Les pages qui
suivent sont la reproduction du cahier écrit par Claude PARRON (mon arrière
grand-oncle) entre le 22 juin 1915 et le 5 août 1915.
Ce sont ses
souvenirs, ses réflexions rapportées pendant cette période de la guerre des
tranchées.
J’ai essayé de
reproduire le plus fidèlement possible son propre texte ce qui explique les
fautes d’orthographe et de syntaxe.
Ce cahier, je
l’ai découvert, il y a déjà quelques années chez ma grand-mère Louise Parron
épouse François Ansoud à Messimy dans l’Ain. J’étais alors adolescent. La
lecture de ce cahier écrit dans des conditions particulièrement difficiles
m’avait révolté.
Quelques années
après j’ai eu la chance de récupérer ce cahier.
Avoir un
témoignage d’une personne aussi proche de moi sans l’avoir jamais connue, découvrir
son destin aux travers des paroles de mes grands-parents, m’ont incité à
sauvegarder ces écrits.
J’ai eu envie de
prolonger la vie, bien courte, de Claude par la diffusion de ce document.
Jean François, Février 2006

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Né le 27 octobre 1894 à Villeneuve (AIN)
Issu d’une famille de cultivateur très
modeste de 5 enfants (3 garçons et 2 filles : Claudine né en 1890, Claude
né en 1896, Jean-François né en 1898, Louise né en 1901, Pierre). Le père
Claude Parron est déjà décédé lors du départ de Claude à la guerre. Claude
travaille sur la ferme familiale à Villeneuve dans l’Ain (lieu dit « les
Amaries »).
Aux archives départementales de l’AIN
(Bourg en Bresse) j’ai trouvé dans le registre militaire des
matricules une confirmation de ce que j’avais entendu dire par ma
grand-mère. On peut aussi vérifier ses différentes affectations, ses blessures
et maladies. Les dates écrites dans son cahier sont confirmées par le registre.
D’autre part, il y a de nombreux sites qui
parlent de la guerre de 1914-18. J’ai trouvé un récit de l’offensive de mai /
juin en Artois où Claude sera blessé. Il a été écrit par le Général H. Colin en
1932. Ce témoignage se trouve à l’adresse Internet http://www.chtimiste.com/
dans la rubrique « Batailles ». Ce témoignage permet ainsi de
vérifier les dates et les heures des batailles auxquels Claude a participé.
Jean François, Février 2006
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Premier résumé : de mon arrivée
à mon départ sur le front
Deuxième résumé : ce que
j’avais sur moi et en tenue de campagne
Troisième résumé : de mon
départ au front mon retour à l’hôpital
Quatrième résumé : souvenirs de
Belgique.
Cinquième résumé : Hiver 1915
et la France.
Sixième résumé : Fables de
France. Les nôtres Les vôtres…
Septième résumé : Causeries sur
la guerre.
Huitième résumé : Honneur aux
camarades, qu’on ne verra plus
Neuvième résumé : Critiques et
pensées
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Souvenirs
Tenant à réunir
dans un même cahier tout ce qui m’a rappeler mon entrée au service militaire et
en même temps la fameuse campagne 1914-15.
J’ai donc écris
ceci comme le meilleur souvenir de toute ces choses pour moi et en même pour ma
famille et enfin tout ceux dont ces lignes pourrait leur faire plaisir à lire
en pensant à tant de choses qui se sont passées. C’est donc tout le sujet de
ces lignes que vais commencée en ayant soins de mettre ma signature en dessous
chaque chapitre ou plutôt chaque résumé pour attester que tout ceci a bien été
fait par moi.
Parron Claude né a
Villeneuve (Ain) le 27 octobre 1894.
Signé Parron Claude
Fin page 1
Premier résumé : de mon arrivée a mon
départ sur le front
Je suis parti de
chez moi la nuit du 3 au 4 septembre 1914 pour rejoindre le 44ème de ligne qui
tenait garnison à Lons-le-Saunier
Alors depuis le 4 jusqu’au
20 environ je suis resté à Lons-le-Saunier au dépôt et ce jour-là je suis
partit au camp du Valdalion pour y faire mes classes.. Puis je suis revenu à
Lons-le-Saunier le 6 novembre environ ou je suis resté jusqu’au 28 décembre a 8
heures ¼ heure ou je partais pour rejoindre le 26ème.
Pendant tout ce
temps la ce fut la vie de caserne et je ne fut encore pas trop mal au dépôt je
couchais toujours dans un lit et au camp dans un sac à viande une paillaisse
est un isolateur puis revenu au dépôt j’eu deux permission une de 48 heures et
l’autre de 24 juste le jour avant de partir.
Puis c’est tout.
Signé Parron Claude
Fin page 2
Deuxième résumé : ce que j’avais sur moi et
en tenue de campagne
Sur moi, deux
flanelles une chemise trois ceinture. Des médailles chapelet et scapulaires.
Deux cravates, des épingles de sureté mon porte-monnaie, un couteau, un
mouchoir une pipe, un tricôt, un veston, un calecon deux pantalons deux paires
de chaussettes, une paire de souliers, une paire de jambières un képi et un
couvre-képi un cache-nez, une capôte, un passe montagne un calôt une paire de
gants, une paire de manchettes, un décrassoir, des ficelles, deux crayons, deux
carnets du papier a lettre, mon livret, un paquet de pansement, ma
correspondance, une patte d’épaule des bretelles. En plus, « Tenue de
Campagne »
Mon fusil, mon
bidon, mon équipement c’est-a-dire Bretelles de suspension et cartouchières et
épée baïonnette, ma musette qui contient, fourchette, cuillère, quart, gamelle,
pain et vivre, mon sac, une chemise, une flanelle un calecon, deux boites de
singe, douze biscuits
Fin page 3
Du chocolat, une
boite, une baguette et une brosse à fusil, une couverture, une peau de mouton
un bidon de campement, un outil, une toile de tente quatre mouchoirs, un cache-nez,
une trousse a raccommoder, un torchon, un savon, trois paires de chaussettes,
du coton, quatre paquet de cartouches, du philopate, des ficelles de toile de
tente, du tabac.
Puis 150
cartouches en temps normal en campagne et 250 pour une attaque qu’on met dans
la musette et dans les cartouchières puis aussi dans le sac. A tout cela on
pourrait encore y ajouter certains petits objets sans importance.
Mais enfin ce que
j’ai marqué c’est tout ce que j’avais lorsque je suis partit je n’y ai rien
ajouter ni rien sortit. Ceux qui liront ces lignes verront que ce n’est pas
étonnant qu’on évaluent a trente cinq kilogrammes environ le chargement complet
d’un fantassin en campagne. Maintenant c’est a vous de juger et d’en penser ce
que vous voudrez. Pour moi je sais que trop ce qu’il en ai Donc au revoir a
tous
Signé Parron Claude
Fin page 4
Troisième résumé : de mon départ au front
mon retour a l’hôpital
Pour en revenir au
fait je
laissais donc le 44e et le 28 décembre a 8heures moins ¼ je quittais la
caserne de Lons-le-Saunier pour aller embarquer pour rejoindre mon nouveau
régiment auxquel je venais d’être versé c’est a dire le 26ème de ligne dont la garnison
était a Nancy mais qui avait été transféré a Mâcon endroit ou je le rejoignit.
Pendant deux jours je couchais dans les granges et le 30 décembre a 4 heures de
soir je quittais Mâcon tout équipé au complet avec 120 cartouches et
j’embarquais pour direction inconnue quoique que je me doutais bien qu’on
allait nous mener en Belgique car le 26ème y était.
Puis comme on s’en
doutait on nous mena en Belgique et voici les principales gares que j’ai passé
pour y aller, Mâcon, Chalons, Dijon, Laroche, Joigny, Sens, Montereau, St Mamès
[1],
Fontainebleau, Melun
Fin page 5
Montgeron,
Villeneuve St Georges, Paris-Est, Le Bourget, Amiens, Alberville, Boulogne sur mer,
Calais, Bourbourg, Dunkerque puis Bergues ou on a débarqué…… Récapitulation…..
J’avais finit de
couché dans un lit le 25 Octobre c’est a dire la nuit de Noël et c’est chez moi
étant en permission que j’avais arrêté de coucher c’est a dire dans mon lit.
Ensuite j’ai passé le 27 octobre chez moi et la nuit du 27 au 28 en chemin de
fer ensuite j’ai couché dans les granges a Mâcon et lorsque nous sommes
débarqués a Bergues j’ai été cantonné dans un village a environ 15 kilomètres
de ce dernier appelé Oost-Cappel ou on couchait dans les écuries les remises
les vieilles maisons les granges enfin de partout. Puis je suis partit de ce
dernier endroit d’Oost-Cappel le 25 janvier pour aller au Lion Belge ou on a
cantonné une nuit pour repartir le 26 prendre les tranchées du côté de
Langhemark en avant du canal et de la maison du passeur. Puis j’ai fait trois
jours dans ces tranchées et ensuite on était en réserve d’armée pendant une
quinzaine de jours.
Fin page 6
Suite…..
Puis vers le
quinze février on retournait prendre les tranchées mais plus du côté de
Langhemark, cette fois-ci on allait du côté de St Julien ou plutôt en avant de
St Julien entre ce dernier endroit et Roulers qui était aux Boches a environ
douze kilomètre en avant d’Ypres pour aller au repos ou bien sur le canal car
le plus souvent on allait a Vonester, Lessingue, Liverdingue, Lion Belge,
Elverdingue, Poperinghe, Oostleteren en passant par Vitchle et St Jean puis on
a passé et été aussi dans beaucoup d’autres endroits dont je ne me rappelle pas.
Puis on a pris ces tranchées tout l’hiver sans avoir trop de pertes et toujours
dans le même secteur dont on faisait 4 jours de tranchées et 4 jours de repos
jusqu’au 13 avril au soir. Puis le 13 au soir nous avons quitté les tranchées
qui ont été occupées par des troupes Anglaises, les Canadiens et nous sommes
aller dans un petit endroit a côté de Unster ou nous sommes arrivé le matin,
alors nous y avons fait le café et mangé un peu
Fin page 7
Suite…..
Ensuite d’ici nous
avons été sur la grand route a Unster pour embarquer et vers 9 heures nous
sommes partit en autobus. Jusqu’au environ d’Herzeele et de la nous sommes
partit a pied jusqu'à Cassel qui se trouvait a environ 12 a 15 kilomètres de ce
dernier endroit. Puis nous sommes arrivé vers quatre heures du soir a Cassel ou
nous avons fait le café et mangé et nous sommes partit a la gare pour embarquer
par la vers 7 heures du soir et a huit heures environ le train partait pour
destination inconnue. Il faisait un détour en passant par Calais, St Omer, Estrées
et nous emmenaient a St Pol ou on débarquait le lendemain matin 15 avril vers
deux heures du matin, puis de ce dernier endroit on partait pour aller
cantonnér dans un petit village a environ 15 kilomètres de St Pol. Et de la
jusqu’au 28 avril on cantonnait un peu de partout et on changeait souvent de
village. Puis le 28 on partait cantonné a Mareuil a environ 4 kilomètres
d’Arras, alors depuis le 28 avril jusqu’au
Fin page 8
Suite…..
9
mai jour de la grande attaque on allait travailler a faire des boyeaux
un peu de partout quelquefois entre les 1ère lignes Boches et les notres,
quoique a partir du 1er mai le 1er bataillon de mon régiment était en ligne.
Puis le 7 mai et 8 on sentait qu’une attaque approchait et en effet nos
officiers nous en parlait en nous disant de bien marcher qu’ils comptait sur
nous et que tout marcherait surement bien car ils nous avertissaient qu’ils y
avait une préparation d’artillerie formidable telles qu’on en avait jamais vu
de si terrible qu’on comptait envoyer onze cent coups a la minute et par ce
moyen bouleverser complètement les tranchées Boches et abrutir ceux qui se
trouveraient dedans. Enfin nos officiers et nous mêmes nous avions une grande
confiance dans la réussite surtout d’après ce qu’on venait de nous dire car on
nous disait même qu’on pouvait prendre les tranchées sans prendre beaucoup de
monde et alors depuis le 7 on se tenait prêt pour l’attaque nuit et jour avec
une bonne confiance qui ne fut malheureusement pas récompensée
Fin page 8
Suite…..
C’est alors dans cette
attente que nous restions jusqu'à la nuit du 8 au 9 mai puis dans cette nuit
comme on nous en avait un peu avertit le soir on nous réveilla a 1 heure du
matin pour partir immédiatement. On allait attaquer, on partit donc de Mareuil
vers 1 heure du matin on passa dans les boyeaux et on arrivera vers 4 heures
dans nos seconde ligne, puis arrivez là on nous expliqua que notre role était
de partir dans l’attaque sur la direction de Thélus qui était aux Boches a
environ 2 kilomètre en arrière de leur 1er ligne et on se trouvait alors entre
Ecury et Neuville St Vaast a environ 2 kilomètre au nord d’Arras et autant au
sud du Mont St Eloi, puis on devait prendre Thélus, mais il fallait pour cela
enfoncer la 1er ligne Boches la seconde puis la 3ème et surtout traverser le
fameux Labyrinthe de boyaux dont les Boches en avait fait un vrai endroit
fortifié. Pour l’attaque le 1er bataillon du 26ème avec le deuxième formait a
eux deux la 1er ligne d’attaque et la deuxième dont
Fin page 9
Suite…..
Deux compagnie du 1er
en 1er ligne et deux du second, puis 2 Cie du 1er en seconde ligne et aussi 2
du second. Et nous le 3ème bataillon comme c’était notre tour nous formions la
3ème ligne d’attaque et toutes ces lignes devait se suivre a une distance
d’environ cinquante mètre et pour partir pendant que la 1er ligne se déployait
en tirailleur au bout du boyeaux que nous avions creusés entre les tranchées
boches et nous la deuxième devait immédiatement se trouver dans ces boyeaux et
la 3ème, c’est a dire mon bataillon devait se trouver en 1er ligne et tous
prêts a partir c’est a dire en 1er ligne de tranchées et c’est dans cette
formation qu’on se trouva en effet au moment de l’attaque malheureusement que
sa ne réussit pas. Enfin depuis quatre heures jusqu'à 6 heures du matin on se
fit tant bien que mal des abrits contre le bombardement qu’on devait redouter.
C’est alors que vers 6 heures notre artillerie commenca son bombardement sur
toutes les positions d’infanterie et d’artillerie Allemande. Il fut en effet
comme on nous l’avait dit d’une grande intensitée
Fin page 10
Voir la carte dessinée par Claude PARRON
Suite…..
Et il dura jusque
vers 10 heures environ c’est a dire l’heure fixé pour l’attaque c’est alors a
ce moment qu’on se trouva tous dans la formation qu’on devait être c’est a dire
prêts a foncer. Puis a ce moment l’artillerie ralentit son tir et tira plus en
arrière et on donna de partout le signal d’attaque alors d’un seul coup toutes
les troupes qui se trouvait sur notre gauche partirent en tirailleurs ainsi que
nous, mais d’après ce que j’entendis dire là-bas par les hommes et mêmes les
sous-officiers le 17ème corps qui se trouvait sur notre droite ne voulut pas
sortir des tranchées c’est a dire ne voulut pas attaquer et c’est même d’après
les dire de beaucoup pour ce motif que l’attaque échoua en grande partie.
Seulement on tint toujours caché le plus qu’on put ces faits, car on dit même
qu’on en fusilla pas mal du 17ème pour les punirs mais jamais ceux qui était en
arrière ne l’apprirent car sa aurait produit un mauvais effet sur la
population. Toujours est-il que les troupes qui se trouvait sur notre gauche
avancèrent d’une moyenne
Fin page 10
Suite…..
d’environ quatre
kilomètres certains endroits un peu plus puis d’autres endroits un peu moins,
mais enfin elles y arrivèrent assez vite. Au lieu que sur notre droite rien ne
bougea comme je vous l’ai expliqué et peut-être malheureusement pour tous et
surtout pour mon régiment qui aurait put opérer de flanc si sa avait avancé des
deux côtés. Quand a mon régiment tout était prêt et au signal toute la 1er
ligne partit elle avait une espace d’environ cent cinquante mètres a franchir.
Mais malgré une bonne préparation d’artillerie la 1er ligne Boches n’avait pas
de mal et elle se trouvait au contraire criblée de mitrailleuses en face. Ou
mon régiment attaquait et on en comptait au moins une trentaine sur une largeur
de douze cent mètres, c’est a dire juste la largeur ou mon régiment attaquait
car c’était un des endroits que les Boches avait le plus fortifié parce qu’il
formait pour eux un point de grande importance et avec cela le terrain allant
légèrement en pente de leur côté ce prétait pour ce motif
Fin page 11
Suite…..
admirablement bien
pour eux au tir de leurs mitrailleuses. C’est donc justement ce qui arriva
notre 1er ligne partit mais a mesure qu’elle avancait les hommes tombait étant
fauchés par la mitraille puis on envoyait pendant un moment du renfort de la
seconde ligne mais les hommes tombaient toujours et des sections entières
étaient fauchées, cependant quelques uns arrivèrent jusqu'à une trentaine de
mètres mais ils ne purent aller plus loin car ils seraient tombés avant
d’arriver. C’est alors qu’après une heure environ d’un travail si terrible et
voyant qu’autant on en enverrait autant ils en tomberaient les Chefs donnèrent
l’ordre d’arrêter l’attaque sur ce point mais ceux qui était en bonne santé ou
blessé et qui se trouvaient entre les deux lignes furent obligés d’y rester et
beaucoup de ceux-la trouvèrent la mort comme cela car aussitôt qu’ils faisaient
un mouvement les Boches tiraient dessus et les achevaient ou les tuaient. C’est
ainsi qu’en une heure de temps environ ils firent de terribles ravages dans nos
rangs du 1er et 2ème bataillon on comptait prêt de huit cents morts
Fin page 12
Suite…..
Et plus de quatre
cents blessés en si peu de temps, puis ceux qui purent revinrent le jours mais
une bonne partie furent obligés de rester couchés jusqu’à la grande nuit a 30
ou 40 mètres de la ligne Boches et ce n’est que le soir que les rares
survivants purent revenir dans nos lignes a la faveur de la nuit quand aux
blessés ceux qui pouvaient revenir revenaient mais les autres restaient car ils
était impossible d’aller les chercher et c’est ainsi qu’ils durent attendre pour
seule délivrance qu’ils pouvaient espérer c’est a dire la mort et pour moi j’en
ai vu chose qui m’aurait déchiré le cœur en tout autre circonstance qui
remuaient encore le lendemain de l’attaque dans la soirée. Et c’est justement
ce qui ma le plus frappé ainsi que les cris des mourants qu’on entendait a tout
instant et qu’on était impuissants a secourir. Enfin parlons plus tôt de
l’action comme tout était arrêter dans notre attaque mon bataillon qui était
prêt a aller partir en tirailleur n’eut pas besoin d’y aller alors on ne sortit
pas de la tranchée et au contraire on se recula a environ cinquante mètres
Fin page 13
Suite…..
Dans les boyeaux
qu’on accupait en arrivant le matin et c’est ceux qui restaient du 1er et 2ème
bataillon qui occupèrent la tranchée de 1er ligne ou ils restèrent même
plusieurs jours sans en bouger afin de pouvoir se reformer avec des renforts.
Quand a nous le 3ème bataillon qu’on avait presque pas eut de perte pendant
l’attaque on resta dans nos boyeaux jusqu'à environ sept heures du soir. Puis a
cette heure la comme il venait d’arriver un ordre d’attaque on partit dans la
direction de la route de Neuville St Vaast car on avait ordre d’essayer de les
prendrent de flan en partant en tirailleur dessus la route d’Ecury[2] a Ablain St
Nazaire puis on partit jusqu'à environ cent mètres des Boches et on venait de
faire environ deux cent cinquante mètres en tirailleur, puis arriver la un
ordre nous fut donné de se faire avec un peu de terre des abris individuels
puis on nous redit plus rien alors lorsqu’on vit arriver minuit et 1 heure du
matin on juja bon d’approfondir nos trous
Fin page 14
Suite…..
Au cas ou on
resterait le lendemain et c’est justement ce qui arriva c’est alors qu’on se
trouva content d’avoir creusé et fait de nos abris une petite tranchée
d’environ 1 mètre de profondeur et d’environ 0m,80 de largeur. Car pour celui
qui ne le saurait pas il est bon dire qu’on ne peut faire ce travail que la
nuit ou a peu près car si on le fait le jour en jetant la terre il n’y a rien
de telle pour se faire repérer de l’artillerie qui peut par ce moyen apprécier
la distance et ensuite elle ne cesse de nous arroser d’obus c’est pour cela que
vous comprendrez qu’on est obligé de ne pas bouger le jour et surtout de ne pas
se faire voir les 1er et les plus prudentes choses pour un fantassin. Puis
pendant que le 1er et le 2ème bataillon était dans les tranchées de 1er ligne
ou on les a laissés. Nous autres le 3ème on resta cinq ou six jours dans notre
boyeaux puis ensuite on nous mena en 1er ligne toujours sur le flanc mais un
peu plus haut et on nous changea d’ailleurs souvent d’endroit. Jusqu’au 20 au
soir ou on nous fit
Fin page 15
Suite…..
Partir de la
tranchée pour aller occuper un boyeau qui se trouvait a environ deux cents mètres
en avant de la tranchée et qui y aboutissait par un bout et a l’autre. Tout se
croisait avec un boyeau Boche. Ce boyeau avait environ quatre cents mètres de
long on nous y envoya un peloton. C’est a dire soixante hommes environ. Puis on
l’occupa comme on nous avait donnez l’ordre sur une distance d’environ cent
cinquante mètres a partir du boyeau Boches. Il est donc facile de comprendre
qu’il restait environ deux cent cinquante mètres de boyeau entre nous et notre
première tranchée qui était inoccupée et on se trouvait par ce fait isolé des
autres et a côté des Boches puisque les boyeaux se croisaient. Aussi tout ainsi
que notre lieutenant voyait qu’on se trouvait dans une très grave situation,
mais malgré tout il fallait y rester et c’est ainsi qu’en arrivant dedans le
boyeau malgré qu’on fut exténués de fatigue il fallut l’arranger un peu et se
creuser un petit abri contre l’artillerie car le lendemain il ne fallait pas
travailler et surtout ne pas se faire voir
Fin page 16
Suite…..
La moindre chose
car l’artillerie tappait déjà assez et c’est ainsi qu’on attendit ce qui
arriverait, mais on comprenait bien que si les Boches nous avait attaqués on
avait beaucoup de hasard d’être pris comme des rats et on se demandait pourquoi
on nous avaient envoyé dans un tel endroit et plusieurs fois notre lieutenant
fit son possible pour qu’on nous en sortent mais il ne réussit pas. C’est alors
qu’on attendit jusqu’au 21 au soir qu’on vint nous dire qu’on devait attaquer
avec un peloton de la 10ème compagie qui se trouvait a notre gauche et plus en
arrière puisque l’attaque aurait lieu vers 1 heure du matin mais qu’il fallait
se tenir prêts. Puis vers 10 heures du soir une assez forte attaque Boches se
déclancha tout d’un coup a environ 200 mètres sur notre gauche puis fit rage
pendant une demie heure environ ou les balles sifflaient de partout et c’est
gracé a notre 75 qu’elle fut enfin arrêté. Mais comme sa tapait tout de suite a
côté de nous on nous fit tout mettre en éveil au parapet baïonnette au canon
Fin page 17
Suite…..
Et le fusil
approvisionné et prêt a faire feu car c’était a craindre qu’ils attaquent aussi
qur nous et d’en cet endroit on n’avait pas de boyeaux en arrière pour se
sauver au cas ou on aurait pas put résister aussi on aurait été obligés de se
défendre jusqu’au bout et c’est pour cela qu’il était bon de ne pas se laisser
surprendre mais tout aller encore pour le mieux car les Boches nous attaquèrent
pas mais ils veillaient sérieusement en face nous craignant aussi qu’on
attaque. Car qu’en sa tappe d’un côté il bien a craindre que sa se cogne
bientôt a côté et pour celui qui ne le sait pas il est bon dire que a peu-près
chaque fois que les Boches attaquent nous contre-attaquons alors comme ils
venaient d’attaquer ils s’en méfiaient. Et comme on avait recu ordre le soir de
tacher de les prendre par surprise on pensait qu’après cette attaque Boches a
gauche de nous notre attaque en face nous n’aurait pas lieu car après un coup
comme cela il ne fallait plus penser de les prendrent par surprises car ils se
tenaient surement sur leurs gardes.
Fin page 18
Suite…..
Mais malgré tout
l’heure d’attaque arriva sans qu’on reçu aucun contrordre. Alors lorsque arriva
une heure on s’équipa au complet on mit le sac au dos et notre Sous-Lieutenant
et nos sergent donnèrent l’ordre de partir tout en faisant le moins de bruit
possible car le terrain malgré la légère pente allant du côté Boche se prêtait
encore assez pour se cacher parce que sur les 200 mètres environ que nous
avions a franchir. Seulement une quarantaine en arrivant au Boches se trouvait
en terrain découvert mais avant c’était un grand champ de vieilles betteraves
qui n’avait pas put être arrachées a l’automne précédent et dont les feuilles
avaient bien repoussées de près de 50 centimètres. Aussi se trouvait-on ancore
assez caché et jusqu’au terrain découvert les Boches ne faisaient que tirailler
comme ils en ont l’habitude mais pas de trop. Seulement comme on devait
approcher en rampant jusqu'à une quinzaine de mètres de leurs tranchées, ils
nous découvrirent tout de suite en débouchant des betteraves et c’est alors
qu’ils nous arrosèrent de balles avec leurs
Fin page 19
et leurs
mitrailleuses qui exécutèrent sur nous un tir croisés car leur tranchée faisait
le demi cercle puis on se trouvait a une jolie porté de fusil aussi leur tir
fut-il bon car malgré que c’était la nuit il nous voyaient comme le jours avec
leur fusées éclairantes qu’ils lancaient en masses sans discontinuer. Aussi les
balles nous sifflaient comme des mouches autour des oreilles mais malgré cela
nous avancions jusqu'à une vingtaine de mètres a peine ou je fut blessée juste
au moment ou on allait y aller a la baïonnette. Alors je laissa mon sac sur
place et je me traina un peu en arrière ou je trouvait un trou d’obus alors là
je quittait tout mon fourmiment pour essayer de me sauver comme je pouvait car
les balles sifflaient sans discontinuer et durent comme grêle puis avec cela je
perdais assez de sang et je craignais qu’après cinq mois de fatigue et tout
cela les forces viennent a me manquer. Mais enfin grâce a Dieu tout alla encore
pour le mieux et je réussis enfin a atteindre le boyeau d’ou on était partit.
Fin page 20
Suite…..
Alors la je me
trouvais a l’abri au moins des balles puis je le suivis jusqu'à notre tranchée
de la 1ère ligne ou je fit encore une centaine de mètres pour trouver un
camarade qui avec mon paquet de pansement me donna les premiers soin c’est a
dire banda ma blessure ou le sang coulait afin de l’arrêter un peu. Il était
temps car en plusieurs fois pendant qu’ils me pensait mes forces faillirent me
manquer mais je rassemblait tout mon courage et aussitôt mon pansement fait au
lieu d’attendre la que les brancardiers viennent me chercher je partit
résolument a Mareuil endroit situé a environ 4 kilomètres au moins et ou se
trouvait l’infirmerie. Je partit donc dans les boyeaux ou je trouvait des
hommes du génie qui s’en allèrent assez loin quand-moi et un voulut me donner a
manger et a boire. J’acceptai un œuf avec du pain et deux canon de bière. Puis
je repartit tout seul a travers champ car le petit jour commencai a venir et je
trouva d’ailleurs assez bien mon chemin grâce au artilleurs
Fin
page 21
Suite…..
Qui se trouvait
partout en arrière et a qui je demandait puis finalement j’arrivai a Mareuil a
4 heures du matin environ. Alors là je trouvais l’infirmerie ou les majors me
firent asseoir puis me donnèrent a boire car encore une fois malgré moi les
forces semblaient encore vouloir me trahirent mais je tins bon et vers cinq
heures deux majors regardèrent ma blessure d’ou le sang sortait toujours. Ils
la trouvèrent assez grave puis ils me dirent que j’avais en effet eu une forte
hémorragie de sang mais que ce n’était pas très sur que l’os fut touché alors
ils lavèrent un peu la plaie et me refirent mon pansement car le mien était
baigné de sang puis me firent coucher sur un brancard pour m’envoyer
immédiatement pour être visiter encore une fois a Aubigny petite ville un peu
plus a l’arrière car tous ceux dont l’étât parraissait un peu grave était
revisiter a Aubigny avant d’embarquer pour partir. J’attendis don demie heure
environ puis on m’embarqua dans une auto avec cinq autres camarades des plus
blessés couchés sur des brancards les uns accrochés au-dessus des autres
Fin page 22
Suite…..
Puis on partit
pour Aubigny qui se trouvait a 15 kilomètres environ et ou on n’arriva vers 6
heures. Alors la on nous emporta a l’ambulance ou j’attendis jusqu'à 7 heures
environ puis un major vint me défit mon pansement qui était trempé de sang et
examina ma blessure qu’il jugea pas trop grave car il me dit que l’os ne devait
pas être touché mais que j’étais faible et qu’il faudrait un peu manger. Puis
il m’aida a quitter ma flanelle ma chemise et mon tricot parce que tout était
trempé de sang puis il me nettoya ma blessure et me refit mon pansement puis me
donna une autre chemise qu’on m’aida a prendre et c’est tout ce que je gardais
sur moi avec ma capote car sa ne faisait d’ailleurs pas froid. Puis vers 10
heures j’alla manger et boire et ensuite je me reposa jusqu'à 4 heures environ
ou on vint me réveiller parce qu’on allait nous embarquer on nous remmena donc
en auto jusqu'à la gare ou on nous embarqua dans le train sanitaire qui était
Fin
page 23
Suite…..
En train de se former jusqu'à ce qu’il y eut
assez de blessés pour compléter le train. Puis vers 7 h 30 du soir comme le
train était complet on partit dans la direction de Paris et on pensait qu’on
nous menait a Bordeaux mais on alla plus loin. Voici d’ailleurs les principales
villes que j’ai passées : « Amiens, Montdidier, Clermont, Creil,
Beaumont (sur Oise), Ecouen, Le Bourget, Paris , Juvisy, Essones, Etampes,
Angerville, Artenay, Orléans, Angers, Poitier, Angoulème, Bordeaux et Pau ou je
suis arrivé a 9 heures du matin environ le 25 mai 1915. Seulement j’ai oublié
de marquer beaucoup de villes car en chemin je dormait car j’étais très
fatigué. Puis comme on s’arrêta assez longtemps au Bourget pour qu’on nous
donnent a manger on me fit refaire pour la quatrième fois mon pansement car
malgré l’épaisseur de coton qu’on mettait toutes les fois il était encore
trempé de sang et sa tachait la chemise autrement j’ai très bien supporté le
voyage. Signé Parron Claude
Fin page 24
Quatrième résumé : souvenirs de Belgique.
Comme j’ai passé
l’hiver en Belgique, je suis très content de pouvoir en parler un peu car pour
ma part je puis le dire j’ai emporté une très bonne impression de la population
Belge quoique je ne veuille pas dire de la population entière mais des vrai
Belges car la Belgique et peuplée aussi de beaucoup d’Allemands d’Hollandais de
Polonais, Français et autre mais après les Belges c’est surement les Allemands
qui s’était le plus implanté en Belgique et c’est pour cela qu’on y trouvait
tant d’espions. Maintenant les Belges n’ont pas de langues nationale ce qu’on y
parle c’est principalement le flamand espèce de parler qu’on cause aussi dans
tout le Nord de la France, mais on y trouve l’Allemand le Français
l’Hollandais. D’ailleurs le Flamand est presque le même que l’Allemand
Fin page 25
Suite…..
Mais d’après ce
qu’il ma parut je crois qu’on aurait maintenant beaucoup de tendance a vouloir
causer le Français car déjà un grand nombre de Belges le causait assez
couramment et le comprenait a peu près tout quoique au début lorsque on était
arrivé très peu le comprenait mais ils l’apprenait très vite car ils aimait
bien les Français et ils s’apliquait beaucoup a comprendre notre langue et a la
parler au lieu qu’ils n’essayait pas d’apprendre la langue Anglaise car ils
nous aimait bien mieux qu’eux et ont était ont peu le dire presque mieux vu que
leurs propres soldat car il avait une grande confiance en nous parce qu’il
savait que le Français est bon soldat et ils était bien plus en suretée avec
nous qu’avec les Anglais. Surtout qu’ils connaissait très bien le 20ème corps
car il savait que leur roi Albert 1er l’avait demandé comme étant des meilleur
corps d’armée Français et il n’avait jamais oubliez que c’était ce corps
d’armée qui avait arrêté les Boches dans leur terrible offensive sur Ypres et
le canal
Fin page 26
Suite…..
De l’Yser leur de
la 1er offensive c’est-à-dire vers la fin d’Août et au mois de septembre 1914
ou les Allemands avait ordre de franchir l’Yser coute que coute et ou les
notres leurs infligèrent des pertes énormes et tinrent bon malgré la tempète de
mitraille qui pendant plus de huit jours faisait rage, mais malgré cela et les
grosses perte qu’on subit aussi les Allemands n’allèrent pas plus loin malgré
qu’a certains endroits ils passèrent le canal mais les notres leurs firent
repasser lestement et ensuite les poursuivirent jusque assez loin d’Ypres et du
canal pour qu’ils ne puissant plus bombarder la ville avec leurs petites pièces
aussi les Allemands éprouvèrent de telles pertes qu’ils ne recommencèrent pas
l’expérience jusqu’au 22 avril 1915 car depuis 6 jours on était partit et il
attaquèrent les Anglais qui nous avait remplacés en se servant de leurs gazs
asphisiant. Mais jamais il n’attaquèrent sur nous aussi les Belges avaient une
grande confiance sur nous car il connaissait
Fin page 27
Suite…..
La valeur du 20ème
qui était formés de la division de Nancy et de la division de Toul qu’on
appelait les Divisions de fer, aussi lorsqu’on partit ils était ennuyés et ils
nous regardait partir d’un air triste car sil était en suretée d’un côté avec
nous ils nous aiment aussi lorsqu’on était cantonnés chez eux car ils nous
trouvaient très familiers au lieu qu’ils aimait pas les Anglais qui sont plutôt
fiers, hautains, froids et qui veulent être les maitres partout parce que il se
croit plus que les autres qui se battent avec eux, malgré qu’il faut le dire
les Anglais ont un haut sentiment du devoir surtout de la fraternité car ils
sont mêmes généreux pour donner beaucoup de petites choses a leurs camarades
étrangers et surtout ils soignent mieux même que nous nos blessés ou tout ceux
qui ont besoin de soin et ils sont toujours prêts a rendre service et même a se
dévouer pour n’importe qui mais comme je l’ai dit plus haut ils aiment a rester
les maitres partout. Aussi j’ai été très content de vivre au milieu de ces
braves Belges qui était courageux quand même au milieu de leurs désastres et
qui a part quelques uns
Fin page 28
Suite…..
Comme partout nous
avaient pas très bien recu mais je parle qu’en générale on était bien vu. Et sur
la fin ils venaient dans toutes les maisons pour nous vendres beaucoup de
choses dont ont pouvait avoir besoin et ils étaient très familliers et très
aimable avec nous. Maintenant ont peut dire que les Belges sont très économes
et aiment beaucoup leurs pays et c’est une nation qui vient d’être appelées a
devenir très prospère car la terre y ait bonne rapporte beaucoup et on y emploi
les outils et les machines les plus modernes et les mieux perfectionnées puis
avec cela les Belges aiment beaucoup le progrès et voyagent beaucoup en France
pour remporter chez eux ce qu’ils y apprennent. Mais malgré tout le Belge et
très attaché aux anciennes traditions il aime son Roi et son Dieu aussi la
population est très Chrétienne et a peu près tous les jours matin et soir
toutes la famille et enfin tout les habitants de la maison se réunissaient pour
faire la prière en commun au milieu de nous tous qu’on était en train de se
chauffer autour de leurs fourneaux et causer avec eux un moment et ils n’y
manquait jamais dans n’importe quelle maison
Fin page 29
Suite…..
Quand au maisons
de villages elles sont toutes construites en briques et couvertes en tuiles
rouges et aussi une bonne partie des maisons de campagne mais beaucoup de petites
maison en campagne sont encore construites en chaume et couvertes en paille
même certaines maisons qui sont batît en briques sont couvertes en paille car
on ne peut pas trop y faire de maison en terre car la terre ne se tient pas et
le sol ne s’y prêtent pas car l’eau s’infiltrent très peu profond alors le
terrain n’est pas ferme. Aussi il est très rare de voir de haute maison mais le
sol y très fertile parce que jamais les plantes ne manquent d’eau et en
creusant seulement 40 ou 50 centimètres il n’est pas rare de la trouver et ce
fait est produit par rapport au pays qui est plat et partout ou j’ai voyagé ce
n’était que de grandes plaines aussi ou l’on veut faire une route qui soit
bonne on est obligé de toute la faire en grosses pierres carrées telle que
beaucoup de rues de nos villes comme Villefranche par exemple mais malgré cela
les voies de communications par routes sont assez nombreuses et par chemin de
fer aussi. Dans tous les villages les maisons sont très propres mais dans la
campagne c’est a peut près comme chez nous
Fin page 30
Suite…..
Dans ce pays on
trouve la très belle race de chevaux flamands et la même race de belle vaches
rouges mais très peu de bœufs car c’est les cheveaux qui font tout et je n’y
ait jamais vu de bœufs mais ont peut dire que tous les animaux domestiques
qu’ont y élèves sont de bonne race et en généralitée on les nourrit bien. La
grande culture est le blé et comme chez nous l’avoine la pomme de terre les
betteraves, les raves, etc…. puis le lin et le houblon car on y boit en partie
que de la bière et il y a beaucoup de houblonnières puis on y cultive aussi le
tabac et certains endroits sont aussi en bois mais on brule principalement du
charbon mais a peu près partout les récoltes sont belles puis comme il n’y a
pas beaucoup de vigne on y boit très peu de vin mais on y boit de la bière et
on y vit principalement de tous les produits domestiques et des légumes du
jardin et on achète pas beaucoup d’autres aliments quand au pain c’est du pain
bis fait avec la farine de froment et de seigle mais malgré cela il n’est pas
mauvais, aussi grace a toutes ces habitudes de rusticitée la vie est bien moins
cher qu’en France car pour un franc on peut
Fin page 31
Suite…..
Se payer un bon
diner quoique un peu plus simple que chez nous car d’ailleurs tout et toutes
les habitudes y sont simples et tout est presque 2 tiers moins chers que chez
nous. Oui partout on y garde de vielles habitudes et c’est dans ce pays qu’une
bonne partie des moulins sont des moulins a vent ou chaque paysans mène son sac
de blé et remmène en se retournant son sac de farine. Quand a la population
comme je l’ai déjà dit elle est très catholique et tout le monde respecte le
dimanche et assiste aux offices aussi on y trouve de belles églises et tout est
appelé a devenir prospère telle que les ville car j’ai traversé bien souvent
Ypres et c’est une jolie petite ville aux maisons toutes en briques et ou on
trouvent beaucoup de jolis monuments et de beaux chateaux puis des usines et
enfin tout dans le même genre que nos villes mais avec des maisons en parties
un peu moins hautes que celles de nos villes. Puis c’est a Ypres qu’aboutit le
joli canal de l’Yser et le petit fleuve du même nom qui servent tout deux a
alimenter en eau toutes les usines ou autre batiment. Je termine donc en disant
encore une fois que j’ai remporte un bon souvenir de la Belgique
Signé Parron Claude
Fin page 32
Cinquième résumé : Hiver 1915 et la France.
L’hiver que j’ai
passé en Belgique fut assez dur quoiqu’il ne fit pas très froid car il pleuvait
souvent et alors avec les mauvaises tranchées que nous avions on était souvent
tout mouillé et ensuite qu’en on allait au repos on était mal couché car on
avait a peu près pas de paille et celle qu’il y avait était achée sentait
mauvais puis avec cela remplie de poussière et de vermine car les Boches avait
tout détruit au moment de leur 1er avance sur Ypres aussi c’est assez souvent
les premiers temps qu’on ne trouvait même pas a manger car sur la fin beaucoup
d’habitants étaient revenus et nous vendait tout ce qu’il pouvait. Mais avant
souvent qu’on manquait de manger et c’était d’ailleurs tout froid lorsque le
cuisinier arrivait a la tranchée car il faisait le manger a au moins 4
kilomètre c’est-a-dire a St Julien aussi souvent lorsque sa gelait qu’on avait
pas le courage
Fin page 33
Suite…..
De manger car sa
nous gelaient. Enfin tant bien que mal l’hiver se passe quoique je fus très
malade vers la fin de Mars, je ne mangeais plus et je n’avais plus la force de
me tenir debout mais malgré cela il fallut toujours marcher et souvent nuit et
jour. Aussi mes camarades ne croyait pas que je m’en tirerait et plusieur fois
ils portèrent mon sac en se le passant a tour de role. Puis petit a petit vers
le milieu d’avril j’allais mieux je repris appétit et je tint le coup malgré
que je n’était encore guère costaud jusqu’au 22 mai jour ou je fut blessé puis
c’est justement pour cela que j’était si faible lorsque j’ai eu perdu du sang.
Maintenant tout l’hiver fut dur car souvent qu’il fallait travailler toute la
nuit et le jour il fallait veiller ou marcher si on était au repos et il m’est
arrivé de rester 6 heures le sac sur le dos trempé de sueur et ensuite
s’arrèter deux heures la nuit dans l’eau et dire que sa gelait a fendre l’âme
avec une bise glaciale aussi c’est des pieds que j’ai le plus souffert car on
était presque toujours dans l’eau aussi a plusieurs fois ils faillirent me
gelés comme des raves. Et il fallait travailler souvent
Fin page 34
Suite…..
A ranger les
tranchées car la terre ne tenait pas et le plus souvent la tranchée était
simplement un talu qu’on faisait en avant et derrière il n’y avait rien. Aussi
malgré tout on ne regrette pas trop la Belgique car dans le Pas de Calais on
trouva un assez bon accueil et on ne fut pas mal pendant les quinze jour qui
suivirent notre arrivé car le jours on se nettoyait et on faisait l’exercice
puis on changeait aussi tous les deux trois jours d’endroits alors c’était des
marches de nuits d’une quinzaine de kilomètres mais malgré cela on ne se
plaignait pas. Jusqu’au 1er mai ou il fallait aller de Mareuil faire des
boyeaux un peu partout et toutes les nuits puis dormir un moment avant midi et
ensuite passer des revues. Ce fut comme cela jusqu’au 9 mai ou l’on partit pour
l’attaque a 1 heure du matin et ensuite c’était encore pire car il fallait
aller de boyeaux en boyeaux et travailler la nuit puis le jour il ne fallait
pas compter dormir car les obus pleuvait drus et ce fut ainsi jusqu’au 22 ou on
ne faisait qu’un repas par jour le soir et on resta les trois premiers jours
sans vivre ni boisson a bout de force lorsque je suis partis
Signé Parron Claude
Fin page 35
Sixième résumé :Fable de France. Les nôtres Les vôtres…
C’est un jeune
bandit, tout jeune, imberbe et blond
L’œil oblique et fuyant,
sous un front en surplomb
Il est un peu
voleur, assez incendiaire
Il vient
d’assassiner une vieille rentière
Et ce n’était pas
la, d’ailleurs, son coup d’essai
Il étrangla pour
rire, un enfant, qui passait,
Un jour sur une
route. Une autre fois, le drille
A coupé les deux
mains d’une petite fille
Il est heureux. Il
boit et croit en Dieu …. Pourtant
Quelqu’un, la vu
tuer un prêtre a bout portant
On ne le punit
point, sa renommée est grande
Car il est
Lieutenant dans l’armée Allemande.
Voilà nos officiers,
monsieur, Guillaume Deux :
Ils ont de beaux
habits, ils sont nobles, pieux,
Ils égorgent très
bien, entre deux patenôtres :
Je ne sais pas
pourquoi, voyez-vous, j’aime mieux
Les
notres
Fin page 36
Quand dans la
ville prise, après l’âpre combat,
L’on voit des
galonnés pétroler un grabat
D’autres qui,
pleins de vin, sous les tables se vautrent,
Ce sont Et vous donnez la croix aux plus goujat
Les
votres
Mais quand au
premier rang dans la rouge moisson
Des chefs chargent,
avec au cœur une chanson
Et tombent les
premiers pour entrainer les autres,
Monsieur Guillaume
Deux, ces officiers, ce sont
Les
notres !
Quand révolver au
poing, derrière ces valets
Que vous appelez
des soldats Dieu qu’ils sont laids
Des gradés
crient : « Forvaerts ! Forvaerts ! », les bons apôtres
Monsieur Guillaume
Deux, c’est admirez-les
Les
votres
Mais la terre de
France, ou coula sans merci
Tant de de sang
noble et pur, quand dans le champ noirci
Refleuriront les
blés, les froments, les épeautres,
Dira comment ont
sut mourir et vaincre aussi
Les
notres !
Il y a un mot qui semble une signature mais
illisible
Signé Parron Claude
Fin page 37
Septième résumé : Causeries sur la guerre.
Le plan que j’ai
fait a la page ci-devant et le plan des tranchées des principales routes et des
principeaux pays ou le 9 mai attaqua le 20ème corps car les autres corps se
trouvèrent sur la droite et sur la gauche. A part une division marocaine qui
attaqua avec le 20ème a un endroit appelé le bois de la folie et situé du côté
de Carency. L’attaque fut très bien menée et n’échoua qu’en face du labyrinte
qui était une vraie forteresse aussi c’était la 1ère fois que le 26ème d’Inf.
ne put pas enfoncer la ligne a rapport a la tros grande quantitées de
mitrailleuses Boches ce qui les sauva et ce qui fit d’ailleurs leur forces d’en
beaucoup d’endroit aussi ont peut dire avec juste raison que c’est leurs
mitrailleuses qui les sauvent sans cela ca irait mieux. C’est assez malheureux
que l’attaque ne réussit pas car une fois sortit des tranchées ont les auraient
harceler sans cesse avec la cavalerie mais si tous les corps d’armées avaient
avancés seulement
Fin page 40
Suite…..
Comme le 20ème sa
réussissait surement car si on n’avait pas put enfoncer la ligne par devant ont
les auraient cernés par derrière mais malheureusement comme le 17ème corps
n’avait pas bougé a notre droite, on ne put les prendre de flanc que du côté
gauche ce qui fut très dur et nécessita plusieurs semaines d’efforts et ce
n’est même que les corps qui nous remplacèrent qui en vinrent a bout. Mais
malgré tout le 20ème corps avait très bien marché et l’attaque avait été très
bien préparée aussi pour la 1ère fois tout le corps d’armée que le général qui
le dirigait fut cité a l’ordre du jour car il avait encore une fois de plus
fait voir sa valeur. Car il faut le dire ce corps d’armée fut mit bien des fois
a l’épreuve, il débuta d’abord en Alsace au moment ou on avancait ensuite c’est
lui qui vint pour retenir les Allemands qui avancaient sur Nancy car le 15ème
corps battait en retraite, aussi il arrêtèrent l’ennemi et lui tinrent coups
autour de Lunéville aussi grace a cela jamais les Allemands n’entrèrent a
Nancy. Puis ensuite il fut envoyé a la fameuse bataille de la Marne ou il
culbutait l’ennemi
Fin page 41
Suite…..
Enfin on le fit
partir au plus vite de la marne pour aller combattre en Belgique sur le fameux
canal de l’Yser. Toutes ces choses s’était passées assez vite et c’est vers la
fin de septembre 1914 qu’il se trouva de nouveau en contact sur le canal de
l’Yser avec les meilleurs troupes de kaiser qui avait ordre de passer
coute-coute que coute aussi on sait l’effort gigantesque que les Allemands
firent pour passer dans l’intention d’atteindre Ypres et ensuite Calais. Mais
malgré leurs efforts ils ne passèrent pas et les journeaux ont assez parlés des
milliers de cadavres que les Allemands laissèrent au bords du canal et dedans
et qu’ils furent ensuite repoussés d’une dizaine de kilomètres d’Ypres ou on
n’établit nos tranchées pour passer l’hiver. Mais quelques temps après malgré
que depuis le commencement de la campagne le 20ème corps avait eut de graves
pertes on le reforma et comme ont voulait des troupes sures on le renvoya dans
la somme et le Pas de Calais ou les Allemands faisaient aussi de très gros
efforts pour atteindre Calais. Mais la encore les Allemands ne purent avancer
et une fois que nos positions furent bien établies c’est a dire le commencement
de novembre le 20ème corps
Fin page 42
Suite…..
Céda la place a un
autre puis alla se reformer avec des renforts de la classe 1914un peu en
arrière puis ensuite on le renvoya en Belgique en prévisions de nouvelles
attaques et parce que Albert 1er Roi des Belges l’avait demandé ainsi que le
9ème corps car avec ceux-la il était rassuré. La il fit encore beaucoup
d’attaques partielles et fut attaqué assez souvent aussi mais jamais les Boches
ne purent avancer puis c’est donc en Belgique qu’il s’établit pour passer
l’hiver.
Avant l’hiver mon
régiment fit encore plusieurs attaque et la dernière fut celle du 17 décembre
qui valut a ma compagnie d’être citée tout entière a l’ordre du jour du corps
d’armée et a notre capitaine de recevoir la croix de la légion d’honneur aussi
il ne voulut jamais quitter sa 12ème Cie malgré qu’on lui offrit plusieurs fois
de passer Commandant. Mais il ne voulut pas parce que la 12ème Cie avait fait
beaucoup de prisonnier le 17 décembre puis elle avait pris des mitrailleuses et
enfin le drapeau du 37ème Bavarois ou plutôt ce qui restait du drapeau car il
avait été complètement déchiré. Ensuite on n’attaqua pas jusqu’au 9 mai 1915 aussi
pendant l’hiver on eut guère de pertes
Fin page 43
Suite…..
Aussi a la fin de
la campagne 1914 le 26ème d’infanterie avait beaucoup souffert et
plusieurs fois ont fut obligé de le reformer avec d’autres régiments de l’Est
et on décora beaucoup de ceux qui furent restés en tête desquelles fut décoré
Monseigneur Ruch coadjuteur de l’évèque de Nancy et aumonier du 20ème corps qui
était un homme courageux autant que son collègue l’abbé Martin
Capitaine-aumonier du 3ème bataillon au 26ème d’Infanterie. Puis dans l’hiver
en visitant les troupes Monsieur le Président de la République Raymond
Poincarré tint a venir voir le 26ème d’Inf. qui était son ancien régiment et il
passa le 1er bataillon de mon régiment en revue sur la route d Woesten a Ypres
et ils nous félicita bien chaudement puis nous encouragea a continuer comme par
le passé et nous quitta en nous remerciant de notre bonne tenue et disant qu’il
comptait sur nous. Puis qu’il avait été content de nous voir car beaucoup de
soldats du 26ème était comme lui des Lorrains et que comme je vais vous en
parler le 26ème était le régiment bien vu de Nancy et qui par sa valeur s’était
attiré des sympathie jusqu’en Angleterre et il n’était pas rare de voir des
Anglais appeler le 26ème le régiment de fer et dire ou 26ème est les Boches ne
passeront pas.
Fin page 44
Suite…..
Pour vous en
parler un peu je vais vous mettre sous les yeux un bout de bulletin que j’ai
trouvez sur un journal qui est très vrai et que je vais écrire telle que je l’ai
lu.
Bulletin trouvé
sur un journal et dont le titre est les « Nancy » je commence donc.
Les « Nancy »
Très touchante
attention des Anglaises. Beaucoup d’Anglaises ont pour prénom
« Nancy ». Nancy est presque aussi répendu en Angleterre que « Marie » ou Louise
chez nous nous Beaucoup de dames Anglaises s’appelant « Nancy » ont
eu l’idée de se grouper et d’acheter un grand nombre d’objets d’utilité
qu’elles ont envoyé aux hommes du 26ème Régiment d’infanterie qui est par
excellence le Régiment de la ville de Nancy.
Les
« Nancy » à Nancy
Le colonel du
régiment a remercié chaleureusement les « Nancy » de leur très jolie
idée
Ce petit récit que
j’ai trouvé sur un journal est très vrai et pour ma part j’ai été très content
d’avoir touché ma part de cadeaux envoyés par les dames Anglaises a leur
régiment favori le 26ème d’Infanterie dont je fais partie.
Fin page 45
Suite…..
J’ai voulu parler
de cela parce qu’une idée bien claire se dégage de se récit, c’est qu’avec la
volonté on fait beaucoup de choses mais en pareille circonstances faire son
devoir c’est chose bien dur. Mais enfin tout en disant que beaucoup d’autres
corps d’armée valent celui dont je viens de parler. Il se dégage de ce récit de
belle choses que jamais le 20ème corps ne recula et ceci grace a la valeur de
ces chefs car autrement tous les soldats se valent. Mais grace a leurs
téméritée toujours et partout il arrêtèrent les Boches et bien souvent les
culbutairent mais toutes les fois ils leurs infligèrent de dures leçons. Et
lorque dans certains endroits il ne put enfoncer la ligne il se tint toujours
sur ses positions mais jamais les Boches ne lui prirent un pouce de terrain et
comme je l’ai deja dit c’était la 1ère fois qu’au moment d’une attaque le 26ème
ne pouvait pas enfoncer la ligne et cependant Dieu sait qu’il fit son devoir
cependant car a moins d’une heure de temps la moitié de son effectif était hors
de combat d’ailleurs d’autres régiments essayèrent après nous mais y leurent le
même sort quoique la résistance des Boches était déjà moindre et ce n’est
qu’après trois semaines d’effort qu’on put les avoir petit a petit en les
prenant de flanc.
Fin page 46
Suite…..
Aussi mes chers
ami le quitte la plume après avoir parler de mon régiment et de ce que j’ai
fait et ou j’ai passé sans partit pris et chacun peu en faire autant parce que
je ne n’ai pas voulu faire de particularité car je sais qu’un homme en vaut un
autre et je sais que chaque Français sait faire sont devoir aussi si certain
régiments n’ont pas marché cela vient des Chefs j’en ai la ferme conviction et
non des hommes car les hommes des régiments de l’Est sont les mêmes que ceux du
Midi mais ce qui fait le morale du soldat, c’est son chef et la même chose
qu’on dit tel père tel fils l’on peut dire tel chef. tel soldat. si le Chef est
bon le soldat l’est aussi et si le Chef est mauvais le soldat l’est aussi.
Aussi nous n’avions pas a nous plaindre car nos chefs marchaient les 1er le
commandant en tête de son bataillon et le capitaine en tête de sa Compagnie. Je
vous dis donc au revoir mes Chers ami qui liront ceci en vous disant que malgré
tout j’aime mieux faire parti d’un bon régiment et d’être avec de bons Chefs
que d’être avec de mauvais Chefs. Au
revoir
Signé Parron Claude
Fin page 47
Huitième résumé : Honneur aux camarades, qu’on
ne verra plus
Oui je ne veux pas m’arrêter sans dire un
mots des malheureux camarades qui sont tombés tant en Belgique qu’en France car
ils avaient comme nous une famille qui les aimaient et qu’ils espéraient revoir
mais la mort a frappé sans pitié pour eux et pour ceux qu’ils laissaient et
dont bien souvent ils étaient l’unique soutient ou bien le seul fils de Parents
qui ne vivaient plus que pour lui et qui l’aimait tendrement. Cependant la mort
les a enlevés a leurs familles a leurs affections a la fleur de l’âge et
c’était cependant les hommes choisit comme les meilleurs parmi tant d’autres
aussi je ne les oublieraient jamais non jamais car tous ils sont mort en braves
ils ont bien fait leur devoir et ceux qui resteront leurs devront une grande reconnaissance
car ils sont mort pour faire le bonheur de tous et c’est déjà la meilleure
consolation pour leur famille désolées
Fin page 48
Suite…..
Surement que
personne ne saura au juste toute les souffrances qu’ils ont endurés et tout les
ennuis qu’ils cachaient en eux en pensant a ceux qui leurs était Chers et
qu’ils avait quittés pour ne plus revenir. Aussi ils faut avoir passé ces
tristes heures qui précèdes une attaque, chaque camarade recommandant a son ami
d’écrire chez lui si l’est tué un moment après, oui si c’est un père il
recommande a son ami de consoler sa femme ses Chers enfants et de les avertir
avec tout les ménagements possible si c’est un fils il fait le même avec son
amli en lui disant d’avertir avec beaucoup de ménagements sa Chère Mère qu’il
aimait a qui il pense sans cesse et dont il aurait été bientôt le soutient de
ses vieux jours. Oui il y pense beaucoup car il sait que c’est elle qui l’a
élevé et fait de lui un homme et il faut y avoir passé surement pour se figurer
la souffrance qu’il éprouve en pensant qu’elle ne le reverrait peut être plus
jamais et que depuis longtemps déjà il a été obligé de la quitter puis surtout
qu’il mourrait bien loin d’elle couché au milieu d’un champ quelquonque sans
sépulcre puis surtout sans pouvoir l’embrasser au moins une dernière fois
Fin page 49
Suite…..
Et encore s’il
expirait sans souffrir mais dire qu’a certain il souffre encore pendant plus
d’un jour entre les Boches et nous et personne pour calmer sa souffrance aussi
presque tous leurs dernier mot c’est « Maman » papa ». Pour ma
part j’en ai malheureusement vu comme cela et sans parler de nos pertes en
Belgique car on allait au tranchées en plein terrain découvert mais malgré ceci
il en restait pas trop mais depuis le 9 mai jusqu’au 24 mon régiment eu de
grosse perte qu’on peut estimer a près de deux milles tant blessés que mort et
si mon bataillon n’en eu pas trop le jour du 9 il en eu beaucoup les jours
suivant car ou d’un côté ou de l’autre on n’attaquait. Le 9 mai on perdit un
lieutenant. Je parle maintenant rien que de ma compagnie.
Donc un lieutenant
un adjudant et une dizaine donne tués puis une
dizaine de blessés tant sous-officiers que
soldat ensuite on en perdit a peu près tout les jours. A mon escouade mon caporal Emile
Léger partit au service quand moi fut blessé mortellement a la tête le
11 mai et mourut le 12 après de dures souffrances et comme on était camarade
Fin page 50
Suite…..
Il m’avait chargé
d’écrire chez lui s’il lui arrivait cela et je le fis en effet mais pas sans
être ennuyé vous pouvez le croire. Puis le jour suivant c’est mon meilleur
camarade de ma classe Fernand Vasseur qui est blessé a l’épaule et qui me
quitte. Puis enfin dans toute la compagnie il y a des morts et des blessés en
attendant a plus tard le quatorze, un de mes camarades et encore tué raide en
pleine tête il tombe comme Emile Léger tout près de moi car ils sont tombés
tous deux a 2 mètres de moi a peu près et de plus ils sont tombés tous deux en
étant après causer avec les autres. Aussi vous ne pouvez pas croire la peine
que cela fait de causer avec un camarade « maintenant » et dire
qu’une minute après ce n’est plus qu’un cadavre.
Malgré vous en ces
moments le froid vous glace de peine et cinq minutes après vous suer malgré
vous en étant agités plus ou moins et on a besoin de tout son courage pour
garder son sang-froid car on sait que quelques minutes après ont peu avoir leur
même sort aussi je ne les oublierai pas ces pauvres frères d’armes qui ont
beaucoup soufferts et qui ont arroser cette terre de France de leur sang et
l’on couvert de leur corps pour le rendre plus heureux et libre
Fin page 51
Suite…..
enfin nos pertes a
la compagnie ne furent encore pas trop grandes jusqu’au jour fatal du 22 mai au
matin ou la moitié de ma compagnie et justement mon peloton furent a peu près
sacrifier car on attaquait principalement pour sonder l’ennemi qui se trouvait devant
nous avec mission d’aller le plus loin possible et s’arrêter qu’au moment ou on
serait forcé mais on ne peut aller qu’au 1er boyau Boches et encore on fut
obligé de s’en retourner d’ou on était partit aussi ils revinrent peu nombreux
et il y en a encore deux de mon escouade qui furent tués moi qui fut blessés et
enfin notre lieutenant tué un sergent resté blessé entre les deux lignes un
caporal tué deux sergents blessé plusieurs caporeaux blessés et beaucoup
d’hommes tués ou blessés. Tel fut le résultat de treize jours de bataille aussi
ma compagnie et mon bataillon ne purent pas attaquer après cela car il en
restait trop peu et on fut obliger d’envoyer huit jour le régiment en arrière
pour se reposer un peu et enfin se reformer avec les contingents de la classe
1915 qui arrivait. Il partit danc le 24 mai des tranchées et resta huit jour en
arrière et le 20ème corps y alla ensuite tout entier car il marcha pour
l’attaque mais
Fin page 52
Suite…..
Comme il était
forcé ces pertes furent grandes et on peu dire qu’il perdit près de huit milles
hommes dans ce plateau maintenant inoubliable qui s’étend de « Souchez a
Arras » mais il avait encore une fois fait sa large part de son devoir et
plus tard ce sera encore du blé de France qui poussera dans ce fertile terrain
que tant de braves auront racheter au prix de leur sang et de leur peine et
j’aurai voulut qu’on les voit monter a l’assaut des tranchées barbares. Aussi
vous voyez mes amis tel sont les résultats de la guerre et surtout de la
terrible guerre qui met les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe
qui se disent civilisés et qui cependant font les plus terribles choses qui ne
se sont jamais vu. Pour moi j’en conclut que de telles choses ne devrait pas
exsister et notre grande faute a été de ne pas être prêt pour barrer la
frontière car jamais les Boches n’aurait passé et souillez de leurs crime le
sol de France. Enfin prenons courage et espérons toujours mais malgré cela la
guerre aura fait beaucoup de malheureux dont la vie ne sera plus qu’un
désespoir irréparrable jusqu'à la fin de leurs jours en pensant a celui qui
était tant aimé et qui fut fauché par le terrible carnage a la fleur de l’age.
Donc bon courage
et au revoir mes amis
Signé Parron Claude
Fin page 53
Neuvième résumé : Critiques et pensées
Il est en effet bon de dire la vérité et
comment sont menées les troupes pendant cette longue guerre puis comment elles
opèrent surtout après que les journeaux en ont beaucoup parlez et en ont dit
plus ou moins la vérité puis aussi parler un peu de ce qui se passe tant sur le
front qu’a l’arrière. Il faut d’abord le dire avec cette guerre interminable de
tranchées de boyeaux de (???? illisible)
de mine et enfin d’abri de terre de toute manière la vie du troupier sur
le front est très pénible car se système de se battre demande beaucoup de
travail aussi celui qui est sur le front passe-t-il une bonne partie de ses
nuits a travailler et ne dort bien souvent qu’un moment le matin car a
l’approche des lignes ennemies jusqu'à environ 3 ou 4 kilomètres en arrière il
faut que tous les traveaux de fortification se fassent la nuit et il sont
nombreux plus qu’on ne pourrait le croire surtout en terrain plat car le
terrain qui est plaine n’a aucune autre défense naturelle
Fin page 54
Suite…..
Alors on est donc obligé d’en faire et s’il
arive qu’on avance ou qu’on recule on est obligé de tout recommencer ce pénible
travail. Maintenant les travaux de défense peuvent être très nombreux et plus
on approche de la 1er ligne plus il y en a. on peut y compter d’abord en avant
de la tranchées des postes d’écoutes, des petits postes un réseau de fils de
fer barbelés puis enfin un parapet plus ou moins épais. Ensuite la tranchée de
1er ligne avec abris crénaux et toute sorte pour la rendre a peu près saine
ensuite boyeaux de communication avec abri contre l’artillerie puis tranchées
de deuxième ligne avec abri crénaux et trous d’assainissement puis ensuite
boyeaux de communication fortins et tranchée de troisième ligne pareilles aux
autres ensuite derrière tout cela ; des boyeaux, utilisation des maisons,
des haies, des bois, des fossés, des talus, des replis de terrain des chemins
et enfin de tout ce qui peut servir aux traveaux de défense. Puis dans les
tranchées la soirée on lui fait travailler a des traveaux d’assainissement
aussi repose t’il très peu et travaille beaucoup et il fait aussi de longue et
pénible marches puis qu’en il est dans la tranché
Fin page 55
Suite…..
Bien souvent qu’il ne peut guère dormir car
il arrive que fréquemment pendant ce temps l’artillerie tappe et nous réveille
ou bien on dort le plus souvent d’un sommeil agité la tête lourde et bien
souvent on ne peut pas dormir car on gèlerait étant couché souvent sur la terre
fraiche ou d’autrefois sur de la paille trempée d’eau et étant tout mouillée
soi-même aussi lorsqu’on peut trouver quelques bonne cabanes en profite ton
pour dormir car le seul plaisir que le troupier peut avoir la-bas c’est de
dormir lorsqu’il le peut car il sait que son corps en a grand besoin mais bien
malheureusement que bien souvent il ne peut pas. Puis ensuite on l’emmène en
arrière pour se reposer un peu mais pour y aller il faut qu’il fassent une nuit
de marche et autant pour revenir alors si on l’emmène pour trois ou quatre jour
il n’a a peu près que deux nuits a dormir un peu tranquille car le jour il faut
qu’il fasse l’exercice, qu’il se nettoie et qu’il passe des revues et avec cela
il ne faut pas croire qu’il couche dans de bonne maison bien a l’abri mais au
contraire il couche le plus souvent sous de vieilles remises a moitié démolies
et sur la terre dure ou bien des restes de paille qui ne
Fin page 56
Suite…..
Sont ni plus ni moins qu’un mélange de
poussière de vermine et toute sorte de saletées avec quelques brins de pailles
ou d’herbes hachée par ou circule une quantité de rats et toutes autres bêtes
malpropres puis il est obligé de marcher par tout les temps manger lorsqu’il et
boire lorsqu’il a a boire. Quoique malgré tout je ne veux pas dire que le
ravitaillement marche mal mais seulement malgré qu’il soit donné ce qu’il faut
jamais on ne le recoit en entier car une fois que sa a passé par toutes les
mains bien souvent il en reste guère et tout ceux qui sont emloyés a l’arrière
en profitent. Maintenant après neuf mois de campagne le morale des troupes
était mauvais malgré que les journeaux en disent le contraire et les troupes
étaient épuisés et certains soldats se sont mêmes rendu volontairement puis les
officiers qui y étaient depuis longtemps nous cachaient pas qu’ils en avait
assez car quoiqu’on en disent la-bas la mort d’un homme n’est rien et bien
souvent l’on en sacrifie sans hésitations et lors-même que l’on sait bien que
sait presque sans résultats puis négligeant souvent d’expliquer la position aux
soldats de l’infanterie et de l’artillerie
Fin page 57
Suite…..
L’artillerie tire dessus les notres et a
certains moments les fantassins se tues les uns les autres fautes de
renseignements. Quand aux officiers la plupart sont en effets très camarade
avec leurs hommes et marchent bien souvent en tête avec beaucoup de sang-froid
et de courage puis ils aiment leurs hommes car d’ailleurs ils savent bien
qu’ils faut marcher autrement les hommes ne marcheraient pas et certains
officiers qui étaient mauvais ont bien probablement étés tués par leurs hommes.
Aussi ils le savent et le mettent en pratique. Maintenant avant une attaque on
excitent autant que possible les hommes par toutes sortes de procédés vrais ou
faux. Tel que nous pour la grande attaque du 9 mai on nous avaient dit que sa
réussirait surement qu’on enfoncerait la ligne et qu’en peut de temps on serait
en Allemagne qu’il y avait tellement d’artillerie qu’ils ne pourraient pas
résister et qu’après le bombardement on prendrait les tranchées avec presque
point de pertes, qu’il fallait en finir que l’Italie allait tapper et surtout
qu’il avait neufs attaques a la fois dont septs françaises et deux Anglaises
puis qu’on serait remplacés par d’autres régiments au bout de deux jours
Fin page 58
Suite…..
Et enfin tout un tas de contes comme cela
et la nuit du 8 au 9 on nous donné plus de vin que d’habitude et de l’eau de
vie pour boire un moment avant l’attaque. Il est donc facile de voir qu’on nous
excitait de toutes manières le plus souvent fausses et maintenant tout le monde
sait les tristes choses qui se passait pour prendre un bout de terrain qui par
la mort de tant de martyrs jeta pour toujours dans le malheurs et le désespoir
des milliers de familles qu’ils aimaient tant. Mais ceux qui sont au pays ne
peuvent pas savoir ce qui se passe au front ou le soldat n’est qu’un instrument
de souffrance qu’on envoie partout comme on enverrait une machine et qu’on
expose bien souvent a la mort sans souci de rien et j’en ai vu partir beaucoup
qui était patriotes et qui ne le sont surement guère maintenant car c’est
souvent honteux et décourageant ce que l’on voit sur le front tel que
maintenant qu’on donne des permissions de quatre jours aux soldats du front et
bien depuis longtemps il en était questions qu’on choisirait d’après l’affiche
qu’on nous avait donnés les hommes sains biens bâtit puisqu’on les enverraient
que dizaine de jours en pêrmissions et une fois la-bas ont leur choisiraient
une douzaine de femmes pour refaire la population
Fin page 59
Suite…..
Mais ceux d’entre eux qu’il ne leur
plaisait pas d’y aller n’y ont pas été et en sont exemptés a l’aide de leur
argent. Puis ils sont maintenant employés a l’arrière et maintenant encore plus
que jamais on peut le dire l’argent et le grand maitre de la nature et avec lui
on fait ce que l’on veut. Puis maintenant celui qui c’est battu et moins libre
que tout autre militaire qu’il se trouve sur le front ou a l’arrière quoique je
ne veux pas dire que les autres sont trop libres mais bien souvent étant blessé
ou autrement il est constamment sous la surveillance d’autres militaires et
gardé a vu comme on garderait des gens sans conscience malgré qu’il faut une
surveillance on ne devrait pas non plus exagéré surtout pour celui qui a été a
la peine puis je pourrais citer d’autres
injustices mais j’arrête car je veux parler franchement et dire ce que j’ai vu
de bien car ayant été très mal soigné étant malade, j’ai été au contraire très
bien soigné étant blessé et bien recu partout. D’abord les majors qui m’ont
soigné tout de suite an arrière du front ont été très bons, très aimables puis
ils m’ont très bien soigné et ils me causait comme a un frère et mon fait
évacuer de suite
Fin page 60
Suite…..
Dans toutes les ambulances que j’ai passé
soit par le chemin de fer ou ailleurs j’ai été très bien recu. De même qu’a
l’hopital ou on m’a emmené je ne peux qu’être très reconnaissant. D’abord a Mme
Rjdgday qui s’intéressait beaucoup a son hopital et était bonne avec les
malades ensuite a Msieur le Major qui était très bon pour nous puis Mlle les
infirmières qui soignaient les blessés avec un grand dévouement et dont je leur
garderait ma bonne reconnaissance puis enfin a tout le personnel qui s’occupe
des blessés aussi j’emporterais d’eux tous le plus bon souvenir et beaucoup de
famille leur devront la santé des leurs qui avait étés blessés auparavant et
affaiblit par les fatigues aussi leurs dévouement excuse l’affection ou le
meilleur accueil qu’elles donnèrent aux autres troupes car malgré tout beaucoup
d’entre elles aiment encore mieux leurs petit soldat de France et surement que
l’affection qu’elles ont pour eux n’est que passagère et elles leurs prodiguent
pour récompenser les services qu’ils rendent a la France aussi ne les blamont
pas pour cela car en agissant ainsi elles les encouragent a retourner se battre
pour nous et avec cela leurs apprennent a mieux aimer la France et laissons de
côté la très petite partie d’elles qui font des lachetées car pour moi j’en ai
trouvé que de bonnes.
Fin page 61
Suite…..
Maintenant je ne veux pas quitter la plume sans
vous parler de la principale chose oui la valeur de chaque troupes car beaucoup
en ont causé sur les journeaux et bien souvent en faux ou peut-être en
exagérant la valeur de certaines et diminuant celles de d’autres. Aussi je veux
parler de tous sans distinction et comme il me semble la plus vrai d’après ce
que j’ai vu ou entendu. Oui et au 1er rangs en tête de tous il faut d’abord
placer le soldat Français et le soldat Allemands car c’est dans cela qu’on
trouve toute les meilleures qualitées militaires par leur intelligence et leur
travail ensuite au second rang on peut placer d’abord le soldat Russe, le
soldat Belge, le soldat Italien, le soldat Autrichien puis les troupes
coloniales de toutes natures Sénégalais, Indiens, Hindou, Algériens, Marocains Tunisiens
Canadiens et enfin les troupes coloniales de toute arme puis aussi les
Japonnais, les Serbes les Méténégriers et enfin tous les soldats des états
Balkaniques. Ensuite au 3ème rang on peut placer, d’abord les Anglais puis les
Turcs, les Egyptiens et enfin toutes les troupes qui au moment ou j’écris ces
lignes ne sont pas encore en guerre mais ont tendance a si mettre c’est a dire
qu’on est le 28 juillet 1915 et certaines puissances paraissent prêtes a
rentrer en guerre
Fin page 62
Suite…..
Oui quoiqu’on en est dit c’est surement le
soldat Français qui passe avant tout d’abord parce qu’il c’est écouter ces
chefs et se débrouiller tout seul n’importe ou ce soit qu’on l’envoie puis il
marche carrément sans qu’il y est besoin d’une discipline plutot bestiale comme
au soldat allemands puis il montre les meilleurs qualitées de savoir faire
aussi bien a l’attaque que dans les tranchées, ou dans la défensive ou les
traveaux quels qu’ils soit puis dans le travail du cantonnement aussi quoiqu’on
est beaucoup vantées nos troupes coloniales je puis vous assurer qu’elles sont
loin de valoir les troupes Francaises je pourrais vous dire beaucoup de choses
pourquoi mais ce serait trop long. Maintenant l’Allemand est très bon soldat
mais s’il est ainsi c’est principalement par crainte de chatiments car il sont
assouvis a une discipline sans pitié et c’est pour ce motif qu’on arrive a en
faire de si bon soldat que nous mais seulement par la crainte ce qu’il n’y a
pas besoin d’imposer a nos braves fantassins qui marche en Français. Puis
maintenant, les Russes, les Belges, les Italiens et les Autrichiens se valent a
peu près et son bons mais sont incapables de bien marcher s’ils n’ont pas de
chefs pour les guider dans n’importe qu elles travail et sont pas du tout valeureux
pour se tenir sur une bonne défense lorsque l’offensive ennemi et violente
Fin page 63
Suite…..
Quand au troupe coloniale aussi bien
Francaises Anglaises ou autres elles ne valent a peu près le soldat Français
que pour une attaque et encore jusqu'à ce qu’ils n’est pas perdu leurs chefs
car autrement s’ils n’ont plus de chefs ils sont incapables d’avancer et il se
sauvent comme des lapins puis pour tout autre chose il est inutile d’en parler
car ils ne valent rien du tout malgré que les journeaux les aient assez vantés.
Quand aux Japonnais, Serbes et Monténégrins ils valent mieux car ils sont assez
bons sur la défensive et s’ils sont plus nombreux que leurs ennemi ils sont
encore assez capable d’avancer et savent se maintenir avec ténacité sur les positions
conquises. Quand aux soldats Anglais ont peut bien les placer au 3ème rang car
c’est plus tôt des soldats de parade qui tiennent s’ils sont beaucoup plus
nombreux que l’adversaire et qui ne peuvent avancer que par la force du nombre
et si sa leur plai car malgré qu’ils pourraient a des fois tenir il lachent
pieds et abandonne le terrain sans plus s’inquiéter et ils s’en vont ainsi
jusqu’au endroit qui leur plaisent mieux. Quand aux Turcs et Egyptiens ils ne
connaissent que les travaux de défenses basé sur les procédés allemands mais en
dehors de cela en rase campagne ils ne valent leurs alliés Boches.
Fin page 64
Suite…..
J’ai voulut parler de cette distinction de
la valeur des troupes sans parti-pris ni pour les uns ni pour les autres et
s’en vouloir dire que la différence entre les troupes est énorme mais elle est
forte malgré cela entre certaines puis bien souvent la valeur des troupes
dépend avant tout de la valeur des chefs et si comme par exemple les Anglais
n’ont pas nos qualitées pour se défendre sur terre et bien ils valent surement
mieux que nous autres sur mer et a eux seuls nous sont d’un grand service pour
cela aussi devons nous leurs en être reconnaissant car certaine troupe pourrait
valoir autant que les notres si elles étaient suffisamment initiées au métier
militaire et si elle était organisées et encadrées comme nous par des officiers
qui connaissent bien leur métier. J’arrête donc sur cela en gardant toute ma
reconnaissance pour nos amis alliés qui nous rendent de si grands services par
l’effort formidable qu’ils font aussi tel que la Russie et enfin toute les
puissance qui travaille pour le bonheur de chacun et de tous puis qui travaille
surtout pour abolir le militarisme barbare et sauvage d’un peuple qui cependant
a conscience de ce qu’il fait, donc nous travaillons tous pour la même œuvre le
tout est de rester bien unit jusqu’au bout et comme notre cause est juste elle
sera récompense avec justice c’est a dire par la victoire
Fin page 65
Suite…..
Maintenant mes Chers amis les journeaux ont
beaucoup parlés de nos poilus sur le front, nos poilus aux tranchées, nos
poilus aux cantonnement aux attaques etc…. enfin nos poilus un peu partout et
souvent a l’appui de leur causeries les journeaux y ont installés des images
des photographies et toutes sortes de caricatures plus ou moins juste, ou vrai
et quelque fois plus ou moins gai amusantes ou mêmes ridicules puis d’autre
fois des scènes exaltant le courage des soldats. Et bien oui j’ai remarqué
qu’en partie ce qu’on représentait était juste et approchait assez de la
réalitée quoiquil est impossible d’arriver juste au réel mais ce qu’on a oublié
sur toutes c’est la chose principale sur quoi était basées ces images et ces
récits, car on a jamais dit si c’était la propre volontée du soldats ou celle
des chefs ou mêmes l’ennemi ou toutes autres causes qui pensait a cel ou pltot
a mon avis on y a pas oubliez mais au contraire on a éviter le plus possible
d’en parler car souvent que la cause de cela aurait fait bien mauvaise
impressions sur le public car bien souvent ce n’était pas drole pour les
soldats. Oui je ne veux pas expliquer chaque chose une par une car ce serait
beaucoup trop long et comme mon cahier touche a sa fin je veux abréger le plus
possible
Fin page 66
Suite….. Je vais donc vous parler des faits
sans les détailler un par un mais seulement les décrires tous ensembles.
D’abord je veux vous parler des amusements en toutes manières que vous avez put
voir sur les journeaux particulièrement de tout ce qu’on y fait pour distraire
les soldats car il est assez vrai en effet qu’aux tranchées on y organise des
scènes de théatres qu’on y fait des parties de cartes puis qu’au cantonnement
on y fait des parties de football ou tout autre chose mais une scène de ce
genre la environ tous les six mois et ne croyez pas que les soldats s’amusent
ou rient par gaieté ou en ayant envie de rire mais bien au contraire parce
qu’ils sont tristes que leurs souffrances sont dures et qu’ils essayent ou
plutôt qu’on essayent de les distraire pour leurs relever le cœur c’est a dire
le morale et tacher de leur faire oublier ceux qu’ils aiment au moins sans trop
penser a eux pour un moment et principalement leur relever autant que possible
par tout les moyens le courage qu’on va leurs demander pour se battre. Et en effet
abordons la questions et prenons un exemple très simple et cependant très
concordant avec celui-ci. Vous avez tous je le pense mes chers amis vus aussi
bien que moi un de ces pauvres malheureux vieillard déshérité de la nature par
une infirmité quelconque
Fin page 67
Suite…..
Les uns c’est un bras les autres une jambe
d’autres sont aveugles etc… etc… ou mêmes d’autres sont tous simplement trop
vieux et incapables de gagner leur vie aussi sont il obligé de se laisser
tomber a leur triste sort c’est a dire que pour vivre ils sont obligés d’aller
mendier de porte en porte et bien mes amis le sort du pauvre soldat qui souffre
et qui se bat et tout pareille. Je m’en va vous le prouvez sans trop de peine
car vous l’avez vu a peu près toujours ces malheureux vieillards avant de
mendier leur vie s’emploie a toute sorte de procéder pour amuser ou distraire
le public. D’abord beaucoup d’entre eux avant de faire l’aumone surtout dans un
village ou une ville chantent une chanson d’autres jouent de la musique d’autres
font travailler des bêtes d’autres chantent tout le long des chemins et enfin
que sais je milles procédés comme cela et bien croyez vous mes chers amis que
c’est l’excès de bonheur et de joie qui les faits chanter non au contraire
c’est pour combattre l’immense tristesse et le fatale malheur qui les a jetés
dans une vie de martyrs incessant et qui s’en cela les rongerait sans pitié.
Oui tous cela vous le comprenez et bien le sort du soldat et tout pareille
aujourd’hui il chante ou rie par force pour mendier le peut de courage ou
d’espoir qu’il a pour pouvoir
Fin page 68
Suite…..
Le lendemain affronter la mort et marcher
mieux pour essayer de survivre encore aux terribles jours qu’ils doit passer et
qui sont pour lui son existence de chaque instant. Aussi mes Chers amis ne
croyez pas qu’il chante pour ses plaisir mais c’est au contraire trop de
malheurs et de souffrances qui le font faire et c’est pour ne pas penser a son
sort ne pas penser a la mort ne pas penser aux champs de massacres et de
douleurs qu’il a vu et pour puiser assez de forces pour affronter même sans
vouloir y penser la mort qui peut le prendre a chaque instant. Aussi encore une
fois mes chers amis n’attachez aucunes importances a ce que les journeaux
décrivent la-dessus car au contraire les journeaux feraient mieux de ne pas en
parler parce que si l’on fait faire ces choses la aux soldats c’est tout
simplement pour leur relever le cœur, le morale et enfin les ranimer et la
chose et donc simple a comprendre plus les soldats font ses amusement plus leur
moral est bas alors plus ont les engagent a le faire alors comme je pense que
vous comprenez très bien vous êtes
surement de mon avis que l’on ferait bien mieux de ne pas en parler sur les
journeaux seulement si l’on en parle c’est tout simplement parce que l’on sait
très bien que beaucoup de gens sont assez peu claires et croient que les
soldats font cela parce qu’il sont très joyeux sur le front
Fin page 69
Suite…..
Aussi mes amis lorsque vous verrez tel
régiment a fait tel rigolade dans les tranchées et bien ne dites pas ces
soldats se moquent tout a fait de la mort mais dites au contraire ils en ont
bien peur et leur morale baisse alors on veut le relever et d’ailleurs mes
preuves bien courante que je veux vous citer entre beaucoup d’autres que je
pourrais vous dire c’est que toutes les troupes de l’Est qui marche très bien
et on toujours bien marcher n’ont jamais fait cela ou très rarement et au
contraire les troupes du midi qui ont souvent flanchées le font si souvent
aussi lorsque vous verrez des choses comme cela et bien remarqués tout de suite
si c’est un bon régiment comme ceux de l’Est ou regardez le plus souvent sur un
de ces derniers. Quoique malgré cela le soldat frnacais marche bien car il
c’est son devoir mais ont veux par ces moyens augmenter son sang-froid et si je
vous ai parler de cela c’est pour que vous ne vous laissiez pas berner par les
journeaux et que vous sachiez la vérité car je suis partisans qu’on encouragent
les soldats mais je ne suis pas partisans qu’on mène le peuple a croire trop de
mensonge et surtout qu’on exploite son bon sens et je dis cela avec justice et
franchise sans en vouloir a personne.
Fin page 70
Avant de finir ce cahier j’ai voulus y
mettre dessus la chanson qui a été faite en l’honneur du 26ème de ligne pour sa
conduite en cette terrible guerre de 1914-15.
Paroles de H. Vay dédié au Lt Colonel Colin commandant le 26ème
Musique de L Taelman (chef de musique du
26ème)
Les gars du 26ème
1er couplet
Nous tenions garnison
A Nancy la cagnette
Et lorsque nous passions
Chacun nous faisait fête
Tout le long du trottoir
Devant les belles grilles
Les garcons et les filles
S’arrêtaient pour nous voir.
1er refrain
Et quand on défilait
La foule applaudissait
Voilà les gars les gars du vingt sixième
Plus d’une belle oui da
Ces soirs là murmura
Voilà les gars du vingt six les voilà Hola
2ème couplet
Quand le Boche a voulut
Envahir notre ville
Nous l’avons maintenu
Auprès de Lunéville
Depuis le Léomont
A plus de vingt batailles
Et malgré la mitraille
En vainqueurs nous marchions
2ème refrain
Partout on l’on cognait
Le vingt six accourait
Voilà les gars les gars du vingt sixième
Partout ou il lutta
L’Allemand recula
Voilà les gars du vingt six les voilà, Hola
Fin page 71
Troisième couplet
Sur les bords de l’Yser
Défendant la Belgique
Des soldats du Kaiser
Nous repoussions la clique
Aux peuples abattus
Apportant l’espérance
En vrai soldat de France
Nous nous sommes battus
Troisième Refrain
Lorsque nous reviendrons
Les Nanceins crieront
Voilà les gars les gars du vingt sixième
Voyez ce drapeau-là
Saluez le bien bas
C’est le drapeau du vingt six le voilà,
Vivat
Fin
Elle comprend donc 3 couplets et 3
refrains.
Comme mon cahier est presque finit je veux
avant de terminer dire encore une fois que la guerre est le plus terrible
désastre qui puisse y avoir mas comme on avait été attaqués c’était notre
devoir de se défendre mais on aurait dut être prèt car a mon idée le meilleur
plan pour éviter une guerre c’est d’être prèt pour pouvoir résister a l’ennemi
car ainsi s’il voit qu’on est en mesure de lui tenir coup largement il
n’attaquera pas et notre grande faute a surement été de ne pas être prèt car
autrement jamais les Allemands n’aurait put passer la frontière et on aurait
ainsi épargnée la vie a des milliers de braves cœurs.
Fin page 72
Suite
….. Mais la guerre ne devrait plus exister au
temps ou on est mais enfin nous arrêtons pas trop sur cela car il y en a
toujours eut des guerres et il y en aura toujours ce que je veux surtout c’est
rendre hommage a tout nos braves alliés qui tous ont confiait la grande tache
qu’ils faisait en luttant contre la barbarie agressive du militarisme Allemand
qui a agit pire que les peuples barbare d’il y a 2000 ans. Aussi je leur rend
un grand hommage et tous les peuples civilisés leur devront une éternelle
reconnaissance en retour des immenses sacrifices qu’ils ont fait avec nous pour
qu’on se sauve tous ensemble de l’Aigle Allemand. Oui tous sans exceptions ont
marché comme un seul homme en plein accord avec nous et ils ont fait largement
ce qu’ils pouvait les uns c’est a dire les Anglais ont tenu la maitrise des
mers, les Russes ont tenu contre un front de plus de mille kilomètres, les
Belges, etc.. etc … enfin tous ont fait ce qui leur était possible et s’il
peuvent avoir fait quelques fautes il faut savoir leur pardonner car on en fait
tous et leur sacrifice les honneurs pour toujours d’avoir participé a la grande
tache contre la barbarie qui s’en cela peu a peu aurait conquis et mis sous son
despotisme toutes les grandes nations de l’Europe et les aurait traités comme
ses esclaves bon a tout faire et tout servir
Fin page 73
Suite
…..
Maintenant une fois de plus si dans ce cahier j’ai retracé, rappelé, mis au
jour ou tout simplement critiqué les fautes de chacun ou rappelé leurs valeurs
de chacuns et de tous et bien c’est pour dire a chacun ce qu’il vaut pas de
plus et pas de moins et bien mettre a jour toutes les erreurs ou les articles
plus ou moins justes qui ont été dit ou écrit sur les journeaux mais j’ai taché
de dire juste sans exagération comme sans faiblaise, j’ai parler avec toute la
franchise dont je pouvais et sans parti pris.
D’ailleurs
je sais très bien qu’il y a des bons comme des mauvais partout mais apprenons
plus a se connaître et a s’aimer tous car tout le monde et frère et la paix
devrait être avec nous mais malheureusement elle est troublé et puisqu’il le
faut faisons notre devoir et souhaitons qu’une grande paix suivra cette grande
guerre et que le soleil éclairera au plus beau spectacle que des champs
immenses semés de jeunes morts arraché a l’amour de ceux qu’ils aimait et
fauché sans pitié a la fleur de l’âge couché bien loin de ceux qu’ils aurait
voulu encore au moins pouvoir embrasser avant de les quitter pour toujours.
Aussi c’est a tant de martyrs Français et alliésque je termine en leur disant
mon plus reconnaissant et éternel adieu et pour moi c’est a mes frères et sœurs
et surtout a ma Mère que j’ai pensé dans les moment terribles ou de minute en
minute la mort peut vous Faucher
Signé Parron
Claude
Fin page 74
J’ai donc terminé
mon cahier aujourd’hui 9 Août 1915 et je termine en pensant a ceux qui me sont
Chers et en signant Parron Claude né a Villeneuve le 27 octobre 1894 ….
Parron Claude
![]()
Pour la période du 9 mai au 16 juin, nos pertes pour l’ensemble de
la bataille d’Artois atteignaient les chiffres de 2260 officiers, dont 609
tués, et de 100240 soldats, dont 16194 tués, 63619 blessés, le reste disparu...
Communiqué officiel du GQG (Grand Quartier Général, mai 1919)
![]()

Il est décédé le 31 août 1919 à Villeneuve (AIN),
de la tuberculose, probablement une suite de la pleurésie chronique contractée
dans les tranchées.
Son nom est gravé sur le monument aux morts
de Villeneuve (AIN).
Contacter
le propriétaire de ce carnet
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