Carnet de route de Georges SIBERT du 99e infanterie 28e Cie

Puis au 415e RI (03/10/1915)

 

 

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Transmis par Bénédicte, l’épouse de son arrière petit-fils

Merci à elle

 

 

 

Quelques passages du carnet :

26/3/1915 : Après un examen d’une ½ minute les majors sont d’accord de me maintenir dans le service armé comme inapte

01/05/1915 : je passe la visite mensuelle des inaptes. Le major dit «  a le cœur solide, reconnu apte ! » Je vais donc recommencer le fourbi ; mais quelle idiotie dans l’armée, d’après les uns « tu es malade », les autres « très bien portant ce garçon ! » Pourtant l’un des deux camps est peuplé par des imbéciles.

20/08/1915 : En arrivant j’apprends que l’on demande des volontaires pour les Dardanelles. Je me fais inscrire, j’ai toujours eu envie d’y aller !

23/09/1915 : Soir attaque des tranchées par vagues à des coups de sifflet, des hommes désignés d’avance doivent tomber, j’en suis et je fais le mort. Ce n’est pas trop fatigant !

13/05/1916 :….Des cadavres sont étendus un peu partout, une tête, un bras manquent. Vision d’épouvante ! Dans le Ravin de la Mort quelques obus tombent sans nous faire de mal, nous passons et nous arrivons enfin. Je suis dans un abri, fait par quelques traverses de chemin de fer appuyées contre une muraille, avec Valery. Nous ne pouvons aller en ligne, on ne peut y rester. Je dors.

 

Mon journal

Guerre 1914 – 1915 – 1916

 

 

Année 1914

Lyon, Bollène

 

 

 

 

 

Du 15.12.14 au 22.12.14

Départ de Lyon à 10 h, après adieux à toute la famille. Je ne suis pas trop triste, je n’ai jamais quitté les miens pour longtemps, je ne sais pas ce que c’est ! J’ai un affreux mal de gorge qui m’empêche de fumer et je m’ennuie. Je suis avec deux Lyonnais, camarades de Michel.

J’arrive à Vienne à 11 h 40. Nous sommes attendus.

Un sergent prend livraison des arrivants et les dirige sur la caserne. Là je passe dans un bureau, demande de renseignements divers, affectation compagnie, escouade.

A 2 heures je touche effets et équipement ; jusqu’à 5 heures je couds les boutons de ma capote (il n’y en avait pas un seul). Je goûte un peu de soupe, mangeable, et je sors en ville, j’écris impressions d’arrivée, je vais au café.

Je connais déjà Vienne y étant venu plusieurs fois à bicyclette. Les journées des 16, 17, 18 et 19 sont employées aux exercices de début « marche au pas, à droite, à gauche, demi – tour etc. … »

 

Le 20, dimanche

Lucie et Michel viennent me voir.

Nous nous promenons, nous dînons en ville et je les accompagne à la gare à 6h du soir. Après je vais voir un ami à mon oncle, le sergent Jacquemont, je le trouve, il m’offre le café et m’invite à dîner avec lui un de ces jours. J’accepte.

 

 

Les journées des 21 et 22 sont remplies par l’exercice précédent. Je ne m’ennuie pas trop à la caserne, le métier ne me déplaît pas, ça peut aller. Le soir nous rions, nous chantons chacun notre petite chanson, on ne s’en fait pas trop et nous sommes loin de penser qu’il faudra marcher au feu un jour ! Nous avons rencontré ici des « anciens » bons et serviables.

23.12.14

Départ de Vienne (Je n’irai pas dîner avec M. Jacquemont !) et arrivée à Bollène (Vaucluse) à 6h du soir. Il y a beaucoup de boue et nous sommes obligés de faire 4 Km à pied avec un sac terriblement lourd, plein de nécessaire et de beaucoup de superflu. Nous arrivons à Bollène enfin à 8 h environ. Je suis vanné. Nous occupons à 5 ou 6 une chambre avec un peu de paille, je mange un peu et je me couche.

Du 24 au 31 décembre 1914 

Nous continuons ici l’exercice de début. Je change plusieurs fois de cantonnements, presque tous les 8 jours ! Ecurie, jolie chambre de maison, ancienne usine, grange ! Tout y passe.

Nous avons repos pour la Noël. J’en profite pour écrire force lettres et cartes. Bollène est une petite ville de 3000 âmes environ, assez gentil ce pays, mais le mistral y souffle terriblement et lorsque nous sommes à l’exercice il nous transperce malgré une quantité d’habits dont nous nous couvrons.

 

 

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