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Le
30 septembre 1915
À 10
h du soir départ de Manspach (Alsace).
Après
21 h de chemin de fer, arrivée au camp de la Valbonne le 2 octobre. Départ de la gare de Meximieux.
Jeudi
7 à
9 h du matin, nous passons à la gare des Brotteaux à Lyon, puis sans arrêt
St Fons ensuite Vienne, Péage du Roussillon, St Rambert d’Albon. Passage à
Valence à 3 h puis Montélimar 4 h en gare d’Orange, 7 h du soir Avignon. C’est
9 h, Tarascon pas d’arrêt.
Voici Arles, Marseille 2 h 15 du matin. La
Ciotat 4 h. Arrivés à Toulon 6 h du matin.
Arrivée
au port de Toulon.
Vendredi
8
Nous
montons dans le navire à 8 h. Nous devons partir ce soir à 4 h et prendre la
haute mer. Il est 5 h, la musique joue dans le navire « Indiana »
qui fend les eaux. Les côtes de France disparaissent, la nuit arrive nous nous
couchons.
Samedi
9
Nous
apercevons à notre droite les montagnes de la Corse et à gauche l’Italie. A
midi, nous longeons les côtes de la Sardaigne, nous sommes en face de Bastia en
Corse, la mer est belle. Le « Lorraine » est en avant
de nous. Nous longeons le détroit de Bonifacio.
Dimanche
10
La
mer est houleuse, nous sommes en face de Naples, voyons les côtes de la Sicile,
nous sommes en face de Malte.
Nous
voyons en face Bizerte (Tunisie), les îles de la Sicile. Nous longeons de loin
les côtes d’Afrique, la journée est belle, la mer est toujours houleuse.
Lundi
11
Il
fait chaud sur le navire, nous longeons toujours les côtes d’Afrique, nous ne
voyons que le ciel et l’eau. Nous voici dans la zone dangereuse.
Mardi
12.
Enfin
nous approchons des côtes de la Grèce, nous traversons les îles qui forment la
Grèce, nous sommes dans la mer Egée. Nous longeons toujours les côtes. Le temps
est chaud.
En
ce moment, nous sommes entre la Morée et la Crète à peu près en face d’Athènes
mais nous ne pouvons la voir.
Mercredi
13.
Nous
sommes en vue de l’endroit où nous devons débarquer. La mer est bonne, une
forte bise souffle.
Mercredi
midi, nous sommes en rade de Salonique, nous sommes entrés dans le port. Quel
beau coup d’œil que la vue de la rade de Salonique.
Mercredi
midi, nous sommes ancrés en rade de Salonique nous attendons les chalands pour
nous mener à terre. 2 h nous voici sur le port, la musique joue, nous défilons
dans les rues de Salonique et nous arrivons 2 h après au camp situé à droite de
Salonique : les rues sont mal entretenues, les maisons, les habitants sont
sales. 7 h nous avons monté nos tentes dans le camp.
Jeudi
14
7 h
du matin, la nuit a été bonne mais sur le matin il faisait froid. A côté de
notre camp sur la droite, nous avons le camp anglais. Hier au soir nous n’avons
rien mangé et ce matin point de jus.
Vendredi
13, samedi 14
Nous
faisons de l’exercice le matin et le soir. Nous voyons les soldats anglais,
grecs. Que de monde, il en arrivait sans cesse. Il pleut aujourd’hui quel
triste temps.
Dimanche
17
Nous
faisons de l’exercice et des corvées.
Lundi
18 à 6 h
du soir, la section va à Salonique pour charger au port 13 wagons de munitions,
fil de fer pour la Serbie. Nous sommes de retour le mardi matin à 7 h.
Repos
pour la journée.
Mardi
19
Où
nous sommes, le camp se nomme Zeitenlick.
Mercredi
20
Il a
plu toute la journée. J’ai eu une permission pour aller à Salonique.
Jeudi
21
Nous
nous préparons à partir pour la Serbie, nous levons nos tentes, il est 3 h de
l’après-midi. Nous quittons le camp et restons 4 h à attendre dans une plaine
aux environs, d’un quai d’embarquement et à 9 h ½ du soir nous embarquons.
Vendredi
22
9 h
au matin nous arrivons à la gare Kermp-Kanuja, nous allons longer le territoire
grec, ensuite nous entrons en territoire serbe, ce pays parait pauvre comme le
territoire grec. Il y a bien du sol fertile mais guère.
Il y
a beaucoup de montagnes très hautes.
Nous
longeons la vallée du Vardar. Quel triste pays que la Serbie, des villages
perdus dans les montagnes aux maisons basses et beaucoup de démolies.
Près
de la frontière grecque, on voit un cimetière où sont tombés il y a trois ans
des braves soldats serbes. L’on voit aussi un grand nombre d’anciennes
tranchées qui ont servies il y a 3 ans. Nous voyons des soldas serbes vêtus
comme des grecs mais ils sont mal chaussés mais se sont des soldats terribles,
leur regard est farouche. Il est 9 h ½, nous avons quelques kilomètres à faire
avant d’arriver à notre but.
Dans
ce pays, il n’y a pas de grandes cultures, des marais beaucoup, quelques vignes
par ci par là mais mal entretenues.
C’est
un pays de misère.
A 11
h : nous voilà enfin arrivés à l’endroit où nous devons cantonner.
De
la gare où nous sommes partis près de Salonique pour arriver à Krivolak, il y a
100 km et nous sommes en plein pays serbe ou autrement dit l’ancienne Serbie
qui était il y a 3 ans occupée par les Turcs. On voit de nombreux cimetières, résultat
des terribles combats qui se sont passés il y a 3 ans. Des villages détruits où
il ne reste que quelques maisons debout.
C’est
affreux de voir ces ruines. Nous avons fait 5 km en quittant la gare où nous
avons débarqué pour aller dans un pays qui s’appelle Negotin et qui est à
droite de la vallée du Vardar. Nous sommes au sommet des collines, logés sous
nos tentes à coté du village occupé par les habitants serbes, gens travailleurs
mais très pauvres car la guerre les a ruinés.
Il y
a bien des terrains cultivés mais que de surfaces incultes, car le monde
manque. Aujourd’hui nous avons entendu le canon, les sentinelles serbes sont
parmi nous sur les collines où gardent les ponts et voies de chemin de fer. Ce
sont de bons soldats et solides gaillards. Dans tous les environs où nous
sommes il y a de grandes montagnes mais souvent rocheuses et rien n’y vient
rien, aucun arbre ne peut y pousser, ni l’huile non plus.
Il y
a autour des villages de jolis jardins bien entretenus, il y vient de beaux
légumes choux, poireaux, piments, concombres etc.. et l’on voit aussi quelques
arbres fruitiers. On trouve dans les environs des anciennes tranchées de la
guerre des Balkans en 1912.
Nous
avons débarqué à la gare Demiret-Kapyas pour venir ici. Nous sommes allés à Kavalas.
Samedi
23
Nous
sommes au camp de Nekrotines.
Les
environs sont bien cultivés. Il y a de nombreux troupeaux de moutons. Il y a de
nombreuses montagnes aux environs. Dans les coteaux, il y a quelques vignes.
Des cultures d’opium qui viennent d’être semées. Nous sommes de garde au poste
de police du camp de Nekrotines.
Nous
voyons passer des cultivateurs allant travailler. Ils passent avec des ânes
portant le repas de la journées et les semences. Deux bœufs les suivent pour
labourer.
Le
temps reste couvert, pas de soleil, le temps reste doux. A 5 h du soir, on fait
l’appel et l’on présente le drapeau comme aux colonies.
Dimanche
24
Réveil
à 5 h. Il a plu toute la nuit. Ce matin il y a messe dans une cour en ruines en
bas du camp. A 2 h nous avons quartier libre jusqu’à 5 h nous pouvons visiter
ce village Negotin. Nous avons visité le pays. Que le pays a souffert de la
guerre. Des maisons démolies incendiées. Il y a 4 cimetières catholiques,
orthodoxes, juifs et musulmans. Il y a encore beaucoup de sujets turcs et
bulgares dans ce pays. Nous ne sortons qu’avec nos armes. Nous devons
aujourd’hui aller en reconnaissance à 30 - 38 km.
Lundi
25
Il y
a fait hier un peu de soleil mais aujourd’hui le temps reste couvert.
Nous
sommes partis faire une réquisition à 8 km. De Negotin il y a fait beau, nous
avons vu beaucoup de gens aller travailler aux champs.
Ils
sèment le blé avant de labourer. Ils sont tous armés dans leurs champs car ils
ne sont pas en sécurité. Nous avons vu de nombreux troupeaux de moutons. En
revenant, nous avons apporté des fagots d’herbe sèche pour mettre sous nos
tentes afin d’être plus au sec. Hélas quelle triste vie.
Mardi
26
Ce
matin il pleut et toute la nuit il a fait de même. Il fait mauvais sous nos
tentes. Il fait un grand vent. Il ne fait pas chaud.
Mercredi
27
Ce
matin, réveil à 5 h nous sommes partis travailler sur une route à 3 km de
Negotin. Voici 2 jours que nous mangeons du biscuit. La cuisine roulante nous a
apporté notre repas.
Nous
sommes sur les bords du Vardar qui a beaucoup grossi par les pluies.
Aujourd’hui le temps est beau, ce n’est pas dommage. Nous sommes en train de
réparer la route allant à Negotin. A un endroit le Vardar ayant inondé la route
les autos passent sur les lignes des chemins de fer. Il faut être en guerre
pour voir cela.
Jeudi
28
Toujours
au même endroit, nous avons eu corvée de lavage. J’en ai profité pour acheter
une épaule de mouton. Je l’ai fait cuire. Il fait depuis hier un vent
épouvantable. Le temps est chaud et sec.
Vendredi
29
Il
fait du vent, il y en a eu toute la nuit.
Samedi
30
Nous
sommes partis ce matin travailler dans le village de Negotin dans ce quartier
qui est démoli, à faire des emplacements pour mettre les tentes à travers ces
ruines de la guerre. 11 h nous venons de manger la soupe. Nous sommes alertés
et nous partons immédiatement pour aller à Krivolak, gare où nous avons
débarqués en arrivant, car toute la nuit et la journée l’artillerie et les
fusillades ont tiré sur les crêtes en avant de cet endroit. Mais comme nous
n’avions pas pris nos sacs noirs sommes revenus à Negotin.
Dimanche
31 octobre.
Ce
matin le temps est couvert il fait bon mais il y a un brouillard épais il ne
reste plus que 2 compagnies du régiment, toutes les autres sont parsemées de ci
de là. Il a plu ce soir.
Lundi 1er novembre
Il y
a ce matin à l’occasion de la Toussaint une messe dans le camp. Hier au soir le
canon et la fusillade ont fait rage de 9 à 10 h et cette nuit il y a eu des
rafales. Ce matin tout est calme. Le temps est beau, le soleil donne.
Il
fait chaud nous sommes après faire des travaux de nivellement dans le pays
Negotin à l’emplacement des maisons dévastées et démolies. Ce soir nous avons
fait corvée de lavage.
Mardi
2
Ce
matin nous quittons le camp et nous allons dans une colline comme soutien
d’artillerie à 4 km de Negotin sur les bords du Vardar. Nous cantonnons dans
une colline sur une montagne. Il n’y a à cet endroit pas un arbre ni une bûche
d’herbe. Ce n’est qu’un terrain aride. Le vent a repris force. Le temps n’est
pas si beau qu’hier.
Mercredi
3
Nous
avons passé une bonne nuit dans notre nouvel emplacement.
Le
vent recommence à souffler mais nous sommes à l’abri dans le ceux de la
montagne. Midi. Nous sommes partis en reconnaissance cet après-midi, nous avons
fait 20 km aller-retour à la nuit nous étions vannés.
Jeudi
4
Nous
avons passé une bonne nuit. Comme le vent a été fort ce matin, il fait une
pluie battante. Le canon a tonné toute la nuit. Il fait des éclairs et des
coups de tonnerre.
Quel
triste temps. 11 h, cet après-midi, le temps s’est remis au beau. Nous sommes
partis faire une route à 5 km de l’endroit où nous cantonnons nous sommes
rentré à 5 h du soir.
Vendredi
5
Nous sommes partis à 6 h du matin travailler
sur la route à 5 km de notre camp.
Aujourd’hui
l’artillerie a tonné très fort et cherche à tirer sur la gare de Krivolak. Il y
a fait une journée splendide et chaude. Quelle belle journée de soleil pour la
saison. Nous sommes de retour à 6 h du soir.
Nous
avons touchés 3 cm de vin.
Samedi
6
Nous
sommes partis de l’endroit où nous étions ce matin et nous sommes allés à
Krivolak.
Il
faisait très chaud, avons fait la soupe ici à midi nous sommes partis en
traversant le Vardar avec une barque nous avons marché tout l’après-midi à
travers les montages par des chemins rapides et abrupts, il faisait très chaud,
on a rôti mais nous sommes arrivés à la nuit au sommet de la montagne. Nous
avons couchés dans des trous comme des tombes avec nos tentes dessus à Kara-Hodzali.
Dimanche
7
3 h
du matin nous partons de l’endroit où nous avons passé la nuit.
Nous
partons occuper les tranchées de 1ère ligne. Les tranchées bulgares
sont à 600 mètres dans un terrain montagneux et rocheux. Ce matin tout est
calme, quelques coups de canon, il fait beau temps.
Lundi
8
La nuit s’est assez bien passée. Nous avons fait
une fusillade assez nourrie hier au soir avec de 9 à 10 h quelques coups de
canons et jusqu’au matin échanges de coups de fusils. Midi, nous venons de
manger la soupe, les Bulgares nous envoient des obus. Nous avons touché comme
repas riz et un bout de viande, du vin, chocolat et figues. Il fait beau temps
mais la nuit n’a pas été chaude, il y a fait froid mais la journée il fait un
beau soleil.
Mardi
9
La
nuit a été calme. La montagne où nous sommes s’appelle Kara-Hodzali. Il fait un
beau soleil. Ce matin il y avait un brouillard très épais, nous améliorons
nos tranchées, nous profitons du brouillard pour échanger quelques coups de
fusil.
Mercredi
10
La
soirée d’hier a été calme. A 10 h du soir il y a eu une forte fusillade et la
nuit s’est bien terminée.
Il a
tombé une radée d’eau dans la nuit.
Comme
menu riz mouton et quart de vin. Depuis 9 h du matin à notre gauche, le canon
et la fusillade font rage à 15 km mais ça cogne fort sur les bords du Varda.
Dans notre secteur tout est calme, le temps reste beau. 3 h de l’après-midi à
notre gauche à une dizaine de km, l’artillerie a tapé dur, çà n’a été qu’un
roulement de tonnerre toute l’après-midi, un roulement épouvantable.
Jeudi
11
La
nuit a été calme. Il y a un peu de bise ce matin. L’artillerie a tonné fort
encore toute le journée. Ils lancent des obus sans compter.
Vendredi
12
Cette
nuit tout a été calme mais la température s’est bien refroidie, il fait un froid
sauvage. Nous avons reçu des obus mais pas un, nous a touché. Le temps reste
beau.
Samedi
13
La
nuit a été calme, le temps reste beau mais les nuits sont fraîches. Nous sommes
toujours sur les mêmes montagnes.
A notre
gauche à une dizaine de km les canons ne cessent de tonner. La journée a été
calme, quelques coups de fusil de part et d’autre.
Dimanche
14
La nuit a été calme mais à notre gauche
toujours les mêmes roulements de canons et de fusillade. Toute la journée le
canon et la fusillade font rage. Depuis 3 jours cela dure.
La
nuit a été calme mais les nuits sont froides. Dans la journée il fait beau
temps, les Bulgares ont tiré quelques obus.
Lundi
15. La
nuit a été calme mais de la tranchée en face, nous recevons constamment des
balles. Le temps est toujours beau, il fait une belle journée de soleil.
Mardi
16
Cette
nuit, les Bulgares ont tiré toute la nuit, nous avons mis les fils de fer en
avant.
La
nuit a été calme mais pas chaude, c’est aux pieds que l’on a le plus froid.
L’engagement qui a duré 3 jours et 3 nuits dont on entendait le bruit, le
communiqué nous apprend que les Bulgares ont essayé de forcer nos lignes, ils
ont 6000 tués.
Ils
nous envoient quelques obus et les coups de fusil ne manquent pas, sur le soir
les obus rappliquent.
Mercredi
17
La
nuit a été calme, la bise a été froide et forte. Il n’y a eu cette nuit que
quelques coups de fusils.
Les
Bulgares nous tirent toujours sur notre tranchée, dans nos créneaux ils ont
cassé nos fusils. Toute la journée, les coups de fusils des Bulgares nous
encaissons, la tranchée reçoit sans cesse des balles.
Jeudi
18
La
nuit a été calme mais très froide, il a gelé ce matin. Nous avons eu froid
toute la matinée. Les Bulgares tirent toujours des balles sur nos tranchées.
Midi, il fait soleil, ce n’est pas dommage car il faisait froid ce matin. Nous
recevons des balles et quelques obus.
Vendredi
19
La
nuit a été calme et pas aussi froide. Toujours des coups de fusils d’en face,
ces salauds ne nous laissent pas la paix, ils nous envoient quelques obus. A 3
h ¼ nous avons lancé des torpilles sur cette tranchée qui nous tirait
constamment dessus.
Les
coups ont bien porté nous n’avons plus entendu un seul coup de fusil.
Samedi
20
La
nuit a été très calme, le temps assez beau.
Ce
matin, il pleut et ça fait une boue épaisse dans les tranchées. Nous avons tiré
quelques torpilles sur le soir sur la tranchée qui nous tirait dessus, le calme
est complet, plus de coup de fusil. Il fait bon ce soir.
Dimanche
21
La nuit
a été calme avec un beau clair de lune. Pas un coup de fusil, ce n’est pas
dommage car pendant plus de 12 jours, ils nous tiraient dessus. Cet après-midi,
les Bulgares cessent de nous arroser d’obus. Le soir a été calme.
Lundi
22.
Tout
s’est bien passé cette nuit, les Bulgares ont dû se fusiller entre eux car on a
entendu une fusillade à 1 h du matin et ils ont envoyé des obus. Le restant de
la nuit a été calme.
Il a
gelé fort ce matin. Il y avait un beau clair de lune. La journée a été calme,
nous avons envoyé quelques torpilles.
Mardi
23.
La
nuit a été calme mais il fait froid. Il a gelé fort ce matin mais dans la
journée, le soleil donne. Nous recevons quelques coups d fusil. Les Bulgares
nous envoient un certain nombre d’obus mais pas de blessés.
Mercredi
24.
La
nuit a été très calme mais froide. Dans la nuit il y a eu une forte fusillade à
notre droite. En face de nous quelques coups de fusil et aussi des coups de
canons. Il fait très froid sur le matin, il a gelé, il y a du brouillard épais.
C’est
calme dans la matinée.
Jeudi
25.
La
nuit a été calme et très froide. La journée a été assez belle avec un peu de
brume. Quelques coups de canons à 10 h et le soir à 4 h. Nous avons couché dans
notre nouvelle tranchée.
Vendredi
26.
La
nuit a été calme, sans lune et ce matin à 6 h, la neige tombait. Quel triste
temps que d’être dans les tranchées par des temps de neige. Cette nuit j’étais
au petit poste. Quelle triste nuit, les pieds pleins de neige, les effets tout
mouillés et gelés. La neige tombe toujours.
Samedi
27
La
neige tombe toujours, il fait froid. On nous a retiré une couverture, rendu les
outils. Nous nous préparons à évacuer la montagne de Kara-Hodzali, mais quel
temps affreux.
Nous
sommes malheureux d’être dans ces pays et sans abri par des temps pareils. La
neige tombe, quel sale temps.
Dimanche
28
La
nuit a été très froide. Que nous sommes malheureux avec ce mauvais temps, nous
n’avons fait qu’un repas sans vin. Hélas, on ne mange pas, piètre appétit et nous
gelons de froid.
Lundi
29.
Hier au soir à 10 h, on nous a relevé et fait changer de
tranchée mais que nous avons froid et que de neige. Ce matin à 6 h, je me suis
fais porter malade, les yeux me font mal avec ce froid. On m’envoie à Pepeliste
en face de Krivolak.
Mardi
30.
J’ai
passé une bonne nuit dans la grange. On est mieux que dans les montagnes de
Kara-Hodzali.
Mercredi
1er Décembre.
Ce
matin à la visite, j’étais mieux. Je rentre à ma compagnie ce soir qui doit
revenir de Kara-Hodzali. Qu’il y a fait froid durant 4 jours.
Jeudi
2.
Ce
matin, ma compagnie est venue à Pepeliste et ma section est restée en place sur
Vardar à 6 km. Nous restons donc avec ceux de Pepeliste. Les Bulgares envoient
quelques obus sur Kara-Hodzali.
Vendredi
3.
Le
temps s’est radouci, ce n’est pas dommage. La neige reste. Nous devons quitter
Pepeliste ce soir à 5 h, ce n’est pas trop tôt et nous devons aller pas étapes
à Demir-Kapou.
Samedi
4.
Nous
sommes arrivés à 10 h du soir après 11 km par des chemins affreux, de la boue
jusqu’aux genoux.
Nous
passons à 800 m des lignes. On marche avec le plus grand silence et sans fumée.
Nous faisons ce matin la soupe, nous étions vannés et nos effets pleins de
boue. Le temps est doux et couvert.
Notre
retraite jusque là s’est bien effectuée. Nous devons reprendre notre marche
demain.
Dimanche
5.
Nous
partons ce matin à 6 h par des chemins affreux à travers les champs pleins de
boue
Nous
passons ensuite près de Demir-Kapou que nous laissons à gauche, nous longeons
le Vardar, nous suivons la ligne du chemin de fer, nous passons par les Portes
de Fer, nous traversons de hautes montagnes par des petits chemins.
Enfin
à 6 h du soir nous arrivons à la station de la gare de Stroumitza.
Nous
passons la nuit sous nos tentes montées en toute hâte. Il y a eu du brouillard
toute la journée et la nuit est froide. Nous avons fait 25 km.
Lundi
6
Nous
repartons ce matin à 2 h, nous continuons à suivre les lignes de chemin de fer,
la route est meilleure mais la marche est pénible. Nous faisons la grande halte
à 8 km de Gievgelü où nous devons arriver ce soir.
Voici
3 jours que nous marchons (1 nuit et 2 journées) : 18 km + 25 + 25 = 68 km
en territoire serbe pour arriver à Gievgelü à la frontière grecque. Nous sommes
vannés. Jamais on n’a fait d’aussi longue marche.
Aujourd’hui
le temps est beau et il fait plus chaud que sur la montagne de Kara-Hodzali.
Mais en arrivant du coté de la frontière grecque, le temps devient plus doux,
la campagne est plus belle et mieux cultivée. Nous voyons de grands champs de
mûriers et citronniers. Nous sommes arrivés à Gievgelü à 7 h du soir. Nous
étions fatigués, nous avons traversé des ruisseaux et passé par des mauvais
chemins.
Nous
passons la nuit dans des baraquements serbes.
Mardi
7
Nous
nous levons à 7 h. Nous sommes éreintés et vannés. Nous pensions rester
aujourd’hui en repos mais à 9 h nous avons l’alerte et on se prépare à partir.
Nous étions las, nous reprenons de nouvelles routes dans la même direction où
nous sommes venus en appuyant sur la gauche. Nous suivons les montagnes, des
gorges, des ravins, la marche est pénible et nous en rotons de plus en plus.
A 8
h du soir nous arrivons dans le pays de Stroumiza à 15 km de Gievgelü. Nous
étions fatigués car cela fait 3 jours et 1 nuit que nous marchons et presque
sans nourriture. Enfin, nous nous couchons et ce n’est pas dommage. Nous sommes
logés dans des maisons qui restent debout. Nous sommes venus ici pour faire un
nouveau front et soutenir la retraite et faire quelques travaux de défense.
Mercredi
8
Ce
matin il fait beau temps, nous pouvons faire la soupe. Nous achetons des poules
et nous faisons la bonne soupe. Ce n’est pas dommage car il y a longtemps que
nous n’avons mangé chaud. Le temps est beau, nous passons une bonne journée.
Jeudi
9
Ce
matin à 5 h nous reprenons la route de Gievgelü à travers ces montagnes et ces
pays perdus.
Nous
avons à faire 20 km. Nous sommes arrivés à midi à Gievgelü. Nous sommes vannés
et fatigués de tant faire de marches, nous sommes logés dans des baraquements
serbes où nous étions avant-hier. Le temps est beau. Il y avait du brouillard
ce matin.
Vendredi
10
Nous
avons passé une bonne nuit bien tranquille à Gievgelü et ce matin nous
repartons à 4 km plus loin dans un petit pays où nous sommes arrivés à 11 h à
Bogodoroka.
Samedi
11
Nous
avons passé la nuit dans ce pays Maritano.
Il
n’y a pas un civil, tout est évacué. Nous logeons dans les maisons qui restent debout.
Nous devons repartir plus loin. Dans ce pays il se cultive beaucoup de maïs, il
y a de grands marais. On y cultive aussi du riz mais en ce moment personne ne
travaille, c’est le désastre.
Dimanche
12
Nous
sommes partis des Maritano à 5 h, nous nous dirigeons à la frontière grecque.
Hier toute le journée, la fusillade n’a pas arrêté à un dizaine de kilomètres
mais la nuit a été calme. Nous sommes arrivés à 12 h du matin à Bekirli en pays
grec à 20 km de la frontière serbe. Nous passons par de mauvais chemins à
travers d’immenses plaines arides. Il fait un épais brouillard, ce matin le
temps est beau.
Lundi
13
Nous
partons de Bekirli à 8 h, nous passons à travers les montagnes sans routes ni
chemins.
A 1
h, notre compagnie s’arrête pendant que le régiment continue sa retraite. Nous
sommes installés en petits postes sur la hauteur de ces montagnes.
Mardi
14
Nous
sommes toujours aux avants postes en petits postes sur cette montagne. La bise
est très forte, on a froid.
Mercredi
15
Après
une nuit de petits postes à 4 km de la frontière grecque entre Bekirli et
Calotinas, enfin 8 h du matin, nous quittons enfin la montagne que nous
occupons depuis 3 jours e nous rejoignons le bataillon. Nous faisons 19 km à
travers des mauvais chemins et en traversant des rivières. Nous nous arrêtons
dans une plaine et montons nos tentes. Nous sommes en plein territoire grec. On
dit que les Bulgares n’ont pas traversé les frontières.
Jeudi
16
Nous
repartons à 8 h du matin. Il pleut.
Les
terrains sont pleins d’eau. De la boue jusqu’aux genoux.
Jamais
nous n’avons eu aussi mauvaise route. Nous en rotons. On en a marre et il pleut
dur. Quel temps de misère. Enfin à 5 h du soir nous arrivons dans un pays où il
n’y a plus une seule maison debout. Nous dressons nos tentes sous la pluie dans
le terrain mouillé et plein d’eau.
Quelle
triste nuit nous passons.
Nos
effets tout mouillés et point de bois pour faire du feu.
Quelle
misère !
Vendredi
17
La nuit
s’est passée tout de même et ce matin à 6 h nous repartons encore à travers des
montagnes et un pays aride et toujours de la boue et de l’eau, des rivières à
traverser, quelle vie,nos sacs sont lourds et nos couvertures toutes mouillées.
A 1 h
nous faisons la grande halte au bord d’un lac. Nous avons déjà fait 12 km. Nous
sommes vannés, fatigués, esquintés. Enfin à 3 h nous arrivons dans un pays.
Nous
logeons dans des ruines, nous sommes vannés. Nous avons fait 15 km.
Samedi
18
Nous
avons passé une nuit assez bonne. Nos couvertures sont encore humides. Ce matin
il fait du brouillard, le temps est humide et pas chaud. Enfin nous approchons
de Salonique, ce ne sera pas dommage.
Nous
avons fait 25 km et sommes arrivés dans un pays. Nous sommes campés dans une
plaine, sous la tente, sur la terre humide, nous avons un peu de paille.
Dimanche
19
Ce
matin, il y a du brouillard, le temps est humide, quel triste temps. Repos.
Lundi
20
La
nuit a été assez bonne mais le temps est humide. Il y a encore un brouillard
épais ce matin. Quel triste temps de misère. Dans tout le camp, il y a une boue
épouvantable.
Mardi
21
Cette
nuit, il a plu, quelle boue et quel temps humide, du brouillard sous nos
tentes, la paille pourrit car le sol est détrempé. Voici 8 nuits que nous
sommes dans ce camp.
Mercredi
22
Nous
avons changé de camp car il y avait trop de boue. Voici 4 jours que nous sommes
dans ce camp.
Jeudi
23
Hier
le temps a été froid et ce matin, le temps est couvert ; il va encore
pleuvoir.
Vendredi
24
Les
nuits sont froides mais depuis 2 jours, il fait un beau soleil. Ce soir, il y a
une messe en plein air.
Samedi
25
Voici
3 jours qu’il fait un beau soleil, les nuits sont froides, nous sommes toujours
dans le même camp. Nous devons changer de place et aller à 2 km sur le bord
d’une rivière à côté de village Kjorzine.
Dimanche
26
Nous
avons passé une bonne nuit dans notre nouveau camp. Ce matin à 6 h nous avons
été faire des tranchées à 3 km du camp. Le temps est beau, un beau soleil.
Lundi
27
Nous
allons aujourd’hui faire des tranchées. Nous avons été aidés par des soldats
serbes. Nous avons travaillé ensemble. Il a fait une belle journée.
Mardi
28
La
journée a été splendide. Nous avons été travailler toute la journée à faire des
tranchées.
Mercredi
29
Nous sommes partis ce matin et nous restons la
journée. On a apporté à manger, le lieu est beau, la bise souffle mais le temps
est sec. Les travaux pressent.
Jeudi
30
Nous
partons travailler aux tranchées. Le temps est beau, il fait une belle journée
de soleil.
Vendredi
31
Même
travail qu’hier, nous posons des réseaux. Belle journée.
Samedi
1er janvier 1916.
Ce
matin, le temps a changé. Il pleut, nous devons aller à une prise d’arme. Elle
n’a pas eu lieu à l’occasion du jour de l’an. Nous avons touché 2 oranges, 1
quart de vin, 1 cigare, 3 noix, 1 bout de jambon en plus de l’ordinaire ;
Nous avons eu repos.
Dimanche
2
Nous
sommes partis au travail, comme d’habitude, nous passons des fils de fer.
Lundi
3
Nous
continuons le même travail, il fait une bise froide.
Mardi
4
Nous
faisons des réseaux de fil de fer. Il fait toujours de la bise.
Mercredi
5
Nous
continuons à faire les tranchées et les réseaux. Il fait toujours une bise très
froide.
Jeudi
6
Toujours
le même temps. Nous faisons des réseaux. On mange le repas de 10 h sur place.
Vendredi
7
On
continue toujours notre travail ; Il fait toujours du vent froid.
Samedi
8
Ce
matin le temps est beau. Il y a fait une splendide journée. Nous posons
toujours de réseaux de fil de fer.
Dimanche
9
Nous
sommes allés au travail à 8 h. Il y a fait une splendide journée. Nous posons
les réseaux. Sur le soir il y a plu.
Lundi
10
Ce matin le temps a changé. La bise est
froide. La bise souffle. Le temps change vite.
Mardi
11
Ce
matin le temps a été très beau. Belle journée de soleil. Nous continuons nos
travaux de défense.
Mercredi
12
Le
temps a changé. Ce matin il a gelé blanc très fort et la bise froide est
revenue. Continuons à faire nos réseaux.
Jeudi
13
Toujours
du vent. Nous continuons nos travaux.
Vendredi
14
Ce
matin le temps est nuageux ; le temps est plus calme. Toujours des
réseaux.
Samedi
15
Ce
matin, le temps a changé. Nous avons été surpris de voir de la neige et une bise
froide souffle. Quel triste temps. Nous ne sommes pas allé au travail.
Dimanche
16
Nous
sommes allés au travail. La neige fond. La bise souffle mais le soleil donne.
Lundi
17
Nous
continuons les travaux de réseaux. La journée est belle. La bise souffle moins.
Mardi
18
Il
fait aujourd’hui une belle journée de soleil. Continuation des travaux de
défense.
Mercredi
19
Ce
matin le temps est couvert, la bise souffle. Nous continuons nos réseaux de fil
de fer.
Jeudi
20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31.
Nous
continuons les réseaux et les tranchées.
Mardi
1er février
Cette
nuit un Zeppelin survole Salonique et met le feu à une caserne grecque. Il a
passé sur notre camp. Je l’ai vu mais il était haut. On voyait un objet noir se
glisser dans la nuit. On entendait le bruit du moteur.
Mars,
avril.
Mercredi
3 mai
On
parle de notre départ.
Jeudi
4
Préparatif
au départ.
Vendredi
5
Départ
pour Ali-Hodzalar.
Réveil à 3 h ¼ , départ à 4 h.
et arrivée à Sari-Göll à 2 h par une chaleur étouffante. On en a roté et
beaucoup d’hommes ont calé. Nous avons fait 23 km.
Aussitôt arrivés nous montons
nos tentes. Nous voyons passer des Anglais, des Italiens. Nous sommes à côté de
la gare de Sari-Göll.
Samedi
6
Nous
avons un réveil ce matin à 2 h ½ et nous sommes partis à 3 h. Ce matin il
faisait bon marcher mais le soleil s’est montré et il faisait chaud. Nous
sommes arrivés à Kukutch à 8 h et nous nous sommes
arrêtés pour finir la journée à 10 h du matin à Alexsia à
20 km. Nous avons monté notre camp et demain nous devons avoir repos. Nous
couchons à Alexsia.
Dimanche
7
La
nuit a été bonne. Hier soir des Boches ont survolé notre camp. Ce matin à
7 h un avion nous a lancé une bombe à 300 m de nos tentes.
Lundi
8
Réveil
à 4 h. Nous allons faire des travaux sur les routes. Nous avons été survolé par
2 avions Boches. Les habitants d’Alexsia
évacuent le pays. Il fait beau aujourd’hui. Il a passé aujourd’hui 5 Bulgares
et 3 Russes le soir encore un déserteur bulgare.
Mardi
9
Beau
temps, nous continuons nos travaux sur les routes. L’après-midi nous avons
repos.
Mercredi
10
Nous
sommes partis à 4 h d’Alexsia.
Nous devons faire 20 km à
travers les montagnes et des routes tortueuses. On en rote, les chaleurs nous
assomment. Enfin à midi nous arrivons à Popovo au sommet d’une montagne en face
le lac Doiran et nous voyons très bien la ville de Doiran.
Nous sommes en petits postes
et surveillons la vallée au bas de Doiran.
A 4 h une patrouille de cavaliers
s’est avancé dans le village mais au premier coup de feu a fait demi-tour. Ils
ont 2 blessés ainsi que des chevaux.
Jeudi
11
La
nuit a été calme. Sur notre montagne, nous avons assez bien dormi.
A
midi, nous sommes toujours en position au-dessus du village Popovo. A 4 h nos quittons la montagne où nous
étions postés et nous revenons du côté d’Alexsia et nous campons à 4km.
Nous avons fait une longue marche pour arriver jusqu’ici. Nous arrivons à 10 h
du soir. 15 km.
Vendredi
12
Nous
avons repos aujourd’hui. Nous sommes au milieu d’une plaine campés sous nos
petites tentes. Il n’y a que le 5ème bataillon.
Samedi
13
Ce
matin nous avons eu le réveil à 1 h et nous devons faire 20 km à travers les
montagnes sans routes par des sentiers à travers les rochers. Nous en avons
roté. Enfin nous sommes arrivés à 11 h du matin à Todorovo et nous sommes campés dans les bois sous
nos tentes.
Dimanche
14
Nous
changeons de place à 500 m plus haut. Nous occupons la crête d’une montagne. Il
fait beau temps.
Samedi
15
Nous
avons passé une assez bonne nuit en petits postes au sommet d’une montagne. 5 h
du matin, tout notre dernière section part en reconnaissance sans sac. Nous en
avons roté.
Nous
sommes arrivés à Socolovo et pris position. Nous y avons passé la journée. Nous
avons quitté nos positions à 3 h et sommes allés près de la vallée de Butkova près du village de la gare de Puroy.
Le
16
Nous
partons et arrivons sur une crête en face de Poret dans la vallée de la Butkova. Nous sommes à 60 km de Demirisar qui est à
droite.
Mercredi
17
Nous
sommes au sommet d’une crête en avant poste. Aujourd’hui il pleut quel triste
temps.
Jeudi
18
Nous
faisons toujours des tranchées au sommet de notre montagne. Cet après-midi il a
plu, quel triste temps. Nous sommes toujours assez tranquilles.
Vendredi
19
Nous
faisons des tranchées. Aujourd’hui il pleut, quel triste temps. Calme assez
tranquilles.
Samedi
20
Je
suis de garde depuis hier en petits postes au sommet d’une crête pour 4 jours. Aujourd’hui
il fait beau temps. Toujours tranquilles, nous sommes en face de la gare de
Poret et nous voyons très bien la plaine.
Dimanche
21
Aujourd’hui
il y a repos pour toutes les divisions. Je suis toujours en petits postes en
face de Poret ; Il fait beau dans la journée mais les nuits sont froides.
Tout est assez calme pour le moment.
Lundi
22
La nuit a été bonne. Nous sommes toujours en
petits postes. Tout est assez calme sauf du coté de Doiran où on entend le canon.
Mardi
23
Calme
sur tout le secteur. Il fait chaud dans la journée. Nous sommes toujours aux
avants postes. Il se rend des soldats bulgares tous les jours.
Jeudi
25
Ce
matin j’ai été envoyé en patrouille avec 3 hommes conduire 20 individus grecs
dans un village à 7 km de nos lignes et mis entre les mains du 371ème. Nous
sommes de retour à 1h, on en a roté avec la chaleur.
Vendredi
26
Nous
continuons à faire nos cabanes en feuillage. A 1 h les dernières sections sont
parties pour escorter un convoi jusqu’à la gare de Poroï à 5km de nos lignes.
Il faisait chaud et on en a roté à traverser ces ruisseaux et ces marais.
Samedi
27
Nous
continuons nos cabanes. L’après-midi nous faisons un chemin pour faire passer
des pièces de 75.
Dimanche
28
Cette
nuit il a plu et cette après-midi aussi. Nous recevons l’ordre de nous préparer
à partir et à 5 h nous avons contre-ordre. Il pleut il fait des orages.
Lundi
29
Nous
faisons des tranchées et des chemins tous les jours. Quelques fusillades du
côté de Poroï. Il fait de chaudes journées de soleil.
Mardi
30
Toujours
tranquilles, nous faisons des chemins à travers les bois.
Mercredi
31
Il
fait bon les nuits. Continuons les travaux de chemins, tranchées etc, etc..
Toujours assez tranquilles.
Jeudi
1er juin
Nous
faisons des tranchées de ci, de là. Tout
est assez calme pour le moment.
Vendredi
2
Il
fait bon. Même travail. Les Bulgares ont lancé quelques obus sur les avants
postes de Poroï.
Samedi
3
Nous
continuons nos travaux. Temps beau.
Dimanche
4
Nous
avons repos aujourd’hui. Tout est calme. Il fait beau.
Lundi
5
Il
fait chaud. Nous faisons des tranchées. C’est assez calme.
Mardi
6
Nous
continuons les travaux. Les Bulgares ont tiré des obus sur Poroï.
Mercredi
7
Nous
continuons les travaux de tranchées mais il fait chaud.
8,
9, 10, 11 juin. Nous continuons nos travaux de défense depuis plus d’un mois.
Il fait un soleil de plomb. Degrés de chaleur : 40, 50 ,58 °C.
Le
20 juin
Nous
sommes partis en reconnaissance à Gadnikg et sommes partis à 1h du matin. Nous avons
ramené des xxx et un homme tout nu paraissant fou.
Le
21, 22, 23
Continuons
les travaux de défense.
Le
24
Depuis
4 h du matin, les bulgares arrosent de plus d’un millier d’obus les positions
en avant de Poroï. Jamais ils n’avaient tant tiré d’obus.
Le
25
Toujours
calme.
Le
26
Idem.
Le
27
Les
Bulgares envoient des obus sur un emplacement.
Le
28, 29, 30
RAS
Le
1er juillet
Calme
sur tout le front.
Jusqu’au
31
Forte
chaleur tout juillet : 60, 65 °C.
Le
1er août
Toujours
calme.
Du
2 au 17
Chaleur
forte. Toujours sur les mêmes positions, assez tranquilles.
Le
18
Nous
partons à 3h du matin pour renforcer une attaque sur Poroy. Toute la journée
violent bombardement.
Journée
très chaude. Nous sommes en réserve en face Madnig près de la ligne. A 7 h du
soir nous repartons sans avoir été obligé d’intervenir et nous nous retirons à
nos anciennes positions.
Le
19
Très
calme mais il fait chaud. Nous devons quitter nos emplacements.
Le
20
A 5
h du matin nous quittons nos positions où nous sommes restés 3 mois. Nous
passons à Todorovo et campons à 5 km
plus loin dans les ravins.
Le
21
Nous
travaillons à faire des routes sous la montagne pour le ravitaillement. Il fait
de chaudes journées.
Le
23
Nous
continuons le même travail que la veille.
Le
24
Nous
continuons les travaux.
Le
25
Même
travail. On pensait partir à 5 h du soir. Nous partons à Podorova, nous
marchons jusqu’à 9 h et passons la nuit sous les arbres et le lendemain.
Le
26 à 3 h
du matin nous repartons et arrivons à Sugorb à 7 h du matin par de bien mauvais
chemins. On arrive vannés, esquintés.
Nous
avons repos la journée sous les arbres. Nous sommes repartis à 7 h du soir de
Sudoeb et nous avons gravi la montagne pendant 3 h pour arriver aux positions
que nous devons occuper.
Dimanche
27
La nuit
a été calme dans notre nouvelle position. Les Bulgares occupent les pitons en
face de nous.
Lundi
28
La
nuit toujours calme mais du coté de Doiran
le canon tonne
sans cesse. Il fait très chaud sur notre montagne mais les nuits sont froides.
Mardi
29
Très
calme dans notre secteur mais du côté de Doiran
bombardements.
On dit que nous allons être relevés cette nuit par des Italiens. Les Bulgares
envoient des obus sur nos ravitaillements. A 8 h du soir on me désigne pour
aller en patrouille avec 2 hommes en avant de nos postes et jeter des
proclamations écrites en langue bulgare que les français étaient relevés par
des Italiens etc, etc…
Mercredi
30
La
nuit a été calme. Les Italiens ne sont pas arrivés ce soir pour cette nuit.
A
minuit les Italiens arrivent, ils prennent notre position. Nous quittons cette
montagne à minuit et arrivons à Sergovo.
A 1h
½ nous prenons nos sacs et à 2 h nous partons. Mais quel chemin, que des
pierres on trébuche en marchant cela fatigue.
Nous
traversons plus de rivières. Enfin à 6 h ½ nous arrivons à Todorova. Nous
faisons le jus et à 7 h nous repartons dans les montagnes pour aller au moulin
d’Adzay ; Nous montons au sommet. Il fait très chaud, on en rote, enfin on
arrive à 9 h ½.
Nous
avons fait 25 km pendant la nuit. Nous campons dans nos bois. Nous devons
repartir demain.
Jeudi
31
Vendredi
1 septembre.
Nous repartons à 3 h du matin. Nous marchons tout le matin par de mauvais
chemins et ensuite nous trouvons la nouvelle route et quelle poussière cela fait.
Enfin
nous nous arrêtons à 11 h du matin, nous sommes vannés. Nous campons sur nos
montagnes à 6 km de Sebdgz, nous avons fait 15 km et demain nous repartons.
Samedi
2
Aujourd’hui
nous avons repos. Il a plu cette nuit et fait de l’orage. Nous devons repartir.
Dimanche
3
Nous
sommes repartis ce matin mais en petites étapes, 5 km. Nous campons au bas d’un
ruisseau. Il fait chaud.
Lundi
4
Nous
sommes toujours campés. Aujourd’hui nous avons repos. Il fait chaud le jour
mais les nuits sont froides.
Mardi
5
Nous
avons eu repos toute la journée. Il fait chaud. J’ai eu la fièvre hier.
Mercredi
6
Nous
devons repartir aujourd’hui à 3 h en 3 étapes pour aller à Sari-Göll. A midi je suis évacué, me fait porter malade. Nous continuons
à Cnefsi où nous arrivons à 9 h.
Jeudi
7
Partis
en (… ?) et ensuite à embarquons à Sari-Göll, nous devons arrivés à
Salonique ce soir.
Tout
le long on a bu lait, thé. Nous entrons dans l’hôpital temporaire n°3, tente 14
8ème division le 7 septembre.
J’ai
bien dormi, je peux au moins me reposer car j’en ai besoin.
Vendredi
8
Je
n’ai encore pas passé de visite.
Rentrés
au dépôt le 18 septembre.
Le
19 je suis exempté de service.
Parti
pour la France le 2 janvier 1917. Traversée sur l’André Leboy
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