« Je vous envoie
le récit d’un grand oncle tombé pour la France le 24 septembre 1914,
probablement à Vingré et peut-être à Confrécourt. J’ai transcris ce récit en
respectant scrupuleusement les mots, la ponctuation, malgré les difficultés de
lecture. Quelques fautes d’orthographe ont été corrigées pour la compréhension
du texte.
J’ai dû m’aider d’une
loupe pour relire ce texte écrit sur papier d’écolier jauni par tant d’années
et comportant quelques mots effacés. Félicitations pour votre travail qui me
passionne. »
Bien sincèrement à vous, JP (déc. 2005)
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Le 47e
Bataillon de Chasseurs Alpins fait parti en août 1914 de la 65e
Division d’Infanterie de réserve, mobilisée dans la 15e Région
Militaire. Elle comprenait :
129e brigade: 311e et 312e régiments d’infanterie; 46e, 64e et 67e bataillons de chasseurs.
130e brigade: 203e et 341e régiments d’infanterie; 47e et 63e bataillons de chasseurs.
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Début du carnet
2 août départ de Colomars arrivée à Draguignan à 8 heures du soir.
Du 2 au 10 août au Dépôt 11e Cie. Le 10 versé au 47me 9 Cie.
Le 23 août, départ de Draguignan pour Epinal en chemin de fer. Arrivé le 25
après 60 heures de train. Débarquement. Une
étape de 6 kmètres pour aller à Igney d'où arrivé à 3
h.1/2. Repas. Ordre subit de départ.
Embarquement à 6 heures par chemin de fer pour Amiens. Jolis paysage passage à
Reims, Soissons, Chalons etc... Le parcours de Draguignan à Epinal grande manifestation de habitants de Tarascon, Avignon, Valence,
Lyon, Agray .
Arrivé à Amiens le
26 à 1 h. du matin 32 heures de voyage.
Le 27 étapes d’Amiens à Boves 8 km.
Le 28 départ de Boves en autobus pour un village des
environs de Péronne 60 km. 4h. de voyage arrivée à 10 h. matin. Débarqué, faire
des tranchées l’ennemi en vue, avançons sur l'ennemi à 3 heures premier contact
avec eux, premiers obus allemands.
40.000 allemands contre 47e, 63e, 64e,
67e, 1e Brie, 500 dragons ; pertes pour 63e et 67 e. Retraite générale jusqu'à Rosières 50 km. de Péronne, arrivé à 3 h . du matin.
Le 29. Départ à 3 h.1/2 en auto
pour St Dié, arrivé à 9 h. étape jusqu'à Jaucourt- sur- Pourniel ( ?) (Somme) cantonné ici.
Le 30 août départ en auto pour Verberie (Oise) 100 km. de parcours,
cantonné ici.
Le 31 au matin tranchées devant la ville pour préparer l’assaut. Les
allemands sont aux environs de Compiègne. Verberie se trouve à 19 km. de
Compiègne. A midi formation de petits postes à l’entrée de Verberie passons la
nuit sur la route.
8 h. soir repas.
Le 1er septembre contact avec les allemands, à partir de 7 h.
Grande canonnade par nos Batteries qui les oblige à se replier. Le soir, contre
attaque allemande ou nous sommes battus, pour manquer d’hommes, 5 milles contre
60 à 70 milles. Nous avons des anglais avec nous. A 7 h. du soir pleine
retraite, nous traversons Meyonville ou les autos nous attendent. Arrivons à
Moisy (Oise) halte de 1 h. à 5 h. du matin. Grande fatigue pour les 4 Bon .
Le 2 nous sommes en route pour un autre cantonnement 3 nuits sans dormir.
A 9h.arrivé à Neuilly (Oise) repos, à 4 h. départ pour Beaumont (Oise). Cantonné à l'église.
Le 3 sept. 6 h. étape direction Paris avec sacs .Cantonnement à 8 h. du
soir. Repas. Poulet gratuit.
Le 4 départ de Fontenay en Parisis en vu de l'ennemi, à 11 h. rentrés
dans la même ville. Ville évacuée par les habitants.
5 septembre 1914. Toujours à Fontenay repas à 9 h. Sommes toujours à l’attente. A
10 h. départ de Fontenay pour Vernans (Oise) couché ici.
Le 6 septembre départ à 3 h. pour rejoindre le 7me Corps.
traversons plusieurs villages à 6 h. halte passage à Merilley (Oise) arrivé à
Bouillancy (Oise) à 3h. nous sommes sur le champ de bataille, prenons part
jusqu ' à 8 h. du soir. Repoussés par nous.
Couchons dehors aux avants postes.
Le 7 7 bre à 3 h. du matin ouverture
du feu par l’artillerie. Grande bataille à notre avantage, beaucoup de perte surtout
blessés, la Cie n’a plus
d’officiers. Vers le soir nous avons
refoulé l’ennemi.
Le 8 7 bre feu à 4 h. du matin par l’artillerie. Sommes
la gauche pour attendre mouvement, à midi nous occupons une position pour
couvrir une retraite de notre infanterie, rentrons à Bouillancy à 8 h. soupe et
café.
Le 9 7 bre 4 h. matin coucher sur l’aile gauche l’artillerie tonne toujours. A 6 h. grand combat, à 7 h.
prenons position au petit poste.
Le 10 7 bre quittons
Bouillancy pour Bergaf ( ?) 8 k.
Faisons grande halte ; à 3 h. on nous annonce les retraites de l’ennemi,
partons pour Chèvreville à 3 k. cantonné ici, repas à 6 h.
Le 11 7 bre départ à 4 h. pour….
(Illisible) qui est en pleine retraite, pluie pendant le parcours. Grande
fatigue, arrivons à Villers-Cotterêts (Aisne) jolie ville. Attaqués par les
allemands pendant 12 jours….(illisible).
Après avoir fait 36 k. …. (Illisible).
Le 12 7 bre parcours de
Villers-cotterêts à Vic (Aisne) à 29 k. de Villers. Ralentissons la marche les
allemands aussi battent en retraite nous tire dessus, avons traversé la jolie
forêt de Compiègne ou il y a eu de grandes batailles, continuons toujours les
allemands nous livrent une bataille.
Pluie presque toute la journée. Allons occuper petit poste, une
position allemande toujours grande fatigue , pluie, épuisé, rien mangé depuis 3 jours, allons
coucher à 2 h. du matin, couché tout trempé froid.
Le 13 7 bre départ 4 h. prenons
position dans petit village évacué à peine
par l’ennemi et croyant avoir à faire avec l’ennemi, l’artillerie nous
tire dessus ; avant de pouvoir s’abriter nous avons 35 blessés du Bon.
Toujours rien à manger, quelques pommes de terre commençons à faire la soupe une alerte et il
faut tout abandonner sur place toujours sans dormir.
La bataille continue par l’artillerie l’ennemi se replie vers le
nord. Passons la nuit sur le champ de bataille sous une pluie battante, nous
couchons dans la boue sans manger.
Le 14 7 bre 4 h. du matin
distribution d’un pain, boite de sardines, commençons la bataille l’artillerie
nous fait de nombreux blessés.
Le 15 7 bre nous allons prendre position
sur un mamelon toujours sous la pluie, nous y passons la nuit et de temps en
temps vive fusillade.
Le 16 7 bre 4 h. distribution de
vivre. Avançons en avant des tranchées allemandes, l’artillerie nous tire
dessus nombreux blessés pour les fantassins, les allemands reculent moins vite.
A 4 h. du soir le combat redouble de violence, nous devons rester sur nos
positions l’artillerie ennemi nous bombarde sans répit, aussi nous avons
beaucoup de blessés et assez de morts à mon coté plusieurs blessés. Nous
passons la nuit sous la pluie et sous la mitraille, très fatigué froid et tout
trempé.
Le 17 7 bre matin avançons de 500
mètres dans les tranchées toujours la pluie et le vent froid, sommes à 400
mètres des tranchées allemands bombardées par l’artillerie le soir
À 7 h. quittons les
tranchées pour aller coucher à St Christophe (Aisne), arrivons à 9 h. soupe café couchons tout mouillé.
Le 18 7 bre rassemblement à 5 h.
Formons les faisceaux à St Christophe et attendons des ordres. Pas de nouveau
de toute la journée, nous la passons à remettre en ordre nos effets qui sont
dégoûtant de boue et les fusils qui sont tout rouges, nous passons la nuit au
cantonnement.
Le 19 7 bre Rien de nouveau encore
nous passons la journée au même endroit.
Le 20 7 bre Réveil à 3 h., départ à
3h.1/4 pour chercher une position . La fusillade commence toute la journée nous marchons d' un coté de l' autre
, nous pouvons quitter le sac un
moment et toujours sous la pluie, le
soir tout mouillé, nous sommes aux avants postes. Nuit de froid et bien malade.
Le 21 7 bre départ à 5 h. nous
marchons en avant quelques kilomètres. Puis nous nous arrêtons pour faire des
tranchées qui continuent toute la nuit, sans toucher du pain depuis 2 jours.
Le 22 7 bre nous occupons les
tranchées qui ne sont qu'à une petite distance de l'ennemi et attendons des ordres.
Le temps s’est un peu remis, il n’a pas plu jusqu'au moment que j’écris c’est à
dire vers les 2 h. d'après-midi, passons la nuit encore dans la tranchée.
Le 23 7 bre départ à 5 h. descente à
Vingré (Aisne) on attend des ordres, aspect terrible, ferme brûlée, patrons
tués chevaux brûlés tout en désordre.
10 h. du matin….
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Il semblerait qu’il y a une erreur sur la fiche, Chaulnes se
trouvant dans la Somme…
Il est tombé sur le plateau de Vingré-Confrécourt, avec 2000
autres chasseurs des 47e, 63e, 64e et 67e bataillon
de Chasseurs.
Voir les combats du plateau de Confrécourt
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