Publication : Juillet
2026
Mise à jour : Août 2026
Prologue
Clémentine LECROISEY me dit en novembre 2025 :
«Bonjour. Je me
permets de vous contacter car il y a quelques mois j'ai retrouvé chez ma
grand-mère un carnet relatant notamment le parcours militaire d'un dénommé Léon
VIRATELLE.
Ce carnet a été remis
à mon arrière-grand-père Eugène QUESNEL (père de ma grand-mère né en 1900) même
si les circonstances restent floues pendant la seconde guerre mondiale, il
semble que les paroles de chansons soient l'origine de cet échange. En effet,
nous sommes originaires de Carentan dans la Manche, et Léon VIRATELLE habitait
Besançon puis Montargis, mon arrière-grand-père aurait été à Besançon pendant
sa mobilisation en 1939.
Résolue à
identifier l'auteur de ce carnet, j'ai entamé des recherches mais ces dernières
se sont heurtées au registre militaire de Léon VIRATELLE ‘’ sans pièces ‘’.
VIRATELLE Léon
Paul matricule n° 179 de la classe 1910 du bureau de Montargis (45).

En recherchant
grâce au numéro de matricule, la mention "pas de pièces" est
malheureusement inscrite sur le registre. Voir ici.
J'ai retrouvé sur
généanet un descendant d'un frère de Léon grâce à la liste des noms à la dernière page du carnet, il n'a pas
connaissance d'une descendance. En espérant que cette "découverte"
vous intéresse. Cordialement. »
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Remerciements
Merci à Clémentine pour le carnet.
Merci à Bertrand et Sophie pour la recopie et
l’ajout de quelques recherches.
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Introduction
Léon Paul VIRATELLE est né en janvier 1890 à Trémainville Chenou (77). Il semble être cordonnier. À la mobilisation, il intègre une unité inconnue :
Ses écrits parlent du départ à partir de Fontainebleau.
Dans cette ville sont casernés en 1914, les 46 et 246ème régiments d’infanterie, le 7ème régiment de Dragons et le 5ème escadron du train des équipages militaires. Mais ses écrits parlent de ‘’ batteries ‘’, parlent ‘’ d’échelon ‘’ qui sont des termes employés par l’artillerie.
Il survit à la guerre (re-mariage en 1920).
Quelques poèmes ou chansons font référence à la disparition de sa première épouse (mariage en 1912)
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Début
des écrits
Récits de la campagne commencée le 2 août
1914.
Parti de Fontainebleau le
11 ; embarque à Avon (*).
Près de Verdun le 13, cantonné à Senonville le 14-15, à Creux le 16-17, à Saint-Benoit pour la première fois, on entend le canon le 18-19-20 à Tillot sous les côtes le 23, 22-23 à Saint-Heltaire, les chevaux restent attelés 48 heures, passe la journée à Boncourt [est de Verdun] le 24,
À Pareid le 25, ravitaille de Saint-Jean-lès-Buzy, de garde dans la nuit.
Le 26 aux Éparges, passage mouvementé des voitures.
Le 27 au 29 à Ancemont.
Le 30 embarqué à Bannoncourt près de Saint-Mihiel, rencontre les Anglais à Villers-Cotterêts, arrêt à Moyenneville un dimanche 22h.
(*) : C’est effectivement une gare
dans la périphérie de Fontainebleau
Je voyage le 4 à Laneuvilleroy avec les troupes noires, beaucoup d’aeros, passé à Senlis, Chantilly beau château entouré d’eau.
Le 3 septembre à Saint-Leu, nous apprenons que Senlis brûle, la forêt de Compiègne en feu, les ponts sautent, les habitants émigrent, on bat en retraite.
Le 4 au Louvre, ravitaillement à Sevran-Livry.
Le 5 à Saint-Mard étant cycliste égaré, des batteries avec les troupes noires été aux pièces, tirer le 6 à Dammartin Saint-Soupplet, bataille de la Ramée-Marcilly, de garde dans la nuit.
Bonne nourriture mais couché à la belle étoile, grande pluie veut voyager toute la nuit et avoir fait 45 km
Arrêt à Mongobert [page cornée, manque un mot] à Villers-Cotterêts grand convoi boche [page cornée, manque un mot]
Dans la forêt du 13 au 20 à Dommiers à la belle étoile, il pleut tous les jours.
La batterie est à la ferme de Saint-Amand.
Le 21 à Chelles.
Le 22 à Jaulsy : vin à volonté pris aux boches nous descendons un arrêt le 30 à Péronne, passé dans la forêt de Compiègne, marche toute la nuit, ravitaillement en gare, plusieurs ponts sautés sur la rivière l’Oise, belle ville.
Le 2 octobre à Monchy.
Le 3 à Honvillers
Du 4 au 14 : à Civilly château de Sechelles. La batterie est en réserve.
Le 15 à Pierrepont, ravitaillement à Montdidier, le 15 à Hangest-en-Santerre, le 18 à Sailly-Lorette, du 20 au 31 en repos à Ribémont [rive gauche de l’Oise, à l’est de Saint-Quentin].
Le 31 à Famechon.
Le 1 à Henu de garde dans la nuit en plein champ, le 7 à Pas en Artois été à Doullens.
Les batteries sont position à Sailly-aux-Bois jusqu’au 1 août 1915, resté à l’échelon pour faire le cordonnier.
Le 4 septembre à Bonnières, le 5 à Heuchin, le 15 embarqué à Anvin arrêt à Mourmelon près de Chalons, ma voiture cassée resté à la gare, le 17 à Sept Sceaux dans les bois de sapins les batteries sont à Vaeze, pays vignobles.
Le 2 octobre, marche toute la nuit, campé dans les bois.
Le 5 à Bussy le château. Les batteries sont à Perthes le 9 novembre au camp de la Noblette.
Du 26 novembre au premier mai mais restons en position près de Louain.
Fait des travaux à la position le 5 mai au camp de la Noblette.
Le 11 à Loirme Yèvre.
Le 12 à Le Chatelieu
Le 14 à Deux Nouds, passé à Givry-en-Argonne, forêt de Belval, campé au bois de la ville, été à Verdun jusqu’au 5 juin.
Les batteries sont en position à Fleury, le 16 juin à Séraucourt.
Le 17 à Bussy-la-Côte, Rambercourt, pays détruit, brulé.
Le 7 à Serupt, embarqué à Blesme à 4 heures du matin, arrêt à Château-Thierry, 2 heures du soir à Ygny, le jour en repos.
Le 6 à Fertigny, Ménil-le-Multien, ravitaillement à Port-à-Binson.
Le 22 à Aÿ près Épernay, pays vignobles bon pinard, campé sur le jarret.
Le 23 à La Neuville.
Le 4 septembre à la Chaussée-Damery.
Le 7 à Tramery.
Le 23 embarqué à la Fère-en-Tardenois, arrêté à Longueau.
Le 28 à Vers.
Le 29 à Vaire vers Corbie.
Le 1 environs de Bray-sur-Somme.
Le 2, en plein champs, il tombe de la flotte nous sommes en position pour l’attaque de Sailly-Saillisel.
Le 12 à Cerisy Gailly en repos.
Le 14, nous revenons en position à Cley.
Le 24 décembre à Villers-Bretonneux.
Le 25 à Saint-Saufflieu.
le 26 Noyer-sur-Marne.
Le 27 à Clermont, Oise.
Le 29 à Boyaval.
Le 30 à Nanteuil.
Le 1 à Barois
Le 3 à Artouges, le 15 à Choisy-sur-Marne.
À La Ferté-sous-Jouarre, très bien.
Le 6 à Germigny l’évêque, le 1er mars Villers les Potets.
Le 16 à Cuise-Lamotte.
Le 23 à Rosay, les 23 Marsvaux les bois près de Braine, les batteries sont en position à Soupir, fait le téléphoniste à Sancy.
Le 6 juin à Saint-Rémy, le 7 embarqué à Neuilly Saint-Front, arrêt à Pouxeux Vosges, 20 heures de voyage.
Arrêt à Decymont.
Le 10 à Lhenissineuil.
Le 17 à Saint-Naborêt.
Le 18 à Saulxures.
Le 19 Bussang.
Le 20 à Saint-Amarin.
Le 21 en position dans les bois près de l’Hartmannsvillerkoff, Alsace.
Bonne position tranquille, bons abris.
Blessé le 17 juillet.
Fin du parcours
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Chansons :
1er couplet :
Avant qu’être à la guerre
Je m’exprimais correctement
Je détestais le vulgaire
Voilà comme j’étais dans l’temps
Maintenant pour dire quelque chose
J’emploi l’langage des bibis
J’ai horreur des mecs qui posent
Voilà comme je suis aujourd’hui
2ème couplet :
Naguère à ma maîtresse
Je lui murmurais tendrement
Je t’aime Ô ma déesse
V’la comme j’étais dans l’temps
Maintenant j’suis un type desallé (*)
Je lui dis Oh ma Nini
Je l’ai dur, elle n’entrave que dalle
Voilà comme je suis aujourd’hui
3ème couplet :
Jadis avec ma femme
Dans notre petit lit bien blanc
Je lui prouvais ma flamme
Voilà comme j’étais dans le temps
Maintenant quand j’arrive en perme
Je lui retourne les abattis
Lui bouffe son chou à la crème
V’là comme je suis aujourd’hui
4ème couplet :
Quand nous étions à table
Je passais les plats galamment
À ma femme très aimable
V’là comme j’étais dans l’temps
Maint’nant je ne suis pas bégeule
Je prends l’meilleur morceau de rôti
Et je m’en fou plein la geul’
Voilà comme je suis aujourd’hui.
5ème couplet :
Jadis dans mon ménage
Je me déchaussais en entrant
Pour ne pas salir la cage
Voilà comme j’étais dans le temps
Maintenant avec mes godasses
j’traîne mes panards sur le tapis
Le glaviot sur l’armoire à glace
V’là comme je suis aujourd’hui
6ème couplet :
Après une querelle
Aux prières de ma femme, très aimant,
J’avais le pardon de ma belle
Voilà comme j’étais dans le temps
Maintenant je lui dit Poisse Dudule
Passe la main pour les chichis
Ou je te fous la particule
Voilà comme je suis aujourd’hui
6ème couplet :
Quand j’caressais ma femme
Elle me disait en soupirant
Encore encore, je m’pâme
V’là ce qu’elle disait dans l’temps
Maintenant c’est incroyable
Lorsque je lui fais numi
Elle me demande s’il y a du rabe
V’là comme elle cause aujourd’hui
7ème couplet :
Jadis quand, à une fête,
De chanter, on me priait gentiment
C’est les noces de Jeannette
Que je chantais dans l’temps
Maintenant quand on m’écoute
Dans une société choisie
Je pousse la chanson des biroutes
V’là ce que je gouèle aujourd’hui
(*) : Dessaler : faire perdre la naïveté à quelqu'un,
le rendre moins innocent.
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[Chanson composée par Félix Mayol vers 1910. Paroles :
Charles-Albert ou Louis Abadie. Musique : Gaston Gabaroche]
1er couplet :
Un p’tit gamin, enfant des faubourgs
Sur les grands boulvards et les places publiques
Vendait aux passants, offrir tous les jours
Un modeste lot de jouets mécaniques
C’était des soldats peints et chamarés
De tous les armes et de tous les grades
Faisant manœuvrer leurs sabres dorés
Militairement comme à la garde
Refrain :
Et le gamin adorait ses joujoux
Presque à la folie
Mais il devait hélas les vendre tous
Pour gagner sa vie
Et chaque fois que l’un deux s’en allait
Oh douleur atroce
Un long sanglot en silence se gonflait
De son corps de gosse
2ème couplet :
Mais son préféré parmi ses soldats
Un bel officier hussard de la garde
Étant le plus cher ne se vendait pas
Au moins celui-là pensait-il je le garde
Lorsqu’un jeune enfant richement vêtu
Remarque un jour le ptit homme d’armes
Vint pour l’acheter offrir un écu
La pauvre gosse fondit tout en larmes
Refrain
3ème couplet :
Pourquoi pleurer fit l’autre enfant très doux
D’un air de surprise
C’est que tu prends, dit-il, mon seul joujou
Et mon cœur se brise
L’autre bambin reprit d’une voix très émue
Et l’âme très bonne
Je te l’achète et puis ne pleure plus
Je te le donne
Et depuis ce moment, ce furent deux amis
Partageant leurs jeux en vrais camarades
Tout comme deux frères tendrement unis
Se voyant chaque jour dans leurs promenades
Mais au p’tit camelot voilà qu’un matin
On vint apporter la nouvelle affreuse
Que son compagnon était mort soudain
Emporté la nuit par la grande Faucheuse
Refrain
Il prit alors son joujou, son hussard
Son idole chérie
Puis il s’en fut le porter l’œil hagard
Sur la blanche pierre
En se penchant contre la tombe il dit
D’une voix étrange
Emporte-le pour jouer au Paradis
Avec les anges
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1er couplet :
Lorsque chiffon tricolore ou guenille
Symbole, image ardente du pays
Pour te chanter, tout mon être pétille
D’émotion davantage je palis
Toi dont l’effet produit tant de merveille
Tu n’es parfois qu’un oripeau
Mais ton nom seul suffit à nos oreilles
Car en français on t’appelle drapeau
Refrain :
Flotte petit drapeau
Flotte flotte bien haut
Image de la France
Symbole d’espérance
Tu réunis dans ta simplicité
La famille et le sol et la liberté
2ème couplet :
Tout jeune enfant tu n’es qu’un jeu facile
Qui nous distrait ainsi qu’un bibelot
Et d’une main souvent bien inhabile
On te construit de bouts de calicots
Enfin conscrit te voici de la classe
Promène-le au travers du hameau
Chante gaiement montre le dans l’espace
Tu ne sais pas ce que c’est qu’un drapeau
3ème couplet :
Mais si parfois la destinée amère
Nous appelait un jour pour guerroyer
Loin du pays sur la terre étrangère
C’est dans ses plis qu’on revoit le foyer
Bien qu’attristé on se sent plus à l’aise
On n’est pas seul en voyant ce lambeau
Et si dans l’air passe la Marseillaise
Alors on sent ce que c’est qu’un drapeau
4ème couplet :
Alors debout quand le clairon raisonne
L’acier reluit là-bas dans le vallon
Et le canon écoutez-vous entonne
à gueule ouverte un air de sa chanson
Une âcre odeur vous saisit à la gorge
Vous saoule enfin vous passe dans la peau
On marche on court on écume on égorge
On fait des morts tout ça pour le drapeau
Refrain.
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1er couplet :
Depuis l’éternité je roule
Le monde entier connait ma boule
Chassant devant moi la nuit brune
Moi je vois tout je suis la lune
Cessez là-bas (?) dans ce coin sombre
Qu’aperçois-je encore dans l’ombre
Deux amoureux qui font le serment
De s’aimer éternellement
Amusez-vous l’amour est doux
Mais n’y crois pas ce serait fou
Refrain :
La lune vous regarde
Ma lumière blafarde
Semble fêter par sa splendeur
L’union des âmes et des cœurs
Si je berce vos songes
Je ris de vos mensonges
Demain je vous verrai pleurer
Prenez garde la lune vous regarde
2ème couplet :
Le paysan fils de la terre
S’est endormi dans sa chaumière
Il rêve de la moisson prochaine
Qui remplira son bas de laine
Mais que veulent ces gens étranges
Qui se faufilent dans la grange
Si c’est pour vous y reposer
……(?)……… pourquoi vous cachez
Si c’est pour faire un mauvais coup
Il est encore temps sauvez-vous
Refrain :
La lune vous regarde
Ma lumière blafarde
Semble ….(?) d’un même cœur
Les braves gens et les voleurs
Vous me croyez pas complice
Mais craignez ma justice
Demain je vous dénoncerai prenez garde
3ème couplet :
Et vous les puissants de la terre
Vous tous qui semblez vivre en frère
Vus dont les palais s’illuminent
Pour fêter mes nations voisines
Pourquoi la nuit dans le silence
Ces noirs bataillons qui s’avancent
Pourquoi ces soldats presque enfants
Que l’on arrache à leur maman
Fait ton devoir petit pioupiou
Mais vous les grands souvenez-vous
Refrain :
La lune vous regarde
Ma lumière blafarde
Trop souvent les a vu vos champs
Couverts de morts et de mourants
Vous qui rêvez de gloire
De laurier de victoire
Demain je vous verrai mourir prenez garde
La lune vous regarde
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1er couplet :
En les mariant Monsieur le Maire leur a dit
Partout la femme doit suivre son mari
Elle a tellement compris qu’il disait
Qu’elle ne le quitte plus jamais
Refrain :
Elle est toujours derrière derrière, derrière
Elle a compris ce que le maire lui a dit
Elle ne quitte plus son mari
2ème couplet :
Il voudrait bien aller au café
De temps à autre une partie de carte
Un zanzibar comme font les copains
Mais y a pas moyen
3ème couplet :
Un camarde lui dit mon vieux gaillard
Tache de lui mettre une fois ton pied…(?)……
Peut-être que comme ça tu t’en débarrasseras
4ème couplet :
Désespéré le pauvre homme se fiche à l’eau
Mais son épouse fait comme lui subito
Le malheureux en arrivant au font
S’écrit : Ah non de non !
5ème couplet :
En arrivant aux portes du paradis
Êtes-vous marié que le grand St Pierre lui dit
Il lui répond je crois que oui attendez
Ma femme ne va pas tarder
6ème couplet :
Au grand St Pierre en voyant venir sa belle
Il dit Je t’en prie ne me met pas avec elle
Il fut jeté dans l’enfer er depuis
Il chante il danse et il rit
Refrain :
Ma femme n’est plus derrière derrière
Et si je préfère l’enfer au paradis
C’est qu’elle n’est pas ici
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1er couplet :
Midi vient de sonner
Et pourtant dans le quartier
On voit les midinettes
S’en allant tranquillement
Cherchant un restaurant
Pour y faire les dinettes
Mais au coin du faubourg
C’est la chanson du jour
Qui soudain les arrête
Comme les premiers couplets
Le charme ça leur plait
Alors les achètent
Au refrain les chanteurs
Qu’elles reprennent en cœur
Refrain :
Lorsque l’amour vous guette
Petite midinette
Vous croyez aux tendresses
À l’ivresse aux caresses
Le beau rêve est joli
Qui passe dans la vie
Prenez garde en ce jour
Petite fleur d’amour
2ème couplet :
Mais parmi ces……(trottines)
Fredonnant leurs refrains
Un vieux cherchant fortune
S’approche doucement
Adresse un compliment
A la plus belle des brunes
La petite l’écoute
Et lui en profita
Il lui offrit sa voiture
Elle sera pour vous
Mam’zelle je vous l’assure
Et pendant qu’elle passait
Au loin le refrain reprenait
Au refrain
3ème couplet :
Une fois dans son château
Le vieux dit aussitôt
Tu seras ma maîtresse
Tiens voilà de l’argent
Et tu vas maintenant
Me donner tes caresses
Mais son cœur fut brisé
Ah Monsieur finissez
Je ne suis pas une drôlesse
Tenez voilà votre or
Pour moi mon seul trésor
C’est toute ma jeunesse
À l’atelier elle revint
Disant aux petites trottines
Refrain :
Lorsque l’amour vous guette
Petite midinette
Toutes les richesses sur terre
Sont chimères passagères
Un cœur plein de tendresse
Voilà la vraie richesse
Gardez le bien toujours
Petite fleur d’amour
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1er couplet :
C’était un petit gars de l’infanterie de marine
Un vrai cœur d’or mais un cerveau brulé
Quand on le voyait aller à la cantine
On pouvait dire qu’il allait se saouler
Quelques Pernod lui rendaient la main leste
Et pour un rien il cherchait des raisons
Accompagnant la main avec le geste
À ses copains il flanquait des oignons (?)
Dernièrement un accès de boisson
Lui valait quinze jours de prison
Refrain :
C’était un mauvais caractère
Qui voulait que tout lui soit permis
Pourtant il était très sincère
Et bon avec tous ses amis
Las-bas au fond de l’Indochine
Pour sa fougue, son cœur et sa valeur
Et quelques trous dans la poitrine
Il eut un jour la croix d’honneur
Il disait en jurant pendant l’emprisonnement
Si l’on m’arrête comme ça et bien je ficherai le camp
2ème couplet :
Dans sa prison un télégramme arriva
Sa pauvre mère vient de mourir hélas
Il ressentit une émotion très vive
Car il voudrait la serrer dans ses bras
Au capitaine humblement demande
une permission pour aller l’enterrer
Mais l’officier répond à sa demande
Étant puni rien ne peut être accordé
N’écoutant que son cœur qui bat
Le soldat s’évade et s’en va
Refrain :
Quinze jours après voilà qu’on l’arrête
Le conseil de guerre va le juger
Le colonel lui vit la mauvaise tête
Quand pourrez-vous vous corriger
aux compagnies de discipline
Là-bas on vous fera marcher
La croix qui brille sur votre poitrine
un jugement va vous l’arracher
Allons un bon mouvement n’ayez pas peur parlez
Faites nous savoir pourquoi vous vous êtes évadé
3ème couplet :
Je suis parti pour votre barbarie
De ne pas m’avoir accordé un instant
Car ma vraie mère n’est pas ma patrie
Mais celle qui m’a donné le jour en souffrant
Aux colonies quoique de petite taille
J’ai combattu sans peur et sans souci
J’ai fait mon devoir sur le champ de bataille
Auprès de ma mère je voulais le faire aussi
Pour aller l’embrasser encore
Je braverai même la mort
Refrain :
Tout seul je l’ai conduit au cimetière
La pauvre vieille qui n’avait plus que moi
J’ai pour elle dit une prière
Et déposé des fleurs au pied de sa croix
J’ai dit adieu à ma bonne mère
Je vous quitte pour l’éternité
Mon colonel je suis sincère
Condamnez-moi j’ai fauté
Le colonel ému crie à l’unanimité
Pour ce beau fait soldat
Vous serez acquitté
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1er couplet :
Quand nous étions petits
Nous avons fait des songes
Adorables mensonges
Depuis longtemps partis
Dans la blancheur du lit
Où descendaient les anges
Des musiques étranges
Nous endormaient la nuit
Refrain :
Mais le plus joli rêve
C’est le rêve d’amour
Que l’on fait sur la grève
A l’heure où accourt le jour
Une voix enivrante
Monte du flot berceur
At s’unit caressante
A la chanson du cœur
2ème couplet :
Nous avons eu plus tard
Qu’on a fait dans l’histoire)
De beaux rêves de gloire
Aux plis d’un étendard
Et vous balle tout bas
Rêvez cette folie
En ne vieillissant pas
3ème couplet :
Il en est d’autres enfin
Qui chercheurs de fortune
Pour décrocher la lune
Font des efforts en vain
De chimères grises
Leur idéal caresse
Un rêve de richesse
Jamais réalisé
Au refrain
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1er couplet :
Quand dans la nuit tout était sombre
Aux coins des rues et des carrefours
Mystérieuse comme une ombre
Elle vendait son amour
Mais d’un petit gars de la barrière
Elle en est le béguin depuis longtemps
Ainsi qu’une douce prière
Elle dit ce soir en le frôlant
Dis petit môme viens donc avec moi
Tu sais bien que j’ai l’béguin pour toi
Tes parents faut les balancer
Tu verras comme on va s’aimer
Refrain :
Pour un soir d’amour
Prends-moi donc je serai ta maîtresse
Je connais d’exquises caresses
Qui te charmeront toujours
Veux-tu en ce jour
Me donner ton corps et ton âme
Dis veux-tu que je sois ta p’tite femme
Tout un soir d’amour
2ème couplet :
Quand le jour vint l’âme trouble
Le gars retourne à l’atelier
Mais par cette nuit passionnée
Son cœur fut chaviré
Par les soirées mystérieuses
Fou de douleur c’est à son tour
D’aller mendier de la rouleuse (?)
L’aumône d’une nuit d’amour
Dis chéri, je t’aime tu le sais bien
Elle répond ah la la passe la main
Il répond je t’apporte de l’argent
J’ai volé pour toi mes parents
Refrain :
Pour un soir d’amour
Reprends moi redeviens ma maîtresse
J’ai tant besoin de tes caresses
Mon cœur s’en souvient toujours
Vois-tu en ce jour
J’ai volé pour toi c’est infâme
Qu’importe si tu redeviens ma femme
Tout un soir d’amour
3ème couplet :
Adieu le travail la vie honnête
Maintenant d’est devenu un voyou
Quand elle turbine le soir il la guette
Il fait de mauvais coups
Et ce soir sous la lune claire
Devant les voyous assemblés
Un autre ayant su lui plaire
Il veut se battre pour la garder
Tout à coup il dit ah je meurs
Adieu môme je suis touché au cœur
Et c’est la fin d’un petit gars
Que personne ne regrettera
Refrain :
Pour un soir d’amour
Une nuit de folles caresses
Par les vices d’une drôlesse
Il fut pris et sans retour
C’est ainsi que toujours
Des petits gars seraient restés honnêtes
S’ils n’avaient pas perdu les (?)
Pour un soir d’amour
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1er couplet :
Bébé a cinq ans et ce matin-là
Il délaisse, boudeur, ses jolis soldats
La nourrice s’inquiète, bébé a la tête
C’est rien, vite une bise et fais-moi risette
Mais l’enfant répond : bébé est fâché
Maman n’est pas venue ce matin m’embrasser
Je ne la vois plus qu’un petit peut à table
Tu comprends maman, ce n’est pas raisonnable
La nourrice lui dit en le calinant
Petite mère t’aime bien seulement mon enfant
Refrain
Maman, c’est une grande étoile
Comme t’en vois là-haut dans les cieux
Sur la terre, elle brille sans voile
Pour la joie et le plaisir des yeux
Le monde te prive de ses caresses
Mais tu n’es pas seul dans la vie
Les petits n’ont pas de caresses
Quand les mamans sont trop jolies
2e couplet
Bébé a six ans, il entre en pension
C’était nécessaire pour son instruction
De voir ce petit monde, il est tout terrible
Puis pourtant un jour, il se décide
Comme il est le plus faible, on le bouscule tout le temps
Lui fâché, s’écrie : « je vais le dire à maman ! »
Un grand lui répond : « qu’est-ce que tu imagines ? »
Ta mère, on s’en moque, c’est une cabatine
Il ne sait pas ce que c’est, mais dans ses grands yeux
Roulent de grosses larmes et s’écrie furieux :
Refrain :
Maman, c’est une grande étoile
Comme il y en a là-haut dans les cieux
Sur la terre, elle brille sans voile
Pour la vie et le plaisir des yeux
Le monde me prive de ses caresses
Mais moi, je l’aimerai toute la vie
Je rattraperai mes tendresses
Quand maman sera moins jolie.
3e couplet
Bébé est très mal, la maman est loin
Et de tout le monde il refuse des soins
Bois vite mon tout petit, la portion est bonne
J’veux que ce soit maman elle seule qui me la donne
Tu te hâtre l’étoile, elle finit de jouer
Madame une dépêche, c’est pour votre bébé
Vite l’autre chauffeur, vite je vous en supplie !
C’est moi mon petit, ta petite mère chérie
Les yeux de l’enfant fixent un point troublant
Dans le délire, il dit : « ce n’est pas toi maman »
Refrain :
Maman, c’est une grande étoile
Comme il y en a là-haut dans les cieux
Dans mes yeux plus rien ne la voile
Elle m’appelle auprès du bon Dieu
Vous êtes belle aussi, c’est étrange
Écoutez bien ce que je vous dis
Les petits enfants retournent chez les anges
Quand leurs mamans sont trop jolies.
Une canne et des gants
Partout, même aux épisodes,
L’homme chic est sûr d’arriver
C’est pourquoi je suis à la mode
Comme vous pouvez en juger
Il me manquait quelque chose
Pour être une mole accomplie
Je l’ai et j’vois la vie en rose
Malgré mon petit ennui
Refrain :
J’ai un chien qui gueule tout le temps
Ma femme qui en fait autant
J’ai une salle bouillante
Des souliers qui se crottent
Je n’ai pas le sou et pas de crédit
Je ne déjeune que le mardi
Mais je m’en fou j’suis élégant
J’ai une canne oui madame
Mais j’en fou, je suis élégant
J’ai une canne et j’ai des gants
4e couplet
J’ai toujours pour l’élégance
En un béguin sérieux
J’ai voulu l’joure de ma naissance
Que l’on me fasse la raie dans le milieu
Comme je porte bien la toilette
Le chic est mon idéal
Et si ma tenue est parfaite
Le restant ça m’est égal
Refrain :
Mon lit et mes chaises
Sont remplis de punaises
Alors je couche dans un égout
Les rats me boulottent les genoux
Mais je m’en fou, je suis élégant
J’ai une canne, oui madame
Mais je m’en fou, je suis élégant
J’ai une canne et j’ai des gants
5e couplet
Les gants viennent de ma belle mère
Elle acheta les deux pour trois sous
Quand elle était actionnaire
Chez un grand marchand de mouron mourou ?
La couleur est un peu voyante
J’avoue qu’ils sont un peu grands
Mais la forme est élégante
J’ai l’air grandiose et pourtant
Refrain :
J’ai un chien qui gueule tout le temps
Ma femme qui en fait autant
Je n’ai qu’une vieille liquette
C’est la dèche complète
Ma cravate coutait cinq sous
Je viens de la mettre au clou
Mais je m’en fou, je suis élégant
J’ai une canne, oui madame
J’ai une canne et j’ai des gants
Cette canne n’est pas une branche
De persil ni de muguet
C’est tout simplement le manche
Du balai des cabinets
C’est riche, ça respire l’aisance
C’n’est pas la canne du bazar
Et de plus elle porte chance, j’en ai bien besoin car :
Refrain :
J’ai un chien qui gueule tout le temps
Ma femme qu’en fait autant
Pour me laver les pattes
Je n’ai qu’une assiette plate
Je me peigne avec un pique feu
Je m’débarbouille quand il pleut
Mais j’men fou, , je suis élégant
J’ai une canne, oui madame
J’ai une canne et j’ai des gants
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1er couplet :
Pourquoi pleures-tu petite mère chérie
Je vois des larmes dans tes yeux
Ma petite sœur n’est donc pas guérie
Tu me dis (sic) disais qu’elle allait mieux
À la maison toujours on pleure
C’est à cause d’elle et pourtant
Je t’entendais dire tout à l’heure
Qu’elle était bien heureuse maintenant
Refrain :
Je ne comprends pas tes serments étranges
Pourtant j’entends bien, tu disais tantôt
Qu’on ne la reverra plus et parmi les anges
Elle était partie dans le ciel là-haut
Ma chérie, enfant, prends ta poupée
Allons au bois, tu reverras
Tes camarades occupées
De chiffons et de falbalas
Et pendant que l’enfant s’amuse
Riant, chantant, tout à ses yeux
De sa gaieté cherchant l’excuse
La maman détient l’âge heureux
Refrain :
Age en souriant, ignorant la vie
Âge où nous croyons le ciel toujours beau
Pour une poupée la mignonne oublie
Sa chère petite sœur qu’est au ciel là-haut.
3e couplet :
Mais tout à coup, l’on crie, l’on bouge
Et toute la bande joyeuse s’en va
Vers le marchand de petits ballons rouges
J’en veux une maman, celui-là !
Allons tiens, prends petite folle
Et tiens-le bien, merci maman
Tu l’as lâché, ballon s’envole
Je devrais te gronder sévèrement
Refrain :
Ah non, ne gronde pas petite mère chérie
J’ai choisi le plus beau, je l’ai fait exprès
Regarde, il s’en va vers petite sœur chérie
Ma belle petite sœur qu’est au ciel là-haut.
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[chanson composée en 1913 par
Jean Rodot sur une mélodie de Vincent Scotto]
1er couplet :
Le soleil va se couchant
Et partout la nuit descend
Le ciel est sombre
Bientôt c’est le soir
Et dans les coins noirs
Quels sont ces ombres
Où l’on peut voir s’enlacer
Et s’unir comme grisés dans un baiser
Ce serait des amants
Qu’un rayon d’argent
Vient caresser gentiment
Refrain :
Voici la lune, gais amoureux
Dans la nuit brune, s’en vont deux à deux
Nous aimer, plus de rancune
Rêvez toujours, voici la lune
Rayon d’amour
2ème couplet :
Près de la Butte dans leur nid
Vincent [au lieu de : Rodolphe] avec sa Mimi
Vivent en bohème
Là-haut sous le toit
Malgré qu’il fait froid
L’on s’aime quand même
Pendant que sa Mimi dort
Le poète réfléchit cherchant encore
Des ruptures [au lieu de : rimes] d’amour
Qui peut-être un jour
Seront chantées à la Cour
Refrain :
Voici la lune et sa clarté
Dans la nuit brune, vient nous éclairer
Te chanter les bois, la dune
Où les amants
Voici la lune
Muse d’argent
3ème couplet :
Dans les champs, dans les vallons
On entend gronder le canon
Partout la guerre sème des blessés
Des morts entassés
Jonchant la terre
Mais voici venir la nuit
Au loin le canon s’est tu
L’ennemi s’enfuit
Un rayon de clarté
Vient nous éclairer
Une sœur de charité
Refrain :
Voici la lune, petit soldat
Dans la nuit brune, une femme est là
Consolant les infortunes
Dans le champ noir
Voici la lune, rayon d’espoir
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1er couplet :
C’était quelques temps d’avant la guerre
Dans un hôtel d’la rue de la Glacière
On ne parlait que de lui, le grand rouquin
Qui s’battait toujours pour un rien
Il cherchait des rognes, des disputes
Si vous les costaux du quartier
Quand il avait dit « ah toi j’te butte »
On voyait briller son avion
Pour descendre un homme, il était sans égal
Aussi parlant de lui on chantait dans les bals
Refrain :
Descendez, on vous demande
Vl’an en plein dans la viande
Il vise si bien qu’il touche toujours au ventre
Le roi des descendeurs
Si quelqu’un se paie sa tête
Son affaire est vite faite
Quand il dit « je l’aurai celui-là »
Il ne se dégonfle pas
2e couplet :
C’était l’occasion, v’la la guerre
D’laver son casier judiciaire
Les joyeux vont rentrer tout blanc
Le descendeur est dans leurs rangs
Comme sa passion est de battre
Pour la France, il se bat comme quatre
De l’Argonne jusqu’à Beauséjour
Trois fois cité à l’ordre du jour
Un soit on attaque, oh les gars allons-y
Mais il pleut des balles et ya en a une pour lui
Refrain :
Descendez, on vous demande
V’la en plein dans la viande
J’suis bien visé, ils m’ont touché au cœur
Adieu pauvre descendeur
Je vais casser ma pipe
Mais vous autre, toute l’équipe
On m’a dit, faut défendre ce bois-là
Ne vous dégonflez pas
Adieu et vengez-moi
3e couplet :
La blessure n’était pas mortelle
Le descendeur a repris ses ailes
Un rêve a germé dans son cœur
De devenir un grand aviateur
Il veut des duels face à face
Car il sait qu’il est le plus fort
Contre les grands vautours rapaces
Dans l’air il veut porter la mort
Des mois ont passé, c’est la réalité
Le grand descendeur s’est réhabilité
Refrain :
Descendez, on vous demande
V’lan en plein dans la viande
Il vise si bien qu’il touche toujours au cœur
Le roi des descendeurs
S’il monte sur sa machine
Tous les boches se débinent
Des hommes comme ça
En France, y en a des tas
Qui ne se dégonflent pas
Et foutent les boches en bas.
Fin
des écrits
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