs mais ont peut dire que tous les animaux domestiques qu’ont y élèves sont de bonne race et en généralitée on les nourrit bien.

La grande culture est le blé et comme chez nous l’avoine la pomme de terre les betteraves, les raves, etc…. puis le lin et le houblon car on y boit en partie que de la bière et il y a beaucoup de houblonnières.

Puis on y cultive aussi le tabac et certains endroits sont aussi en bois mais on brule principalement du charbon mais a peu près partout les récoltes sont belles puis comme il n’y a pas beaucoup de vigne on y boit très peu de vin.

Mais on y boit de la bière et on y vit principalement de tous les produits domestiques et des légumes du jardin et on achète pas beaucoup d’autres aliments.

Quand au pain c’est du pain bis fait avec la farine de froment et de seigle mais malgré cela il n’est pas mauvais, aussi grace a toutes ces habitudes de rusticitée la vie est bien moins cher qu’en France car pour un franc on peut se payer un bon diner quoique un peu plus simple que chez nous car d’ailleurs tout et toutes les habitudes y sont simples et tout est presque 2 tiers moins chers que chez nous.

 

Oui partout on y garde de vielles habitudes et c’est dans ce pays qu’une bonne partie des moulins sont des moulins a vent ou chaque paysans mène son sac de blé et remmène en se retournant son sac de farine.

Quand a la population comme je l’ai déjà dit elle est très catholique et tout le monde respecte le dimanche et assiste aux offices aussi on y trouve de belles églises et tout est appelé a devenir prospère telle que les ville car j’ai traversé bien souvent Ypres et c’est une jolie petite ville aux maisons toutes en briques et ou on trouvent beaucoup de jolis monuments et de beaux chateaux puis des usines et enfin tout dans le même genre que nos villes mais avec des maisons en parties un peu moins hautes que celles de nos villes.

Puis c’est a Ypres qu’aboutit le joli canal de l’Yser et le petit fleuve du même nom qui servent tout deux a alimenter en eau toutes les usines ou autre batiment.

Je termine donc en disant encore une fois que j’ai remporte un bon souvenir de la Belgique

Signé PARRON Claude

Cinquième résumé : Hiver 1915 et la France.

L’hiver que j’ai passé en Belgique fut assez dur quoiqu’il ne fit pas très froid car il pleuvait souvent et alors avec les mauvaises tranchées que nous avions on était souvent tout mouillé et ensuite qu’en on allait au repos on était mal couché car on avait a peu près pas de paille et celle qu’il y avait était achée sentait mauvais.

Puis avec cela remplie de poussière et de vermine car les Boches avait tout détruit au moment de leur 1er avance sur Ypres aussi c’est assez souvent les premiers temps qu’on ne trouvait même pas a manger car sur la fin beaucoup d’habitants étaient revenus et nous vendait tout ce qu’il pouvait.

Mais avant souvent qu’on manquait de manger et c’était d’ailleurs tout froid lorsque le cuisinier arrivait a la tranchée car il faisait le manger a au moins 4 kilomètre c’est-a-dire a St Julien aussi souvent lorsque sa gelait qu’on avait pas le courage de manger car sa nous gelaient.

 

Enfin tant bien que mal l’hiver se passe quoique je fus très malade vers la fin de Mars, je ne mangeais plus et je n’avais plus la force de me tenir debout mais malgré cela il fallut toujours marcher et souvent nuit et jour.

Aussi mes camarades ne croyait pas que je m’en tirerait et plusieurs fois ils portèrent mon sac en se le passant a tour de role.

 

Puis petit a petit, vers le milieu d’avril, j’allais mieux je repris appétit et je tint le coup malgré que je n’était encore guère costaud jusqu’au 22 mai jour ou je fut blessé puis c’est justement pour cela que j’était si faible lorsque j’ai eu perdu du sang.

Maintenant tout l’hiver fut dur car souvent qu’il fallait travailler toute la nuit et le jour il fallait veiller ou marcher si on était au repos et il m’est arrivé de rester 6 heures le sac sur le dos trempé de sueur et ensuite s’arrêter deux heures la nuit dans l’eau et dire que sa gelait a fendre l’âme avec une bise glaciale.

Aussi c’est des pieds que j’ai le plus souffert car on était presque toujours dans l’eau aussi a plusieurs fois ils faillirent me gelés comme des raves.

Et il fallait travailler souvent à ranger les tranchées car la terre ne tenait pas et le plus souvent la tranchée était simplement un talu qu’on faisait en avant et derrière il n’y avait rien.

 

Aussi malgré tout on ne regrette pas trop la Belgique car dans le Pas de Calais on trouva un assez bon accueil et on ne fut pas mal pendant les quinze jour qui suivirent notre arrivé car le jours on se nettoyait et on faisait l’exercice puis on changeait aussi tous les deux trois jours d’endroits alors c’était des marches de nuits d’une quinzaine de kilomètres mais malgré cela on ne se plaignait pas.

 

Jusqu’au 1er mai ou il fallait aller de Mareuil faire des boyeaux un peu partout et toutes les nuits puis dormir un moment avant midi et ensuite passer des revues.

Ce fut comme cela jusqu’au 9 mai ou l’on partit pour l’attaque a 1 heure du matin et ensuite c’était encore pire car il fallait aller de boyeaux en boyeaux et travailler la nuit. puis le jour il ne fallait pas compter dormir car les obus pleuvait drus et ce fut ainsi jusqu’au 22 ou on ne faisait qu’un repas par jour le soir et on resta les trois premiers jours sans vivre ni boisson a bout de force lorsque je suis partis.

Signé PARRON Claude

Sixième résumé : Fable de France. Les nôtres - Les vôtres…

 

C’est un jeune bandit, tout jeune, imberbe et blond

L’œil oblique et fuyant, sous un front en surplomb

Il est un peu voleur, assez incendiaire

Il vient d’assassiner une vieille rentière

Et ce n’était pas la, d’ailleurs, son coup d’essai

Il étrangla pour rire, un enfant, qui passait,

Un jour sur une route. Une autre fois, le drille

A coupé les deux mains d’une petite fille

Il est heureux. Il boit et croit en Dieu …. Pourtant

Quelqu’un, la vu tuer un prêtre a bout portant

On ne le punit point, sa renommée est grande

Car il est Lieutenant dans l’armée Allemande.

 

Voilà nos officiers, monsieur, Guillaume Deux :

Ils ont de beaux habits, ils sont nobles, pieux,

Ils égorgent très bien, entre deux patenôtres :

Je ne sais pas pourquoi, voyez-vous, j’aime mieux

Les notres

 

Quand dans la ville prise, après l’âpre combat,

L’on voit des galonnés pétroler un grabat

D’autres qui, pleins de vin, sous les tables se vautrent,

Ce sont        Et vous donnez la croix aux plus goujat

Les votres

 

Mais quand au premier rang dans la rouge moisson

Des chefs chargent, avec au cœur une chanson

Et tombent les premiers pour entrainer les autres,

Monsieur Guillaume Deux, ces officiers, ce sont

Les notres   !

 

Quand révolver au poing, derrière ces valets

Que vous appelez des soldats, Dieu qu’ils sont laids

Des gradés crient : « Forvaerts ! Forvaerts ! », les bons apôtres

Monsieur Guillaume Deux, c’est admirez-les

Les votres

 

Mais la terre de France, ou coula sans merci

Tant de de sang noble et pur, quand dans le champ noirci

Refleuriront les blés, les froments, les épeautres,

Dira comment ont sut mourir et vaincre aussi

Les notres   !

 

 

Il y a un mot qui semble une signature mais illisible

 

Signé PARRON Claude

 

 

 

Carte dessinée par Claude PARRON (pages 38 et 39)

Septième résumé : Causeries sur la guerre.

Le plan que j’ai fait a la page ci-devant et le plan des tranchées des principales routes et des principeaux pays ou le 9 mai attaqua le 20ème corps car les autres corps se trouvèrent sur la droite et sur la gauche.

A part une division marocaine qui attaqua avec le 20ème a un endroit appelé le bois de la folie et situé du côté de Carency. L’attaque fut très bien menée et n’échoua qu’en face du labyrinte qui était une vraie forteresse aussi c’était la 1ère fois que le 26ème d’Inf. ne put pas enfoncer la ligne a rapport a la tros grande quantitées de mitrailleuses Boches ce qui les sauva et ce qui fit d’ailleurs leur forces d’en beaucoup d’endroit aussi ont peut dire avec juste raison que c’est leurs mitrailleuses qui les sauvent sans cela ca irait mieux.

C’est assez malheureux que l’attaque ne réussit pas car une fois sortit des tranchées ont les auraient harceler sans cesse avec la cavalerie mais si tous les corps d’armées avaient avancés seulement comme le 20ème sa réussissait surement car si on n’avait pas put enfoncer la ligne par devant ont les auraient cernés par derrière.

 

Mais malheureusement comme le 17ème corps n’avait pas bougé a notre droite, on ne put les prendre de flanc que du côté gauche ce qui fut très dur et nécessita plusieurs semaines d’efforts et ce n’est même que les corps qui nous remplacèrent qui en vinrent a bout.

Mais malgré tout le 20ème corps avait très bien marché et l’attaque avait été très bien préparée aussi pour la 1ère fois tout le corps d’armée que le général qui le dirigait fut cité a l’ordre du jour car il avait encore une fois de plus fait voir sa valeur.

Car il faut le dire ce corps d’armée fut mit bien des fois a l’épreuve, il débuta d’abord en Alsace au moment ou on avancait ensuite c’est lui qui vint pour retenir les Allemands qui avancaient sur Nancy car le 15ème corps battait en retraite, aussi il arrêtèrent l’ennemi et lui tinrent coups autour de Lunéville. Aussi grace a cela, jamais les Allemands n’entrèrent a Nancy.

Puis ensuite il fut envoyé a la fameuse bataille de la Marne ou il culbutait l’ennemi

Enfin on le fit partir au plus vite de la marne pour aller combattre en Belgique sur le fameux canal de l’Yser.

 

Toutes ces choses s’était passées assez vite et c’est vers la fin de septembre 1914 qu’il se trouva de nouveau en contact sur le canal de l’Yser avec les meilleurs troupes de kaiser qui avait ordre de passer coute-coute que coute aussi on sait l’effort gigantesque que les Allemands firent pour passer dans l’intention d’atteindre Ypres et ensuite Calais.

Mais malgré leurs efforts ils ne passèrent pas et les journeaux ont assez parlés des milliers de cadavres que les Allemands laissèrent au bords du canal et dedans et qu’ils furent ensuite repoussés d’une dizaine de kilomètres d’Ypres ou on n’établit nos tranchées pour passer l’hiver.

Mais quelques temps après malgré que depuis le commencement de la campagne le 20ème corps avait eut de graves pertes on le reforma et comme ont voulait des troupes sures on le renvoya dans la somme et le Pas de Calais ou les Allemands faisaient aussi de très gros efforts pour atteindre Calais.

Mais la encore les Allemands ne purent avancer et une fois que nos positions furent bien établies c’est a dire le commencement de novembre le 20ème corps céda la place a un autre puis alla se reformer avec des renforts de la classe 1914 un  peu en arrière.

 

Puis ensuite on le renvoya en Belgique en prévisions de nouvelles attaques et parce que Albert 1er Roi des Belges l’avait demandé ainsi que le 9ème corps car avec ceux-là il était rassuré. La il fit encore beaucoup d’attaques partielles et fut attaqué assez souvent aussi mais jamais les Boches ne purent avancer puis c’est donc en Belgique qu’il s’établit pour passer l’hiver.

Avant l’hiver mon régiment fit encore plusieurs attaque et la dernière fut celle du 17 décembre qui valut a ma compagnie d’être citée tout entière a l’ordre du jour du corps d’armée et a notre capitaine de recevoir la croix de la légion d’honneur aussi il ne voulut jamais quitter sa 12ème Cie malgré qu’on lui offrit plusieurs fois de passer Commandant.

Mais il ne voulut pas parce que la 12ème Cie avait fait beaucoup de prisonnier le 17 décembre puis elle avait pris des mitrailleuses et enfin le drapeau du 37ème Bavarois ou plutôt ce qui restait du drapeau car il avait été complètement déchiré.

 

Ensuite on n’attaqua pas jusqu’au 9 mai 1915 aussi pendant l’hiver on eut guère de pertes.

Aussi a la fin de la campagne 1914 le 26ème d’infanterie avait beaucoup souffert et plusieurs fois ont fut obligé de le reformer avec d’autres régiments de l’Est et on décora beaucoup de ceux qui furent restés en tête desquelles fut décoré Monseigneur RUCH, coadjuteur de l’évèque de Nancy et aumonier du 20ème corps qui était un homme courageux autant que son collègue l’abbé MARTIN Capitaine-aumonier du 3ème bataillon au 26ème d’infanterie.

Puis dans l’hiver en visitant les troupes Monsieur le Président de la République Raymond POINCARRÉ tint a venir voir le 26ème d’Inf. qui était son ancien régiment et il passa le 1er bataillon de mon régiment en revue sur la route d’ Woesten a Ypres et ils nous félicita bien chaudement, puis nous encouragea a continuer comme par le passé et nous quitta en nous remerciant de notre bonne tenue et disant qu’il comptait sur nous.

Puis qu’il avait été content de nous voir car beaucoup de soldats du 26ème était comme lui des Lorrains et que comme je vais vous en parler le 26ème était le régiment bien vu de Nancy et qui par sa valeur s’était attiré des sympathie jusqu’en Angleterre et il n’était pas rare de voir des Anglais appeler le 26ème le régiment de fer et dire ou 26ème est les Boches ne passeront pas.

 

Pour vous en parler un peu je vais vous mettre sous les yeux un bout de bulletin que j’ai trouvez sur un journal qui est très vrai et que je vais écrire telle que je l’ai lu. Bulletin trouvé sur un journal et dont le titre est les « Nancy » je commence donc. Les « Nancy ».

Très touchante attention des Anglaises. Beaucoup d’Anglaises ont pour prénom « Nancy ». Nancy est presque aussi répendu  en Angleterre que « Marie » ou Louise chez nous nous Beaucoup de dames Anglaises s’appelant « Nancy » ont eu l’idée de se grouper et d’acheter un grand nombre d’objets d’utilité qu’elles ont envoyé aux hommes du 26ème Régiment d’infanterie qui est par excellence le Régiment de la ville de Nancy.

Les « Nancy » à Nancy

Le colonel du régiment a remercié chaleureusement les « Nancy » de leur très jolie idée.

 

Ce petit récit que j’ai trouvé sur un journal est très vrai et pour ma part j’ai été très content d’avoir touché ma part de cadeaux envoyés par les dames Anglaises a leur régiment favori le 26ème d’Infanterie dont je fais partie.

J’ai voulu parler de cela parce qu’une idée bien claire se dégage de se récit, c’est qu’avec la volonté on fait beaucoup de choses mais en pareille circonstances faire son devoir c’est chose bien dur.

Mais enfin tout en disant que beaucoup d’autres corps d’armée valent celui dont je viens de parler. Il se dégage de ce récit de belle choses que jamais le 20ème corps ne recula et ceci grace a la valeur de ces chefs car autrement tous les soldats se valent.

Mais grace a leurs téméritée toujours et partout il arrêtèrent les Boches et bien souvent les culbutairent mais toutes les fois ils leurs infligèrent de dures leçons. Et lorque dans certains endroits il ne put enfoncer la ligne il se tint toujours sur ses positions mais jamais les Boches ne lui prirent un pouce de terrain et comme je l’ai deja dit c’était la 1ère fois qu’au moment d’une attaque le 26ème ne pouvait pas enfoncer la ligne et cependant Dieu sait qu’il fit son devoir.

Cependant car a moins d’une heure de temps la moitié de son effectif était hors de combat d’ailleurs d’autres régiments essayèrent après nous mais y leurent le même sort quoique la résistance des Boches était déjà moindre et ce n’est qu’après trois semaines d’effort qu’on put les avoir petit a petit en les prenant de flanc.

 

Aussi mes chers ami, je quitte la plume après avoir parler de mon régiment et de ce que j’ai fait et ou j’ai passé sans partit pris et chacun peu en faire autant parce que je ne n’ai pas voulu faire de particularité car je sais qu’un homme en vaut un autre, et je sais que chaque Français sait faire sont devoir aussi si certain régiments n’ont pas marché cela vient des Chefs j’en ai la ferme conviction et non des hommes car les hommes des régiments de l’Est sont les mêmes que ceux du Midi mais ce qui fait le morale du soldat, c’est son chef et la même chose qu’on dit tel père tel fils l’on peut dire tel chef. tel soldat.

si le Chef est bon le soldat l’est aussi et si le Chef est mauvais le soldat l’est aussi.

 

Aussi nous n’avions pas a nous plaindre car nos chefs marchaient les 1er le commandant en tête de son bataillon et le capitaine en tête de sa Compagnie. Je vous dis donc au revoir mes Chers ami qui liront ceci en vous disant que malgré tout j’aime mieux faire parti d’un bon régiment et d’être avec de bons Chefs que d’être avec de mauvais Chefs. Au revoir.

Signé PARRON Claude

Huitième résumé : Honneur aux camarades, qu’on ne verra plus

Oui, je ne veux pas m’arrêter sans dire un mots des malheureux camarades qui sont tombés tant en Belgique qu’en France car ils avaient comme nous une famille qui les aimaient et qu’ils espéraient revoir. Mais la mort a frappé sans pitié pour eux et pour ceux qu’ils laissaient et dont bien souvent ils étaient l’unique soutient ou bien le seul fils de Parents qui ne vivaient plus que pour lui et qui l’aimait tendrement.

Cependant la mort les a enlevés a leurs familles a leurs affections a la fleur de l’âge et c’était cependant les hommes choisit comme les meilleurs parmi tant d’autres aussi je ne les oublieraient jamais non jamais car tous ils sont mort en braves ils ont bien fait leur devoir et ceux qui resteront leurs devront une grande reconnaissance car ils sont mort pour faire le bonheur de tous et c’est déjà la meilleure consolation pour leur famille désolées.

 

Surement que personne ne saura au juste toute les souffrances qu’ils ont endurés et tout les ennuis qu’ils cachaient en eux en pensant a ceux qui leurs était Chers et qu’ils avait quittés pour ne plus revenir.

Aussi ils faut avoir passé ces tristes heures qui précèdes une attaque, chaque camarade recommandant a son ami d’écrire chez lui si l’est tué un moment après, oui si c’est un père il recommande a son ami de consoler sa femme, ses Chers enfants et de les avertir avec tout les ménagements possible. si c’est un fils il fait le même avec son ali en lui disant d’avertir avec beaucoup de ménagements sa Chère Mère qu’il aimait, a qui il pense sans cesse et dont il aurait été bientôt le soutient de ses vieux jours.

Oui il y pense beaucoup car il sait que c’est elle qui l’a élevé et fait de lui un homme et il faut y avoir passé surement pour se figurer la souffrance qu’il éprouve en pensant qu’elle ne le reverrait peut être plus jamais et que depuis longtemps déjà il a été obligé de la quitter.

Puis surtout qu’il mourrait bien loin d’elle couché au milieu d’un champ quelquonque sans sépulcre puis surtout sans pouvoir l’embrasser au moins une dernière fois et encore s’il expirait sans souffrir mais dire qu’a certain il souffre encore pendant plus d’un jour entre les Boches et nous et personne pour calmer sa souffrance aussi presque tous leurs dernier mot c’est « Maman » papa ».

 

Pour ma part, j’en ai malheureusement vu comme cela et sans parler de nos pertes en Belgique car on allait au tranchées en plein terrain découvert. Mais malgré ceci il en restait pas trop.

Mais depuis le 9 mai jusqu’au 24 mon régiment eu de grosse perte qu’on peut estimer a près de deux milles tant blessés que morts et si mon bataillon n’en eu pas trop le jour du 9 il en eu beaucoup les jours suivant car ou d’un côté ou de l’autre on n’attaquait. Le 9 mai on perdit un lieutenant.

 

Je ne parle maintenant rien que de ma compagnie.

Donc un lieutenant un adjudant et une dizaine donne tués puis une dizaine de blessés tant sous-officiers que soldat ensuite on en perdit a peu près tout les jours. A mon escouade, mon caporal Émile LÉGER partit au service quand moi fut blessé mortellement a la tête le 11 mai et mourut le 12 après de dures souffrances et comme on était camarade.

Émile LEGER, caporal, mort pour la France à Hautes-Avesnes (62), le 12 mai 1915. Il était né à Chantonay (Sarthe) le 8 avril 1893. Pas de sépulture militaire connue.

 

Il m’avait chargé d’écrire chez lui s’il lui arrivait cela et je le fis en effet mais pas sans être ennuyé vous pouvez le croire.

Puis le jour suivant c’est mon meilleur camarade de ma classe Fernand VASSEUR qui est blessé a l’épaule et qui me quitte.

Puis enfin dans toute la compagnie il y a des morts et des blessés en attendant a plus tard le quatorze, un de mes camarades et encore tué raide en pleine tête. Il tombe comme Émile LÉGER tout près de moi car ils sont tombés tous deux a 2 mètres de moi a peu près et de plus ils sont tombés tous deux en étant après causer avec les autres.

Aussi vous ne pouvez pas croire la peine que cela fait de causer avec un camarade « maintenant » et dire qu’une minute après ce n’est plus qu’un cadavre.

 

Malgré vous, en ces moments le froid vous glace de peine et cinq minutes après vous suer malgré vous en étant agités plus ou moins et on a besoin de tout son courage pour garder son sang-froid car on sait que quelques minutes après ont peu avoir leur même sort. Aussi je ne les oublierai pas ces pauvres frères d’armes qui ont beaucoup soufferts et qui ont arroser cette terre de France de leur sang et l’on couvert de leur corps pour le rendre plus heureux et libre.

 

Enfin nos pertes a la compagnie ne furent encore pas trop grandes jusqu’au jour fatal du 22 mai au matin ou la moitié de ma compagnie et justement mon peloton furent a peu près sacrifier car on attaquait principalement pour sonder l’ennemi qui se trouvait devant nous avec mission d’aller le plus loin possible et s’arrêter qu’au moment ou on serait forcé mais on ne peut aller qu’au 1er boyau Boches et encore on fut obligé de s’en retourner d’ou on était partit.

Aussi ils revinrent peu nombreux et il y en a encore deux de mon escouade qui furent tués moi qui fut blessés et enfin notre lieutenant tué un sergent resté blessé entre les deux lignes un caporal tué deux sergents blessé plusieurs caporeaux blessés et beaucoup d’hommes tués ou blessés.

 

Tel fut le résultat de treize jours de bataille aussi ma compagnie et mon bataillon ne purent pas attaquer après cela car il en restait trop peu et on fut obliger d’envoyer huit jour le régiment en arrière pour se reposer un peu et enfin se reformer avec les contingents de la classe 1915 qui arrivait.

Il partit danc le 24 mai des tranchées et resta huit jour en arrière et le 20ème corps y alla ensuite tout entier car il marcha pour l’attaque mais comme il était forcé ces pertes furent grandes et on peu dire qu’il perdit près de huit milles hommes dans ce plateau maintenant inoubliable qui s’étend de « Souchez a Arras » mais il avait encore une fois fait sa large part de son devoir et plus tard ce sera encore du blé de France qui poussera dans ce fertile terrain que tant de braves auront racheter au prix de leur sang et de leur peine et j’aurai voulut qu’on les voit monter a l’assaut des tranchées barbares.

 

Aussi vous voyez mes amis tel sont les résultats de la guerre et surtout de la terrible guerre qui met les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe qui se disent civilisés et qui cependant font les plus terribles choses qui ne se sont jamais vu.

Pour moi j’en conclut que de telles choses ne devrait pas exsister et notre grande faute a été de ne pas être prêt pour barrer la frontière car jamais les Boches n’aurait passé et souillez de leurs crime le sol de France.

Enfin prenons courage et espérons toujours mais malgré cela la guerre aura fait beaucoup de malheureux dont la vie ne sera plus qu’un désespoir irréparrable jusqu'à la fin de leurs jours en pensant a celui qui était tant aimé et qui fut fauché par le terrible carnage a la fleur de l’âge.

Donc bon courage et au revoir mes amis

Signé PARRON Claude

Neuvième résumé : Critiques et pensées

Il est en effet bon de dire la vérité et comment sont menées les troupes pendant cette longue guerre puis comment elles opèrent surtout après que les journeaux en ont beaucoup parlez et en ont dit plus ou moins la vérité puis aussi parler un peu de ce qui se passe tant sur le front qu’a l’arrière.

Il faut d’abord le dire avec cette guerre interminable de tranchées de boyeaux de (???? illisible)  de mines et enfin d’abri de terre de toute manière la vie du troupier sur le front est très pénible car se système de se battre demande beaucoup de travail aussi celui qui est sur le front passe-t-il une bonne partie de ses nuits a travailler et ne dort bien souvent qu’un moment le matin.

Car a l’approche des lignes ennemies jusqu'à environ 3 ou 4 kilomètres en arrière il faut que tous les traveaux de fortification se fassent la nuit et il sont nombreux plus qu’on ne pourrait le croire, surtout en terrain plat, car le terrain qui est plaine n’a aucune autre défense naturelle.

 

Alors on est donc obligé d’en faire et s’il arive qu’on avance ou qu’on recule on est obligé de tout recommencer ce pénible travail. Maintenant les travaux de défense peuvent être très nombreux et plus on approche de la 1er ligne plus il y en a. on peut y compter d’abord en avant de la tranchées des postes d’écoutes, des petits postes un réseau de fils de fer barbelés puis enfin un parapet plus ou moins épais.

Ensuite la tranchée de 1er ligne avec abris crénaux et toute sorte pour la rendre a peu près saine.

Ensuite boyeaux de communication avec abri contre l’artillerie puis tranchées de deuxième ligne avec abri crénaux et trous d’assainissement puis ensuite boyeaux de communication fortins et tranchée de troisième ligne pareilles aux autres ensuite derrière tout cela ; des boyeaux, utilisation des maisons, des haies, des bois, des fossés, des talus, des replis de terrain des chemins et enfin de tout ce qui peut servir aux traveaux de défense.

Puis dans les tranchées la soirée on lui fait travailler a des traveaux d’assainissement aussi repose t’il très peu et travaille beaucoup et il fait aussi de longue et pénible marches puis qu’en il est dans la tranchée.

 

Bien souvent qu’il ne peut guère dormir car il arrive que fréquemment pendant ce temps l’artillerie tappe et nous réveille ou bien on dort le plus souvent d’un sommeil agité la tête lourde et bien souvent on ne peut pas dormir car on gèlerait étant couché souvent sur la terre fraiche ou d’autrefois sur de la paille trempée d’eau et étant tout mouillée soi-même aussi lorsqu’on peut trouver quelques bonne cabanes en profite ton pour dormir.

Car le seul plaisir que le troupier peut avoir la-bas c’est de dormir lorsqu’il le peut.

Car il sait que son corps en a grand besoin mais bien malheureusement que bien souvent il ne peut pas. Puis ensuite on l’emmène en arrière pour se reposer un peu mais pour y aller il faut qu’il fassent une nuit de marche et autant pour revenir.

Alors si on l’emmène pour trois ou quatre jour il n’a a peu près que deux nuits a dormir un peu tranquille car le jour il faut qu’il fasse l’exercice, qu’il se nettoie et qu’il passe des revues et avec cela il ne faut pas croire qu’il couche dans de bonne maison bien a l’abri.

Mais au contraire, il couche le plus souvent sous de vieilles remises a moitié démolies et sur la terre dure ou bien des restes de paille qui ne sont ni plus ni moins qu’un mélange de poussière de vermine et toute sorte de saletées avec quelques brins de pailles ou d’herbes hachée par ou circule une quantité de rats et toutes autres bêtes malpropres puis il est obligé de marcher par tout les temps manger lorsqu’il et boire lorsqu’il a a boire.

Quoique malgré tout je ne veux pas dire que le ravitaillement marche mal mais seulement malgré qu’il soit donné ce qu’il faut jamais on ne le recoit en entier car une fois que sa a passé par toutes les mains bien souvent il en reste guère et tout ceux qui sont emloyés a l’arrière en profitent.

 

Maintenant après neuf mois de campagne, le morale des troupes était mauvais malgré que les journeaux en disent le contraire et les troupes étaient épuisés et certains soldats se sont mêmes rendu volontairement puis les officiers qui y étaient depuis longtemps nous cachaient pas qu’ils en avait assez car quoiqu’on en disent la-bas la mort d’un homme n’est rien, et bien souvent l’on en sacrifie sans hésitations et lors-même que l’on sait bien que sait presque sans résultats puis négligeant souvent d’expliquer la position aux soldats de l’infanterie et de l’artillerie.

L’artillerie tire dessus les notres et a certains moments les fantassins se tues les uns les autres fautes de renseignements.

Quand aux officiers la plupart sont en effets très camarade avec leurs hommes et marchent bien souvent en tête avec beaucoup de sang-froid et de courage puis ils aiment leurs hommes car d’ailleurs ils savent bien qu’ils faut marcher.

Autrement les hommes ne marcheraient pas et certains officiers qui étaient mauvais ont bien probablement étés tués par leurs hommes. Aussi ils le savent et le mettent en pratique.

 

Maintenant avant une attaque, on excitent autant que possible les hommes par toutes sortes de procédés vrais ou faux.

Tel que nous pour la grande attaque du 9 mai on nous avaient dit que sa réussirait surement qu’on enfoncerait la ligne et qu’en peut de temps on serait en Allemagne qu’il y avait tellement d’artillerie qu’ils ne pourraient pas résister et qu’après le bombardement on prendrait les tranchées avec presque point de pertes, qu’il fallait en finir que l’Italie allait tapper et surtout qu’il avait neufs attaques a la fois dont septs françaises et deux Anglaises puis qu’on serait remplacés par d’autres régiments au bout de deux jours, et enfin tout un tas de contes comme cela et la nuit du 8 au 9 on nous donné plus de vin que d’habitude et de l’eau de vie pour boire un moment avant l’attaque.

 

Il est donc facile de voir qu’on nous excitait de toutes manières le plus souvent fausses, et maintenant tout le monde sait les tristes choses qui se passait pour prendre un bout de terrain qui par la mort de tant de martyrs jeta pour toujours dans le malheurs et le désespoir des milliers de familles qu’ils aimaient tant.

Mais ceux qui sont au pays ne peuvent pas savoir ce qui se passe au front ou le soldat n’est qu’un instrument de souffrance qu’on envoie partout comme on enverrait une machine et qu’on expose bien souvent a la mort sans souci de rien et j’en ai vu partir beaucoup qui était patriotes et qui ne le sont surement guère maintenant car c’est souvent honteux et décourageant ce que l’on voit sur le front.

Tel que maintenant qu’on donne des permissions de quatre jours aux soldats du front et bien depuis longtemps il en était questions qu’on choisirait, d’après l’affiche qu’on nous avait donnés, les hommes sains biens bâtit puisqu’on les enverraient que dizaine de jours en pêrmissions et une fois la-bas ont leur choisiraient une douzaine de femmes pour refaire la population.

 

Mais ceux d’entre eux qu’il ne leur plaisait pas d’y aller n’y ont pas été et en sont exemptés a l’aide de leur argent.

 

Puis ils sont maintenant employés a l’arrière et maintenant encore plus que jamais on peut le dire l’argent et le grand maitre de la nature et avec lui on fait ce que l’on veut.

Puis maintenant celui qui c’est battu et moins libre que tout autre militaire qu’il se trouve sur le front ou a l’arrière quoique je ne veux pas dire que les autres sont trop libres mais bien souvent étant blessé ou autrement il est constamment sous la surveillance d’autres militaires et gardé a vu comme on garderait des gens sans conscience malgré qu’il faut une surveillance on ne devrait pas non plus exagéré surtout pour celui qui a été a la peine.

Puis je pourrais citer d’autres injustices mais j’arrête, car je veux parler franchement et dire ce que j’ai vu de bien car ayant été très mal soigné étant malade, j’ai été au contraire très bien soigné étant blessé et bien recu partout.

 

D’abord les majors qui m’ont soigné tout de suite an arrière du front ont été très bons, très aimables puis ils m’ont très bien soigné et ils me causait comme a un frère et mon fait évacuer de suite.

Dans toutes les ambulances que j’ai passé soit par le chemin de fer ou ailleurs j’ai été très bien recu.

De même qu’a l’hopital ou on m’a emmené je ne peux qu’être très reconnaissant.

D’abord a Mme RJDGDAY qui s’intéressait beaucoup a son hopital et était bonne avec les malades ensuite a Msieur le Major qui était très bon pour nous puis Mlle les infirmières qui soignaient les blessés avec un grand dévouement et dont je leur garderait ma bonne reconnaissance puis enfin a tout le personnel qui s’occupe des blessés aussi.

J’emporterais d’eux tous le plus bon souvenir et beaucoup de famille leur devront la santé des leurs qui avait étés blessés auparavant et affaiblit par les fatigues aussi leurs dévouement excuse l’affection ou le meilleur accueil qu’elles donnèrent aux autres troupes.

Car malgré tout beaucoup d’entre elles aiment encore mieux leurs petit soldat de France et surement que l’affection qu’elles ont pour eux n’est que passagère et elles leurs prodiguent pour récompenser les services qu’ils rendent a la France. Aussi ne les blamont pas pour cela car en agissant ainsi elles les encouragent a retourner se battre pour nous et avec cela leurs apprennent a mieux aimer la France et laissons de côté la très petite partie d’elles qui font des lachetées car pour moi j’en ai trouvé que de bonnes.

 

Maintenant je ne veux pas quitter la plume sans vous parler de la principale chose oui la valeur de chaque troupes car beaucoup en ont causé sur les journeaux et bien souvent en faux ou peut-être en exagérant la valeur de certaines et diminuant celles de d’autres.

Aussi je veux parler de tous sans distinction et comme il me semble la plus vrai d’après ce que j’ai vu ou entendu.

Oui et au 1er rangs en tête de tous il faut d’abord placer le soldat Français et le soldat Allemands car c’est dans cela qu’on trouve toute les meilleures qualitées militaires par leur intelligence et leur travail ensuite au second rang on peut placer d’abord le soldat Russe, le soldat Belge, le soldat Italien, le soldat Autrichien puis les troupes coloniales de toutes natures Sénégalais, Indiens, Hindou, Algériens, Marocains Tunisiens Canadiens et enfin les troupes coloniales de toute arme puis aussi les Japonnais, les Serbes les Méténégriers et enfin tous les soldats des états Balkaniques.

Ensuite au 3ème rang on peut placer, d’abord les Anglais puis les Turcs, les Egyptiens et enfin toutes les troupes qui au moment ou j’écris ces lignes ne sont pas encore en guerre mais ont tendance a si mettre c’est a dire qu’on est le 28 juillet 1915 et certaines puissances paraissent prêtes a rentrer en guerre.

 

Oui, quoiqu’on en est dit c’est surement le soldat Français qui passe avant tout d’abord parce qu’il c’est écouter ces chefs et se débrouiller tout seul n’importe ou ce soit qu’on l’envoie puis il marche carrément sans qu’il y est besoin d’une discipline plutot bestiale comme au soldat allemands.

Puis il montre les meilleurs qualitées de savoir faire aussi bien a l’attaque que dans les tranchées, ou dans la défensive ou les traveaux quels qu’ils soit.

Puis dans le travail du cantonnement aussi quoiqu’on est beaucoup vantées nos troupes coloniales je puis vous assurer qu’elles sont loin de valoir les troupes Francaises je pourrais vous dire beaucoup de choses pourquoi mais ce serait trop long. Maintenant l’Allemand est très bon soldat mais s’il est ainsi c’est principalement par crainte de chatiments car il sont assouvis a une discipline sans pitié et c’est pour ce motif qu’on arrive a en faire de si bon soldat que nous mais seulement par la crainte ce qu’il n’y a pas besoin d’imposer a nos braves fantassins qui marche en Français.

Puis maintenant, les Russes, les Belges, les Italiens et les Autrichiens se valent a peu près et son bons mais sont incapables de bien marcher s’ils n’ont pas de chefs pour les guider dans n’importe qu elles travail et sont pas du tout valeureux pour se tenir sur une bonne défense lorsque l’offensive ennemi et violente.

 

Quand au troupe coloniale aussi bien Francaises Anglaises ou autres elles ne valent a peu près le soldat Français que pour une attaque et encore jusqu'à ce qu’ils n’est pas perdu leurs chefs car autrement s’ils n’ont plus de chefs ils sont incapables d’avancer et il se sauvent comme des lapins.

Puis pour tout autre chose il est inutile d’en parler car ils ne valent rien du tout malgré que les journeaux les aient assez vantés.

Quand aux Japonais, Serbes et Monténégrins ils valent mieux car ils sont assez bons sur la défensive et s’ils sont plus nombreux que leurs ennemi ils sont encore assez capable d’avancer et savent se maintenir avec ténacité sur les positions conquises.

Quand aux soldats Anglais ont peut bien les placer au 3ème rang car c’est plus tôt des soldats de parade qui tiennent s’ils sont beaucoup plus nombreux que l’adversaire et qui ne peuvent avancer que par la force du nombre et si sa leur plai car malgré qu’ils pourraient a des fois tenir il lachent pieds et abandonne le terrain sans plus s’inquiéter et ils s’en vont ainsi jusqu’au endroit qui leur plaisent mieux.

Quand aux Turcs et Egyptiens ils ne connaissent que les travaux de défenses basé sur les procédés allemands mais en dehors de cela en rase campagne ils ne valent leurs alliés Boches.

 

J’ai voulut parler de cette distinction de la valeur des troupes sans parti-pris ni pour les uns ni pour les autres et s’en vouloir dire que la différence entre les troupes est énorme mais elle est forte malgré cela entre certaines puis bien souvent la valeur des troupes dépend avant tout de la valeur des chefs et si comme par exemple les Anglais n’ont pas nos qualitées pour se défendre sur terre et bien ils valent surement mieux que nous autres sur mer et a eux seuls nous sont d’un grand service pour cela aussi devons nous leurs en être reconnaissant.

Car certaine troupe pourrait valoir autant que les notres si elles étaient suffisamment initiées au métier militaire et si elle était organisées et encadrées comme nous par des officiers qui connaissent bien leur métier.

 

J’arrête donc sur cela en gardant toute ma reconnaissance pour nos amis alliés qui nous rendent de si grands services par l’effort formidable qu’ils font aussi tel que la Russie et enfin toute les puissance qui travaille pour le bonheur de chacun et de tous puis qui travaille surtout pour abolir le militarisme barbare et sauvage d’un peuple qui cependant a conscience de ce qu’il fait,.

Donc nous travaillons tous pour la même œuvre le tout est de rester bien unit jusqu’au bout et comme notre cause est juste elle sera récompense avec justice c’est a dire par la victoire.

 

Maintenant mes Chers amis, les journeaux ont beaucoup parlés de nos poilus sur le front, nos poilus aux tranchées, nos poilus aux cantonnement aux attaques etc…. enfin nos poilus un peu partout et souvent a l’appui de leur causeries les journeaux y ont installés des images des photographies et toutes sortes de caricatures plus ou moins juste, ou vrai et quelque fois plus ou moins gai amusantes ou mêmes ridicules puis d’autre fois des scènes exaltant le courage des soldats.

Et bien oui j’ai remarqué qu’en partie ce qu’on représentait était juste et approchait assez de la réalitée quoiquil est impossible d’arriver juste au réel mais ce qu’on a oublié sur toutes c’est la chose principale sur quoi était basées ces images et ces récits, car on a jamais dit si c’était la propre volontée du soldats ou celle des chefs ou mêmes l’ennemi ou toutes autres causes.

À mon avis on y a pas oubliez mais au contraire on a éviter le plus possible d’en parler car souvent que la cause de cela aurait fait bien mauvaise impressions sur le public car bien souvent ce n’était pas drole pour les soldats.

Oui je ne veux pas expliquer chaque chose une par une car ce serait beaucoup trop long et comme mon cahier touche a sa fin je veux abréger le plus possible

 

Je vais donc vous parler des faits sans les détailler un par un mais seulement les décrires tous ensembles.

D’abord je veux vous parler des amusements en toutes manières que vous avez put voir sur les journeaux particulièrement de tout ce qu’on y fait pour distraire les soldats car il est assez vrai en effet qu’aux tranchées on y organise des scènes de théatres qu’on y fait des parties de cartes.

Puis qu’au cantonnement on y fait des parties de football ou tout autre chose mais une scène de ce genre la environ tous les six mois et ne croyez pas que les soldats s’amusent ou rient par gaieté ou en ayant envie de rire mais bien au contraire parce qu’ils sont tristes que leurs souffrances sont dures et qu’ils essayent ou plutôt qu’on essayent de les distraire pour leurs relever le cœur.

C’est a dire le morale et tacher de leur faire oublier ceux qu’ils aiment au moins sans trop penser a eux pour un moment et principalement leur relever autant que possible par tout les moyens le courage qu’on va leurs demander pour se battre.

 

Et en effet abordons la questions et prenons un exemple très simple et cependant très concordant avec celui-ci. Vous avez tous je le pense mes chers amis vus aussi bien que moi un de ces pauvres malheureux vieillard déshérité de la nature par une infirmité quelconque.

Les uns c’est un bras les autres une jambe d’autres sont aveugles etc… etc… ou mêmes d’autres sont tous simplement trop vieux et incapables de gagner leur vie aussi sont il obligé de se laisser tomber a leur triste sort c’est a dire que pour vivre ils sont obligés d’aller mendier de porte en porte et bien mes amis le sort du pauvre soldat qui souffre et qui se bat et tout pareille.

Je m’en va vous le prouvez sans trop de peine car vous l’avez vu a peu près toujours ces malheureux vieillards avant de mendier leur vie s’emploie a toute sorte de procéder pour amuser ou distraire le public.

D’abord beaucoup d’entre eux avant de faire l’aumone surtout dans un village ou une ville chantent une chanson d’autres jouent de la musique d’autres font travailler des bêtes d’autres chantent tout le long des chemins et enfin que sais je milles procédés comme cela et bien croyez vous mes chers amis que c’est l’excès de bonheur et de joie qui les faits chanter non au contraire c’est pour combattre l’immense tristesse et le fatale malheur qui les a jetés dans une vie de martyrs incessant et qui s’en cela les rongerait sans pitié.

Oui tous cela vous le comprenez et bien le sort du soldat et tout pareille aujourd’hui il chante ou rie par force pour mendier le peut de courage ou d’espoir qu’il a pour pouvoir le lendemain affronter la mort et marcher mieux pour essayer de survivre encore aux terribles jours qu’ils doit passer et qui sont pour lui son existence de chaque instant.

 

Aussi mes Chers amis, ne croyez pas qu’il chante pour ses plaisir mais c’est au contraire trop de malheurs et de souffrances qui le font faire et c’est pour ne pas penser a son sort ne pas penser a la mort ne pas penser aux champs de massacres et de douleurs qu’il a vu et pour puiser assez de forces pour affronter même sans vouloir y penser la mort qui peut le prendre a chaque instant.

Aussi encore une fois mes chers amis n’attachez aucunes importances a ce que les journeaux décrivent la-dessus car au contraire les journeaux feraient mieux de ne pas en parler parce que si l’on fait faire ces choses la aux soldats c’est tout simplement pour leur relever le cœur, le morale et enfin les ranimer et la chose et donc simple a comprendre plus les soldats font ses amusement plus leur moral est bas alors plus ont les engagent a le faire alors comme je pense que vous comprenez très  bien vous êtes surement de mon avis que l’on ferait bien mieux de ne pas en parler sur les journeaux seulement si l’on en parle c’est tout simplement parce que l’on sait très bien que beaucoup de gens sont assez peu claires et croient que les soldats font cela parce qu’il sont très joyeux sur le front.

 

Aussi mes amis, lorsque vous verrez tel régiment a fait tel rigolade dans les tranchées et bien ne dites pas ces soldats se moquent tout a fait de la mort mais dites au contraire ils en ont bien peur et leur morale baisse alors on veut le relever.

D’ailleurs mes preuves bien courante que je veux vous citer entre beaucoup d’autres que je pourrais vous dire c’est que toutes les troupes de l’Est qui marche très bien et on toujours bien marcher n’ont jamais fait cela ou très rarement et au contraire les troupes du midi qui ont souvent flanchées le font si souvent aussi lorsque vous verrez des choses comme cela et bien remarqués tout de suite si c’est un bon régiment comme ceux de l’Est ou regardez le plus souvent sur un de ces derniers.

Quoique malgré cela le soldat français marche bien car il c’est son devoir mais ont veux par ces moyens augmenter son sang-froid et si je vous ai parler de cela c’est pour que vous ne vous laissiez pas berner par les journeaux et que vous sachiez la vérité car je suis partisans qu’on encouragent les soldats mais je ne suis pas partisans qu’on mène le peuple a croire trop de mensonge et surtout qu’on exploite son bon sens et je dis cela avec justice et franchise sans en vouloir a personne.

Dixième résumé : Chanson

 

Avant de finir ce cahier j’ai voulus y mettre dessus la chanson qui a été faite en l’honneur du 26ème de ligne pour sa conduite en cette terrible guerre de 1914-15. Paroles de H. VIRY, dédié au Lt Colonel COLIN commandant le 26ème. Musique de L. TAELMAN (chef de musique du 26ème)

 

Les gars du 26ème

 

1er couplet

Nous tenions garnison

A Nancy la cagnette

Et lorsque nous passions

Chacun nous faisait fête

Tout le long du trottoir

Devant les belles grilles

Les garcons et les filles

S’arrêtaient pour nous voir.

 

1er refrain

Et quand on défilait

La foule applaudissait

Voilà les gars les gars du vingt sixième

Plus d’une belle oui da

Ces soirs là murmura

Voilà les gars du vingt six les voilà Hola

 

2ème couplet

Quand le Boche a voulut

Envahir notre ville

Nous l’avons maintenu

Auprès de Lunéville

Depuis le Léomont

A plus de vingt batailles

Et malgré la mitraille

En vainqueurs nous marchions

 

2ème refrain

Partout on l’on cognait

Le vingt six accourait

Voilà les gars les gars du vingt sixième

Partout ou il lutta

L’Allemand recula

Voilà les gars du vingt six les voilà, Hola

 

Troisième couplet

Sur les bords de l’Yser

Défendant la Belgique

Des soldats du Kaiser

Nous repoussions la clique

Aux peuples abattus

Apportant l’espérance

En vrai soldat de France

Nous nous sommes battus

 

Troisième Refrain

Lorsque nous reviendrons

Les Nanceins crieront

Voilà les gars les gars du vingt sixième

Voyez ce drapeau-là

Saluez le bien bas

C’est le drapeau du vingt six le voilà, Vivat

 

Fin

 

 

Elle comprend donc 3 couplets et 3 refrains.

Onzième résumé : Conclusion

 

Comme mon cahier est presque finit, je veux avant de terminer dire encore une fois que la guerre est le plus terrible désastre qui puisse y avoir mais comme on avait été attaqués c’était notre devoir de se défendre mais on aurait dut être prèt car a mon idée le meilleur plan pour éviter une guerre c’est d’être prèt pour pouvoir résister a l’ennemi.

Car ainsi s’il voit qu’on est en mesure de lui tenir coup largement, il n’attaquera pas et notre grande faute a surement été de ne pas être prèt car autrement jamais les Allemands n’aurait put passer la frontière et on aurait ainsi épargnée la vie a des milliers de braves cœurs.

 

Mais la guerre ne devrait plus exister au temps ou on est mais enfin nous arrêtons pas trop sur cela car il y en a toujours eut des guerres et il y en aura toujours ce que je veux surtout c’est rendre hommage a tout nos braves alliés qui tous ont confiait la grande tache qu’ils faisait en luttant contre la barbarie agressive du militarisme Allemand qui a agit pire que les peuples barbare d’il y a 2000 ans.

Aussi je leur rend un grand hommage et tous les peuples civilisés leur devront une éternelle reconnaissance en retour des immenses sacrifices qu’ils ont fait avec nous pour qu’on se sauve tous ensemble de l’Aigle Allemand.

Oui tous sans exceptions ont marché comme un seul homme en plein accord avec nous et ils ont fait largement ce qu’ils pouvait les uns c’est a dire les Anglais ont tenu la maitrise des mers, les Russes ont tenu contre un front de plus de mille kilomètres, les Belges, etc.. etc … enfin tous ont fait ce qui leur était possible et s’il peuvent avoir fait quelques fautes, il faut savoir leur pardonner car on en fait tous et leur sacrifice les honneurs pour toujours d’avoir participé a la grande tache contre la barbarie qui s’en cela peu a peu aurait conquis et mis sous son despotisme toutes les grandes nations de l’Europe et les aurait traités comme ses esclaves bon a tout faire et tout servir.

 

Maintenant une fois de plus si dans ce cahier j’ai retracé, rappelé, mis au jour ou tout simplement critiqué les fautes de chacun ou rappelé leurs valeurs de chacuns et de tous et bien c’est pour dire a chacun ce qu’il vaut pas de plus et pas de moins et bien mettre a jour toutes les erreurs ou les articles plus ou moins justes qui ont été dit ou écrit sur les journeaux.

Mais j’ai taché de dire juste sans exagération comme sans faiblaise, j’ai parler avec toute la franchise dont je pouvais et sans parti pris.

D’ailleurs je sais très bien qu’il y a des bons comme des mauvais partout mais apprenons plus a se connaître et a s’aimer tous car tout le monde et frère et la paix devrait être avec nous mais malheureusement elle est troublé et puisqu’il le faut faisons notre devoir et souhaitons qu’une grande paix suivra cette grande guerre et que le soleil éclairera au plus beau spectacle que des champs immenses semés de jeunes morts arraché a l’amour de ceux qu’ils aimait et fauché sans pitié a la fleur de l’âge, couché bien loin de ceux qu’ils aurait voulu encore au moins pouvoir embrasser avant de les quitter pour toujours.

Aussi c’est a tant de martyrs Français et alliés que je termine en leur disant mon plus reconnaissant et éternel adieu et pour moi c’est a mes frères et sœurs et surtout a ma Mère que j’ai pensé dans les moment terribles ou de minute en minute la mort peut vous faucher.

Signé PARRON Claude

 

J’ai donc terminé mon cahier aujourd’hui 9 Août 1915 et je termine en pensant a ceux qui me sont Chers et en signant PARRON Claude né a Villeneuve le 27 octobre 1894.

PARRON Claude

 

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Pour la période du 9 mai au 16 juin, nos pertes pour l’ensemble de la bataille d’Artois atteignaient les chiffres de 2260 officiers, dont 609 tués, et de 100240 soldats, dont 16194 tués, 63619 blessés, le reste disparu...

Communiqué officiel du GQG (Grand Quartier Général, mai 1919)

 

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 Vers d’autres témoignages de guerre 14/18

 

Voir des photos sur mon site de groupe de soldats du 26e RI

 

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