Carnet de route de Jean Marie CHAUBET
Engagé volontaire
Sergent au 81e
Régiment d’Infanterie
Il s'agit de Jean Marie CHAUBET né à
Laroque des Albères (66) le 8/12/1893, engagé volontaire, sergent, mort à
Lunéville le 22/08/1914. En fait ce n'est pas un ancêtre direct puisqu'il
s'agissait du cousin germain et parrain de mon père. Le carnet de route lui a
été remis après la mort de sa mère (celle du soldat) ainsi qu'il était demandé
dans ce carnet et moi j'en ai hérité à la mort de mon père.
Je viens de le déchiffrer, ce qui n'a
pas été toujours facile. Il n'est évidemment pas très long, étant donnée la
date de son décès.
Janine, mars 2005

Extrait d’une ligne de la lettre d’adieu que Jean Marie adresse à sa mère le 22/08/1914 :
« Garde bien ce
carnet et avant de quitter la terre pour toujours tu le remettras à mon filleul
Jeannot. Qu’il soit brave et obéissant. »
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« 6 mois après sa
publication sur votre site, j'ai été contactée par
Janine
L'espace muséographique porte donc le nom de "Jean Paul
Chaubet" depuis septembre 1917
Merci à Vincent Delanoë
Détails
du musée >>> ici <<<
L’orthographe a
été respectée et la ponctuation rajoutée pour une meilleure compréhension du
texte
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Carnet de routeFOURNITURE des soldats
sont mentionnés les noms des soldats suivants :
------- Jourdan – Salvat – Danjou – Basele – Casillac – Brande – Fabre H ----Séguy -----Coudert - Martire - Malaval – Causse – Bergogne – Bertrant – Bonnet - Lamaire – Chalbos - Istre ------ Barthez soldat – Poujol – Roux –---Rabier - Bayou - Privat – Guy – Mouline – Roigt J. – Rivemale – Canal – Kincher


Fournitures
brosse à habit
brosse double
brosse à graisse
brosse à armes
lanterne
sac à vivre
1 seau
1 couteau C.
1 filtre
habit
Année 1914
Mes impressions au sujet de la Guerre Européenne
Attentat du prince Héritier d’Autriche
Vers
la fin du mois de juillet on annoncé que l’Autriche venait de déclarer la
guerre à la Serbie.
La Russie proteste contre c’est acte barbare et indigne d’un peuple civilisé et prend la Serbie sous sa protection.
La Russie mobilise 14 corps d’armée et les concentre sur la frontière autrichienne pour parer aux éventualitée.
L’Allemagne voyant cet état de chose ordonne à la Russie de cesser sa mobilisation partielle, les conversation diplomatique s’engagent le lundi juillet, la France appelle tous ses officiers permissionnaires.
Le mardi c’est la troupe qui est appelée, moi je me trouve en permission à Laroque des Albères avec mon oncle le lieutenant.
Lui rentre le lundi et moi le jeudi suivant vers les onze heures les gendarmes viennent me chercher nous étions six permissionnaires au village toute la population était consternée.
Nos parents les yeux en larmes nous accompagnent.
Je pars sans pouvoir embrasser ma mère qui se trouvait à Perpignan.
Le soir je reçois un télégramme d’elle m’annonçant quelle arrivait à Montpellier à 7 heure et de me rendre à la gare pour aller l’attendre. Ici on se prépare et les discutions diplomatiques reprennent.
L’Allemagne voyant que
C’est alors que l’Angleterre surgit et propose une
entente.
La Russie veut que l’Allemagne dise à Vienne de retirer ses troupes.
Elle ne peut se soumettre à cet avis car c’est elle qui a poussé
l’Autriche à déclarer la guerre à La Serbie.
Voyant la Russie continuer sa mobilisation malgrés sa note, l’Allemagne déclare
l’état de siège. La France reste calme l’Angleterre assure son amitiée pour
l’entente cordiale.
L’Allemagne mobilise le 30 juillet et déclare la guerre à la Russie le 1er Aout
Notre Amie et
Alliée attaquée, la France décrète la Mobilisation elle arrive à Montpellier le
1er Aout à 16. Alors commence la période préliminaire le versement
des effets et la confection des ballots des hommes.
Le 2
Aout 1e jour de
paille pour la Cie avec les
caporaux Maury et Ravit et 12 soldats et 2 voitures.
Le
soir se passe sans incidents je vais coucher chez moi.
Le 3 Aout 2e jour. Le matin je suis de jour nous avons reunion des gradé, nous commandons des postes de garde.
A
Le capitaine depuis quelques temps m’en veux je patiente. Le soir à l’appel nouvelles réprimande du capitaine parce que je fais l’appel dans le 2e Peloton je lui fais remarquer que je suis de jour et que mon devoir m’oblige à faire l’appel.
Je vais au bureau
et je rentre au cantonnement là je trouve l’adjudant et le capitaine en train
de discuter. L’adjudant me dit que je me suis absenté du cantonnement cela
n’est pas vrai je lui dis que j’ai des témoins.
Le capitaine me menace des arrêts de rigueur. Ma mère derrière la porte nous écoutait.l
Le 4 Aout 3e jour. Le matin le capitaine me regarde de travert
le reste de la journée a passé sans incident.
Le 5
Aout 4e jour de la mobilisation le matin réveil à 3h1/2 nous allons
passer une revue par le capitaine il nous laisse dans la cour sans rien faire
jusqu’à
réserve
et de chemin de fer.
Je retrouve mon fusil entre les mains d’un réserviste ce dernier dit au s/lieutr que je lui ai pris mais je le garde. Enfin nous rentrons dans nos casernements. Ma mère vient m’apporter mon déjeuner et mes provisions pour prendre le lendemain.
A
Le 6 Aout
nous nous levons à
Ma mère y vient mais je ne l’y voit pas.
Nous embarquons nos voitures le Bt arrive et s’embarque.
Nous partons de Montpellier à
81e 2e section 12e
Cie nous jurons qu’il ira à Berlin.
Nous arrivons le soir à Lyon.
Nous y avons une nuit de
Dans toutes les autres villages on nous acclame car nous sommes joyeux. A Jo---ville une demoiselle nous demande notre drapeau on lui refuse car il doit combattre. A ----- j’apprends alors que c’est Melle de Castelnau.
Enfin nous arrivons à Mericourt. Une pluie fine se met à tomber.
Là il y a le 96e
Nous allons cantonner à Griscourt à
8km600 là nous arrivons à
Le 8 Aout nous allons apprendre aux Réservistes la nouvelle manœuvre
On m’annonce que je dois aller au petit poste au moulin du
Tambournin(?)
avec
la 5e Escouade avec mission de surveiller le carrefour formé par la voie
romaine et la route qui va de Griscourt à Avillers.
Avant de partir le Capitaine me fait appeler et me donne quelques renseignements que le lieut m’avait déjà donné.
Le Commandant les complète lui aussi. Nous partons après la soupe(?) .
Nous arrivons au Moulin. Les locataires sont très gentils pour nous. Après avoir installé mes sentinelles je reçois la visite du s/lieut qui vient pour nous controler l
Le 9
Aout on vient nous réveiller à
On nous dit que nous allons à Bayon. Nous quittons Bayon pour aller à Haigneville.
Il est
Le 10 Aout nous quittons Haigneville nous recevons l’ordre de marcher sur Lunéville
Après une marche très fatiguante, nous pénétrons dans Lunéville très acclamés par la foule elle nous porte des fruits du vin de la bière là nous lisons les 1e journeaux.
Après une longue pose nous rentrons dans le village de Jolivet
là on trouve bien du
jibiet
Le 11 Aout nous quittons Jolivet pour nous rendre dans un champ, là il y a le 81e – Les 14e et le 56e d’artillerie – Les 15e et 20e dragons.
A
Nous nous trouvons à 5 km de la frontière.
Nous le 81e préparons le sac prêt à partir. Nous quittons l’endroit où nous étions depuis le matin pour aller nous poster sur une hauteur.
Vers
Sur la route apparaît tout d’un coup ce dernier
encadré de plusieurs des notres le prisonnier cetait un dragon
Vers
Le 12
Aout nous avons le réveil à
Le 13 je suis de
serv(ice ?) je reveille la Cie à
Le 14 Aout
nous quittons Jolivet nous nous dirigeons vers le bois qui était occupé par les
allemands. Nous le traversons en forêt de pins sous bois.
Enfin nous en sortons nous allons nous établir sur
une crête tout à coup le canon Allemand commence à repairer son tir.
Tout à coup le notre répond, alors commence un duel
d’artillerie, un obus éclate à nos pieds un autre un peut plus loin. Là les
cris commencent il y a des camarades blessés après le duel d’artillerie.
Je descend vers le bas front.
Là un sapeur a la jambe coupée par l’éclat d’obus.
Un homme de ma section Barthez a un trou au genoux,
----- dans les tranchées et à
les
crêtes on voit des troupes amies.
En avant il y a deux pilones de T.S.F. qui surement doivent être allemandes .
Nous venons de causer de nos familles ce matin surtout en pensant à ma mère, j’ai vu les horreurs de la guerre mais vite le courage a repris.
Le soir nous touchons les vivres pour le lendemain et ceux de réserve car les autres on les avait mangés le jour – Nous passons la nuit dans la tranchée.
Le 16 aout
nous nous levons tous transis car la pluie de la veille
était rentrée dans la tranchée, nos effets sont tous mouillés. Nous allons à
l’emplacement où nous avions passer la nuit lavant veille, nous passons près de
la tombe du sapeur.
Nous recevons l’ordre de marcher sur Vaucour.
Après avoir traversé nombreux champs nous arrivons en vue du village.
Les maisons sont brulées.
Je parts en patrouille avec 4 hommes, pour la 1e fois nous voyons le poteau frontière. Puis nous allons avec la Cie nous mettons enfin les pieds en pays annexé.
Dans la forêt
ont trouve des sacs, des objets ayant appartenu aux Prussiens.
Nous fesont grand halte à la lisière de la forêt de la Garenne
Nous traversons
contre
un vert( ?) allemand.
La colline étant dégarnie de troupe nous fesons une alte.
Là je rencontre Lulu il me donne une médaille que lui a envoyé Lucette pour me remettre –
Nous traversons une forêt nous arrivons devant un village – nous fesons une alte, la pluie commence à tomber nous restons deux1/2 sous la pluie les gradés qui font le campement ne nous trouvent pas enfin nous rentrons trempés. Le village est Meuzieres les Vic.
Le 17 Aout
nous quittons le village.
Dans le village je rencontre le sergent de la 4e il
n’avait pas été blessé, je lui rend son carnet. Nous traversons quelques
villages et toujours des bois.
Dans une forêt un groupe de hulans tirent sur les
éclaireurs du 1e hussart et blessent 1 homme au pied et trois chevaux – on doit
en abattre deux. Le soir nous arrivons à Bispign (Bisping).
Nous achetons une oie (nous la fesons cuire) – des cigares – et de l’eau de vie – Le soir la fusillade se fait entendre – C’est le 96e
et le 122e qui sont sous le feu de l’ennemi – le canon tonne –
Le 18 Aout à
Nous quittons le village pour aller prendre la position à la gauche du village de Angviller, il y a aussi le 142e et le 1e hussard. La fusillade crépite et le canon tonne toujours.
Nous quittons le 1e emplacement pour le céder au 56e d’artillerie nous nous portons en arrière et nous construisons une tranchée pour nous protéger contre les coups de l’artillerie allemande.
A
Les canons du 56e à ouvert le feu sur les allemands, le 96e le 142 le 122e sont dejas en avant – les voitures pour les blessés partent, car ce matin elles commencèrent à en ramener. Ce matin un aero (par une trainée de fumée) nous annonce que les alboches quittent les positions.
Nous quittons notre position pour aller en avant.
Nous allons près d’une autre forêt—Nous entendons le fusillage, les obus sifflent, nous fesons le café – et nous
(avons) pas le temps de faire cuire
Le 19 Aout
nous restons sur les positions abrités derrière la tranchée.
Les allemands font leur apparition à
A
forêt.
Nous attendons qu’ils sortent mais ils ne se montrent pas – nous quittons les
tranchées – pour aller traverser la forêt.
Le capitaine vient de nous dire que le maire de
Sifflig( ?), le garde champêtre vont être fusillés car il a été trouvé
entrain de telephoner le mouvement de nos troupes à l’ennemi. Nous quittons
notre emplacement pour aller dans la forêt de la veille.
Le capitaine tombe de cheval il c’est laissé mordre
la jambe il marche en boitant. Nous allons en avant de l’artillerie du 3e pour
la protéger.
L’après midi arrivent les 53e – 80e – 15e et le 143e d’Infrie Le 9e et le 3e d’Artillerie. Nous restons avec l’artillerie
jusqu’à
Nous campons en dehors du village de Bispenc ?
(Bisping ?), nous passons une deuxième nuit blanche. Les nuits sont très
fraiches
nous fesons un potage et un café.
Le 20 Aout nous fesons un café pour la section (2H).
Le soleil se lève avec lui commencent les 1e coups de feux, nous sommes attaqués par l’armée allemande, les 1e lignes de tirailleurs partent, les hommes porteurs de cisailles aussi – nous attendons les ordres. 6H les premières voitures d’ambulances arrivent de Luneville pour prendre les blessés de la veille – Viande crue
Comme
l’artillerie française tire, nous nous portons à sa droite puis nous allons
vers Angviller. Nous prenons des formations de combat, des balles égarrées
sifflent à nos oreilles, un escadron de cavalerie est avec nous.
Et nous sommes sous le
commandement de la 32e division 8e Bataillon
Message Maria, Pauline
« noms si doux pour moi, vous resonnez souvent à
mes oreilles, vos images interviennent souvent à mes yeux ainsi que mon petit
père chéri. Oui je vais faire mon devoir. Je vous ai aimé tous les trois. Vous
deux père et mère donnates le jour je vous ai toujours aimé, je m’accuse de
vous avoir fait de la peine mais aujourd’hui je vais par ma conduite racheter
tout cela. Et toi Pauline ma fiancée de demain, toi que j’aime, toi seule, mon
cœur t’a appartenut, pour toi j’aurai fait bien de choses
Ta
lettre d’avant-hier je la relis à tout moment, je vois en elle que tu as
compris mon amour, tu me dis : fais ton devoir et puis espère je jure sur
notre amour que je ferai tout ce que tu me demandes.
Et si Dieu veut que je sorte
sain et sauf de cette lutte contre ces Barbares Germains He bien Pauline Dieu
bénira notre uniont Et nos enfants vivront sous sa protection. Mais s’il
m’arrive malheur – Oh Pauline chérie – mon amour sera éternel il me suivra dans
ma tombe.
Sois
heureuse avec celui qui sera ton mari, moi des cieux je prierai Dieu Pour que
tu rencontres un mari qui t’aime comme moi.
Ma demande Pauline à ton premier enfant tu lui donnera le nom de jean. Voici tout ce que je te demande. Encore sois bonne pour ma mère chérie, console la, elle t’aime aussi, elle aurait été heureuse de t’appeler sa fille. »
Le canon tonne.
Adieu mes trois êtres aimés, soyez fortes mes deux qui
me restent s’il m’arrive malheur. Baisers
jeannot.
Nous changeons de position, notre corps se replit.
L’armée part en désordre.
Le 81e a perdu une partie de son effectif.
Le Commandant Tavertier ( ?) du 2e est blessé,
Les Capitaines Joyeux, Roylescure et un grand nombre d’officiers ont disparus.
Le 143 est réduit au 1/3.
Le
80e pas beaucoup de morts.
Le 53e perd
son colonel et un nombre d’hommes, le 15e aussi.
Acte de courage d’une compagnie le 15e, ils chargent à
la baïonnette, elle perd le capitaine, le lieutenant, l’adjudant, le sergent major,
le Sergt fourrier, 6 sergents.
L’effectif de la Cie après la charge, il reste 1 sous lieutt , 2
sergents et 60 hommes.
Nous quittons nos positions,
c’est une débacle terrible sur la route qui conduit à Maizières qui fut si
riante pour aller. c’est bien triste pour le retourd.
les convois partent en
désordre, la cavallerie, l’artillerie, le génie, l'infanterie, tout se mélange.
C’est un désordre sans nom.
En traversant un village, un
espion qui a été arrété est au milieu de deux gendarmes, les hommes l’insulte.
Nous allons nous poster en dessus du village de Maizières.
Je suis de jour. Je vais à la corvée d’eau, nous fesons le café et nous quittons l’emplacement que nous avions pris à 20h.Nous arrivons dans un village nous contournons Bi--
J’ai eu une lettre de maman je
suis très heureux
Nous couchons à la belle étoile voila la 3e Armée, nous sommes très fatigués de la journée.
Le 21 Aout Le soleil se lève
radieux et nous les petits soldats Français et nous les fils de ces gaulois
nous reprennons courage. Nous allons notre Cie comme soutien de
l’artillerie nous nous replions en ordre et silence.
Pauline
mon amour comme je t’aime, toi seule a su captiver mon cœur, je reprends
courage chaque jour, ton image me suit tout le temps.
Mon
amour tu ne peux comprendre mon amour, chaque heure et chaque moment je ne vois
que toi et mes deux parents, vous trois êtes mes soutients, mes petits
chéris.---- m’accorde encore la force de vous revoir.
Nous traversons bien des prés à la hate, c’est très fatigant, en plus de mon sac je porte celui du caporal d’ordinaire.
Nous traversons (ce) soir la frontière. On voit venir des champs (on sentait l’herbe verte) se detacher une tache sombre. Saluez tous car c’est un endroit sacré, là reposent nos frères tués la journée du 14, ils sont morts pour la France et nous demain nous les rejoindrons.
Nous fesons une alte dans un bosquet mais il se produit une petite scène qui aurait pu tourner mal.
Les 3 frères Goubert( ?) étaient en train de manger une boite de conserve.
Le Capitaine donne l’ordre au Sergent de lui donner sa boite, celui-ci lui donne, le capitaine la jette, il donne l’ordre au sergt d’aller lui chercher la boite et quand il lui a apporté il la lui fait jetter, ce sergt demande à causer
Au Ct, le capitaine dit oui,
vous voulez causer au Ct et bien tenez, il prend son révolver et
l’arme( ?) dessus le lieutt Brun. Les 3 frères Goubert( ?) se jettent
sur lui
et lui enlèvent l’arme des mains. Le lieutt ne se trouve
pas bien, je le soutiens et je lui fais avaler un peut d’eau de vie, il se met
à pleurer.
Le Capt est abattu.
Nous fesons grand halte, on fait le café et nous mangeons une boite de conserve.
Nous rentrons à Lunéville, il est très tard, un bonhomme veut me faire coucher chez lui avec un autre soldat, il nous donne du pain.
Nous sommes très fatigués.
Nous arrivons à 22h à Hériménil.
Nous sommes dans une grande grange Le patron est très gentils, nous mangeons chez lui et nous offre un lit. Je couche avec le chef le Sergt maj.
Le 22 Aout le patron de la maison vient nous réveiller car il y a un dirigeable allemand qui passe. En effet on entend le moteur et on lui tire dessus.
Nous touchons nos vestes et nous---- nos brodequins.
Nota : Le 22 août, le régiment a 1300 hommes blessé, tués
ou disparus (source : Journal des Marches et Opérations du 81e RI)
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LETTRE D’ADIEU (en fin de carnet)
« Je pense qu'elle
avait été écrite à l'avance, dans le cas de son décès éventuel et très
envisageable. C'est pour cela que cette lettre se trouve en toutes dernières
pages du carnet après bon nombre de pages vides intermédiaires. »
Janine.
Ma Petite Mère Chérie
Lorsque tu recevras ce
carnet tu apprendras le nouveau malheur qui te frappe
Dieu t’a ravit petit
père
le 5 Octobre là
tous les trois nous étions heureux petit père avait
été nommé à Perpignan et moi sergent comme nous étions contents mais Dieu t’a
frappé et à ton fils aussi.
Aujourd’hui c’est moi.
Sois contente car j’aurrai accomplit mon devoir de Français. Te souviens-t-il
quand je me suis engagé comme tu as pleuré. Eh bien
aujourd’hui aussi tu vas
verser des larmes. Comme je suis peiné de t’avoir fait de la peine pendant les
jours que j’ai vécu avec toi
Qui sera ton soutien à
présent Eh bien petite mère je te repete
les paroles de papa vas dans un couvent là tu pourras prier. Pour nous deux et
quand Dieu te prendra nous serons tous les trois là haut. Sois forte et ai du
courage encore je te rappelle les paroles de petit père avant de mourir = Sois
forte Maman et courage que tu vas être anéantie pour quelques temps mais en
priant tu seras heureuse.
Garde bien ce carnet et
avant de quitter la terre pour toujours tu le remettras à mon filleul Jeannot.
Qu’il soit brave et obéissant.
Embrasse bien tante –
les petit – grands parents
Et toi mère chérie
milles baisers et te retrouver dans la vie éternelle
Ton fils qui t’a toujours aimé Jeannot
Dis petite mère vas voir
Pauline elle est ma fiancée remets lui la bague blanche que tu reservé pour ma
fiancée. Elle m’aime tu retrouveras une
lettre dans ce carnet d’elle alors tu verra que c’est vrai.
Fais lui lire aussi ce
carnet et surtout les pages 28 – 29 – 30


Tombé au champ
d’honneur à
Lunéville
Le 22 Août 1914
Souvenir de
mon cher fils
Jean Marie

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