Ses états de service : lieutenant au 42° colonial, (avril 14/avril 15), au 17° chasseurs (mai 15/oct. 15), au 57° chasseurs mars 16 à Verdun, de nouveau au 17° jusqu’en octobre 16 où, blessé, il a été versé au 22° colonial comme officier d’habillement. Médaille militaire, légion d’honneur 4/05/16, citations 26° brigade 10/10/15, (JO du 4/05/16, rectificatif JO 14/07/16).
Merci à Monique, sa petite
fille

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Le 42e R.I.C. est né avec la Grande Guerre.
Sa
création, prévue au plan de mobilisation de 1914, avait à peine été ébauchée,
quand les évènements se précipitèrent : le 22e Régiment
d'Infanterie Coloniale lui fournit des cadres ; les 15e et 16e régions
lui donnèrent des hommes.
Les
diverses opérations pour la formation du régiment se poursuivirent à MARSEILLE,
à l'Ecole du Commerce et de l'Industrie, transformée en caserne.
Au huitième jour de la mobilisation, après un travail acharné de jour et de nuit, l'ébauche était devenue une oeuvre complète : le 42e R.I.C. était constitué à 2 bataillons et 1 compagnie hors rang, à l'effectif total de 30 officiers et 2.254 hommes.
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10 août 14-
Marseille-Vitrolles-24 km.
Etape dure, très dure même,
les hommes marchent bien. Chaleur torride ; le Cdt de la colonne est obligé de
faire grand'halte aux Pennes, à 10 km de Vitrolles.
11 août- Vitrolles-Lançon-20 km.
Départ 4h30. Etape encore plus
dure que la veille par suite de la chaleur et surtout de la montée terrible
avant d'arriver à La fare.
Route blanche, dénudée ;
arrivée de la colonne à 12h.
12 août- Lançon-Orgon-26 km. Départ 3h30. Etape de beaucoup meilleure, les sacs sont
mis au départ sur des voitures ; la plus grande partie de la route se fait à
l'ombre de 2 rangées de platanes.
La traversée de Salon,
à 8 km de Lançon est marquée par la distribution, sur le marché, d'une
hécatombe de pêches destinées à être vendues aux enchères. Le prix n'étant
qu'infime, les vendeurs préfèrent en faire cadeau aux troupes de passage.
A Sénas le curé fait
arrêter la colonne pour distribuer du café. Enfin nous arrivons à Orgon
où nous trouvons le 44° Colonial qui est rendu depuis 2 jours.
13 août- Orgon-Caumont-12
km.
Etape bien meilleure, les
hommes sont sans sac. Rien de particulier.
14 août-
Caumont-Morrière-12 km.
Beau temps, marche très peu
pénible. Nous arrivons à Morrière à 10h et nous restons là jusqu'au 18.
18 août- Morrière-Le Pontet-5km.
Les hommes ont le chargement
complet. Les tentes et couvre-pieds ont été versés au départ. Nous arrivons à
7h30 au Pontet, et notre Cie ainsi que la 16° sont logées à St Tronquet,
château situé à 3km de là. Nous sommes reçus à bras ouverts. La propriétaire
met son château à notre disposition, elle nous vend du vin blanc à 0,50 la
bouteille et du vieux rouge de 10 ans au même prix, nous avons fruits à
discrétion.
On ne s'ennuie pas à St
Tronquet. 19 et 20 août.
21 août
Départ de St Tronquet pour
Avignon où nous embarquons en chemin de fer à midi. Nous passons sur la
rive droite du Rhône pour aller à Lyon où nous arrivons à minuit. Nous croisons
à….. un convoi de blessés revenant de Dieuze.
22 août
Enfin nous arrivons à 10h20 du
soir à Dugny où nous débarquons. Entrée au cantonnement à Dugny à 1h du
matin pour repartir le 23 à 4h30 pour Génicourt (15 km à pieds).
Nous arrivons à 10h., à 13h
alerte. Nous sommes prêts, mais il y a contre-ordre.
24 août
Départ de Génicourt à
5h pour une destination inconnue.
Nous faisons, après avoir
passé plusieurs villages, et entendant le canon toute la journée, environ 30
km.
Nous arrivons en Woëvre.
Du haut de la colline nous
apercevons le village en feu, ce sont les allemands qui se replient.
A 6h du soir nous nous
déployons en tirailleurs et avons un commencement de combat, mais la nuit nous
surprend et la fête est renvoyée à demain.
25 août
Grande journée mémorable.
Après avoir passé la nuit à Parfondrupt,
près de St Jean-le Buzy, à 4h du matin, alerte ; nous passons par St
Jean et commençons immédiatement le combat par un déploiement le long de la
ligne de chemin de fer.
Par bonds successifs, et sous
une pluie de balles, nous avançons jusqu'à la crête d'où l'on aperçoit, au
loin, et bien difficilement, quelques groupes d'allemands. La fusillade est
intense de part et d'autre ; nous tenons jusqu'à 8h, puis nous faisons un bond
encore jusqu'au fond de la vallée où il y a un ruisseau ; nous restons dans
l'eau un bon moment, puis presque sans pertes, nous arrivons à la crête
suivante sous une pluie de balles.
Nous nous y
maintenons jusqu'à 10h½. A ce moment, un mouvement de
retraite se dessine sur la gauche, nous suivons ce mouvement, et nous nous postons
dans le ruisseau ; un bon moment après nous nous replions encore derrière la 1°
crête occupée mais il faut remonter, et dans ce mouvement les pertes sont
nombreuses.
Le capitaine Borget est blessé
d'une balle dans la cuisse.
Je parviens, aidé de soldats,
Armengaud et Malaterre à sauver le capitaine en allant sous une pluie de balles
le chercher à 20 m en avant de la crête pour le ramener derrière la ligne de
feu.
A 11h ne pouvant plus tenir
sur notre position, nous nous replions jusqu'à la ligne du chemin de fer.
C'est là que le capitaine Beau
est tué d'une balle dans la tête.
Heureusement que l'artillerie
française commence à donner et nous dégage ; 10 mn après le feu ennemi cesse et
nous reprenons l'offensive. Enfin on se ressaisit ; les divisions en réserve
sur la droite donnent, et le combat continue toute l'après midi.
A 6h du soir, l'ennemi étant
repoussé et refoulé dans le Luxembourg.
Son plan de traverser Verdun
avait échoué mais à quel prix ?
De ma Cie il est resté sur le champ de bataille : le
capitaine, 2 sergents, 6 caporaux, 66 soldats tués ou blessés.
Il est miracle que la Cie
n'ait pas été anéantie ; il en a été de même pour tout le bataillon.
A 7h du soir nous rentrons au
cantonnement ; l'émotion et la fatigue ne nous font guère reposer.
26 août
A 5h du matin nous partons de Parfondrupt pour
Menel sur les Côtes où toutes les divisions sont rassemblées. Nous sommes
terrassés de fatigue et nous avons la pluie sur le dos.
Pour comble de malheur, ma Cie
est désignée pour fournir les avant-postes. La Cie est en grand'garde en
arrière d'un mamelon, dans les tranchées ; les petits postes sont placés et
nous passons la nuit à la belle étoile.
La pluie n'a pas cessé de
tomber toute la nuit.
Le lendemain à 5h30 nous
sommes relevés par la 16° Cie.
27 août
Nous somme relevés de la
grand'garde et nous allons enfin nous reposer ; mais nous jouons de malheur.
A peine arrivés au
cantonnement à Mesnil sur les Côtes, nous recevons l'ordre de partir
pour une destination inconnue, sur les hauts de Meuse. Nous faisons 20 km
environ sous la pluie et nous arrivons à Deuxnouds, tout petit village.
Je suis obligé de partager le
lit de mon lieutenant qui me l'offre gracieusement.
Inutile de dire qu'après les
émotions passées et les fatigues endurées, nous avons dormi jusqu'au lendemain.
28 août
Nous passons le journée à Deuxnouds
et nous préparons à souper quand arrive à 18h l'ordre de partir : sur le pouce
on avale ce que l'on peut, on met le reste dans le sac et à 19h10 nous nous
partons ; nous avons marché jusqu'à minuit (5 heures de marche), heure à
laquelle nous arrivons à Heudicourt.
Heureusement, dans ce village
assez grand nous sommes reçus à bras ouverts.
La Cie est cantonnée dans 4
granges et les 2 officiers chez un propriétaire en face. Nous avons de belles
chambres avec de bons lits, nous ne nous faisons pas prier pour nous mettre au
pieu.
29 août
Nous dormons comme des souches
quand tout à coup, alerte à 4h : tout le monde se précipite et se rassemble,
mais c'est un erreur ; on avait pris nos troupes pour des allemands. C'est
égal, et malgré tout, ce n'est pas gai. Nous nous reposons toute la journée et
toute la nuit sans incident.
30 août
La matinée se passe
tranquille, toujours à Heudicourt, mais à 4h du soir, alerte et départ
immédiat par Vigneulles-lès-hattonchâtel ; nous marchons jusqu'à minuit
(8 heures de marche), nous arrivons à St Remy, nous nous reposons
jusqu'à 4h
31 août- puis départ pour la direction de Verdun par Hardiaucourt,
nous nous arrêtons à Fleury où nous arrivons à 2h du soir après avoir
parcouru 56 km depuis la veille 4h du soir, sans avoir rien dans le ventre ;
nous mangeons sur le pouce puis après un repos de 2h nous entrons dans au
cantonnement dans le village de Fleury.
1° sept
A 5h nous nous quittons le
cantonnement et nous marchons dans la direction de Haraumont, nous
sommes en réserve générale ; nous déambulons, par les plaines et les vallées,
derrière les mamelons, nous plaçant tantôt à droite, tantôt à gauche, toujours
abrités.
Mais un aéro allemand nous a
repérés et, une demi heure après, les obus pleuvent sur nous. Toute la journée
se passe dans les mêmes conditions et nous n'avons aucune perte.
Les obus allemands font
beaucoup de bruit, mais très peu de mal ; à 7h du soir, le feu cesse et nous
restons sur nos positions. Cependant à minuit, au milieu de la brume et du
brouillard, nous reprenons le chemin de Fleury, arrivons à 4h du matin.
2 sept
Mais à 6h on nous fait
déguerpir pour le rassemblement de la division sur le plateau.
Nous restons là jusqu'à midi.
3 sept
La journée est calme, on n'entend
plus le canon, mais les allemands sont signalés à 6 km, à Fresnes en Woëvre.
4 sept
Nous partons à 5h par les
Hauts de Meuse, par Troyon, Lacroix, les Paroches où le 2°Bllon
cantonne, le 1° Bllon pousse jusqu'à Rupt en Woëvre où nous passons la nuit.
5 sept
Rupt
à
Fresnes.
6 sept
à 4h30 départ, nous passons
par Pierrefitte, l'armée du Konprinz s'est heurtée à nos troupes ; nous
sommes en réserve ; mais bientôt il faut marcher ; nous prenons l'aile droite et
nous marchons pour contourner l'ennemi ; sur Heippes d'abord, puis sur Souilly
vers 10h.
Là nous nous déployons en
avant du village face au bois de St André que nous traversons avec mille
difficultés ; le soir enfin nous…puis à St André qui est occupé par les
allemands ; le 1° Bllon retourne coucher à Souilly pendant que le 2° couche à
la lisière du bois de Souilly, face à St André.
7 sept
A 4h nous reprenons la route
de Souilly à St André et arrivés en haut de la côte nous trouvons
le Colonel et le 2° Bllon massé derrière 2 batteries du 38° Artillerie.
Nous prenons la même formation
si fructueuse s'il en fût, quand à 10 mn derrière nous avons toute la lisière
du bois où existait une tranchée qui n'était pas utilisée.
Au point du jour, les
batteries ouvrent le feu sur des formations allemandes mais presque aussitôt de
St André on nous répond et en 4 coups, nous avons toute la section d'artillerie
qui était en avant, anéantie : 3 capitaines, MM de Rostan, Morel, Burgeat sont
tués : le Lt. Fournier est blessé, une quarantaine d'hommes sont mis hors de
combat.
Une pièce d'artillerie est
démolie, un caisson prend feu ; 35 chevaux sont tués ou mis H S . Néanmoins,
avec ce qui leur reste, les artilleurs retirent 7 pièces et 5 caissons. Quant à
l'Inft. elle se réfugie dans le bois qui est arrosé par l'ennemi.
En bas, près de Souilly,
on rassemble ce qui avait cédé et le Cx Caugin part avec 3 Cies en mission sur
notre droite.
Avec nos hommes, je rejoins le
reste du régiment sur la crête et on s'installe dans les tranchées. Nous
restons sur place, de temps en temps quelques obus éclatent au-dessus de nous,
nous mangeons sur place les vivres de réserve car nous ne sommes pas
ravitaillés.
8 sept
La nuit se passe sans
incidents, le matin on se prépare à attaquer ferme, mais il est reconnu que
nous ne pouvons pas prendre St André et nous restons sur la défensive.
9 sept
Dans la nuit, la voiture de la
Cie réussit à parvenir jusqu'à nous ; on nous rétribue ¼ de pain, un morceau de
viande cuite ; c'est délicieux.
La journée se passe sans
incidents, mais au coucher du soleil, une formidable canonnade se déchaîne et
presque aussitôt je suis atteint au bras droit par une pierre qui me frappant
par le côté me casse le bras, déchire le biceps et me fracture 2 côtes ; me
voilà à terre, mais je me relève de suite, ne pouvant obtenir ma respiration.
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