Voici
donc les lettres du fiancé de mon arrière grand mère, qui est mort au bois
d'Avocourt en le
Pour la correspondance,
j'ai respecté l'orthographe des lettres, donc il y a quelques fautes. Dans
certaines, il manque quelques mots qui étaient illisibles, mais dans l'ensemble
c'est assez correct.
Guillaume, mars 2009
Pour une meilleure lecture,
j’ai volontairement ajouté des chapitres, sinon le reste est exactement
conforme à l’original. Il est dommage que le Journal des Marches et Opérations
du 255e RI n’existe plus, car nous aurions peut être trouver les
circonstances de sa mort
Didier, mars 2009

La mobilisation, décembre 1914
Rougeole, convalescence, la réforme, février 1915
Bon pour le service :
septembre 1915
En route vers le front,
mars 1916
La Blessure au pied,
mai 1916, les Hôpitaux
L'entraînement avant le
front, septembre 1916
![]()
Au fournil le
Mademoiselle
C'est
ce soir que je prends un moment de repos, et que dirai-je de plaisir pour
placer ces quelques lignes.
Depuis
huit jours j'ai souvent pensé à vous j'ai pensé en ces deux jours de fête et de
gaîté que nous avons passer ensemble à la noce de la filleule à maman.
Dès
en ces jours mes pensées étaient pour vous et à plusieurs moments j'ai eu envie
de vous adresser quelques mots, mais j'ai hésité pensant que peut être vos
promesses était faite à un autre, et votre main était déjà promise. Mais ce
souvenir étant toujours à ma pensée je crois sans vous faire sottise que je
pouvais vous faire connaître mes idées chère amie. Croyant à votre bon cœur,
j'espère de vous une réponse me disant franchement ce que vous pensez faire, si
c'est inutile veuillez avoir la bonté de me le dire comme étant un peu éloigné
de vous si vos idées n'étaient pour moi.
Je
resterais tranquille. En attendant une réponse, recevez l'amitié de celui qui
désire être votre ami.
Alexandre
Merceron
Voici
mon adresse :
Alexandre
Merceron fils demeurant au Fournil commune de St André par la foret sur Sèvre
(Deux Sèvres)
Le Fournil le
Mademoiselle
Malgré la distance qui nous
sépare, ma pensée toute inquiète traversant l'horizon s'envole souvent vers
vous, que vous dirai-je, cependant je parle bien dans l'incertitude et au
hasard, faut il hélas que nos demeures soit si éloignées, car autrement j'aurai
sans doute occasion de vous voir et pourrais vous dire de vive voix ce qu'il
m'est bien doux de penser.
Cela est pour moi un ennui
que de me trouver si éloigné de vous, il faut alors que je me contente d'une
simple feuille de papier pour vous exprimer toute mon affection.
Veuillez donc Mademoiselle me
faire réponse, vous me direz alors si c'est inutile que je vous écrive,
autrement je vous écrirait de temps en temps, il m'est si doux de m'entretenir
avec vous et d'ici peu, nous pourrions peut être nous voir. En attendant avec
impatience cet heureux jour recevez l'affection de celui qui désire être votre
meilleur ami.
Alexandre Merceron

Au Fournil le
Mademoiselle
Les
semaines passent, et les mois s'écoulent encore avec une assez grande rapidité,
mais pour moi le temps me paraît toujours bien long. Il y a sept mois que je
vous avais vu pour la première fois, et depuis je n'ai pu vous revoir cela est
bien trop long n'est pas, et pourtant ma pensée toujours inquiète s'est envolée
bien des fois vers vous, peut être inutilement mais enfin l'espérance
encourage.
Si
vos idées n'ont pas changées j'espère que vous me ferez réponse. J'ai aperçu un
jour dont il me semble que nous pourrions nous voir il y a dans peu de temps
une jolie foire à Bressuire que vous connaissez sans doute la foire St Jacques.
Je ne doutent pas de vos bonnes volontés, je pense beaucoup vous voir ce jour
là, sans doute je ne serai pas seul mon frère sera avec moi.
Si
vous avez une amie pour vous faire compagnie, je crois que l'on passerai un
petit moment de plaisir et de gaieté. Veuillez donc chère amie me faire réponse
si cela peut vous faire plaisir. Je vous écrirait sans doute une autre fois van
la foire afin que cela soit plus sur. En attendant une réponse le plus tôt
possible.
Recevez
chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Mademoiselle
C'est
la main toute tremblante que je prends le porte plume et c'est le cœur peu
rassuré que je vous trace ces quelques mots.
Qu'avez
vous pensé de moi depuis quinze jours.
Oh
hélas tout est peut être changé entre nous, mais malgré cela je ne puis rester
sans vous écrire en espérant une réponse qui sera favorable.
Parlons
de cette pauvre foire je sais oui ou non si vous y êtes allée en tout cas je
vous demande mille excuses moi je suis resté chez nous je vais vous en dire le
cas.
Nous
pensions jusqu'à la veille aller à la foire.
Vous
savez qu'une épidémie de fièvre aphteuse est répandue dans tout le pays, tout
notre voisinage est atteint de la fièvre, nos moissons étaient coupées, notre
mécanicien nous as demandé si nous voulions battre à la machine dès le samedi
autrement il partait sur Montigny ne pouvant pas battre sur St André à cause de
la maladie. Mon père a décidé de battre et le vendredi nous avons rentré des
gerbes toute la journée, pensez si je n'aurais pas préféré être à la foire,
mais je ne pouvais désobéir à mon père en un pareil cas.
Depuis
ce temps je n'ai oser vous écrire tout hésitant mais le cœur rempli de votre
souvenir j'ai bravé mon intimité et vous avoue tout au plus juste, sans
mensonge espérant que vous me pardonnerez, malgré que ce n'est pas ma faute.
Veuillez donc me faire réponse, si toutefois vous aviez fait d'autres amitiés
depuis ce temps là veuillez me le dire, ou si vos idées n'ont pas changées je
laisse tout à vos bonnes volontés je serai bien content de vous voir vous me
marquerez un autre rendez vous soit à Moncoutant soit à l'assemblée de Pitié le
8 septembre je crois soit un dimanche à Moncoutant excepté dimanche prochain
que je ne puis pas sortir.
Veuillez
donc avoir avec vous une amie étant éloigné je n'y serai pas seul j'aurai avec
moi mon frère pour me tenir compagnie. En attendant une réponse qui me fera
plaisir recevez chère amie tout l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Si
vous préférez la foire de Moncoutant qui sera le jour de l'assemblée de Pitié,
vous le trouverez peut être moins loin. En attendant avec plaisir une réponse.
Au Fournil le
Mademoiselle
Voilà
bientôt un mois qui s'est écoulé depuis notre petite entrevue à l'assemblé de
Pitié. Certes un mois c'est long en comparant avec l'instant où j'ai eu le
bonheur de vous voir.
Vous
direz peut être que s'est bien de ma faute, que je pourrais bien aller voir à
St Étienne comme il avait été question un peu. Je serais très heureux de me
trouver pas si éloigné de vous et de pouvoir vous parler plus souvent mais pour
aller à St Etienne c'est loin, nous sommes jeunes tous les deux, il faut
attendre une décision plus sure encore.
Chère
amie permettez moi de vous appeler ainsi
si vous avez mon bon cœur je crois bien que vous vous rendrez à
Moncoutant un jour de foire je laisse à votre disposition : la foire du mois de
novembre du 2e lundi ou la foire Ste Catherine le 25 Novembre.
Pour
la foire prochaine je crois que papa et maman veulent y aller, alors il faut
bien rester quelques-uns à la maison.
Tachez
donc d'avoir avec vous votre amie la fille Vrignaud de Courlay je crois qu mon
frère serait très heureux de faire connaissance avec elle.
En
attendant avec impatience le jour où j'aurais le bonheur de vous voir. Recevez
chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
P.S.
: Je vous écrirais toujours une autre fois avant le jour fixé afin que ça soit
plus sur. J'espère une réponse avant peu.
Au Fournil le
Chère
amie
Encore
une fois permettez moi de vous appeler ainsi, car croyez le si cela n'avais pas
été mon idée, je ne vous aurai pas écrit, je n'aurai pas fait les démarches de
la foire St Jacques et de l'assemblée de Pitié tout exprès pour vous voir et
tout décidé à aller vous voir à Moncoutant.
Vous
me dites que c'est des encouragements que j'ai reçu, que ce n'est peu être pas
de bon cœur ; Oh détrompez vous toutes mes idées étaient pour vous, je
trouverai très ridicule de sacrifier tout son temps, toutes ses idées pour une
fille que l'on aime pas et que l'on attend rien d'elle.
J'étais
très heureux de m'entretenir avec vous mais pour aller à St Etienne je trouvais
très loin surtout que je suis seul, je ne vous ai jamais dit que je n'irais
pas, mais je voulais attendre quelques temps espérant vous voir à Moncoutant
avec votre amie de Courlay la fille Vrignaud dont il ferait plaisir à mon frère
de connaître et qui sera sans doute avec moi.
Votre
réponse m'avait froissé, moi qui vous avait toujours parlé du fond du cœur et
sans penser à d'autres. Je désirerais beaucoup me trouver pas si éloigné de
vous alors vous me connaîtriez mieux et vous ne pourriez pas me dire des choses
pareilles. Si vous avez bon cœur j'attends de vous une réponse et qui je
l'espère me sera favorable.
En
attendant recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Mademoiselle
Encore
une fois et malgré tout je veux vous tracer ces quelques mots.
Je
ne puis laisser en oublie une chose que je croyais si bien commencée. Il y a un
mois que je vous est écrit et je n'est jamais reçu de vos nouvelles, allons je
ne s'est pas si ma pourrait être perdu en route, car je ne crois pas que vous
ayez hésité à me faire réponse ayant l'habitude de me répondre aussitôt. Si vos
idées étaient changées je crois vraiment que vous me l'auriez dit. Tachez donc
chère amie de me faire réponse, et de me dire ce qui se passe. Pour moi je vous
assure qu'il y a un mois que je vous est écrit, tout joyeux croyant quand peu
de jours comme d'habitude , je pourrais lire ce que vous aviez pensée puisque
je puis ne vous voir autrement.
Je
suis très content quand je reçois de vos nouvelles espérant que plus tard je
pourrais vous voir plus souvent où il est question de mille et mille choses
bien douces à pensé et meilleur encore à dire.
Pour
moi mon idée était certainement pour vous je ne puis penser à d'autres ; qu
voulez vous si vos idées étaient changées faudrait bien se soumettre car cela
serait pourtant un grand ennui pour moi. Je vous avait marqué sur ma lettre que
j'irai à la foire St Catherine, tachez donc d'y venir ou si vous préférez la
foire du 8 décembre ce sera à votre choix je serai très content de vous voir.
Je serai sans doute avec mon frère, mettez y un peu de bonne volonté vu que ce
n'est pas très loin de chez vous.
J'espère
aussi aller à St Étienne avant que ça soit peu papa et maman veulent aller voir
notre cousin Decron et j'irais sans doute avec eux je crois que c'est pour
faire une partie de chasse et maman pendant ce temps là irait voir la mère Talon
et sans doute nous passerions la chercher dans la soirée.
En
attendant chère amie une réponse qui je l'espère sera favorable.
Recevez
les meilleurs sentiments de celui qui ne vous oublie pas et qui voudrait être
votre meilleur ami.
Alexandre
Merceron
Le Fournil le
Chère
amie
C'est
avec la pensée toujours inquiète que je prends un moment de plaisir pour
m'entretenir avec vous.
Que
confirai-je hélas à une simple feuille de papier, pauvre petite missive qui
reçoit sûrement les secrets de mon cœur et s'en va peut être les porter au
hasard sans trop savoir le résultat des petits entretiens qu nous avions depuis
quelques temps.
Sans
perdre confiance, je ne suis jamais trop rassuré, je vois hélas l'avenir trop
loin où je pourrais vous parler d'affaires très sérieuses, et je crains que
vous ne soyez pas assez patiente pour vouloir attendre un jeune homme pas plus
âgé que moi, si vos idées étaient changées cela me causerai de la peine car je
puis vous assuré que je pense pas à une seule autre qu'à vous.
Croyez
bien que si j'étais age à disposer de ma liberté que j'aurai avec votre
permission été vous voir plusieurs fois à St Étienne ou chez vous si vous me
l'aviez permis mais la distance étant un peu éloignée et l'ennui de penser que
vous trouverez le temps trop long. Je vois croyez vous que vous serez sûrement
à même de garçons très convenables qui vous ferons oublier les petits
entretiens déjà si bien commencés à mon égard.
Oh
alors si vous demeuriez à 4 ou
Chère
amie j'espère de vous une réponse le plus tôt possible et de m'en marquer un
peu plus long et me dire vraiment ce que vous penser, il m'est si doux de
m'entretenir avec vous, lire ce que vous avez pensée et croyant toujours à la
générosité de votre bon cœur, j'attends une réponse qui me fera plaisir.
Recevez
chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Chère
amie
Toujours
dans les mêmes idées, je viens vous dire bonjour, un bonjour tracé avec la
plume sur une simple feuille de papier, cela n'est pas grand chose, mais à
l'approche d'une saison bien plus favorable j'espère vous dire de vive voix
après ces fêtes de Pâques ce qu mon cœur a de plus intéressant à votre égard.
Oui
avec votre permission dans les dimanches qui précéderont Pâques j'espère aller
vous voir à St Etienne. En attendant si vous vouliez me faire grand plaisir ce
serait de vous rendre à Moncoutant le Lundi de Pâques jour de la foire, là nous
fixerions le dimanche que j'irais vous voir si cela vous fait plaisir. A la
foire j'irais sans doute car mon frère est décidé d'y aller et m'encourage
d'aller avec lui.
Avec
un peu de bonne volonté j'espère vous causer de vive voix ce jour là ; croyant
à votre bon cœur j'espère de vous une réponse qui je l'espère partagera mes
désirs.
En
attendant le plaisir de vous voir recevez chère amie toute l'affection de celui
qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Chère
amie
Déjà
plus de trois semaines se sont écoulées depuis notre entrevue à la foire de
Moncoutant, qui n'a durée qu'un instant en comparaison des mois entiers que
l'on passent sans se dire bonjour.
Vous
aurez peut être pensée que j'irais vous voir comme il avait été question.
Non
j'hésitais je n'avais guère eu de relation ave votre père et toujours craintif
je ne lui avait pas demandé la permission d'aller vous voir. Alors je ne
pouvais me hasarder à aller à St Etienne dans de pareilles conditions. Chère
amie une autre cas se présente sans m'y attendre l'autre jour à la foire de
Bressuire papa a rencontré son ami votre cousin fridolin Vrignaud de Courlay
qui lui a dit qu'il allait vous voir le lundi de la pentecôte et il à fait permettre
à papa que nous y allions ensemble le même jour.
Papa
ayant été invité par votre père plusieurs fois je crois qu'il se décide et l'on
devra s'attendre à Moncoutant. Bien content d'une pareille occasion j'irais de
grand cœur. Veuillez donc prévenir vos parents, et si cela était changé que
vous ne pouviez pas nous recevoir ce jour là vous me feriez réponse.
En
attendant de vos nouvelles et surtout le plaisir de vous voir recevez chère
amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Bien
le bonjour de ma part à votre famille.
Au Fournil le
Chère
Amie
Deux
mots seulement au sujet de la visite que nous devions vous rendre le lundi de
Ayez
donc chère amie la bonté de me faire réponse en me disant les idées de vos
parents. S'ils préféraient un autre jour nous laisserions à plus tard la partie
mise, ou autrement si le temps le permet nous irions ce jour là, tout en allant
voir le père Talon qui serait bien contrarié si nous n'allions pas le voir.
En
attendant de vos nouvelles recevez toute l'affection de celui qui désire être votre
meilleur ami.
Alexandre
Merceron
Bien
le bonjour de ma part à votre famille
Au fournil le
Chère
amie
Veuillez
me pardonner le retard que j'ai à vous écrire, j'aurai du vous tracer ces
quelques lignes dès que l'on eut reçu des nouvelles de votre courrier à Courlay
; mais vous connaissant bien j'espère que ma lettre sera malgré tout bien
accueillie par vous. Voici chère amie comment les choses se sont passées,
jusqu'à l'avant veille on était très décidé à aller vous voir et moi-même
particulièrement j'étais enchanté de faire une petite promenade à Saint Étienne
espérant les uns autant que les autres qu'on aurait passés une journée vraiment
heureuse. Mais voici que le samedi veille de pentecôte mes parents reçurent une
lettre de votre cousin Fridolin Vrignaud en disant qu'il y avait un cousin de
la famille qui était très mal et que par conséquent la partie était remise à
plus tard. Je vous assure qu'on ne savait trop ce qu'en faire, on était dans
l'indécis, on se disais peut être s'attendrons t'ils à nous., justement dans
les jours on avait envoyé deux mots au père Talon en lui disant qu'on allait
lui rendre visite le lundi de la pentecôte.
Mais
enfin après avoir remuer ces questions un peu embarrassantes ont s'est décidé à
rester, on s'est dit qu'il y a un cousin de gravement malade il est sans doute
de leurs parents alors dans ces cas on n'est pas disposés pour avoir de la
compagnie. Je regrette chère amie car depuis longtemps je comptais sur cette
journée pour redire de nouveau les meilleures pensées qui s'échappent de mon
cœur et s'envole vers vous.
Malgré
toutes ces petites ennuies j'attend une réponse qui me donnera bonne nouvelle
et dont je serais heureux de lire malgré qu'elles soient trop courtes les
quelques lignes de celle que je crois malgré tout ma meilleure amie.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Chère
amie
Le
temps s'écoule avec une assez grande rapidité et déjà trois semaines se sont
écoulées depuis notre entrevue chez vos parents.
Je
vous assure que je suis très content de cette petite promenade, car j'ai vu
avec quelle amabilité nous avons été reçu. Vos parents nous ont fait bon
accueil, j'espère alors de temps en temps aller vous voir à Lauduinière.
Combien de fois chère amie l'on s'avait écrit en se disant de bien belles
paroles, des paroles
Texte manquant
Au Fournil le 31.07.1914
Chère
amie
Je
ne puis attendre plus longtemps sans vous écrire car je suis contrarié d'une pareille
nouvelle ; Chère amie je m'en prends nullement à vous autres et ça ne m'étonne
pas du tout que vous ne sachiez pas le jour de l'assemblée de Courlay ; mais ce
que je trouve très drôle c'est que votre cousin Vrignaud qui habite Courlay
depuis longtemps ne sache pas le jour de l'assemblée.
Ce
qui m'étonne encore c'est quoique vous ayant renseigner un mauvais dimanche sa
famille ne l'est éclairci sur ce point et alors vous avertir que l'assemblée de
Courlay se trouvait le 2 aout.
Je
regrette beaucoup d'une pareille erreur, car je m'attendais bien de pouvoir
vous causer ce jour là je suis si heureux de m'entretenir avec vous.
Mais
il m'est impossible d'aller chez vous ce jour là car nous avons à Courlay de
proches parents qui s'attendent à nous depuis longtemps et nous avons recu une
lettre d'eux cette semaine en nous invitant à aller diner chez eux alors je ne
puis me dispenser d'y aller. Chère amie si vous me le permettez, j'irais vous
voir d'ici quelques temps mais étant très loin j'aurai été très content de vous
rencontré à Courlay en attendant de vous voir chez vous.
Les
obstacles sont nombreux votre cousin Cousin a été cause une autre fois d'une
pareille erreur le lundi de
Malgré
tout laissons de coté toutes ces ennuies et d'ici quelques jours j'irais vous
voir quand les ouvrages seront un peu déterminées. En attendant une réponse qui
me fera plaisir recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous
oublie pas.
Alexandre
Merceron
Chère amie
Malgré
le temps d'alarmes et de misère que nous traversons, malgré les angoisses qui
envahissent à cette époque dirai-je tous les cœurs de français je ne puis
m'empêcher que de vous dire un nouveau bonjour.
Que
de tristes et lamentables nouvelles sont survenues depuis nos dernières
relations, je vous avait écrit deux jours avant la mobilisation et je n'ai
jamais reçu de vos nouvelles je ne doute nullement que vous ne m'ayez pas fait
réponse mais la poste fonctionnant mal votre lettre s'est sans doute égarée.
J'espère
bien recevoir une réponse car le temps m'a paru bien long depuis que j'ai reçu
de vos nouvelles, vous me marquerez aussi des nouvelles de la famille Talon ce
que sont devenus ses enfants pour nous bien épargnés nous sommes tous au foyer
paternel.
Chère
amie j'ai pourtant vu dire que la classe 1915 allait être appelée en tout cas
si la patrie en danger a besoin de nous pour renforcer ses rangs j'irai moi
aussi défendre fièrement mon beau pays de France et aider à chasser ces
allemands si féroces et si barbares qui font partout les pires atrocités.
Depuis un mois nos braves soldats aux cœurs généreux luttent sans cesse, déjà
beaucoup sont tombés sur le champ d'honneur, d'autres sont blessés ou usés par
la fatigue ou la misère alors ces braves soldats auront besoin de repos qu'ils
ont si bien gagné.
Quoique
la guerre cesserait bientôt je crois que l'on compte sur les classes 14 et 15
pour reformer l'armée afin d'envoyer au milieu de leur famille ces vaillants
soldats.
Chère
amie au milieu de toutes ces adversités mes meilleurs souvenirs sont toujours
pour vous et si vos idées sont les miennes elles ne feront qu'un rêve qui plus
tard je l'espère sera réaliser ; si toutefois vos idées avaient changé veuillez
me le dire.
En
attendant de vos nouvelles tout en demandant à dieu qu'il nous envoie des temps
meilleurs recevez chère amie toute l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Chère
amie
Déjà
plus d'un mois s'est écoulé depuis que j'ai reçu de vos nouvelles et la guerre
continuant ses ravages la situation devient de plus en plus pénible, la
tristesse les deuils sont déjà bien nombreux parmi nous, 4 voisins et amis sont
tombés à l'ennemi de notre commune et beaucoup d'autres sont blessés. La
situation de notre pauvre France est déplorable sans doute nous auront la
victoire mais nos armées n'y parviendront que très lentement, nous avons un
ennemi acharné à combattre et dans quelques mois la température sera pour nous
un second ennemi le froid fera sans doute beaucoup de misère à nos troupes.
Chère
amie nous avons passé en revue le 13 octobre à Cerizay, le major a jugé que moi
aussi je serai appelé sous les drapeaux si la guerre se termine avant peu je n'aurai
sans doute rien à craindre, mais en face d'une pareille situation je crois
vraiment que moi aussi je serai obligé d'aller sur les rangs pour combattre ces
ennemis féroces.
Depuis
huit jours j'ai bien pensé à Amédée je souhaite de tout cœur qu'il reste près
de vous car vraiment le temps n'est pas bien favorable pour partir à la
caserne.
Veuillez
me faire réponse et vous me marquerez le sort qui est décidé pour lui, si
toutefois ils avaient décidé pour lui le sort militaire je serai très heureux
de me trouver avec lui dans une même caserne ou nous ferions je crois une paire
d'amis intimes.
Chère
amie avant de partir pour la caserne je serai très heureux de pouvoir
m'entretenir avec vous alors je crois que nous partons avant trois semaines,
pour aller chez vous cela n'est pas bien facile car notre jument est mobilisée
il y a déjà longtemps pourtant j'aurai été très content de dire bonjour à vos
parents ainsi qu'a la famille Talon. Malgré tout tachez donc de venir à la
foire de Moncoutant le 9 Novembre j'irai toujours je serai bienheureux de vous
voir aussi Amédé.
En
attendant une réponse qui me donnera de vos nouvelles recevez chère amie toute
l'affection de celui qui ne vous oublie pas.
Alexandre
Merceron
Au Fournil le
Chère
amie
Comme
j'ai reçu ma feuille de route j'aurai cru manquer à mon devoir d'ami si je ne
te faisait pas part de mes nouvelles avant mon départ.
Le
temps passe encore assez vite, il y a environ deux mois on était convoqués
devant les conseils de révision et maintenant nous voilà à l'avant veille du
départ pour la caserne.
Le
sort m'a désigné pour Châtellerault 32ème régiment d'Infanterie.
Je
suis tout seul de St André qui est désigné pour cette garnison.
J'aurai
été très heureux d'aller à
J'aurai
été aussi enchanté Chère amie de pouvoir te dire un dernier bonjour avant de
partir, tu m'avais dit à notre dernière entrevue de demander une voiture aux amis
et d'aller te voir mais les juments sont tellement rares à présent et la
distance étant encore assez longue je n'ai pas pu réaliser ton désir avec
beaucoup de regret.
Chère
amie je m'attends à une réponse tout de suite ou tu me diras le sort d'Amédée car
je pourrais peut être recevoir ta lettre avant mon départ. Je dois arriver à
Châtellerault jeudi prochain avant
Ton
ami qui pense souvent à toi
Alexandre
Merceron
Chère
amie
Comme
c'est aujourd'hui dimanche j'en profite pour t'écrire, comme ça change les
affaires dans six mois.
Dans
le mois de Juillet c'était le calme, je dis le calme pas tout à fait, la
religion catholique était bien persécutée depuis plusieurs années, mais
maintenant c'est cette impitoyable guerre qui met tout le monde dans le deuil
et la misère.
Toutes
les classes ont parti les unes après les autres et me voilà moi aussi rendu
dans une caserne depuis quatre jours. Je puis te dire que ça a bien changé pour
moi aussi cette vie de la caserne non pas ce que c'était chez mes parents.
On
est à peu près moitié habillé et je n'ai pas pu aller à la messe aujourd'hui.
Dans ma chambre je ne connais personne des environs. J'avais parti avec deux ou
trois copains du pays et je ne les ai pas revus depuis. Mais on a vite fait des
camarades et j'ai trouvé quatre ou cinq bons amis. On est très bien nourris, on
a assez de pain mais la cuisine n'est pas toujours bonne.
Chère
amie et Amédée qu'est il devenu ou a t'il été affecté. Je ne crois pas qu'il
soit à Châtellerault. Vers chez nous tous ceux que leurs noms commencent par P
sont partis à Cholet alors je pense qu'Amédée y sera peut être rendu.
Je
regrette beaucoup que nous allions pas ensemble. Chère amie je m'attends de tes
nouvelles d'ici peu et tu me diras ce qu'est devenu Amédée. Souhaite bien le
bonjour de ma part à tes bons parents et à la famille Talon.
Ton
ami qui ne t'oublie pas et qui t'embrasse bien fort.
Alexandre
Merceron 32ème d'infanterie 25 ème compagnie Chatellerault (Vienne)
Châtellerault le
Mademoiselle
Je
suis tout heureux à l'approche du nouvel an de venir t'offrir mes meilleurs
vœux et souhaits de bonne année. J'aurai bien préféré t'offrir mes vœux de
bouche mais comme le sort nous a éloigné bien loin l'un de l'autre mes
sentiments n'en sont pas moins ardents.
Je
te souhaite donc pour l'année 1915 que de la joie et du bonheur que tous tes
vœux et désirs s'accomplissent que toutes les maladies et les peines de toutes
sortes soient éloignées de toi.
Chère
amie voilà à peu près huit jours que je suis au service de a France et il faut
espérer que la paix la plus calme règne bientôt afin qu'on soit écarté de ce
terrible fléau : la guerre.
Je
t'avais déjà écrit mais je n'ai point reçu de tes nouvelles.
Oh
je ne doute point de toi, je connais ton bon cœur, je sais que tes sentiments
sont les miens. Et heureux le jour où le bon dieu bénira notre union mais la
correspondance se fait très mal de ce temps-ci.
J'ai
écrit chez mes parents déjà plusieurs fois, mais je ne reçois pas régulièrement
leurs lettres. Sur ma dernière lettre je te demandais l'adresse d'Amédée je
crois l'avoir aperçu à la gare de Bressuire mais je n'est pu lui causer et je
crois qu'il prenait la ligne de Cholet. Sur ta lettre tu me renseigneras sur sa
situation où il a été incorporé.
Je
souhaite aussi à tes bons parents une bonne année en joie et en santé que Dieu
les garde longtemps au milieu de toi ainsi qu'à ta petite sœur.
Tu
souhaiteras bien la bonne année de ma part à la famille Talon.
Ton
ami qui pense souvent à toi et qui t'embrasse bien fort.
Alexandre
Merceron jeune soldat au 32ème d'infanterie 25ème compagnie Châtellerault
(Vienne)
Châtellerault le
Ma
chère petite Marie
Ce
n'est plus de St André que je te trace ces lignes, me voilà de retour en
garnison à Châtellerault.
Ca
n'a pas été long après avoir passé le conseil à Parthenay, j'ai reçu ma feuille
de route vendredi dernier pour partir lundi dernier.
Pourtant
je ne m'y attendais pas tout de suite.
J'aurai
pourtant été bien heureux d'avoir une entrevue avec toi, à Moncoutant on
n'avait pas eu le bonheur de se causer longtemps et maintenant je ne sais pas
quand nous pourrons nous voir. Mais comme on dit c'est la guerre et une guerre
impitoyable.
Que
vous devez être heureux d'avoir Amédée auprès de vous.
Ma
chère petite amie pour l'instant je ne suis pas malheureux je ne vais pas
encore à l'exercice et j'ai remarqué déjà que c'est beaucoup mieux qu'au mois
de décembre pour la classe 15.
D'abord
on est mieux couché et ensuite pour l'instant beaucoup mieux nourri. Je suis
affecté à une Cie d'instructions il y en a depuis 19 ans jusqu'à 46 ans.
C'est
plutôt triste il y en a qui pèsent plus de
D'ailleurs
je te quitte pour aujourd'hui.
Ton
ami qui t'envoie une gerbe de baisers.
A.
Merceron, au 32ème d'infanterie, 27 ème compagnie, groupe d'instructions,
Chatellerault.
Bessais le 4 Janvier 1915
Ma
chère Marie
Depuis
quelques jours je ne reçois pas de tes nouvelles. L'autre fois je t'écrivais en
te souhaitant bonne et heureuse année et en espérant que l'année 1916 voit
arriver d'ici peu la fin et le succès de nos armées. Dieu est le maître de tout
espérons qu'il aura pitié de nous.
Quand
je t'écrivais dernièrement je ne savais pas que j'allais aller en permission de
4 jours. Je pensais bien avancer à Lauduinière, mais il a tombé de l'eau
pendant deux jours entiers et le jour du premier de l'an j'ai resté avec ma
famille.
Me
voilà de retour depuis dimanche soir et il a fallu reprendre la vie militaire.
Quand
on arrive de passer plusieurs jours chez soi, et on a goûté un peu la vie
familiale on trouve cela plus dur quand il faut se séparer.
Mais
enfin on se remet vite surtout que le devoir nous appelle ici.
Et
encore je m'estime bien heureux d'être encore au début.
La
grande majorité de la classe 15 étant sur le front depuis longtemps et déjà
beaucoup sont morts.
Sans
doute que pour chacun la destinée est dite, alors se n'est pas la peine de se
tourmenter de évènements.
Allons
chère petite amie j'espère une réponse d'ici je termine pour ce soir car voilà
l'heure de l'appel.
Celui
qui se croit le meilleur de tes amis.
Alexandre
Merceron
P.S.
: Je viens souhaiter à ta famille mes meilleurs vœux et souhaits de bonne
année.
Châtellerault le 17-2-15
Chère
amie
Voilà
environ deux mois que je suis à Châtellerault ou je commence maintenant a être
habitué au métier militaire, j'en n'est déjà vu de plus d'une manière.
Je
ne sais Chère amie si je t'avais parlé sur les dernières lettres des épidémies
qui sévissaient à Châtellerault depuis plusieurs semaines Méningite, oreillons
fièvre typhoïde, rougeole etc. En tous les cas il a fallu que je sois atteint
moi aussi.
J'ai
été pris de la rougeole il y a environ une douzaine de jours dès le soir je fus
transporté à l'hôpital à l'ancien cercle catholique j'ai été très bien soigné
par les sœurs. Maintenant je vais beaucoup mieux et je suis monté dans la
chambre des convalescents. Je ne suis pas encore bien fort mais il faut espérer
que mes forces vont revenir au plus vite.
Dimanche
dernier mes parents ont venu me voir, j'étais au lit il m'avait apporté
quelques friandises mais j'ai été obligé d'y renoncer rapport que je n'étais
pas encore guéri. Chère amie je viens de recevoir une lettre d'Amédée il me dit
que tes parents ont été le voir et qu'il est proposé pour le conseil de
réforme. S'il pouvait avoir seulement ce bonheur je lui souhaite de tout cœur
afin qu'il échappe à cette guerre maudite.
Je
ne vois guère autre chose à te faire part reçois Chère amie toute l'affection
de celui qui ne vous oublie pas.
A
Merceron à l'hôpital temporaire n°12 annexe C salle 9 Châtellerault.
Vienne
Châtellerault le 26
février
Ma
chère amie
Je
viens aujourd'hui te faire part de mes nouvelles qui d'ailleurs ne sont
mauvaises.
Ma
rougeole est complètement disparue, mais il m'a pris un gros rhume l'autre jour.
Le major m'ayant examiné ma dit que c'était un commencement d'angine,
aujourd'hui je vais un peu mieux malgré tout, j'avale avec plus de facilité.
Chère
amie il y a déjà quelques jours j'avais le bonheur de lire une lettre d'Amédée,
il me disais qu'il était proposé pour le conseil de réformeXXXXXXXXXXX Phrase
manquanteXXXXXXXXX
Mon
plus grand empressement au soir était de lui faire réponse, il ne m'avait point
mis son adresse sur sa dernière lettre. Alors j'ai cherché sa première lettre
et recherche, mais je ne l'est point trouvée, elle s'est sans doute égarée
quand j'ai rentré à l'hôpital.
Je
ne sais ce qu'Amédée va penser de moi, écris moi chère amie et envoie moi son
adresse.
A
Châtellerault pas grandes nouvelles mais d'après ce que j'ai vu dire déjà
plusieurs fois, la majeur partie de la classe 15 sera partie au front le 20
Mars. Je te dirais que depuis que je suis à l'hôpital il en est mort neuf, il
en est mort encore un ce matin qui avait une méningite cérébro-spinale.
Je
termine ma petite lettre en vous souhaitant à tous bonne santé reçois de celui
qui se crois le meilleur de tes amis un doux baiser.
Alex
Merceron
A
L'hopital temporaire N°12 Annexe
C.
Chatellerault (Vienne).
Châtellerault le 21-5-15
Chère
amie
Voici
le mois de mai qui s'avance, mais j'espère passé les derniers jours malgré tout
chez mes parents. Je suis proposé sur la réforme temporaire.
Ces
Monsieurs parlaient de me proposer pour trois mois de convalescence ou la
réforme temporaire.
Maintenant
ils sont décidés pour la réforme et je passe le conseil demain samedi. S'il ne
survient rien je compte bien être chez mes parents vers le milieu de la semaine
prochaine.
Chère
amie mon état s'est beaucoup amélioré depuis quelques jours je n'est plus
d'albumine et je mange davantage.
Je
te dirais que tu ne peux pas te douter toutes les maladies de toutes sortes que
l'on voit dans les hôpitaux.
Que
d'hommes après la guerre seront usés, fatigués.
Chère
amie voilà l'heure de la visite je te quitte et dès que j'aurai passé le
conseil je t'enverrais quelques mots afin de te faire part de la décision que
ces messieurs vont prendre pour moi.
En
attendant le plaisir de te voir reçoit Chère Amie toute l'affection de celui
qui ne t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
P.S.
Bien des choses de ma part à ta famille et à Amédée.
Le fournil le premier Juin
1915
Chère
amie,
Voilà
déjà huit jours que je suis rendu au foyer paternel, je t'avais écrit te disant
que j'étais proposé pour la réforme temporaire aujourd'hui je viens t'annoncer
que la proposition a été acceptée par M. Le Major.
J'ai
quitté Châtellerault le 25 mai, j'ai dit adieu mais peu être qu'au revoir à
cette petite vile où j'avais été appelé à faire quelques mois d'exercices, afin
d'aller ensuite comme tant d'autres contribuer à la défense de notre chère
France.
Mais
la maladie était là qui m'attendait et plusieurs mois d'hôpital m'ont réduit à
quitter le service militaire pendant plusieurs mois, afin de prendre du repos.
Au
milieu du bocage où l'air est si pur je reprendrai vite mes forces perdues ; et
si un jour après être bien guéri il faut retourner reprendre le costume
militaire ce sera toujours avec le même esprit de patriotisme.
Pour
l'instant il faut que je songes à me guérir et Amédée que devient il ?
J'espère
que ça sera plus florissant qu'à Cholet maintenant qu'il est de retour à
Laudainière. Enfin dieu sait si bien arranger les choses il faut espérer que
toutes ces misères se termineront par une paix glorieuse. En attendant le
plaisir de te voir, recoit chère amie toute l'affection de celui qui ne
t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
Bien
le bonjour à tous ceux de chez toi
P.S.
: J'oubliais de te dire qu'à mon arrivée on avait eu le temps de causer un
petit peu voilà une voiture qui arrive c'était ton cousin Fridolin Vrignault
ainsi qu'un autre personne de Courlay qui passait nous voir ; Ils ont soupé
avec nous ils étaient venus dans quelques villages aux alentours afin d'acheter
du bétail.
St André sur Sèvre le 6
septembre 1915
Ma
chère petite Marie
Depuis
plusieurs jours j'avais gardé le silence, mais je ne veux pas tarder plus
longtemps afin de venir m'entretenir quelques instants avec toi.
Voilà
déjà près de trois mois et demi que je suis de retour chez mes parents. Pour
bien dire les choses je n'étais pas fort.
Mais
à vingt ans on se guérit vite et aujourd'hui je suis presque rétabli. Alors je
serai très heureux que nous ayons une petite entrevue afin de converser
ensemble. Je te l'est dit déjà plusieurs fois c'est dommage que nous soyons si
éloignés l'un de l'autre et pour l'instant je trouve un peu loin d'aller
jusqu'à Lauduinière.
Quoique
malgré tout j'aurai été très heureux d'y aller. Mais en se joignant on peut
arranger les choses.
J'ai
congé à la foire de Moncoutant où l'on pourrait se voir. En réfléchissant à
cette foire, je vois qu'il s'est passé bien des choses depuis notre dernière
entrevue à Moncoutant. Beaucoup de soldats sont tombés sur les champs de
bataille et toujours les boches sont chez nous.
D'après
certaines personnes une campagne d'hiver est inévitable.
Qui
aurait pu songer à de tels événements, mais malgré tout il faut toujours
espérer la victoire finale.
Je
suis heureux de remarquer que tous ceux qui arrivent du front ont un très bon moral
et en général ils ont tous bonne mine il faut croire qu'ils sont assez bien
nourris.
Et
Amédée que devient il ? J'espère qu'il est tout à fait rétablit, avec son
malheur il a eu encore de la chance d'être réformé.
D'après
certains journaux je m'attends à passer une visite avant le 20 septembre peut
etre en est il ainsi d'Amédée. Espérons que les choses se feront au mieux.
Allons
je termine pour aujourd'hui espérant pouvoir te causer plus longuement d'ici
peu.
Bien
le bonjour à ta famille
Ton
ami qui ne t'oublie pas et qui t'embrasse bien fort.
Alexandre
Merceron
Saint André sur Sèvre le
20 septembre 1915
Ma
chère petite Marie
Comme
je te l'avais dit à la foire de Moncoutant je t'écrirais d'ici peu, je ne
retardes pas plus longtemps.
Tu
le saura déjà l'autre jour il a fallu que j'aille passer une visite à
Parthenay.
Avant
la revue j'ai pu causer à ton père ainsi qu'à Amédée mais je n'est pu les
revoir après. Malgré tout je crois qu'Amédée a eu la grande chance d'être
maintenu réformé. Pour moi je n'est pu avoir ce bonheur, il a fallu que
j'attende tout à la fin pour repasser ensuite.
Finalement
ils m'ont pris pour le service armé.
Si
j'étais vrai guéri ça irait comme ça pourrait mais il n'en n'est pas ainsi.
Pourtant
quelques mois de bons soins auraient achever ma guérison.
Mais
enfin il faut se trouver heureux malgré tout, et peut etre ça ira mieux que je
m'attends.
Je
comprends la grande joie que vous avez eu, quand vous avez appris qu'il était
réformé. De ce moment ci il leur faut des hommes et il paraît que de rudes
chocs vont se produire sur le front.
Espérons
qe tout cela se terminera d'ici peu.
Allons
chère Marie je termine pour aujourd'hui.
Bien
le bonjour à Amédée ainsi qu'à toute la famille.
Celui
qui se croit le meilleur de tes amis.
Alexandre
MERCERON
Châtellerault le 17 Xbre
1915
Ma
chère Marie
Me
voilà de retour à Bessais je ne suis pas encore guérit. Je suis pourtant
beaucoup contrarié de n'avoir pu avancer te voir. Mais dans ce fourbi là c'est
très facile d'attraper un gros rhume ou autre chose.
Cependant
hier matin il a fallu aller à l'exercice et de bonheur ça n'allait pas trop et
surtout on avait passer toute la nuit ans le train. Hier au tantôt on a parti
en marche à Avrillé, on a couché là bas, c'est à
Mais
dans ce moment ci ce n'est pas le filon, enfin il faut toujours vivre sur la
bonne espérance et peut être d'ici peu on aura raison de ces sales boches. Tout
cela c'est la volonté de Dieu.
Allons
chère amie je termine pour aujourd'hui. Recois de ton ami un doux baiser.
Alexandre
Merceron
Soldat
au 32ème d'infanterie, 28ème Cie Groupe de récupérés, Bessais, Indre et Loire.
Bessais le 18 – 1 -16
Chère
amie
Déjà
quelques jours se sont écoulés depuis que j'ai reçu ta lettre, aussi e ne
retarde pas plus longtemps à te faire part de mes nouvelles qui sont bonnes
pour l'instant.
Pourtant
dans ce métier là ça serait facile d'attraper du mal, on est exposé souvent
dans les courants d'air.
Mais
sans doute Dieu nous garde et nous avons besoin maintenant plus que jamais car
le moment approche d'aller voir les boches.
Le
lieutenant en a pris 80 qui sont passés au groupe d'entraînement et porte le
sac complet.
Moi
je n'en fait pas partie rapport que j'ai rentré 1 mois après les autres.
Enfin
15 jours plutot ou plus tard, il faudra toujours y arriver, Boch Célestin fait
partie du groupe d'entrainement.
Chère
marie hier nous avons été en marche de 24 heures à Avrillé qui se trouve à
Mais
le soir j'ai pris la garde avec 6 camarades, on s'est changé ainsi toute la
nuit.
Ce
matin on est revenus en faisant la petite guerre mais il a toujours tombé de
l'eau.
Voilà
l'heure de l'appel Chère amie je m'arrête pour ce soir.
Reçois
toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas
Alexandre
Merceron
Saint André sur Sèvre le
17 – 2 – 16
Ma
chère Marie
Sans
doute je crois que tu va être très agacée quand tu sauras que c'est de Saint
André que je viens aujourd'hui m'entretenir avec toi.
En
effet je crois arrivé de hier matin en permission de 15 jours. Tu dois
comprendre la joie que j'ai de passer quelques jours au milieu de mes parents
et amis. Avant de partir la bas renforcer nos braves petits soldats et je
donnerais à
Chère
amie maintenant je ne suis plus à Bessais.
Je
suis rendu à Saint Nicolas de Bourgueil à la 30ème Cie.
Lundi
dernier nous avions passé une visite et on devait aller fermer un détachement
au 50ème de ligne à Périgueux. Mais le renfort a été arrêté et on partait en
permission de 15 jours.
Tu
peux deviner comme nous étions heureux en apprenant cette nouvelle.
Je
crois que Célestin Boch est lui aussi en permission de 15 jours, il a eu de la
chance lui aussi car je crois qu'il était habillé et prêt à partir au front.
Chère
amie j'espère bien cette fois ci aller te voir à Saint Étienne ou je pourrais
te causer bien plus longuement. Je crois que ce sera pour toi un grand plaisir.
Ecris
moi de suite
Je
serai très heureux, ensuite je t'écrirai à nouveau en te fixant le jour.
En
attendant cet heureux jour reçoit chère amie toute l'affection de celui qui ne
t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
St André sur Sèvre, le
25.2.16
Ma
chère Marie
L'autre
jour je recevais ta lettre qui m'a fait grand plaisir, voilà déjà une bonne
partie de ma permission passée.
Le
temps s'écoule avec une bien trop grande rapidité, il en est toujours ainsi
quand on est en permission et pour une bonne raison ce n'est plus le régiment
ou l'on est traité plus ou moins brutalement, c'est la douce vie de la famille.
Chère
Marie
Je
viens mettre le jour ou on aura le bonheur de se voir ce sera Mardi prochain à
moins qu'il ferai trop mauvais temps dans ce cas ce serait mercredi.
Donc
à bientôt
Je
t'embrasse de tout mon cœur
Ton
ami Alexandre.
St Nicolas le 3.3.16
Chère
Marie
Je
crois que tu te demandes ce que je suis devenu.
Ces
derniers jours je t'écrivais en fixant un jour pour aller te voir St Etienne.
J'attendais
avec plaisir cette journée mais le moment arrivé je fus retenu par la pluie qui
tombait à verse.
J'espérais
sur le jour suivant mais cette fois-ci c'était autre chose.
Dans
la nuit de mardi soir je recevais une dépèche avec ordre de rejoindre immédiatement
mon dépôt.
Cette
nouvelle me réjouissait guère car je savais que c'était pour partir plus loin.
Jusqu'à
présent je suis toujours à Saint Nicolas mais on se tient prêt à partir au 1er
ordre.
Chère
Marie je t'affirme que j'étais bien loin de penser que je ne pourrais te voir
pendant cette permission.
Mais
il en est ainsi ce n'est pas moi qui XXX les choses. Espérons que Dieu remettra le calme d'ici peu et la tranquillité.
Chère
Marie je termine pour ce soir.
Reçois
toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.
Alexandre
MERCERON au 32ème d'infanterie, 30ème Cie à Saint Nicolas de Bourgueil
Indre
et Loire
St Nicolas le 10 mars 1916
Chère
Marie
Ce
tantôt j'ai reçu ta lettre qui m'a fait grand plaisir. Cependant j'ai remarqué
que tu n'étais pas contente rapport que je n'avais pas été te voir.
Je
crois pourtant te l'avoir dit que j'ai été rappelé à mon dépôt ce qui m'a
empêché d'aller à Saint Etienne.
J'ai
été beaucoup contrarié de cela il est vrai que j'aurai du fixer le jour plutôt
mais tu n'as pas réellement bon droit en te contrariant ainsi. Je devrai encore
avoir la chance de te voir avant de partir au front.
Aujourd'hui
commence des permissions de 4 jours on y a tous droit.
Alors
je t'assure que j'irai te voir pendant ce temps là.
Je
m'attends à une réponse qui me fera plaisir
Celui
qui se croit le meilleur de tes amis
Alexandre
MERCERON
Rigny la salle le 10.4.16
Chère
petite Marie
Je
profite des quelques instants que j'ai à toi pour t'adresser cette petite
lettre.
Me
voilà bien éloigné de ce cher bocage auprès de ceux que j'aimais tant mais
malgré tout j'espère bien retourner dans ce beau pays.
Jusqu'à
présent je ne suis pas malheureux. Nous sommes très bien nourris.
Tous
les jours ils nous font faire l'exercice et du déploiement en tirailleurs,
comme ça ça va encore mais avec les obus ça sera un sale boulot.
Depuis
quelques jours il fait un temps splendide je songe souvent aux cultivateurs.
Comment arriveront ils cette année à faire tout le travail ? Ce sera bien
difficile. D'après ce que je vois ici tout le monde se met au travail des
champs.
Chère
amie où je suis je vais à la messe tous les dimanches l'église est bondée de
soldats et on remarque un bon nombre d'officiers. Cela est vraiment
encourageant.
Cette
contrée est bien différente de la notre ce n'est que des gros villages et
chaque village a son clocher. C'est un beau pays.
Et
Amédée que devient il ? Aurait-il passé une autre visite ?
S'il
peut s'en échapper il a bien raison.
Bonsoir
chère amie je termine pour aujourd'hui
Reçois
toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas
Alexandre
MERCERON au 174ème
Régiment d'infanterie 10ème compagnie 32ème section 90.4999
Un
bonjour à tous.
Jeudi le 20.4.16
Ma
chère Marie
Ayant
quelques instants à moi j'en profite pour te donner de mes nouvelles nous
n'avons guère le temps d'écrire à présent. Il y a que le tantôt un petit peu le
soir nous ne pouvons pas rapport que nous sommes mal éclairés.
Déjà
plusieurs jours se sont écoulés sans avoir de tes nouvelles peut être les
lettres se sont elles égarées en cours de route depuis que nous avons quitté
Rigny
Les
premiers jours nous entendions distinctement les canons de Verdun, c'était un
vrai roulement.
A
présent on entend pas grand chose mais aussi le vent est contraire et il pleut tous
les jours. S'il en est ainsi chez vous ça sera guère facile de faire le travail
des champs.
Chère
amie tu ne te doutes point de ce qui se passe au front, ça n'arrête pas de
circuler jour et nuit on voit que des soldats qui passent.
Tout
ce que l'on veut acheter est extrêmement cher, le vin on en trouve même pas
rapport au grand nombre de soldats.
Chaque
jour nous allons à l'exercice nous faisons des tranchées hier après
Par
manque de prudence un lieutenant a été blessé et il a été évacué aussitôt.
Enfin espérons que cette terrible guerre se termine au plus vite.
Quand
donc retrouverons nous la paix et le calme comme autrefois.
Je
termine pour aujourd'hui bonjour à Amédée et tes parents.
En
attendant de tes nouvelles recois toute l'affection de celui qui ne t'oublie
pas
A
Merceron au 174 Régiment d'infanterie 10ème compagnie 3 section 99.49
Gendé 4 mai 1916
Chère
amie
De
XXXX je viens m'entretenir quelques instants avec toi, j'ai reçu ta lettre
l'autre jour, elle m'a rejoint aux tranchées. En effet voilà plus de 70 jours
que je suis en première ligne.
Celui
qui n'en eu pas été ne se doute pas de ce que c'est, par bonheur il a fait beau
temps les tranchées sont propres mais aussi nous avons guère été tranquilles.
Je
ne puis te dire où nous sommes car c'est strictement interdit mais tu dois
savoir où il s'est livré de grands combats depuis près de deux mois, c'est dans
cette contrée.
Ou
nous sommes l'artillerie bombarde sans arrêt et souvent d'une grande violence.
Tu
ne t'en doutes sûrement mais au moment ou je te traces ces lignes je suis à
Plusieurs
combats se sont livrés entre nous à la grenade, ils ont même essayé de sortir
une fois mais ont été repoussés.
Depuis
que j'y suis j'ai vu tomber 3 avions Boches tous les jours c'est des luttes
d'avions.
Chère
petite amie il ne faut pas t'en faire malgré tout le bon dieu nous fortifie.
Sans
doute quand tu recevras ma lettre que nous serons remplacés.
Je
termine pour aujourd'hui.
Reçois
toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.
Merceron
Alexandre
Lettre non
écrite par Merceron Alexandre…
Vichy le 21 mai 1916
Ma
chère Marie
J'ai
reçu hier la lettre datée du 15 que tu adressais à l'hôpital.
Cet
après
Avant
hier c'était mon tour après avoir passé mon pied à la radio, une femme
infirmière m'a endormit et ça a été vite fait.
Quand
je me suis réveillé tout était fait e j'avais eu chaud toute la soirée j'ai
souffert un peu mais ç présent ça va.
A
moins qu'il ne survienne quelques complications dans un mois ou deux j'irai
revoir mon vieux pays.
Je
serai enchanté aussi d'avancer à l'Auduinière surtout que je crois qu ça te
feras plaisir, plusieurs parties que j'avais fixé avaient été arrêté par des
nouvelles peu gaies.
Tu
demandes si nous sommes bien soigné comme nourriture c'est moins bien qu'a mon
ancien hôpital. A part cela les plus grands soins nous sont donnés par des
infirmières dévouées de la croix rouge. Je ne vois plus grand chose à te dire.
Recois
toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.
Alexandre
MERCERON à l'hopital 44 Vichy Allier.
P.S.
: Je te donne la meme adresse car sans doute je retournerai à l'hopital 44.
Vichy le 14 Juin 1916
Ma
chère Marie
Je
viens de recevoir ta lettre datée du 12 juin aussi je ne retardes pas pour te
tracer ces quelques lignes.
Sur
ta lettre tu me dis que tu as été à la foire de Moncoutant, tu as passé une
bonne journée, tu as vu mes parents, je savais qu'ils y étaient mon frère me
l'avaient écrit le jour même. D'abord tu as rencontré ma mère avec une jeune
fille qui ne peut être autre que ma cousine, malgré tout je ne sais pas si
c'était elle.
J'espère
que tu as passé une bonne journée, malgré qu'il n'a peut être pas fait trop
beau depuis quelques jours à Vichy nous avons de l'eau et je crois que c'est la
même chose dans les Deux Sèvres.
Chère
amie mon père t'aurai dit que j'avais 6 jours de permission, c'est en effet ce
que je compte avoir.
Ce
matin j'ai fait faire mon pansement et j'ai pu voir que ma blessure était à peu
près guérit, malgré tout ce n'est pas pour prendre mon soulier demain. Je peux
passer huit jours à l'hôpital, peut être quatre ou trois semaines, je n'en sais
rien. Enfin, quand le moment sera venu on partira. Nous autres soldats on ne
s'en fait pas pour si peux toujours très heureux d'avoir 7 jours et ensuite
retournerai à mon dépôt qui est à Epinal.
De
temps en temps arrivent à Vichy des convois de blessés tous viennent de Verdun,
les chirurgiens ne peuvent fournir à opérer les blessés.
Je
te quitte pour ce soir et je m'attends d'aller te voir d'ici peu. Je pourrais
causer plus longuement et témoigner l'amitié que j'ai pour toi.
En
attendant crois à toute l'affection et aux meilleurs souvenirs de celui qui ne
t'oublie pas.
Ton
ami Alexandre Merceron

Vichy le 21.6.16
Ma
chère Marie
C'est
avec plaisir que ce matin ma pensée s'envole vers toi. Souvenirs, je pense à ce
vieux bocage ou nous avons passé de si bon moments, partout c'était la joie, le
bonheur et le monde ne savait pas apprécier tout cela, partout il y avait des
jalousies, des querelles, tous ceux qui auront le bonheur de retourner de cette
malheureuse guerre comprendront mieux ce que c'est d'être heureux.
Chère
amie j'ai reçu hier ta charmante lettre dont j'ai été enchanté, nous autres
soldats c'est ce qui nous réconfortent aussi quel empressement nous mettons
tous pour la distribution.
E
effet c'est tous ceux qui sont restés là bas et qui nous sont si chers c'est
une mère, une sœur, une amie etc. C'est toutes ces charmantes lettres qui font
que nous avons tous un bon moral.
Mon
regard se tourne souvent vers cette pauvre campagne, à présent par ces travaux
si pénibles avec le peu de nombre qui reste.
Chère
amie je vais toujours très bien, mais une plaie au pied est toujours longue à
guérir, alors j'en ai encore pour quelques temps à l'hôpital. Je me trouve très
bien surtout que je ne souffre pas beaucoup.
Ces
derniers jours il n'est pas arrivé de convois de blessés à Vichy.
Allons
je finis ma lettre.
Recois
chère Marie toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.
Alexandre
Merceron
Bien
le bonjour de ma part à toute la famille.
Vichy le 4 Juillet 1916
Ma
Chère Amie
Ce
matin aussitôt ma toilette faite je suis heureux de te donner quelques nouvelles.
Depuis deux jours je suis heureux de pouvoir sortir de nouveau dans les belles
promenades de vichy.
J'ai
sortit avec mes trois copains de chambre d'excellents camarades, c'était assez curieux
de nous voir marcher avec chacun une canne pour se servir d'appui et notre
marche plus ou moins contrefaite.
Mais
tout cela reviendra avec le temps.
De
nouveaux blessés sont arrivés hier soir à Vichy tous ceux qui vont bien on les
envoie soit à Clermont soit au Puy. En général ils viennent tous des environs
de Verdun.
Chère
petite amie hier j'ai reçu ta charmante lettre, je suis toujours très heureux
de les lire, puisque nous ne pouvons avoir le plaisir de nous voir.
Mais
prends patience cela viendra et nous en serons d'autant plus heureux.
Chère
amie je suis obligé d'abréger ma lettre car la soupe sonne et j'ai 4 étages à
descendre pour m'y rendre.
Crois
toujours à l'affection de ton ami qui t'envoie mille baisers.
A
Merceron
Hôpital
temporaire 21 44 3e division Vichy
P.S.
: Comment va Amédée j'espère qu'il va mieux et serait plus fort. Bonjour et
bonne santé à toute ta famille.
Vichy le 11 Juillet 16
Chère
amie
C'est
toujours avec plaisir que je reçois ta lettre, je suis toujours à Vichy. Moi il
y a un mois qui me croyait presque guérit et j'y suis encore. Je te dirais que
je n'en suis pas fâché car je suis mieux à l'hôpital que sur le front.
Depuis
quelques jours ma plaie a beaucoup de mieux, mais j'ai toujours une canne pour
me servir d'appui.
Chère
amie tu ne te doutes pas toutes les personnes qui sont venues faire une cure à
Vichy.
Ces
jours derniers c'est le roi de Monténégro qui venait faire sa cure. Il y a des
toilettes tu ne peux te figurer, aussi depuis quelques jours le temps est
beaucoup orageux.
Nous
autres soldats on s'en paye quand l'eau tombe à verse et que toutes ces grosses
dames sont dans la rue.
En
ville je me promène avec mes amis de chambre, ils ne sont pas dans ma contrée
mais c'est d'excellents garçons.
J'ai
également un ami de ma commune qui est en traitement à Vichy. Alors je suis
également avec lui.
Chère
amie sur une de tes lettres tu me demandes si c'est vrai ce que vous voulez
dire à l'occasion de Geffard qui est marié avec la fille Blay, et bien c'est
certainement faux, mes parents me l'auraient dit.
Allons
petite amie je termine pour aujourd'hui.
Reçois
toute l'affection de celui qui se croit le meilleur de tes amis.
A
Merceron
Vichy le 20 Juillet 1916
Ma
chère amie
Ma
pensée ce matin se tourne vers toi, je viens alors te témoigner les doux
sentiments de mon cœur, toujours je suis obligé de confier au papier mon amitié
pour toi.
Voilà
près de deux mois et demi que je suis à Vichy, certes je ne l'attendais pas d'y
rester si longtemps.
Malgré
que je vais mieux je m'attends d'y rester encore quelques jours. Chère amie à
présent c'est le moment qu'il y a le plus de monde à vichy.
Du
matin au soir la musique joue, c'est une ville de plaisir. On ne dirait pas la
guerre, si ce n'étaient les pauvres blessés qui circulent dans les rues.
Cependant voilà plusieurs jours qui s'écoulent sans qu'il arrive de convois de
blessés.
Chère
amie hier soir je recevais une lettre de mes parents c'est la misère partout et
à présent les travaux sont très pénibles et beaucoup de personnes meurent.
Il
faut prendre courage malgré tout que cette guerre finisse bientôt, les
allemands reculent sur tous les fronts.
Allons
chère amie je termine ma petite lettre.
Reçois
toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
Vichy 26 Juillet 1916
Ma
chère Marie
Ce
matin je t'envoie cette petite missive que tu recevras dans quelques jours et
je crois que tu seras très heureuse de la recevoir.
Qu'aurai-je
à te dire ce matin, pas grand chose à Vichy c'est toujours la même vie. La
musique tous les jours qui joue et même jusqu'à
Chère
Marie je m'attends à aller en permission d'ici quelques temps à présent ma
blessure se guérit vite alors il faudra partir.
Depuis
quelques jours il n'est pas arrivé de convois de blessés à Vichy.
Du
coté de Verdun les combats paraissent moins fréquents et moins terribles.
Ces
pauvres poilus doivent souffrir de la soif car depuis quelques jours il fait un
chaud terrible.
Il
faut toujours espérer à la victoire prochaine des alliés les russes marchent
avec une rapidité étonnante des cosaques se sont même avancés jusqu'à
Chère
amie comment va Amédée, j'espère qu'il reprend des forces par ce beau temps.
Bien le bonjour à toute la famille.
Recois
chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.
A
Merceron
Hopital
temporaire 44 3ième division Vichy allier
Vichy le 2 août 1916
Ma
chère Marie
J'arrive
de souper alors je viens t'adresser quelques mots. Depuis 2 ou 3 jours il fait un
temps magnifique et même il fait très chaud.
Les
moissons auront sans doute commencé, il fait un très beau temps mais il y aura
de la sueur à verser.
Je
m'attendais a être en permission pour pouvoir aider à mes bons parents. Mais je
suis toujours à Vichy et j'y resterai encore quelques jours. Il y aura 3 mois
le 10 août que je suis dans cette ville, je puis dire que j'avais la bonne
blessure.
Depuis
quelques jours il part beaucoup de blessés, soit en convalescence soit en
permission et il y a longtemps qu'il n'est pas arrivé de convois de blessés.
Je
crois qu'il font cela rapport à la saison de vichy, à présent c'est le moment
qu'il y a le plus de monde.
Ma
chère Amie quand donc pourrais-je aller te voir, il y a déjà longtemps que nous
nous sommes pas vu, tout cela c'est la faute à la guerre.
Il
faut prendre patience cette guerre va se terminer bientôt, alors nous vivrons
encore de la vraie vie.
Nous
aurons des jours de paix comme nous en avions jamais gouté.
En
attendant le plaisir de vous voir.
Recevez
chère amie toute l'affection de celui qui ne t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
Vichy le 3 septembre 1916
Ma
chère Marie
Ce
matin je viens t'apprendre le jour de mon départ.
Je
quitte Vichy demain soir à
Pendant
cette permission de 7 jours j'aurai le bonheur de te voir ce qui me fera grand
plaisir, j'espère que toi aussi tu seras enchanté.
Ecrit
moi au Fournil aussitôt que tu auras reçu ma lettre ensuite nous fixerons le jour
de cette petite entrevue.
Je
termine bientôt on se causera plus longuement.
Recois
chère amie mes amitiés sincères.
A
Merceron
Bonjour
à toute la famille
Fort de la Bonelle le 22 -
9 -16
Ma
chère marie
J'arrive
de l'exercice et je viens faire réponse à ta lettre que j'ai reçu hier. Elle a
mis deux jours à faire le parcours.
Tu
me parles de ta foire de Moncoutant le temps t'a paru bien long, j'ai beaucoup
regretté de n'avoir pu y aller moi aussi mais c'était impossible.
Je
me rappelle toujours la journée ou on a eut le bonheur de se voir. Journée
hélas qui a passé comme un éclair. Et à présent je ne sais pas quand j'aurais
une permission je m'attendais d'avoir quinze jour mais je n'y compte plus.
Pour
l'instant je ne suis pas malheureux l'exercice n'est pas trop rude souvent on
joue barres ou au foot de bal.
Nous
sommes en pleine campagne à
Le
climat n'est pas bon, il fait déjà froid, nous avons du brouillard et de la
pluie souvent. Ce n'est pas étonant
Langres se trouve à
Hier
nous avons passé de nouveau la visite du médecin chef, je suis toujours à
l'entrainement pourtant je boite un petit peu et ce n'est rien à coté de
quelques poilus.
Enfin
on ne s'en fait pas malgré tout.
Je
termine ma lettre présente mes amitiés à tes parents.
Recois
l'affection de celui qui ne t'oublie pas.
Alexandre
Merceron
21e
Infanterie 25 compagnie Fort de
Langres le 20 novembre
1916
Ma
chère Marie
Ce
soir ayant un peu de tranquillité je viens répondre à ta lettre du 10. Comme tu
le sais j'ai eu huit jours de prolongation et je n'est pas avancé à
l'Auduinière qui pourtant m'aurait fait bien plaisir.
Mais
tu sais les cas qui m'a retenu à St André et la fin de ma permission n'a pas
été gaie du tout.
Quand
aurai-je le bonheur d'aller en permission je ne sais pas, peut être deux mois
peut être 6 mois, j ne puis savoir.
A
présent j'ai quitté Bourg pour aller à Langres. J'ai été nommé avec une
quarantaine de camarades pour faire un stage aux mitrailleurs.
Cela
retardera toujours mon départ pour le front.
Peut
etre aura tu été étonné de n'avoir eu de mes nouvelles plus tot. Et bien à mon
retour à Bourg, j'ai été travaillé 7 jours dans une ferme, alors ça a retardé
ma correspondance.
Je
termine pour aujourd'hui espérant avoir de tes nouvelles bientôt.
Amitiés
sincères
Alexandre
21
Infanterie Centre de mitrailleurs à Langres
Haute
Marne.
Langres le 28 Novembre
1916
Ma
Chère Marie
Je
viens répondre à la grande lettre que j'ai reçu avant hier. C'est toujours avec
beaucoup de plaisir que je les reçoit.
Tu
voudras bien me pardonner si je retarde un peu à écrire.
Depuis
que je suis aux mitrailleurs faire un stage nous avons beaucoup de travail
surtout comme théorie.
Il
faut connaître toutes les pièces de la mitrailleuse en général, pour cela on
est obligé de les inscrire sur un carnet pour se les rappeler facilement. Le
matin nous avons théorie et la soirée on fait des exercices de mise en
batterie.
Sur
ta lettre que tu m'envoie dernièrement tu me raconte ton voyage chez M
Vrignault, ton entretien avec les demoiselles Vrignault.
J'ai
fait part à mon frère des détails qui pourraient l'intéresser à ce sujet.
Il
me reste à te remercier de m'avoir fournit tous ces détails qui peut être
intéressent mon frère.
Je
suis obligé d'abréger ma lettre rapport qu'on part dans quelques instants.
Présente
mes amitiés à ta famille.
Ton
ami qui ne t'oublie pas.
Alexandre
21
Infanterie Centre de Mitrailleurs à Langres. Hte Marne.
Langres le
Ma
chère Marie
J'emploie
une partie de ma soirée pour venir répondre à ta lettre que tu m'envoyais ces
jours derniers. Depuis trois ou quatre jours je suis un peu indisposé, j'ai
attrapé un gros rhume je ne sais où. Mais toujours est il que je garde la
chambre depuis lundi. Sans doute que ça va passer comme ça, le temps est
malsain depuis quelques jours, souvent du brouillard ou de la pluie. Ces temps
ci c'est la neige qui vient de faire son apparition. C'est l'hiver. Mais pour
nous qui sommes au dépôt on se trouve bien heureux auprès de ceux qui sont dans
les tranchées.
On
peut toujours se soigner si on a quelque chose. Nous étudions toujours la
mitrailleuse, le fonctionnement et la façon de tirer et de mettre en batterie.
C'est assez intéressant, bientôt on partira à Chaumont.
Je
ne sais pas si j'irais, rapport que je suis exempt de service et ne peut suivre
le cours régulièrement.
Mais
enfin je verrais cela la semaine prochaine.
Voilà
le premier de l'an qui avance, ce serait pour moi un grand plaisir d'aller
offrir mes vœux et souhaits à ceux que j'aime. Malheureusement je suis trop
éloigné et je n'y compte point. Peut etre aurai-je sept jours avant de partir
au front encore ce n'est pas certain.
Ma
Chère amie je ne vois plus grand chose à te faire part.
Crois
toujours à mes meilleurs sentiments.
A
Merceron
21
infanterie Centre de mitrailleurs
Langres
Haute
Marne
Langres le 15 décembre
1916
Ma
Chère Marie
De
soirée je viens te donner de mes nouvelles qui sont relativement meilleures.
Mon
rhume est à peu près guéri et j'ai repris mon service depuis 2 ou 3 jours. Il y
a beaucoup de malades de ce temps ci, depuis deux ans de guerre beaucoup ont
attrapé quelque chose et par le mauvais temps tout cela revient.
Depuis
plusieurs jours nous avons de la neige, ce matin la couche était épaisse.
Peut
être partirai-je bientôt à Chaumont finir notre stage.
J'écrirais
plus longuement à mon arrivée.
Reçoit
l'amitié de celui qui ne t'oublie pas.
A
Merceron
Chaumont le 8 Janvier 1917
Ma
Chère Marie
De
soirée comme j'ai pas mal de temps à ma disposition, j'en profite pour
m'entretenir avec toi.
J'ai
reçu avec plaisir ta lettre datée du 1er, il leur faut du temps à mettre le
parcours. Je ne sais à quoi attribuer cela.
Crois
mes remerciements pour les bons vœux que tu formes pour moi.
Il
faut espérer qu'ils se réaliseront.
Ma
Chère Marie voilà mon stage de mitrailleurs bientôt terminé.
Sans
doute on se dirigera vers Langres la semaine prochaine. Je pense déjà à la
petite permission que j'espère avoir. Ce sera une perme de 7 jours avant de
partir au front.
Je
serais heureux de m'entretenir plus longuement avec toi. Voilà près de 3 mois
que j'ai été en permission qui hélas ! n'a pas été des plus gaies. Je n'aurais
pas cru rester si longtemps au dépôt.
Mais
puisque cette méchante guerre ne se termine pas il faudra encore y retourner.
A
Chaumont nous avons toujours du mauvais temps soit de la pluie soit de la
neige.
Au
revoir ma petite Amie. Je termine pour aujourd'hui.
Crois
toujours à mes amitiés.
Alexandre.
Epinal le 5 février 1917
Chère
petite amie
Je
suis avec toi par la pensée. Ta lettre du 30 janvier a mis du temps à me
parvenir.
Il
en est ainsi des lettres de ma famille, il est vrai que je suis peut être à huit
ou neuf cents kilomètres. Je t'assure
qu'il fait excessivement froid, la température varie vers 17 degrés au dessous
de zéro, alors tu peux voir.
Beaucoup
de personnes d'Epinal n'ont jamais vu de froid pareil. Je crois que dans le
bocage le froid se fait également sentir.
Il
faut que le bon dieu protège nos poilus du front pour qu'ils résistent aux
intempéries.
Ma
petite amie je n'espère plus aller en permission avant de partir au front, je
n'est pas droit, il me faut 4 mois de dépôt depuis ma permission agricole.
Je
peux partir au front d'ici quinze jours, peut être aurai-je ma perme au dépôt
divisionnaire.
Pour
l'instant je me trouve bien au dépôt, on a un bon poël pour se réchauffer.
Allons
ma petite Amie tu présentera tes amitiés à tes bons parents, je te souhaite
bonne santé.
Recois
mes bonnes amitiés.
Ton
ami
A
Merceron
Aux armées le 2 mars 1917
Ma
chère amie
Hier
soir j'avais le bonheur de te lire ta lettre qui était datée du 23.
Tu
vois qu'elle a mis du temps à me parvenir. Mais sur le front il en est toujours
ainsi. Tu auras trouvé étonnant que j'étais dans un régiment de relève mais à
présent il ne faut pas faire attention nous avons des jeunes de la classe 17.
Nous sommes partit hier pour une direction inconnue mais c'est sûrement pour
aller en tranchées. Il fait un beau temps pour marcher mais les routes sont
très sales.
Pardonne
moi si mes correspondances sont plus rares car je t'assure que nous avons peu
de temps à nous.
Ton
petit ami qui pense à toi.
A
merceron
Aux armées le 21 mars 1917
Ma
chère marie
Il
y a déjà quelques jours que j'ai reçu ta charmante petite lettre. A l'instant
ou je t'écris nous sommes guère à
Tu
comprendras que c'est très difficile pour écrire. Nous avons déjà fait une
journée de 1ère ligne. Le secteur n'est pas des plus calmes souvent
bombardements d'artilleries ou de torpilles.
Depuis
trois jours nous sommes dans une cagna construite avec des troncs d'arbres et
recouverte de terre, c'est l'ouvrage des boches. Le jour on reste terrés pour
ne pas être aperçus des avions ennemis qui planent sur nous. La nuit on sort de
son trou soit pour se ravitailler ou pour travailler en 1ère ligne. Je me porte
bien.
Ton
ami
Alexandre
Merceron
Au Fournil le 3 avril 1917
Ma
chère Marie
Je
suis heureux de te faire part que je possède une petite permission de 7 jours.
Nous
avons été relevés des tranchées la nuit du 24 au 25, et c'est une nouvelle
circulaire ministérielle qui m'a donné droit à ma petite perme.
J'ai
arrivé chez mes parents vendredi dernier, je t'assure qu'ils ont été beaucoup
surpris de mon arrivée dont ils ne s'attendaient pas du tout.
J'ai
eu la douleur de trouver maman au lit ce qui occasionné le retard à t'écrire,
car j'espérais toujours qu'elle irait mieux et alors j'aurai fixé le jour pour
aller te voir.
Je
t'assure que c'est pour moi bien pénible de ne pouvoir avancer à l'Auduinière
pendant ces 7 jours de permission.
De
ton coté, je vois d'avance la tristesse que tu éprouveras en recevant ma
lettre.
Tout
cela c'est la faute à cette méchante guerre qui se prolonge toujours.
Allons
je te quitte ma Chère Marie.
Crois
toujours à mes bonnes amitiés.
Ton
ami
A
Merceron
Aux armées le 24 avril
1917
Ma
chère Marie
Aussitôt
de retour à mon régiment je t'envoyais une petite carte, mais j'attends
toujours la réponse. Comme nous avons changé de secteur peut être ta lettre
s'est égarée.
Je
ne pense pas que tu sois fâchée de n'avoir pas avancé à l'Auduinière pendant ma
permission, je t'est dit sur ma dernière lettre ce qui m'avait empêché d'aller
te voir. Je m'attends à te lire d'ici peu. Depuis que je suis de retour j'ai
toujours été en ligne.
Dieu
merci le secteur est très calme.
Je
suis pionnier provisoirement nous construisons de solides blocos de
mitrailleuse. Depuis quelques jours nous avons du beau temps, le soleil se
montre à la première heure pour nous réchauffer.
Dans
l'attente de te lire reçoit l'affection de ton ami.
Alexandre
Merceron 255
RI 5 Cie de
mitrailleurs secteur 71.
8 juin 1917
Chère
amie
Hier
je recevais ta lettre du 2 juin je vois que les lettres circulent beaucoup plus
vite, nous sommes toujours au même endroit. Je crois te l'avoir dit sur ma
dernière lettre. Nous sommes à
Pour
l'instant le secteur est très calme on n'a pas lieu de se plaindre. La nuit
nous allons travailler dans un boyau tout près des lignes, mais ce n'est pas
trop fatigant. Pour te dire exactement où je le trouve il m'est impossible, ça
nous est strictement défendu.
Nous
avons toujours du beau temps même il fait chaud. Je te quitte pour aujourd'hui.
Dans l'attente de te lire reçoit mes bonnes amitiés.
Merceron
16/06/1917
Ma
chère Marie
Je
viens répondre à ta charmante petite carte du 14 qui m'a fait beaucoup plaisir.
Il
y a toujours à cette pauvre compagnie quelques nouvelles victimes de cette
méchante guerre. Malgré tout il ne faut pas se désoler et espérer dans la paix
d'ici peu.
Nous
sommes toujours au repos, mais sans doute que nous allons monter à nouveau en
ligne dans 2 jours. Il fait toujours un temps chaud, l'été s'annonce des plus
secs.
Je
te quitte. Reçois chère amie mes bonnes amitiés.
Alexandre
Merceron

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