Carnet de route de Paul Pouillaude

Soldat au 103e ,101e et 113e Régiment d’Artillerie Lourde

 

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Présenté par Isabelle, sa petite fille.

Merci à elle.

 

 

Mon grand-père, Paul Pouillaude (avait également comme autre nom Pierre Vasseur pendant le 1ere guerre mondiale) faisait partie du 101e RAL. Il a tenu un journal pendant toute la guerre.

Je suis à la recherche de tout document concernant son parcours (prisonnier à Rastadt, libéré car -17 ans, enrolé au 101e RAL, ...).

Votre site est excellent et m'a déjà apporté beaucoup de précisions.

Amicalement.

Isabelle. Janvier 2005

 

L’orthographe a été respectée ; sauf pour les noms de villages, pour une plus grande compréhension

 

 

 

 

 

 

A Pépé Paul

 

« Ce que les Humbles ont vécu doit laisser une trace »

Jacques Duquesne

 

 

 

 

GUERRE 1914-1918      

 

Mobilisation le 2 août

Déclaration de guerre : Allemagne à la France le 3 août

                               Allemagne à la Belgique le 3 août

                              Angleterre à l’Allemagne le 4 août

                              Autriche à la Russie le 5 août

                              Monténégro à l’Autriche le 5 août

                              Serbie à l’Allemagne le 6 août

                              France à l’Autriche le 11 août

                              Angleterre à l’Autriche le 13 août

                              Japon à l’Allemagne le 23 août

                              Autriche à la Belgique le 29 août

                              Turquie à la Russie le 5 novembre

                              Turquie à la France et à l’Angleterre le 5 novembre

                              Serbie à la Turquie le 6 novembre

 

Bataille en Belgique dans le courant du mois d’août

 

Août 1914 Le début de la guerre dans la région : l’invasion allemande

 

 Entrée des allemands en France en août.

(A cette époque Pépé Paul travaille chez Panien à Inchy, il a 17 ans.)

 

 Le mercredi 26 août Cambrai est envahi, un combat a eu lieu à Somain puis à Bouchain, à Etroeung, à Paillencourt, environ 400 hommes sont tués.

 

Le 25, 26 et 27, la quatrième territoriale passe en débâcle à Marquion, plus le 41ème d’artillerie avec un caisson et tous les brancardiers. Les habitants s’effraient, rien qu’à Marquion 200 à 300 personnes environ se sauvent de tous côtés.

On a vu passer  par milliers les civils venant de toutes les directions. Ce jour là un aéroplane atterrit près de Malakoff pour panne de moteur. N’ayant pas le temps de réparer, les aviateurs le brûlent de peur qu’il soit pris par l’ennemi, ils réquisitionnent chacun une bicyclette à  Marquion pour rejoindre les troupes françaises.

Les chemins de fer ne fonctionnent plus du tout, la poste non plus sauf pendant 3 semaines environ pendant lesquelles Tatinclaux et Serus vont chercher les lettres à Arras.

Ils sont même faits prisonniers puis sont relâchés.

 

Le jeudi 27 août, les allemands poursuivent leur route vers Bapaume et se dirigent sur Péronne et Saint Quentin.

Enfin, pendant 15 à 20 jours, on ne cesse d’entendre gronder le canon.

A dater du jeudi 27 août les patrouilles allemandes commencent à circuler sur la route de Cambrai à Arras, soit à cheval, soit à vélo au nombre de 6, 10, 15, 25, 30 et 50, puis en augmentant journellement.

On voyait aussi beaucoup d’automobiles. Partout où les allemands passaient, ils pillaient, incendiaient même des pays, tuaient des civils partout, ils répandaient la terreur.

 

Pendant la première quinzaine de Septembre, je me rends à Ytres.

Partout où je passe je vois sur la route des bottes de blé, d’avoine, de fourrage que les allemands ont pris dans les fermes, des bouteilles de vin, de champagne, d’alcool traînent le long de la route, des poules, des pigeons, des porcs, des quartiers de vaches qu’ils ont abandonnés, beaucoup de sacs, des cartouchières, des capotes, des képis, des chevaux tués, des fourgons, des canons et caissons démolis.

Des soldats tués gisent le long de la route.

Partout où ils passent, ils prennent les chevaux, les voitures et réquisitionnent les civils pour enterrer les morts et transporter les blessés.

A Marquion, vous sommes à peu près tranquilles car ils ne font que passer.

Le lundi 21 septembre, les goumiers arrivent. Une patrouille de Uhlans se trouve à Malakoff, les goumiers poursuivent, un allemand est tué et plusieurs sont blessés. A partir de ce jour, les patrouilles deviennent de plus en plus nombreuses, on commence à être embêté par eux.

Le mardi 22 septembre, une patrouille d’une cinquantaine de Uhlans arrive à Malakoff et commence à dévaliser la maison .Les compagnies entières logent à Marquion, le maire est fait prisonnier pendant plusieurs jours puis relâché.

 

Le lundi 28 septembre des voitures de convoi de ravitaillement, ambulances, forges de campagne, cuisines roulantes etc. viennent se fixer à Marquion ainsi que l’Etat Major, la Croix Rouge.

Le gouverneur est logé chez le docteur. Une grande bataille est engagée aux environs d’Arras allant sur Bapaume et Douai.

Des aéroplanes survolent tous les jours, lançant des bombes.

Le mardi 29 septembre, de nouveaux renforts de troupes et de ravitaillement. Il y a des prisonniers français et des civils blessés. Les allemands, très nombreux, ne font qu’un va et vient avec les fourgons de ravitaillement. On entend le canon gronder de plus en plus.

 

Du 28 septembre au 3 octobre, nouveaux renforts allemands, comme l’artillerie, l’infanterie, la cavalerie et nouveaux convois de ravitaillement, ambulances, fourgons, automobiles, tout cela logés dans Marquion.

Tout cela ne fait qu’un immense va et vient continuel sur la route nationale.

Puis ils prennent les voitures, les calèches, les chariots, les chevaux, les vaches, les porc, génisses, paille, avoine, fourrages chez divers cultivateurs. On a peine à trouver du pain car ils ont pris les farines et les blés. Beaucoup de maisons sont transformées en hôpitaux car les blessés sont nombreux.

 

Le 4 octobre je revenais de travailler d’Inchy en Artois lorsque je fus arrêté  par les allemands à Sains lez Marquion et conduit au château où se trouve le capitaine.

Je fus tenu plusieurs heures après avoir subi un interrogatoire assez long et, muni d’un laissez-passer délivré par eux, je fus relâché et j’ai réussi à rentrer chez moi vers les 3 heures du soir.

Un haut gradé, dit-on, passe en auto à Marquion et se dirige vers Cambrai, les soldats l’acclament.

 

Environ 250 prisonniers français et des civils logent la nuit dans l’église de Marquion, et beaucoup de soldats morts sont enterrés à Marquion.

 

Octobre 1914 La captivité

Première époque : déportation a Merseburg

Le lundi 5 octobre, jour de captivité, je me trouvais à la maison avec mon beau-frère et 4 camarades lorsque plusieurs soldats vinrent nous chercher et nous  emmènent dans une prairie.

On nous fit aligner et  mis en joue, lorsqu’ un officier arrive et donne l’ordre de nous conduire à la maison du docteur.

Pendant ce temps , par ordre du gouverneur, le garde publie que tous les hommes de 17 à 48 ans sans exception doivent se tenir chez le docteur pour 11 heures, tout homme n’exécutant pas cet ordre sera fusillé.

 

Pendant que nous étions rassemblés chez le docteur, un aéroplane français, venant de la direction de Bapaume, lance  des bombes sur les allemands.

Plusieurs meules de paille sont brûlées, des carreaux sont cassés, des maisons sont endommagées, 4 boches sont blessés. Cet aéroplane est monté par un sergent, pilote, Comte de la Frigolière.

Après avoir essuyé une fusillade par les allemands, son moteur fait des ratés et il atterrit à Vitry et fait prisonnier. Il arrivera à peu près en même temps que nous à Merseburg. Après avoir  attendu plusieurs heures dans la cour du docteur, sans avoir passé ni visite médicale ni contrôle d’état civil du pays, sans motif ni sujet, on nous embarque à 59 sur 4 chariots pour Cambrai.

Le moment est des plus angoissant pour tous les hommes, femmes et enfants. Les pleurs et les signes ne font plus qu’un à la sortie du village.

 On est tous debout, on fait la halte un peu au dessus de la  Maison Neuve, un cheval mort est en face de l’estaminet de la maison neuve.

Dans Baillencourt et Saint Olle, la population s’émeut de nous voir passer.

Enfin nous arrivons à Cambrai.

Nous stationnons sur la place d’armes, ensuite nous entrons dans la cour de l’hôtel de  ville, on ramasse couteaux, allumettes, et restons là plusieurs heures. Ensuite on nous conduit jusque Cambrai annexe, on nous apporte un peu d’eau, on n’a pas mangé depuis la veille au soir.

Enfin, à 7 heures et demi, on nous embarque dans des wagons à bestiaux, sur le fumier, et très serrés, avec 8 sentinelles par wagon.

On amène 4 ou 5 bottes de paille mais ils la prennent pour eux, alors on se couche sur le fumier, d’autres se tiennent debout car il n’y a plus de place.

 

Le train se compose de 52 wagons, 50 à 60 hommes et 2 machines, des soldats pris aux environs d’Arras, des blessé français et allemands, des civils de Marquion, de Beccumets lez Cambrai, de Bucquoy, de Morchies, de Puisieux, de Doignies, Campigny-Roye.

Un deuxième train nous suit.

Le train marche très lentement et arrête souvent. Le lendemain matin, nous arrivons en Belgique. Nous sommes très bien traités par les belges, on nous apporte du chocolat, du  tabac, du pain, mais les soldats allemands nous le prennent. En cours de route, nous touchons des planches pour servir de bancs, vers 11 heures nous touchons un peu de pain noir tout moisi qui piquait à la gorge, beaucoup était malade, il a fallu le manger car on avait faim, après 41 heures sans manger.

On souffrait principalement de la soif.

 

Vendredi 9 octobre à 4 heures du matin, après avoir passé 4 nuits et 3 jours dans le train, nous arrivons à Merseburg.

Nous avons fait deux repas en cours de route, enfin nous débarquons et on nous conduit au camp, il peut, on, nous donne de la maille qui est mouillée et nous logeons dans les tentes jusqu’au 1er novembre. Il ne fait pas chaud, l’eau passe à travers les planches, il y a de la vermine, beaucoup sont malades.

 

Enfin nous logeons dans des baraques, sur le plancher avec une couverture pendant plusieurs semaines. Ensuite  nous avons touchés une paillasse. Nous nous couchons vers les 6 heures jusqu’au lendemain 7 heures, soit 13 heures couchés. Nous avons le café vers les 7 heures et demi, le pain vers les 10 heures, la soupe à 12 heures, celle du soir à 4 heures.

La portion du café le matin est d’une demi louche, à midi d’une louche, au soir trois quarts de louche. On touche un pain de 2 livres environ pour 4 hommes. Le rassemblement se fait à 9 heures, on y est plus ou moins longtemps.

 Entre temps, on coud, on lave, certains font des pantoufles, molletières, calots, gants avec des couvertures ou du drap russe.

D’autres jouent aux cartes, dominos etc… On fait la chasse aussi, on ne revient jamais bredouille car le gibier n’est pas rare en Allemagne.

Des sociétés de boy-scout et beaucoup de curieux viennent nous rendre visite avec fifres et tambours et drapeaux, ils chantent leur hymne national. Les postes allemands et les sentinelles se servent de fusils et de baïonnette française.

 

Le camp de Merseburg est divisé en 8 compagnies, chaque compagnie est renfermée et contient 6 baraques d’environ 50 mètres de long, 10 de large et 3.60 de haut, il y a 4 calorifères par baraque et pas de charbon pour les faire aller.

Il y a 3 tables et 6 bancs, 2 becs d’éclairage, on y couche à 300 ou 400 hommes. On est placé par section de 25 avec le chef de section.

Chaque section a 2 cruches et 5 bassins. Les baraques sont faites de planches recouvertes de carton bitume et goudronné, le dedans est plâtré. Chaque homme a touché 2 couvertures, une serviette, une gamelle et une cuillère. Les baraques sont consignées chacune leur tour pour les corvées. Nous avons touché des matricules et des brassards le 12 décembre. J’ai le matricule 1355 et Henri le 1354. Nous avons touché une deuxième couverture le 14 décembre.

Merseburg est une ville de 23000 à 27000 habitants.

La Sâale est un fleuve qui traverse Merseburg.

 

Nous sommes à Merseburg environ 10000 prisonniers avec les militaires. Il y a aussi des soldats belges et des civils, des anglais, des écossais, des irlandais, des russes, des japonais civils, des italiens, des espagnols, des américains, des goumiers, des tirailleurs algériens, des sénégalais, des spahis, des zouaves, etc.…

 

Le 12 janvier 1915, on rassemble toutes les compagnies, tous  les prisonniers sont fouillés un par un par les soldats allemands qui ramassent couteau, argent, carnet, tabac dont la vente a été interdite le 4 janvier et défense absolue de fumer.  On fouille les baraques, on retourne les paillasses, les paquets, mais les boches pas encore capables assez n’ont pas trouvé grand-chose.

 

Le 17 janvier ils recommencent et ramassent l’argent et l’or français, anglais et russe échangés en papier et ordre du commandant celui qui sera pris avec l’argent ou l’or sera puni très sévèrement, mais s’il attend après la mienne qu’il prenne patience car il a le temps d’attendre et il ne recevra pas de fausse monnaie.

La vente de pain est interdite à la date du 18 janvier, le 21 on partage son pain de 2 livres environ pour 100 hommes.

 

Le 26 janvier manque de pain dans la compagnie, la voiture est attaquée par des civils et dévalisée, on se met ceinture jusqu’au lendemain.

 

Le 27 janvier fête pour l’anniversaire de Guillaume le bandit. Vers la fin janvier on nous a rassemblé tous et on a inscrit les civils de moins de 17 ans, les vieux au dessus de 48 ans et les malades, on leur a encore monté le bateau car ils ne pouvaient prouver notre âge et le 31 janvier dans la matinée on nous reprend les couvertures, la serviette, la gamelle, la cuillère, le matricule et le brassard et 4 heures du soir on nous a embarqué pour Rastatt.

 

2ème époque : Rastatt

Je n’oublierai jamais le maudit Rastatt.

Nous sommes arrivés le 1er février à midi et nous l’avons quitté le 13 février à 7 heures du matin.

Nous avons logé dans le fort de Rastatt dans les casemates dans de la vieille paille remplie de vermine sans couverture, il faisait très humide, beaucoup y sont morts. On était plusieurs milliers de civils, il y avait aussi beaucoup de femmes, de jeunes filles, des enfants, des vieillards. Ce n’était pas gai et presque pas à manger, le café le matin, à midi de l’orge, du riz ou du macaroni très clair et le soir du café et un morceau de pain noir de 125  ou 150 grammes environ.

Mais il était temps de rentrer en France car on y serait tous morts.

On était tous mangés par la vermine. On était reçu à coups de crosses, de fusils, par des bâtons, des sabres ou des chiens policiers. Nous avons passé la visite par un major allemande, on a pris les faibles et les malades mais il en manquait pour faire un convoi, on nous a rassemblé tous, on nous demandait l’âge, ceux qui ont dit plus de 16 ans sont restés.  

Nous avons touchés un morceau de pain noir et du café  le 12 février au soir.

 

1915 : Le retour en France

Nous avons quitté Rastatt le 13 février à 7 heures du matin après avoir bu le café.

Nous sommes arrivés en Suisse à 4 heures du soir, nous sommes restés 24 heures sans manger et 11 heures sans boire.

On se souviendra toujours de l’accueil que nous avons eu en Suisse. Des milliers de personnes étaient à la gare de Schaffouse, attendant  notre arrivée, les habitants nous donnaient du chocolat, des pommes, des oranges, des cigares, etc…

Nous avons été nettoyés, changés de linge, nous avons mangé à notre arrivée et souper avant de partir. Nous avons quitté Schaffouse à 10 heures 30 du soir.

Nous sommes arrivés à Genève le lendemain à 7 heures du matin, nous avons déjeuné et on a pris notre état-civil, ensuite nous sommes arrivés à Annemasse dans la Haute Savoie.

On a pris notre état civil et après avoir mangé  à l’hôtel de la gare nous avons pris le train le 14 février à 3 heures du soir. Nous avons mangé à  Lyon et à Nîmes, on nous a placé dans le département du Gard.

 

Lasalle

Moi je suis à Lasalle. Nous sommes arrivés à Lasalle dans la nuit du 15 au 16 février, nous logeons quelques jours dans une maison située au bout du pays, nous couchons 2 par lits, nous sommes bien reçus par les habitants de Lasalle.

Je n’oublierai jamais ce petit pays de Lasalle.

Nous sommes 12 rapatriés, bientôt tous placés. Une personne de bon cœur m’a pris chez elle avec un de mes camarades, mais bientôt je me retrouve seul car mon camarade part pour le régiment.

Je m’occupe un peu à Lasalle, je travaille d’un côté, d’autre, je pioche la vigne, j’arrange les jardins etc… au mois de mai je me place dans une filature, je fais l’homme de peine, je touche une allocation de 1 franc 25 par jour, je passe le conseil de révision le 19 juin et tous les jours j’attends le départ.

 

1916 : La guerre

J’ai reçu ma feuille de route le 1er janvier 1916. 

Je quitte Lasalle le  7 janvier pour me rendre au 101ème régiment d’artillerie lourde à la Rochefoucauld  dans la Charente.

De là je suis parti au camp de la Braconne pour l’instruction, je suis rentré à la Rochefoucauld le 30 septembre, j’y suis resté jusqu’au 19 décembre.

Je suis parti au front le 19 décembre 1916 par Limoges, Orléans, Juvisy, Creil, le Bourget, Troyes, Chalons.

Nous avons débarqué à Suippes, l’échelon se trouve entre Perthes et Souain, la batterie se trouve au trou Bricot, j’y reste une dizaine de jours à travailler aux sapes, et nous avons une alerte aux gaz dans la nuit du 4 au 5 février.

Je quitte la Champagne le 28 février 1917, cantonné à Auve les 1,2 et 3 mars, le 4 à Francheville, le 5 à Breuvery, le 6 à Vouzy le Petit, le 7 à Moislain, les 8 et 9 à Margny, les 10, 11 et 12 à Mareuil el Port, les 13,14,15,16,17 et 18 à Oeuilly, le 19 à St Gemme, le 20 à Hourges.

 

La bataille du 16 avril 1917

 J’arrive  à Muscourt le 22, l’échelon se trouve entre Muscourt et Meurival dans l’Aisne.

Mis en position le 22 dans la nuit du 22 au 23 mars au bois Blanc Sablon, le 25 parti au Goulot.

Le 8 avril je pars aux obus de 155 à Chavoine, le 10 obus de 220 à Cury, pris par les gaz, rentré le lendemain, le 14 et 25 obus Blanc Sablon, le 20 obus Moulin Rouge, je quitte Blanc Sablon le 26 avril après avoir fait l’attaque du 16 avril.

 

 Les 27 et 28 avril je suis cantonné à Saint Gilles.

Je pars en permission le 28 de Fismes à Berck.

 La batterie cantonne le 29 à Montreuil Notre Dame, le 30 à Roquiens, le 1er mai au Rousset, les 2, 3, 4, 5, 6, 7,8 à Laval Le Haut, commune de Jouy sur Morin.

 

Je rentre de permission le 8 mai et je descends à Ferté Gaucher  pour retrouver la batterie à Laval.

Le 9 je suis cantonné à Villiers St Georges, le 10 à Esclavolles les 11 et 12 à Méry sur Seine.

Toroy le Grand du 13 mai au 10 juin, le 2 juin revue du premier corps d’armée par le Général au camp de Mailly.

Quitte Toroy le 11 juin, Orvilliers les 11 et 12, le 13 Saint Martin Bossenay, les 14 et 15 Saint Aubin, le 16 Toury, les 17, 18, 19 , 20, 21 et 22 Saint Sauveur, les 23, 24, 25 et 26 Nangis, embarqué le 27 à Mormant (Seine et Marne), par Noisy le Sec, Creil, Amiens, Longpré, Albertville, Rang du Fliers, Etaples, Boulogne, Wimereux, Calais, Audruicq, Saint Omer, Bergues, Coudekerque.

 

La guerre en Flandres

 On débarque à la gare de Dunkerque et le 29 nous sommes contonnés à Bizeselles, le 30 à Esquelberq, les 1, 2 et 3 juillet  cantonnés en Belgique aux environs de Crombeke, les 4, 5, 6, 7 et 8 à Stavèle.

L échelon  se trouve entre Stavèle , Crombecke, Beveren et Rousbruge.

 

Je pars en permission pour Lasalle le 23 juillet, je prends le train à Rousbruge, je passe par Bergues, Hazebroucq, Lillers, Béthune, Saint Pol, Doullens, Frévent, Amiens, Montdidier, Crépy en Valois, Le Bourget, Noisy le Sec, Nogent le Perreux, Sens, Dijon, Macon, Lyon, Orange, Valence, Avignon, Tarascon, Nîmes, arrivé à Lasalle.

 

Je quitte Lasalle le 4 août et rentre à l’échelon le 7 août, la batterie se trouve à droite de Reninghe et change de position.

On commence des nouvelles positions à Noschoote mais les travaux sont démolis au fur et à mesure qu’on travaille, on refait des nouvelles positions plus à droit plus en face de Bischoote.

Je change d’échelon vers le 28 août, près de Westyliteren.

 

Je pars en repos le 27 septembre à Honschoote, puis en permission de 24 heures à Berck le 30 septembre.

Je remonte au front le 3 octobre pour aller à la batterie, il faut passer sur une passerelle d’environ 800 mètres de long. Je suis cité à l’ordre du régiment le 17 octobre 1917 et je suis décoré de la Croix de Guerre le 15 novembre 1917.

Je pars en permission le 28 novembre à Berck, je quitte le 14 décembre pour Sangatte.

Je quitte Sangatte le 21, arrive à Ailly sur Noye le 22.

La batterie quitte la Belgique le 10 décembre.

 

Décembre 1917

Elle cantonne le 11 à Wert Cappelle, le 12 à Renescure, les 13 et 14 à Ham en Artois, le 15 à Mouchy le Breton, le 16  Céliville, le 17 Neuvillettes ( Somme ) le 29 à Canas, les 19 et 20 à Villers Bocage, le 21 à Longueau, le 22 à Auresmaux, le 23 à Cartigny (Oise), les 24 et 25 Le Ployron, le 26 à Hemevillers, le 27 à Haudincourt, les 28 et 29 à Saintines, le 30 à Levignen

 

Janvier 1918 

les 31 et 1er janvier 1918 à Saint Pathus (Seine et Marne), le 2 à St Jean les jumeaux, le 3 jusqu’au 15 à Bussières, du 16 au 22 à St Barthélemy, le 23 à Villiers St Georges, le 24 à Crancey, arrivée à Druyt St Basles.

 

Février 1918

A Droupt Ste Marie, je change de régiment, 103ème, je  touche des canons de 155 courts à très rapides, les tirs commencent le 12 février.

 

Quitte Droupt Ste Marie le 4 mars, contonné à Pouen du 5 au 13, cantonné à Mailly le 14, à Houdé Notre Dame (Marne) du 15 au 22, le 23 à Coelus, le 24 arrivé à Suippes, la batterie est devant la maison forestière.

 

Je quitte la Champagne le 26, cantonné le 27 à Aigny Sur Marne, le 28 à Damery (Aisne), le 29 à Villeneuve sur Gère, le 30 à Longpont, le 31 à Pierrefonds, le 1er à Catenoy (Aisne ) le 2 à Wavignies.

 

 

Mars  avril  mai 1918

J’arrive dans la Somme le 3, mis en position aux environs de Moreuil, la batterie se replie là.

Le 4 mis en position devant Estres, l’échelon est entre Sains et EStres. Change de position le 7, reste la journée du 7 à Chaussoy Epany, mis en position dans la nuit du 7 au 8 à la droite de Chirmont.

 

L’échelon de batterie est au dessus de la voie ferrée, l’échelon est à Chaussoy.

Je quitte la Somme dans la nuit du 15 au 16, j’arrive à Choqueuse les Besnard (Oise) le 16 au soir, cantonné le 20 à Mesnil sur Brelle, le 21 à Pronleroy, le 22 à Vieux Moulin, le 23 à Louâtre (Aisne) le 24 0 Gerey, à la ferme de la ville au bois, près de Jonchery.

 

Du 28 au 30 avril, cantonné à Couvrelles ( Aisne ) le 1er mai à Pernant, arrivé à Vingre le 6 au soir, où est l’échelon. La batterie est aux environs de la ferme du Loire, pour aller à la batterie on passe près de NOuvron et à Veraponnier. La batterie est près de Solens, le 29 je replie vers la ferme du Toret, le 30 on met en batterie à Hors, on passe à Vicq sur Aisne et on s’installe à La Vallée (Oise).

 

Le 31 on met en position à Resson le Long (Aisne), le 31 au soir on met en position aux environs de Coeuvres, le 3 juin on se replie sur Haute Fontaine (Oise), dans la nuit du 3 au 4 on met en position aux environs de Courtieux.

 

Juin 1918

Le 5 on reste la journée à Mortefontaine, dans la nuit du 5 au 6 ont met en position devant Soucy, le 7 j’ai un cheval de trait, un obus tombe à côté de moi dans une voûte où j’étais à l’abri et n’éclate pas, nous perdons beaucoup de chevaux, je descends  à l’échelon qui se trouve entre Roye St Nicolas et Rotheuil (Oise)

 

Le 12 la batterie descend dans les environs de Taillefontaine et le soir on met en batterie à la lisière de la forêt de Villers Cotterêt. On change plusieurs fois de position dans les environs de Vevrers, une section retourne devant Soucy, l’échelon est dans la forêt de Villers Cotteret, le groupe est relevé dans la nuit du 19 au 20.

On cantonne le 20  à Wattiers Vosin, le 21 à Rully ( Oise ), le 22 à Léancourt, du 23 au 27 St Rimault, parti en permission le 27 à Berck, (…).  

 

Juillet , Août, Septembre 1918

Je quitte Berck le 9 juillet pour rejoindre mon camp de ralliement à Rochy Condé.

 

Je pars à Beauvais à pied pour prendre le train et j’arrive le 19 juillet à Landrecourt pour retrouver le camp Tamaris aux environs de Villers Recourt. (… )

La batterie se trouve à quelques kilomètres au dessus de Rupt en Woêvre, on traverse la Meuse et le canal pour y aller, on change de position vers la fin  juillet , on met en batterie plus en arrière dans les environs d’ Amblonville, Rattentout, dans les environs du fort de Génicourt, pour l’attaque du 13 septembre, on met en position au dessus de Troyon à la droite de Ranzières, le 14 on avance, on passe à Seuzey et Dompierre, on met en batterie dans le ravin, au bois de la Montagne, le 15 on met en position dans les bois, le 16 on met en batterie devant Saint Maurice et Tilloy.

 

L’échelon des avants trains se trouve dans les cantonnements boches.

 

Octobre 1918

Quitte les Hauts de Meuse le 18 octobre, passe à Saint Mihiel, cantonné à Baudremont du 18 au 24, quitte Baudremont le 25, passe à Sampigny, contonné aux casernes de Lérouville les 25 et 26, cantonné le 27 à Loisey, le 28 à Chardogne, le 29 Le Chatelier ( Marne ), le 30 à Voileron, le 31 au camp des alliés près de Somme Bionne.

 

Novembre 1918

Le 1er novembre à Hans, parti en permission le 2, pris le train à Valmy, passé à Ste Menehould, Chalons, Epernay, Noisy le Sec, Paris, Amiens. Je quitte Berck le 15 novembre.

 

Parti à Pied à Juniville, puis Rethel, Launois, Mizières, Charleville le 19 et 20, le 21 cantonné à Membre ( Belgique ) le 22 à Paliseul, je retrouve la batterie le 23 à Amberloup, le 24 à Givry, le 25 Alhourmont, du 26 au 30 ? LE 1er décembre à Offelt (Luxembourg).

 

Décembre 1918

Je quitte Offelt le 10, cantonné  le 10 à Trois Vierger, le 11 à WeisWappach, le 12 à Daliden ( Allemagne) le 13 à Neuerburg, le 14 à Bollendorf, passe à Echternach le 15 ( Luxembourg ), cantonné à Ralingen ( Allemagne ) les 16 et 17 à Trèves, continue à Kenn, le 18 Erneis Keil, le 19 à Gouthers, les 20 et 21 à Buckenbinen, le 22 à Kappel, les 23 et 24 à Godenroth, les 25 et 26cantonné à Horm, le 27 à Roschem, le 28 à Abzen, le 29 à Pfeddersheim, le 30 à Hochhim, faubourg de Worms sur le Rhin.

 

Janvier à Septembre  1919

La division occupe Worms et Mayence, parti le 25 janvier de Worms pour aller chercher des chevaux près de Oppenheim, pris le train à Worms jusque Oppenhein et je rentre à Hochhein à pied.

 

Change de régiment le 1er février, quitte Hochheim le 21 janvier 1919, pris le train à Worms, passe par Mayence, descend à Golthin, parti à pied à Hocchst, passe au 113e régiment d’artillerie lourde, parti en permission à Berck le 13 février 1919, pris le train à Hocht, jusque Kastel, traverse Mayence, pris le train à Mayence, passe par Sarrebruck, Forbacq, Metz (…), berck le 18 février 1919.

 

Quitte Berck le 11 mars, parti par Rang du Fliers, Amiens (…) Hocchst.

Parti en permission le 14 juin 1919 de Hocchst, pris le train le 15 à Wisbaden, passe par Mayence, Sarrebruck, Metz, Toul (…) Berck.

Parti à Marquion le 25 juin, par Amiens, Albert, Arras, quitte Marquion le 10 juillet, passe par Arras, Amiens (… ) Wisbaden, retrouve la batterie de Winkel le 20 juillet, embarque à Biebricht, passe par Wesbaden, Mayence, Sarrebruck, Metz, Lunéville, Epinal, Lyon, Moulin, Riom, Clermont-Ferrand, Issoire.

 

Parti d’Issoire le 28 pour convoyer des chevaux, cantonné à Lemdes, Le 29 Massiac, le 30 à Issoire.

 

Quitte Issoire le 7 septembre 1919passe par Clermont-Ferrand, Moulins, Nevers, Dijon, Paris, Creil, Amiens, Arras, Douai, Marquion.

    .    

    

Démobilisé  le 10/09/1919

 

 

 

Sont en abrégé mes mémoires de la guerre que j’ai écrit.

Quand cela m’était possible, j’aurais voulu le refaire et le compléter par beaucoup d’anecdotes que j’ai connues, mais hélas je n’ai jamais eu le temps, puis beaucoup de souvenirs se sont échappés depuis.

                     Paul Pouillaude.  

 

 

 

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