Merci à Philippe, son petit fils

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Grande Guerre de 1914 à 1918
Par la 68ème
division de réserve du 18ème corps d’Armée de Bordeaux
Secteur postal n° 136
Le 2 août 1914, cette terrible et grande
guerre commence et peu à peu arrive à soulever les armes de tout
l’univers ; enfin, grâce à nos célèbres alliés belges, notre mobilisation
se fit pendant qu’ils arrêtaient l’ennemi qui menaçait Paris.
A ce
moment là, la 68ème division fut dirigée en Lorraine sur Nancy.
Elle se
composait en deux brigades dont l’une comprenait le 234ème
infanterie de Mont-de-Marsan, le 206ème infanterie de Saintes, le
323ème infanterie de La Rochelle. Quelques groupes du 24ème
artillerie et du 14ème artillerie et 58ème artillerie.
La 2ème
brigade se composait du 344ème infanterie de Bordeaux, du 257ème
infanterie de Rochefort et Libourne, du 212ème infanterie de Tarbes,
du 15ème dragons de Libourne, deux cies de génie de Montpellier, un
groupe de G.B.D. du 18ème train et un aéros divisionnaire.
La
68ème division prend les premiers combats en Lorraine, vers la forêt
de Champenoux, le plateau d’Amance, la ferme de la Fourrasse, bois de la
Candale, ferme de Quercygny, etc…
Ils
traversaient même la petite rivière frontière dite la Seille mais par les
suites on fut obligés de se replier, manque de munitions d’artillerie et nous
eûmes de terribles pertes en conservant les positions dites qui nous ont
appartenues jusqu’au moment de l’armistice.
Je
soussigné Bourricaud Jean étant exempté du service armée et rappelé par conseil
de révision le 12 mars 1914 et pris au service armée à Saint-André-de-Cubzac le
23 février 1915, je rejoignis le dépôt du 2ème génie à Montpellier y
effectuer mes classes ensuite après un mois d’exercices, je tomba malade de
fièvre scarlatine où je fus transporter à l’hôpital suburbain que je passa 60
jours sous de soins prodigues de religieuses ; après guérison je fus
envoyer en convalescence de 45 jours à Saint-André-de-Cubzac chez moi.
La convalescence écoulée, je
regagna mon dépôt à Montpellier en juin 1915 et je resta inapte 20 jours ;
ces jours écoulés, l’on m’afficha sur les départs en renforts pour le front, je
réclama comme non instruit et j’obtint de rester pour finir mes classes. Deux
mois plus tard je partis en permission de 8 jours et à mon retour je partis
pour le front aux armées de la 68ème division.
Le 28 septembre 1915, je laissa Montpellier de
passage par la voie ferrée de Paulan-Bédarrieux à Montauban et Bordeaux où nous
eûmes 2 heures d’arrêt et fût le plaisir de voir ma famille leurs ayant
annoncer mon départ et passage à Bordeaux.
Ensuite
le voyage continua par Angoulême ou l’on resta 2 jours et nous repartions après
sur Saint-Pierre-des-Corps – Tours, Vierzon, Bourges, Nevers, Le Creusot, Dijon
et Gray (Haute-Saône) ou l’on fit arrêt d’un jour, et nous repartions ensuite
par Epinal à destination de gare Nancy – Saint-Georges ou l’on débarqua, et la
même journée du 3 octobre 1915 je
rejoignit le Cie 18/13 du 2ème génie cantonnée au château Fleurs-Fontaine
près le plateau d’Amance (Lorraine)
Je
commença la dans ce secteur mes 1ères manœuvres de guerre au bois la Candale,
ferme de Quercygny, Baïe, Lenfroicourt etc : et depuis les 1eres attaques
de Champenoux se secteur était devenu calme et si à toujours maintenu à par
quelques coups de mains de part et d’autre, ou reconnaissances ; mon
premier travail consista d’aller à Brin pour abattre un mur de bâtiment servant
de repère à l’ennemi.
Par
les suites je fus évacué le 13 décembre 1915 sur l’hôpital de Nancy St Georges
qui me fit transporter à l’hôpital temporaire de Landremont ou je passa 8 jours
en observation et ensuite je regagna l’hôpital civil de Nancy ou je subit une
opération du nez pour déviation de cloison ; ce service était organisé par
Mr Jeacques et je fus opérer par le Dr chirurgien Harron qui me prodigua des
soins satisfaisants.
Le 1er de l’an
1916 les
allemands bombardaient Nancy, et par 2 fois différentes par pièces à longues portées
et firent des dégâts et victimes en gare des Messageries et rue Jeanne-d’Arc,
car peu après je vis transporter quelques blessés dans ma salle d’hôpital.
Plus
tard à la reprise du tir ennemi, tous les malades et blessés étaient descendus
à la cave sur les brancards ou descendaient eux-mêmes comme moi par
exemple : mais ensuite l’on fit évacué tous les hôpitaux et approchant de
ma guérison je supporta un voyage jusqu’à Besançon et diriger sur l’hôpital St
Jacques ou je subit une autre opération de l’œil gauche par l’occultiste Mr
Sexe.
Quelques
jours plus tard j’étais satisfait de mon sort et je visiter Besançon ville
pittoresque et remarquable par son industrie de bijoux, montres, la percée du
canal sous la citadelle etc.
Après
guérison le 26 janvier 1916 je fus
envoyer chez moi passer 7 jours à titre de convalescence, et ensuite je regagna
Montpellier le 6 février 1916 ou je
demanda à partir pour le front rejoindre ma cie 18/13 qui se trouvait encore
dans les mêmes positions de Lorraine ; j’arriva le 12 février 1916 et 8 jours après la 68ème division se
déplaça, nous allâmes embarquer en gare de Nancy St Georges et furent dirigés à
destination de Mançois-Tronville ou l’on débarqua et nous avions passer 2 jours
que les autres camions vinrent nous chercher, et nous transportèrent sur
Ancemont (Meuse) ou l’on débarqua de nouveau et par étapes à pieds nous nous
rendîmes dans la forêt de Dérrancy (?) ou l’on coucha dehors sous la neige et
sous un feu de mitraille.
Le
lendemain nous nous rendîmes dans ce secteur de Woëvre.
Le 1er mars 1916 cantonnés à Moulainville le
Haute dans un appartement du restaurant Rousseau réduit en état de ruines.
Nos
travaux ont consisté de suite de rétablir de nouveaux réseaux de fils barbelés
ainsi que de nouvelles positions de tranchées et sapes ; car l’ennemi
avant notre entrée dans ce secteur avait fait avance de 12 kilomètres se qui
nous causa une très dure période pour le maintient.
Le 5 mars je fut projeté et pris de
commotion à la suite d’un tir de barrage par obus de tous calibres à la station
de Moulainville la Basse.
Je
resta donc quelques jours en observation et comme aide cuisinier de la Cie au
camp Jeoffre.
Je
passa là encore quelques jours qui ne me donnèrent pas guérison, alors le Dr me
fit regagner Moulainville la Haute ou j’avais un repos complet et s’était le 5 avril 1916 ou malheureusement je
subit une nouvelle émotion par la suites de terribles bombardements ennemi sur
le dit pays ou je resta seul rescaper dans une cave, car 7 hommes de mes
confrères furent tués net, et dont 8 hommes de blessés par ces terribles suites
le capitaine Labeur de la Cie 18/13 fit son possible pour nous faire changer de
place ; en effet l’équipe de travail alla travailler la nuit et au matin
avant jour revinrent et sacs à dos nous allâmes dans la forêt de Dérrancy
( ?)
Deux
jours plus tard nous étions encore bombardée par l’ennemi si bien que le
capitaine Labeur fut blessé grièvement. Le lieutenant, sous-lieutenant,
aspirant, major furent tués.
Le 5 avril 1916 dans l’après-midi nous
étions en débandade ou le Sgt major de la Cie 18/13 nous rassembla avec effort
et nous allâmes de nouveau cantonner au camp de Chiffour près du fort de
Rozelier à Verdun.
Le 7 avril 1916 je fus évacué par suites de courbature
fébrile à l’ambulance 3/68 qui me fit diriger au Petit-Monthairon ou je passa
la nuit, et le lendemain je repartit par autos ambulance sur Queue-de-Mala ou
je pris un train sanitaire régional de la Meuse qui me dirigea sur
Révigny ; et ensuite je repartit sur St Dizier (Maute-Marne) ou je fus
hospitalisé à Bronswick ancienne usine allemande et fabrique de billards.
Là !
Je n’eu pas aucunes satisfaction pour me soins car je ne passa que 13 jours et
ensuite l’on m’envoya en permission de 7 jours chez moi et après permission
écoulée je revient à St Dizier me faire équipé de nouveau pour rejoindre ma Cie
18/13 dans la même situation au camp de Chiffour ; arriver je repris mon
travail péniblement car nous allions à 7 kilomètres de marche faire des mines
sous la route d’Etain face à Ex.
Des
bombardements continuels de part et d’autre faisaient ravage et furie, et le 26
mai 1916 je fus évacué de nouveau par bronchite et je suivis le même itinéraire
pour arriver à l’hôpital Bronswick à St Dizier (Haute-Marne) ou je passa 15
jours salle Des jenettes ayant des soins plus satisfaisants et je repartit de
nouveau en permission de 7 jours chez moi.
Pendant
ce temps là, la 68ème division fut relevée de ce secteur de Woëvre et
ma Cie de génie alla au repos à Tannois (Meuse) ou elle passa 15 jours
tranquille. Je reviens de permission en fin juin 1916 je me fit rééquipé à St
Dizier et regagna ma Cie en secteur d’Avocourt de passage par Les Islettes,
Braucourt, Récicourt et je les retrouva cantonnés au camp de Verrière près
Avocourt.
Dans
ce secteur des combats terribles de grenades et torpilles ainsi que liquides
inflamables faisaient fureur ; nous le génie étions aux postes d’écoutes
en mines, enfin nous passâmes deux mois dans ce cruel secteur sans progrès
malgré les attaques et contres attaques de chaque jour.
En fin août 1916 la 68ème division
fut de nouveau relevée de ce secteur, et de passage par Récicourt, Braucourt et
Jubécourt (Meuse) dans une étape à pieds nous continuions jusqu’à Triaucourt
(Meuse) ou l’on passa 4 jours en réserve d’armée.
A ce
moment là la Cie de Ponts du 2ème génie fut dissoute de la 68ème
division. Cette Cie portait 18/19 compagnie de Ponts. Le 10ème
hussards de Tarbes fut également dissout de la 68ème division et les
groupes du 14ème, 58ème artillerie n’existaient plus non
plus ainsi que le 15ème dragons ; mais nous eûmes l’affectation
d’un groupe du 62ème artillerie.
Dans
les 15 jours de repos à Tannois (Meuse), les régiments du 257ème
infanterie et 323ème furent également dissous et renforcèrent les
divers régiments infanterie de la 68ème division.
Par
la suite de notre réserve d’armée à Triaucourt une alerte vient, nous partions
le lendemain par autos-camions et la 68ème division prit le secteur
de Fleury, Poudrière de Souville en fin août de 1916.
Ma
Cie de génie cantonna aux casernes d’aviation de Verdun qui étaient déjà en
ruines.
Nous
passions par le cabaret rouge, les casernes Marceau et la poudrière de
Souville.
Dans
ce terrible secteur à la suite de plusieurs attaques et contre-attaques le 344ème
infanterie eût à Fleury un bataillon de fait prisonnier par l’ennemi et les
autres régiments presque anéantis.
C’est
à ce moment là que j’appris la mort de mes confrères Spérat, Jeanneau de St-André
et Blanc de St-Gervais. Nous eûmes également le sergent Viau du 2ème
génie natif de Coutras (Gironde) qui fut tué à Fleury station avec 5 hommes
disparus. Lui seul fut transporter au cimetière des casernes Béveaux à Verdun
et je l’enterra même sous un bombardement de l’ennemi qui faisait voltigé les
débris de couronnes dans ce cimetière.
En
un mot la 68ème division perdit un effectif de 5000 hommes en 22
jours, car en fin septembre 1916 nous fûmes relevés de ce secteur et nous
rendîmes à Belleray (Meuse).
Ensuite
le lendemain, l’on alla embarquer à Mixeville (Meuse) et nous débarquâmes à
Sommeille-les-Trancourt (Meuse) et l’on nous dirigea à Auzécourt et la cie
18/63 du génie cantonna à Noyer et par la suite d’épidémies il furent renvoyer
sur Brabant-le-Roi près Révigny passer un repos de quelques jours et en fin septembre 1916 la 68ème
division embarqua de nouveau à Révigny de passage par Toul et Nancy-St-Georges
ou l’on débarqua et par une étape à pieds de 20 kilomètres nous arrivâmes à
Dombasle-sur-Meurthe et après 5 jours de repos, la 68ème division
alla prendre son ancien secteur lorrain, nous dirigeant par Champenoux,
Mazerule et Moncel où je resta quelques temps à faire des sapes qui
traversaient le pays.
Le 20 octobre 1916, je reçus une dépêche
« mère décédée ». Je partis aussitôt en permission exceptionnelle de
4 jours ; j’alla à Nancy prendre un train direct pour Paris et Paris -
Bordeaux.
En octobre 1916, le 212ème
infanterie fut dissous de la 68ème division et passa à la 88ème
division. A ce moment là, la 68ème division ne se composait plus que
de trois régiments d’infanterie dont le 206ème, le 344ème
et le 234ème ; c'est-à-dire réserve du 24ème. Il
existait aussi un groupe de 8ème génie téléphoniste, une compagnie
de génie de parc nommée 18/24, une compagnie du 2ème génie 18/13
divisionnaire, un groupe de G.B.D. du 18ème train et dans chaque
armée de passage et combattante, nous avions comme toutes divisions une
affectation d’artillerie lourde, de dragons, etc.…, etc.…
Le 2 novembre 1916, je rejoignis ma cie 18/13 à
Champenoux au retour de ma permission exceptionnelle.
Pendant
ce temps, il y eut un petit changement. L’on me renvoya à la cie 18/63 en
renfort, cette compagnie bis avait été formée à Toul le 7 janvier 1915 et
versée à la 68ème division.
Je
regagna donc cette nouvelle formation par Remèreville où nous étions cantonnés
et quelques jours plus tard, je monta en ligne au bois Sainte-Marie, bois du
Ranzey.
On
cantonna à la maison forestière et je repartis en permission de 10 jours. A mon
retour, je retrouva ma section dans la même situation mais les obus ennemis
nous brisèrent les alentours de la maison forestière et l’on alla cantonner au
dit Ravin-des-Fées et nos travaux consistaient en galerie en lisière du bois du
Ranzey à 8 mètres sous terre.
Une
descente par escalier ordinaire et une deuxième descente par puits avec
escalier tournant. Nous avions également d’autres travaux vers Atheinville,
Serre, Arracourt.
En avril 1917, ma section fut changée. L’on
nous dirigea par Hoéville, Serre, Valey, Beauzemont, Bathelemont et l’on prit
secteur à Bure, face à l’étang de Parroy. Ce secteur devenait plus grave par
les coups de mains et reconnaissances car en fin avril 1917, l’ennemi nous fit
un coup de main mettant hors de combat blessés, prisonniers et morts 50 hommes
du 206ème infanterie.
Auparavant,
nous avions fait représailles ayant pris de vieilles bottes et toile de tente à
l’ennemie.
En fin mai 1917, je fus désigné avec le
sergent Beauvais de Bourg-sur-Gironde et 4 hommes pour aller retirer des
tringles de crocodiles que l’ennemi n’avait pas fait exploser dans leurs
précédents coups de main. Nous passâmes donc toute une nuit pour opérer sous la
garde de fusils mitrailleurs par une section du 344ème infanterie.
Il
consistait 2 tringles dont l’une de 21 mètres de long et l’autre de 17 mètres
que l’on déboîta avec précaution par pas de vis tous les 4 mètres et où l’on
retirait les détonateurs de la mise à feu.
Le
lendemain, la 68ème division fut relevée de ce secteur et par étapes
à pieds nous allâmes au camp du bois l’évêque situé entre Nancy et Toul. Nous
passâmes 1 mois dans ce camp à faire des exercices de tirs de grenades, etc… et
nous allions même à Toul faire de l’école de pontage et 8 jours après la 68ème
division fut appelée de nouveau à un déplacement. Nous embarquâmes par
autos-camions, dirigés par Marron, Nancy, Champigneulles – pays de bière
fabrication exquise -, ensuite par le plateau Sainte-Geneviève à destination de
Belleau (Meurthe-et-Moselle) où l’on passa quatre jours et nous rembarquâmes de
nouveau pour retour à Marron-gare entre Toul et Nancy où l’on embarqua par voie
ferrée et dirigés pazr Toul, Révigny, Bar-le-Duc, Chälons-sur-Marne, Epernay,
Château-Thierry et Meaux où l’on prit le réseau du Nord par Compiègne et l’on
débarqua à Noyon (Oise), pays très remarquable et d’une belle construction par
une superbe cathédrale.
A ce
moment là, l’ennemi avait abandonné Noyon, volontiers vaut-il mieux dire car
ils n’avaient pas fait de dégâts outre les passages de rivière. Ils avaient
fait sauter les ponts, emporter les voies de chemin de fer, coupé des arbres
pour entraver la poursuite ; mais enfin, on ne fera jamais aucune guerre
avec honnêteté ?
L’on
cantonna 2 jours dans Noyon même. Nos soldats mangeaient les fraises dans les
jardins des civils rescapés. L’on montait sur les cerisiers et cassions les
branches. En un mot, nos troupes dont j’ai vu faire ont fait plus de dégâts
qu’en avait fait l’ennemi avant son départ.
Deux
jours plus tard, nous partions à pieds sur Vassens, canton de Coucy-le-Château
où l’on passa 2 jours également et par la suite des autos camions nous
transportèrent par Soissons et nous débarquâmes à Braine (Aisne) et nous nous
rendîmes à Brenelle, pays voisin où l’on passa 8 jours. Ces jours écoulés, nous
repartions par étapes à pieds de 12 kilomètres dirigés sur Viel-Arcy et
Villers-en-Prayères (Aisne) où l’on se reposa 2 jours.
Le 1er juillet
1917, la 68ème
division prit secteur au chemin des dames, passant par Bourg-et-Comins,
Oeuilly, Paissy, Geny, Moulins, Vendresse, Troyon et faisions face à Hurtebise,
secteur très mouvementé par toutes sortes de mitrailles de tous calibres, gaz
asphyxiants, liquides inflammables, etc…
Dans
ce terrible secteur, nous cantonnions au Mont-Charmont.
Jamais
nous ne faisions la route sans aller au pas gymnastique, poussés par le feu et
d’une chaleur accablante.
Le 14 juillet 1917, une terrible attaque se
déroula. La 68ème division eut de nombreuses pertes fournies par le
234ème infanterie dont je voyais les morts à pleins boyaux sur mon
passage.
Les
jours suivants, des attaques partielles et contre attaques se produisaient sans
avance malgré un bombardement continuel. Dans ce secteur là, notre artillerie
tirait trop court et sur nos lignes faisant dégât. Un 75 tomba même à l’entrée
de ma sape à 200 mètres arrière en ligne de soutien.
Heureux
pour nous qu’il n’éclata pas ?
Le 31 juillet 1917, une attaque brusque se
déclencha sur nous à 1 heure de l’après-midi par un temps sombre et brouillard.
Les batteries furent arrosées de gaz asphyxiants, les cantonnements et les
routes impraticables et les Allemands nous prirent le tunnel de Troyon,
c'est-à-dire des travaux qu’ils avaient effectués depuis 1914 à 1917.
Dans
ces terribles combats acharnés, ils firent un bataillon du 344ème
infanterie prisonnier ainsi que 21 hommes de la cie du génie 18/13 dont un
officier et 2 sous-officiers et la cie 18/63 eut 7 hommes de pris également
dans ces travaux si bien que la 68ème division était de nouveau anéantie et la
relève arriva ; ayant 5000 hommes hors de combat compris en morts,
prisonniers et blessés.
Dans la nuit du 1er
au 2 août 1917,
nous étions relevés, de passage par Bourg-et-Comins, Villers-en-Prayère.
Ensuite,
des camions autos vinrent nous chercher et nous transportèrent à la ferme de
Trugny, commune d’Epieds (Aisne), à 8 kilomètres de Château-Thierry.
Nous
y passâmes 15 jours de repos tranquille mais très mal couchés sur du fumier. Par
la suite, l’on alla embarquer par voie ferrée et dirigés sur Bourg-la-Reine,
banlieue de Paris où l’on débarqua et par étapes, nous nous rendîmes à Rungis
passer 20 jours de repos complet et libres, indépendants de nous-mêmes. L’on
nous donna même des permissions de 24 heures pour Paris et j’alla voir ma
cousine Marthe Rénaud à Colombes (Seine).
Après
quelques jours de repos, je m’embauchai à Vissous (Seine-et-Oise) chez M.
Cherron pour faire la moisson et arracher les pommes de terre. Et comme j’étais
nourri, je me rappellerai toujours ils n’achaient pas leur chien avec des
saucisses, car j’ai mangé une cuisse de poulet qui roulait depuis 3 jours dans
une assiette et qu’il m’ont servi.
Enfin
le repos arriva bientôt écoulé et vint le jour du départ où l’on prit la voie
ferrée à Juvisy et dirigés sur Condé-en-Brille et nous cantonnions à
Celles-les-Condés où l’on passa 15 jours de plus à faire des manœuvres et
exercices en armée de combat. Ces quelques jours écoulés, on laissa
Condé-en-Brille (Aisne), nous dirigeant par étapes à pieds sur Jonchéry (Aisne)
où l’on passa la nuit et nous repartions sur Dravegny, Chéry-Chartreuve et
Saint-Thibaut où l’on fit arrêt de 2 jours.
On
repartit ensuite par Bazoches, Longueval, Pont-Arcy, Bourg-et-Comins, Verneuil
(Aisne) et nous cantonnions au dit centre Ducros, entre Verneuil et Beaulne.
Avant
notre entrée en secteur, nos fameux officiers étaient venus la veille prendre
connaissance des positions si bien qu’ils revenaient avec des renseignements
plus ou moins précieux sans être aller jusqu’au bout.
Le
lendemain, il conduisaient la cie et n’ayant pas été au point fixe, nous
laissaient des heures entières dans les routes, ou boyaux pour rechercher les
cantonnements donc que la veille ils ne s’étaient pas rendus compte. On était
conduit comme des brebis et après quelques jours dans le secteur, nous
apprenions que nous avions fait arrêt dans des zones des plus critiques.
Heureux pour nous que le destin nous protégeait malgré qu’ils veuillent nous
faire tous tués. Oh ! Les vaches !
Dans
ce secteur, nous prenions les lignes face à Courteçon et Braye-en-Laonnais
(Aisne), légèrement à gauche de notre précédent secteur du chemin des dames. Du
centre Ducros, nous traversions Beaulne, Chivy, un lieu-dit trou Bricot et le
ravin du paradis où nous avions nos travaux de sapes. Il faut dire aussi que
nous faisions acte de présence car nous allions sur les lieux des travaux et
sommes restés une période de 3 jours sans lumière et lorsque nous avions de la
lumière, le matériel nous manqua.
Enfin,
on fit un mois dans ce secteur relativement plus calme qu’en juillet. Chaque
soir, on avait la visite de l’aéros ennemi surnommé Fanthomas, lançant des
prospectus que l’on ne l’abatterai jamais. Cependant, nos feux de mitrailleuses
rongeaient sur l’oiseau qui nous faisait ravage en mitraillant nos tranchées.
Je
partis en permission de 10 jours en
octobre 1917 et je revins en fin octobre, au moment de la relève de notre
68ème division dirigée sur Verneuil (Aisne), Bourg-et-Comins,
Pont-Arcy, Longueval et Vauxcéré où l’on coucha 2 jours dans des carrières de
rochers. Ensuite, nous repartions sur le camp de Dravegny (Aisne) en réserve
d’armée car à ce moment là les attaques de déroulaient lorsque nos troupes
prirent possession du fort de La Malmaison et le moulin de Laffaux.
Ma
cie 18/63 et la 18/13 passèrent un mois dans ce camp de Dravegny à arranger les
routes et moi je fus détaché avec 5 hommes en subsistance à la 19ème
Cie du 206ème infanterie à Mont-Notre-Dame (Aisne).
A ce
moment là, la 68ème division eut un bataillon, du 73ème
territorial affecté à elle et nous construisions un camp de baraquements pour
nos troupes de repos.
Je
cantonna chez M. Debargue 5, rue Daumale à Mont-Notre-Dame où je fus bien
acceuilli pendant mon séjour et en récompense, je construisis une jolie
brouette char à bancs et portail de basse-cour.
En fin novembre 1917, la 68ème
division se déplaça et l’on nous rappela.
Nous
partions par Chéry-Chartreuve, Dravegny, Cohan, Courmon où je passa la nuit
ayant rejoint ma compagnie. Le lendemain, nous repartions par Courpoil, Epieds
et Verdilly (Aisne), à 4 kilomètres de Château-Thierry où l’on passa 3 jours de
repos.
Ensuite,
nous embarquions en camions autos dans l’après-midi, de passage par
Château-Thierry, Soisson, Noyon (Oise) et l’on débarqua le lendemain matin 8
heures à Languevoisin près de Nesle (Somme), joli pays et où l’on mangea de
superbes entrées de salade de cresson.
Deux
jours plus tard, nous repartions par étapes à pieds, nous dirigeant sur Ham et
Piton, petit pays où l’on cantonna 5 jours. A ce moment là, la 68ème
division avait été rappelée en réserve car l’ennemi menaçait les Anglais sur
St-Quentin et comme le calme arriva, nous embarquâmes de nouveau à Ham (Somme)
par voie ferrée, dirigés par Roye, Noyon, Compiègne, Meaux, Château-Thierry,
Epernay, Châlons-sur-Marne, Vitry-le-François, Bar-le-Duc, Révigny et Mussey
(Meuse) où l’on débarqua de nouveau et où nous passâmes 15 jours de repos par
un froid terrible.
Le
canal fut pris de part en part par les glaces et empêcha la navigation des
canaux pendant quelques jours.
Le
repos écoulé, la 68ème division embarqua de nouveau par voie ferrée
et alla débarquer à Souilly (Meuse), passant par Belleray, casernes Béveaux de
Verdun, casernes d’aviation et l’on coucha aux casernes Marceau.
Le
lendemain, nous repartions à la nuit par le faubourg pavé de Verdun, Bras,
Louvemont et carrières d’Haudremont où l’on prit secteur en décembre 1917.
Nous
cantonnions aux carrières qui étaient bombardées sans cesse et par relève de section
nous allions en ligne par le ravin des sapins et au ravin de La Neuville où
l’on passa 15 jours et ensuite on revint au ravin de Goélette près le fort
Douaumont cantonner et la nuit nous allions travailler dans les boyaux.
Ce
passage de secteur fut terrible de misère par un froid très dur et la neige
resta 1 mois de temps, sans disparaître, à 50 centimètres d’épaisseur.
On
ne reconnaissait plus nos passages par sentiers. Entre le ravinde la Goëlette
et les carrières d’Haudremont, notre cher camarade regretté Lattapie fut tué et
dont son corps repose au cimetière militaire des casernes Marceau à Verdun qui
à ce moment là contenait 7 000 morts et 15 000 au cimetière des casernes
Béveaux puis 8 000 au cimetière de Belleray et tant d’autres disparus et méconnaissables
et petits cimetières des champs où reposent ceux qui ont rendu la paix en
famille. Ce dit secteur se nommait secteur de Beaumont.
Nous
y passâmes 45 jours d’affreuses souffrances et le 26 janvier 1918, la relève de
la 68ème division arriva.
Nous
descendîmes par Louvemont, Bras et l’in fit arrêt de 2 jours aux casernes
Miribel du faubourg pavé à Verdun. Ensuite, nous repartions au cirque
d’Audainville où l’on embarqua en autos camions et dirigés dans la nuit sur
Hargéville (Meuse), à 8 kilomètres de Bar-le-Duc où l’on débarqua le 29 janvier 1918.
Le
laissa la cie 18/63 au repos à Hargéville et je partis en permission de 10
jours. Cette permission écoulée, je revins sur Hargéville mais ma cie était en
déplacement. Je repris donc le train local meusien, passant par Les Merchines
et j’allas à Chaumont-sur-Aire voir mon beau-frère où je passa la journée et
coucha la nuit.
Je
repartis de Chaumont-sur-Aire par le Meusien, direction de Mixéville (Meuse) où
j’alla prendre renseignements au centre téléphonique. Ma cie se trouvait de
passage à Praast (Meuse). Alors je revins par le meusien sur mes pas, changeant
à Les Merchines-station pour la ligne de Triaucourt et je débarqua le soir à
Vaubécourt par un froid terrible et rien pour coucher. Là, je demanda de
nouveau ma cie qui était repartie de Praast. Alors on me dirigea par la voie
ferrée américaine de Révigny par Vaubécourt, Lesmes, Souilly.
De
là, des autos nous prirent et j’arriva au camp des Clairs-Chênes en même temps
que la cie le 18 février 1918.
On
resta là quelques jours à faire quelques lignes de soutien surnommées lignes
Clémenceau. Ensuite l’on se déplaça de nouveau par Dombasle-en-Argonne,
Betheleinville, Vigneville et le bois Bourrut où l’on cantonna.
Au mois de mars 1918, la 68ème
division prit secteur de la cote 304, le Mort-Homme, jusqu’au bois des
Corbeaux. Nous étions de nouveau cantonnés à la cote 272 et le parc du génie
était cote 232.
Au
début de ce secteur des bombardements intenses d’artillerie ennemis se
produisaient sur nos batteries ainsi que des gaz asphyxiants. Dans ce secteur,
nous étions dispersés par section, j’alla faire des travaux de galerie à abris
mitrailleuse entre Esne et cote 304, plus tard, j’alla au tunnel Bismarck,
travaux remarquables de l’ennemi pris par nos troupes en septembre 1917,
ensuite je passa 8 jours à la surveillance et l’entretien du tunnel du
Kronprinz plus remarquable car avant nos attaques de septembre 1917, ce tunnel
faisait de 11 à 1200 mètres de long sur 3 mètres 50 de large et 2 mètres 20 de
hauteur. Il consistait également d’un petit train sur voie de 0,60 centimètres
qui évacuait leurs blessés lors des grands combats de Verdun. Il y avait aussi
une brasserie de bière où depuis notre attaque de septembre 1917 nous avions
crevé une partie du tunnel près du ruisseau des Forges.
Donc,
dans cette brasserie, il était resté une quantité de cadavres ennemis ainsi que
dans une salle d’opération aux blessés. Donc, après cette attaque de septembre,
nous n’habitions plus que 6.25 mètres de long dans ce tunnel du Komprinz. Sur
cette distance, il y avait 10 différentes sorties de droite et de gauche ainsi
qu’une superbe salle de machine avec trois moteurs électriques, salle de
réparation, etc… vraisemblablement l’éclairage du métropolitain à Paris.
Il
était calculé que cette salle de machine se trouvait à 27 mètres sous terre et
rochers car j’ai compté moi-même 19 marches d’escalier des machines à la salle
de réparation et ensuite 79 marches pour arriver dehors, niveau du sol.
Il
faut croire à de semblables travaux et que dans cette cruelle guerre je n’ai
jamais vu si beaux travaux en France. Cependant, les frais se sont produits et
d’un gaspillage monstre en toutes choses.
Ensuite
je laissa ce tunnel et j’alla passer 3 semaines au ravin de Sornois et chaque
jour, j’avais passage dans ce tunnel pour rejoindre mes travaux en ligne. Ces
quelques jours écoulés, je demanda une permission de 24 heures pour aller voir
mon cousin Bourricaud qui arriva en renfort au 234ème infanterie et
se trouvait au repos au bois de Betheleinville. La permission me fut accordée
avec plaisir et au retour j’alla avec ma section cantonner à Chattancourt près
le bois des Corbeaux où l’on passa 8 jours à faire des travaux de sape et un
peloton était revenu au camp des Clairs-Chênes pour miner les carrefours de
routes et ponts car, à ce moment, l’on craignait l’offensive ennemie qui
s’était déroulée sur les Anglais sur Saint-Quentin, Ham, Roye, Mesle, Moyon,
Montdidier, etc… ce qui nous rendit le secteur du Mort Homme d’un calme
parfait.
Ensuite,
de Chattancourt, on vient cantonner à Montzéville où je resta 1 mois, allant
travailler à Esnes ; et parfois trouvant le calme ennemi surprenant, l’on
nous faisait faire des alertes de nuit. Mais alors j’étais rapproché de mon cousin
Daniel Bourricaud, 18ème Cie du 234ème infanterie et nous
avions la joie de nous voir chaque jour.
A
Esnes, un malheureux arabe arrivé en renfort à mon escouade, par curiosité,
voulu toucher une grenade qui lui parti dans la main et lui fractura la tête,
le cœur et lui coupa la main. La mort fut instantanée et j’assista aux obsèques
de mœurs arabes au cimetière militaire du bois de Betheleinville qui se
composait de 5000 morts.
Le 16 juillet 1918, la relève de la 68ème
division arriva de Montzéville.
On
se dirigea par étapes à pied sur Dombasle-en-Argonne et Jubécourt où l’on passa
2 jours. Ensuite, on fit 2 étapes et nous arrivions à Bournonville (Marne) où
l’on passa 5 jours ainsi qu’un revue divisionnaire par le général Mainvielle.
Plus
tard, nous embarquions par voie ferrée sur la ligne de Sainte-Menhéoule à
Révigny et cause de l’offensive allemande depuis la Somme jusqu’à
Main-de-Massiges et leur avance jusqu’à Château-Thierry et nous ayant coupé la
grande voie Paris – Nancy, nous passâmes par Révigny, Saint-Dizier
(Haute-Marne), Troyes, et Meaux où l’on prit la ligne du Nord et l’on débarqua
à …… (Oise).
Ensuite,
par étapes, nous regagnions la forêt immense de Villers-Cotterêts que l’on
traversa toute entière et enfin en août
1918, la 68ème division avait déjà délivré combat sur
Houlechy-le-Château, par Cramaille où fut tué mon pauvre cousin regretté du 234ème
par de cruels feu de mitrailleuses ennemis qui tiraient jusqu’au bout.
Ensuite
notre avance continua par Cramoselle, Arcy- Sainte-Restitue, Branges et
Jouaingnes où l’on cantonna dans les décombres du paysage. Et la journée, nous
ramassions des récupérations de panneaux de fenêtres, planches, chevrons,
poutrelles, tonneaux, etc… pour aller construire, la nuit, des passerelles sur
la Vesle, passant par Quincy-le-Mont et Limé où dans une cave du château il y
eut 32 hommes du 344ème infanterie hors de combat en morts et
blessés.
Dans la nuit du 4 au 5 août
1918, ma
compagnie de génie 18/63, nous avions livré 5 passerelles légères pour la
traversée de nos troupes d’attaque sur la Vesle. Le commandant Chevalier du 344ème
infanterie fut tué à la voie ferrée entre la Vesle, face à Braine, où se
déroulait notre attaque la matinée du 5 août 1918.
Le
334ème avait avancé de 2 kilomètres en profondeur jusqu’à Braine,
mais les ailes droite et gauche ne suivant pas, nos troupes revinrent au point
de départ avec de nombreuses pertes et nos brancardiers se servaient de
quelques prisonniers pour leur aider à transporter nos blessés. « Vous les
avez blessés ! » disaient-ils « Et bien transportez-les avec
nous ! ».
Ce
secteur fut également très pénible et en rase campagne chacun faisait un trou
individuel. Les tranchées n’existaient plus. On s’abritait dans un fossé, talus
quelconque dans les champs de blé ou betteraves. Nous étions arrosés de gaz
asphyxiants sans arrêt et nous causant de nombreux évacués chaque jour.
Ainsi, le 14 août 1918, nous eûmes, à la 18/63 8
hommes évacués par ce cas ainsi que 13 hommes de la 18/13. Le soir du 14 août
1918, je partis en permission de 10 jours sans regret et d’une prompte allure.
Je passa par Branges, Arcy-Sainte-Restitue où se trouvait notre bureau de génie
et le lendemain je partis sur Houchy-le-Château et embarqua à Houlchy - Breny
gare par un train de ravitaillement qui me rendit au Bourget, banlieue de
Paris.
Rendu
chez moi, je tomba malade par suite des gaz et déclaration de grippe espagnole.
Je passa 10 jours malade et alité chez moi. La permission écoulée, l’on me fit
transporter à l’hôpital n° 35 à Bordeaux où je passa 20 jours et ensuite l’on
me remplaça ma permission de 10 jours à titre de convalescence.
Dans
ce temps-là, la 68ème division fut relevée du secteur de la Vesle le
23 août et allèrent au repos à
Certigny aux environs de Meaux. Ensuite, des camions auto les transportèrent
sur Châlons-sur-Marne et se rendirent ensuite à pieds prendre secteur de
Champagne dans l’armée Gouraud le 13
septembre 1918 et le 26 septembre la 68ème division commença
dans l’offensive générale.
Je revins
de permission et les suites de ma maladie je passa à Connantre (Marne) me faire
rééquiper et je rejoints ma compagnie en secteur à Auberive le 5 octobre 1918 et j’eu encore grand
temps de faire la poursuite de l’ennemi qui continua par Dontrien, Saint-Hilaire-le-Petit,
Bethéniville où l’on fit un arrêt cause de la traversée de l’Orne, petite
rivière où l’on fit des ponts pour le passage immédiat de nos pièces de 75 et
155.
Il
faut remarquer également que l’on nous fit faire un pont, départ d’un route et
tombant dans le marécage impraticable. C’était l’armée française. Heureusement
que l’ennemi avait idée de partir pour nous laisser libre dans certains travaux
malgré cela la résistance de Bétheniville causa au 206ème infanterie
50 morts et la poursuite continua jusqu’à la Neuveville (Ardennes) et un peu
au-delà jusqu’à la petite rivière dite la Retourne. Et dans la nuit, à minuit,
la 68ème division fut relevée, descendant par étapes sur
Betheniville, Saint-Hilaire-le-Petit et Dontrien où l’on cantonna.
Le
lendemain, nous nous rendîmes par Aubérive jusqu’au camp Berthelot où l’on
passa 2 jours et ensuite on reprit par le camp de Châlons-sur-Marne,
Mourmelon-le-Grand et le camp d’Esportes où l’on coucha la nuit. Le lendemain,
nous repartions de nouveau 21 kilomètres à pieds pour arriver à Germaine, entre
Epernay et Reims où l’on passa 8 jours et nous allâmes à Ay près Epernay passer
une nouvelle revue divisionnaire du général Mainvielle.
Deux
jours plus tard, nous nous rendîmes, sacs au dos, de Germaine à Epernay, ayant
fait 12 kilomètres et l’on embarqua par voie ferrée devant la fabrique du
champagne Mercier d’Epernay et l’on nous dirigea par Châlons-sur-Marne,
Vitry-le-François, Bar-le-Duc, Révigny, Toul, Nancy, Epinal, Lure, Belfort et
nous débarquâmes après Petit-Croix en gare de Vauthiermon (Haute-Alsace) le 23 octobre 1918 et le soir même on
se rendit à Bretten où l’on passa 2 jours et nous repartions ensuite par
Eteimbes, Sentheim et Bourbac-le-Bas où l’on cantonna en paix dans ce secteur
relativement calme que la 68ème division prit le 23 octobre 1918.
Le 1er novembre, je partis en permission
exceptionnelle de 3 jours pour la naissance de mon fils François, Yves
Bourricaud et je revins le 10 novembre à Bourbac-le-Bas (Haute-Alsace)
rejoindre ma section le 11 novembre 1918 au matin jour de l’armistice.
La
joie vint régner parmi nous tous au son des cloches et musiques de nos
régiments divisionnaires, le repos complet dans les usines de filature de
Bourbac-le-Bas, ensuite j’alla de bon cœur vers Ramersmatt chercher nos
outillages et explosifs de mine où je fis une salve extraordinaire avec mon
copain Merlet et Radondy.
Le 13 novembre 1918, nous allions cantonné à
Sentheim et nous allions de nuit arranger les routes détruites dans la zone des
lignes.
Le 17 novembre 1918 au matin, la 68ème
division partait des pays environnants ainsi que nous de Sentheim et dont nous
fîmes 24 kilomètres sacs au dos pour arriver en banlieue de Mulhouse où l’on
fit grande halte et casse-croûtes.
Le 17
novembre 1918, jour mémorable, la 68ème division fit son entrée à
Mulhouse à midi, parcourant les plus strictes quartiers pendant 3 heures de
temps, l’arme sur l’épaule. Nous fûmes reçus d’un enthousiasme des plus parfait
aux cris de : « Vive la France ! » « Vive nos
vainqueurs, nos libérateurs ! Vive nos Héros, le Génie !», etc… et
enfin des gerbes de fleurs nous tombaient de tout côté depuis les balcons, des
poignées de main continuelles nous frôlaient comme une véritable barrière. La
musique des sociétés alsaciennes nous rendirent leurs honneurs ainsi que notre
musique divisionnaire qui jouait notre entraînante entrée de Mulhouse
inoubliable.
Des
pavoisages de toutes couleurs alliées garnissaient les rues et bâtiments.
Des
jeunes filles en uniforme alsacien venaient un instant bras dessus, bras
dessous nous accompagner un instant dans cette mémorable revue. Le lendemain,
les gamins nous criaient « Vive la France ! » et par reprise
aussitôt : « vous avez du pain ? ». Et en effet, le 18
novembre 1918, il rentra 22 camions autos de pain à Mulhouse et dont il y en eu
2 de pillés, suite de la famine et par l’insuffisance de garde militaire.
Ensuite peu à peu le calme régna et les alsaciens de cœur firent la chasse aux
habitants prussiens ayant restés à Mulhouse comme de vrais français et nous
ayant rendu des honneurs contre leurs idées le jour de notre entrée triomphale.
Mais
les alsaciens de cœur connaissant leurs opinions, le 1er décembre 1918 brisèrent différentes vitrines des
magasins ennemis dans un calme parfait car la troupe ne s’y opposait en rien.
Le
lendemain, je vis emporter dans une ferme ennemie les pommes de terre,
l’avoine, les brebis, les cochons, etc… en présence du propriétaire qui
disait : « Prenez ce que vous voudrez mais ne me faites pas mal ! »
(Ferme de Dornach).
Mulhouse
est une superbe petite ville de 110.000 habitants environ et très industrielle
par ses usines de filature, comme par exemple l’usine Dolfus. On compte à
Mulhouse et sa banlieue 57 tuyaux d’usines.
Le 3 décembre 1918, la 68ème
division abandonna Mulhouse avec regrets et par étapes à pieds l’on fit arrêt à
Altkirch où l’on coucha et le lendemain nous repartions sur Dannemarie et l’on
coucha à Bretagne. Nous repartions de nouveau pour une dernière étape et nous
arrivâmes le 5 décembre 1918 à Sainte-Suzanne, banlieue de Montbéliard (Doubs).
Dans
ce pays, nous travaillions individuellement aux usines. Je m’embaucha chez un
peintre monsieur Louys Gallizia qui me donna 1 franc 20 de l’heure à l’usine
Schvander.
Ensuite
je cessa pour un départ de permission le 30
décembre 1918 pour 20 jours et je revins le 26 janvier 1919, toujours à
Sainte-Suzanne, près Montbéliard.
A ce
moment, la compagnie nous occupa à ramasser du réseau barbelé vers Exincourt
jusqu’à Audaincour. Nous allions également à Vieux-Charmont et Châtenois
aménager des cantonnements pour liquider le matériel sans doute, puisque l’on
avait fait la guerre sans cela jusqu’à ce jour.
Enfin,
en dernier lieu, je passa cycliste de compagnie quelques jours et ma compagnie
18/63 fut dissoute à Sainte-Suzannne le 6
mars 1919 et nous passions à la compagnie 18/13, même division.
Je
repartis en permission exceptionnelle de 3 jours le 8 mars 1919 et je revins à
Sainte-Suzanne le 17 mars 1919.
Le 24 mars 1919, je repartais de nouveau
pour la démobilisation, de passage par Montbéliard, Besançon, Dijon, Lyon,
Gannat, Montluçon, Guéret, Limoges, Périgueux, Coutras, Libourne et Bordeaux où
je fus démobilisé le 26 mars 1919 aux casernes Carayon-la-Tour et je repris ma
vie civile à Saint-André-de-Cubzac (Gironde).
Signé : André, Jean, Bourricaud
Adresses :
Monsieur
Augustin Damberthoumieu à Morcenx (Landes)
Monsieur
Gaye Thomas à Gavarnie par Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées)
Monsieur
Antoine Goudour 102, rue Victor-Hugo Périgueux (Dordogne)
Monsieur
Emile Merlet aux Sablons - Laleu – La Pallice Rochelle (Charente-Inférieure)
Monsieur
Mougnaud à Sauce, commune de Chalais par Saint-Jozy (Dordogne)
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