Carnet de guerre d’Amédée MUYLS du 110e RI

Présenté par son petit fils Jean Marie

Recopié par Pierre BL

Merci à eux deux

 

 

 

 

 

 

 

Amédée était jardinier en 1914, puis cultivateur après la guerre dans les salines de Grande Synthe, près de Dunkerque, tout à côté de la mer du Nord

 

 

 

 

 

Un mot suivi de (?) signifie que le mot n’est pas certain

Un [??] signifie que le mot n’a pu être déchiffré.

 

L’orthographe d’origine a été respectée et la ponctuation a été rajoutée pour la compréhension du texte

 

 

 

« Amédée est allé à l'école jusque douze ans et il a vu la guerre avec des yeux de paysan toujours au contact de la nature et qui appréciait toute chose. Au début de la guerre il parle d'un verre de bière mais plus tard une gorgée d'eau lui suffisait.

 Comme un dicton dit : Agriculteur est un métier, Paysan une noblesse »

Jean Marie, le 10 mars 2004

 

 

 

 

 

 

pages 1 et 2

Jour de mobilisation le 1er Août 1914

Départ de Dunkerque le 10 août à 2 heure 16 du matin, arriver à Hirson Est à 11 heure du matin même journée.

Arriver à Le Chaudron à 5 heure du soir, avec beaucoup de fatigue car la chaleur était très forte et beaucoup d’hommes étaient épuiser de fatigue.

 

Le 11 août repôt toute la journée. Passages, les habitants sont de très bon cœur pour les soldats, ils donnent tout ce qu’il appartienne pour eux. Aisne

Le 12 août petite exercice sur le devoir des sentinelles. Après midi repos toujours au même cantonnement

Le 13 et 14 août travaux sur les tranchées et détruire toute les haies pour nous faire du passage.

 

 

pages 3 et 4

(écrit en marge) Descendant de garde la même nuit

J’ai assister à la messe dite par un caporal infirmier  et de deux sergents [??]

Dimanche le 15 août. Détruire les récoltes ainsi que les haies. Il tombe de l’eau à volonté et nous sommes tremper mouiller.

Le 16 et 17 août petite marche de 14 kilomètres sans trop de fatigue et du temps brumeux et toujours coucher dans le foin.

Le 17 août après midi nous sommes partient de Le Chaudron et nous avons faient 18 kilomètres pour rentrer à Lazeure et nous sommes rentreaient à 9 heures du soir et l’ont avait même rien à manger pas même une chope de bière rien que de l’eau.

Repartant de la le 18 août à 4 heure du matin pour cantonner à Maubert-Fontaine et arrivait à 1 heure de l’après midi toute en faisant 24 kilomètres et ayant toucher des vivres. Nous avons fait bien des fatigues car il y a pas mal d’hommes qu’ils ont tomber en cours de route par la fatigue. Nous avons passer dans bien des petits villages et surtout beaucoup de forêts qu’ont ne voient  même des fois pas le bout et toujours jusqu’à maintenant ont ne voient que des fort tristes récoltes mais beaucoup de prairies où il y a beaucoup de belles betes à cornes.

 

 

pages 5 et 6

et tout des tristes habitants qu’ils ont beaucoup plus de misère que chez nous. Nous sommes à 28 kilomètres de Meiziere. Toujours je suis en bonne santé et il y a partout beaucoup de pommes.

Dans les Ardennes.

20 août. Départ de Maubert par une longue route forestière toujours montagneuse passant par la ville de Rocroy et rentrer à Gaye d’Aissus  ayant fait que 13 km.  Nous avons vue un aréoplane Allemant passer au dessus de la ville. Il n’y a plus tout à fait autant de misère et je n’était pas fatigait du tout.

Nous approchont de la frontière belge (à 2 kilomètre)

Il fait toujours un temps superbe et un beau soleil qu’il nous faient marcher de bon cœur.    

(écrit en marge) Rentrer à 11 heures matin

Nous sommes à Gué d’Hassus et nous sommes contents de trouver toujours de la bonne eau à boire.

21 août. Départ à 5 heure du matin pour la Belgique. Passage du premier village de la frontière est celui de Couvin situé au moin à 10 km de la frontière et toujours entre des forêts très épaisses et très montagneux car à certain androits nous avons eu beaucoup de mal à atteindre les sommets. (très bien vu par les habitants).

 

 

pages 7 et 8

Nous sommes arrivés à 3 heure de l’après midi à Matagne-le-Petit ayant fait nos 35 km et toujours bien vu par les belges car se sont de bonnes gens pour les Français. Jusqu’à maintenant nous sommes toujours heureux de trouver des granges pour dormir Matagne-le-Petit

22 août

Départ à 4 heure du matin, route toujours montagneux, et arriver à Agimont ayant fait 15 km dernier village de la Belgique tout à fait au bord de la Meuse et nous devons aller très loin pour trouver de l’eau potable. J’ai vu aussi la carabine et la lance d’un Allemand qui est tué.

Nous sommes très près de l’ennemi car nous attendont de temp à autre des coups de fusils et nous avons entendu pour la première fois gronder le canon. Le temps est brumeu et il fait aussi de l’orage.

Dimanche 23 août. Réveil à 2 heure. Prise d’armes à 3 heure, de 9 heure jusqu’à 4 heure nous étionts devant la ligne nous avons entendu une terrible cannonate, alors partient pour Heer Agimont pour défendre la gare et empecher de rentrer par la Meuse.  A peine arriver nous avont étaient reçuent par les coups de feus allemands mais heureusement personnes de blesser. On voient les habitants partirent de chez eux tout en

 

 

pages 9 et 10

Pleurent et ne savent ou se réfugierent et l’ont voient aussi plusieurs villages en feu par les ennemis. Nous continuons dans les bois et nous dormont à la belle étoile, nous sommes nourrient par les sœurs de la Croix rouge.

24 août. Nous sommes toute la journée à surveiller dans les tranchées et les Allemands tirent à chaque instant sur nous en plein dans le feu.

Après midi du 24 août à 4 heure repousser par l’Allemand et les balles nous siffles aux oreilles. Nous avons marché 32 heures sans haltes ni nourriture content de trouver du pain et de l’eau pendant 3 jours assez pour ne pas mourir de faim car le Dieu nous a presservez pour cette foie, car l’ont à passer par le trou d’une eguille pour le dire d’avoir de la chance, alors l’on a fait 80 kilomètres alors nos avons loger à Riesse pendant 7 heure.

L’ont a perdu bien des hommes et les ennemis nous mettes le feu dans touts les villages derrière notre dot.

Enfin le 26 repartit pour la France et arriver à Lazeure ayant fait 25 km content d’être à l’abris des balles et aussi pour nous reposer et l’ont

 

 

pages 11 et 12

epuiser de fatigue, plutôt mort que vivant. L’ont voit toujours touts les habitants avec leurs petits enfants qu’il ne font que pleurer jour et nuit, se sover et ne save même pas où. La plus grande part viennent en France.

27 août. Départ 6 heure arriver à Renneval à 2 heure sans fatigue et bien à manger ayant 28 kg Loger dans des grange.

Soirée pris la garde dans les bois pour surveiller des patrouilles allemandes qu’elles rodées dans le voisinage

28 août. Départ à 4 heures du matin et arriver à Cuirieux à 2 heure après midi ayant fait 30 kilomètres marche forcée et loger dans une ferme de 50 chevaux et 24 beufs de trait, s’est comme un petit village. Pas trop fatigué.

Départ 29 août. Etape de 28 km. Arriver sur la ligne de feu à 6 heure du soir mort de fatique et encore marcher sous les obus toute la nuit qu’il nous tomber dans toute les directions, s’était terrible de voir des feus pareilles. L’ont voyait des morts et des blessers partout dans les bois.

La nuit dormir dans un bas fond très humide et même pas à manger.

 

 

 

pages 13 et 14

30 août à 5 heure du matin. Encore une fois sous les obus, s’est horrible se que l’ont vois aujourd’hui. Ont est rester 5 heure sur nos genoux sans pouvoir bouger, une chaleur épouvantable, la mitraille nous tomber au pied et sur le dots. L’on se demander toujours si s’était notre dernier jour de vie. Pas à manger, pas d’eau à boire et enfin l’ont a du reculer en perdant le régiment ainsi que nos sacs.

On voyer partout des hommes malades près à mourir le long des routes et des bois. Ont pillier et voler tout sur notre passage pour tenir notre vie, ont nous nourrisser rien qu’avec des pommes et des fois une bouteille de cidre que l’on voler dans des caves car il n’y avait plus d’habitants nul par et tout était abandonner.

Retrouver notre régiment à 10 heure du soir à Pierrefonds. L’ont partout notre viande et nos légumes pourrir en route et pas pouvoir les faire cuire nulle part car les allemands sont à nos trousses. J’assure que c’est mal heureux de voir des choses pareilles, on ne tien plus de bout par la fatigue.

 

 

pages 15 et 16

31 août. Repos et il fait du beau temps.

Départ soir à 6 heure du 31. Marcher toute la nuit ainsi que la journée. Une chaleur épouvantable, touts se perdait par la fatigue, on ne trouvait même plus le régiment. On est rentrer en débandade l’un après l’autre le soir à 10 heure à Thel le 1er septembre.

Le 2 septembre départ à 4 heure du matin. Arriver à SACY ECUIL dans la Marne à 12 heure. Pays des vignerons. Il n’y a rien que des vignes et des pommes, on en mange pas mal. Lassant .Très grande chaleur.

3 septembre. Départ à 2 heure du matin. Passage par Epernay, sous-préfecture (Champagne) et arriver à Vinay à 2 heures après midi. Chaleur épouvantable. Nous avons fait achat de chocolats et nous avons but du bon vin, car nous sommes en plein dans les vignes et l’ont a encore but du champagne car il n’est pas aussi cher que chez nous et l’ont a bu cela de bon cœur car l’ont était bien eloigner du feu, mais malgres tout l’ont entendait encore le brutal canon raisonner à nos oreils. Nous sommes épuiser de fatigue, ont dort etant debout et pendant la marche.

 

 

pages 17 et 18

4 sepbre. Départ à 5 heure et arriver à Congy. Marche de 30 kilomètres. Bivouacquer] dans les champs, forte chaleur, manque d’eau, nous devons chercher l’eau à 3 km. Nous avons vue des parlementaires pour demander une armitice pour pouvoir enterrer leur morts.

Les prussiens étaient battuent à St Quentin, ça nous a fait une grande avance pour notre bataillon et aussi repousser à Reims, nous avons passer tout prêt. Nous sommes encore une fois entourer dans les bois, ça ne voit plus les vignes. Toujours l’ont monter et descent les cotes. (pas trop fatiguer) .

5 sepbre  départ à 1 heure du matin arriver à SAVEDEZ. Marche de 30 kilomètres, pas trop fatigué. Nous passons par de beaux villages, pays boisers.

6 sepbre  Marche en avant. Traverser Sézanne. L’artillerie attaque l’ennemi, l’armée du Kromprinz, la mettent en déroute, bivouace dans un champ. Pays inconnu.

7 sepbre   Le matin, réveil par le bombardement du canon, toute la journée, poursuite des ennemis. Deux journées sans manger. Le soir même nous avons avancer un peu trop près par à port [par rapport] des

 

 

pages 19 et 20

conneries du Général de division, les balles allemandes nous sifflent aux oreils de tout les côtés. Pendant le combat d’artillerie grandes pertes allemandes. Fait 5OO prisonniers. Bivouac à Lachy

Départ (le) 8 à 5 heure, même réveil, par des villages entiermant détruits, églises incendiée et manque de vivre toute la journée et aussi de tabac.

9 sepbre  Bivouac dans un champ. Soutient d’artillerie du matin au soir, violente canonnade. D’un bataillon de souave, il ne reste plus beaucoup d’hommes. Petite pluie dans la nuit. Belle journée mais manque de nourriture : un quart de boule par homme et un biscuit. Nourri par le vol et le pillage que l’ont fait pour tenir la vie. Bivouac à Doizy le Bois, une heure de repos.

10 sepbre  Départ à 5 h, marche jusqu’à midi, pas de grande halte. A 2 h déploiement du 273eme et du 310eme . Cerner par les Prussiens. Méprise d’artillerie du 57eme d’artillerie, il nous ont tirer sur nous, même pendant que l’ont aller à baionnette, au moment de la capture Allemande. Cantonner à Colligny sur Marne.

 

 

pages 21 et 22

11 sepbre  Départ à 5 heure. Marche, pas de grande halte. L’après midi pleuvoir à verse, trempé de part en part. Vu en court de route, à Bergère, 42 chevaux allemants tué par un aviateur Français  lancé une bombe. Cantonner à Gramant, Marne, à 7 km d’Epernay. Reçu une boite de sartine abandonner par les allemands. Partout les maisons sont dévalisers, fouiller et mits en ruine par les allemants. La garde allemande aurait déjà joué la musique, se croyant à Paris car il avait plus que 80 Km à faire, mais nous les avont battuent complétement en retraite à travers les bois, nous les avons à moitier asfictier [asphyxiés] et démoraliser par le bombardement des canons et la baïonnette.

12 sepbre Marcher la journée, pas trop dur mais la nuit pleuvoir à verse et grande tempête. Passage entre les bois, en route la peste par les allemands morts dans les bois. Ponts de la Marne sauter.  Ont étaient mort de froid, rien pour nous chauffer et

 

 

pages 23 et 24

(écrit en marge) passer sur le pont de bâteaus.

nous sécher, pas à manger. Enfin rentrer à Manchehaut, dormir sur le fumier des chevaux allemands dans une petite cuisine, mais comptant d’être à l’abri pour nous changer de linge et prendre un peu de repos. Acheter du tabac et deux boite de sardine, très chère. Passer par Epernay.

13 sepbre  Petite marche et nous mettre à l’abri dans un bois toute la journée. Partit  le soir, marcher jusqu’à minuit. Cantonner à Taissat.

14 sepbre  Réveiller de notre grange par les coup de canons qui ronflée à nos oreils. Avant midi, cacher dans le village et dans les remises, nous avons etait surpri par la cannonade, la mitrail, les éclats de vitre, les pannes  nous tomber sur la tête. Nous nous sommes cachers dans des caves pour nous mettre à l’abri. L’après midi cacher entre deux grands mûr et toujours la mitrail nous passer au dessus de la tête. Le soir, partit pour bivouac à St Leontard. Nous avons eu ford froid pendant la nuit.

15 sepbre  Toute la journée dans la trancher, au long d’une vois de chemin de fer, sans bouger car les obus nous tomber au pied et la nuit, en haut de la voie à tirer sur l’ennemi qu’il essayer de nous approcher.

 

 

pages 25 et 26

Tremper mouiller et grelottant de froid sans toucher de vivre autre qu’un petit morceau de pain avec de l’eau, bien que j’ai encore une boîte de sardine que j’ai partager avec qu’un camarade, et toujours la mitrail nous voler au dessu de la tête. On voyer un va et vien d’ennemis Allemants.

16 sepbre  Toujours dans la même tranchée jour et nuit a surveiller l’ennemi et il ne fait pas chaud. C’est terrible la mitrail qu’elle nous a tomber au pied. Beaucoup de blessers et quelques morts, pas beaucoup à manger car les convoies ne peuvent approcher crainte du danger.

17 sepbre  Journée très tranquille de ne pas entendre les obus allemands car nos canons les ont chasser à leur tour et ont les voyer sauter de tout côtés. Enfin sortit des tranchées et loger dans grange après trois jours de misère et tremper mouiller. Enfin, encore sain et sauf. Maurice Maire est tué et enterrer devant nous (Martin  Messe)

18 sepbre  Marcher toute la journée et arriver à Vrigny. Cantonner dans des petites chambres, coucher sur la paille, mais bien tranquille et la nuit ont a prit le temps de faire une très bonne soupe car il y avait bien dix jours que l’ont aver pas bu de la soupe. Les allemands sont en train de bombarder la ville de Reims.

 

 

pages 27 et 28

19-20-21-22-23 septembre.  Travaux de tranchée, revue, repos, bien nourri, beau temps. Porter malade  pour les migraines. Le soir je vais au salut fait par doyen militaires. Toujours a Vrigny. Aussi ont voit de bien près que la Cathédrale de Reims est en feu ainsi qu’une très grande partie de la ville. Les Allemands se tiennent cacher dans un fort et nous avont bien du mal de les déloger de là.

23 reçu lettre de Marie. 

24 reçu lettre de Adrienne. 

25 j’ai envoyer une lettre aux Parents.  (24  repos et exercise).

25 sepbre  Je suis de garde au bout du village de Vrigny, sans beaucoup de fatigue et passablement nourri. Assez éloigner de l’ennemi. Toucher chocolat et tabac qui nous rend joyeux.

26  Marcher toute la journée. Le soir, prêt à bivouacquer. Ordre de départ. Marcher jusqu'à 10 heure du soir. Prit position pour attaquer l’ennemi jusqu’au matin sous de petits obus sans trop de danger

27 sepbre  Matin en patrouille dans un grand château à Villers-Flanqueux on recevais des balles de touts côtés. En patrouillant le village nous étions 2 caporaux et 4 hommes, on a fait

 

 

pages 29 et 30

25 prisonniers dans une petite grange, qu’ils se sont rendus mais notre sergent et un homme se font tuer et le caporal grievement blesser, nous l’avont encore échapper belle alors ont les a conduit à 10 kilomètre de la avec beaucoup d’autre car ont en avait 81 Allemands et 2 officiers. Toujours à Villers-Flanqueux. 

28 sepbre    A l’abri dans une tranchée, autour d’un château, tout en recevant des obus de temps a autre, et le soir ont étaient de sentinelles. Ce château il ne tient plus debout par les obus qu’il y a de tomber dedans, et le village est tout détruit. Le feu est partout , principalement la Mairie.  (obus tomber à nos pieds, sans éclater heureusement).

Ont a pas le droit de faire du feu pour faire un peu de soupe, toujours on doit manger des conserves avec du pain et de l’eau.

29 sepbre   Toujours en sentinelle jour et nuit sans beaucoup d’arêts mais journée tranquille, reçu quellques obus vers le soir. On voit toutes les meules de grains en feu, plus rien ne reste de tout cela. J’ai reçu ta lettre que tu m’a envoyer le 17 sepbre pour le 30 sepbre. Le soir on a eu un quart de soupe.

30 sepbre  Toute la journée dans la tranchée, reçu énormément des obus allemants, pas beaucoup de blessés ni de mort. La nuit de sentinelle le long du mur du château, j’ai eu fort froid au pied mais pas de trop au corp. Le matin on a touché de l’eau de vie et du café qui nous fait beaucoup de bien.

 

 

pages 31 et 32

1er octobre  matin rimée blanche, très froid pour prendre la garde. Journée très belle, reçu des obus mais sans beaucoup de mal.

2 octbre  Nuit de sentinelle. Toute la journée à l’abri, temps couvert, petite pluie. On voient enterrer beaucoup de chevaux et de vaches ainsi que pas mal d’hommes des deux sexes. Nourri très faiblement, on doit regarder une foi sur son pain s’il ne se mange pas trop vite.

3 - 4 - 5 octbre Entre Villers-Flanqueux et Tylle, coucher sur la route, à l’abri d’un talu. Très faiblement nourri et très froid la nuit, pas beaucoup de fatigue. Ont fait de temps en temps des tranchées et un peu tranquille des obus.

6 octbre De garde aux tranchées.

7 octbre Avant poste à la lisière du bois de Chauffour, en entandant siffler les balles et en recevant des obus. Pas de blessers. On voyait les allemands se promener à 600 metres de nous. La nuit, dormir encore une fois le long de la route dans des cabanes en pailles.

8-9-10  toujours le long de la route, loger dans des cabanes faite en paille. Repos la journée, de garde et de sentinelle la nuit. Assez bien nourri, mais souvent la nourriture froide car ses loin pour faire la cuisine.

11-12-13-14-15  Toujours même position. Garde de nuit et souvent le jour dans les tranchées. Cuisines à un quart d’heure pour faire manger. (15  pluie mouillé la nuit).

 

 

pages 33 et 34

16  Au matin de bonne heur parti un peu plus loin devant le village de Louavre, toujours dans les tranchées, beaucoup plus près de l’ennemi, et ils nous envoyent de temps à autre des obus et de la fusillade. Ont fait la cuisine dans un grand trou à la lisière du bois de Chauffour, un peu en arrière.

17  partit à 3 heure du matin, marcher toute la journée et arriver à 10 heure du soir, encore une foie à St Léonard, un peu plus loin que la voie ferrer, toujours dans les tranchées. Mouiller par la pluie et plein de boue jusqu’aux oreils. Passer à travers champs et nuit très noirs, de quoi se perdre.

Dimanche 18  Position dans les tranchées au bord d’une route, très près de l’ennemi, ils nous envoyent de la fusillade. La froidure se fait sentir.

19  partir à minuit et arriver à 5 heure du matin à Montbré, après trois semaines de tranchée pour se reposer et nous laver un peu de linge et aussi dormir dans une grange qui nous sembler  dormir dans un lit.

20  Repos qui nous fait beaucoup de bien après tant de fatigue et raccommodage du linge.

21   Repos la journée. Sur départ à 5 heure, arriver à 7 heure à Tuissy.

22  Repos. J’ai vu Paul Desoguet et Martin Messmaker.  

 

 

pages 35 et 36

23-24  Repos. Revue d’arme et beau temps.

25-26  Repos. La nuit il tombe de l’eau. Les obus Allemand nous tombent à 500 mètres de nous mais ont ne se dérange pas pour ça. Bien nourri et loger dans une grange, bien de la paille.

27  Soir de garde toute la nuit. Pluie. Rien d’anormal.

28  Journée de garde. Temps sombre. Soir, revue de départ.

29  Reviel le matin à 4 ½ par les obus Allemands. Journée de repos et travaux de tranchée

30  Toute l’avant-midi cannonade et pluie d’obus Allemands. A l’abri derrière une grange. Temps brumeux. On est occuper à manger notre gamelle sous la grêle d’obus.

Encore le 30 au soir, nos troupes ont faient une attaque et ont repousser les Allemands.

31  Tranquille et repos. Le soir départ pour les tranchées à St Leonard, le long d’une route.

1er au 5 novembre  Aux tranchées, aux postes d’écoute à 200 mètres des Allemands. Toujours debout et comme repos dormir sur la terre. Fusillade  et cannonade. Une foie à manger par jour. J’ai un grand rum, par la froidure de la mort.

5 au 9 novembre Revu et repos.

9  Départ pour tranchée, travaux de nuit. Abris dans des cabanes faites en poteaux de mines à St Leonard. Brouillard.

Le 10  Idemme ; temps brumeux.

 

 

pages 37 et 38

10-11-12  Aux tranchées prêts de l’ennemi. Nuit très froide et pluie. De garde aux postes d’écoute.

13  Arriver à Champ Fleuris pour repos. Temps brumeux. Marcher toute la nuit. Loger grange.

Du 13 au 18  Repos, travaux de tranchée ; Pluie, neige, gelées. J’ai été à la messe, au salut et j’ai vu Léonce, ont a fait une causette.

18  Retour à Taissy pour travaux de tranchée. Coucher dans une grange.

19-20  Travailler la nuit, repos. Gelé fort, j’ai eu froid, loger dans une forge. Soir départ pour tranchées.

Du 20 jusqu’au 7 décembre  Toujours le même trafique

7  Repos à Villers-aux-Nœufs . pluie.

11  Marche militaire. Repos à Champfleury. Souillier [souliers] neuf.

Jusqu'au 30 toujours la même chause, de temps en temps une petite attaque au loin.

30  la nuit attaquer dans nos tranchées, les boches font sauter une mine à la milinite, très grande fusillade, bien terminer sans mal.

15 février  départ Taissy, coucher à Pezane.

16 matin, prit auto-bus, arriver à Vantenay, grande halte toute la journée.

16, 17  deux jours de garde au village de Roucy. Bien.

18  Aux tranchées de deuxième ligne, entre la ferme du Choléra et la ferme de Pécherie, près de Berry au Bac et Craonne.

 

Amédée a du être blessé à cette période

 

pages 39 et40

25 février  Je suis évacué pour cause de glande au cou, au village de Vantelay ; de la, je part pour hopital dans la Bretagne. Bien soigné. Quimper, Finistère.

Beuzec 13 mars

 

Partit de Beuzec  le 24 Mai pour Quimper Lékès.

 

 

 

pages 41 et42

Théophile Octave

2ème Régiment étranger

3ème Bataillon

3  Compagnie

Dépôt Orléans Ansquer.

 

 

 

 

 

Le 25 février 1915, Amédée est parti pour l’ambulance de Beuzec (Bretagne) où ces photos ont été prises

 

                    

 

 

 

 

Lorsqu’il a été blessé, il a été enseveli en revenant d’une patrouille avec son escouade.

Tous ses copains étaient rentrés dans un gourbi dans la tranchée parce qu’il y avait un bombardement, lui était à la traîne.

Un gros obus est tombé sur l’abri et tous ont été tués, sauf lui qui a été enseveli. Seule sa main dépassait la terre. D’autres soldats sont arrivés et l’ont sauvé de l’étouffement. C’est le concierge du cimetière de Saint Pol sur Mer qui le ramena sur son dos.

Suite à cet évènement, il fit de l’adénite ; départ pour l’hôpital de Beuzec (Finistère) puis La Ferté Bernard (Sarthe) et fût réformé le 26 avril 1916, mais maintenu en service. Il devient brancardier dans son régiment le 110e jusqu'à la fin de la guerre

 

 

Il y avait certainement une suite du carnet car il en parle dans une de ses cartes postales, et de feuilles volantes :

 

« ….Je t’envoie aussi quelques feuilles de mon passage depuis le début de la guerre, et surtout il faut bien les mettre de côté pour en cas que je retourne un jour que je puisse en faire des explications, car c’est seulement que des petits détails que j’avais inscrit sur mon carnet de route au crayon et ça s’efface, je l’ai reproduit à l’encre pour le retrouver plus tard .Il y aura trois doubles feuilles et une simple feuille et surtout mets les bien de côté que je puisse les retrouver plus tard dans cette carte ici, je te mets la première feuille et ainsi de suite……… »

 

 

Mais en juin 1940 il y a eu la formation de la poche de Dunkerque et toute la population a du évacuer en quelques heures (cheval, vache et quelques affaires personnelles) Il revivait ce qu'il avait vu en 1914 et il n'est revenu qu'après le 9 mai 1945 après la reddition allemande de l'amiral Frisius et la libération de la poche de Dunkerque (maison occupée par les allemands et partiellement détruite)

 

Ce petit carnet a été retrouvé, il y a 10 ans par Jean Marie (personne ne savait qu'il existait) dans le fond d'une vieille malle (coffre de l'ouvrier vacher) et que personne n'avait vidé complètement….

 

 

 

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