Carnets de CAMPAGNE 14-18 d’Emile ORAIN

du 47e régiment d’infanterie

 

 

« .. Mon entourage possède un carnet du sergent  Émile Orain, 9ème et 10ème compagnie du 47ème R.I. . Il a retranscrit en 1918, à Strasbourg, les notes qu’il avait prises tout au long de la guerre.

Sa famille est d’accord pour le voir publier sur votre site."


 

 

1914.

Le 47ème Régiment d'Infanterie, partant de Saint-Malo le 7 août 1914 a débarqué à Vouziers le 9 août 1914.

Le 10 août il cantonne à Le Chesne et se rend le 12 août à Sedan où il stationne jusqu'au 15 inclus.

Dans la nuit du 15 au 16 il se porte dans la direction de Mézières, Charleville, par étapes vers la Belgique.

Il traverse cette ville ; continuation du mouvement par Rocroi, Cul-des-Sarts, Philippeville, Fraire.

Le 21 août au soir le régiment est alerté ; il se porte dans la nuit vers la Sambre, à Tamines où l'on entend une vive canonnade.

Le régiment est engagé devant Falisolle qu'il attaque ; il progresse mais il est obligé de s'arrêter et reçoit dans l'après-midi l'ordre de se replier.

Le 23-24 août le régiment combat pied à pied ; 25, 26, 27 et 28 août, repli de la Vème Armée dont fait partie le 47ème Régiment d'Infanterie.

Marche forcée sur Florennes, Chimay, Hirson.

Le 29 août le régiment part à l'attaque de l'ennemi et le rencontre à Audigny et contre-attaque du 47ème Régiment d'Infanterie. L'ennemi se replie dans l'après-midi.

Combat de Sains-Richaumont.

30 août, mouvement de repli de l'armée française dans la direction du sud : Vesle, Mardeuil près d'Épernay, Étoges, Sézanne.

 

 

5 septembre, offensive de la Marne, le régiment attaque le village de Charleville, il s'en rend maître après une lutte acharnée dans le village de Le Thoult.

Le 9 septembre le lieutenant-colonel Poncet-des-Nouailles commandant le régiment est tué.

Le chef de bataillon Moreau le remplace provisoirement.

Continuation de l'attaque, le régiment occupe les crêtes nord du Petit Morin et cantonne à Bannay le 10 septembre.

L'ennemi se replie, le 47ème Régiment le poursuit dans la direction de Champaubert, Bergères-lès-Vertus où il fait des prisonniers et s'empare du matériel.

Le 11 le régiment se porte à Épernay où il cantonne.

Le 12 il passe la Marne et se dirige sur Puisieux (est de Reims) en poursuivant l'ennemi. Les Allemands s'arrêtent au nord du canal.

Le 47ème y pousse ses avant-postes et occupe la ferme Alger le 15 septembre, qui facilite notre entrée au fort de Puisieulx (1) pour appuyer un corps d'armée le 19 septembre.

Le 27 septembre (2) le 47ème est engagé et combat à La Neuvillette (nord-ouest de Reims).

Le 20 il se trouve en réserve de corps d'armée jusqu'au 24.

Les 25,26,27 et 28 septembre, le régiment se porte par étapes sur Verberie où il est embarqué.

Le 29, débarquement à Marcelcave. Le régiment cantonne dans les environs du château de Montigny.

Le 30 il se porte dans la direction générale est d'Arras.

(1) Il s’agit du fort de La Pompelle. Le sergent Orain dit que la Ferme Alger fut prise par le 47ème R.I. le 15 septembre, ce qui facilita la prise du fort.

Selon d’autres sources la ferme était encore aux mains des Allemands le 16.

Quand il écrit « notre entrée au fort de la Pompelle… », il signifie sans doute celle des troupes françaises le 21 septembre, car le 47ème avait à ce moment été déplacé et remplacé.

(2) Il doit s'agir d'une date comprise entre les 15 et 20 septembre.

 

Les 1er et 2 octobre, marche.

Le 3 octobre, le régiment combat à Neuville-Vitasse, le 4 octobre à Mercatel, les 5 et 6 à Beaurains.

Le chef de bataillon Vermot est blessé, le chef de bataillon Moreau reprend le commandement du régiment.

Le 7 à Agny, le régiment se stabilise et s'établit devant Achicourt. Organisation défensive du secteur.

Le 18 octobre, le lieutenant-colonel Maurice prend le commandement du 47ème Régiment d'Infanterie.

 

Le 2 novembre le bataillon Moreau attaque la briqueterie de Beaurains et cité à l'ordre de la 20ème Division d'Infanterie part de ce fait à Arras.

Le 18,19 et 20 les bataillons Moreau et Braconnier (2ème bataillon) sont engagés dans l'affaire de Saint-Laurent-Blangy.

1915.

Le régiment tient son secteur jusqu'au 21 avril 1915, date à laquelle il se rend en réserve à Berneville.

Il rencontre dans le secteur sud de la route de Bailleul-Arras et le 9 mai il attaque les tranchées allemandes entre Chantecler et Saint-Laurent

. Le 47ème Régiment d'Infanterie est relevé le 25 mai et se rend à Étrun où il reste jusqu'au 26 mai. Il va le 27 mai prendre le secteur de Roclincourt.

Le 30 mai il appuie une attaque du régiment de gauche.

 

 

Il est relevé le 2 juin, revient à Étrun et remonte pour attaquer le Labyrinthe (nord-est d'Écurie).

Le 6 juin, prise du fort du Labyrinthe. Le commandant Le Guern du 2ème bataillon est blessé.

Le 8 juin, nouvelle attaque du Labyrinthe. Le commandant Dufaure de Cite, 3ème bataillon, est tué.

Le 16 et 18 juin, nouvelle attaque du Labyrinthe par le 47ème Régiment d'Infanterie.

 

Voir l’attaque du Labyrinthe sur mon site

 

Le commandant Moreau (1er bataillon) est tué le 10 juin 1915.

Le 23 juin le régiment attaque de nouveau les tranchées du Labyrinthe.

Le 29 juin le lieutenant-colonel Maurice commandant le 47ème Régiment d'Infanterie est tué et remplacé par le lieutenant-colonel Bülhez.

 

 

Le 12 juillet le régiment attaque de nouveau dans le Labyrinthe où il est relevé le 14 juillet et descend au repos à Hauteville. Il est embarqué le 20 juillet en autos et se rend au repos vers Amiens, Seux, Pissy.

 

 

Le 1er août, le régiment est transporté en chemin de fer à Révigny et va cantonner à Laheycourt

Le 13 août le 47ème remonte en ligne en Argonne et occupe le secteur en face de Servon qu'il organise en vue de l'attaque du 25 septembre. Le 47ème attaque les tranchées allemandes.

Le chef de bataillon Joseph disparaît dans ce combat.

 

 

Le régiment tient le même secteur jusqu'au 18 novembre. Il descend au repos à Moiremont, remonte le 1er décembre dans le secteur des Pommiers (est et ouest de la route Binarville à Vienne-le-Château).

1916.

Du 5 au 18 janvier le régiment est au repos à Sainte-Menehould.

Le 19 janvier le régiment occupe le secteur de la Tour-d'Auvergne, à cheval sur le ravin de La Houyette.

 

Il organise ce secteur, prend part à l'affaire du 5 mai 1916.

Émile Orain est cité à l’ordre de la 20°division pour sa conduite à la tête de sa section, arrêtant et refoulant lors d’une contre-attaque, le 13 mai, un ennemi supérieur en nombre.

 

Le 22 juin, le 47ème Régiment d'Infanterie est relevé et se rend par étapes à Ante, sud de Sainte-Menehould.

Il est débarqué(3)  le 25 juin et se rend dans la Somme.

(3) Embarqué ?

 

Le 28 juillet il occupe le secteur de Méharicourt (sud de Chaulnes) et l’organise concurremment avec le 2ème Régiment d'Infanterie en vue de l'attaque projetée.

 

Le 4 septembre jour de l'attaque, le 47ème Régiment est en réserve.

 

Le 6 septembre le 1er bataillon (bataillon Mangot) attaque les tranchées allemandes.

À partir du 8 septembre le 47ème tient ce secteur jusqu'au 10.

 

Le 13 octobre le régiment est porté dans le secteur des bois de Chaulnes où il a l'honneur de repousser une forte attaque allemande.

Le 16 il est relevé et tient à partir de cette date le secteur du bois Frédéric et Browning avec le 2ème Régiment d'Infanterie.

Émile Orain reçoit le 23 octobre une citation pour avoir, au cours d’une contre-attaque du 16 octobre progressé d’un seul bond de 60 m et emporté une barricade.

 

Le 15 novembre le régiment est au repos dans les environs de Tricot.

 

Il remonte en ligne le 12 décembre et tient le secteur en face de Chaulnes.

1917

Le 2 janvier le régiment est relevé.

Il va au camp de Crèvecœur y faire de l'instruction en vue d'une offensive.

 

Le 47ème remonte en secteur le 8 février et contribue à l'organisation du secteur de Tilloloy pour l'attaque projetée.

 

Le 16 mars le régiment est alerté et le 17 est rendu en 2ème ligne, il poursuit les Allemands.

Le 18 le 47ème prend l'avant-garde, continue la poursuite jusqu'à Tugny-et-Pont, enlève le village d'Happencourt (20 mars).

Le 21 mars le 47ème est relevé et redescend vers l'ouest (hory, nord-ouest de Montdidier).

Le 30 mars il se rend par étapes en Champagne, ouest de Châlons.

 

Le 25 avril le 47ème monte en secteur devant le bois de la Grille (ouest du Mont Cornillet) et le 30 avril il attaque les tranchées allemandes.

 

Les 5,6,7,8,9 et 10 mai il réduit successivement 5 fortins et est cité pour sa belle conduite à l'ordre du 10ème Corps d'Armée.

Le 47ème est relevé du 22 au 26 mai et descend au repos dans les environs de Pocancy, Champigneul-Champagne.

 

Le 15 juin le 47ème est enlevé en autos et transporté à Verdun où jusqu'au 15 juillet il fait des travaux en vue de l'offensive prochaine.

 

Le 15 juillet il prend le secteur de la Côte du Poivre (ouest de Louvemont) et y prépare l'attaque par des travaux d'approche.

 

Le 12 août le 47ème est relevé et se rend d'abord au camp d'Avoust ensuite dans les environs de Seigneulles (ouest de Bar-le-Duc) (4).

La 1ère C.M. et un peloton de la 3ème C.M. sont à la disposition des régiments d'attaque.

Le régiment quitte Seigneulles le 30 et va occuper le secteur Le Tacul entre Beaumont et Samogneux, position conquise par l'offensive du 20 août 1917.

Ensuite il y fait des travaux d'organisation défensive.

(4) Est-ce le Seigneulles qui se trouve en réalité à 10 km au nord-est de Bar-le-Duc?

 

Le 9 septembre le 47ème repousse une violente attaque allemande. Les 2ème et 3ème bataillons sont engagés dans cette affaire.

Le 2 octobre, le 2ème bataillon subit une nouvelle attaque qui, comme la première, est repoussée.

Le 6 octobre le 1er bataillon subit une nouvelle attaque qui a le même sort que les précédentes. Pour sa belle conduite dans cette affaire, le 47ème est cité à l'ordre de la IIème Armée.

Le 18 octobre 1917, le 47ème descend au repos à Heiltz-l'Évêque, Outrepont et Jussecourt.

Le 3 novembre 1917 le 47ème va occuper le secteur Haudiomont, Villers-sous-les-Côtes (Woëvre).

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, le 47ème réussit un coup de main sur un petit poste ennemi devant Manheulles.

1918.

Le 28 février 1918, le 47ème vient à Verdun et est employé à faire des travaux de défense.

 

 

Le 24 mars 1918, il monte tenir le secteur des Caurières, les Chambrettes et Quatre-Chemins, Bois de Chaume.

Il tient ce secteur jusqu'au 24 mai.

Il descend au repos à cette date à Ligny-en-Barrois et Nançois-Tronville.

 

 

Le 28 mai le 47ème est embarqué pour Dormans.

À leur descente du train, les bataillons sont immédiatement engagés dans la bataille et défendent les positions au nord de la Marne.

Le 30 mai le mouvement de repli est accentué et la Marne est repassée.

Le 47ème organise le secteur devant Jaulgonne dans la boucle de la rivière.

 

 

Dans la nuit du 2 au 3 juin le 1er bataillon (chef de bataillon Voillot) chasse les fractions ennemies qui étaient parvenues à franchir la Marne.

Il fait plus de 100 prisonniers et pour ce fait cité à l'ordre de l'armée le 27 juin.

Le 47ème est relevé et se rend dans la région de Mortefontaine, Plailly et Moussy-le-Neuf, Château de Vallière, vers Dammartin en Goële.

 

 

Le 5 juillet le 47ème est enlevé en autos et se rend dans la région de Pargny-la-Dhuys (sud de Jaulgonne) qu'il vient de quitter le 27 juin.

Le 8 juillet, le 47ème se porte sur la 2ème position de défense sur la ferme du Hallais, Rue Jacquiert, Saint-Philibert, le 3ème bataillon au nord du bois d'Igny-le-Jard.

Dans la nuit du 11 au 12 juillet, le 3ème bataillon et l'E.M. du régiment descendent vers le sud et cantonnent à Orbais.

Dans la nuit du 13 au 14 juillet, le 47ème est alerté et va occuper sur la 2ème position les emplacements de défense. Il regagne au matin ses emplacements de cantonnement.

Le 15 juillet, au bruit de l'intense canonnade et des obus qui éclatent, le 47ème est alerté et occupe de nouveau ses emplacements de combat. Il arrête la progression ennemie sur la 2ème position et combat jusqu'au 19 juillet.

L'ennemi repasse la Marne.

Le colonel Bhülez, blessé le 15 juillet est remplacé par le commandant du régiment (5), le chef de bataillon Lebas jusqu'au 18 juillet, date à laquelle le colonel Zopff prend le commandement du 47ème RI.

Des fractions du bataillon Stiegler -2ème bataillon- passent la Marne le 22 juillet 1918.

Le 27 juillet tous les régiments passent la Marne sur un pont de fortune qu'il a construit (6) et poursuivent les Allemands.

(5) Selon E. Orain, le Lt-C.Bülhez commandait le régiment depuis le 29 juin 1915 ; blessé ce 15 juillet il est probablement remplacé "pour le commandement ...par..."

(6) "qu'ils ont construit" ou "que le 47ème a construit"?             

 

Le 29 juillet le bataillon Stiegler atteint Aiguizy.

 

 

Le 2 août la progression est à peine reprise et dans la nuit du 3 au 4 août, le 47ème Régiment d'Infanterie atteint la Vesle. Il occupe avec ses trois bataillons Voillot, Stiegler et Vazeilles le secteur Hourges, Unchair.

Le 15 août, le 47ème subit un intense bombardement par gaz.

Il est relevé le 24 août 1918 et descend au repos dans la région de Verneuil.

 

Pour sa belle conduite au cours des affaires des mois de juillet et d'août 1918, le 47ème est cité à l'ordre de l'armée.

Cette citation lui donne droit à la fourragère aux couleurs de la croix de guerre.

 

Le 12 septembre le 47ème Régiment d'Infanterie se rend à Épernay.

Il est enlevé le 14 en chemin de fer et débarque à Corcieux (Vosges). Il se porte par étapes à Raon-L’étape.

Le commandant Lebas prend le commandement du 47ème.

Le colonel Bhülez prend le commandement d'une brigade mixte franco-américaine. Le 47ème occupe le secteur de Celles-sur-Plaine concurremment avec des éléments américains.

 

 

Le 6 octobre, le 47ème s'est regroupé dans la région de Raon-L'étape.

Le colonel Bhülez reprend le commandement du 47ème Régiment d'Infanterie le 14 octobre. Le régiment va occuper le secteur devant Robache (nord-est de Saint-Dié).

Il y reste jusqu'au 28 octobre et va cantonner après relève dans la région de Corcieux. Le 6 novembre le 47ème se porte à Épinal par Fontenay, Viménil ; il arrive le 7 à Épinal où il cantonne. Le 10 novembre le régiment se porte à Frizon, Igney, Mazeley.

 

 

Le 11 novembre à 7 heures le 47ème Régiment d'Infanterie apprend par T.S.F. la signature de l’armistice.

Le 14 novembre, le 47ème se dirige vers l'Alsace par Fontenay, Viménil (14 novembre), la Bourgonce, la Gallière, la Salle (le 15), Celles-sur-Plaine (le 16 novembre).

Le 17 novembre le 47ème Régiment d'Infanterie franchit la frontière à 9 h 30 sur la route du Mont Donon.

Il cantonne à Grandfontaine, à Schirmeck.

Le 18 novembre, cantonné.

Le 47ème cantonne à Mutzig et à Molsheim.

Le 21 novembre le bataillon Vazeilles va occuper les ponts du Rhin (Kehl).

Le reste du régiment cantonne à Oberhausbergen et Wolschheim.

Le 28 novembre le régiment entre dans Strasbourg avec les premières troupes françaises où un accueil enthousiaste lui est réservé.

 

 

Le 47ème occupe Strasbourg jusqu'au 2 décembre.

Le 3 décembre il se porte vers Sélestat par Blaesheim (3 décembre), Sermerscheim (4 décembre).

Le 5 il occupe le pont de Schoenau, Sundhouse et Sélestat.

1919.

Le 22 janvier le régiment rejoint Sélestat, le 2ème bataillon à Châtenois.

 

Le 26 février le 3ème bataillon va occuper Schoenau jusqu'au 23 mars.

Le 23 il rejoint Rheinau où il reste jusqu'au 30 mars.

Le 31 il va cantonner à Nordhouse.

 

 

Le 47ème rejoint Strasbourg le 1er avril où deux bataillons sont cantonnés et le 3ème à Bischeim.

 

 

Fin du carnet

 

 

 

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