Carnet de marche du sous-lieutenant de réserve DURAND Jules

du 51ème Régiment d’Artillerie de Nantes,

 

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« Je tiens à votre disposition le carnet de guerre du grand-père de mon épouse, sous-lieutenant de réserve au 51ème régiment d'artillerie, que j'ai recopié avec une photo de lui en uniforme et la fiche extraite du site «mémoire des hommes"; j'aurais aimé mettre des fac-similé de cartes IGN car je cite beaucoup de noms de lieux mais ce n'est pas très facile car je ne maîtrise pas bien la mise en page !

Nous sommes d'accord pour que ce carnet (qui s'arrête 1 an avant le décès de l'auteur, sans que l'on sache pourquoi) soit publié en ligne.

Cordialement.

Pierre Chagnaud (février 2006)

 

 

 

 

Carnet de guerre du sous-lieutenant de réserve DURAND Jules né le 1er juin 1886 à Nantes, incorporé au 51ème Régiment d’Artillerie de Nantes, mort des suites de ses blessures à l’ambulance 4/6 aux baraques Henri Farman à BOUY (Marne) le 2 mars 1916.

 

 

 

 

LE 51e Régiment d’Artillerie était en 1914, l’artillerie divisionnaire de la 21e division d’infanterie.

La 21e DI était composée aussi des 64e, 65e, 93e et 137e régiment d’infanterie.

La 21e DI faisait parti début août 1914 du 11e Corps d’Armée de la 5e armée (puis du 10e C.A.)

 

 

 

 

 

 

Campagne 1914-1915

Marches de la 3ème S.M.I.

Section de Munitions de l’Infanterie

 

 

1er août

 Départ de Paris à 21 heures pour Saint-Nazaire- Foule à la gare d’Orsay.

2 août

Arrivée le matin à Saint-Nazaire- Départ pour Nantes à 14 heures- A 16 h 1/2 mobilisation officielle – le soir visite pour les adieux.

3 août

Départ à 6 heures pour Vannes- Arrivée au camp de Meucon à 13 h ½ ; passé l’après-midi dans les bois n’ayant rien à faire.

4 août

Arrivée d’officiers et des voitures de réquisition.

5 août

Arrivé des premiers hommes- Habillement de ces hommes.

6 août

 Arrivée des hommes et des chevaux.

7, 8, 9, 10 août

Mobilisation, corvées. Le 9 au matin, tout est prêt, exercice de marche, quelques difficultés avec les chevaux pour le démarrage mais ensemble satisfaisant. Le 10 même exercice.

11 août

Départ de Meucon à 19 heures pour l’embarquement à l’arsenal.

12 août

1 heures 1/2 départ du train emportant la 2/3 de la section ; 6 heures départ du train emportant le reliquat sous mon commandement.

Pris un fourgon à l’arsenal ; passage à Nantes à midi ; très grosse chaleur.

 

13 août

Passé à Reims à 17 heures, arrivée à Challerange à 21 heures ; débarquement.

Nota : pendant tout le trajet, il y a eu une très forte chaleur ; à tous les arrêts distribution de boissons, de gâteaux et de fleurs, notamment à Champigny où une magnifique gerbe est offerte avec drapeaux.

A Meaux souvenir donné par Mgr l’Evêque.

Après débarquement à Challerange, je passe la nuit sur un banc de la salle d’attente des 3ème classes.

14 août

Départ à 5 heures de Challerange, passé à St-Morel, Savigny, La Croix au Bois, Toges ; arrivée à Quatre Champs à 14 heures. Très grande chaleur. Couché dans une grange.

15 août

Ordre de partir à midi ; visite le matin du premier « Taube ». Orage, grande pluie ; le départ est retardé par suite du mauvais temps. Couché dans la grange.

16 août

Départ du Quatre Champs à 6 heures. Passé au Chesne, arrivé à La Cassine à midi. Etant de jour l’abreuvoir est marqué par un incident : 4 chevaux montés tombent dans une bourbière ; beaucoup de peines pour les retirer.

Nous sommes logés au château construit par Mazarin mais à 16 heures l’ordre de départ est donné. Nous partons à 16 h1/2 et nous arrivons de nuit à 21 h1/2 à Chêmery. Couché dans un lit.

17 août

Départ de Chêmery à 10 h. arrivée à Cheveuges à 13 h ½ ; couché dans un lit.

18 août

Stationnement à Cheveuges.

19 août

Le matin nous faisons une promenade des chevaux ; le soir ordre de départ à 19 h. passé à Bulson, arrivée à Haraucourt à 22 h ; la route est très accidentée et les chevaux fatiguent. Je suis logé chez le commandant Ravecourt ; très bien reçu et confortablement installé.

20 août

Stationnement à Haraucourt.

21 août

Départ à 17 h ½ passé à Angecourt, arrivé à Remilly à 20 h, couché dans une ferme. Le canon tonne fort du côté de Bouillon

22 août

Départ de Remilly à 14 h ; passé la Meuse sur un pont de chevalets construit par le Génie. Nous traversons Bazeilles où les jeunes filles nous donnent des fleurs, puis Givonne et nous arrivons à La Chapelle à 19 h ; nous sommes à 3 kilom. de la frontière belge.

   Passé la nuit dans un lit.

23 août

Départ de La Chapelle à 5 h ½ ; nous reprenons la même route que la veille. Au passage à niveau de Bazeilles vu un train de blessés, le canon tonne toujours ; nous passons la Meuse sur le pont de chevalets et nous fermons la gare à Remilly, mais aussitôt nous recevons l’ordre d’atteler pour retourner à Harancourt.

  Nous apprenons la fuite du 17ème corps ; on parle de grandes pertes au 116ème et au 118ème et nous sommes tous consternés de revenir en arrière. A 17h nous recevons l’ordre d’aller ravitailler à 1km au nord de Bouillon ; nous allons passer la frontière, quelle joie ! Les hommes ne mangent même pas leur soupe pour partir plus vite.

A 17h20 nous partons par Angecourt, Remilly, le pont de chevalets sur la Meuse, La Moncelle, Givonne et la Chapelle où nous arrivons à 23h. Il y a beaucoup d’ambulances et un chef d’Etat Major nous donne l’ordre d’arrêter le ravitaillement étant fait.

   A l’horizon vers le nord il y a des lueurs d’incendie. Nous couchons à trois dans un fourgon.

24 août

A 3 heures ordre de revenir en arrière sans perdre de temps. A 3 h1/2 nous partons au trot pour Givonne, Sedan, Frémois, Chauvray et nous arrivons à 10 h à Vendresse (étape de plus de 30 km ; chaleur)

Nous sommes logés chez Mr Gérardin brasseur et j’y occupe une des chambres habitées par De Moltke en 1870. Nous sommes reçus royalement et nous nous étonnons d’être seuls à Vendresse mais à 15 h les autres sections arrivent.

25 août

Nous stationnons à Vendresse ; le soir des troupes arrivent ainsi qu’une partie de l’état major. On nous fait changer de chambre 2 fois, finalement on fait un lit dans le salon.

   Femmes et enfants fuyant la frontière, beaucoup de belges ; quel spectacle navrant ! Les hommes partagent leurs repas avec les réfugiés, beaucoup cèdent leur lit et les granges.

   On fait sauter les ponts sur la Meuse pour retarder la marche des allemands qui arrivent à Sedan.

26 août

Départ de Vendresse à 10h 45, passé à La Cassine arrivé à Sauville à 13h ½, formé le parc. Je vais dans une ferme où je suis logé et pendant ce temps l’ordre de partir est arrivé. Je suis prévenu après et je rejoins la colonne. Vu dans la direction de Sedan de gros nuages de fumée. Nous passons à Louvergny, Marquigny et nous arrivons à La Sabotterie à 16h ½. La était très accidentée, abreuvoir à 2km. Temps orageux. Forte pluie pendant la nuit. Lit formé avec de la paille et des draps.

27 août

Départ de la Sabotterie à 11 heures, passé à Sauville près du Chesne, à La Cassine, à Malmy ; arrivé à Chêmery à 18h. Ordre de se tenir prêt à ravitailler. Des troupes viennent se reposer, vu beaucoup de blessés et les premiers prisonniers. La moitié de la section reste attelée, je couche sur les fourragères.

28 août

A 6 heures je pars en reconnaissance avec 3 brigadiers. Dans les bois je trouve le 64ème et le 65ème, à Bulson le 28 ème artillerie puis le 116 ème , le 51ème artillerie, le 137ème et le 93ème. Assuré les liaisons, assisté aux félicitations d’un soldat du 137ème  ayant pris un drapeau et un commencement de la bataille.

   Le 17ème corps a encore lâché, on tire vers Haraucourt. Vu les ambulances et les premiers blessés de la journée. Rentré à Chêmery à 8h ½ - 9 h. Trouvé un revolver d’officier. Nous allons à 1500 m en arrière de Chêmery notre position précédente étant dangereuse.

   Défilé ininterrompu de blessés, arrivée de renforts la bataille se poursuit, on voit sur la crête les éclatements allemands.

   A 19 h départ pour Vendresse, 3 convois dans le même sens ; accident au chariot à pétards (peu grave) arrivée à Vendresse à 23 h seulement. Couché sous la fourragère.

29 août

Parti de Vendresse à 5 h ½, passé à Omont, Chagny, La Sabotterie, Tourteron, arrivé à Ecordal à 13 h. Jusqu’à Chagny la route était encombrée par des troupes se repliant (64°-65°-116°-93° et 137°) il y avait aussi beaucoup de canons. Des troupes du 2° corps allaient vers l’ennemi. Vu mon ancien ordonnance du 51ème à La Sabotterie. Grande chaleur. Il y avait jusqu’à 10 fantassins de montés sur nos coffres.

   A 19 h nous recevons l’ordre de quitter Ecordal. Au même instant des coups de feu dans le bois voisin ; des uhlans sont paraît-il signalés. Nous partons à 19 h ¼  par Charbogne où nous voyons des troupes noires puis nous arrivons à Attigny seulement le 30 à 1 h du matin.

   Cette étape d’une vingtaine de kilomètres est longue comme durée car la marche est à chaque instant retardée par des convois de munitions et de réfugiés qui encombrent la route.

   A Attigny c’est la panique.

30 août

Couché sur la terre à 1 h ½ , ordre de départ à 7 h pour Ste Vaubourg ; nous faisons ½  tour près de la chapelle située au sud-est du village et nous prenons la route de Saulces Champenoise ; nous arrivons à Pauvres à 13 h en ayant souffert de la chaleur et de la poussière.

   On dit que le général PAU arrive avec 3 corps d’armée ; les gens reprennent confiance.

   A 18 heures nous quittons Pauvres ; nous passons à Bignicourt et nous arrivons à La Neuville en Tourne à Fuy à 23 heures. (marche de nuit merveilleuse et agréable). Couché dans le fourgon.

31 août

Départ de la Neuville à 6 h ½ , passé à Bethenville, à St Hilaire le Petit, arrivé à Dontrien à 11 heures.

   Ruisseau où beaucoup se baignent. L’après midi je suis un peu indisposé. Le soir bon lit ; le canon diminue mais des émigrés arrivent toujours.

1er septembre

On nous annonce un grand succès près de St Quentin. Le 50ème qui est avec nous reçoit l’ordre de se porter 25 km en avant. Grande joie au parc.

A 10h 45 nous partons pour St Hilaire le Grand où paraît-il les 11ème et 17ème corps doivent se reformer au camp de Chalons. Nous arrivons à St Hilaire le Grand à 13 h ¼ mais peu après nous recevons l’ordre de partir à 20 h pour Thuisy.

   Très belle marche de nuit mais le froid se fait un peu sentir à partir de minuit. Signaux lumineux.

2 septembre

Arrivé à Thuisy à 3 h ½ , couché dans un fourgon. A6 heures nous partons pour Les Grandes Loges en passant par Sept Saulx  et les Petites Loges. Nous arrivons aux Grandes Loges à 12h ½ . Couché dans le fourgon.

3 septembre

Départ des Grandes Loges à 3 heures ; passé à Juvigny sur Marne, Matougues, arrivé à St Pierre aux Oies à 11h.

   Départ à 17 h 45 pour St Mard Les Rouffy en passant par Thibie. Nous arrivons à St Mard vers 20 h. Couché dans le fourgon. Toute la nuit défilé de troupes et de blessés.

4 septembre

Départ à 6 h ½ , passé à Vouzy- Trécon, arrivé à Clamanges à 12 h. A 20 h départ par Normée, arrivée à Connantray à 23 heures (hôtel : le fourgon).

5 septembre

Départ de Connantray à 6 h pour Arcis sur Aube en passant par Semoine , Herbiser. Arrivé à Arcis sur Aube à 14 heures (étape de plus de 30 km). Nous sommes très bien reçus et le soir nous couchons dans un lit confortable.

6 septembre

Départ à 5 h ½ , passé à Allibaudières, Champfleury, arrivé à Salvy à 10 h ½ . En cours de route vu des prisonniers. A 2 km de Salon on signale une patrouille de uhlans, nous prenons nos dispositions de combat mais c’étaient des gendarmes français qui étaient signalés comme uhlans (rire général).

   Départ de Salon à 20 h pour Gourgançon où nous arrivons à 22 h. En route nous rencontrons beaucoup de blessés.

7 septembre

Départ à 7h ½ pour Euvy où nous arrivons à 8 h ½ . Ordre de ravitaillement ; 8 caissons partent avec le Lt Bernard pour Connantray et La Fère Champenoise. La canonnade est très violente, il fait très chaud.

   Le 33ème d’artillerie et des troupes venant de Lorraine passent.

   Défilé ininterrompu de blessés. Couché sous le fourgon.

8 septembre

A 3 heures nous sommes réveillés par une forte canonnade. Lueurs des projecteurs, bombes éclairantes, crépitements des mitrailleuses. A 16 heures des troupes se replient ; des avant-trains du 35 arrivent au galop en annonçant qu’un groupe de 3 batteries vient d’être surpris et se trouve prisonnier. Le Lt Bernard arrive avec 5 caissons vides et 3 pleins, un cheval a été blessé ; un gendarme qui courait avec lui a été tué.

   Les batteries prennent position près de nous aussi nous rétrogradons sur Gourgançon. Un avion nous lance des bombes qui ne font aucun mal. Les éclatements des obus arrivent à 500 m en avant de nous. Nous suivons d’une crête la bataille où nous voyons sur un front de 25 à 30 km les éclatements des canons français et allemands.

   Nous pensons ensuite bivouaquer à Champfleury, les chevaux restant garnis.

A 10h nous recevons l’ordre de nous reporter sur Plancy ; nous continuerons sur Viapres le Grand et nous arrivons à Premier-Fait vers 13 h ½ . Lit en paille.

10 septembre

Départ à 16 h ½ pour Plancy sur Aube où nous arrivons à 18h ½.

   Les allemand reculent ; nous dînons dans un hôtel et le soir j’ai un lit et lumière électrique dans ma chambre.

11 septembre

Départ à 10 h pour Mailly en passant par Champfleury, Salon, Gourgançon et Semoines.

   A Salon nous voyons les premières tranchées et la 1ère tombe française. A Gourgançon il n’y a plus que des ruines, à Semoines quelques maisons sont encore intactes.

   Nous arrivons à Mailly vers 16h ; ce bourg a été occupé 3 heures par les allemands beaucoup de maisons sont démolis, les décombres fument encore. Pluie torrentielle.

   Nombreux cadavres de bouteilles. La victoire de la Marne se confirme.

12 septembre

Défilé des blessés allemands. Visite de l’église à moitié démolie par les obus.

   Départ de Mailly à 12 heures ; passé à Poivres Ste Suzanne, à Soudé Ste Croix qui était occupé le matin même par les boches, à Vatry, à Nuisement sur Coole et nous arrivons en nuit noire sous une pluie violente à 20 h à Ecury sur Coole.

13 septembre

Après une nuit passée chez des gens qui semblaient regretter le départ des allemands, nous quittons Ecury à 11 heures ; nous traversons Chalons sur Marne qui n’a pas souffert mais où ne reste qu’un petit nombre d’habitants ; nous prenons la route de Sedan ; nous passons à St Etienne au Temple et nous allons cantonner à la Ferme de Cuperly ; il pleut et il n’y a presque pas de paille.

14 septembre

A 3 h canonnade intense ; à 4h ordre de se tenir prêt à partir. Nous restons jusqu’à 16 h sous la pluie et à ce moment nous rétrogradons pour St Etienne au Temple et à la ferme de la Chauviserie près de l’Epine où nous arrivons à 18h1/2.

15 septembre

Nous avons passé la nuit sur la paille entouré d’odeurs provenant de viande en décomposition. A 7h nous allons cantonner à 1km au nord de St Etienne au Temple, le village étant presque complètement détruit. La pluie commence à 11h et ne s’arrête pas un instant. Nous couchons dans le fourgon et les hommes sous les voitures.

A 23h1/2 coups de canon, fusées, projecteurs etc…jusqu’à 2 h du matin.

16 septembre

Resté à la même position jusqu’à 16h où nous nous décidons à aller dans St Etienne du Temple. Nous sommes dans une maison abandonnée : pendant notre dîner les propriétaires reviennent sans pain sans rien ; une des filles va voir la maison mais il ne reste que les murs.

17 septembre

Resté à St Etienne du Temple ; toujours de la pluie.

18 septembre

Départ à 6h pour Chalons sur Marne ; passé ensuite à Juvigny, à Condé sur Marne, à Tours sur Marne, Bisseul et Avenay où nous arrivons à 15h. Nous sommes au moulin. Bon lit.

19 septembre

Nous restons à Avenay ; le Capitaine Simon quitte la 3ème S.M.I. pour passer à la 8ème batterie.

   A 17h30 départ de 12 attelages pour Chalons où nous allons chercher 4 canons et 2 caissons.

20 septembre

Nous sommes toujours à Avenay. Nous apprenons que les boches bombardent Reims. On entend les gros canons. Défilé des gendarmes assurant la sécurité du Général JOFFRE.

21 septembre

Nous restons à Avenay.

A 19h ordre de départ pour Vandières sous Chatillon en passant par Ay, Dizy-Magenta, Cumières, Damery, Reuil sur Marne.

   La nuit est très noire et je souffre beaucoup du sommeil ; nous arrivons à Vandières à 3 h ½  et bien qu’il y ait un lit à 500m je reste sur la paille.

22 septembre

Départ à 11h ½  pour Mont St Père en passant par Verneuil, Vincelle, Passy, Jaulgorne. Arrivée à Mont St Père à 16h ½ . Route très agréable panorama intéressant. Vestiges des combats livrés sur la route.

   Le pont en fer de Mont St Père a sauté par les mines, il est remplacé par une passerelle. A côté tombes de 20 soldats, 2 femmes belges et 2 enfants tués par les balles.

23 septembre

Après une très bonne nuit dans un bon lit départ à 9h 20 pour Epieds, Bézu, Grisolles, Neuilly St Front, Chouy et les Vallées du Nadon où nous arrivons à la nuit à 17 h..

   Rencontré en route beaucoup d’anglais.

On entend le canon très distinctement.

24 septembre

Nous sommes reçus chez de très braves gens ayant 12 enfants. Nous quittons les Vallées du Nadon à 12h15 ; nous passons à Louâtre et nous arrivons à Villers Hélon (ou Villers Ellon) à 14h ½.

   La nuit on entend assez près le canon et la fusillade.

25 septembre

Départ à 6h, passé à Louâtre-Corcy ; Villers-Cotterets, Vez (beau château), Fresnoy, Gilocourt, arrivé à Béthisy St Pierre à 16 h ½.

   Route merveilleuse, partie en forêt.

   Nous sommes très bien reçu chez un fabricant de sièges.

26 septembre

Départ à 7 h, passé à Pont Ste Maxence (où le pont de pierre a été miné et se trouve en ruines), pont de bateaux sur l’Oise, passé à Blincourt, arrivé à Bailleul le Soc à 16 h ¼.

27 septembre

Départ à 6 h ½ , passé à St Just en Chaussée, à Crevecoeur le Petit, à Royaucourt, à Mesnil St Georges, à Framicourt, à Bouilloncourt, arrivé à Hargicourt à 18 h ½ .

28 septembre

Départ à 8 h 15 pour Moreuil (où nous voyons des canons pris aux allemands), à Thennes, à Cachy, arrivé à Gentelle à 14 h ¼.

29 septembre

Départ à 12 h 45 de Gentelle, passé à Cachy, à Fouilloy, à Corbie, arrivé à Bonnay à 15 h ; vu des blessés venant d’Albert.

30 septembre

Passé la journée à Bonnay.

1er octobre 1914

Resté à Bonnay.

2 octobre

Départ à 6 h, passé à Franvillers, arrivé à Contay à 9 heures.

3, 4, 5 octobre

- ---Contay---

6 octobre

Départ à 3 h pour Varenne, ravitaillement à Bouzincourt, Martinsart, Albert, Dernancourt, Senlis ; rentré à 18 h à Varennes.

7 octobre

A minuit nouvelle reconnaissance et ravitaillement. Pendant la nuit je vais à Hédauville, à Englebelmer, , Mesnil, ,Martinsart et Autheville ;

   Quelques balles sifflent à nos oreilles ; aussitôt ravitaillement retour à Varennes à midi.

   Départ à 15 h pour Bouzincourt, passé à Senlis, à Warloy Baillon ; retour à Contay à 22 heures.

Du 8 au 12 octobre

Contay------

13 octobre

Ravitaillement à Pont Noyelles

14 octobre

Voyage à Amiens

15 octobre

Promenade le matin à Albert ; photographié près d’une batterie.

18 octobre

Les…….passent l’après-midi ; promenade à Albert.

23 octobre

Voyage à Amiens.

Du 27 au 30 octobre

-……….Contay…….

1er novembre

Ravitaillement à Warloy et à Mailly-Mallet.

3 novembre

Retour du capitaine Simon.

5 novembre

Ravitaillement à Pont Noyelles.

Du 6 au 23 novembre

Contay.

24 novembre

Ma nomination de lieutenant me parvient.

27 novembre

Corvée à Amiens.

28 novembre

Retour d’Amiens à 10h.

3 décembre 1914

Ravitaillement à Louvencourt.

4 décembre

Contay.

5 décembre

A 20 h banquet de la Ste Barbe au château de Vadencourt.

14 décembre

Ravitaillement à Louvencourt.

16 décembre

Ravitaillement à Warloy-Baillon.

18 décembre

Ravitaillement à Martinsart, Albert, Méaulte ; passé la nuit à Bouzincourt.

23 décembre

Contay ; ravitaillement à Louvincourt ; départ du capitaine Simon.

24 décembre 1914

Messe de minuit en musique suivie du réveillon.

28 décembre

Ravitaillement à Louvencourt.

1er janvier 1915

Réception le matin.

2 janvier

Ravitaillement à Louvencourt.

5 janvier

Départ à 9 h pour Amiens

Retour à Contay avec Alice

8 janvier

Ravitaillement à Bouzincourt

11 et 12 janvier

Contay.

13 janvier

Départ d’Alice *; allé à Amiens.

18 janvier

Ravitaillement par neige à Albert.(Somme)

 

 

 

Fin du Carnet

 

 

 

 

 

 

 Là s’arrête le récit de guerre du Lieutenant Jules Durand qui décèdera

 

14 mois plus tard., le 2 mars 1916 à BOUY (Marne).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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