Carnet de route de Jean Marie CHAUBET

Engagé volontaire

Sergent au 81e Régiment d’Infanterie

 

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Il s'agit de Jean Marie CHAUBET né à Laroque des Albères (66) le 8/12/1893, engagé volontaire, sergent, mort à Lunéville le 22/08/1914. En fait ce n'est pas un ancêtre direct puisqu'il s'agissait du cousin germain et parrain de mon père. Le carnet de route lui a été remis après la mort de sa mère (celle du soldat) ainsi qu'il était demandé dans ce carnet et moi j'en ai hérité à la mort de mon père.

Je viens de le déchiffrer, ce qui n'a pas été toujours facile. Il n'est évidemment pas très long, étant donnée la date de son décès.

Janine, mars 2005

 

 

 

Extrait d’une ligne de la lettre d’adieu que Jean Marie adresse à sa mère le 22/08/1914 :

« Garde bien ce carnet et avant de quitter la terre pour toujours tu le remettras à mon filleul Jeannot. Qu’il soit brave et obéissant. »

 

 

 

« 6 mois après sa publication sur votre site, j'ai été contactée par la Communauté de Communes du Lunévillois , qui, avec le Souvenir Français, a désiré utiliser ce carnet dans le cadre de la mise en valeur du site du Léomont et du Mouton Noir et se proposent même de donner à ce Site le nom d' "espace Jean Chaubet". Je ne sais si vous en avez été informé et je tiens à vous remercier pour avoir permis la sortie de l'ombre de ce soldat au carnet si émouvant. »

Janine

 

 

L'espace muséographique porte donc le nom de "Jean Paul Chaubet" depuis septembre 1917

Merci à Vincent Delanoë

Détails du musée >>> ici <<<

 

 

L’orthographe a été respectée et la ponctuation rajoutée pour une meilleure compréhension du texte

 

 

 

 

 

 

 

Carnet de route

Jean Marie Chaubet

Tombé au

Champ d’honneur

Le 22 Août 1914

Grande guerre mondiale

 

 

 

 

 

FOURNITURE des soldats

sont mentionnés les noms des soldats suivants :

 

    ------- Jourdan – Salvat – Danjou – Basele – Casillac – Brande – Fabre H ----Séguy -----Coudert - Martire - Malaval – Causse – Bergogne – Bertrant – Bonnet - Lamaire – Chalbos - Istre ------ Barthez soldat – Poujol – Roux –---Rabier - Bayou - Privat – Guy – Mouline – Roigt J. – Rivemale – Canal – Kincher

 

 

 

 

 

Fournitures

brosse à habit

brosse double

brosse à graisse

brosse à armes

lanterne

sac à vivre

1 seau

1 couteau C.

1 filtre

habit

 

 

 

 

 

 

 

 

Année 1914

Mes impressions au sujet de la Guerre Européenne

 

 

Attentat du prince Héritier d’Autriche

Vers la fin du mois de juillet on annoncé que l’Autriche venait de déclarer la guerre à la Serbie.

La Russie proteste contre c’est acte barbare et indigne d’un peuple civilisé et prend la Serbie sous sa protection.

La Russie mobilise 14 corps d’armée et les concentre sur la frontière autrichienne pour parer aux éventualitée.

L’Allemagne voyant cet état de chose ordonne à la Russie de cesser sa mobilisation partielle, les conversation diplomatique s’engagent le lundi    juillet, la France appelle tous ses officiers permissionnaires.

Le mardi c’est la troupe qui est appelée, moi je me trouve en permission à Laroque des Albères avec mon oncle le lieutenant.

Lui rentre le lundi et moi le jeudi suivant vers les onze heures les gendarmes viennent me chercher nous étions six permissionnaires au village toute la population était consternée.

Nos parents les yeux en larmes nous accompagnent.

Je pars sans pouvoir embrasser ma mère qui se trouvait à Perpignan.

Le soir je reçois un télégramme d’elle m’annonçant quelle arrivait à Montpellier à 7 heure et de me rendre à la gare pour aller l’attendre. Ici on se prépare et les discutions diplomatiques reprennent.

 

 

 

L’Allemagne voyant que la mobilisation Russe continue se montre plus agressive.

C’est alors que l’Angleterre surgit et propose une entente.

La Russie veut que l’Allemagne dise à Vienne de retirer ses troupes.

Elle ne peut se soumettre à cet avis car c’est elle qui a poussé l’Autriche à déclarer la guerre à La Serbie.
Voyant la Russie continuer sa mobilisation malgrés sa note, l’Allemagne déclare l’état de siège. La France reste calme l’Angleterre assure son amitiée pour l’entente cordiale.

L’Allemagne mobilise le 30 juillet et déclare la guerre à la Russie le 1er Aout

Notre Amie et Alliée attaquée, la France décrète la Mobilisation elle arrive à Montpellier le 1er Aout à 16. Alors commence la période préliminaire le versement des effets et la confection des ballots des hommes.

 

Le 2 Aout 1e jour de la mobilisation. Le matin on verse les ballots d’effets au magasin de la Cie. A 12H nous quittons les casernes pour le 281e et nous allons occuper les différents cantonnement de la ville. A 13H je vais toucher de la

 

 

 

 

 

 

paille pour la Cie avec les caporaux Maury et Ravit et 12 soldats et 2 voitures.

Le soir se passe sans incidents je vais coucher chez moi.

 

Le 3 Aout 2e jour. Le matin je suis de jour nous avons reunion des gradé, nous commandons des postes de garde.

A 12 heures je me rends aux Minîmes pour commander le service du 4 – à 14 heures je vais à la distribution du tabac. Des Minîmes je me rends au Cantonnement, là nous nous chicanons avec le cap.

Le capitaine depuis quelques temps m’en veux je patiente. Le soir à l’appel nouvelles réprimande du capitaine parce que je fais l’appel dans le 2e Peloton je lui fais remarquer que je suis de jour et que mon devoir m’oblige à faire l’appel.

Je vais au bureau et je rentre au cantonnement là je trouve l’adjudant et le capitaine en train de discuter. L’adjudant me dit que je me suis absenté du cantonnement cela n’est pas vrai je lui dis que j’ai des témoins.

Le capitaine me menace des arrêts de rigueur. Ma mère derrière la porte nous écoutait.l

 

Le 4 Aout 3e jour. Le matin le capitaine me regarde de travert

 

 

 

 

 

 

le reste de la journée a passé sans incident.

Le 5 Aout 4e jour de la mobilisation le matin réveil à 3h1/2 nous allons passer une revue par le capitaine il nous laisse dans la cour sans rien faire jusqu’à 10h heure à laquelle il commence à nous par nous distribuer les vivres de réserve et de chemin de fer.

Je retrouve mon fusil entre les mains  d’un réserviste ce dernier dit au s/lieutr que je lui ai pris mais je le garde. Enfin nous rentrons dans nos casernements. Ma mère vient m’apporter mon déjeuner et mes provisions pour prendre le lendemain.

A 13h je me rends au cantonnement du 2e P pour rendre les effets au magazin du corps. J’ai terminé à 15h30 je vais manger en ville le soir

 

Le 6 Aout nous nous levons à 01h50 je parts à l’équipe d’embarquement. Je trouve ma mère devant mon cantonnement elle va vers la gare Rondelet là j’y passe pour prendre mon paquet car nous embarquons à la gare d’Arène.

Ma mère y vient mais je ne l’y voit pas.

 

 

 

 

 

 

 

Nous embarquons nos voitures le Bt arrive et s’embarque.

Nous partons de Montpellier à 5h40. La foule nous ovationne dans toutes les gares que nous traversons et nous apportent des fleurs ou de quoi manger. A la gare du Teill on nous offre du café et nous achetons un drapeau sur lequel est inscrit ces quelques mots : Honneur : Patrie 81e   2e section 12e Cie nous jurons qu’il ira à Berlin.

Nous arrivons le soir à Lyon.

Nous y avons une nuit de 2h on nous donne du café et de l’eau avec  de l’alcool.

Dans toutes les autres villages on nous acclame car nous sommes joyeux. A Jo---ville  une demoiselle nous demande notre drapeau on lui refuse car il doit combattre. A ----- j’apprends alors que c’est Melle de Castelnau.

Enfin nous arrivons à Mirecourt. Une pluie fine se met à tomber.

Là il y a le 96e Nous allons cantonner à Gircourt  à 8km600 là nous arrivons à 20h tout trempés. La personne qui nous reçoit est très gentille.

 

Le 8 Aout nous allons apprendre aux Réservistes la nouvelle manœuvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On m’annonce que je dois aller au petit poste au moulin du Tambourin avec la 5e Escouade avec mission de surveiller le carrefour formé par la voie romaine et la route qui va de  Griscourt à Avillers.

Avant de partir le Capitaine me fait appeler et me donne quelques renseignements que le lieut m’avait déjà donné.

Le Commandant les complète lui aussi. Nous partons après la soupe(?) .

Nous arrivons au Moulin. Les locataires sont très gentils pour nous. Après avoir installé mes sentinelles je reçois la visite du s/lieut qui vient pour nous controler  l

Le 9 Aout on vient nous réveiller à 5h30 pour rejoindre Griscourt. Nous quittons ce village vers 7H nous prenons une direction inconnue. Nous arrivons à Bainville les Miroirs nous fesons grand Halte.

On nous dit que nous allons à Bayon. Nous quittons Bayon pour aller à Haigneville. Il est 18H quand nous y arrivons. Là il n’y a rien pour manger les habitants ne sont pas si gentils que dans les autres villages.

Le 10 Aout nous quittons Haigneville nous recevons l’ordre de marcher sur Lunéville

 

 

 

 

 

 

Après une marche très fatiguante, nous pénétrons dans Lunéville très acclamés par la foule elle nous porte des fruits du vin de la bière là nous lisons les 1e journeaux.

Après une longue pose nous rentrons dans le village de Jolivet là on trouve bien du jibiet

 

Le 11 Aout nous quittons Jolivet pour nous rendre dans un champ, là il y a le 81e – Les 14e et le 56e d’artillerie – Les 15e et 20e dragons.

A 12h les dragons et l’artillerie ainsi que les sections cyclistes du 1e chasseurs et les sections  de mitrailleuses du régiment reçoivent l’ordre de partir.

Nous nous trouvons à 5 km de la frontière.

Nous le 81e préparons le sac prêt à partir. Nous quittons l’endroit où nous étions depuis le matin pour aller nous poster sur une hauteur.

Vers 4h un cheval sans cavalier apparaît sur l’arrête avec la jumelle je constate que c’est celui d’un prussien.

Sur la route apparaît tout d’un coup ce dernier encadré de plusieurs des notres le prisonnier cetait un dragon

 

 

 

 

 

 

 

Vers 6 heures nous rentrons à Jolivet

Le 12 Aout nous avons le réveil à 8H départ 4(?) heure. Nous quittons Jolivet pour aller prendre des positions. On nous mets sous bois. nous y restons jusqu’à 16H puis nous rentrons de nouveau à Jolivet

Le 13 je suis de serv(ice ?) je reveille la Cie à 3H. Nous nous allons de nouveau sur même bois puis nous rentrons vers les 15H à Jolivet

 

Le 14 Aout nous quittons Jolivet nous nous dirigeons vers le bois qui était occupé par les allemands. Nous le traversons en forêt de pins sous bois.

Enfin nous en sortons nous allons nous établir sur une crête tout à coup le canon Allemand commence à repairer son tir.

Tout à coup le notre répond, alors commence un duel d’artillerie, un obus éclate à nos pieds un autre un peut plus loin. Là les cris commencent il y a des camarades blessés après le duel d’artillerie.

Je descend vers le bas front.

Là un sapeur a la jambe coupée par l’éclat d’obus. Un homme de ma section Barthez a un trou au genoux,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

----- dans les tranchées et à midi l’eau commence à tomber – nous arrangeons des abris – la cannonade continue toujours et nous restons à la même place, sur toutes les crêtes on voit des troupes amies.

En avant il y a deux pilones de T.S.F. qui surement doivent être allemandes .

Nous venons de causer de nos familles ce matin surtout en pensant à ma mère, j’ai vu les horreurs de la guerre mais vite le courage a repris.

Le soir nous touchons les vivres pour le lendemain et ceux de réserve car les autres on les avait mangés le jour – Nous passons la nuit dans la tranchée.

 

Le 16 aout

nous nous levons tous transis car la pluie de la veille était rentrée dans la tranchée, nos effets sont tous mouillés. Nous allons à l’emplacement où nous avions passer la nuit lavant veille, nous passons près de la tombe du sapeur.
Nous recevons l’ordre de marcher sur Vaucour.

Après avoir traversé nombreux champs nous arrivons en vue du village.

Les maisons sont brulées.

Je parts en patrouille avec 4 hommes, pour la 1e fois nous voyons le poteau frontière. Puis nous allons avec la Cie nous mettons enfin les pieds en pays annexé.

Dans la forêt

 

 

 

 

ont trouve des sacs, des objets ayant appartenu aux Prussiens.

Nous fesont grand halte à la lisière de la forêt de la Garenne

Nous traversons la forêt. A la sortie de la forêt il y a de vastes prés et une colline, on fait un feu contre un vert( ?) allemand.

La colline étant dégarnie de troupe nous fesons une alte.

Là je rencontre Lulu il me donne une médaille que lui a envoyé Lucette pour me remettre –

Nous traversons une forêt nous arrivons devant un village – nous fesons une alte, la pluie commence à tomber nous restons deux1/2 sous la pluie les gradés qui font le campement ne nous trouvent pas enfin nous rentrons trempés. Le village est Meuzieres les Vic.

 

Le 17 Aout nous quittons le village.

Dans le village je rencontre le sergent de la 4e il n’avait pas été blessé, je lui rend son carnet. Nous traversons quelques villages et toujours des bois.

Dans une forêt un groupe de hulans tirent sur les éclaireurs du 1e hussart et blessent 1 homme au pied et trois chevaux – on doit en abattre deux. Le soir nous arrivons à Bispign (Bisping).

Nous achetons une oie (nous la fesons cuire) – des cigares – et de l’eau de vie – Le soir la fusillade se fait entendre – C’est le 96e

 

 

 

 

et le 122e qui sont sous le feu de l’ennemi – le canon tonne –

 

Le 18 Aout à 2H on nous réveille pour nous dire de nous tenir prês à prendre les armes, ma section prend le piquet – à 3H on vient réveiller nos brancardiers pour aller ramasser et soigner les blessés des deux autres régiments, il y a beaucoup de bléssés et de morts.

Nous quittons le village pour aller prendre la position à la gauche du village de Angviller, il y a aussi le 142e et le 1e hussard. La fusillade crépite et le canon tonne toujours.

Nous quittons le 1e emplacement pour le céder au 56e d’artillerie nous nous portons en arrière et nous construisons une tranchée pour nous protéger contre les coups de l’artillerie allemande.

A 14H nous quittons la tranchée pour nous porter près de la route.

Les canons du 56e à ouvert le feu sur les allemands, le 96e le 142 le 122e sont dejas en avant – les voitures pour les blessés partent, car ce matin elles commencèrent à en ramener. Ce matin un aero (par une trainée de fumée) nous annonce que les alboches quittent les positions.

Nous quittons notre position pour aller en avant.

Nous allons près d’une autre forêt—Nous entendons le fusillage, les obus sifflent, nous fesons le café – et nous

 

 

 

 

 

 

(avons) pas le temps de faire cuire la viande. Nous quittons cette position et nous nous dirigeons vers Angviller, nous allons prendre les avants postes, il fait très froid, nous fesons une tranchée.

 

Le 19 Aout nous restons sur les positions abrités derrière la tranchée.

Les allemands font leur apparition à 8 heures. On fait un feu (la 8e Escouade).

A 9h un peloton d’Infanterie Bavaroise avec des hulans font leur apparition à la lisière de la forêt. Nous attendons qu’ils sortent mais ils ne se montrent pas – nous quittons les tranchées – pour aller traverser la forêt.

Le capitaine vient de nous dire que le maire de Sifflig( ?), le garde champêtre vont être fusillés car il a été trouvé entrain de telephoner le mouvement de nos troupes à l’ennemi. Nous quittons notre emplacement pour aller dans la forêt de la veille.

Le capitaine tombe de cheval il c’est laissé mordre la jambe il marche en boitant. Nous allons en avant de l’artillerie du 3e pour la protéger.

L’après midi arrivent les 53e – 80e – 15e et le 143e d’Infrie Le 9e et le 3e d’Artillerie. Nous restons avec l’artillerie

jusqu’à 20 heures. Nous partons et fesons un mouvement tournant ainsi            

 

Nous campons en dehors du village de Bispenc ? (Bisping ?), nous passons une deuxième nuit blanche. Les nuits sont très fraiches

 

 

 

 

nous fesons un potage et un café.

 

Le 20 Aout nous fesons un café pour la section (2H).

Le soleil se lève avec lui commencent les 1e coups de feux, nous sommes attaqués par l’armée allemande, les 1e lignes de tirailleurs partent, les hommes porteurs de cisailles aussi – nous attendons les ordres. 6H les premières voitures d’ambulances arrivent de Luneville pour prendre les blessés de la veille – Viande crue

Comme l’artillerie française tire, nous nous portons à sa droite puis nous allons vers Angviller. Nous prenons des formations de combat, des balles égarrées sifflent à nos oreilles, un escadron de cavalerie est avec nous.

Et nous sommes sous le commandement de la 32e division 8e Bataillon

 

Message Maria, Pauline

« noms si doux pour moi, vous resonnez souvent à mes oreilles, vos images interviennent souvent à mes yeux ainsi que mon petit père chéri. Oui je vais faire mon devoir. Je vous ai aimé tous les trois. Vous deux père et mère donnates le jour je vous ai toujours aimé, je m’accuse de vous avoir fait de la peine mais aujourd’hui je vais par ma conduite racheter tout cela. Et toi Pauline ma fiancée de demain, toi que j’aime, toi seule, mon cœur t’a appartenut, pour toi j’aurai fait bien de choses

 

 

 

 

 

 

Ta lettre d’avant-hier je la relis à tout moment, je vois en elle que tu as compris mon amour, tu me dis : fais ton devoir et puis espère je jure sur notre amour que je ferai tout ce que tu me demandes.

Et si Dieu veut que je sorte sain et sauf de cette lutte contre ces Barbares Germains He bien Pauline Dieu bénira notre uniont Et nos enfants vivront sous sa protection. Mais s’il m’arrive malheur – Oh Pauline chérie – mon amour sera éternel il me suivra dans ma tombe.

Sois heureuse avec celui qui sera ton mari, moi des cieux je prierai Dieu Pour que tu rencontres un mari qui t’aime comme moi.

Ma demande Pauline à ton premier enfant tu lui donnera le nom de jean. Voici tout ce que je te demande. Encore sois bonne pour ma mère chérie, console la, elle t’aime aussi, elle aurait été heureuse de t’appeler sa fille. »

 

Le canon tonne.

Adieu mes trois êtres aimés, soyez fortes mes deux qui me restent s’il m’arrive malheur. Baisers  jeannot.

 

Nous changeons de position, notre corps se replit. L’armée part en désordre.

Le 81e a perdu une partie de son effectif.

Le Commandant Tavertier ( ?) du 2e est blessé,

 

 

 

 

Les Capitaines Joyeux,  Roylescure et un grand nombre d’officiers ont disparus.

Le 143 est réduit au 1/3.

Le 80e pas beaucoup de morts.

Le 53e perd son colonel et un nombre d’hommes, le 15e aussi.
Acte de courage d’une compagnie le
15e, ils chargent à la baïonnette, elle perd le capitaine, le lieutenant, l’adjudant, le sergent major, le Sergt fourrier, 6 sergents.

L’effectif de la Cie après la charge, il reste 1 sous lieutt , 2 sergents et 60 hommes.

Nous quittons nos positions, c’est une débacle terrible sur la route qui conduit à Maizières qui fut si riante pour aller. c’est bien triste pour le retourd.

les convois partent en désordre, la cavallerie, l’artillerie, le génie, l'infanterie, tout se mélange.

C’est un désordre sans nom.

En traversant un village, un espion qui a été arrété est au milieu de deux gendarmes, les hommes l’insulte.

Nous allons nous poster en dessus du village de Maizières.

Je suis de jour. Je vais à la corvée d’eau, nous fesons le café et nous quittons l’emplacement que nous avions pris à 20h.Nous arrivons dans un village nous contournons Bi--

J’ai eu une lettre de maman je

 

 

suis très heureux

Nous couchons à la belle étoile voila la 3e Armée, nous sommes très fatigués de la journée.

Le 21 Aout Le soleil se lève radieux et nous les petits soldats Français et nous les fils de ces gaulois nous reprennons courage. Nous allons notre Cie comme soutien de l’artillerie nous nous replions en ordre et silence.

 

Pauline mon amour comme je t’aime, toi seule a su captiver mon cœur, je reprends courage chaque jour, ton image me suit tout le temps.

Mon amour tu ne peux comprendre mon amour, chaque heure et chaque moment je ne vois que toi et mes deux parents, vous trois êtes mes soutients, mes petits chéris.---- m’accorde encore la force de vous revoir.

 

Nous traversons bien des prés à la hate, c’est très fatigant, en plus de mon sac je porte celui du caporal d’ordinaire.

Nous traversons (ce) soir la frontière. On voit venir des champs (on sentait l’herbe verte) se detacher une tache sombre. Saluez tous car c’est un endroit sacré, là reposent nos frères tués la journée du 14, ils sont morts pour la France et nous demain nous les rejoindrons.

Nous fesons une alte dans un bosquet mais il se produit une petite scène qui aurait pu tourner mal.

Les 3 frères Goubert( ?) étaient en train de manger une boite de conserve.

Le Capitaine donne l’ordre au Sergent de lui donner sa boite, celui-ci lui donne, le capitaine la jette, il donne l’ordre au sergt  d’aller lui chercher la boite et quand il lui a apporté il la lui fait jetter, ce sergt demande à causer

 

 

 

 

Au Ct, le capitaine dit oui, vous voulez causer au Ct et bien tenez, il prend son révolver et l’arme( ?) dessus le lieutt Brun. Les 3 frères Goubert( ?) se jettent sur lui et lui enlèvent l’arme des mains. Le lieutt ne se trouve pas bien, je le soutiens et je lui fais avaler un peut d’eau de vie, il se met à pleurer.

Le Capt est abattu.

Nous fesons grand halte, on fait le café et nous mangeons une boite de conserve.

Nous rentrons à Lunéville, il est très tard, un bonhomme veut me faire coucher chez lui avec un autre soldat, il nous donne du pain.

Nous sommes très fatigués.

Nous arrivons à 22h à Hériménil.

Nous sommes dans une grande grange Le patron est très gentils, nous mangeons chez lui et nous offre un lit. Je couche avec le chef le Sergt maj.

 

Le 22 Aout le patron de la maison vient nous réveiller car il y a un dirigeable allemand qui passe. En effet on entend le moteur et on lui tire dessus.

Nous touchons nos vestes et nous---- nos brodequins.

 

 

Nota : Le 22 août, le régiment a 1300 hommes blessé, tués ou disparus (source : Journal des Marches et Opérations du 81e RI)

 

 

 

 

LETTRE D’ADIEU (en fin de carnet)

« Je pense qu'elle avait été écrite à l'avance, dans le cas de son décès éventuel et très envisageable. C'est pour cela que cette lettre se trouve en toutes dernières pages du carnet après bon nombre de pages vides intermédiaires. »

Janine.

 

 

 

Ma Petite Mère Chérie

 

Lorsque tu recevras ce carnet tu apprendras le nouveau malheur qui te frappe

Dieu t’a ravit petit père

le 5 Octobre là tous les trois nous étions heureux petit père avait été nommé à Perpignan et moi sergent comme nous étions contents mais Dieu t’a frappé et à ton fils aussi.

Aujourd’hui c’est moi. Sois contente car j’aurrai accomplit mon devoir de Français. Te souviens-t-il quand je me suis engagé comme tu as pleuré. Eh bien

aujourd’hui aussi tu vas verser des larmes. Comme je suis peiné de t’avoir fait de la peine pendant les jours que j’ai vécu avec toi

Qui sera ton soutien à présent  Eh bien petite mère je te repete les paroles de papa vas dans un couvent là tu pourras prier. Pour nous deux et quand Dieu te prendra nous serons tous les trois là haut. Sois forte et ai du courage encore je te rappelle les paroles de petit père avant de mourir = Sois forte Maman et courage que tu vas être anéantie pour quelques temps mais en priant tu seras heureuse.

 

Garde bien ce carnet et avant de quitter la terre pour toujours tu le remettras à mon filleul Jeannot. Qu’il soit brave et obéissant.

Embrasse bien tante – les petit – grands parents

Et toi mère chérie milles baisers et te retrouver dans la vie éternelle

             Ton fils qui t’a toujours aimé       Jeannot

 

Dis petite mère vas voir Pauline elle est ma fiancée remets lui la bague blanche que tu reservé pour ma fiancée. Elle m’aime  tu retrouveras une lettre dans ce carnet d’elle alors tu verra que c’est vrai.

Fais lui lire aussi ce carnet et surtout les pages 28 – 29 – 30

 

 

 

 

 

 

Tombé au champ

d’honneur à

Lunéville

Le 22 Août 1914

Souvenir de

mon cher fils Jean Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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