J'ai eu en main le carnet de guerre de Benjamin Canac, et je
l'ai saisi.
Je me fais un plaisir de le mettre à
la disposition des internautes à travers votre site.
L'auteur
Je ne sais rien et je n'ai aucune
parenté avec l'auteur du carnet.
Ce carnet a été déniché dans une
foire aux vieux papiers en Aveyron par un ami qui me l'a montré, et m'a permis
de le photocopier.
Il est retranscrit à partir d’un
carnet petit format de 1914.
J'ai souligné les noms de personnes
citées.
Les titres des paragraphes et des mots
en italiques ont été rajoutés, pour la compréhension du texte.
Authentification
J'ai procédé à des recoupements pour
authentifier ce document
Il me parait fiable quoique sans
doute réécrit après coup à partir de notes prises au jour le jour.
Son récit est très sec, sans états
d’âme, presque désincarnés.
Marc, novembre 2007
Départ de
La mobilisation commençait à minuit le 1er août ; c’était un dimanche.
Nous sommes restés à Grenoble le 1-2-3-4 et nous
sommes partis le 5 à 9 h du soir pour aller nous embarquer sur un endroit
inconnu.
Nous avons quitté la gare de Grenoble à minuit.
On est passé par Chambéry-Aix les
Bains-Dôle-Vesoul-Epinal et Bruyères.
On nous a débarqué à Bruyères, après 51 h de
chemin de fer le 7/8.
En sortant de la gare l’on nous a menés dans la
caserne du 158ème dite caserne Mangin pour nous faire reposer un
peu.
Le
8/8 6 h réveil. Départ à 7 h pour Lépanges à
Le lendemain, 9/8,
l’on a été à l’exercice 1 h on faisait une sale mine, c’était dimanche.
Le
10 réveil à 4 h du matin. Départ à 5 h direction
Corcieux où l’on est arrivé à midi pour prendre les avant postes.
On est tout de même sorti le soir jusqu’à 8 h ½-9
h alerte pour partir.
L’on est resté sur place de 9 h à 1 h du matin, on
gelait ! Ensuite l’on nous a dirigé sur le bataillon qui marchait sur
Fraise (le 11/8)
Une fois à Fraize il a fallu grimper sur la montagne,
au col des « fourneaux » pour renforcer le 75ème qui se battait déjà.
Comme l’on allait prendre position l’ennemi
reculait. Ils nous font redescendre à 1 h de l’après midi par une chaleur
étouffante pour aller cantonner à Clefcy.
Les ¾ de la colonne est resté en route.
Le lendemain, 12
août, on avait rien à manger, alors voilà que l’on part à la chasse aux
poules. L’on rentre dans un poulailler, on en prend deux chacun et l’on a bien
dîné.
Voilà que vers 1 h de l’après midi l’on reçoit
l’ordre de partir pour Wissembach.
Nous avons marché depuis 2 h jusqu’à 10 h du soir.
Pas plus tôt arrivés l’on se couche.
Minuit alerte ! et nous voilà parti pour le
col de Sainte Marie (le 13)
Après 2 h de montée l’on s’arrête à
Le jour arrive (14) l’on se lève et on se promenait d’un côté et d’autres. Vers 9
h on entend un coup de canon. C’était nos batteries de 75 qui attaquaient. Une
demie heure après l’on voit au dessus de nos têtes une fumée noirâtre, c’était
les obus boches qui éclataient sur nos têtes.
L’on nous avait mis justement à l’endroit le plus
dangereux. Ce n’était que des obus fusants et ils éclataient trop haut pour
nous faire du mal.
Quelques éclats venaient tomber à nos pieds sans
blesser personne. J’avais une frousse terrible et je dis à mon
copain : "notre heure est venue » et vous pouvez croire que
je ne me faisais pas prier pour mettre le nez à terre et le sac sur la tête. Au
2ème obus un morceau vient tomber entre nous deux (Chion).
Le feu dura ainsi jusqu’à 3 h, jusque vers midi.
De midi à 3 h nous avons été tranquilles. Ne voilà pas que vers 3 h ils
recommencent jusque vers 5 h.
Cela a duré ainsi.
Le
15 pour la même heure ils ont repris le feu. Mais
c’était nos batteries qui répondaient.
A 9 h 5 un coup part sur notre tête.
Rien.
Pas de mal.
Un deuxième coup éclate à
Le même obus avait touché le sergent Millet à une
jambe et l’adjudant Raynard au milieu de la poitrine ; ils n’étaient que blessés.
Cette rafale a duré 2 heures. Quand cela eut fini,
on se regardait tous pour voir s’il n’en manquait pas d’autres.
Le sergent Duthel, un éclat lui avait arraché un
morceau de son galon, déchiré sa capote, de même que dans sa cartouchière,
l’éclat lui avait fait éclater une balle et lui en avait englouties (sic) 4
autres.
Le soir nous avons pris les avant postes.
Le lendemain à 8 h, ils ont recommencé le tir
d’artillerie mais alors ils lançaient des 105, c’était des percutants. Sur le
nombre il y en a un qui est tombé à 4 ou
Ils y sont restés environ 9 h et ils ont eu la
nouvelle que Sainte-Marie (aux-Mines)
était entre nos mains et qu’il fallait descendre de suite.
Quant à nous nous étions descendus à Wissembach
pour nous reposer.
Nous avons reçu l’ordre de partir à 6 h du soir
pour occuper Sainte-Marie (aux-Mines) auquel
nous sommes arrivés à 10 h du soir sous la pluie tout le temps.
Nous avons cantonné dans l’usine d’apprêt.
De là nous avons descendu le lendemain (17) soir à 6 h ½ pour Sainte-Croix (aux-Mines) pour occuper les avants
postes.
Le
18 au soir l’on nous fait quitter les avant postes
de sur la route pour aller occuper la crête de droite. On ne voyait rien ni
aucun bruit.
On nous y a fait passer la nuit du 18 au 19. Dans
la journée nous avons été nous reposer derrière la crête de Sainte-Croix
jusqu’à 5 h.
A 10 h du soir, alerte pour partir. On est reparti
à 11 h du soir de Sainte-Croix pour remonter le col. Point de rassemblement
Sainte-Marie (aux-Mines). Ensuite
descendus à Wissembach. A
Le
20, départ à 6 h pour Saales où nous sommes arrivés
à midi. 3 h de repos, départ à 9 h pour aller en première ligne. Nous avons
cantonné à Saint-Blaise-la-Roche (Allemagne) et le lendemain matin départ à la
première heure pour monter sur les hauteurs.
Arrivés à 8 h. Environ ½ heure après nous essuyons
quelques coups de fusils dont nous avons riposté très énergiquement. Alors la
fusillade s’est déclenchée et cela a duré jusqu’à 10 h. tranquilles ensuite
jusqu’à 3 h.
A 3 h assaut à la baïonnette, nous avons eu 4
blessés et 3 morts.
C’était le 21
août à Saulxures. Nous avons eu l’avantage, nous avons occupé la crête tout
de suite. A 5 h du soir relevés par la 28ème division du général
PAU. Nous sommes partis de suite pour aller occuper le col de Haute Loges (?)
et le Kiosque.
Arrivés à 3 h de la nuit.
Couchés dans les bois la nuit du 22 au 23.
Descendus le lendemain à 16 h pour Moyen-Moutier.
Arrivés à 22 h.
Le
25 montés à la scierie pour attaquer le col. Le
capitaine a été tué. La première section perdue ou prisonnière.
Après le combat nous nous sommes rassemblés à la
maison forestière.
Couché aux alentours.
Le
26, resté dans le bois sous la pluie de même que le
27 et le 28 jusqu’à 8 h du matin. L’ennemi nous a repoussé jusqu’à Saint
Michel. On a été couché dans la maison forestière. Restés le jour dans le bois.
Le soir du 29 descendus à Sauceray
pour y prendre les avant postes.
Restés là le
30, 31 le 1eret le 2 septembre.
Le jour du
2 on s’est battu toute la journée.
A 4 h du soir l’ordre est venu de se retirer en
arrière du village parce que les mitrailleuses nous faisaient un mal terrible,
surtout comme blessés.
A 8 h du soir lutte à la lisière du bois pendant
une heure. Nous avons battu en retraite jusqu’au col de la Croix-Idoux.
Couché la nuit du 2 au 3. Le lendemain nous avons occupé la droite de la
Croix-Idoux. Le soir reçu l’ordre de battre en retraite.
Descendu le col et couchés 4 et 5 septembre étant de réserve.
La
nuit du 6 nous sommes remontés au col sur la gauche.
Attaque à la pointe du jour jusque 10 h nous avons repoussé l’ennemi. On a
occupé le col.
A 3 h du soir attaqués par l’ennemi, soutenu le
feu pendant 1 h ½, le capitaine tué ; l’ordre est venu du sauve-qui-peut.
Nous avons battu en retraite jusqu’à Rouges Eaux.
Remontés le soir du 6 au col.
Couchés en réserve du 2ème bataillon.
Le lendemain 7 relevés à 8 h du matin par le 52ème.
On est descendu à Rouges-Eaux comme réserve de division. Restés là 4 jours jusqu’au
11.
Le
11 au soir, les allemands ont évacué toute la ligne.
Le
12 au matin je me fais porter malade parce que j’avis reçu un
éclat d’obus sur le pied droit et l’on m’évacue sur Bruyères parce que le
régiment allait au village de Moriviller où j’ai rejoint le bataillon le 18 au
soir.
Le
19 nous avons été embarqué à Thaon à huit heures du
matin.
Voyagé jusqu’au
21 débarqué à Corbeil le soir à 10 h.
Couché la nuit, parti le lendemain 22 à 7 h du
matin. Marché sans sac pour aller à Lieuvillers où on a couché.
Repartis le lendemain, marché encore sans sac.
Halte à midi au village de …….. Repartis le soir à
10 h pour Rosières à
Couchés sur la route jusqu’au matin. 7 h rentré au
cantonnement à 8 h. 10 h alerte.
On part pour Lihons.
A 2 h on était en ligne.
Restés le soir du 23, le 24 et 25. J’ai été blessé le soir à 9 h le jour du 26 par
une shrapnell au dessus de l’œil gauche. J’ai couché à Lihons et je suis parti
le 27 au matin pour Rosières à 8 h.
J’ai pris l’auto à 5 h du soir pour aller prendre
le train à Holgricourt ( ?)
Pierrepont.
Nous sommes descendus à Montdidier pour nous
ravitailler, il était 6 h du soir. Départ à 11 h de Montdidier pour Dreux (Eure
et Loir).
Arrivés le lundi matin à Paris.
Nous avons tourné tout le jour pour arriver à
Versailles le soir à 5 h. Repartis pour Chartres.
Arrivés à 10 h du soir le lundi. L’on nous a fait
coucher dans les wagons.
Le mardi matin à 6 h, départ pour Dreux où nous
sommes arrivés à 8 h du matin le 29.
C’était un hôpital complémentaire.
J’ai été pansé à 9 h et l’on m’a extrait la balle.
Je suis resté le
30, le 1er, le 2 et le 3, encore assez fatigué. Ensuite quand
j’ai été mieux, l’on m’a envoyé chez Mme Grégoire en pension jusqu’au 10 au
soir.
Je
suis sorti de l’hôpital le 11 d’où
je suis descendu à Grenoble.
J’ai passé par Paris où je me suis arrêté de 6 h à
minuit.
Ensuite descendu en gare de Lyon pour prendre le
train de 0 h 05 minutes. Je suis arrivé à Grenoble le 13 à 3 h du soir.
Le lendemain matin à la visite l’on m’a mis exempt
de service.
J’ai repris mon service le 18 jusqu’au 20.
Je suis reparti au convoi du 20 pour aller rejoindre le 140ème à Ronzières où je
l’avais quitté. Nous y sommes arrivés le 23 au soir ; à 7 h l’on nous met
dans les compagnies et nous restons là jusqu’au 30 à 2 h du matin. Départ pour
aller attaquer au Quesnoy-en-Santerre en avant du Bouchoir.
Sorti des tranchées à 9 h du matin ;
l’attaque a échoué.
Nous sommes restés jusqu’au soir dans les
betteraves.
La
nuit du 30 au 31 nous nous sommes retranchés et le lendemain
à 5 h nous sommes rentrés au Quesnoy. Au même instant je suis blessé par un
shrapnell dans l’épaule gauche et soulevé par un obus dedans ma tranchée.
J’attends une ½ heure et je recule d’environ
Le sergent Lasseigne me fait le pansement et je
lui fais le sien ensuite.
Puis nous partons par le boyau jusqu’au Bouchoir.
En arrivant au poste de secours nous descendons à
la cave. Un quart d’heure après un obus traverse les deux murs de la maison et
va éclater devant la partie de la cave où nous étions.
A huit heures du soir l’on nous envoie sur le
village du Quesnelle où on couche à la Mairie.
Le
30 octobre, le matin à huit heures on nous fait prendre les
autos pour Moreuil.
C’était le
31. Le soir à 4 h on prend le train pour Creil. En arrivant on nous donne à
manger, ensuite on nous embarque pour Nantes.
On est parti de Creil à 1 h du matin. C’était le 1er novembre.
Voyagé le dimanche, jour de la Toussaint.
Le lundi 2,
arrivés à Saint Nazaire à 8 heures du matin. L’on nous envoie à l’hôpital
temporaire numéro 2
Le soir à 3 h l’on m’extrait la shrapnell.
Le mardi jeudi et dimanche l’on a la visite des
dames charitables. Elles nous apportent à fumer, du chocolat, des bonbons …
enfin tout ce que l’on veut. La femme du général commandant la place de Saint
Nazaire et celle du commandant.
A toutes les personnes qui venaient nous voir, il
fallait que je lui fasse voir mes deux trous de balles ainsi que les
projectiles.
Une personne voulait m’en acheter une 20 francs,
j’ai refusé et c’est mon copain Coup qui lui a donné la sienne. Je suis resté
dans cet hôpital jusqu’au 11 novembre.
De là l’on m’a envoyé à
Là nous étions beaucoup mieux. C’était un casino
transformé en hôpital/ambulance.
Il était tenu par les dames de La Baule.
De temps en temps, le dimanche, on était invité à
dîner en ville surtout chez des réfugiés des Vosges et comme nous avions fait
campagne dans ces parages ils aimaient bien à nous faire parler.
J’y suis resté jusqu’au 29 décembre.
Je suis sorti le 29 au matin pour rentrer au dépôt
à Grenoble mais une fois à Saint-Nazaire on nous a donné une permission de 7
jours datée du 31/12 au 7 janvier 1915.
Je suis parti de Saint Nazaire à 9 h du soir.
Le
29 arrivé à Nantes à minuit reparti à minuit 5
minutes après pour Narbonne. J’ai pris le rapide de Bordeaux où je suis arrivé
à 6 h 55 du matin.
A 7 h reparti pour Narbonne.
Arrivé à 3 h du soir le 31. J’y suis resté 4 jours chez mon oncle.
De là je suis allé voir mon père au Poujol. Arrivé
à 7 h du matin, j’y suis resté jusqu’au soir 5 h.
Le lendemain à 9 h j’ai pris le train pour
Montpellier. Arrivé à 12 h ; dîné avec la cousine. Ensuite Henri est venu
vers une heure, nous avons passé la soirée ensemble.
Le lendemain 7
janvier à 11 h du soir j’ai pris le train pour rentrer à Grenoble où je
suis arrivé à 8 h du matin.
Le
8 j’ai été dire bonjour à madame Champagnier et ensuite je suis
rentré au poste à 2 h de l’après midi. L’on m’a affecté à la section hors rang.
J’ai passé la visite le 9 au soir : bon pour le camp de Pierrelatte.
Descendu à Pierrelatte le 11 janvier. En arrivant on m’affecte à la 25ème
compagnie. Nous étions une dizaine de copains. Nous sommes restés huit
jours ; personne ne nous connaissait à la compagnie.
Ensuite nous passons à la trentième.
Le
18 au soir où je suis resté jusqu’au 7 février.
Nous sommes partis de Pierrelatte le 7 à six heures le soir pour
Grenoble.
Nous y sommes arrivés à minuit. On nous a affecté
à la 26ème le lendemain à 10 h du matin.
Le soir on nous a équipé prêts à partir et nous
avons attendu jusqu’au 12.
Le
13 départ à 5 h pour Briançon.
Arrivés le soir à 7 h. L’on nous fait coucher à la
caserne Berwick. Le lendemain 14,
revue de départ et le 16 au matin
nous sommes repartis pour le front à Arras.
La suite du carnet ne « colle » pas à l’historique du 140e
RI, qui lui, se trouvait en Artois mais vers Hébuterne (30 km plus au sud)
Le régiment était à Saint-Eloi (Mont-Saint-Eloi). Nous avons passé par Veynes,
Livron, Valence, Lyon. Nous avons débarqué à Lavy Borlettes.
Marché à pied jusqu’à Frévin-Capelle où nous avons
couché.
Le lendemain, 20
février à 10 h du matin fait le jus et repartir à 13 h pour Ecoine, rentré
à la compagnie le 21 à 4 h du soir et
de suite l’on nous a emmené en première ligne à Berthonval.
Nous y sommes resté deux jours, jusqu’au lundi soir 23.
Relevés et descendus à Acq pour 4 jours de repos
jusqu’au vendredi 27.
Repris les tranchées 2 jours jusqu’au 1 mars au
soir.
Nous avions de la boue jusqu’aux genoux et de
l’eau jusqu’aux fesses ; nous avons eu la pluie tout le temps. Nous avons
été 4 jours à Acq et de là à Frévin-Capelle pour 4 jours encore les 7, 8, 9,
10.
Repris les tranchées le 10 à 2 h de l’après
midi ; nous y avons passé deux jours bien tranquilles.
Redescendus le
12 au soir, cantonnés à Acq pour 4 jours.
Le lendemain je vais avec le capitaine acheter des
veaux. C’est moi qui faisais le boucher.
Repris les tranchées le 16 au soir jusqu’au 18
Relevés pour aller cantonner à Ecoivres 4 jours
encore. Exercice tous les jours.
Remontés aux tranchées le 22 il a tombé de l’eau les deux jours.
Quand nous avons été relevés le 24 nous ne pouvions plus sortir de dans la boue et pour comble
de bonheur l’on nous envoie coucher à Haut-Avesne (Hautes-Avesnes). L’on nous a mis dans le cantonnement ; il
pleuvait autant que dehors.
Repris les tranchées le 28 à 1 h de l’après midi jusqu’au 30 au soir.
Il a fait un temps superbe.
Le lendemain au repos nous avons pris une bonne
biture à l’occasion de ma fête, c’était à Ecoivres au café du moulin de Chessy.
Ensuite nous sommes remontés aux tranchées le 4 au soir. Beau temps les deux
jours. En redescendant le 5 on a été bombardés.
Nous avons cantonné à Acq. Le capitaine, le
lendemain achète un veau. J’ai eu l’occasion de couper à l’exercice les quatre
jours. L’avant veille de remonter aux tranchées j’ai pris une bonne cuite avec
Favat et Jourdan et cela nous a rien coûté.
J’allais chercher à boire chez la veuve Compagnon
et nous y buvions chez la vieille au trois mômes.
Le lendemain nous allons relever le 9 au soir vers 4 h. La pluie tombait
gros comme le bras.
Dans les boyaux nous avions de l’eau jusqu’à la
ceinture. Nous y sommes restés deux jours jusqu’au 11.
Le quatrième bataillon qui venait du repos nous a
remplacé.
Nous cantonnons à Acq pour 2 jours, les 12 et le 13 puis nous remontons
prendre les abris le soir du 13. Il
fait un temps superbe, nous y restons le 14 et le 15 en réserve.
Le 16 et 17
nous reprenons les tranchées. Il a fait un temps magnifique. Le jour on se
couche au soleil et la nuit on élargi les boyaux. En deux jours nous avons
dormi 2 h ½. La relève est arrivée à 4 h du soir le 19. On va de nouveau cantonner à Acq
Au bout des 2 jours l’on nous fait remonter. On
croyait d’aller en réserve. En passant à Ecoine l’on nous apprends que nous
allions à Saint Eloi pour deux jours.
C’était un bon endroit pour le tir de l’artillerie
allemande.
Le
31 au soir avant de remonter aux tranchées le
capitaine Sénéchal nous rassemble et nous dit que après ces deux jours de
tranchées l’on nous enverrai au repos en arrière.
En effet le
23 au soir la relève est venue à 3 h de l’après midi au lieu de 5 h. Nous
avons couché à Acq dans les baraquements.
Le
24 nous n’avons rien fait.
Le
25 à midi rassemblement pour aller au repos
Itinéraire : Frévin-Capelle – Asnières
–Aubigny – Lavy Berlette et nous voilà arrivés à Magnicourt-en-Comté.
Nous y avons resté le 26, 27, 28, 29 30 avril, le 1, 2, 3 et le 4 à 6 h du soir nous
sommes repartis pour Saint Eloi.
Pendant nos séjours à Magnicourt, le capitaine
nous emmenait à la chasse tous les jours.
Un jour avec la 2ème compagnie nous avons
tué 16 lièvres ou lapins (9 lièvres et 7 lapins)
Le soir après la soupe nous étions 5 ou 6
copains ; nous allions faire des bons petits gueuletons dans un bois. Nous
invitions souvent à souper avec nous un manche de poêle, un aéroplane ou un
sous marin. Quand ce n’était pas deux ou trois. J’étais avec Heuzé, Berthon,
Rognon, Valentin et Stylo. Comme cuisinier c’était Berthon, caviste Rognon,
Valentin épicier, chien de chasse Heuzé Stylo et ma pomme.
Notre restaurant c’était Beauséjour tant regretté
au départ.
Nous sommes passés par Cambigneul, Comblain,
L’Abbé. Nous sommes arrivés à Saint Eloi à minuit et demi.
Le lendemain ;le 6 nous n’avons rien fait.
Berthon avait reçu un colis nous lui avons cassé
les reins dans le pré à droite de
Un éclat d’obus est venu tomber à côté ; on
ne s’est pas dérangé pour ça. Nous avons bu le vin vieux toute la soirée et
nous étions gaz et nous avions toujours soif.
Alors qu’est ce que nous faisons ? Moi je
prends une capote à mon sergent et mes copains un fusil et nous voilà partis en
tournée faire des rondes dans les bistros (à suivre ) en remontant elle nous
encore donné deux litres sans payer. On les a sifflé dans le pré et ensuite
nous sommes allés nous coucher.
Le lendemain nous reprenons les tranchées. C’était
le 6 au soir.
En arrivant je vais prendre le poste d’écoute 1 h.
En revenant je m’assied pour manger un morceau de pain. Pas plus tôt assis, je
reçois un éclat d’obus de 105 du côté droit de la tête. Je suis resté environ ½
heure et ensuite je m’en vais sur Saint Eloi.
On me fait un pansement et on me dit de me reposer
un jour. Le lendemain matin, le major me coupe les cheveux, me met de la
teinture d’iode et me renvoie dans les tranchées.
Le soir on nous relève à 2 h pour aller en repos
la nuit car le lendemain c’était l’attaque. Nous avons encore pris une bonne
cuite.
Réveil à 1 h du matin le 9. Départ pour les tranchées. Arrivés à la pointe du jour, l’on
nous a mis dans les tranchées de première ligne.
A 5 h l’artillerie française a commencé à donner
pour dix heures juste.
A 9 h ½ l’artillerie s’est arrêtée environ 5
minutes et a repris ensuite jusqu’à 10 h moins 1 minute.
A 10 h exacte tout le monde est sorti des
tranchées. Nous arrivons dans leurs tranchées : pas un n’est sorti de son
trou.
Nous étions 5 comme nettoyeurs. Il y avait
Boulanger, Dorel, Giraud, Perrin et moi. J’étais resté avec Giraud dans la
première tranchée.
Tout à coup il disparait ; je n’ai plus su où
il était passé ; enfin je continue mon boulot tout seul (à suivre)
Environ une heure ½ après je reçois une balle dans
l’avant bras droit.
Je cherchais à m’en aller mais en arrivant dans la
première ligne des boches le capitaine de Bizmon m’arrête et me fait rester
encore une heure pour garder une sape où il y avait encore des allemands.
C’était des officiers et ils ne voulaient pas se rendre.
Enfin je finis par m’en aller au poste de secours
du bois de Berthonval où l’on me fait un pansement. Avec moi j’avais emmené un
prisonnier boche père de 5 (?) enfants)
Ensuite je pars vers Saint Eloi où j’arrive
environ une heure ½ après.
Le deuxième poste de secours était derrière le
bois de Saint Eloi sur la gauche où étaient les pièces ainsi que les ambulances
qui transportaient les plus blessés jusqu’à Combligneul et je suis parti avec
mais comme je n’étais blessé qu’au bras, je suivais à pied.
Nous y avons couché le soir.
Le lendemain 10
à 6 h du matin l’on prend l’auto pour nous amener à Aubigny où nous restons du matin
6 h ½ jusqu’au soir 9h sur les trottoirs de la gare.
Nous étions plus de 3000 à attendre le train sans
compter tous ceux qui étaient sur les brancards.
Nous commencions à avoir la dent depuis le samedi
soir que nous n’avions rien mangé.
L’on nous embarque à 9 h du soir le 10 mai.
Le
11 au matin nous n’étions pas arrivés encore à St
Pol et c’était environ à
Ensuite nous filons sur Amiens où nous arrivons à
5 h du soir. Nous soupons assez bien et l’on nous expédie ensuite sur
Aubervilliers où nous arrivons à 6 h du matin le 12.
L’on fait descendre tout le monde.
Les majors nous passent une visite pour en retirer
les éclopés.
Le soir on reprend le train pour une direction
inconnue. Nous voyageons toute la nuit et le lendemain matin l’on était au jour
à Tours. Nous attendons environ 1 h et l’on repart sur Orléans-Blois. Là nous
changeons de train pour la direction de Vierzon et nous débarquons à Romorantin
où l’on se croyait arrivés.
Mais pas du tout ! Une fois en gare, les
majors nous comptent ; on était 350 et il n’en fallait que 200. Enfin ils
nous envoient à la caserne du 113ème d’infanterie.
L’on nous fait bien ciner (?) , ensuite
pansements.
A 5 h la soupe.
Nous avons très bien soupé. A 6 h ½ nous repartons
pour Montrichard. De là à Pont-Leroy. C’était le 14 mai à 1 h du matin. Enfin
nous arrivons à l’hôpital à 2 h.
J’y suis resté jusqu’au 9 juin. L’on nous a laissé sortir deux fois et c’est sans regrets
que j’en suis sorti.
Départ pour Romorantin le 10 au matin. Passé par Montrichard – Bouvré – Saint Olignan sur
Cher. Changé de train à Chierres. Repartis à 11 h ¾.
Arrivés à Romorantin à 1 h, donné les noms et ensuite
on a été dîné.
Le lendemain, le
11 on a passé la visite pour aller en permission et nous avons attendu
jusqu’au dimanche.
Nous avons été au théâtre et le soir au quartier
général.
Enfin le lundi on nous prévient de nous tenir
prêts à partir vers 2 h de l’après midi. Nous avons pris le train à 2 h pour
Saint-Affrique. J’ai passé par Vierzon – Montluçon – Tournemine – Ste Affrique.
Je suis arrivé le 15 à minuit à la maison. J’y suis resté 5 jours
Je suis parti le lundi 20 pour Narbonne ; j’y reste un jour et demi. De là je
repars pour Montpellier de midi à 10 h du soir.
En montant je me suis arrêté à Pierrelatte chez ma
petite Rose toute la journée du 24.
Je repars à 1 h pour
J’ai couché chez Joseph Blanchard et je ne me suis
pas ennuyé. En arrivant j’ai pris ma caisse individuelle que j’avais au 140.
Le lendemain je prends le tacot pour Grenoble à 5
h ½ du matin. J’arrive à 9 h. Je vais chez mon ami Champagnol lui faire payer à
dîner et chercher les effets que j’y avais laissé avant la guerre et je
reprends le train pour Briançon à 6 h.
J’arrive à minuit à Gap.
Je vais coucher à l’hôtel.
Le lendemain
26 je reprends le train pour Briançon à 6 h du matin et j’arrive enfin à 10
h ½. L’on me cueille à la gare et l’on m’emmène à Berwick avec deux jours de
retard et je n’ai rien eu.
Je reste huit jours à la 27ème
compagnie et l’on me renvoie à la 25ème pour m’entraîner et j’y suis
resté jusqu’au 24 juillet.
Je passe la visite des mobilisables le samedi 25 et j’ai passé à la 28 le dimanche 26 juillet jusqu’au 11 août.
Parti pour le 359e à 6 h du matin. 5 h
d’arrêt à Gap. Repartis à 2 h arrivés à Livron à 9 h ½. 2 h d’arrêt ;
repartis pour Lyon à 11 h du soir.
Arrivés en gare de Perrache à 2 h ½. Je suis sorti
en ville pour voir mon patron Gagneur. Nous sommes repartis pour Dijon où nous
sommes arrivés à 4 h ½ de l’après midi. Nous avons été cantonné en ville au
théâtre sur la place Darcy.
Rassemblement à 2 h pour repartir sur Gray où nous
sommes arrivés à 7 h. Arrêt jusqu’à 11 h.
De là nous repartons sur Anoult, gare de
débarquement ; station avant d’arriver à Fraise.
C’était le 14 août à 11 h du s….
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