Lambert BOUQUET (né 1732, mort
21/02/1760 à Brest)
Au cours de recherches généalogiques ,nous découvrons dans
l’acte de mariage de BOUQUET Marie Joseph le 10/04/1782 à Violaines (Pas de
Calais) que son père Lambert
BOUQUET est décédé à
Brest le 21/02/1760.
Etrange !! Car la très grande majorité de mes ancêtres
sont sur le Nord-Pas de Calais.
Etait il marin ? à Brest ?
Non pas du tout ,après quelques questions à certaines
personnes des archives départementales à Arras (62),une piste nous est
donnée : il était peut être mort
au bagne de Brest
Après s’être rendu aux archives de la marine de Brest, nous retrouvons la trace de Lambert sur le registre d’entrée du bagne de Brest :
Inscrit à la matricule du bagne de Brest le 12 juin 1759 avec 16 autres " nordistes " faisant partie de la chaîne de Paris arrivée à Brest le 6 juin 1759 et composée de 414 hommes, " non compris six morts en route, un évadé et un détaché de la dîte chaîne sur ordre du Roy " et provenant des prisons de Paris (109 hommes sur les 414) où se faisait le regroupement pour le nord et l'est de la France.
A titre
d'exemple, dans la même chaîne :
Jean
FERRAND, âgé de 46 ans, natif de Charpes, condamné à Beauvais à 3 ans pour
avoir mendié avec insolence et violence
Jean ROSSIGNOL, 32 ans, de Marcilly, condamné à vie pour insultes et voyes de fait et menaces les plus effrayantes au sieur Dery
Claude DULAIH, 44 ans, de Chalon, condamné à 5 ans pour vol
chez un tisserand
Jean LAGNIER, âgé de 39 ans, né à Montdidier, département de
la Somme, exprès de la Ferté-le-Gauché, département de la Seine et Marne, y
demeurant, condamné au bagne à le 2 décembre 1757, comme complice d'une
conspiration à Coulommiers, même département.
Damien LAMOUREUX, domicilié à Vatène, département de la
Loire Inférieure, condamné à 10 ans par la commission militaire de Nantes,
comme brigand de la Vendée
Donc ,voici l’acte d’entrée au bagne :
Lambert
BOUQUET :
Matricule 11834 (matricule de 1748 - 3735+ matricule de 1760)
Fils de Jacques Alexandre et de Marie Flore Capou, marié à Marie
Catherine Véquat, sans métier
Natif de Givenchy, diocèse d'Arras, âgé de 27 ans
Taille de 4 pieds 11 pouces, C[sait ?] signer
Cheveux et sourcils châtain, barbe rousse, visage ovale légèrement
marqué de petite vérole, les yeux bleus, le nez long ,aquilain et pointu,
marqué des lettres GAL
Condamné à Arras par arrêt du
conseil provincial d'Artois le 23 mars 1759 pour voyes de fait et coups de
couteaux
à Vie
Source
Service Historique de la Marine Brest
En marge :mort le 21 février 1760
Evidemment l’étape suivante était d’essayer de dénicher le pourquoi de son inculpation et son jugement à Arras.
il a donc été jugé par le Conseil provincial d'Artois
d'Arras comme c'est indiqué sur son entrée au bagne
ces archives là existent aussi
Les archives du Conseil provincial d'Artois sont sous la cote
1B au centre Mahot d'Artois de Dainville.
400 des 797 articles qui le composaient ont été détruits en 14-18.
Pour 1759, il reste quelques articles …
Le classement de ces archives est fait en fonction du type du sujet.
Après y avoir jeté un oeil : rien dans l'inventaire (fait
avant la destruction) du fond ne donne une condamnation en 1759.
Lors d'un prochain passage, je demande à un archiviste (bien plus compétent que
moi).
L'archiviste - compétent - que j'y ai rencontré, m'a confirmé la destruction
des archives de 1759 pour ce type de jugement....
Pas de chance…On ne peut pas toujours gagner..Dommage…
Voici
un croquis à la mine de plomb de la salle des galériens à Brest

Auteur Non identifié
Titre Salle des galériens à Brest
Publication [19e siècle]
Description Dessin à la mine de plomb ;
25,6 x 39 cm
Notes Au verso, croquis divers à la plume
et encre brune, et à la mine de plomb
Cote : BNF Richelieu Estampes et photographie
Rés. Ve-26l-Fol.
Destailleur Province, t. 7 , n. 1589 . microfilm A031746 recto . microfilm
A031747 verso . cliché 84C122997 recto
Genre audiovisuel Vues d'intérieur -- 19e
siècle
Identifiant 07741591
Comment
est-il mort ?
Condamné
à Arras le 23 mars 1759 au bagne, arrivé au bagne le 6 juin, inscrit au
registre le 12, il y décède le 21 février 1760, 7 mois plus tard.
Avec
environ 2 mois et demi de voyage à pied d’Arras à Brest (en passant par Paris),
il serait mort 8 mois après son entrée au bagne.
Généralement,
ils étaient envoyés aux galères assez rapidement mais……
En
septembre 1748, le roi ordonna la dissolution du corps des galères qui fut
intégré à la marine royale. Il fallu alors ouvrir des bagnes et des travaux
forcés sédentaires.
De
galériens, les condamnés devinrent bagnards, mais ils ne quittèrent pas le
milieu naval. Les arsenaux manquant de bras, on les employa aux manoeuvres de
force : manutentions de lourdes pièces de bois, d'ancres, de chaînes,
d'espars... Pour loger les forçats à proximité de leur lieu de travail, on
construisit des prisons qu'on appela bagnes. Ce terme d'origine italienne
désignait dans tous le Proche-Orient les prisons d'esclaves.
Le bagne de Brest fut construit en 1752 par Choquet de Lindu, l'architecte
de l'arsenal de Brest. Les bagnards, à partir de cette date remplacent les
galériens. En effet, tout au long du 18ème siècle la marine fait sa révolution
technologique et n'a plus besoin de rameurs. Cette main d’œuvre gratuite que
sont les condamnés est donc employée à d'autres tâches : l'extension des
arsenaux à moindre frais et surtout la construction du canal reliant Nantes à
Brest, avec comme « point d’orgue » le percement d’une colline près
de Brest où moururent environ 5000 bagnards entre 1755 et 1760
Peut être que Lambert BOUQUET fait parti de ces 5000…….
En 1755, on était
condamné au bagne à vie " pour s'être endormi étant en sentinelle,
pour vol d'une vache en pâture pendant la nuit, pour vol de tronc dans une
église, pour vie errante, vagabonde et scandaleuse " ; à 9 ans,
" pour vol d'herbage dans les champs " ; à 6 ans,
" pour séduction de jeunes filles. "
A son arrivée, le forçat est dépouillé de ses vêtements, lesquels sont immédiatement brûlés afin d’éliminer tout risque de maladie. Ensuite, il est lavé, rasé, tondu. Il reçoit alors un paquetage de vêtements. Ce paquetage varie au cours du siècle.
En 1806, il se compose d’une casaque de laine, de deux chemises, de deux caleçons de toile, d’une vareuse de toile, d’un bonnet de laine, d’une paire de bas et d’une paire de souliers.
Après avoir reçu son paquetage, le forçat reçoit un numéro
de matricule, porté également sur ses vêtements. Celui-ci permet
l’identification du bagnard.
Ensuite, le forçat est enchaîné à un forçat plus ancien, avec qui il doit
rester attaché au moins trois ans.
Les couples
enchaînés hantaient l'arsenal et ses abords, et menaient leurs travaux jusqu'au
cœur de la ville. A la couleur de leur bonnet, on pouvait repérer la durée de
leur peine.
Le
premier bagne français fut créé à Toulon en 1748. Brest suivit en 1750. En 1768
on inaugura celui de Rochefort, puis celui du Havre, de Cherbourg, de Lorient
et de Nice qui fermèrent leurs portes à la Révolution. En 1830 fut créé un
véritable corps de garde-chiourme. Cette appellation venait de l'ancienne
chiourme des galères dont la population des bagnes était issue.
Les
nouvelles activités des forçats exigeaient quelques degrés de liberté de plus
que sur un banc de galère : les bagnards, réunis deux par deux, traînaient un
boulet comme le voit sur nombre d'illustrations. Malgré une discipline
rigoureuse le régime n'était qu'un demi enfer vis-à-vis de celui qui régnait
sur les galères. Les bagnards, au contraire des galériens, ne travaillaient
jamais nus et dormaient à l'abri des intempéries. Leur ration, en amélioration
constante depuis le règne de Louis XVI, comportait 900g de pain, 120g de
légumes secs, 5g d'huile d'olive, soit un régime pour travailleurs de force. En
décembre 1836, chaînes et boulets furent supprimés.
Des
remises de peine étaient accordées à ceux qui, en prenant des risques,
accomplissaient certaines tâches périlleuses. Il était d'usage, en particulier,
de confier l'enlèvement de la dernière cale retenant le navire sur sa rampe de
lancement à un condamné. S'il n'était pas assez rapide pour se réfugier dans le
trou d'évitement, il était broyé. S'il réussissait, il était gracié.
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Nous ne retrouverons jamais son acte de décès !
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art.27 du code
royal pénal (1750) |
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art 20 |
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art 22 |
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Et oui, il a fait le « spectacle » sur la
place d'Arras !! |
Lambert a eu 5 enfants ; dont 3 se marièrent et eurent une progéniture.
Actuellement, je connais 3 autres cousins descendants de ce Lambert :
BOUQUET Philippe : son site
WACRENIER Dominique
LECOMTE Jean Luc