du 319ème
régiment d’infanterie (avril 1915)
puis au 115ème
régiment d’artillerie lourde (sept. 1916)
puis 2ème
régiment d’artillerie coloniale (oct. 1916)
Publication : août 2007
Mise à jour : Janvier 2026
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une erreur ou l’ajout d’un détail
Gaston LEGALLET
devant son poste téléphonique à Gjengjeli (Orient),
fin 1916
Jean nous dit en juin 2004 :
« Bonjour, mon père
Gaston LEGALLET est décédé en 1935 et j'ai retrouvé récemment un carnet de
notes de sa main : Campagne 1915 1916 - Campagne d'orient 1, 2 et3. Le
voulez-vous ?
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cette date.
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Merci à Jean LEGALLET pour
le carnet de son père.
Merci à Thierry GIBOIRE
pour la recopie des feuillets.
Merci à Philippe S. pour
les corrections éventuelles et certaines recherches.
Nous avons ajouté du texte en bleu pour la compréhension de certains termes et pour aller « plus loin » dans l’analyse du récit. Pour une meilleure lecture, j’ai volontairement ajouté des chapitres, sinon le reste est exactement conforme à l’original. Les noms de villages ont été corrigés.
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Gaston Raymond LEGALLET est né à Heurteauville (Seine-Maritime) en novembre 1893. En 1913, il est employé de bureau. Son départ au service militaire, prévu en 1913, est différé 2 fois. Il est finalement incorporé en décembre 1914 au 119e régiment d’infanterie, où il fait son instruction jusqu’en avril 1915.
À cette date, il rejoint le 319ème régiment d’infanterie, la réserve du 119ème régiment d’infanterie.
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Départ de Lisieux, passé par Mantes, Achères, Creil, revenu sur Beauvais, débarque à Prouzel (*) à 6 h le soir.
(*) : Petit village au sud-ouest d’Amiens (80)
Rejoint le 319e. (*)
Passé à la 19e compagnie.
(*) : Le 319e RI est stationné à Sains-en-Amiénois.
Exercice, revue.
Marche 20 km, passage et bombardement par avion.
Départ de Sains. Passé par Saleux, Amiens, Doullens et catonne à Milly (bouffé un canard).
Repos.
Lancement de grenades.
Exercices.
Marche.
Repos.
Parti de Milly à 10h45, couché à Barly.
Arrivé à Fosseux à 6h le matin.
Marche. Passé à Hauteville.
Demande par les officiers de l’or. (*)
(*) : C’est le début des demandes d’or. L’appel sera
officiel le 2 juillet 1915. Il convie les Français à verser leur or pour
concourir à la défense nationale. « L’or
est indispensable pour acheter des munitions », disent les affiches…
Revue par le colonel.
Marche vive - Canonnade coté d’Arras. (*)
(*) : C’est le début de la grande offensive française en
Artois.
Pris la garde.
Forte canonnade sur Arras. Avons gagné 5 kilomètres. La canonnade a duré de 8h du soir jusqu’à 3 h sans arrêt.
Bu une bouteille de champagne avec LAMY, LENFANT, et LEBOURG.
Départ pour les tranchées couché à ….
Arrivé à Maroeuil à 8 h.
A la Targette, blessé 3h1/2. (*)
Pris le train à Aubigny passé à Saint-Pol, Amiens, Paris, Orléans, Blois, Amboise, Tours.
Arrivé le 13 mai à Saumur à 6h le soir.
(*) : Sa fiche matriculaire indique : « Blessé le 12 mai 1915 à
Neuville-Saint-Vaast, plaies multiples par éclats d’obus »

Extrait du JMO
du 319e RI.
On y retrouve
Gaston LEGALLET parmi les pertes du 12 mai (70 tués, 509 blessés et 76
disparus).
Hôpital cours Dacrier. Saumur.
Hôpital
« Le Cours Dacrier » à Saumur (48 - Juillet
1915
Hôpital dépôt des convalescents. Saumur.
Hôpital, 52 place Delpeau. Tours.
Convalescence 7 jours.
119e de Lisieux, 28e compagnie.
27e compagnie.
28e compagnie.
29e compagnie.
Hôpital mixte de Lisieux.
319e d’infanterie. 26e compagnie.
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Il semble manquer quelques pages.
Sa fiche matriculaire indique : « Proposé pour changement d’arme (artillerie) par la commission de réforme de Lisieux du 10 juillet 1916 pour cicatrice adhérente à la partie antérieure de la cuisse gauche ».
Il passe donc au 43e régiment d’artillerie le 15 juillet 1916. Puis au 115e régiment d’artillerie lourde le 15 septembre 1916 et enfin au 2e régiment colonial en octobre 1916.
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Résumé
rapide
Embarqué à Marseille le 30 septembre 1916 sur le transport Odessa, devons embarqué sur la galère.
Passé par l’Italie fait escale à Naples.
Arrivé à Salonique le 9 octobre à 8h 1/2, débarqué vers 21 h soir.
Dirigé ensuite sur le dépôt du 115ème artillerie lourde, y suis resté jusqu’au 7.
À cette date parti en renfort pour le 2e artillerie colonial qui est en position à Ratès, face au lac Doiran.
Avons débarqué à Kilindir ou nous avons été salués par les boches qui ont envoyé une dégelée d’obus ; par bonheur, ils étaient long de 50 mètres.
Le soir à 6 heures, passé par Alençon, Argentan.
Entre ces deux villes, j’ai eu le bonheur de faire le voyage avec mon oncle que j’avais laissé le matin à Caen.
Arrivé au Mans à 24 heures, couché dans une salle réservée aux militaires.
Passé par Tours où il y a eu un arrêt de 2 heures, couché le soir à Saincaize.
Passé par les localités suivantes : Moulins, Bessay, La Ferté Hauterive, Varennes-sur-Allier, Créchy, St Germain-les- Fossés, St Rémy , Vendat, Gannat, Aigueperse, Aubiat, Riom, Gerzat.
Changé de train à Clermont-Ferrand.
Passé Issoire, le Saut-du-Loup, Arvant, Brioude, Paulhaguet, Langeac où nous sommes descendus à 5h30.
J’ai couché chez M. PERRIN, mécanicien sur le PLM. (*)
Très bien reçu avec un bon dîner et un bon plumard.
(*) : Le train
Paris-Lyon-Marseille.
Passé par Langogne, traversé la chaîne des Cévennes : grandes montagnes L’aspect de ces sites est très joli ; nombreux sont les …( ?)…. Au fond de ces montagnes ou coulent de forts torrents, dont la vue m’a paru grandioses ; arrêt à Alès 2 heures et enfin arrivé à Nîmes le 16 à 2 heures, très fatigué mais enchanté du voyage
Été au dépôt de la glacière où est en formation l’armée destiné pour l ‘Orient
La ville est belle, y suis resté du 16 au 27.
Passé à Manduel, Redessan, Beaucaire, arrêt à Tarascon ou avons trouvé du pinard. Passé à Les Ségonnaux, Arles, Miramas, St Chamas, L’Estaque.
Arrivé à Marseille le 28 à 2 heures matin. Couché dans un baraquement.
Réveil à 7h30, pour aller dans le fort St Jean où nous avons bu le jus, reçu par un biston qui n’a rien de commode. Il nous a fait déménager de là-dedans à toute vitesse.
Nous avons été ensuite à Park Américan où étaient très bien.
Embarquement sur le transport ‘’Odessa‘’ et le bateau lève l‘ancre à 6 heures soir en même temps que le ‘’Gallia‘’. Au sortir du port, il y a un peu de tangage qui s ‘apaise un peu au large
Parti en même temps que le Gallia qui a été coulé peu après.
La nuit se passe très bien et bien dormi
Levé de bonne heure, bu le jus qui est superbe, et je monte sur le pont, la mer est belle. De loin, nous découvrons la côte d’azur, aperçu de loin la principauté de Monaco, Gênes.
La soupe est très bonne et en quantité suffisante, couchée à 8h15 bonne nuit.
La mer est un peu agitée après, nous côtoyons les côtes d’Italie, apercevons le Vésuve qui est en action, vu aussi de fort jolies villes et à 7 h, nous rentrons dans le port de Naples.
Levé à 6h monté sur le pont. Vue très belle du port et de la ville. Le bateau se met en place pour charger des patates. De près, nous voyons le Vésuve en éruption ; nous avons la permission de descendre en ville et dont je profite en compagnie de Carré…
La ville est jolie et les habitants ont peurs. Bouffé du macaroni.
Rentré à 2h
Le chargement s’effectue.
Le chargement est terminé à midi et l’on s’apprête à partir, ce qui arrive à 2 h.
Mer calme, rien de particulier.
Lever à 7 h, le bateau est arrêté devant un petit pays dont je n’ai pu savoir le nom (je crois que c’est Nilos)
Arrêt de deux heures et continuation du trajet, mer calme, à 11 h aperçu un navire hôpital anglais.
À 3h,
nous ne voyons plus que le ciel et la mer qui est un peu agitée. Suis resté à
prendre la fraîche sur le pont avec CARRÉ, le temps est superbe.
Avons vu deux navires que nous pensons être des bateaux hôpitaux.
Le temps est calme, avons aperçu des bateaux de loin. J’ai fait la lessive et retaillé mon pantalon, fait la lingère.
Vers le
soir, nous sommes dans la mer Ionienne ; pris le frais avec les copains,
beau soir d’été. La mer est calme, aperçu plusieurs navires.
Lever à 6 h, nous commençons à revoir la côte, ce qui nous semblent bon.
Nous sommes en mer Égée et avons passé cette nuit le cap Matapan, l’endroit le plus dangereux de la traversée, avons communiqué par TSF, passé devant Corfou.
Arrivée à Salonique à 8h30, temps très calme, l’entrée du port est très surveillée. Des grillages pour opposer les sous-marins d’entrer, les torpilleurs sont venus à notre rencontre pour nous faire rentrer.
L’on nous apprend que le Gallia a été torpillé.
vers 1h30,
nous débarquons et en route pour le camp de Zeitenlik (le long de la route, …
au moins trois cimetières…)
Enfin nous voilà sur la terre ferme et bien content, car il y a toujours la frousse qui nous tient lorsque l’on se sait à la merci de ces sous-marins du diable.
À Zeitenlik, un bon souper nous attend, nous
couchons sous les marabouts et nous restons les 7 du 43(e régiment d’artillerie)
ensemble.
Je vois GLATIGNY (*) et nous causons du pays ; de cette date au 17, je suis resté au 115e à soigner chevaux et mulets.
(*) : Il s’agit de Léon Arthur GLATIGNY de Jumières, village à côté de celui de Gaston LEGALLET.
Léon GLATIGNY était au 46e RAC, puis 115e régiment
d’artillerie lourde, arrivé depuis le 7 juin 1916 en Grèce.
Départ de Zeitenlik pour le 2ème AC.
(*) : Il est affecté au 2éme régiment d’artillerie
coloniale (2e AC) à compter du 17/10/1916.
Arrivée en gare de Kilindir.
Tout d’un coup, une dégelée d’obus nous arrive, un seul a été légèrement touché.
Nous arrivons à la b…qui est à Ratès jusqu’au 21.
Nous avons été tranquilles. J’ai été à la pêche aux grenouilles, crabes et mangé aussi de la tortue.
Été à l’observatoire Piton des zouaves, vu le lac Doiran, les Velez.
BLADAJ ( ?) s’est engueulé avec un cabot du Havre. (*)
(*) : Un caporal du Havre
Porté soupe à l’observatoire.
Resté au téléphone.
Nous allons partir.
Embarquement des pièces, nuit du 28 /29, gare Kilindir, départ de bon matin, passé à Sarigol (*), etc..
Arrivé à Salonique vers 3 h.
(*) : Gare à mi-chemin de Kalindir
à Salonique
Lever à 6h30 et l’après-midi, avons changé de camp, pris la garde.
Été au parc travailler.
À Salonique.
Départ, pris le train à 1 h, débarqué à Gumendze, où nous avons cantonné la nuit. Vu Vardar. (*)
(*) : Le Vadar est un fleuve
macédonien. Pour info, la gare de Gümendze est
juste à l’entrée des gorges du Vardar, loin de la ville du même nom. Donc le
lendemain 27, il doit repartir de la gare et non de la ville
Parti de Gumendze le matin, couché au poteau 11.
Départ à 7h30, avons fait 5 heures en traînant nos sacs dans des brouettes et par des chemins tout à fait mauvais malgré la fatigue ressentie, ce genre de locomotion nous a fait bien rire, à 11h arrivée à la position, de suite au boulot pour faire notre position avec CHAIGNAUD, GUILLOT.
Travaillé aux plates-formes.
Le 1e janvier, touché une bouteille de champagne pour 4.
Malade, exempt
Au téléphone
Inondé dans le poste, éboulement, traversé de pieds à la tête, rempli de terre.
Nous avons devant nous Gjengjeli, à gauche Karasinantsi, Mayadag, derrière, kilomètre 67 (échelon), Isvor.
Rien de particulier.
Avions boches et français détruits dans un combat aérien, mort des aviateurs.
Rien de particulier.
Avion français prend feu et tombe dans les lignes bulgares mort de l’aviateur.
Rien d’intéressant.
Colonel FANCH est venu à la position.
Extrait
du carnet de guerre de Gaston LEGALLET, du 319e régiment d’infanterie puis
passé au 115e RAL
Le soir, raid d’avion sur Gümendze.
Ils ont laissé tomber des bombes rien de précis sur l’endroit.
Départ de Beriki le 3 avril passé par Gümendze, direction Salonique où nous ne sommes restés que deux heures et repris le chemin de Vertekop où nous avons couché une nuit.
Pris la garde, car il y en a qui ont fait des bêtises.
Départ le 6, passé à Kosturjan, Subotsko, Bidjo Mah, arrivé à Pojard-Bas.
Cantonné quelques jours et ensuite monté à la position en passant par Pojar-Haut.
Très montagneux.
Arrivé le 10 avril à la position, 1e nuit que l’on y a passé, une tempête épouvantable s’est déclenché il nous fallait tenir les piquets tout foutait le camp.
Attaque, tiré beaucoup de cette date au 14 juin : rien d’anormal puis descendu à Pojar-Bas pour voir M. QUENIN qui est au 109e passé la journée avec lui.
Bombardement boche.
Attaque serbe : 8 mai - 25 mai.
Attaque serbe : 30 août - 2 septembre.
Voyage à Salonique avec GROS, vu le roi de Serbie.
Bon voyage.
Été au Govedarsky voir SOUQUES, COLLARD avec SUDIES. PET HARAUEL.
Retour par Pojar où nous nous sommes perdus dans la neige 2m de neige. (*)
Départ de la batterie pour permission le 23 mars.
(*) : Donc le Goverdarsky doit
être un piton proche de Pojar
Fin du récit sur cette phrase
En avril, il rentre en France (pourquoi ?). Invalide à 35%, Gaston LEGALLET est décédé en 1935.
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