Correspondances Alexandre Merceron

32e, 174e, 21e et 255e régiments d’infanterie

 

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Voici donc les lettres du fiancé de mon arrière grand mère, qui est mort au bois d'Avocourt en le 29 juin 1917.

Pour la correspondance, j'ai respecté l'orthographe des lettres, donc il y a quelques fautes. Dans certaines, il manque quelques mots qui étaient illisibles, mais dans l'ensemble c'est assez correct.

Guillaume, mars 2009

 

 

Pour une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des chapitres, sinon le reste est exactement conforme à l’original. Il est dommage que le Journal des Marches et Opérations du 255e RI n’existe plus, car nous aurions peut être trouver les circonstances de sa mort

Didier, mars 2009

 

 

 

La vie avant la guerre

La mobilisation, décembre 1914

Rougeole,  convalescence, la réforme, février 1915

Bon pour le service : septembre 1915

En route vers le front, mars 1916

La Blessure au pied, mai 1916,  les Hôpitaux

L'entraînement avant le front, septembre 1916

Au front, mars 1917

 

 

La vie avant la guerre

Lettre 1

Au fournil le 4 décembre 1912

 

Mademoiselle

 

C'est ce soir que je prends un moment de repos, et que dirai-je de plaisir pour placer ces quelques lignes.

Depuis huit jours j'ai souvent pensé à vous j'ai pensé en ces deux jours de fête et de gaîté que nous avons passer ensemble à la noce de la filleule à maman.

Dès en ces jours mes pensées étaient pour vous et à plusieurs moments j'ai eu envie de vous adresser quelques mots, mais j'ai hésité pensant que peut être vos promesses était faite à un autre, et votre main était déjà promise. Mais ce souvenir étant toujours à ma pensée je crois sans vous faire sottise que je pouvais vous faire connaître mes idées chère amie. Croyant à votre bon cœur, j'espère de vous une réponse me disant franchement ce que vous pensez faire, si c'est inutile veuillez avoir la bonté de me le dire comme étant un peu éloigné de vous si vos idées n'étaient pour moi.

Je resterais tranquille. En attendant une réponse, recevez l'amitié de celui qui désire être votre ami.

Alexandre Merceron

 

Voici mon adresse :

Alexandre Merceron fils demeurant au Fournil commune de St André par la foret sur Sèvre (Deux Sèvres)

Lettre 2

 

Le Fournil le 30 Mars 1913

 

Mademoiselle

 

Malgré la distance qui nous sépare, ma pensée toute inquiète traversant l'horizon s'envole souvent vers vous, que vous dirai-je, cependant je parle bien dans l'incertitude et au hasard, faut il hélas que nos demeures soit si éloignées, car autrement j'aurai sans doute occasion de vous voir et pourrais vous dire de vive voix ce qu'il m'est bien doux de penser.

Cela est pour moi un ennui que de me trouver si éloigné de vous, il faut alors que je me contente d'une simple feuille de papier pour vous exprimer toute mon affection.

Veuillez donc Mademoiselle me faire réponse, vous me direz alors si c'est inutile que je vous écrive, autrement je vous écrirait de temps en temps, il m'est si doux de m'entretenir avec vous et d'ici peu, nous pourrions peut être nous voir. En attendant avec impatience cet heureux jour recevez l'affection de celui qui désire être votre meilleur ami.

 

Alexandre Merceron

 

 

Lettre 3

Au Fournil le 9 Juillet 1913

 

Mademoiselle

 

Les semaines passent, et les mois s'écoulent encore avec une assez grande rapidité, mais pour moi le temps me paraît toujours bien long. Il y a sept mois que je vous avais vu pour la première fois, et depuis je n'ai pu vous revoir cela est bien trop long n'est pas, et pourtant ma pensée toujours inquiète s'est envolée bien des fois vers vous, peut être inutilement mais enfin l'espérance encourage.

Si vos idées n'ont pas changées j'espère que vous me ferez réponse. J'ai aperçu un jour dont il me semble que nous pourrions nous voir il y a dans peu de temps une jolie foire à Bressuire que vous connaissez sans doute la foire St Jacques. Je ne doutent pas de vos bonnes volontés, je pense beaucoup vous voir ce jour là, sans doute je ne serai pas seul mon frère sera avec moi.

Si vous avez une amie pour vous faire compagnie, je crois que l'on passerai un petit moment de plaisir et de gaieté. Veuillez donc chère amie me faire réponse si cela peut vous faire plaisir. Je vous écrirait sans doute une autre fois van la foire afin que cela soit plus sur. En attendant une réponse le plus tôt possible.

Recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 4

Au Fournil le 19 août 1913

 

Mademoiselle

 

C'est la main toute tremblante que je prends le porte plume et c'est le cœur peu rassuré que je vous trace ces quelques mots.

Qu'avez vous pensé de moi depuis quinze jours.

Oh hélas tout est peut être changé entre nous, mais malgré cela je ne puis rester sans vous écrire en espérant une réponse qui sera favorable.

Parlons de cette pauvre foire je sais oui ou non si vous y êtes allée en tout cas je vous demande mille excuses moi je suis resté chez nous je vais vous en dire le cas.

Nous pensions jusqu'à la veille aller à la foire.

Vous savez qu'une épidémie de fièvre aphteuse est répandue dans tout le pays, tout notre voisinage est atteint de la fièvre, nos moissons étaient coupées, notre mécanicien nous as demandé si nous voulions battre à la machine dès le samedi autrement il partait sur Montigny ne pouvant pas battre sur St André à cause de la maladie. Mon père a décidé de battre et le vendredi nous avons rentré des gerbes toute la journée, pensez si je n'aurais pas préféré être à la foire, mais je ne pouvais désobéir à mon père en un pareil cas.

Depuis ce temps je n'ai oser vous écrire tout hésitant mais le cœur rempli de votre souvenir j'ai bravé mon intimité et vous avoue tout au plus juste, sans mensonge espérant que vous me pardonnerez, malgré que ce n'est pas ma faute. Veuillez donc me faire réponse, si toutefois vous aviez fait d'autres amitiés depuis ce temps là veuillez me le dire, ou si vos idées n'ont pas changées je laisse tout à vos bonnes volontés je serai bien content de vous voir vous me marquerez un autre rendez vous soit à Moncoutant soit à l'assemblée de Pitié le 8 septembre je crois soit un dimanche à Moncoutant excepté dimanche prochain que je ne puis pas sortir.

Veuillez donc avoir avec vous une amie étant éloigné je n'y serai pas seul j'aurai avec moi mon frère pour me tenir compagnie. En attendant une réponse qui me fera plaisir recevez chère amie tout l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

 

Si vous préférez la foire de Moncoutant qui sera le jour de l'assemblée de Pitié, vous le trouverez peut être moins loin. En attendant avec plaisir une réponse.

Lettre 5

Au Fournil le 3 octobre 1913

 

Mademoiselle

 

Voilà bientôt un mois qui s'est écoulé depuis notre petite entrevue à l'assemblé de Pitié. Certes un mois c'est long en comparant avec l'instant où j'ai eu le bonheur de vous voir.

Vous direz peut être que s'est bien de ma faute, que je pourrais bien aller voir à St Étienne comme il avait été question un peu. Je serais très heureux de me trouver pas si éloigné de vous et de pouvoir vous parler plus souvent mais pour aller à St Etienne c'est loin, nous sommes jeunes tous les deux, il faut attendre une décision plus sure encore.

Chère amie permettez moi de vous appeler ainsi  si vous avez mon bon cœur je crois bien que vous vous rendrez à Moncoutant un jour de foire je laisse à votre disposition : la foire du mois de novembre du 2e lundi ou la foire Ste Catherine le 25 Novembre.

Pour la foire prochaine je crois que papa et maman veulent y aller, alors il faut bien rester quelques-uns à la maison.

Tachez donc d'avoir avec vous votre amie la fille Vrignaud de Courlay je crois qu mon frère serait très heureux de faire connaissance avec elle.

En attendant avec impatience le jour où j'aurais le bonheur de vous voir. Recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

Alexandre Merceron

 

P.S. : Je vous écrirais toujours une autre fois avant le jour fixé afin que ça soit plus sur. J'espère une réponse avant peu.

Lettre 6

Au Fournil le 24 Octobre 1913

 

Chère amie

 

Encore une fois permettez moi de vous appeler ainsi, car croyez le si cela n'avais pas été mon idée, je ne vous aurai pas écrit, je n'aurai pas fait les démarches de la foire St Jacques et de l'assemblée de Pitié tout exprès pour vous voir et tout décidé à aller vous voir à Moncoutant.

Vous me dites que c'est des encouragements que j'ai reçu, que ce n'est peu être pas de bon cœur ; Oh détrompez vous toutes mes idées étaient pour vous, je trouverai très ridicule de sacrifier tout son temps, toutes ses idées pour une fille que l'on aime pas et que l'on attend rien d'elle.

J'étais très heureux de m'entretenir avec vous mais pour aller à St Etienne je trouvais très loin surtout que je suis seul, je ne vous ai jamais dit que je n'irais pas, mais je voulais attendre quelques temps espérant vous voir à Moncoutant avec votre amie de Courlay la fille Vrignaud dont il ferait plaisir à mon frère de connaître et qui sera sans doute avec moi.

Votre réponse m'avait froissé, moi qui vous avait toujours parlé du fond du cœur et sans penser à d'autres. Je désirerais beaucoup me trouver pas si éloigné de vous alors vous me connaîtriez mieux et vous ne pourriez pas me dire des choses pareilles. Si vous avez bon cœur j'attends de vous une réponse et qui je l'espère me sera favorable.

En attendant recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 7

Au Fournil le 18 Novembre 1913

 

Mademoiselle

 

Encore une fois et malgré tout je veux vous tracer ces quelques mots.

Je ne puis laisser en oublie une chose que je croyais si bien commencée. Il y a un mois que je vous est écrit et je n'est jamais reçu de vos nouvelles, allons je ne s'est pas si ma pourrait être perdu en route, car je ne crois pas que vous ayez hésité à me faire réponse ayant l'habitude de me répondre aussitôt. Si vos idées étaient changées je crois vraiment que vous me l'auriez dit. Tachez donc chère amie de me faire réponse, et de me dire ce qui se passe. Pour moi je vous assure qu'il y a un mois que je vous est écrit, tout joyeux croyant quand peu de jours comme d'habitude , je pourrais lire ce que vous aviez pensée puisque je puis ne vous voir autrement.

Je suis très content quand je reçois de vos nouvelles espérant que plus tard je pourrais vous voir plus souvent où il est question de mille et mille choses bien douces à pensé et meilleur encore à dire.

Pour moi mon idée était certainement pour vous je ne puis penser à d'autres ; qu voulez vous si vos idées étaient changées faudrait bien se soumettre car cela serait pourtant un grand ennui pour moi. Je vous avait marqué sur ma lettre que j'irai à la foire St Catherine, tachez donc d'y venir ou si vous préférez la foire du 8 décembre ce sera à votre choix je serai très content de vous voir. Je serai sans doute avec mon frère, mettez y un peu de bonne volonté vu que ce n'est pas très loin de chez vous.

J'espère aussi aller à St Étienne avant que ça soit peu papa et maman veulent aller voir notre cousin Decron et j'irais sans doute avec eux je crois que c'est pour faire une partie de chasse et maman pendant ce temps là irait voir la mère Talon et sans doute nous passerions la chercher dans la soirée.

En attendant chère amie une réponse qui je l'espère sera favorable.

Recevez les meilleurs sentiments de celui qui ne vous oublie pas et qui voudrait être votre meilleur ami.

 

Alexandre Merceron

Lettre 8

Le Fournil le 8 Février 1914

 

Chère amie

 

C'est avec la pensée toujours inquiète que je prends un moment de plaisir pour m'entretenir avec vous.

Que confirai-je hélas à une simple feuille de papier, pauvre petite missive qui reçoit sûrement les secrets de mon cœur et s'en va peut être les porter au hasard sans trop savoir le résultat des petits entretiens qu nous avions depuis quelques temps.

Sans perdre confiance, je ne suis jamais trop rassuré, je vois hélas l'avenir trop loin où je pourrais vous parler d'affaires très sérieuses, et je crains que vous ne soyez pas assez patiente pour vouloir attendre un jeune homme pas plus âgé que moi, si vos idées étaient changées cela me causerai de la peine car je puis vous assuré que je pense pas à une seule autre qu'à vous.

Croyez bien que si j'étais age à disposer de ma liberté que j'aurai avec votre permission été vous voir plusieurs fois à St Étienne ou chez vous si vous me l'aviez permis mais la distance étant un peu éloignée et l'ennui de penser que vous trouverez le temps trop long. Je vois croyez vous que vous serez sûrement à même de garçons très convenables qui vous ferons oublier les petits entretiens déjà si bien commencés à mon égard.

Oh alors si vous demeuriez à 4 ou 5 kilomètres je me croirais bien plus rassuré, j'irai vous voir bien plus souvent où il serait question de mille et mille choses bien douces à penser et meilleur encore à dire. Si vos idées n'ont pas changé 'espère tout de même avec la belle saison aller vous voir plus souvent surtout si je vois que c'est sérieux de votre coté.

Chère amie j'espère de vous une réponse le plus tôt possible et de m'en marquer un peu plus long et me dire vraiment ce que vous penser, il m'est si doux de m'entretenir avec vous, lire ce que vous avez pensée et croyant toujours à la générosité de votre bon cœur, j'attends une réponse qui me fera plaisir.

Recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 9

Au Fournil le 22 Mars 1914

 

Chère amie

 

Toujours dans les mêmes idées, je viens vous dire bonjour, un bonjour tracé avec la plume sur une simple feuille de papier, cela n'est pas grand chose, mais à l'approche d'une saison bien plus favorable j'espère vous dire de vive voix après ces fêtes de Pâques ce qu mon cœur a de plus intéressant à votre égard.

Oui avec votre permission dans les dimanches qui précéderont Pâques j'espère aller vous voir à St Etienne. En attendant si vous vouliez me faire grand plaisir ce serait de vous rendre à Moncoutant le Lundi de Pâques jour de la foire, là nous fixerions le dimanche que j'irais vous voir si cela vous fait plaisir. A la foire j'irais sans doute car mon frère est décidé d'y aller et m'encourage d'aller avec lui.

Avec un peu de bonne volonté j'espère vous causer de vive voix ce jour là ; croyant à votre bon cœur j'espère de vous une réponse qui je l'espère partagera mes désirs.

En attendant le plaisir de vous voir recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 10

Au Fournil le 6 mai 1914

 

Chère amie

 

Déjà plus de trois semaines se sont écoulées depuis notre entrevue à la foire de Moncoutant, qui n'a durée qu'un instant en comparaison des mois entiers que l'on passent sans se dire bonjour.

Vous aurez peut être pensée que j'irais vous voir comme il avait été question.

Non j'hésitais je n'avais guère eu de relation ave votre père et toujours craintif je ne lui avait pas demandé la permission d'aller vous voir. Alors je ne pouvais me hasarder à aller à St Etienne dans de pareilles conditions. Chère amie une autre cas se présente sans m'y attendre l'autre jour à la foire de Bressuire papa a rencontré son ami votre cousin fridolin Vrignaud de Courlay qui lui a dit qu'il allait vous voir le lundi de la pentecôte et il à fait permettre à papa que nous y allions ensemble le même jour.

Papa ayant été invité par votre père plusieurs fois je crois qu'il se décide et l'on devra s'attendre à Moncoutant. Bien content d'une pareille occasion j'irais de grand cœur. Veuillez donc prévenir vos parents, et si cela était changé que vous ne pouviez pas nous recevoir ce jour là vous me feriez réponse.

En attendant de vos nouvelles et surtout le plaisir de vous voir recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

 

Bien le bonjour de ma part à votre famille.

Lettre 11

Au Fournil le 21 mai 1914

 

Chère Amie

 

Deux mots seulement au sujet de la visite que nous devions vous rendre le lundi de la Pentecôte, papa ayant réfléchit et croyant s'avoir peut être trop avancé, vu que vous serez en famille ce jour là et peut être préfériez vous notre visite un autre jour.

Ayez donc chère amie la bonté de me faire réponse en me disant les idées de vos parents. S'ils préféraient un autre jour nous laisserions à plus tard la partie mise, ou autrement si le temps le permet nous irions ce jour là, tout en allant voir le père Talon qui serait bien contrarié si nous n'allions pas le voir.

En attendant de vos nouvelles recevez toute l'affection de celui qui désire être votre meilleur ami.

 

Alexandre Merceron

 

Bien le bonjour de ma part à votre famille

Lettre 12

Au fournil le 13 Juin 1914

 

Chère amie

 

Veuillez me pardonner le retard que j'ai à vous écrire, j'aurai du vous tracer ces quelques lignes dès que l'on eut reçu des nouvelles de votre courrier à Courlay ; mais vous connaissant bien j'espère que ma lettre sera malgré tout bien accueillie par vous. Voici chère amie comment les choses se sont passées, jusqu'à l'avant veille on était très décidé à aller vous voir et moi-même particulièrement j'étais enchanté de faire une petite promenade à Saint Étienne espérant les uns autant que les autres qu'on aurait passés une journée vraiment heureuse. Mais voici que le samedi veille de pentecôte mes parents reçurent une lettre de votre cousin Fridolin Vrignaud en disant qu'il y avait un cousin de la famille qui était très mal et que par conséquent la partie était remise à plus tard. Je vous assure qu'on ne savait trop ce qu'en faire, on était dans l'indécis, on se disais peut être s'attendrons t'ils à nous., justement dans les jours on avait envoyé deux mots au père Talon en lui disant qu'on allait lui rendre visite le lundi de la pentecôte.

Mais enfin après avoir remuer ces questions un peu embarrassantes ont s'est décidé à rester, on s'est dit qu'il y a un cousin de gravement malade il est sans doute de leurs parents alors dans ces cas on n'est pas disposés pour avoir de la compagnie. Je regrette chère amie car depuis longtemps je comptais sur cette journée pour redire de nouveau les meilleures pensées qui s'échappent de mon cœur et s'envole vers vous.

Malgré toutes ces petites ennuies j'attend une réponse qui me donnera bonne nouvelle et dont je serais heureux de lire malgré qu'elles soient trop courtes les quelques lignes de celle que je crois malgré tout ma meilleure amie.

 

Alexandre Merceron

Lettre 13

Au Fournil le 26 juillet 1914

 

Chère amie

 

Le temps s'écoule avec une assez grande rapidité et déjà trois semaines se sont écoulées depuis notre entrevue chez vos parents.

Je vous assure que je suis très content de cette petite promenade, car j'ai vu avec quelle amabilité nous avons été reçu. Vos parents nous ont fait bon accueil, j'espère alors de temps en temps aller vous voir à Lauduinière. Combien de fois chère amie l'on s'avait écrit en se disant de bien belles paroles, des paroles

 

Texte manquant

Lettre 14

Au Fournil le 31.07.1914

 

Chère amie

 

Je ne puis attendre plus longtemps sans vous écrire car je suis contrarié d'une pareille nouvelle ; Chère amie je m'en prends nullement à vous autres et ça ne m'étonne pas du tout que vous ne sachiez pas le jour de l'assemblée de Courlay ; mais ce que je trouve très drôle c'est que votre cousin Vrignaud qui habite Courlay depuis longtemps ne sache pas le jour de l'assemblée.

Ce qui m'étonne encore c'est quoique vous ayant renseigner un mauvais dimanche sa famille ne l'est éclairci sur ce point et alors vous avertir que l'assemblée de Courlay se trouvait le 2 aout.

Je regrette beaucoup d'une pareille erreur, car je m'attendais bien de pouvoir vous causer ce jour là je suis si heureux de m'entretenir avec vous.

Mais il m'est impossible d'aller chez vous ce jour là car nous avons à Courlay de proches parents qui s'attendent à nous depuis longtemps et nous avons recu une lettre d'eux cette semaine en nous invitant à aller diner chez eux alors je ne puis me dispenser d'y aller. Chère amie si vous me le permettez, j'irais vous voir d'ici quelques temps mais étant très loin j'aurai été très content de vous rencontré à Courlay en attendant de vous voir chez vous.

Les obstacles sont nombreux votre cousin Cousin a été cause une autre fois d'une pareille erreur le lundi de la Pentecote.

Malgré tout laissons de coté toutes ces ennuies et d'ici quelques jours j'irais vous voir quand les ouvrages seront un peu déterminées. En attendant une réponse qui me fera plaisir recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

La mobilisation, décembre 1914

Lettre 15

Chère amie

 

Malgré le temps d'alarmes et de misère que nous traversons, malgré les angoisses qui envahissent à cette époque dirai-je tous les cœurs de français je ne puis m'empêcher que de vous dire un nouveau bonjour.

Que de tristes et lamentables nouvelles sont survenues depuis nos dernières relations, je vous avait écrit deux jours avant la mobilisation et je n'ai jamais reçu de vos nouvelles je ne doute nullement que vous ne m'ayez pas fait réponse mais la poste fonctionnant mal votre lettre s'est sans doute égarée.

J'espère bien recevoir une réponse car le temps m'a paru bien long depuis que j'ai reçu de vos nouvelles, vous me marquerez aussi des nouvelles de la famille Talon ce que sont devenus ses enfants pour nous bien épargnés nous sommes tous au foyer paternel.

Chère amie j'ai pourtant vu dire que la classe 1915 allait être appelée en tout cas si la patrie en danger a besoin de nous pour renforcer ses rangs j'irai moi aussi défendre fièrement mon beau pays de France et aider à chasser ces allemands si féroces et si barbares qui font partout les pires atrocités. Depuis un mois nos braves soldats aux cœurs généreux luttent sans cesse, déjà beaucoup sont tombés sur le champ d'honneur, d'autres sont blessés ou usés par la fatigue ou la misère alors ces braves soldats auront besoin de repos qu'ils ont si bien gagné.

Quoique la guerre cesserait bientôt je crois que l'on compte sur les classes 14 et 15 pour reformer l'armée afin d'envoyer au milieu de leur famille ces vaillants soldats.

Chère amie au milieu de toutes ces adversités mes meilleurs souvenirs sont toujours pour vous et si vos idées sont les miennes elles ne feront qu'un rêve qui plus tard je l'espère sera réaliser ; si toutefois vos idées avaient changé veuillez me le dire.

En attendant de vos nouvelles tout en demandant à dieu qu'il nous envoie des temps meilleurs recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 16

Au Fournil le 21 Octobre 1914

 

Chère amie

 

Déjà plus d'un mois s'est écoulé depuis que j'ai reçu de vos nouvelles et la guerre continuant ses ravages la situation devient de plus en plus pénible, la tristesse les deuils sont déjà bien nombreux parmi nous, 4 voisins et amis sont tombés à l'ennemi de notre commune et beaucoup d'autres sont blessés. La situation de notre pauvre France est déplorable sans doute nous auront la victoire mais nos armées n'y parviendront que très lentement, nous avons un ennemi acharné à combattre et dans quelques mois la température sera pour nous un second ennemi le froid fera sans doute beaucoup de misère à nos troupes.

Chère amie nous avons passé en revue le 13 octobre à Cerizay, le major a jugé que moi aussi je serai appelé sous les drapeaux si la guerre se termine avant peu je n'aurai sans doute rien à craindre, mais en face d'une pareille situation je crois vraiment que moi aussi je serai obligé d'aller sur les rangs pour combattre ces ennemis féroces.

Depuis huit jours j'ai bien pensé à Amédée je souhaite de tout cœur qu'il reste près de vous car vraiment le temps n'est pas bien favorable pour partir à la caserne.

Veuillez me faire réponse et vous me marquerez le sort qui est décidé pour lui, si toutefois ils avaient décidé pour lui le sort militaire je serai très heureux de me trouver avec lui dans une même caserne ou nous ferions je crois une paire d'amis intimes.

Chère amie avant de partir pour la caserne je serai très heureux de pouvoir m'entretenir avec vous alors je crois que nous partons avant trois semaines, pour aller chez vous cela n'est pas bien facile car notre jument est mobilisée il y a déjà longtemps pourtant j'aurai été très content de dire bonjour à vos parents ainsi qu'a la famille Talon. Malgré tout tachez donc de venir à la foire de Moncoutant le 9 Novembre j'irai toujours je serai bienheureux de vous voir aussi Amédé.

En attendant une réponse qui me donnera de vos nouvelles recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 17

Au Fournil le 14 décembre 1914

 

Chère amie

 

Comme j'ai reçu ma feuille de route j'aurai cru manquer à mon devoir d'ami si je ne te faisait pas part de mes nouvelles avant mon départ.

Le temps passe encore assez vite, il y a environ deux mois on était convoqués devant les conseils de révision et maintenant nous voilà à l'avant veille du départ pour la caserne.

Le sort m'a désigné pour Châtellerault 32ème régiment d'Infanterie.

Je suis tout seul de St André qui est désigné pour cette garnison.

J'aurai été très heureux d'aller à la Foire de Moncoutant car j'aurai sans doute vu Amédée et il m'aurait dit où il allait mais c'est impossible.

J'aurai été aussi enchanté Chère amie de pouvoir te dire un dernier bonjour avant de partir, tu m'avais dit à notre dernière entrevue de demander une voiture aux amis et d'aller te voir mais les juments sont tellement rares à présent et la distance étant encore assez longue je n'ai pas pu réaliser ton désir avec beaucoup de regret.

Chère amie je m'attends à une réponse tout de suite ou tu me diras le sort d'Amédée car je pourrais peut être recevoir ta lettre avant mon départ. Je dois arriver à Châtellerault jeudi prochain avant 15 heures.

 

Ton ami qui pense souvent à toi

 

Alexandre Merceron

Lettre 18

Chère amie

 

Comme c'est aujourd'hui dimanche j'en profite pour t'écrire, comme ça change les affaires dans six mois.

Dans le mois de Juillet c'était le calme, je dis le calme pas tout à fait, la religion catholique était bien persécutée depuis plusieurs années, mais maintenant c'est cette impitoyable guerre qui met tout le monde dans le deuil et la misère.

Toutes les classes ont parti les unes après les autres et me voilà moi aussi rendu dans une caserne depuis quatre jours. Je puis te dire que ça a bien changé pour moi aussi cette vie de la caserne non pas ce que c'était chez mes parents.

On est à peu près moitié habillé et je n'ai pas pu aller à la messe aujourd'hui. Dans ma chambre je ne connais personne des environs. J'avais parti avec deux ou trois copains du pays et je ne les ai pas revus depuis. Mais on a vite fait des camarades et j'ai trouvé quatre ou cinq bons amis. On est très bien nourris, on a assez de pain mais la cuisine n'est pas toujours bonne.

Chère amie et Amédée qu'est il devenu ou a t'il été affecté. Je ne crois pas qu'il soit à Châtellerault. Vers chez nous tous ceux que leurs noms commencent par P sont partis à Cholet alors je pense qu'Amédée y sera peut être rendu.

Je regrette beaucoup que nous allions pas ensemble. Chère amie je m'attends de tes nouvelles d'ici peu et tu me diras ce qu'est devenu Amédée. Souhaite bien le bonjour de ma part à tes bons parents et à la famille Talon.

Ton ami qui ne t'oublie pas et qui t'embrasse bien fort.

Alexandre Merceron 32ème d'infanterie 25 ème compagnie Chatellerault (Vienne)

Lettre 19

Châtellerault le 26 Décembre 1914

 

Mademoiselle

 

Je suis tout heureux à l'approche du nouvel an de venir t'offrir mes meilleurs vœux et souhaits de bonne année. J'aurai bien préféré t'offrir mes vœux de bouche mais comme le sort nous a éloigné bien loin l'un de l'autre mes sentiments n'en sont pas moins ardents.

Je te souhaite donc pour l'année 1915 que de la joie et du bonheur que tous tes vœux et désirs s'accomplissent que toutes les maladies et les peines de toutes sortes soient éloignées de toi.

Chère amie voilà à peu près huit jours que je suis au service de a France et il faut espérer que la paix la plus calme règne bientôt afin qu'on soit écarté de ce terrible fléau : la guerre.

Je t'avais déjà écrit mais je n'ai point reçu de tes nouvelles.

Oh je ne doute point de toi, je connais ton bon cœur, je sais que tes sentiments sont les miens. Et heureux le jour où le bon dieu bénira notre union mais la correspondance se fait très mal de ce temps-ci.

J'ai écrit chez mes parents déjà plusieurs fois, mais je ne reçois pas régulièrement leurs lettres. Sur ma dernière lettre je te demandais l'adresse d'Amédée je crois l'avoir aperçu à la gare de Bressuire mais je n'est pu lui causer et je crois qu'il prenait la ligne de Cholet. Sur ta lettre tu me renseigneras sur sa situation où il a été incorporé.

Je souhaite aussi à tes bons parents une bonne année en joie et en santé que Dieu les garde longtemps au milieu de toi ainsi qu'à ta petite sœur.

Tu souhaiteras bien la bonne année de ma part à la famille Talon.

Ton ami qui pense souvent à toi et qui t'embrasse bien fort.

 

Alexandre Merceron jeune soldat au 32ème d'infanterie 25ème compagnie Châtellerault (Vienne)

Lettre 20

 

Châtellerault le 5 octobre 1915

 

Ma chère petite Marie

 

Ce n'est plus de St André que je te trace ces lignes, me voilà de retour en garnison à Châtellerault.

Ca n'a pas été long après avoir passé le conseil à Parthenay, j'ai reçu ma feuille de route vendredi dernier pour partir lundi dernier.

Pourtant je ne m'y attendais pas tout de suite.

J'aurai pourtant été bien heureux d'avoir une entrevue avec toi, à Moncoutant on n'avait pas eu le bonheur de se causer longtemps et maintenant je ne sais pas quand nous pourrons nous voir. Mais comme on dit c'est la guerre et une guerre impitoyable.

Que vous devez être heureux d'avoir Amédée auprès de vous.

Ma chère petite amie pour l'instant je ne suis pas malheureux je ne vais pas encore à l'exercice et j'ai remarqué déjà que c'est beaucoup mieux qu'au mois de décembre pour la classe 15.

D'abord on est mieux couché et ensuite pour l'instant beaucoup mieux nourri. Je suis affecté à une Cie d'instructions il y en a depuis 19 ans jusqu'à 46 ans.

C'est plutôt triste il y en a qui pèsent plus de 100 kilogrammes. Alors il arrive souvent en marche qu'il y en a tout le long de la route.

D'ailleurs je te quitte pour aujourd'hui.

Ton ami qui t'envoie une gerbe de baisers.

 

A. Merceron, au 32ème d'infanterie, 27 ème compagnie, groupe d'instructions, Chatellerault.

Lettre 21

Bessais le 4 Janvier 1915

 

Ma chère Marie

 

Depuis quelques jours je ne reçois pas de tes nouvelles. L'autre fois je t'écrivais en te souhaitant bonne et heureuse année et en espérant que l'année 1916 voit arriver d'ici peu la fin et le succès de nos armées. Dieu est le maître de tout espérons qu'il aura pitié de nous.

Quand je t'écrivais dernièrement je ne savais pas que j'allais aller en permission de 4 jours. Je pensais bien avancer à Lauduinière, mais il a tombé de l'eau pendant deux jours entiers et le jour du premier de l'an j'ai resté avec ma famille.

Me voilà de retour depuis dimanche soir et il a fallu reprendre la vie militaire.

Quand on arrive de passer plusieurs jours chez soi, et on a goûté un peu la vie familiale on trouve cela plus dur quand il faut se séparer.

Mais enfin on se remet vite surtout que le devoir nous appelle ici.

Et encore je m'estime bien heureux d'être encore au début.

La grande majorité de la classe 15 étant sur le front depuis longtemps et déjà beaucoup sont morts.

Sans doute que pour chacun la destinée est dite, alors se n'est pas la peine de se tourmenter de évènements.

Allons chère petite amie j'espère une réponse d'ici je termine pour ce soir car voilà l'heure de l'appel.

Celui qui se croit le meilleur de tes amis.

 

Alexandre Merceron

 

P.S. : Je viens souhaiter à ta famille mes meilleurs vœux et souhaits de bonne année.

Rougeole,  convalescence, la réforme, février 1915

Lettre 22

Châtellerault le 17-2-15

 

Chère amie

 

Voilà environ deux mois que je suis à Châtellerault ou je commence maintenant a être habitué au métier militaire, j'en n'est déjà vu de plus d'une manière.

Je ne sais Chère amie si je t'avais parlé sur les dernières lettres des épidémies qui sévissaient à Châtellerault depuis plusieurs semaines Méningite, oreillons fièvre typhoïde, rougeole etc. En tous les cas il a fallu que je sois atteint moi aussi.

J'ai été pris de la rougeole il y a environ une douzaine de jours dès le soir je fus transporté à l'hôpital à l'ancien cercle catholique j'ai été très bien soigné par les sœurs. Maintenant je vais beaucoup mieux et je suis monté dans la chambre des convalescents. Je ne suis pas encore bien fort mais il faut espérer que mes forces vont revenir au plus vite.

Dimanche dernier mes parents ont venu me voir, j'étais au lit il m'avait apporté quelques friandises mais j'ai été obligé d'y renoncer rapport que je n'étais pas encore guéri. Chère amie je viens de recevoir une lettre d'Amédée il me dit que tes parents ont été le voir et qu'il est proposé pour le conseil de réforme. S'il pouvait avoir seulement ce bonheur je lui souhaite de tout cœur afin qu'il échappe à cette guerre maudite.

Je ne vois guère autre chose à te faire part reçois Chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.

A Merceron à l'hôpital temporaire n°12 annexe C salle 9 Châtellerault.

Vienne

Lettre 23

Châtellerault le 26 février

 

Ma chère amie

 

Je viens aujourd'hui te faire part de mes nouvelles qui d'ailleurs ne sont mauvaises.

Ma rougeole est complètement disparue, mais il m'a pris un gros rhume l'autre jour. Le major m'ayant examiné ma dit que c'était un commencement d'angine, aujourd'hui je vais un peu mieux malgré tout, j'avale avec plus de facilité.

Chère amie il y a déjà quelques jours j'avais le bonheur de lire une lettre d'Amédée, il me disais qu'il était proposé pour le conseil de réformeXXXXXXXXXXX Phrase manquanteXXXXXXXXX

Mon plus grand empressement au soir était de lui faire réponse, il ne m'avait point mis son adresse sur sa dernière lettre. Alors j'ai cherché sa première lettre et recherche, mais je ne l'est point trouvée, elle s'est sans doute égarée quand j'ai rentré à l'hôpital.

Je ne sais ce qu'Amédée va penser de moi, écris moi chère amie et envoie moi son adresse.

A Châtellerault pas grandes nouvelles mais d'après ce que j'ai vu dire déjà plusieurs fois, la majeur partie de la classe 15 sera partie au front le 20 Mars. Je te dirais que depuis que je suis à l'hôpital il en est mort neuf, il en est mort encore un ce matin qui avait une méningite cérébro-spinale.

Je termine ma petite lettre en vous souhaitant à tous bonne santé reçois de celui qui se crois le meilleur de tes amis un doux baiser.

 

Alex Merceron

A L'hopital temporaire N°12 Annexe

C. Chatellerault (Vienne).

Lettre 24

Châtellerault le 21-5-15

 

Chère amie

 

Voici le mois de mai qui s'avance, mais j'espère passé les derniers jours malgré tout chez mes parents. Je suis proposé sur la réforme temporaire.

Ces Monsieurs parlaient de me proposer pour trois mois de convalescence ou la réforme temporaire.

Maintenant ils sont décidés pour la réforme et je passe le conseil demain samedi. S'il ne survient rien je compte bien être chez mes parents vers le milieu de la semaine prochaine.

Chère amie mon état s'est beaucoup amélioré depuis quelques jours je n'est plus d'albumine et je mange davantage.

Je te dirais que tu ne peux pas te douter toutes les maladies de toutes sortes que l'on voit dans les hôpitaux.

Que d'hommes après la guerre seront usés, fatigués.

Chère amie voilà l'heure de la visite je te quitte et dès que j'aurai passé le conseil je t'enverrais quelques mots afin de te faire part de la décision que ces messieurs vont prendre pour moi.

En attendant le plaisir de te voir reçoit Chère Amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

Alexandre Merceron

 

P.S. Bien des choses de ma part à ta famille et à Amédée.

Lettre 25

Le fournil le premier Juin 1915

 

Chère amie,

 

Voilà déjà huit jours que je suis rendu au foyer paternel, je t'avais écrit te disant que j'étais proposé pour la réforme temporaire aujourd'hui je viens t'annoncer que la proposition a été acceptée par M. Le Major.

J'ai quitté Châtellerault le 25 mai, j'ai dit adieu mais peu être qu'au revoir à cette petite vile où j'avais été appelé à faire quelques mois d'exercices, afin d'aller ensuite comme tant d'autres contribuer à la défense de notre chère France.

Mais la maladie était là qui m'attendait et plusieurs mois d'hôpital m'ont réduit à quitter le service militaire pendant plusieurs mois, afin de prendre du repos.

Au milieu du bocage où l'air est si pur je reprendrai vite mes forces perdues ; et si un jour après être bien guéri il faut retourner reprendre le costume militaire ce sera toujours avec le même esprit de patriotisme.

Pour l'instant il faut que je songes à me guérir et Amédée que devient il ?

J'espère que ça sera plus florissant qu'à Cholet maintenant qu'il est de retour à Laudainière. Enfin dieu sait si bien arranger les choses il faut espérer que toutes ces misères se termineront par une paix glorieuse. En attendant le plaisir de te voir, recoit chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

Alexandre Merceron

 

Bien le bonjour à tous ceux de chez toi

 

P.S. : J'oubliais de te dire qu'à mon arrivée on avait eu le temps de causer un petit peu voilà une voiture qui arrive c'était ton cousin Fridolin Vrignault ainsi qu'un autre personne de Courlay qui passait nous voir ; Ils ont soupé avec nous ils étaient venus dans quelques villages aux alentours afin d'acheter du bétail.

Lettre 26

St André sur Sèvre le 6 septembre 1915

 

Ma chère petite Marie

 

Depuis plusieurs jours j'avais gardé le silence, mais je ne veux pas tarder plus longtemps afin de venir m'entretenir quelques instants avec toi.

Voilà déjà près de trois mois et demi que je suis de retour chez mes parents. Pour bien dire les choses je n'étais pas fort.

Mais à vingt ans on se guérit vite et aujourd'hui je suis presque rétabli. Alors je serai très heureux que nous ayons une petite entrevue afin de converser ensemble. Je te l'est dit déjà plusieurs fois c'est dommage que nous soyons si éloignés l'un de l'autre et pour l'instant je trouve un peu loin d'aller jusqu'à Lauduinière.

Quoique malgré tout j'aurai été très heureux d'y aller. Mais en se joignant on peut arranger les choses.

J'ai congé à la foire de Moncoutant où l'on pourrait se voir. En réfléchissant à cette foire, je vois qu'il s'est passé bien des choses depuis notre dernière entrevue à Moncoutant. Beaucoup de soldats sont tombés sur les champs de bataille et toujours les boches sont chez nous.

D'après certaines personnes une campagne d'hiver est inévitable.

Qui aurait pu songer à de tels événements, mais malgré tout il faut toujours espérer la victoire finale.

Je suis heureux de remarquer que tous ceux qui arrivent du front ont un très bon moral et en général ils ont tous bonne mine il faut croire qu'ils sont assez bien nourris.

Et Amédée que devient il ? J'espère qu'il est tout à fait rétablit, avec son malheur il a eu encore de la chance d'être réformé.

D'après certains journaux je m'attends à passer une visite avant le 20 septembre peut etre en est il ainsi d'Amédée. Espérons que les choses se feront au mieux.

Allons je termine pour aujourd'hui espérant pouvoir te causer plus longuement d'ici peu.

Bien le bonjour à ta famille

Ton ami qui ne t'oublie pas et qui t'embrasse bien fort.

 

Alexandre Merceron

Bon pour le service : septembre 1915

Lettre 27

Saint André sur Sèvre le 20 septembre 1915

 

Ma chère petite Marie

 

Comme je te l'avais dit à la foire de Moncoutant je t'écrirais d'ici peu, je ne retardes pas plus longtemps.

Tu le saura déjà l'autre jour il a fallu que j'aille passer une visite à Parthenay.

Avant la revue j'ai pu causer à ton père ainsi qu'à Amédée mais je n'est pu les revoir après. Malgré tout je crois qu'Amédée a eu la grande chance d'être maintenu réformé. Pour moi je n'est pu avoir ce bonheur, il a fallu que j'attende tout à la fin pour repasser ensuite.

Finalement ils m'ont pris pour le service armé.

Si j'étais vrai guéri ça irait comme ça pourrait mais il n'en n'est pas ainsi.

Pourtant quelques mois de bons soins auraient achever ma guérison.

Mais enfin il faut se trouver heureux malgré tout, et peut etre ça ira mieux que je m'attends.

Je comprends la grande joie que vous avez eu, quand vous avez appris qu'il était réformé. De ce moment ci il leur faut des hommes et il paraît que de rudes chocs vont se produire sur le front.

Espérons qe tout cela se terminera d'ici peu.

Allons chère Marie je termine pour aujourd'hui.

Bien le bonjour à Amédée ainsi qu'à toute la famille.

Celui qui se croit le meilleur de tes amis.

 

Alexandre MERCERON

Lettre 28

Châtellerault le 17 Xbre 1915

 

Ma chère Marie

 

Me voilà de retour à Bessais je ne suis pas encore guérit. Je suis pourtant beaucoup contrarié de n'avoir pu avancer te voir. Mais dans ce fourbi là c'est très facile d'attraper un gros rhume ou autre chose.

Cependant hier matin il a fallu aller à l'exercice et de bonheur ça n'allait pas trop et surtout on avait passer toute la nuit ans le train. Hier au tantôt on a parti en marche à Avrillé, on a couché là bas, c'est à 13 kilomètres de Bessais mais on s'est allongé car il a fallu faire la petite guerre en cours de route. C'est amusant comme ça mais en réalité ça ne doit pas être amusant du tout. Tout cela ne serait rien si cette malheureuse guerre n'existait pas car le métier de militaire ne tue pas les hommes bien au contraire ça ne fait que du bien.

Mais dans ce moment ci ce n'est pas le filon, enfin il faut toujours vivre sur la bonne espérance et peut être d'ici peu on aura raison de ces sales boches. Tout cela c'est la volonté de Dieu.

Allons chère amie je termine pour aujourd'hui. Recois de ton ami un doux baiser.

 

Alexandre Merceron

Soldat au 32ème d'infanterie, 28ème Cie Groupe de récupérés, Bessais, Indre et Loire.

Lettre 29

Bessais le 18 – 1 -16

 

Chère amie

 

Déjà quelques jours se sont écoulés depuis que j'ai reçu ta lettre, aussi e ne retarde pas plus longtemps à te faire part de mes nouvelles qui sont bonnes pour l'instant.

Pourtant dans ce métier là ça serait facile d'attraper du mal, on est exposé souvent dans les courants d'air.

Mais sans doute Dieu nous garde et nous avons besoin maintenant plus que jamais car le moment approche d'aller voir les boches.

Le lieutenant en a pris 80 qui sont passés au groupe d'entraînement et porte le sac complet.

Moi je n'en fait pas partie rapport que j'ai rentré 1 mois après les autres.

Enfin 15 jours plutot ou plus tard, il faudra toujours y arriver, Boch Célestin fait partie du groupe d'entrainement.

Chère marie hier nous avons été en marche de 24 heures à Avrillé qui se trouve à 13 kilomètres de Bessais pour en finir ça n'a pas été très dur il y avait beau temps.

Mais le soir j'ai pris la garde avec 6 camarades, on s'est changé ainsi toute la nuit.

Ce matin on est revenus en faisant la petite guerre mais il a toujours tombé de l'eau.

Voilà l'heure de l'appel Chère amie je m'arrête pour ce soir.

 

Reçois toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas

 

Alexandre Merceron

Lettre 30

Saint André sur Sèvre le 17 – 2 – 16

 

Ma chère Marie

 

Sans doute je crois que tu va être très agacée quand tu sauras que c'est de Saint André que je viens aujourd'hui m'entretenir avec toi.

En effet je crois arrivé de hier matin en permission de 15 jours. Tu dois comprendre la joie que j'ai de passer quelques jours au milieu de mes parents et amis. Avant de partir la bas renforcer nos braves petits soldats et je donnerais à la France toutes mes forces pour chasser ces boches.

Chère amie maintenant je ne suis plus à Bessais.

Je suis rendu à Saint Nicolas de Bourgueil à la 30ème Cie.

Lundi dernier nous avions passé une visite et on devait aller fermer un détachement au 50ème de ligne à Périgueux. Mais le renfort a été arrêté et on partait en permission de 15 jours.

Tu peux deviner comme nous étions heureux en apprenant cette nouvelle.

Je crois que Célestin Boch est lui aussi en permission de 15 jours, il a eu de la chance lui aussi car je crois qu'il était habillé et prêt à partir au front.

Chère amie j'espère bien cette fois ci aller te voir à Saint Étienne ou je pourrais te causer bien plus longuement. Je crois que ce sera pour toi un grand plaisir.

Ecris moi de suite

Je serai très heureux, ensuite je t'écrirai à nouveau en te fixant le jour.

En attendant cet heureux jour reçoit chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 31

St André sur Sèvre, le 25.2.16

 

Ma chère Marie

 

L'autre jour je recevais ta lettre qui m'a fait grand plaisir, voilà déjà une bonne partie de ma permission passée.

Le temps s'écoule avec une bien trop grande rapidité, il en est toujours ainsi quand on est en permission et pour une bonne raison ce n'est plus le régiment ou l'on est traité plus ou moins brutalement, c'est la douce vie de la famille.

Chère Marie

Je viens mettre le jour ou on aura le bonheur de se voir ce sera Mardi prochain à moins qu'il ferai trop mauvais temps dans ce cas ce serait mercredi.

Donc à bientôt

Je t'embrasse de tout mon cœur

Ton ami Alexandre.

En route vers le front, mars 1916

Lettre 32

 

St Nicolas le 3.3.16

 

Chère Marie

Je crois que tu te demandes ce que je suis devenu.

Ces derniers jours je t'écrivais en fixant un jour pour aller te voir  St Etienne.

J'attendais avec plaisir cette journée mais le moment arrivé je fus retenu par la pluie qui tombait à verse.

J'espérais sur le jour suivant mais cette fois-ci c'était autre chose.

Dans la nuit de mardi soir je recevais une dépèche avec ordre de rejoindre immédiatement mon dépôt.

Cette nouvelle me réjouissait guère car je savais que c'était pour partir plus loin.

Jusqu'à présent je suis toujours à Saint Nicolas mais on se tient prêt à partir au 1er ordre.

Chère Marie je t'affirme que j'étais bien loin de penser que je ne pourrais te voir pendant cette permission.

Mais il en est ainsi ce n'est pas moi qui XXX les choses.  Espérons que Dieu remettra le calme  d'ici peu et la tranquillité.

Chère Marie je termine pour ce soir.

Reçois toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.

 

Alexandre MERCERON au 32ème d'infanterie, 30ème Cie à Saint Nicolas de Bourgueil

Indre et Loire

Lettre 33

St Nicolas le 10 mars 1916

 

Chère Marie

 

Ce tantôt j'ai reçu ta lettre qui m'a fait grand plaisir. Cependant j'ai remarqué que tu n'étais pas contente rapport que je n'avais pas été te voir.

Je crois pourtant te l'avoir dit que j'ai été rappelé à mon dépôt ce qui m'a empêché d'aller à Saint Etienne.

J'ai été beaucoup contrarié de cela il est vrai que j'aurai du fixer le jour plutôt mais tu n'as pas réellement bon droit en te contrariant ainsi. Je devrai encore avoir la chance de te voir avant de partir au front.

Aujourd'hui commence des permissions de 4 jours on y a tous droit.

Alors je t'assure que j'irai te voir pendant ce temps là.

Je m'attends à une réponse qui me fera plaisir

Celui qui se croit le meilleur de tes amis

Alexandre MERCERON

Lettre 34

Rigny la salle le 10.4.16

 

Chère petite Marie

 

Je profite des quelques instants que j'ai à toi pour t'adresser cette petite lettre.

Me voilà bien éloigné de ce cher bocage auprès de ceux que j'aimais tant mais malgré tout j'espère bien retourner dans ce beau pays.

Jusqu'à présent je ne suis pas malheureux. Nous sommes très bien nourris.

Tous les jours ils nous font faire l'exercice et du déploiement en tirailleurs, comme ça ça va encore mais avec les obus ça sera un sale boulot.

Depuis quelques jours il fait un temps splendide je songe souvent aux cultivateurs. Comment arriveront ils cette année à faire tout le travail ? Ce sera bien difficile. D'après ce que je vois ici tout le monde se met au travail des champs.

Chère amie où je suis je vais à la messe tous les dimanches l'église est bondée de soldats et on remarque un bon nombre d'officiers. Cela est vraiment encourageant.

Cette contrée est bien différente de la notre ce n'est que des gros villages et chaque village a son clocher. C'est un beau pays.

Et Amédée que devient il ? Aurait-il passé une autre visite ?

S'il peut s'en échapper il a bien raison.

Bonsoir chère amie je termine pour aujourd'hui

Reçois toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas

Alexandre MERCERON au 174ème Régiment d'infanterie 10ème compagnie 32ème section 90.4999

Un bonjour à tous.

Lettre 35

Jeudi le 20.4.16

 

Ma chère Marie

 

Ayant quelques instants à moi j'en profite pour te donner de mes nouvelles nous n'avons guère le temps d'écrire à présent. Il y a que le tantôt un petit peu le soir nous ne pouvons pas rapport que nous sommes mal éclairés.

Déjà plusieurs jours se sont écoulés sans avoir de tes nouvelles peut être les lettres se sont elles égarées en cours de route depuis que nous avons quitté Rigny la Salle. Nous voilà à présent plus rapprochés du front à une quinzaine de km de XXXXX.

Les premiers jours nous entendions distinctement les canons de Verdun, c'était un vrai roulement.

A présent on entend pas grand chose mais aussi le vent est contraire et il pleut tous les jours. S'il en est ainsi chez vous ça sera guère facile de faire le travail des champs.

Chère amie tu ne te doutes point de ce qui se passe au front, ça n'arrête pas de circuler jour et nuit on voit que des soldats qui passent.

Tout ce que l'on veut acheter est extrêmement cher, le vin on en trouve même pas rapport au grand nombre de soldats.

Chaque jour nous allons à l'exercice nous faisons des tranchées hier après midi nous avons lancé des grenades.

Par manque de prudence un lieutenant a été blessé et il a été évacué aussitôt. Enfin espérons que cette terrible guerre se termine au plus vite.

Quand donc retrouverons nous la paix et le calme comme autrefois.

Je termine pour aujourd'hui bonjour à Amédée et tes parents.

En attendant de tes nouvelles recois toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas

A Merceron au 174 Régiment d'infanterie 10ème compagnie 3 section 99.49

Lettre 36

Gendé 4 mai 1916

 

Chère amie

De XXXX je viens m'entretenir quelques instants avec toi, j'ai reçu ta lettre l'autre jour, elle m'a rejoint aux tranchées. En effet voilà plus de 70 jours que je suis en première ligne.

Celui qui n'en eu pas été ne se doute pas de ce que c'est, par bonheur il a fait beau temps les tranchées sont propres mais aussi nous avons guère été tranquilles.

Je ne puis te dire où nous sommes car c'est strictement interdit mais tu dois savoir où il s'est livré de grands combats depuis près de deux mois, c'est dans cette contrée.

Ou nous sommes l'artillerie bombarde sans arrêt et souvent d'une grande violence.

Tu ne t'en doutes sûrement mais au moment ou je te traces ces lignes je suis à 30 mètres des boches nous les entendons courir et travailler.

Plusieurs combats se sont livrés entre nous à la grenade, ils ont même essayé de sortir une fois mais ont été repoussés.

Depuis que j'y suis j'ai vu tomber 3 avions Boches tous les jours c'est des luttes d'avions.

Chère petite amie il ne faut pas t'en faire malgré tout le bon dieu nous fortifie.

Sans doute quand tu recevras ma lettre que nous serons remplacés.

Je termine pour aujourd'hui.

Reçois toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

 

Merceron Alexandre

 

Lettre non écrite par Merceron Alexandre…

La Blessure au pied, mai 1916,  les Hôpitaux

Lettre 37

 

Vichy le 21 mai 1916

 

Ma chère Marie

 

J'ai reçu hier la lettre datée du 15 que tu adressais à l'hôpital.

Cet après midi je viens te donner quelques nouvelles, cette fois ci j'ai changé d'hôpital où je suis c'est un hôpital chirurgical c'est à qu'ils font les opérations.

Avant hier c'était mon tour après avoir passé mon pied à la radio, une femme infirmière m'a endormit et ça a été vite fait.

Quand je me suis réveillé tout était fait e j'avais eu chaud toute la soirée j'ai souffert un peu mais ç présent ça va.

A moins qu'il ne survienne quelques complications dans un mois ou deux j'irai revoir mon vieux pays.

Je serai enchanté aussi d'avancer à l'Auduinière surtout que je crois qu ça te feras plaisir, plusieurs parties que j'avais fixé avaient été arrêté par des nouvelles peu gaies.

Tu demandes si nous sommes bien soigné comme nourriture c'est moins bien qu'a mon ancien hôpital. A part cela les plus grands soins nous sont donnés par des infirmières dévouées de la croix rouge. Je ne vois plus grand chose à te dire.

Recois toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.

Alexandre MERCERON à l'hopital 44 Vichy Allier.

P.S. : Je te donne la meme adresse car sans doute je retournerai à l'hopital 44.

Lettre 38

Vichy le 14 Juin 1916

 

Ma chère Marie

 

Je viens de recevoir ta lettre datée du 12 juin aussi je ne retardes pas pour te tracer ces quelques lignes.

Sur ta lettre tu me dis que tu as été à la foire de Moncoutant, tu as passé une bonne journée, tu as vu mes parents, je savais qu'ils y étaient mon frère me l'avaient écrit le jour même. D'abord tu as rencontré ma mère avec une jeune fille qui ne peut être autre que ma cousine, malgré tout je ne sais pas si c'était elle.

J'espère que tu as passé une bonne journée, malgré qu'il n'a peut être pas fait trop beau depuis quelques jours à Vichy nous avons de l'eau et je crois que c'est la même chose dans les Deux Sèvres.

Chère amie mon père t'aurai dit que j'avais 6 jours de permission, c'est en effet ce que je compte avoir.

Ce matin j'ai fait faire mon pansement et j'ai pu voir que ma blessure était à peu près guérit, malgré tout ce n'est pas pour prendre mon soulier demain. Je peux passer huit jours à l'hôpital, peut être quatre ou trois semaines, je n'en sais rien. Enfin, quand le moment sera venu on partira. Nous autres soldats on ne s'en fait pas pour si peux toujours très heureux d'avoir 7 jours et ensuite retournerai à mon dépôt qui est à Epinal.

De temps en temps arrivent à Vichy des convois de blessés tous viennent de Verdun, les chirurgiens ne peuvent fournir à opérer les blessés.

Je te quitte pour ce soir et je m'attends d'aller te voir d'ici peu. Je pourrais causer plus longuement et témoigner l'amitié que j'ai pour toi.

 

En attendant crois à toute l'affection et aux meilleurs souvenirs de celui qui ne t'oublie pas.

 

Ton ami Alexandre Merceron

 

 

Lettre 39

Vichy le 21.6.16

 

Ma chère Marie

 

C'est avec plaisir que ce matin ma pensée s'envole vers toi. Souvenirs, je pense à ce vieux bocage ou nous avons passé de si bon moments, partout c'était la joie, le bonheur et le monde ne savait pas apprécier tout cela, partout il y avait des jalousies, des querelles, tous ceux qui auront le bonheur de retourner de cette malheureuse guerre comprendront mieux ce que c'est d'être heureux.

Chère amie j'ai reçu hier ta charmante lettre dont j'ai été enchanté, nous autres soldats c'est ce qui nous réconfortent aussi quel empressement nous mettons tous pour la distribution.

E effet c'est tous ceux qui sont restés là bas et qui nous sont si chers c'est une mère, une sœur, une amie etc. C'est toutes ces charmantes lettres qui font que nous avons tous un bon moral.

Mon regard se tourne souvent vers cette pauvre campagne, à présent par ces travaux si pénibles avec le peu de nombre qui reste.

Chère amie je vais toujours très bien, mais une plaie au pied est toujours longue à guérir, alors j'en ai encore pour quelques temps à l'hôpital. Je me trouve très bien surtout que je ne souffre pas beaucoup.

Ces derniers jours il n'est pas arrivé de convois de blessés à Vichy.

Allons je finis ma lettre.

Recois chère Marie toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.

 

Alexandre Merceron

 

Bien le bonjour de ma part à toute la famille.

Lettre 40

Vichy le 4 Juillet 1916

 

Ma Chère Amie

 

Ce matin aussitôt ma toilette faite je suis heureux de te donner quelques nouvelles. Depuis deux jours je suis heureux de pouvoir sortir de nouveau dans les belles promenades de vichy.

J'ai sortit avec mes trois copains de chambre d'excellents camarades, c'était assez curieux de nous voir marcher avec chacun une canne pour se servir d'appui et notre marche plus ou moins contrefaite.

Mais tout cela reviendra avec le temps.

De nouveaux blessés sont arrivés hier soir à Vichy tous ceux qui vont bien on les envoie soit à Clermont soit au Puy. En général ils viennent tous des environs de Verdun.

Chère petite amie hier j'ai reçu ta charmante lettre, je suis toujours très heureux de les lire, puisque nous ne pouvons avoir le plaisir de nous voir.

Mais prends patience cela viendra et nous en serons d'autant plus heureux.

Chère amie je suis obligé d'abréger ma lettre car la soupe sonne et j'ai 4 étages à descendre pour m'y rendre.

Crois toujours à l'affection de ton ami qui t'envoie mille baisers.

A Merceron

Hôpital temporaire 21 44 3e division Vichy

P.S. : Comment va Amédée j'espère qu'il va mieux et serait plus fort. Bonjour et bonne santé à toute ta famille.

Lettre 41

Vichy le 11 Juillet 16

 

Chère amie

 

C'est toujours avec plaisir que je reçois ta lettre, je suis toujours à Vichy. Moi il y a un mois qui me croyait presque guérit et j'y suis encore. Je te dirais que je n'en suis pas fâché car je suis mieux à l'hôpital que sur le front.

Depuis quelques jours ma plaie a beaucoup de mieux, mais j'ai toujours une canne pour me servir d'appui.

Chère amie tu ne te doutes pas toutes les personnes qui sont venues faire une cure à Vichy.

Ces jours derniers c'est le roi de Monténégro qui venait faire sa cure. Il y a des toilettes tu ne peux te figurer, aussi depuis quelques jours le temps est beaucoup orageux.

Nous autres soldats on s'en paye quand l'eau tombe à verse et que toutes ces grosses dames sont dans la rue.

En ville je me promène avec mes amis de chambre, ils ne sont pas dans ma contrée mais c'est d'excellents garçons.

J'ai également un ami de ma commune qui est en traitement à Vichy. Alors je suis également avec lui.

Chère amie sur une de tes lettres tu me demandes si c'est vrai ce que vous voulez dire à l'occasion de Geffard qui est marié avec la fille Blay, et bien c'est certainement faux, mes parents me l'auraient dit.

Allons petite amie je termine pour aujourd'hui.

Reçois toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.

 

A Merceron

Lettre 42

Vichy le 20 Juillet 1916

 

Ma chère amie

 

Ma pensée ce matin se tourne vers toi, je viens alors te témoigner les doux sentiments de mon cœur, toujours je suis obligé de confier au papier mon amitié pour toi.

Voilà près de deux mois et demi que je suis à Vichy, certes je ne l'attendais pas d'y rester si longtemps.

Malgré que je vais mieux je m'attends d'y rester encore quelques jours. Chère amie à présent c'est le moment qu'il y a le plus de monde à vichy.

Du matin au soir la musique joue, c'est une ville de plaisir. On ne dirait pas la guerre, si ce n'étaient les pauvres blessés qui circulent dans les rues. Cependant voilà plusieurs jours qui s'écoulent sans qu'il arrive de convois de blessés.

Chère amie hier soir je recevais une lettre de mes parents c'est la misère partout et à présent les travaux sont très pénibles et beaucoup de personnes meurent.

Il faut prendre courage malgré tout que cette guerre finisse bientôt, les allemands reculent sur tous les fronts.

Allons chère amie je termine ma petite lettre.

Reçois toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 43

Vichy 26 Juillet 1916

 

Ma chère Marie

 

Ce matin je t'envoie cette petite missive que tu recevras dans quelques jours et je crois que tu seras très heureuse de la recevoir.

Qu'aurai-je à te dire ce matin, pas grand chose à Vichy c'est toujours la même vie. La musique tous les jours qui joue et même jusqu'à 11 heures du soir. Chère amie c'est vrai de ce moment ci jouer de la musique pendant que là bas les nôtres se battent. Malgré tout beaucoup de soldats sont heureux de l'entendre cela leur fait oublier un peu leurs misères.

Chère Marie je m'attends à aller en permission d'ici quelques temps à présent ma blessure se guérit vite alors il faudra partir.

Depuis quelques jours il n'est pas arrivé de convois de blessés à Vichy.

Du coté de Verdun les combats paraissent moins fréquents et moins terribles.

Ces pauvres poilus doivent souffrir de la soif car depuis quelques jours il fait un chaud terrible.

Il faut toujours espérer à la victoire prochaine des alliés les russes marchent avec une rapidité étonnante des cosaques se sont même avancés jusqu'à 50 kilomètres en hongrie.

Chère amie comment va Amédée, j'espère qu'il reprend des forces par ce beau temps. Bien le bonjour à toute la famille.

Recois chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

A Merceron

 

Hopital temporaire 44 3ième division Vichy allier

Lettre 44

Vichy le 2 août 1916

 

Ma chère Marie

 

J'arrive de souper alors je viens t'adresser quelques mots. Depuis 2 ou 3 jours il fait un temps magnifique et même il fait très chaud.

Les moissons auront sans doute commencé, il fait un très beau temps mais il y aura de la sueur à verser.

Je m'attendais a être en permission pour pouvoir aider à mes bons parents. Mais je suis toujours à Vichy et j'y resterai encore quelques jours. Il y aura 3 mois le 10 août que je suis dans cette ville, je puis dire que j'avais la bonne blessure.

Depuis quelques jours il part beaucoup de blessés, soit en convalescence soit en permission et il y a longtemps qu'il n'est pas arrivé de convois de blessés.

Je crois qu'il font cela rapport à la saison de vichy, à présent c'est le moment qu'il y a le plus de monde.

Ma chère Amie quand donc pourrais-je aller te voir, il y a déjà longtemps que nous nous sommes pas vu, tout cela c'est la faute à la guerre.

Il faut prendre patience cette guerre va se terminer bientôt, alors nous vivrons encore de la vraie vie.

Nous aurons des jours de paix comme nous en avions jamais gouté.

En attendant le plaisir de vous voir.

Recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

 

Alexandre Merceron

Lettre 45

Vichy le 3 septembre 1916

 

Ma chère Marie

 

Ce matin je viens t'apprendre le jour de mon départ.

Je quitte Vichy demain soir à 4 heures, je serais à Saint André mardi en matinée.

Pendant cette permission de 7 jours j'aurai le bonheur de te voir ce qui me fera grand plaisir, j'espère que toi aussi tu seras enchanté.

Ecrit moi au Fournil aussitôt que tu auras reçu ma lettre ensuite nous fixerons le jour de cette petite entrevue.

Je termine bientôt on se causera plus longuement.

Recois chère amie mes amitiés sincères.

A Merceron

 

Bonjour à toute la famille

L'entraînement avant le front, septembre 1916

Lettre 46

 

Fort de la Bonelle le 22 - 9 -16

 

Ma chère marie

 

J'arrive de l'exercice et je viens faire réponse à ta lettre que j'ai reçu hier. Elle a mis deux jours à faire le parcours.

Tu me parles de ta foire de Moncoutant le temps t'a paru bien long, j'ai beaucoup regretté de n'avoir pu y aller moi aussi mais c'était impossible.

Je me rappelle toujours la journée ou on a eut le bonheur de se voir. Journée hélas qui a passé comme un éclair. Et à présent je ne sais pas quand j'aurais une permission je m'attendais d'avoir quinze jour mais je n'y compte plus.

Pour l'instant je ne suis pas malheureux l'exercice n'est pas trop rude souvent on joue barres ou au foot de bal.

Nous sommes en pleine campagne à 6 km de Langres, tous les soir après a soupe du soir je me promène avec quelques camarades on va dans les patelains environnants et on revient pour l'appel.

Le climat n'est pas bon, il fait déjà froid, nous avons du brouillard et de la pluie souvent.  Ce n'est pas étonant Langres se trouve à 475 mètres d'altitude.

Hier nous avons passé de nouveau la visite du médecin chef, je suis toujours à l'entrainement pourtant je boite un petit peu et ce n'est rien à coté de quelques poilus.

Enfin on ne s'en fait pas malgré tout.

Je termine ma lettre présente mes amitiés à tes parents.

Recois l'affection de celui qui ne t'oublie pas.

Alexandre Merceron

21e Infanterie 25 compagnie Fort de la Bonnelle Langres Haute Marne.

Lettre 47

Langres le 20 novembre 1916

 

Ma chère Marie

 

Ce soir ayant un peu de tranquillité je viens répondre à ta lettre du 10. Comme tu le sais j'ai eu huit jours de prolongation et je n'est pas avancé à l'Auduinière qui pourtant m'aurait fait bien plaisir.

Mais tu sais les cas qui m'a retenu à St André et la fin de ma permission n'a pas été gaie du tout.

Quand aurai-je le bonheur d'aller en permission je ne sais pas, peut être deux mois peut être 6 mois, j ne puis savoir.

A présent j'ai quitté Bourg pour aller à Langres. J'ai été nommé avec une quarantaine de camarades pour faire un stage aux mitrailleurs.

Cela retardera toujours mon départ pour le front.

Peut etre aura tu été étonné de n'avoir eu de mes nouvelles plus tot. Et bien à mon retour à Bourg, j'ai été travaillé 7 jours dans une ferme, alors ça a retardé ma correspondance.

Je termine pour aujourd'hui espérant avoir de tes nouvelles bientôt.

Amitiés sincères


Alexandre

 

21 Infanterie Centre de mitrailleurs à Langres

Haute Marne.

Lettre 48

Langres le 28 Novembre 1916

 

Ma Chère Marie

 

Je viens répondre à la grande lettre que j'ai reçu avant hier. C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je les reçoit.

Tu voudras bien me pardonner si je retarde un peu à écrire.

Depuis que je suis aux mitrailleurs faire un stage nous avons beaucoup de travail surtout comme théorie.

Il faut connaître toutes les pièces de la mitrailleuse en général, pour cela on est obligé de les inscrire sur un carnet pour se les rappeler facilement. Le matin nous avons théorie et la soirée on fait des exercices de mise en batterie.

Sur ta lettre que tu m'envoie dernièrement tu me raconte ton voyage chez M Vrignault, ton entretien avec les demoiselles Vrignault.

J'ai fait part à mon frère des détails qui pourraient l'intéresser à ce sujet.

Il me reste à te remercier de m'avoir fournit tous ces détails qui peut être intéressent mon frère.

Je suis obligé d'abréger ma lettre rapport qu'on part dans quelques instants.

Présente mes amitiés à ta famille.

Ton ami qui ne t'oublie pas.

 

Alexandre

 

21 Infanterie Centre de Mitrailleurs à Langres. Hte Marne.

Lettre 49

Langres le 7 décembre 1916

 

Ma chère Marie

 

J'emploie une partie de ma soirée pour venir répondre à ta lettre que tu m'envoyais ces jours derniers. Depuis trois ou quatre jours je suis un peu indisposé, j'ai attrapé un gros rhume je ne sais où. Mais toujours est il que je garde la chambre depuis lundi. Sans doute que ça va passer comme ça, le temps est malsain depuis quelques jours, souvent du brouillard ou de la pluie. Ces temps ci c'est la neige qui vient de faire son apparition. C'est l'hiver. Mais pour nous qui sommes au dépôt on se trouve bien heureux auprès de ceux qui sont dans les tranchées.

On peut toujours se soigner si on a quelque chose. Nous étudions toujours la mitrailleuse, le fonctionnement et la façon de tirer et de mettre en batterie. C'est assez intéressant, bientôt on partira à Chaumont.

Je ne sais pas si j'irais, rapport que je suis exempt de service et ne peut suivre le cours régulièrement.

Mais enfin je verrais cela la semaine prochaine.

Voilà le premier de l'an qui avance, ce serait pour moi un grand plaisir d'aller offrir mes vœux et souhaits à ceux que j'aime. Malheureusement je suis trop éloigné et je n'y compte point. Peut etre aurai-je sept jours avant de partir au front encore ce n'est pas certain.

Ma Chère amie je ne vois plus grand chose à te faire part.

Crois toujours à mes meilleurs sentiments.

 

A Merceron

21 infanterie Centre de mitrailleurs

Langres

Haute Marne

Lettre 50

Langres le 15 décembre 1916

 

Ma Chère Marie

 

De soirée je viens te donner de mes nouvelles qui sont relativement meilleures.

Mon rhume est à peu près guéri et j'ai repris mon service depuis 2 ou 3 jours. Il y a beaucoup de malades de ce temps ci, depuis deux ans de guerre beaucoup ont attrapé quelque chose et par le mauvais temps tout cela revient.

Depuis plusieurs jours nous avons de la neige, ce matin la couche était épaisse.

Peut être partirai-je bientôt à Chaumont finir notre stage.

J'écrirais plus longuement à mon arrivée.

Reçoit l'amitié de celui qui ne t'oublie pas.

 

A Merceron

Lettre 51

Chaumont le 8 Janvier 1917

 

Ma Chère Marie

 

De soirée comme j'ai pas mal de temps à ma disposition, j'en profite pour m'entretenir avec toi.

J'ai reçu avec plaisir ta lettre datée du 1er, il leur faut du temps à mettre le parcours. Je ne sais à quoi attribuer cela.

Crois mes remerciements pour les bons vœux que tu formes pour moi.

Il faut espérer qu'ils se réaliseront.

Ma Chère Marie voilà mon stage de mitrailleurs bientôt terminé.

Sans doute on se dirigera vers Langres la semaine prochaine. Je pense déjà à la petite permission que j'espère avoir. Ce sera une perme de 7 jours avant de partir au front.

Je serais heureux de m'entretenir plus longuement avec toi. Voilà près de 3 mois que j'ai été en permission qui hélas ! n'a pas été des plus gaies. Je n'aurais pas cru rester si longtemps au dépôt.

Mais puisque cette méchante guerre ne se termine pas il faudra encore y retourner.

A Chaumont nous avons toujours du mauvais temps soit de la pluie soit de la neige.

Au revoir ma petite Amie. Je termine pour aujourd'hui.

Crois toujours à mes amitiés.

 

Alexandre.

Lettre 52

Epinal le 5 février 1917

 

Chère petite amie

 

Je suis avec toi par la pensée. Ta lettre du 30 janvier a mis du temps à me parvenir.

Il en est ainsi des lettres de ma famille, il est vrai que je suis peut être à huit ou neuf cents kilomètres.  Je t'assure qu'il fait excessivement froid, la température varie vers 17 degrés au dessous de zéro, alors tu peux voir.

Beaucoup de personnes d'Epinal n'ont jamais vu de froid pareil. Je crois que dans le bocage le froid se fait également sentir.

Il faut que le bon dieu protège nos poilus du front pour qu'ils résistent aux intempéries.

Ma petite amie je n'espère plus aller en permission avant de partir au front, je n'est pas droit, il me faut 4 mois de dépôt depuis ma permission agricole.

Je peux partir au front d'ici quinze jours, peut être aurai-je ma perme au dépôt divisionnaire.

Pour l'instant je me trouve bien au dépôt, on a un bon poël pour se réchauffer.

Allons ma petite Amie tu présentera tes amitiés à tes bons parents, je te souhaite bonne santé.

Recois mes bonnes amitiés.

Ton ami

 

A Merceron

Au front, mars 1917

Lettre 53

 

Aux armées le 2 mars 1917

 

Ma chère amie

 

Hier soir j'avais le bonheur de te lire ta lettre qui était datée du 23.

Tu vois qu'elle a mis du temps à me parvenir. Mais sur le front il en est toujours ainsi. Tu auras trouvé étonnant que j'étais dans un régiment de relève mais à présent il ne faut pas faire attention nous avons des jeunes de la classe 17. Nous sommes partit hier pour une direction inconnue mais c'est sûrement pour aller en tranchées. Il fait un beau temps pour marcher mais les routes sont très sales.

Pardonne moi si mes correspondances sont plus rares car je t'assure que nous avons peu de temps à nous.

Ton petit ami qui pense à toi.

A merceron

Lettre 54

Aux armées le 21 mars 1917

 

Ma chère marie

 

Il y a déjà quelques jours que j'ai reçu ta charmante petite lettre. A l'instant ou je t'écris nous sommes guère à 300 mètres des 1ères lignes.

Tu comprendras que c'est très difficile pour écrire. Nous avons déjà fait une journée de 1ère ligne. Le secteur n'est pas des plus calmes souvent bombardements d'artilleries ou de torpilles.

Depuis trois jours nous sommes dans une cagna construite avec des troncs d'arbres et recouverte de terre, c'est l'ouvrage des boches. Le jour on reste terrés pour ne pas être aperçus des avions ennemis qui planent sur nous. La nuit on sort de son trou soit pour se ravitailler ou pour travailler en 1ère ligne. Je me porte bien.

Ton ami

Alexandre Merceron

Lettre 55

Au Fournil le 3 avril 1917

 

Ma chère Marie

 

Je suis heureux de te faire part que je possède une petite permission de 7 jours.

Nous avons été relevés des tranchées la nuit du 24 au 25, et c'est une nouvelle circulaire ministérielle qui m'a donné droit à ma petite perme.

J'ai arrivé chez mes parents vendredi dernier, je t'assure qu'ils ont été beaucoup surpris de mon arrivée dont ils ne s'attendaient pas du tout.

J'ai eu la douleur de trouver maman au lit ce qui occasionné le retard à t'écrire, car j'espérais toujours qu'elle irait mieux et alors j'aurai fixé le jour pour aller te voir.

Je t'assure que c'est pour moi bien pénible de ne pouvoir avancer à l'Auduinière pendant ces 7 jours de permission.

De ton coté, je vois d'avance la tristesse que tu éprouveras en recevant ma lettre.

Tout cela c'est la faute à cette méchante guerre qui se prolonge toujours.

Allons je te quitte ma Chère Marie.

Crois toujours à mes bonnes amitiés.

 

Ton ami

 

A Merceron

Lettre 56

Aux armées le 24 avril 1917

 

Ma chère Marie

 

Aussitôt de retour à mon régiment je t'envoyais une petite carte, mais j'attends toujours la réponse. Comme nous avons changé de secteur peut être ta lettre s'est égarée.

Je ne pense pas que tu sois fâchée de n'avoir pas avancé à l'Auduinière pendant ma permission, je t'est dit sur ma dernière lettre ce qui m'avait empêché d'aller te voir. Je m'attends à te lire d'ici peu. Depuis que je suis de retour j'ai toujours été en ligne.

Dieu merci le secteur est très calme.

Je suis pionnier provisoirement nous construisons de solides blocos de mitrailleuse. Depuis quelques jours nous avons du beau temps, le soleil se montre à la première heure pour nous réchauffer.

Dans l'attente de te lire reçoit l'affection de ton ami.

 

Alexandre Merceron 255 RI 5 Cie de mitrailleurs secteur 71.

Lettre 57

8 juin 1917

 

Chère amie

 

Hier je recevais ta lettre du 2 juin je vois que les lettres circulent beaucoup plus vite, nous sommes toujours au même endroit. Je crois te l'avoir dit sur ma dernière lettre. Nous sommes à 2 km des premières lignes, les premiers jours on tirait avec nos mitrailleuses sur avions à présent on ne tire plus sans ordre.

Pour l'instant le secteur est très calme on n'a pas lieu de se plaindre. La nuit nous allons travailler dans un boyau tout près des lignes, mais ce n'est pas trop fatigant. Pour te dire exactement où je le trouve il m'est impossible, ça nous est strictement défendu.

Nous avons toujours du beau temps même il fait chaud. Je te quitte pour aujourd'hui. Dans l'attente de te lire reçoit mes bonnes amitiés.

Merceron

Lettre 58

16/06/1917

 

Ma chère Marie

 

Je viens répondre à ta charmante petite carte du 14 qui m'a fait beaucoup plaisir.

Il y a toujours à cette pauvre compagnie quelques nouvelles victimes de cette méchante guerre. Malgré tout il ne faut pas se désoler et espérer dans la paix d'ici peu.

Nous sommes toujours au repos, mais sans doute que nous allons monter à nouveau en ligne dans 2 jours. Il fait toujours un temps chaud, l'été s'annonce des plus secs.

Je te quitte. Reçois chère amie mes bonnes amitiés.

Alexandre Merceron

 

Alexandre MERCERON a été tué 29 Juin 1917, à Verdun, secteur d'Avocourt (quartier malleray)

 

 

 

 

 

 

 

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