Carnet de guerre d’elie Albanhac des 124e RIT,312e RI et 112e RI
>>>>>Vers 1914<<<<<
Pas de départ aujourd'hui. Dîner : mouton, haricots, mandarines, bananes, pâté, vin vieux, champagne, mousseux, cigares, pipe. à 2h concert. le soir souper ordinaire avec pommes, noix, et mousseux [une bouteille à six] le matin une bouteille de vin vieux et champagne à quatre.
On nous donne un fusil et un sac et à ceux qui n’en ont pas une chemise, tricot, cache-nez, gants et chaussettes. En plus petite tablette de chocolat, savonnettes. Enfin vers midi vingt nous quittons le dépôt et arrivons à la gare à 1 heure moins le quart.
Nous sommes à peine une cinquantaine de partants sous-officiers compris. Nous quittons Neufchâteau à 1h 1/2. Gares: Liffol le Grand, Prez, Lafauche, St Blin, Manois, Rimancourt, Bologne. Nous arrivons à Chaumont à la tombée de la nuit vers 4h 1/2. Les casernes sont un peu loin de la gare à plus d'un kilomètre et nous y allons avec un peu de pluie fine. Dès notre arrivée nous avons un peu de bouillon et nous reposons ensuite sur une assez bonne couche de paille.
A la visite que nous passons vers 10 heures le major me met disponible il ne me fait pas vacciner contre la fièvre typhoïde car on ne vaccine guère après 32 ou 33 ans. Je croyais partir pour l 'avant ce soir même, car il y a eu ce soir à 7h 1/2 une dépêche pour le 15 corps mais je n'ai pas été appelé, ce sera donc probablement pour 3 ou 4 jours.
Ces jours ci un vent sud est mêlé de pluie portant en lui une certaine froideur. Aujourd'hui brille un beau soleil. Mais il souffle un vent d'ouest froid et le soir le temps se couvre à nouveau et il est qq peu brumeux. Le soir je sors en ville pour acheter qq médicaments: teinture d'iode, alcool de menthe, pastilles pectorales.
On nous donne aujourd'hui ceinturon et cartouchières et je prends aussi une serviette car celle que j'avais me fut volée avant hier. Ecrit à H Lanié.
Toujours un temps couvert pas trop froid cependant mais qui semble toujours porter de la pluie. Ici nous sommes moins ennuyés qu'à Neufchâteau moins de corvées de quartier au même point car les cours ne sont encore qu'ébauchées entre les bâtiments. Pour la nourriture nous sommes aussi mieux qu'à Neufchâteau c'est à dire meilleur soupe et riz ou rata et un peu plus abondant avec un quart de vin, mais un pain seulement à six au repas. Il y en a eu néanmoins assez. Le soir à 7h 1/2 environ nous quittons le départ pour rejoindre notre cie.
Nous voyageons toute la nuit et nous arrivons à Dombasle à 4h 40. Il a plu toute la nuit avec vent et il pleut encore. Nous descendons du train à 7h 1/2 et allons à Dombasle où nous attendons qu ' un gendarme vienne conduire ceux qui doivent être dirigés sur Récécourt. C'est par une pluie fine battue par le vent que nous allons à Récécourt. Le gendarme me conduit avec mon collègue; nous ne sommes que deux du 112. au poste de police. ils nous y laissent. C'est le 12 qui est de garde. Mais la 1 et la 2 cie sont au cantonnement de Récécourt et partent ce soir même vers midi et 1/2 pour les tranchées. Je ne pars pas avec ma cie, mais demain je dois la rejoindre avec le convoi régimentaire.
Ecrit le matin à la famille. Toujours vent sud-est froid. Je vais diner avec le convoi et je pars avec le convoi de ravitaillement. Nous passons à Bethainville où sont cantonnés plusieurs régiments d'artillerie ou d'infanterie. Ensuite nous arrivons à Aisne lieu de ravitaillement.
Je retrouve aussitôt le cuisinier Moreau de mon escouade et je vois aussi le sergent fourrier François mais par mégarde je les perds de vue car il est complètement nuit. Je demande de chercher où ils peuvent bien cantonner mais nul ne le sait. Je vais voir chez les muletiers du 112 qui portent l'ordinaire aux tranchées et je couche avec eux dans une grange où nous avons de la paille à discrétion.
Le matin je pars avec les muletiers vers le 4h 1/2 et nous arrivons au poste de commandant avant le jour. Là je retrouve le sergent François et Moreau et avec eux je rejoins ma Cie.
Mes camarades sont tous heureux de me revoir et je suis même touché du bon souvenir qu'ils avaient conservé de moi. Je vais voir le sergent-major et lui demande de rester à mon escouade. Il me demande si je suis un bon soldat car me dit-il mon escouade fait partie de sa section. Je lui dis simplement que dans mon active je n'ai pas eu même un jour de consigne et que j'espère mériter son estime.
Il me dit alors de rester à mon escouade, la 7e comme précédemment. Je vois aussi le lieutenant Chalons commandant la Cie ainsi que Rigal. Le soir je prends la faction dans un boyau avancé au devant des tranchées avec la 8 escouade. 3h intermittentes 6h à minuit.
Dans la guitoune que nous occupons il ne fait pas trop froid car il y a parfois deux feux.
Il a plu pendant la 2e partie de la nuit, mais je n'ai pas été de garde de minuit à 6 h. Les tranchées et tous les passages du bois sont pleins d'eau. Le soir vers 9h nous sommes relevés par la 11e cie et sortons du bois par un chemin extrêmement boueux. L'eau pénètre facilement dans les souliers. Nous arrivons au cantonnement de Dombasle vers 3h du matin.
Mon premier soin est de changer de chaussettes dès mon arrivée. Ensuite un petit réveillon avec du fromage de camembert touché aux tranchées et puis repos. Je me réveille qu'il est déjà jour vers 8 heures.
Nettoyé le fusil et lavé des habits. Ecrit à la famille et à M Lanié, à Fréjaville, au vague- mestre de Toulon
Reçu une lettre de la famille datée du 14 décembre avec inclus une circulaire de la Maison Dollé. Répondu aussitôt.
Messe ce matin à l'église de Dombasle. Temps toujours pluvieux. Nous repartons aux tranchées. Nous y arrivons à la nuit complètement noire passant par la boue jusqu'aux chevilles.
Nous sommes revenus aux même tranchées et guitounes que les derniers jours. Aujourd'hui un orage avec tonnerre éclate sur nous. On me propose d'être ordonnance d'un sous-lieutenant nouvellement arrivé.
Je reçois une lettre de M Costes curé de Claunhac. J'écris un mot à la famille. Le soir à notre droite duel d'artilleries. Petite alerte occasionnée par une patrouille ennemie sans doute. Rafale de neige à la tombée de la nuit.
Mince couche de neige au matin tombée de la nuit. Beau soleil le matin. Le Sous-Lieutenant Morel dont je dois être ordonnance me donne un paquet de tabac. Je suis alerté par suite de fusillade sur notre droite.
Nous sommes relevés à la nuit vers 8h1/2 . Par un temps clair nous quittons nos tranchées. Le froid a glacé qq peu le sol du champ que nous traversons après avoir quitté le bois et grâce à la clarté du ciel malgré la nuit il s'y voit un peu pour éviter dans le bois les grandes flaques boueuses du chemin. La route est sèche et en marchant nous n'avons pas froid. Nous arrivons à Dombasle à 3h du matin.
Je commence aujourd'hui mon service d'ordonnance. Nettoyer capote, molletière, les souliers, lit. Reçu paquet biscuit, allumettes et papier, 1/4 de vin. Reçu une lettre de la famille du 13.
Reçu une autre lettre de la famille du 13. Continué mon service d'ordonnance. Ecrit à la famille.
Reçu une lettre de la famille et de M Turq. Ecrit à la famille. Le 1er peloton de ma cie est de garde aujourd'hui dès 11h par une pluie froide battue par le vent.
Etant ordonnance je ne suis pas de garde
Il est tombé un peu de neige la nuit. Vers 2h nous repartons pour les tranchées. Le ciel est clair et avec la mince couche de neige bien qu'arrivés tard nous y voyons un peu pour éviter parfois les flaques de boue, mais souvent c'est impossible de les éviter. Je ne vais pas avec mon escouade. Je reste dans la guitoune avec le s. lieutenant Morel.
Grâce à un bon feu, il ne fait point froid dans la guitoune qui d'ailleurs est bien abritée et le s. lieutenant dort d'un bon somme. Je dors aussi un peu. L'après-midi je vais couper du bois, un chêne, pour le chauffage. Je partage le soir le souper du s. lieutenant.
Je reçois deux lettres de la famille l'une du 11 l'autre du 19. Ecrit aussi à la famille.
Reçu une lettre de la famille du 20. Ecrit.
Le soir nous sommes relevés et rentrons à Dombasle.
Froid avec brise glaciale.
Froid vif. Ecrit à la famille.
Froid vif écrit à la famille.
Nous repartons aux tranchées. Pas de boue car le temps est sec. Ecrit à la famille.
Temps sec quoique couvert. Carte à la famille. Lettre à la maison H.Sarda à Besançon.
Reçu deux lettres de la famille du 26 et 27 et une d'Henri. Ecrit à la famille.
Alertes la nuit pour exercice. Le canon gronde sans discontinuer la nuit et le matin, à notre gauche.
Nous retournons le soir au cantonnement de Dombasle.
Le sous-lieutenant Morel loge chez un cousin du Président de la République au no 1 Place de la mairie. Temps beau.
Le s lieut. Morel change de logement et cantonne au no 33 de l’ave de la République. Temps beau.
Temps un peu pluvieux. Envoyé un colis en gare à la maison.
Nous repartons cet après-midi pour les tranchées et allons au même emplacement que nous étions lorsque arriva le sous lieutenant Morel.
Il a plu un peu cette nuit. Envoyé une carte.
Ma principale occupation est d'aller chercher du bois pour alimenter le feu de la guitoune.
Ecrit une lettre à la famille.
Nous sommes relevés des tranchées et retournons à Dombasle.
Temps un peu boubrossé.
Tourmente de neige le matin mais elle fond à mesure.
Vent froid. Ecrit à la famille.
Ecrit à la famille et envoyé un billet de 5 francs. Retourné aux tranchées l'après-midi.
Reçu la lettre du 11 février. Attaque à notre droite et gauche.
Ecrit à la famille. Nous sommes sur le qui vive depuis hier soir 3h. Nos canons ont bombardé la région sans discontinuer avec une intensité effroyable. Les canons ennemis ne répondent presque pas.
La mitraille continue à notre droite et principalement à notre gauche.
Hier soir temps clair, pluie vers 9h et le reste de la nuit clair à nouveau.
Nous quittons les tranchées à 2h du matin que nous occupons pour aller en occuper d'autres plus à droite et bien plus dangereuses à cause des balles. L'ennemi n'est en certains endroits qu'à 10 mètres environ de nos tranchées. Il lance des bombes, et à la cie il y a des blessés et un mort par balles ou bombes.
Dans la nuit diverses alertes et fusillades. L’artillerie donne et puis calme. Rigal est blessé à la tête par une balle étant de faction. Il est pansé aussitôt et une heure après environ il est descendu des tranchées par les brancardiers. Le soir nous sommes relevés par le 3e et allons aux baraquements de Longléchamp non loin de Monzéville.
Dans le bois nous occupons les baraquements construits par le génie.
Je reçois un colis de la famille. Le soir nous allons cantonner à Esne.
Cantonnement à Esne.
Nous cantonnons à Esne.
L'après-midi vers 2h nous partons par alertes et allons occuper des tranchées de 2e ligne l'ennemi ayant détruit la tranchée que nous occupions en dernier lieu et ayant par suite aussi gagné d'autres tranchées. Nos troupes reprennent en partie le terrain perdu.
Nous avons passé la nuit à la belle étoile grelottants sans feu dans la tranchée. Fusillade intermittente, avant et à notre gauche.
Nous faisons un peu de feu dans la tranchée le jour et la nuit et nous n'avons pas autant de froid que la nuit dernière. On vient nous relever dans l'après-midi et nous allons camper dans le bois non loin du poste du colonel. Pas d'abris ici. Quelques-uns s'en font un avec des toiles de tente - la plupart couchent à la belle étoile.
Malgré le froid je n'ai pas eu trop de froid la nuit et j'ai dormi au pied d'un arbre sur un matelas de branchages. Vive canonnade durant le jour et fusillade intense à la tombée de la nuit non loin de nous, sans résultat, effarement probable des sentinelles.
Une partie de la cie est aux tranchées, l'autre qui reste campée dans le bois est employée à des corvées.
Une partie de la cie reste aux tranchées, l'autre va en construire d'autres - fusillade la nuit.
Dans la nuit au matin nous sommes relevés et allons cantonner à Esne.
Le soir vers 9 heures le sous-lieutenant Morel me dit à l'improviste que nous allons partir pour Dombasle lui étant nommé à la 11e cie, il m'emmène avec lui et nous partons aussitôt - en effet avec les voitures du convoi. Nous arrivons à Dombasle vers les 9 heures et je vais coucher avec la 1ére section de la 11e cie.
Envoyé une carte au sergent Escarpit, une lettre à la famille et à M Burg. Pluvieux.
Nous partons le soir vers les 4h 1/2 pour les tranchées et par la boue plein les jambes nous arrivons dans l'obscurité complète et au sifflement des balles. Ecrit.
Nous avons passé la nuit dans la tranchée sans abri et sans feu par une nuit froide et humide aux tranchées nouvellement construites par suite de notre recul récent. Nous nous mettons en train de construire une guitoune.
Dans la guitoune à peu près creusée et couverte de toiles de tente nous avons dormi tant bien que mal, mais par une nuit glaciale et souffrant du froid.
Nous continuons l'achèvement de la guitoune.
II a neigé quelque peu la nuit, mais peu. Ecrit à la famille.
Fusillade des sentinelles presque continue toutes les nuits - nous allons camper dans le bois à la nuit.
Rien à signaler. Dans le bois au poste du colonel où j'avais déjà campé avec le 2e cie nous ne trouvons guère de guitounes - toutefois je passe la nuit avec deux sergents sous des tôles ondulées fermées avec des toiles de tente.
Je façonne une canne pour le sous-lieutenant avec des ciselures.
Je continue la canne mais je pars vers les 2 heures pour Esne afin d'aller préparer la chambre du s. lieutenant pour le cantonnement de repos.
Je profite de mes loisirs pour laver pour le s. lieut. Morel. Je reçois aujourd'hui une montre nickel de la maison Sarda de Besançon. Ecrit à la famille.
Je reçois la facture Sarda du 12 mars, de la montre reçue hier de 12,50. Continue le lavage.
Le soir nous retournons aux tranchées.
Nous sommes à la tranchée de l'observatoire, le 1ere section en 1ere ligne, la 2e en seconde, la 3 et 4 au poste du commandement.
Les nuits sont froides car notre brasero ne fonctionne guère n'ayant pas de charbon de bois pour l'allumer.
Hier soir on est venu installer le téléphone dans notre guitoune un peu petite déjà.
Nous sommes relevés des tranchées et pars avant la cie vers 1h pour Dombasle afin de préparer la chambre du s lieut. Morel.
La cie arrive vers les 2 heures du matin au cantonnement. L'après-midi nous allons à Récécourt pour nous changer de capote et de képi.
Dans notre nouvelle tenue réséda nous semblons des nouvelles recrues.
Malgré le temps un peu pluvieux je m'occupe du nettoyage des effets pour le s. lieut. et moi.
Beau jour nous repartons de Dombasle vers 9 h du soir pour les tranchées les mêmes que nous occupions les 4 derniers jours, tranchées de l'observatoire. Hier j'ai versé 12,50 au vaguemestre pour un mandat à recevoir pour le paiement de la montre Sarda.
Par un beau soleil mais attiédi par un vent qq. peu froid je continue la canne du s. lieut. .
Nous ne sommes pas la 1ere section le lieut. et moi dans les tranchées.
Je continue la canne du s lieutenant et achève le serpent en relief.
La cie est relevée le soir . Je la devance et pars vers 3 heures pour Dombasle alors que l'ennemi avait déjà commencé d'envoyer des bombes dans nos tranchées, notre artillerie répondait par des obus. Nous avons la pluie d'Esne jusqu'à Dombasle où, j 'arrive à la nuit.
Il a un peu neigé la nuit mais la neige fond dès le matin, et le soir il est clair. Le vaguemestre me donne le mandat de 12 .50 pour la maison Sarda.
Je profite du beau temps pour laver. Acheté divers, couteau 1,9f, savon, cartes, lettres.
Envoyé à la maison Sarda à Besançon le mandat de 12,50 montant de la montre. Ecrit à Henri et à la famille. Reçu une lettre de Marie Vayre Laboire de Brive.
Ecrit à la famille et à Marie Laboire. Pluie.
Pâques. Bon nombre de soldats et d'officiers à la messe et à la communion. Ecrit à la famille et envoyé un bt de 5 frs. Ecrit à M Burg au sujet de l'allocation. Pluie.
Pluie. Nous retournons à la tranchée de l'observatoire (la Courtine) et partons vers 5h sans trop de pluie.
A cause de la pluie des jours précédents, la tranchée est dans un très mauvais état. Les guitounes presque toutes effondrées.
Il pleut encore la nuit et dans la guitoune où nous sommes six avec le s.lieut et moi. Le jour il ne pleut guère et grâce à notre brasero, nous séchons nos habits mouillés et notre guitoune sèche aussi. Calme relatif sur la ligne - mais lundi soir au moment ou nous venions aux tranchées ainsi que hier soir, vive canonnade du coté de Vauquois. Ecrit à la famille.
Toujours qq ondées intermittentes.
A 7 h au matin on fait sauter un petit poste ennemi à notre gauche un moment après 10 minutes ou 1/4 d'heure, l'ennemi fait sauter un des nôtres. Immense nuée de poussière et de terre qui vient tomber jusqu'à dans notre tranchée. Ensuite nos canons tirent dans les tranchées ennemies en face de nous.
Les canons allemands répondent ensuite et tombent non loin de notre tranchée et en réserve de la cie. Un tué et quelques blessés. Je pars l'après-midi pour Dombasle où nous revenons cantonner. Le soir le bombardement des tranchées continue.
Toujours qq ondées intermittentes.
Encore un peu de pluie.
Avec un temps 1/2 couvert je lave.
Temps beau. Nous retournons le soir aux tranchées. Passant par Concourt nous n'avons pas de boue.
Très beau. Quelques obus sont envoyés de part et d'autre. Ecrit une carte à Ch Roques à Rodez 124e, 13 cie.
jeudi 15 avril le temps est
vendredi 16 beau durant
Samedi 17 ces jours.
Dimanche 18 Je suis en réserve.
Nous retournons au cantonnement de Dombasle et pars dès l'après-midi.
Beau temps
Beau temps.
J’ai reçu le 20 un colis de ma cousine Marie de Brive. Par nomination en date de 20 avril je suis soldat de 1 classe. Ecrit à la maison Dollé au sujet de la traite qu'elle a l'intention de mettre en circulation pour fin avril.
Je donne à M Allongue une lettre au ministre de l'intérieur au sujet de l'allocation, qui lui, l’enverra au lieutenant-député Becanoski. Celui-ci la transmettra au ministre.
Le soir nous retournons aux tranchées.
Pluie fine mais peu abondante.
Ecrit à la famille
Ecrit un mot à la famille. Le canon tonne mais pas sur nous.
Orage avec qq peu de pluie le soir.
Le temps est beau et tout est à peu près calme dans nos tranchées
Reçu la carte de ma cousine Marie m'annonçant le colis déjà reçu le 20 avril. Le soir nous retournons au cantonnement de Dombasle.
Temps toujours beau.
Trois avions ennemis viennent lancer une dizaine de bombes sur Dombasle et occasionnent qq victimes et un incendie.
Temps pluvieux. Messe réconfortante. Ecrit à ma cousine Marie de Brive.
J'envoie un billet à la famille de 5frs. Ecrit à M Burg.
Orage l'après-midi. Je finis la canne du s. lieut Morel.
Ecrit à la famille et envoyé un billet de 5 frs.
Nous retournons le soir aux tranchees. Payé pour le s. lieut 5,50 pour réparations de souliers. Nous partons vers 5h 1/2 et arrivés à Esne nous avons l'ordre de retourner à Dombasle. Les 17 kilom de marche par temps d'orage nous sont très fatigants.
Vers minuit 1/2 nous pouvons reposer. Nouvel orage avant le départ.
Nous partons à 6 heures du soir pour les tranchées . Nous occupons une tranchée plus à droite que les précédentes, non loin d 'Ancourt.
L'artillerie allemande tire sur une de nos batteries.
Rien à signaler. Puisse l’intercession de Jeanne d'Arc invoquée généralement dans toute la France, pour obtenir la fin prochaine de la guerre.
Temps toujours beau.
Ecrit à M Denoit à viviez. Le soir à la nuit le canon-revolver ennemi bombarde une tranchée à notre droite.
Le soir nous sommes relevés et allons au bois de Lambéchamp.
Nous arrivons au bois vers le 2h 1/2 du matin.
Aujourd'hui jour de l 'Ascension deux messes sont célébrées sous un grand arbre avec sermon et cantiques.
Pluie la nuit rafraîchit la température.
Nous quittons le bois le soir pour aller en réserve.
Beau temps, journée agréable dans le bois.
L'après-midi orage avec pluie. Nous quittons les bois pour retourner aux mêmes tranchées que la dernière fois. Les boyaux et les tranchées sont pleins de boue.
Guère de soleil. L'ennemi vers midi bombarde Hancourt.
qq brumes et pas de soleil. Journée calme.
Temps toujours couvert. Reçu deux lettres de la famille le matin, vers le soir et une de Marie Laborie. Ecrit à la famille et à Alfred Vayre 322e - 23 cie S.P. 138.
Reçue le soir la photographie de la famille.
Je travaille ces jours-ci à la nouvelle canne.
L'ennemi bombarde un peu à notre gauche - le poste du ct.
Notre artillerie bombarde au devant de nous à gauche. Nous quittons le soir les tranchées pour aller au repos à Lambéchamp.
Je reçois aujourd'hui 3 lettres de la famille du 18, 20 et 21.
J'écris à la famille. L'Italie est en guerre à partir d'aujourd'hui.
Beau.
Reçu le colis de la famille. Ecrit.
Le soir nous revenons au bois en réserve. Reçu une lettre de ma cousine Sr Zacharie de St Anne.
Travaillé à la nouvelle canne.
Nous retournons le soir aux même tranchées que précédemment.
Ecrit à la famille et envoyé une pièce dans une carte liège.
Reçu une lettre de la famille et de M Burg. Ecrit à la famille et à ma cousine Sr M Zacharie de St Anne asile départemental d’Alençon.

Il souffle ces jours-ci une brise froide qui nous rappelle les jours de mars. Reçu une lettre de la famille d'Alf Vayre et une carte d'Henri L. Ecrit à la famille et à Henri. Le soir les tranchées à notre droite sont bombardées.
Ecrit à la famille et reçu une lettre.
Une escadrille d'avions français passe sur nos lignes malgré le bombardement de l'ennemi et se dirigent vers le nord. Il y en a bien une quinzaine environ.
Ecrit à la famille.
4 ou 5 avions ennemis passent sur nos lignes et vont semble-t-il sur Dombasle. Le soir nous quittons les tranchées et retournons à Lambéchamp.
Reçu une lettre et un colis de la famille. Ecrit.
Le soir à 7 h un avion ennemi survole le bois et soit sur nous soit sur une batterie proche, l'ennemi bombarde et les obus tombent dans le bois.
L'ennemi tirait hier sur la batterie. Le matin les avions planent et un des nôtres abat un ennemi avec qq coups de mitrailleuse.
Le soir nous recevons l'ordre de nous tenir prêts à partir au premier moment, mais vers 10 1/2 nous ne devons partir que demain à 3 h.
Nous préparons notre départ. Nous quittons Lambéchamp à 4h - allons à Dombasle et là des camions automobiles nous emportent jusqu'à Ste Menehould où nous reposons sur une bonne couche de paille.
Ste Menehould est une assez belle ville, nous quittons notre cantonnement à 11 h du soir et la ville vers minuit - un camion automobile avait porté la plupart de nos sacs .
Vers 3h du matin nous arrivons au cantonnement de Mafrécourt petit bourg composé de quelques grandes fermes.
Ici nous ne serions pas trop mal, assez loin de l'ennemi, mais nous repartons dans la nuit vers 11h du soir.
Au petit jour nous arrivons à Vienne le Château.
Nous cantonnons dans un abri construit sur le flanc d'un petit ravin.
Nous avons eu la messe avec procession du Sacré Cœur.
Duel d'artillerie très vif chaque jour.
Elie ALBANHAC est tué le lendemain,
le 15 juin
bois de la Gruerie (Marne)
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