Charles (dit Georges) HOMAND

Soldat mitrailleur, au 169ème régiment d’Infanterie

 

 

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Il parlait souvent de la guerre mais avec horreur, soutenant le livre de Dorgelès « les croix de bois ».

Georges racontait comment les poilus trafiquaient le quart destiné à la gnole en faisant germer des haricots dedans essayant ainsi d’en augmenter le volume. Il disait qu’ils étaient soutenus par le vin dans les tranchées (2 litres de vin par homme et par jour et ¼ de litre d’alcool). Il racontait aussi comment arrivant en tête des troupes qui ont libéré une ville belge, une jeune fille belge lui dit « j’ai juré de me donner au premier soldat français qui nous libérerait » Alors il lui donna un baiser, mais lui échappa bien vite.

 

 

 

Charles Joseph Julien Georges HOMAND dit Georges HOMAND

Né le 23 juin 1898 à Lunéville (54300).

Père : Henri Julien HOMAND

Décédé des suites de maladies contractées lors de 7 années de service militaire dans un régiment d’infanterie de marine, puis de Tirailleurs sénégalais à St Louis.

Mère : Gabrielle Eugénie Vogin

Remariée à Paul Keller le 29/10/1901

 

Merci à Bernard et Françoise, dépositaires du carnet.

 

 

 

 

1. Le premier blessé de la guerre en 1914 ?

 

Georges Homand a été peut être été le premier blessé civil et ceci même avant la déclaration de guerre, comme l’indique Pierre Maire dans son ouvrage « Lunéville pendant la grande guerre 1914-1918 » Nancy Société d’impression typographique 1925.

 

PROVOCATION ENNEMIE : LE BOMBARDEMENT DU 3 AOUT 1914

Lunéville fut bombardée avant la déclaration de guerre : le lundi 3 août 1914, à 17 h. 22, un avion allemand survolait la ville et jetait six bombes. Ce n'est qu'à 18 h. 45 que l'ambassadeur allemand, M. de Schoen, remettait à M. Viviani la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France. Elle était motivée par ce fait que des avions français auraient jeté des obus sur Nuremberg. Cette allégation était fausse; le bourgmestre de cette ville la démentit, tardivement il est vrai, le 3 avril 1916.

Par cet acte, le gouvernement allemand commettait une violation formelle du droit des gens. La mobilisation ne signifiait pas nécessairement la guerre. La presse parlait de possibilités de médiation et certainement à Lunéville, dans les sphères du commandement militaire, aucun ordre n'avait été donné de canonner des avions allemands dans le cas où il s'en présenterait.

L'aviateur pouvait donc perpétrer son crime. D'ailleurs il se présenta en venant de l'ouest, il lâcha ses bombes en traversant Lunéville, quelques minutes lui suffirent, puis il rentra immédiatement en Allemagne une fois son forfait commis. La direction de son vol montre la perfidie de son acte. A son arrivée sur notre territoire, il franchit la frontière à une altitude élevée sans éveiller de méfiance ; à 2000 mètres on distingue mal les caractéristiques nationales des avions, surtout à cette date où aucun tableau comparatif n'avait été publié. Après s'être avancé, il fait un crochet et vient sur Lunéville de l'intérieur de la France pour surprendre plus sûrement. L'aviateur survola la ville dans le sens de la plus grande largeur ; il ouvrit successivement ses trappes sans se soucier des points de chute. Il manoeuvra dans l'intention d'atteindre l'agglomération la plus dense, sans aucune précision d'objectif militaire.

 

Ceux de nos concitoyens qui croyaient encore au maintien de la paix n'eurent désormais plus aucun espoir. Ils acquirent une autre certitude c'est que les avions étaient dangereux ; ceux-ci ne se bornaient pas, comme le prétendaient quelques-uns, à prendre des photographies et à servir d'éclaireurs.

Tous furent convaincus que ces engins semaient les bombes et la mort sans qu'on s'y attende.

Il y eut des dégâts matériels, mais aucune victime. Les points de chute sont assez éloignés les uns des autres, mais en ligne droite. Il convient de les indiquer

La première bombe tomba dans le jardin du capitaine en retraite de Percy, rue Girardet n° 8 ; sur le couvercle on lisait cette inscription Carbonit Schlesbourg.

Une autre, percutante comme la précédente, explosa rue Gaillardot, n° 13, dans un hangar appartenant à M. Adrian, serrurier.

La troisième fit un trou profond dans le pavé de granit à l'intersection des rues de Moncel et du Chaufour, en face du n° 16 et détériora la devanture de la boutique de M. Hocquard, horticulteur. Le quatrième projectile n'éclata pas : il fut le lendemain relevé par M. Braux, adjoint, dans la cour de l'école Urbain, rue Haxo, n° 5.

Le cinquième brisa, à la caserne de Stainville, les vitres et la glace du poste, ainsi que celles du cercle des sous-officiers situé tout près ; la guérite qui se trouvait derrière la porte fut détruite. M. Paul Keller, dont nous reproduisons le témoignage, et son beau-fils, placés à moins de deux mètres du point de chute, échappèrent à la mort par miracle. Enfin le sixième creusa le sable du Champ de Mars à 6o mètres environ du hangar d'aviation Terlin.

 

Tel fut le premier bombardement.

 

Des photographies des points de chute et du projectile non éclaté ont été prises immédiatement et certifiées exactes par le commissaire de police, M. Imbert. Après une enquête administrative, le ministère des Affaires étrangères publia les documents recueillis sur « Le mensonge du 3 août 1914 ». Ils contiennent les renseignements que nous venons de rapporter. Aux pièces annexes se trouvent les déclarations de M. de Percy, de Mme" Adrian, de M. Hocquard, de Mlle Mammosser, directrice de l'Ecole Urbain, de M. Georges Homand et de M. Houot, cantinier.

Ajoutons le témoignage d'un de nos concitoyens, qui n'a pas été entendu : M. Paul Keller, entrepreneur de peinture, rue Banaudon. « Mobilisé comme auxiliaire au 2e bataillon de chasseurs à pied, le lieutenant Vannier, nous dit-il, m'avait chargé de la garde du quartier Stainville. Le 3 août, dans l'après-midi, je remarquai un avion. J'appelai mon beau-fils, M. Homand, qui était venu m'apporter à manger, pour le lui montrer. Au même instant, un choc formidable nous abattit sur le sol. Je perdis connaissance. Le casernier, M. Labbé, me vit tomber et accourut à mon secours.

En revenant à moi, je regardai ma montre; il était exactement 5h. 55 du soir. Mon beau-fils fut renversé aussi et atteint par un éclat à l'omoplate gauche.

Sans perdre de temps, M. Keller se rendit au Château pour prévenir l'autorité militaire. Il est introduit dans la salle de l'état-major par le soldat René Samuel (d'Einville) et, devant les généraux Varan, Lescot et plusieurs officiers supérieurs, il fait le récit de ce qui s'était passé. M. Marcot, greffier de la justice de paix, mobilisé, était présent.

 

Toutes les déclarations concordent, sauf une différence de quelques minutes en ce qui concerne l'heure du bombardement. Tous affirment que c'est avant six heures du soir; que ce soit 17 h. 22, 17 h. 35 ou 17 h. 45, ces légères variations d'heure suivant la montre de chacun ne présentent dans le cas particulier aucun intérêt, puisque la date officielle de la déclaration de guerre est 18 h. 45, le 3 août 1914.

 

En droit international, aucun avion allemand ne pouvait survoler le sol français avant que M. de Schoen ait averti son gouvernement que, conformément aux ordres reçus, sa mission était remplie.

La mauvaise foi du gouvernement de Guillaume II et son entière responsabilité dans le crime ne peuvent être mises en doute.

 

D’autres précisions sont apportées dans l’ouvrage anonyme de 396 pages consacré à l’affaire « Le mensonge du 3 août 1914 Paris Payot 1917 » ; Dans ce livre figure le témoignage de Georges Homand qui indique « il n’y eut aucun accident de personne ». Et pourtant il m’a toujours dit avoir été légèrement blessé.


 

2. Carnet de guerre

 

 

 

 

Georges Homand a été incorporé le 16/04/1917 au 26ème RI, puis au 134, puis au 169 RI

 

 

 

Carnet de route Georges Homand 169 ème régiment d'infanterie C 3 secteur 191 Ce carnet est écrit sur un agenda de 1915, les dates ont été corrigées jour après jour par Georges.

 

DATE

LIEU

TEXTE

26/01/1918

Totainville

Départ de Totainville et Mirecourt pour le DD suis affecté 4ème Cie -169 I secteur 191

09/03/1918

Bertrichamps

allons passer 10 jours à Is/Tille pour faire la police de gare

10/03/1918

Is/Tille

arrivons à 13 heures ; poste merveilleux et peu fatiguant. Beaucoup d'américains

15/03/1918

Is/Tille

Pense beaucoup à Lunéville

17/03/1918

Is/Tille

Arrivée de papa, maman et Léon ; quelques heures ensemble ; joie

22/03/1918

Is/Tille

Retour d'Is/Tille ; les camarades du 158 rejoignent aussitôt front. A quand mon tour ? Passage à Lunéville à 5h43

23/03/1918

Bertrichamps (88)

Les camarades du 169 rejoignent ; reste seul

30/03/1918

Bertrichamps (88)

Quitte Bertrichamps en renfort 3ème B de la 3ème C ; Bonne impression de suite. Quelques 210-50 se font remarquer et nous tuent 3 camarades

31/03/1918

Bertrichamps (88)

C.R.Chasseurs Pâques. Mars me voit arriver aux tranchées 11 mois déjà sont écoulés depuis le jour où j'ai quitté ma famille. Maintenant il faut faire son devoir, être digne de ses ainés. Je vois l'avenir avec confiance et je ne tremblerai pas au danger.

03/04/1918

 

CR Chasseurs

07/04/1918

 

CR Chasseurs ; salve obus 88 19 heures

08/04/1918

 

CR chasseurs ; attendons relève

09/04/1918

Bertrichamps (88)

CR Chasseurs ; relève à 17 heures. Allons coucher à Bertrichamps. CR chasseurs - l'Etoile - 3 sapins - Neuve maisons - Bertrichamps camp # 68

10/04/1918

Bertrichamps (88)

Départ à 5h45 pour Baccarat - St Clément - Laronxe

19/04/1918

Laronxe (54)

Visite d'Alfred Cordier. Exercice général devant off.supérieurs. Vathiménil, StClément Chenevières

21/04/1918

Laronxe (54)

Permission de la journée pour Lunéville. Retour 17h. Visite de Monsieur Bové

22/04/1918

Laronxe (54)

Départ Laronxe vers 5h45 vers Ménil 22 kgs halte 1h pour déjeuner; Assez fatigué St Chément cenevières Manil-Flin  Azerailles Baccarat St Christophe Ménil

23/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Pays assez abîmé par les obus mais entouré de tombes. Trouvons une popote

24/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Temps pluvieux Exercice lancer de grenade ; visite musée abbé de Ménil.

25/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Patrouille. Ménil 376-423-St Benoit la Chipotte-Bru-Ménil. La guerre représentée en toute son horreur comme dans toute notre Lorraine meurtrie. Villages démolis, ruines et tombes. Demande pour T refusée.

26/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Tir à Rambervillers. Ferme de Montplaisir et Rambervillers

27/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Exercices de cadres. Général Gérard. Vois nouveau 75 portatif, intéressant. Soir exercices.

29/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Manœuvre bataillon Ménil-Bru

30/04/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Manœuvre régiment remise à demain, il pleut

01/05/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Manœuvre régiment fatigante

02/05/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Exercice lancer de grenade CF3 marche exercice 10 kms

03/05/1918

Ménil-sur-Belvitte (88)

Quittons Ménil. Ordre reçu à 5h. Départ 10h40. Chaleur torride vers Hadigny les Verrières par Rambervillers

04/05/1918

Hadigny les Verrières (88)

Quittons à 1h30 arrivons à Charmes le soir fatigués à 6h Départ après souper à 9h

05/05/1918

 

Troyes 12h50 - Versailles 22h50 - Il pleut dans notre wagon comme dehors. 2 jours singe et pain. 1 litre vin Brie comte Robert

06/05/1918

Abancourt (60)

Débarquons à 9h à Abancourt.2 jours singe et pain. 1 litre vin 12 kms pour Quincampoix

07/05/1918

Quincampoix (80)

Repos partons demain vers la Somme. Café pain singe. Quelques prix des denrées pain 8 F vin 2,5 F Bière 1 F

08/05/1918

Quincampoix (80)

Départ 5h40. passons à Loignières, Caulières arrivons à Thieulloy l'abbaye 20 kms Remarque que dans la Somme les gens sont peu serviables Vive la Lorraine. Peu de paille pour coucher. Prix des denrées exhorbitant

09/05/1918

Thieulloy l’abbaye (80)

Quittons Thieulloy pour aller à Breilly sur Somme. Etape fatigante et longue de 5h à 15h. Une grande halte 30 kms quitte pour préparer les cantonnements à la CH. Vélo crevé au début fatigué. Logeons dans un château dans vieille étable. Quelques lettres me parviennent

10/05/1918

Breilly sur Somme (80)

Repos. Réveil 7h

11/05/1918

Breilly sur Somme

Exercice matin et soir. Promenade à Ailly

12/05/1918

Breilly sur Somme

Exercice matin et soir. Promenade à Picquigny  Match de  footbal

13/05/1918

Breilly sur Somme

Promenade à Ailly Exercice matin et soir. Promenade Ailly

14/05/1918

Breilly sur Somme

Manœuvre Régiment à Breilly et au Sud dans les forêts

15/05/1918

Breilly sur Somme

Manœuvres régiment de 5h à 17 h Passage de la Somme de St Vaast à Picquigny. Soir tirs indirects de 14h à 17h

16/05/1918

Breilly sur Somme

Exercice

17/05/1918

Breilly sur Somme

Manœuvre de bataillon Ailly - St Sauveur - St Vaast

18/05/1918

Breilly sur Somme

Manœuvre de division

19/05/1918

Breilly sur Somme

Apprenons départ pour demain. Promenade Ailly

20/05/1918

Breilly sur Somme

Quittons Breilly à 6h du matin en camions automobiles. Réveil à 2h passons à Picquigny Poix Marseille (en Beauvaisis) Crévecoeur Breteuil Paillart. Arrivons fatigués et pleins de poussière obus de 130  une trentaine toute la nuit bombes d'avions. Chaleur torride

21/05/1918

Paillart (60)

Paillard campement dehors coupe des cheveux tondeuse

22/05/1918

Paillart (60)

 

23/05/1918

Paillart (60)

 

24/05/1918

Paillart (60)

 

25/05/1918

Paillart (60)

Exercice matin. Soir remplissage des bandes (?)

26/05/1918

Paillart (60)

Quittons Paillart pour Oresmaux 6h matin 16 kms sans fatigue   Hallivillers (80), Essertaux, Rossignol, Oresmaux (80)

27/05/1918

Oresmaux (80)

matin repos; Soir exercice tanks

28/05/1918

Oresmaux

Je songe au pays à ma famille à tout ce qui m'est cher. Je trouve la séparation dure et cruelle surtout avec les événements nouveaux

29/05/1918

Oresmaux

Nous quittons probablement demain; pour où ? Je me le demande souvent

30/05/1918

Oresmaux

Quittons Oresmaux à 7h du matin en autos Passons à Breteuil, Essertaux, Compiègne, St Sauveur environ 120 kms arrivons à  5h soir. Trouve un lit gens assez aimables gentils. Compiègne ville jolie genre Nancy mais blessée par les bombes; Evacuée. Magnifique forêt

31/05/1918

Compiègne - St Sauveur (60)

Réveil à 2h partons à 4h Arrivons au château du Faimont  (Oise) on ne sait où sont les ennemis; A 13h arrive l'ordre qu'il faut attaquer; A 14h ordre remis départ avec tout le matériel vers la rotonde où l'on embarque vers Villers Cotterets. Les habitants abandonnent tout

01/06/1918

 

 

02/06/1918

Fleury (02)

Embarquons en autos. Traversons Pierrefonds arrivons à Villers Cotterets (02) à 2h du matin. Logeons dans une villa  couche dans un lit. Départ à 9h en position à 2 kms Fleury. Ensuite ferme abandonnée où les poules lapins bétail errent dans les prés. Ensuite 1,5 kms en avant, 5 kms à gauche et à droite on ne sait. A 9h partons sous obus de 105 qui tombent dans le ravin de Fleury

03/06/1918

Fleury (02)

De minuit à 3h alerte prêts au combat. A 4 h la fusillade commence, les autos passent 105 ; songe à la famille A 6h obligés changer d'emplacement, un obus éclate 2 m derrière moi

Journée pleine d'émotions terribles pour moi. Obus 150 éclatent près ce matin suis très fatigué. Creusons une niche en forêt. 130 de minuit à 3h

04/06/1918

Fleury (02)

Rien de changé. Cafard noir je pleurerais volontiers gosse que je suis

05/06/1918

Fleury (02)

Descendons de ligne, liaison sous les obus dès le matin; Arrivons à Fleury nous installons en cave très bien (relativement) gaz nouveau ressenti. Obus de 105

06/06/1918

Fleury (02)

Dans cave obus de 150 éclatent près emportant un autre encore la Providence  qui m'a sauvé. Je remercie Dieu qui me protège. Colis de Germaine qui est bien gentille de penser à moi

07/06/1918

Fleury (02)

une lettre de maman chérie, un colis de papa, lettre de Germaine, qu'il est doux de recevoir quelque chose de chez soi

08/06/1918

Fleury (02)

Anniversaire de Marie, je songe à elle comme à mes chers parents

09/06/1918

Fleury (02)

Vais au service funèbre et à la messe à 9h30 près du pont Fleury. Reviens bien triste. Dimanche bien triste quelques parties de cartes. Un mandat de papa

10/06/1918

 

Situation inchangée. Quelques obus tombent dans les environs. Je crois que demain nous montons de nouveau en ligne. On ramène un prisonnier

11/06/1918

 

Couchons maisonnette près du pont. Obus. Allons sous le pont

12/06/1918

 

Déménageons. Allons à la ferme. Creusons tranchée

13/06/1918

PC ferme brulée

PC ferme brulée. Ordre à transmettre Obus gaz

14/06/1918

PC ferme brulée

Suis allé cueillir une gamelle de fraises ordre du capitaine. Peu amusant et dangereux. Ordres toute la journée à transmettre. Obus gaz

15/06/1918

PC ferme brulée

Relève du 1er bataillon

16/06/1918

PC Tenaille

Vais à la messe

17/06/1918

PC Tenaille

 

18/06/1918

PC Tenaille

Vais en ligne 3 fois dans la journée

19/06/1918

PC Tenaille

vais en ligne. Pluie dès 4h matin

20/06/1918

PC Tenaille

violent barrage. Me trouve dans l'axe en revenant de porter un ordre. Remercie le ravin

21/06/1918

PC Tenaille

 

22/06/1918

PC Tenaille

Bombardement

23/06/1918

PC Tenaille

Bombardement

24/06/1918

PC Tenaille

 

25/06/1918

PC maison brûlée

Arrivons après longue relève à notre ancien emplacement, mais trouvons mauvais gourbi

26/06/1918

PC maison brûlée

assez tranquilles ici. Travaillons à l’installation gourbi

27/06/1918

PC maison brûlée

Bombardement le soir par avions en tir direct

28/06/1918

PC maison brûlée

Beau temps, combats d'avions 4 boches descendus. Bombardements le soir par avions boches. Vais au PC 2 B très bien installés

29/06/1918

PC maison brûlée

Vais travailler PC pont fleury

30/06/1918

PC maison brûlée

Quittons PC maison brûlée. Allons ravin  Pont fleury. Construisons abris

01/07/1918

PC Pont Fleury

 

02/07/1918

PC Pont Fleury

 

03/07/1918

PC ravin Fleury

avions boches ; vais 1erB PC

04/07/1918

PC ravin Fleury

journée tranquille ;: quelques avions. Mais à 21h alerte. Vais avec adj. Gilles au cornillard poste d'alerte.

05/07/1918

PC ravin Fleury

remontons en ligne ; quittons à 16 h pour aller au PC Tenaille. Des alertes à 21h.

06/07/1918

 

Construisons un abri Paillas, Laffitte et moi. Suis fatigué.

07/07/1918

 

Violent barrage à 4 heures vers PC et échelon (?). Obus toute la journée

08/07/1918

PC tenaille

PC Tenaille

09/07/1918

PC tenaille

PC Tenaille

10/07/1918

 

Quittons PC Tenaille; Attaquons. Avançons vers St Paul où on installe PC. Quelques prisonniers arrivent. Proposition pour citation.

11/07/1918

 

Je viens de passer une nuit tragique dans la ferme du château de Corcy (02). Les boches dans un violent barrage ont incendié cette ferme. Nous sommes dans la cave et jusqu'au matin la maison brûle au-dessus de nous et les obus éclatent de toute part. Quelle horreur.

12/07/1918

 

Nous quittons la ferme fumante visitons Corcy. Quelques coups de canon. Soir vais porter la soupe à la ferme St Paul. A peine arrivé violent barrage 1/2 h Retour pas gymnastique au PC

13/07/1918

PC Grande Ramée

Vais relever Gilles à Corcy sous artilleries. Faisons plusieurs voyages.

14/07/1918

 

Violent bombardement ce matin. Contre attaque allemande. Beaucoup de blessés. Cette nuit suis allé piloter un peloton de sénégalais mitrailleurs en ligne.

15/07/1918

PC grande ramée

Vais en ligne grotte PC St Paul. Obus de 150. Evacuation ce matin de Paillas, Gilles, etc. Suis seul à la liaison.

16/07/1918

PC grande ramée

Vais en ligne suis seul à la liaison

17/07/1918

 

Enfin la relève annonce t on

18/07/1918

 

Alerte à 3h. Attaque à 4h35. En avant les boches reculent. A 6h du soir passons à Villers-Hélon (02), front à 11 kms. Moral relevé. Vive la France

19/07/1918

Villers-Hélon (02)

Couchons en avant de Villers Hélon. Ce matin réveil à 5 heures par obus fusants. Les renforts passent, l'attaque reprend appuyée par des tanks des obus sur Villers. La relève. Enfin les sections partent à travers les blés et je rentre avec le lieutenant. Malheureusement nous prenons pas mal de gaz

20/07/1918

Corcy (02)

Nous installons dans le bois Madame. Alerte le soir à 11h mais nous embarquons.(60) Nuit passée à côté de batterie de 1554. mettez du coton dans vos oreilles.

21/07/1918

 

En route pour l'arrière en auto. Passage de blessés, d'américains. Arrivons à Sacy le Petit

22/07/1918

Sacy le petit (60)

Nettoyage des effets. On respire

23/07/1918

Sacy le petit

Vais à la messe

24/07/1918

Sacy le petit

la gorge irritée des gaz. Vais au service funèbre à Le Grandfresnoy

25/07/1918

Sacy le petit

 

26/07/1918

Sacy le petit

 

27/07/1918

Sacy le petit

Exercice

28/07/1918

Sacy le petit

Revue à 10h par le commandant

29/07/1918

Sacy le petit

Quittons Grandfresnoy (60) vers 3h du soir. Arrivons Retheuil (02) vers 7h. Pays évacué complètement. Bien logés. Pas d'avions

30/07/1918

Retheuil (02)

Apprenons départ en ligne pour demain. Attichy

31/07/1918

Attichy (60)

Quittons vers 6h du soir Arrivons en ligne vers 1h du matin. Relève faite sous les bombes d'avion. Pas de mal heureusement.  Trouvons une belle sape en arrivant.

01/08/1918

 

En ligne. Secteur calme aujourd'hui. Beaucoup d'avions ennemis vers l'arrière.

02/08/1918

 

En ligne. PC calme

03/08/1918

 

calme

04/08/1918

 

calme

05/08/1918

 

Calme. Ecris longues lettres aux amis et famille

06/08/1918

 

Calme. Garde aux gaz

07/08/1918

 

calme

08/08/1918

 

Calme. Violente canonade à gauche assez loin. Il parait que la 1ère armée anglaise attaque ce matin

09/08/1918

 

calme

10/08/1918

 

Toujours calme à part quelques rafales

11/08/1918

 

PC

12/08/1918

 

Descendons lignes

13/08/1918

 

Allons coucher à Attichy. Bombardements

14/08/1918

Bitry (60)

vais à St Pierre lès Bitry. Rafales violentes

15/08/1918

Bitry

 

16/08/1918

Bitry

 

17/08/1918

Bitry

PC côte Ste Thérèse. Vais en ligne. Mort de Truchy

18/08/1918

 

PC grotte St Victor à 3h violent tir français. Beauté de la guerre dans toute son horreur. Descends TC à Attichy

 

 

 

 

 

FIN DU CARNET

Sur une feuille à part

 

17/08/1918

23/08/1918

Autrèches

05/09/1918

 

Soissons moulin de Laffois

14/09/1918

17/09/1918

Attaque

19/09/1918

 

Relève

29/09/1918

11/10/1918

Marais Ypres

 

 

 

 

 

 

 

Une synthèse des opérations de juillet 1918 a été écrite sur un petit carnet à part :

« Le 1er juillet la Cie occupe le secteur de Corcy (Aisne). Au18 elle occupe le front devant Louâtre (Aisne), au 20 elle embarque en camions et cantonne à Sacy le Petit (Oise), au 29 elle embarque en camions et cantonne à Retheuil (Oise), au 31 elle prend le secteur d’Autrèches (Oise, ligne des Réduits). Elle cantonne après attaque à Attichy la nuit du 12 au 13 août.

Le 13 août la Cie est à Bitry, le 16 à Bitry.

Le 17 elle occupe la ligne des réduits, attaque les 18, 19, 20 et est le 20 à Hautebraye. Le 21 à Vassens (Aisne), au 23 ferme St Léger Croix Blanche. Le 24 elle embarque en camions et cantonne à Fresnoy la rivière (Oise). »

 

 

La suite ne peut être connue pour le moment qu’à partir des cartes postales envoyées par Georges HOMAND à ses parents.

 

 

DATE

LIEU

PAYS

1918/10/29

Bruxelles

Belgique

1918/11/26

Berchem

Belgique

1918/11/29

Bruxelles

Belgique

1918/11/30

Louvain

Belgique

1918/12/07

Liège

Belgique

1919/01/10

Bruxelles

Belgique

1919/01/11

Liège

Belgique

1919/01/12

Verviers

Belgique

1919/03/30

Aachen

Allemagne

1919/04/08

Aachen

Allemagne

1919/05/20

Eschweiler

Allemagne

1919/06/11

Eschweiler

Allemagne

1919/06/28

Munchen Gladbach

Allemagne

1919/06/29

Munchen Gladbach

Allemagne

1919/08/10

Aachen

Allemagne

1919/12/14

Düren

Allemagne

1920/05/04

Drope

Allemagne

1920/05/20

Düren

Allemagne

 

 

Une explication pour les jeunes : « singe » conserve de viande de bœuf qui était dans toutes les rations de soldat en campagne. Ces conserves venaient de Madagascar, et les soldats ont bien sûr donné le surnom de « singe » à ces conserves. Elles étaient excellentes, sans gelée, contrairement à ce qu’on trouve maintenant.

 

 

3 Les histoires et pensées des poilus

 

Sur un autre carnet voici quelques histoires de poilus notées soigneusement par Georges Homand

 

Front Corcy juillet 1918

 

La cigarette

La cigarette est femme, serrée dans son corset de papier elle a le parfum des blondes ou la saveur plus rude des brunes comme la femme, elle connaît l’art difficile de plaire et de la coquetterie. Tour à tour elle se présente luxueusement vêtue avec de l’or, des attributs compliqués, des ornements prometteurs dans des boites aussi rigoureusement fermées que d’aristocrates salons, ou elle donne simple nature sous sa chemise grossière. La cigarette comme la femme est délicieuse après le repas, comme elle, elle brûle vite et lorsque tout est fini, celui qui l’a savouré constate qu’après la volupté rien ne demeure qu’un peut de fumée et cendres ;

Quand on fume on rêve, ainsi quand on aime

 

 

Il est doux après une longue absence

De se revoir et de s’aimer

Et de cueillir sur une lèvre qui s’avance

Un baiser long et parfumé.

 

 

Le livre de la vie est le livre suprême

Qu’on ne peut ni fermer, ni ouvrir à son choix

Le passage adoré ne s’y lit pas deux fois

Mais le feuillet fatal s’y tourne de lui-même

On voudrait revenir à la page où l’on aime

Et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts.

 

 

Front Autrèches août 1918

Le texte suivant avec toutes ses fautes :

 

Monsieu le Préfé

Voilla jé 1 fils Martin quile est mobilisé depuit le débus ou ce pôvre Martin et un marri maleureu, carre sa fam est vollage come une calamité et que tou les garson du vilage i zi on étais. E pandancetant Martin y se bas porre la France. Je panse monsieu le préfé que vou naite pas aussi maltombai que Martin mes mettais vou a sa plasse vous enleveié la location a cet gourgandine si vouvoulé je vous menret la fam a Martin é vous verai quel ai si bien malcomyfot

siné  Ziplin

kia voté pour le députai

 

 

 

Texte suivant non daté

 

Vision de guerre

Le dos courbé, le regard aux aguets , les doigts crispés au fusil, nous avions franchi au pas de course des fossés vaseux, des boqueteaux où les arbres fracassés par la mitraille semblaient attendre le coup de grâce, des chemins que la déroute des canons avait labouré, des enclos où l’on eut dit que s’était abattu un ouragan de grêle, où des cadavres aux pieds nus aux faces d’épouvante pourrissaient sur un tapis de mirabelles, assaillis par des nuées de mouches bleues, nous nous étions élancés vers le brave innocent qu’avait supplicié l’ennemi. ce n’étaient que le long de la route qui montait lumineuse vers les vignes que des squelettes rouges et noirs de maisons, que des pans de murs calcinés, que des amas de décombres, que des ferrailles tordues, que de pauvres meubles  brisés, que des tonneaux défoncés.

A l’orée du village apparaissait la façade aux brèches béantes de ce qui avait été un château, des terrasses, des charmilles, des arceaux de roses et comme un moignon de géant, le vénérable clocher à moitié effondré dont ne survivaient que la rosace et le cadran de la pendule. Soudain dans ce silence de nécropole, tintèrent graves, espacés, solennels, les douze coups de midi.

 

 

 

 

 

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