Carnet de guerre de Victor RICHARD, du 47e régiment d'artillerie

Carnet de guerre 14-18 de Victor RICHARD

du 47e d'Artillerie, 1er Groupe

 

 

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Victor Richard

7 mars 1892 - 21 novembre 1963

 

 

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INTRODUCTION

 

Victor (François Xavier) Richard a été incorporé le 9 octobre 1913 au 47è régiment d’Artillerie de Campagne.

Il est mobilisé au début de la guerre (2 août 1914) et part directement sur le front. Le présent « carnet de guerre » couvre les périodes du 2 août 1914 au 28 septembre 1915 puis du 10 juillet au 14 octobre 1918.

 

Le 28 septembre 1915 il sera blessé par éclats d’obus aux jambes et à la poitrine en Champagne (Tahure).

Selon son carnet militaire (archives de Besançon) il est transféré à l’hôpital à Paris, où il reste jusqu’au 24 avril 1916, puis part en convalescence jusqu’au 24 juin 1916.

Ensuite il part en permission (pour une durée non retrouvée) et retourne à l’hôpital n°8 de Besançon pour un supplément de traitement, puis de nouveau sur l’hôpital n°5 de Besançon (dit hôpital Helvétie du nom de la rue où il se trouvait, centre de neuropathologie) où il reste jusqu’à début septembre 1916. Il sera ensuite en convalescence jusqu’au 7 septembre 1916.

Ensuite, il retourne au front, prend la grippe (espagnole ?) le 14 octobre 1918 puis transféré à l’hôpital de Clermont-Ferrand du 23 octobre au 6 décembre 1918.

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Victor Richard a écrit sur différents supports qu’il a fallut regrouper. Un de ses supports, incomplet, montre qu’il a sûrement écrit d’autres choses, mais celles-ci ont été perdues. Plus précisément les supports existants et manquants couvrent les périodes suivantes :

2 août 1914 – 6 juin 1915 (présent document)

7 juin 1915 – 28 septembre 1915 (perdus)

8 septembre 1916 – 9 Juillet 1918 (perdus)

10 juillet 1918 – 14 octobre 1918 (présent document)

 

Il aimait, par ailleurs, laisser des traces de son temps passé au poste téléphonique (lorsqu’il ne  combattait pas) en écrivant des chansons de régiment qu’il signait toujours de l’endroit où il se trouvait pour marquer le  « souvenir de la guerre » comme il le notait.

 

A la mémoire de mon arrière grand-père maternel.   Grâce à Dieu tes mots ne se sont pas perdus et tes arrières-arrières petits enfants te liront.

Lionel CLEMENT

 

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En cas de mort ou blessures grave, écrire à Richard Léon à Maîche (Doubs)


Campagne d’Alsace 1914

 

Après avoir attendu longtemps la déclaration de guerre, la 28ème brigade (1) reçoit l’ordre de franchir la frontière. Les allemands paraissent ne pas vouloir s’opposer à notre marche. On passe quelques escarmouches entre cavaliers.

Le premier combat un peu sérieux s’engage à Burnhaupt ou les allemands ont creusé des tranchés et placé des mitrailleuses dans le clocher du village.

Quand notre infanterie débouche  de la forêt qui s’étend en avant du village, elle fût accueillie par un feu très violent qui nous causa des pertes sensibles.

Appel fut fait à l’artillerie dont les batteries vinrent se placer pour bombarder le village. Mais au moment de tirer on vient nous prévenir que notre infanterie repart déjà. Nos fantassins s’emportent de venger leurs camarades par une brillante attaque à la baïonnette.

(1) : Il s'agit de la 28e brigade d'infanterie, composée des 35e et 42e régiment d'infanterie qui faisait partie de la 14e division d'infanterie, avec la 28e brigade (44e et 60e régiment d'infanterie). Le 47e régiment d'artillerie, composé de 3 groupes de 3 batteries (total 36 canons) a fait parti de la 14e DI durant toute la guerre.

 

Avons mis l’ennemi en déroute, la marche en avant continue sans autres combats et le 8 août nous arrivons en vue de Mulhouse. Notre entrée dans la ville fut triomphale.

La population massée dans les rues nous fit un accueil enthousiaste, mais une certaine méfiance régnait parmi les officiers. Les troupes marchèrent sur les places de la ville, prêtes à toutes les éventualités. On verra plus loin que ces précautions n’étaient pas superflues. Néanmoins la marche se passa sans incidents.

 

Le lendemain les troupes prirent position pour repousser l’ennemi qui nous surprit en occupant la forêt de Hurtz qui s’étend en arrière de la ville. L’armée  allemande qui était forte de trois corps d’armée attaque notre 28ème brigade qui se défend avec acharnement jusqu’à 8 heures du soir.

Mais l’ennemi menaçant de déborder à notre gauche du côté de Cernay.

La retraite fut décidée.

Elle commence à 9 heures du soir. Les allemands habitant Mulhouse dont les démonstrations d’amitiés étaient perfides, nous fusillent par les fenêtres. On saura s’en rappeler si l’on sort vainqueur.

Notre premier groupe est en position sur la droite, en route sur la forêt de Hurtz.

Nous ouvrons le feu à 3 heures du soir et tirons plus de deux cent coups de canon. L’ennemi très supérieur en nombre attaque nos fantassins à la baïonnette.

Nous avons aussi subi d’énormes pertes causées par le feu de notre artillerie. A un moment la première batterie est en grand danger, ses positions ayant été repérées par un avion.

Des shrapnells éclatent de tout côté. Le maréchal des logis Collinat ( ?)  est blessé. Un obus éventre les caissons qui heureusement ne sautent pas.  Les obus boches font plus de bruit que d’effets malgré la pluie. Les servants restent à leur poste et sous la direction du commandant Bardoux ( ?) et du capitaine Morginer ( ?), très crâne sous le feu donne l’exemple, font déplacer les pièces et les mettent à l’abri des obus des allemands.

La retraite s’effectue en bon ordre.

L’ennemie aurait tellement souffert que la poursuite est nulle et que pas une roue de matériel n’a été en sa possession. Nous roulons jusque sous les forêts de Belfort avec le 7ème corps.

Le général Bonnot ( ?) accusé d’avoir pris une offensive précipitée est relevé de ses fonctions et remplacé par le général Vauthers.

 

Les Allemands ont l’audace de venir nous attaquer jusqu’à Reppe, mais cela va leur coûter cher : 200 morts et blessés et un grand nombre de prisonniers sont entre nos mains.

Le corps d’armée en entier cette fois, marche de nouveau sur Mulhouse. Des escarmouches se produisent tous les jours en amont de Burnhaupt. Les allemands avaient élevé de forts retranchements. Il comptaient nous arrêter longtemps mais un rapide mouvement de l’aile droite française par Althirep ( ?) menace leur ligne de retraite, leur fait abandonner leur ligne de position précipitamment. Leur retraite s’arrête à Dornach faubourg de Mulhouse ou la bataille s’engage.

Elle dura toute la journée.

Les allemands furent complètement battus et subirent des pertes énormes. Les rues de Dornach étaient jonchées de leurs cadavres. Notre artillerie joua un rôle important dans cette affaire et par son feu fit taire les batteries ennemies et favorisa beaucoup l’offensive de notre infanterie.

Au moment où les allemands connurent leur retraite, le capitaine Lecomte, un des meilleurs officiers du 47è,  fit avancer une des pièces de sa batterie à 800 mètres de l’ennemi et tirant dans cette masse en déroute leur fit subir d’énormes pertes. 

Mulhouse est repris pour la 2ème fois.

24 pièces d’artillerie, un immense matériel…et une grande quantité de prisonniers reste entre nos mains.

Tel fut le bilan de cette glorieuse journée. (*)

(*) : Il s'agit du 19 août

 

Après cette bataille, l’armée se reforme et se fortifie en avant de la ville.

Tout semblait se préparer en vue d’une prochaine attaque, quand des événement se produisent sur notre frontière qui obligèrent l’état major à modifier ses plans.

 

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Le terrain que nous avions pris en Alsace fut laissé à la garde des régiments de territorial, et le 26 nous quittâmes Mulhouse pour une destination inconnue.

 

Campagne 1914, 6ème armée du Nord

 

Nous quittons l’Alsace et venons embarquer à Champagney après une chaude journée et presque sans prendre de nourriture.

Nous passons par Belfort, Hericourt, Montbéliard, Besançon, Dôle, Dijon, Avallon, Nuit-sous-Rouvière, Villeneuve St-Georges.

Dans toutes ces gares nous sommes reçus avec un bon cœur par les dames de la croix rouge et par les civils qui nous apportent pain, vin, chocolat, thé, bonbons, cigares et cigarettes à volonté.

 

Nous passons à 2km de Paris, par Creil et venons débarquer à Villiers-Bretonneux (Somme) bien fatigués avec 48 heures de chemin de fer dans des wagons à bestiaux. Nous déchargeons notre matériel et allons cantonner à Guillaucourt.

Là, nous trouvons beurre, œufs, lait, tout à  volonté, mais le vin est  à un prix inabordable.  Nous couchons dans une grange de ferme et le lendemain 28 août nous nettoyons notre matériel et nous nous tenons prêt.

 

Le canon tonne sans arrêt.

Nous sommes prêts à dormir un bon coup.

Nous couchons encore là, et le lendemain, 29 août à 2 heures du matin, le canon tonne.

De la pointe du jour nous faisons quelques kilomètres et nous nous mettons en batterie entre Barjonvilliers et Hurbonnières. Une terrible canonnade s’engage des deux côtés et c’est effrayant. On brûle des milliers d’obus de chaque côté. Les obus allemands nous tombent dessus de tous côtés. Tous les villages environnant sont en flammes.

Nous changeons de positions et allons nous mettre en batterie à Guillaucourt.

C’est encore plus terrible. Les obus de gros calibre nous tombent dessus sans cesser un instant. Le commandant Boudeux ( ?) est blessé. A trois places les mitrailleuses nous crachent dessus.

De tous côtés, à tout moment, il arrive des blessés en quantités. Il y a à côté de nous la 2ème batterie, lorsque tout à coup arrive un obus de gros calibre qui tombe droit sur le tube du canon.

Le Chef de pièces, le Maréchal des Logis Couturier, le pointeur, le chargeur, sont tués sur le coup.

Le déboucheur et le 1er pourvoyeur sont blessés. Le tireur qui était tout prêt n’a pas été blessé.

Pendant cette terrible journée nous avons tiré plus de 1200 projectiles.

 

Enfin on amène les avants-trains sous une pluie d’obus et de balles de mitrailleuses et de fantassins qui s’avancent en colonne serrée. Nous sommes forcés de battre en retraite car nous avons à faire à des forces 3 fois supérieures au nôtres.

Enfin, il est 9 heures du soir. La retraite s’effectue en bon ordre. Tout le long du chemin on rencontre des blessés que l’on monte sur les caissons, mais malheureusement il en reste plus aux mains des boches que ne nous pouvons en emmener.

Septembre 1914

Nous voyageons toute le nuit et arrivons à la pointe du jour, 4 heures 30, à Faverolles. Nous faisons haltes à Etelfay.

Là nous restons 3 ou 4 heures pour prendre un peu de repos et de nourriture car nous étions depuis la veille au matin sans rien manger.

Nous repartons, nous passons par Montdidier et arrivons à Saint-Morainvillers.

Là nous cantonnons et faisons le ravitaillement. Sans avoir mangé ni dormi faute de temps, nous sommes bien fatigués le lendemain. Départ 3 heures du matin. Nous passons par Saint-Just-en-Chaussée par une chaleur à ne pas y tenir.

Nous n’en pouvons plus et les chevaux non plus et pas moyen de trouver une goutte d’eau bonne à boire.

 

Ce qui fait pitié pendant cette retraite ce sont les habitants qui se sauvent de tous côtés, effrayés en abandonnant tout. On essayait de les rassurer, mais en vain.

Nous arrivons à Clermont.

Là, nous cantonnons à  l’usine de Belle-Assise et nous restons là jusqu’au 1er septembre.

 

Le lendemain, 2 septembre, départ à 4 heures du matin : Auvilliers, Cambronne, Précy-sur-Oise, et allons cantonner à Noisy-sur-Oise.

 

Le lendemain, 3 septembre, départ 3 heures du matin. Nous passons par Asnières, Villeroy, Villers-le-Sec.

Nous cantonnons dans une grande ferme.

 

Le lendemain matin, départ 6 heures du matin.

Passons par Mareil (?), Fontenay-les-Loires ( ?), Silly-le-Long cantonnons à Marly-la-Ville dans un grand château.

Le lendemain départ à  6 heures et allons cantonner à Plailly.

 

Là nous nous préparons de nouveau à l’offensive et le lendemain, 6, nous partons à 1 heure du matin.

Passons par Lagny-le-Sec, Eve, et nous mettons en batterie.

Une vive canonnade s’engage, l’ennemi se replie à son tour. Nous avançons et passons par Silly-le-Long, Chévreville, Gueux. Là c’est encore plus terrible. Nous avons le feu pendant 9 heures entières, sans cesser un seul instant.

L’ennemi riposte vigoureusement. Nous recevons une pluie d’obus.

A 10 heures nous partons au ravitaillement à Boullaney, car nos obus sont épuisés. Nous travaillons jusqu’à 3 heures du matin au chargement, et la bataille reprend aussitôt, avec beaucoup plus d’acharnement qu’hier.

Ce n’est plus qu’un seul sourd bruit de tonnerre.

Des deux côtés nous ne voulons pas lâcher prise. Nous tenons avec un ferme courage car voilà deux jours que nous n’avons rien mangé et surtout rien bu.

Ici l’eau est très rare, il n’y a qu’un puits par village et les boches les ont tous vidés. On ne trouve donc dans les villages dévastés que quelques habitants qui n’ont pas voulu quitter leur pays.

 

Le lendemain, (7 sept., secteur de Villiers-Saint-Genest) la bataille continue avec le même acharnement.

Le Lieutenant Colonel Thomassini (TOMASINI Charles) est tué, le Commandant Lascol (LASCOLS Marie), le Lieutenant Veiss (WEISS Charles) tombent également au champ d’honneur. C’est une grande perte pour nous car ce sont de nos meilleurs officiers.

Les aéroplanes voyagent beaucoup et prennent un rôle de premier ordre tant d’un côté que de l’autre. Ils reconnaissent les positions. Mais nous ne recevons toujours pas de ravitaillement. Nous commençons à avoir le ventre creux, mais le ravitaillement en obus marche très régulièrement. Nous ne manquons pas de projectiles, ce qui est plus nécessaire en ce moment.

 

A la fin de la journée nous partons au ravitaillement. Nous laissons plusieurs officiers, sous-officiers et soldats. Nous partons faire le ravitaillement à Chèvreville, remplissons nos caissons et à midi nous recevons un peu de pain et un peu de vin, que nous faisons cuire au milieu de nos cadavres affreusement mutilés.

C’est horrible à voir et ça coupe l’appétit.

 

Le lendemain matin nous réouvrons le feu à peu près aux mêmes positions que hier sans avancer ni reculer. Le combat devient acharné et dure jusqu’à 9 heures du soir. Nous allons cantonner au même endroit que le veille.

 

Le lendemain réveil à 4 heures du matin.

Reprenons les mêmes positions que la veille et réouvrons le feu qu’à 11 heures. Nous repoussons l’infanterie allemande et restons infaillibles à leur grosse artillerie car ils amènent avec eux tout le matériel pour faire le siège de Paris.

Les aéroplanes allemands repèrent nos positions et nous canardent sans cesser un instant, mais grâce à notre bon et brave matériel de 75, nous changeons de places et ils perdent leurs obus dans nos vieilles positions sans nous faire trop de dégâts.

 

Mais le soir, les Allemands ayant eu du renfort, ouvrent un feu violent. Notre infanterie, affolée, s’enfuit de toute part (*) et nous laisse tête à tête avec l’infanterie allemande, mais nous ne perdons pas courage. Nous tenons tête à l’ennemie.

L’infanterie allemande descend une colline en colonne par 4. Une terrible canonnade s’engage. Il y a tellement de fumée que l’on a bien de la peine à respirer.

Enfin le succès vient couronner notre peine. Les allemands reculent en déroute.

(*) C'est exact : Le Journal du 42e RI indique :

" Le régiment énervé par des pertes successives, par son inaction sous un feu continu d'artillerie depuis le matin, est pris de panique, et recule sur Bouillancy, abandonnant ses officiers et surtout son colonel, aussi un grand nombre d'officiers sont-ils grièvement blessés par les Allemands qui arrivent aux tranchées et les fusillent à bout portant. "

 

 

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Le lendemain 11 septembre, départ à 6 heures du matin.

Passons Treppe (?), Ormoy-le-Davien, Vez-le-Berval.

Là on nous annonce que les allemands y étaient encore il  y une heure. Notre infanterie leur pousse la charge en faisant un certain nombre de prisonniers et ensuite nous passons par Chantilly, Largny, Villers-Cotterêts, et allons cantonner à Haramont.

Dans ce pays, comme partout ailleurs, on ne trouve rien du tout. Tout est dévasté et saccagé.

Nous couchons dans une ferme. La pluie tombe à torrents.

 

Le lendemain départ à 3 heures du matin.

Passons par Belle-Fontaines, Vivière, Pouy.

Là, l’ennemi y était 2 heures avant notre arrivée. Nous nous mettons en batterie au sortir du village et ouvrons le feu immédiatement. L’ennemi nous aperçoit, et comme souvent les obus se mettent à nous pleuvoir dessus.

Notre capitaine est blessé. Nous continuons le feu jusqu’à 9 heures du soir sous une pluie battante. Nous venons cantonner à La Vache Noire, et la pluie tombe averse.

Nous sommes trempés, traversés jusqu’à la peau et on gèle de froid, et rien pour se réchauffer, et le ravitaillement n’arrive pas.

Nous n’avons rien à manger non plus.

Nous faisons un bon feu et nous faisons sécher nos habits.

Dans le village il y avait encore des allemands qui étaient couchés, mais leur faisons la chasse et les faisons prisonniers. C’est l’endroit même où nous avons tiré toute la journée.

Nous passons à travers les soldats et chevaux ennemis tués dans le village. Nous ramassons les blessés.

C’est une des plus dures journées depuis le début de la campagne, mais une des plus victorieuses.

 

Le lendemain 13, départ à 6 heures du matin. Nous passons  Glany (?), Vic-sur-Aisne, Berny-Rivière, et nous mettons en batterie tout à côté sur un joli plateau entouré de bois et repérons l’ennemi qui nous répond de suite mais ne peut nous trouver.

Un moment plus tard nous recevons des obus qui venaient de l’arrière. Nous apprenons que c’était une batterie du 16ème de campagne qui nous tirait dessus depuis l’autre côté de l’Aisne.

On les prévient aussitôt et ils cessent leurs tirs.

Nous continuons le feu jusqu’à 8 heures du soir et allons cantonner à Vic-sur-Aisne dans une forêt.

La pluie recommence à tomber vers minuit et ne cesse pas un instant. Nous avons nos manteaux encore trempés de la veille. On les essorent quand même.

Nous allumons un peu de feu avec beaucoup de peine et on passe la nuit ainsi.

 

Le lendemain 14, nous allons prendre exactement les mêmes positions que la veille et ouvrons le feu, et brûlons des quantités de cartouches sans pouvoir les déloger car ils se sont retranchés.

L’ennemi ne tire que quelques coups de canon sans nous attraper.

Le soir nous retournons cantonner au même endroit que la veille. Nous nous couchons et impossible de s’endormir.

Le froid est vif.

 

 

 

Monument de Vic-sur-Aisne en mémoire du 54è et 47è RA (régiment de Victor RICHARD)

Situé sur la D13 entre Saint-Christophe-à-Berry et Vic-sur-Aisne, ce monument a été édifié par le 54ème R.A. vraisemblablement au cours du conflit. On peut y lire quelques mots : "1914-1915 47ème R.A. A la mémoire de ... morts pour la ... pour la ... pour la ...". Victime du temps, ce monument a heureusement été restauré par l'association "Soissonnais 14-18".

 

Le lendemain 15, départ à 4 heures et retournons prendre les mêmes positions.

L’ennemi est toujours dans les mêmes places et s’y est fortement retranché. Nous ouvrons le feu aussi nourri que les jours précédents. Le soir à 9 heures nous partons cantonner au même endroit. Comme la pluie tombe toujours nous allons au village nous mettre à l’abri dans un vaste grenier.

 

Le 16 nous allons prendre les mêmes positions et ouvrons le feu à 9 heures du matin.

L’ennemi recule et nous avançons de quelques kilomètres.

L’ennemi nous repère bien avec ses grosses pièces. Les obus tombent directement sur nous. C’est une journée terrible. Mes camarades restent sur le champ de bataille tués ou blessés. Je ne sais comment on a pu en échapper.

Le soir nous allons cantonner dans un petit village et restons sur nos cannons tout transis par le froid.

 

Le lendemain 17 nous allons prendre positions tout à côté de celles de la veille et ouvrons de nouveau le feu. L’ennemi nous bombarde. Nous ne pouvons pas le déloger  car il est dans des retranchements en toute sécurité.

Leurs gros obus nous tombent dessus toute la journée et nous avons encore des blessés.

Le soir nous allons nous cantonner à Berny-Rivière.

 

Le lendemain départ à 3 heures du matin et même manœuvre que les jours précédents.

Nous tirons et nous nous faisons tirer dessus pendant toute la journée. Nous n’avons cependant que dix blessés, car grâce à une grotte immense que nous avons découvert tout à côté de notre position de batterie, on peut se mettre à l’abri. Des milliers d’obus nous tombent dessus sans cesse.

La nuit venue nous allons cantonner à Saint-Christophe sous la pluie des obus allemands qui continue toujours à tomber sur le village derrière lequel nous sommes abrités. Chez nous aucun blessé de cette attaque.

La pluie tombe toujours à torrents.

 

Le lendemain 19, partons à 3 heures reprendre les mêmes positions. Tirons quelques coups de canon et attendons jusqu’à la ….. … une salve et allons cantonner au même endroit que la veille.

La journée a été assez tranquille, mais l’ennemi nous réservait une surprise, lorsqu’à 1 heure du matin, le 20, il nous attaque avec acharnement.

Notre infanterie subit des pertes énormes.

Nous allons prendre nos positions sous la pluie des obus prussiens qui nous font quelques victimes. Nous ouvrons un feu rapide et très violent

 Les balles de l’infanterie nous sifflent aux oreilles. L’ennemi arrive derrière une crête mais nous ne pouvons plus y tenir. Nous quittons nos positions par des chemins impraticables, rochers et trous.

Epouvantable.

Nous retournons jusqu’à Berny et y restons toute la journée.

 

Nous y cantonnons et le lendemain 21 allons prendre position dans la ferme de Confrécourt.

Là, nous trouvons de bons abris, faits par ceux qui sont passés avant nous, le 53è d’artillerie. Nous nous y reposons à l’abri des balles et de la pluie. L’ennemi sort de ses tranchées et nous tirons quelques coups de canons, et le soir nous allons cantonner à  Herse. Couchons dans un grenier et sommes bien contents.

 

Le lendemain 22 à 3 heures du matin allons reprendre les mêmes positions que la veille.

Là nous recevons ordre de tenir jusqu’au dernier plutôt que de lâcher un pouce de terrain. Nous nous mettons à creuser des tranchées et de forts retranchements devant les pièces et à nous abriter le mieux possible.

Vers 4 heures, l’ennemi nous bombarde toujours avec ses obus de 210. Nous abritons le mieux possible. Ce jour là nous ne tirons que sur l’infanterie ennemie qui se déplace un  peu.

Le soir nous cantonnons comme la veille.

 

Le lendemain 23 nous allons prendre les mêmes positions que la veille à 3 heures du matin et à 5 heures du matin nous abandonnons les positions pour les laisser au 28è d’artillerie.

Nous passons par Berny-Rivière.

Là nous arrêtons jusqu’à la baisse de la nuit, dans un chemin creux à l’abri des balles.

Nous partons cantonner encore à Harse (?), et le lendemain 24, départ à 3 heures du matin.

Nous faisons quelques mouvements d’avance et de recul pour éviter les obus et nous allons prendre position à droite du village sous une pluie d’obus qui tombe sur notre emplacement.

Nous nous mettons en batterie et ouvrons le feu immédiatement. Nous nous mettons à l’abri tant bien que mal. Un caisson saute sans toucher personne.

Nous continuons jusqu’à la nuit et allons cantonner à Vic-sur-Aisne, l’ennemi ayant bombardé toutes nos positions de cantonnement. Cependant nous avons peur que cela recommence dans la nuit. Nous arrivons à 11 heures du soir et à minuit exactement, nos grosses pièces se font entendre tout de même, en tirant une centaine de coups qui font trembler la terre, pour bombarder un village où l’ennemi s’est retiré  pour la nuit.

 

Le lendemain 25, départ à 2 heures du matin pour reprendre les mêmes positions que la veille.

Aussitôt que nous pouvons pointer nos pièces sur les étoiles nous ouvrons le feu. L’ennemi semble avoir un peu moins de grosse artillerie et reste calme. Nous tirons toujours.

Les avions allemands viennent nous repérer, mais malgré cela les obus tombent toujours sur nous.

 

(...)

 


Campagne janvier 1915

Nous sommes cantonnés à Billy-sur-Ourcq et nous couchons le soir.

Le lendemain départ, nous allons vers (illisible).

Le 6 nous sommes cantonnés à la ferme d’Epitaphe.

Le soir départ à 6 heures et allons coucher à la ferme du Pavillon, et le lendemain, le 7, allons nous mettre en batterie à 400 mètres de la ferme.

Il fait froid et il pleut beaucoup.

Le soir nous retournons coucher à la ferme du Pavillon et je trouve des amis de Maîche et de Chaumonvilliers et des environs. Il y a le neuvième d’artillerie lourde 13s et le 32ème territorial d’artillerie 2s.

 

Le lendemain 8, nous retournons à nos pièces.

Nous pouvons acheter quelques provisions à Acy-le-Bas. C’est un duel continuel d’artillerie. Nos grosses pièces se font entendre. On aperçoit de notre position le fort de Condé qui est aux boches mais qui a été rendu inhabitable à notre départ.

Nous tirons dessus tous les jours.

On voit aussi la ville de Soissons et ses belles cathédrales, mais tout est déjà bien démoli. On aperçoit aussi Sainte-Marguerite.

Le soir, même manœuvre.

 

Le matin à 6 heures nous retournons à nos pièces. Il y a tellement de boue. On a bien de la peine à bouger nos pièces.

Le soir même manœuvre.

Le matin nous retournons à nos pièces. Nous apprenons le résultat de nos tirs d’hier, qui ont été excellents.

 

Le 11, même manœuvre.

Il pleut, il fait toujours bien froid. Le canon gronde toujours au loin.

 

Le 12 je suis de garde, il ne pleut pas.

 

Le 13, 14, 15, même manœuvre.

Toujours le mauvais temps.

 

Le 16 nous retournons à nos pièces.

Il fait un vent violent. Un avion français est obligé d’atterrir tout à côté de notre position à 200 mètres. Il est immédiatement bombardé par les 77 qui éclatent tout à côté de nous.

Il y passe la nuit et le lendemain 18, il prend son vol pour rentrer au camp d’aviation.

En sortant de nos abris le matin, tout est blanc de neige.

Le temps est beau, la journée est tranquille.

 

Le 19, 20, même manœuvre.

On travaille toute la journée à faire des abris.

 

Les 21, 22, 23, 24, 25, même manœuvre.

Le soir j’apprends la naissance de ma petite nièce. Le soir nous couchons sur la position.

 

Le 26, 27, 28, même manœuvre.

Il fait beau temps. Les avions voyagent beaucoup.

 

Le 29, 30, 31, le 1er février, il faut beau temps.

On tire très peu. Les alouettes chantent.

 

Février 1915

Le 2,3,4,5, journées calme.

Je vais travailler à 400 mètres des boches à faire un poste d’observation.

Sur les bords de l’Aisne on aperçoit Ste-Marguerite et Missy .

 

Le 2 même manœuvre.

Le 2 le soir, départ vers 7 heures du soir, qui a été très mouvementé.

Nous passons par des chemins impraticables. Il fait une nuit très noir et il pleut.

Nous passons sur le bord d’un fossé. L’avant-train et les attelages versent en bas de la crête, les chevaux passent les uns par dessus les autres et les conducteurs sont projetés les à 5 ou 6 mètres.

Pas de blessures.

On fait quelques mètres et il arrive un accident déplorable. Le maître pointeur E. Piurd ( ?) qui dans des mauvais chemins est tombé sous la roue du canon a la moitié de la figure emportée.

Nous quittons la ferme du Pavillon, passons par Serches, et arrivons à la ferme du Servenais.

Le soir, il faut mauvais temps, il pleut beaucoup. Nous couchons à la ferme.

 

Le 9, départ de la ferme à 5 heures du matin.

Passons par Grand-Rozoy, Hartennes, Chaudun et allons cantonner dans une ferme.

Le soir départ à 11 heures, passons par Emblémy (?), Fontenay (?), Saint-Pierre-Aigle et Berny-Rivière et venons prendre position tout à côté de celle que nous avons occupé pendant trois jours.

On se couche à 5 heures et ½ du matin jusqu’à 2 heures.

 

Le 10, on passe toute la journée à nettoyer les abris laissés par le 6ème et le 36ème d’artillerie, que nous avons relevée le soir.

Nous couchons sur la position le 11.

Nous recommençons nos tirs à notre vieille position (la côte 138). On tire quelques salves et les 77 tombent  autour de nous. Le soir, je suis de garde. Je vais coucher au poste d’observation.

Nous tirons toute la nuit  une salve de ¼ d’heure en ¼ d’heure.

 

Le 12, 13, 14, 15, 16, 17, journées très calmes.

On tire très peu.

 

Le 18, 19, 20, je passe téléphoniste.

Je suis seul dans une grotte.

 

Le 21, il fait beau temps. Le 22 et jusqu’au 3 mars, même manœuvre. Tous les jours réveil à 6 heures. On tire sur les avions boches qui essaient de franchir nos lignes.

 

Le 4,5,6, même manœuvre.

 

Le 7 dimanche, messe à la grotte par M. l’aumônier de Besançon M Payon.

Je ne peux y aller.

 

Le 8, 9, 10, même manœuvre.

 

Le 11, journée marquée par les blessures de nos meilleurs généraux Maunoury et De Villaret, blessés en 1ère ligne à 30 mètres des boches.

 

Le 12, même manœuvre. Il fait un temps superbe. Je rencontre un ami de Maîche, Bouhélier du 39ème.

 

Les 13, 14, 15, quelques fusillades de temps en temps.

 

Les 16, 17, 18, 19, même manœuvre.

On se passe le temps à la confection des bagues et souvenirs boches en aluminium.

 

Le 20, journée superbe.

Les avions voyagent beaucoup, règlent le tir de l’artillerie lourde et rapportent de précieux renseignements. Les avions boches essaient de franchir nos lignes. On les laisse pas passer.

 

Le 21, 22, journée calme. Le soir on est éveillé en sursaut.

 

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Un zeppelin venait nous rendre visite. On fait des fossés pour tirer avec toutes les pièces.

Il pleut un peu.

 

Le 23, même manœuvre.

 

Le 24, journée marquée par la visite du général Dubois commandant provisoirement la 6ème armée.

On reçoit quelques obus boches.

 

Le 25, journée calme.

Le matin, messe à la grotte par M. L’aumônier Militaire de Besançon, Mgr Payen.

 

Les 26, 27, 28, 29, journées particulièrement calmes.

 

Le 30 matin, deux aviatick sont descendus. L’un vers Soissons. Et à 14 heures on apprend que le général allemand Von Kluck  qui commandait l’armée qui est devant nous est blessé par un éclat de notre 75.

 

Les 1, 2 avril, journée calme.

 

Le 3 au matin des boches commencent un bombardement.

Nous envoient 90 obus de 150 mm sans faire de mal. Nous n’avons que deux blessés aux batteries de 120 longs qui sont à côté de nous.

A 12 heures, exercice de départ (…illisible ndr).

Prêts à partir.

On reste sur la position (côte 138).

 

Il pleut un peu le 4, jour de pâques.

Journée particulièrement calme. Le matin je vais à la messe et ensuite je fais mes pâques. Ce jour là nous sommes très bien soignés à la batterie et le soir on prend une formidable cuite et je suis de garde. Il fait mauvais temps.

Il pleut à verse.

 

Le 5 un avion boche est descendu par Pégout tout près de notre position.

Les aviateurs sont sains et saufs et sont faits prisonniers.

 

Les 6, 7, 8, 9, journée calme.

On passe de belles journées à la fabrication des bagues. Je suis toujours au téléphone.

 

Le 11, 12, 13, 14, 15. Journée calme. Le soir j’ai failli être écrasé par un obus de (… illisible) qui tombe en plein sur ma baraque. Heureusement qu’elle est solide. Il fait un temps superbe.

 

Le 16 je me fais photographier par un sous-off. du 120.

 

les, 17, 18, 19, 20, journées calme.

On lave ses effets pour les rendre. On est habillé tout en velours de toutes couleurs.

Il fait beau temps.

 

Le 21, journée marquée par quelques obus de ( … illisible) qui tombent sur notre position.

Un homme de la 3ème batterie, un nommé Charlet est blessé légèrement au pied gauche.

 

Le 22, 23, 24, 25, 26, journée calme. Un homme de la 3ème batterie est blessé par un 77.

Les avions voyagent beaucoup. Il fait un temps superbe.

 

Le 27, 28, 29, 30, même manœuvre.

 

Du 1er Mai au 18, nous faisons toujours la même manœuvre.

Nous tirons peu. Je suis toujours au téléphone.

Nous passons de belles journées par un temps superbe. On travaille à la construction des abris et des baraquements.

 

Du 19 au 24, même manœuvre.

 

Le 24 au matin nous apprenons la déclaration de guerre de l’Italie aux austro-allemands , qui nous fait beaucoup plaisir.

 

Du 25 au 1er Juin, même manœuvre.

Nous sommes toujours bien tranquilles sur notre position (côte 138)

 

Le 3, 4, 5, même manœuvre. Nous apprenons la perte de (…illisible) par les russes. On travaille à faire de nouvelles positions de batterie, il fait un temps superbe

 

Le 6, réveil à 2 heures du matin, grand bombardement qui bouleverse les tranchées.

On voit parfois les hommes volés en l’air sous les obus de 199 mm.

 

On tire environ 100 coups.

 

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Campagne 1918

Carnet précédent, début 1918, perdu

 

Le 10 juillet, je suis de retour de perm. Je retrouve le groupe à la même place …. (illisible) bien tranquille.

On attend une attaque boche.

 

Le 11 au soir allons prendre position pour un coup de main à Louvrechy. Le coup de main marche très bien.

500 prisonniers restent entre nos mains.

 

Le 13, départ à 2 heures du matin et venons cantonner (illisible).

Nous passons la journée.

 

Le 14, départ à 6 heures pour aller embarquer à Conti (Somme) et débarquons à Fère-Champenoise (Aube). Faisons 20 km d’étapes et allons cantonner à Bergères-Les-Vertus.

 

Le 15 départ à 1 heure du matin.

 

Le 16, cantonnons à Grossons et venons pour prendre position aux environ de Romilly (?). Là on établit le PC dans une cave où nous sommes à l’abri des marmites.

 

Le 19 juillet, attaque par notre infanterie qui avance de 1200 mètres sans trop de pertes.

 

Le 20, grande attaque par plusieurs divisions d’infanterie anglaises.

Nous avançons de 9 km.

Dans la matinée nous attendons notre départ en avant.

A 8 heures, départ pour aller établir notre PC à Cormoyeux où nous passons plusieurs journées dans une cave bien à l’abri.

 

Le 27 au matin départ à 8 heures.

Avançons de quelques kilomètres et nous nous établissons à 500 mètres de (illisible).

Nous y restons jusqu’au 2 août.

 

Départ en avant à 14 heures et venons prendre position aux carrières de Ville-en-Tardenois.

Passons une nuit et le lendemain, départ en avant. Faisons quelques rues.

Traversons quelques villages reconquis et venons prendre position à côté du village de Treslon. Tout pendant le parcours, on rencontre que des cadavres d’hommes et de chevaux boches en putréfaction, qui dégagent une mauvaise odeur par ces fortes chaleurs. 

Nous passons plusieurs jours en plein champ sous la pluie et les obus.

 

Le 8 nous sommes relevés.

Passons une journée aux échelons et arrivons le 10 cantonner à Vanteuil (Marne). Nous passons plusieurs journées au milieu des civils qui rentrent retrouver leurs ruines.

 

Le 20 au matin, départ et venons cantonner pour une journée à la Chapelle sous Orbais ( ?).

 

Le 21 à 0 heures départ.

Faisons 15 km et allons cantonner à Bergère-sous-Montmerail. Là nous passons plusieurs journées tranquilles.

 

Le 23 départ. Allons cantonner à Morsains (Marne). Là nous faisons des manœuvres pendant quelques jours.

 

Le 9 septembre départ et allons cantonner à Monternot (Marne).

 

Le 12 départ, et faisons étape.

 

Le 13 au soir arrivons pour prendre position à 200m de Fismes (Aisne) pour faire une attaque qui échoue.

 

Le ( ??) sommes relevés.

 

Le 16 septembre passons la journée et allons cantonner (illisible).

 

Le 17, départ à 1 heure du matin et arrivons cantonner à Romery (Marne).

 

Départ à 13 heures le 18 et venons cantonner près de Pertus (illisible).

 

Le 19 septembre, départ à 3 heures et venons cantonner à Francheville.

 

Le 21, départ à 2 heures et venons cantonner à (...) (Marne).

 

Le 23, départ à 17 heures.

Faisons 20 km et venons cantonner au milieu des champs à 800m de Croix-en-Champagne.

Là nous passons la journée, et le soir à la brume.

Faisons 18 km et prenons position d’attaque aux environs d’Hurlus (Champagne).

Passons la journée du 28 septembre, et le 29 à 23 heures se déclenche la préparation d’attaque qui dure 6 heures.

 

A 5 heures, le 26, nos fantassins sortent des lignes, soutenus par un fort barrage roulant.

Ils enlèvent les premières crêtes sans pertes.

A 8 heures, nos batteries se portent en avant. Prenons position vers Hurlus.

 

Passons la journée le 27 septembre. Partons encore en avant et prenons position à 200 mètres des ruines du village de Tahure reconquis.

Passons la journée dans la boue et la flotte qui tombe.

 

Restons la journée du 28 et 29.

 

Le 30, avançons de 2 km.

 

Le 1 et 2,3, restons à nos positions en avant de la voie ferrée (ravin des chasseurs).

 

Le 4 au soir allons prendre position au bois du singe en avant du village de (illisible).

 

Le 9 octobre à minuit sommes relevés de notre tir.

Partons et faisons 20 km et nous cantonnons près de Hans au camp Chaussoy-en-Champagne.

Là, nous passons plusieurs journées au repos.

 

Le 11, départ, faisons étape et cantonnons à (illisible).

 

Le 12, départ faisons étape et venons cantonner à (illisible) – les dames.

 

Le 14, faisons de nouveau étape et venons cantonner à Songry.

 

Là, je prends la grippe et le 14 je suis évacué sur Vitry-le-François.

 

 

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