124 carnets de guerre, carnets de campagne, mémoires,

 carnets de route, albums photos, lettres,

et témoignages de Poilus

Mise à jour : décembre  2011

                                                                                                                            

    Dans cette rubrique vous y trouverez des carnets de guerre, de route, de campagne, lettres de plus d’une centaine de soldats de 14/18, qui m’ont été offerts par des descendants (que je remercie encore) pour les publier sur mon site avec leur accord.

Sont-ils des carnets de guerre ? Ou des carnets « d’anti-guerre » ?

 

Je rappelle que ces carnets, ne peuvent être reproduits sans le consentement de leur propriétaires ou dépositaires.

 

Vous y trouverez aussi des liens vers d’autres sites consacrés à ce genre de carnets.

 

Si vous voulez y ajouter celui que vous possédez, je peux le mettre en ligne pour vous, contactez moi

 

 

« Il apparaît entre les lignes de ces carnets, la souffrance journalière, l'attachement familial

et l'espoir du retour, hélas hypothétique… »

Didier 2009

 

 

Carnet de campagne de l’aumônier du 410E RI

En cours de saisie

 

 

124...Carnet de campagne de REPIQUET Joseph du 157e RI

 

Il s'agit , en fait, d'un aide-mémoire, qu'a écrit Joseph, tout au long de la guerre. Nous pouvons suivre son itinéraire en France, mais aussi en Orient (Salonique)

 

 

123...Carnet de route d'Emile ANDRE, du 20e escadron du Train des Equipages Militaires

 

"Je vais avec un camion faire un transport militaire pour le génie.

Je pars à 8 h 30 de St-Rémy et passe par Toul, Francheville, les Quatre Vents, Tremblecourt, Avrainville, et Domèvre-en-Haye.

Là, je suis sous la direction d’un capitaine du génie. Nous chargeons des tôles ondulées, des pompes et les conduisons à Marney, près de Pont-à-Mousson.

Là, on entend les obus siffler au-dessus de nous. Il en tombe de tous les côtés, sur les maisons où nous sommes, dans les champs, partout. On en voit tomber plus de 130. Il y en a un qui tombe sur une cuisine d’infanterie qui se trouve dans les champs derrière les maisons. Un obus tombe sur la marmite. Les hommes sont balayés. Il y en a qui sont tués, les autres, blessés. Un autre tombe dans une grange et éclate peu après.

Nous sommes dans une zone très dangereuse."

 

L'itinéraire d'un chauffeur d'un camion durant la guerre, période 1914-1916

 

 

122...Correspondance de Louis HAUVESPRE, du 130e régiment d'infanterie

Paris, 7 août 1914:

"On a été environ deux heures à en faire un demi-tour ; de toutes parts se rendait sur notre passage des gens de toutes sortes, des enfants, des femmes, des hommes se précipitent au passage avec des fleurs, des litres de vin, des fruits, et même jusqu’à du pain. On a été pendant toute la journée d’hier à la fenêtre des wagons occupés à saluer de nos mains tous ces gens qui nous apercevaient jusqu’à 200 et 300 mètres on voyait des mouchoirs s’agiter en signe d’adieu."

 

Les 3 premières et dernières lettres de Louis HAUVESPRE à ses parents.

 

 

121...Carnet de note de Victor MATHIVET, sergent au 121e régiment d'infanterie

« Mathivet Victor, matricule 06786, sergent à la 3ème compagnie du 121ème régiment d’infanterie ; excellent sous-officier qui a toujours fait preuve du plus grand courage et d’un haut sentiment de son devoir. Blessé très grièvement à son poste de combat, le 23 juillet 1916 au cours d’un violent bombardement.

Amputé de la cuisse droite. »

 

 

120...Carnet de guerre de Jean-Marie GILAIZEAU, sergent au 81e Territorial

2 juillet 1915, bois de Ailleux, Herbéviller

"...Le 2 – travail de nuit – dans cette nuit du 2 au 3 le Bon Dieu m’a sûrement protégé – 2 obus tombent à quelques mètres de moi – au premier, je me suis couché je ne sais comment – le second j’étais à terre je ne m’en suis pas occupé – cette nuit-là, marchant avec le Génie, les ordres nous avaient été mal donnés – notre Compagnie était en retard pour prendre le travail – le capitaine du Génie commandant le travail et demandant un gradé me tombe sur le dos et me donne un ordre formel de diriger tous les hommes de la compagnie à faire le travail sous peine de 8 jours de prison..."

 

 

119...Correspondances d'Auguste Lecourt, soldat au 104e RI

25 février 1916, ferme de Naviaux, Marne

"..Malheureusement beaucoup d'entre nous ne reviendront pas, que de familles endeuillées !

Tu vas dire que je n'ai pas beaucoup le caractère militaire mais c'est honteux de voir ce que l'on voit ici tous les jours : les camarades tombés sur la plaine, le ventre au soleil et c'est une infection que nous respirons.

Pour nous remonter le courage, ils ont fusillé deux types du 315e la semaine dernière.

J'aurais bien d'autres choses à te dire mais je risque la prison.."

 

 

118...Carnet de guerre d'Emile POLY, infirmier, puis caporal aux 128e et 87e RI

1e février 1918, les Eparges, tranchée de Calonne

"Nous touchons une grosse ration de gniole, nous devinons ce qui va se passer.

Une compagnie du 7ème colonial, vient prendre position à nos côtés dans la nuit, pendant que les crapouillots et nos 75 bombardent les tranchées d'en face."

"Nous réparons les boyaux complètement écrasés. Il pleut à torrent et sommes trempés jusqu'aux os.

Nous n'avons plus rien d'humain et sommes décidés à nous faire tuer sur place."

17 février 1918

"Le bombardement continue de toute part, malgré cela nous avons pu être ravitaillé en pain et en vin. Nous sommes couverts de boue.

Si la mort venait, ce serait une vraie délivrance, car nous ne savons pas quand nous pourrons sortir de cet enfer."

7 juillet 1918

"Je reçois la croix de guerre avec citation à l'armée signée Pétain. Je n'en suis pas plus fier et décide de ne pas la porter, étant donné que je ne la mérite pas plus que ceux qui étaient avec moi."

 

Emile nous décrit les combats de Verdun, Douaumont, des Eparges et du secteur de Saint-Mihiel. De nombreux noms sont indiqués dans son carnet.

 

 

117...Carnet de Pierre BOURGAULT, du 31e régiment d’artillerie

20 juillet 1915

"..On commence l'attaque à 6 h du matin, à 9 h (...) Les boches se mettent à nous bombarder, il tombe des obus de toute part, il en tombe un sur le caisson de la première pièce, plusieurs obus prennent feu alors les hommes de la pièce sont effrayés et veulent sortir de l'abri.

Au même moment une marmite arrive en plein sur la ... les met en miettes et on ne trouve qu'une main sur le moment.

Mais le lendemain on trouve des morceaux de tous côtés. x Villar a l'œil arraché.

Il est mort en arrivant au poste de secours. Flandrin reçoit un éclat dans un bras, Durand dans la cuisse. A Orsay AURSAY reçoit un éclat en pleine poitrine, il est mort sur le coup."

 

 

116...Parcours de Jean FOURNY du 2e Zouaves, puis 63e d’infanterie

 

 

 « …A l’offensive du 16 avril 1917 nous étions en position à droite du Bois de Beaumarais en avant du village de Pontavert qui faisait suite à la plaine de Chaudards et au pied de Craonne.

Cette offensive fut terrible et mal préparée. Rien n’avait été tenu au secret et manque de préparation notable. Les troupes montées au chant de notre hymne national redescendaient des lignes hurlant l’Internationale… »

 

Résumé du parcours de guerre du soldat, puis caporal Jean FOURNY

 

 

 

 

 

115..Carnet de guerre du sergent Jean EMMANUELLI des 173e et 132e RI

 

 

Secteur de Roye, Saint-Mard, Somme, 26 août 1018

 

« A un abri un fait remarquable se produit : deux officiers boches sont seuls, sommés de se rendre par un officier de chez nous, le sous-lieutenant MARE, ils refusent de sortir.

Nous descendons avec précaution le revolver braqué en avant.

A quelques mètres de la dernière marche nous entendons deux détonations. Nous crûmes d'abord qu'on eu tiré sur nous, puis des râlements survinrent.

 

Nous descendîmes alors et les deux officiers étaient par terre noyés dans leur sang.

Un était mort sur le coup et le deuxième râlait encore. Il y avait de belles choses dans l'abri mais ayant vu ce fait si méritoire et noble, je n'eus pas le courage de prendre soit une jumelle soit un revolver. »

 

Jean Emmanuelli s’engage en 1914. Il sortira de l’armée en 1956. Titulaire de nombreuses décorations, dont la légion d’honneur, il nous livre ici son carnet de l’année 1918.

Tout dans ce carnet n'est pas forcement intéressant car une grande part concerne l'amour naissant de Jean pour sa marraine de guerre. Cependant les combats du 132eme dans la Somme l'été 1918 y sont bouleversants.

 

 

 

114...Carnet de guerre de Arthur CRIBIER, artilleur au 45e RAC

 

« On les décharge au cimetière où les gendarmes ce qui peut les faire reconnaître, plaque d’identité, livret, lettre ; ensuite, on part en chercher d’autres. J’en ai amené une quinzaine avec la corvée.

Il y avait un capitaine d’infanterie instructeur à l’école Saint-Cyr, il avait son bouc taillé un peu en pointe, un sous-lieutenant d’infanterie 45ème, un lieutenant d’administration, in sous-officier du 13ème d’artillerie, un sergent et le reste simples soldats d’infanterie et 2 ou 3 artilleurs dont un brigadier, la tête presque complètement enlevée par un obus. On met les morceaux dans sa musette pour l’enterrer. Des chevaux tués, des maisons brûlées, des cadavres. C’est d’une tristesse incroyable et pourtant, aussitôt que la mort n’est plus sous nos yeux, on n’y pense plus.

Et l’on rit, il est vrai que le vin et le poulet a profusion aide à noyer le chagrin. »

 

 

113…Journal de campagne d’Albert GHYS du 127e régiment d’infanterie

 

Secteur de la Côte du Poivre, Verdun, mars 1916

« On prend les premières lignes à la Côte du Poivre. Pendant ce temps les boches nous lancent des gaz lacrymogènes. Tout le monde se trouve fort incommodé. Au début, je souffre, mais après une fois à Bras, je résiste et malgré mon masque, je tiens le coup.

Nuit épouvantable, tranchée d’approche, patrouille, grosse pertes, pas d’abri. On a rien à croûter. On nous envoie du manger gelé comme les hommes, on ne peut qu’absorber de la gnole.

Le rata et le plat ne font qu’un.

Gelée terrible.

On touche de l’alcool solidifié.

Je fais chauffer un peu de vin chaud. Bras est bombardé à outrance. Les chevaux et bêtes de toutes sortes périssent dans les étables.

Nos morts ? On ne peut les enterrer faute de temps.

Impossible de creuser, c’est toujours de la pierre. »

 

Chemin des Dames, 16 avril 1916

« Enfin, à 6 heures, la première vague partait à l’assaut.

Nous devions attendre que les autres bataillons aient atteint leurs objectifs. Peu après, on entendait les mitrailleuses boches, le marmitage ne les avait pas enterrées. Ils avaient l’air de ne pas se rendre facilement. Malgré tout, la première ligne était entamée, je vis des prisonniers boches qui étaient ahuris et jeunes.

Plusieurs repassèrent peu après portant nos blessés. Mais pendant ce temps, j’étais là et sans ordre. Je ne devais partir qu’à l’heure H, après en avoir reçu l’ordre. le temps me paraissait long et ça me semblait drôle de ne voir personne ?

Je vais voir pour me renseigner à mes côtés, plus personne. »…

 

Son parcours au nord de Reims, fort de Brimont, Le Godat, La Neuville, Verdun, l’attaque du 16 avril 1917 du Chemin des Dames, la blessure, Craonnelle, La Somme, Maricourt, puis en Champagne, Souain…

 

 

 

 

112…CARNET de Guerre du soldat BRANCHE, du 99e régiment d’infanterie

 

Secteur de Fay, Somme, décembre 1914

 

« ...Vers quinze heures, à la 1e Compagnie, sur notre gauche, à la hauteur du Bois Carré occupé par l’ennemi, en un point où les tranchées ne sont distantes que d’une centaine de mètres, un dialogue s’est engagé entre Français et Allemands. De part et d’autre, l’on fait des signes d’amitié ; voici qu’un de nos caporaux mitrailleurs quitte notre tranchée ; un gradé ennemi fait de même ; ils se rejoignent, se serrent la main, échangent des cigarettes et descendent l’un et l’autre dans la tranchée adverse. Bientôt, c’est un défilé de soldats ennemis dans nos tranchées : il en vient huit, des Bavarois qui, une fois chez nous, ne veulent plus retourner là-bas. Quand à notre caporal, il est renvoyé chez nous avec force cigares et cigarettes.

Questionnés, nos prisonniers volontaires avouent une grande lassitude de la guerre et nous préviennent, en outre, que les Prussiens, nos vis-à-vis, ont décidé de nous attaquer cette nuit !.. »

 

Les tranchées dans la Somme, les fraternisations de noël 14, la bataille de Champagne en 1915...

Tout le parcours d’un soldat du 99e jusqu’à son décès en 1918

 

 

 

 

 

111…CORRESPONDANCE des 3 frères SAUER durant toute la guerre (50e RI, 1e Zouaves, 9e Zouaves)

Septembre 1914

« …Toujours une santé aussi bonne ; le froid seul m’est un peu sensible, mais je m’y habitué. Je reçois régulièrement de vos nouvelles, est-ce pour vous la même chose ?

Nous sommes très bien nourris, et je t’assure que si le canon ne tonnait pas si souvent et si fort l’on se croirait en manœuvre. Si la victoire nous sourit, la fin de la guerre ne tardera pas, et alors quel long repos !!... »

(Le régiment venait de subir la perte de plus de 500 hommes…)

 

Correspondance de trois frères à leur famille.1914-1919 et le coup de gueule d’Henri Sauer 50 ans après, au travers d’une à ses trois enfants :

« Me voilà donc titulaire de SIX décorations, mais, malheureusement pas une seule ne donne droit à pension… Il serait question d’attribuer médaille militaire avec pension (3FN par an) aux soldats qui ont été blessés et ont séjourné plusieurs années sur le front dans une unité combattante… je réponds aux conditions prévues : avec 7 ans et 2 mois de service militaire et une blessure, je devrais même avoir droit à une retraite de sous-officier tout au moins la moitié puisque je suis resté 1 300 jours et nuits sur le front, soit 3 ans et 5 mois.

Vous êtes maintenant fixés et même si l’un de vous ou de vos descendants sont exonérés du service militaire je considère que j’ai fait leur part et pour moi et pour plusieurs d’entre eux.»

 

110...Souvenir de la guerre de LAURENT COUAPEL

106e, 155e régiment d’infanterie, 7e d’artillerie

 

Secteur de Cumières, Verdun, mars 1916

« ...La deuxième nuit, notre chef de section, l'adjudant MAX, un alsacien, nous propose d'essayer de faire des prisonniers. L'opération consistait à attaquer un poste avancé ennemi par surprise. Nous sommes partis au début de la nuit, presque au départ, l'un de nous a marché sur un tas de grenades.

L'une a explosé, il y a eu un mort et des blessés.

Il faisait noir comme dans un four, nous avons commencé à marcher sur des cadavres.

Quand il y avait une fusée éclairante, nous nous fichions à plat ventre, les tranchées étaient complètement bouleversées. Là, il y avait une baïonnette qui sortait de terre, à côté, il y avait une main, plus loin c'était un pied et une tête des cadavres déformés, hachés, si bien qu'aussitôt, la fusée éteinte, nous ne pouvions pas faire autrement que de marcher dessus... »

 

50 ans après la guerre, Laurent COUAPEL nous raconte sa vie de soldat, parfois misérable, parfois attachante, mais néanmoins réelle.

Les Eparges, son empoisonnement, l’attaque inutile en Champagne, les charniers de Cumières (Verdun), la soif, le froid, la peur, le pinard...

Avec l’aide des journaux de Marches et opérations, j’ai pu dater précisément certains faits, certains combats, certaines journées parmi ses souvenirs qu’il nous fait vivre au travers de ses écrits

 

 

 

109… carnet d’Henri BLEYS du 122e régiment d’infanterie

 

20 août 1914, région de Bisping (Lorraine)

« ...Bien placé, on tire quand même sur des attelages qui fuient et des hommes que l’on voit peu. Il faut reculer mais c’est très dangereux.
On se lève. Beaucoup tombent blessés aux jambes.

Je reste après les autres et je recule sans trop de danger par bons courts et rapides.
La débandade se produit le bataillon est éparpillé dans un pré la mitrailleuse nous vise mais aucun blessé.

On rentre dans un bois et l’on recule beaucoup en arrière après avoir rassemblé le bataillon. Les blessés sont restés aux mains des Allemands... »

 

Henri BLEYS, sergent, instituteur, nous décrit son témoignage. L’écriture est fine et régulière, le crayon papier précis, malgré l’usure, le témoignage saisissant.

Il décrit avec exactitude ce que fut la retraite de son régiment à partir de mi-août, en Belgique : les ordres imprécis, les interrogations des hommes, la débandade, les villages ruinés...

 

 

108… Carnet de Louis COCHEZ du 4e régiment d’artillerie Lourde

25 Octobre 1914

« ...Changement de position nous nous postons sur la droite de la route aussitôt installé il nous faut tirer car la position devient critique à 1 heure les troupes belges reculent et nous voilà en première ligne nous tirons jusqu’au dernier malgré tombe près de nous notre pièce reste et la 6e l’ordre arrive.

Il faut reculer car la position devient intenable on recule de 4 kilomètres et nous couchons dans une grange... »

 

Itinéraire d’un artilleur en 1914-1915 : Lorraine, Meuse, Reims, Flandres, Dunkerque, nord d’Arras. Des noms sont cités dans son carnet

 

 

 

107…CARNETS de GUERRE de Jules BARBE du 42e régiment d’infanterie

15 Octobre 1917

« Le soir à 19 h nous montons en ligne, nous y arrivons à minuit.

Là pas de tranchée, que des trous d’obus pleins d’eau et des macchabées.

Pour le moment, je suis dans un trou d’obus avec deux autres. De la terre grasse jusqu’aux genoux, de la flotte et plusieurs macchabée qui sentent mauvais : et je vais rester là 6 jours et 6 nuits complètes sans pouvoir bouger, assis dans l’eau, impossible d’écrire car les lettres ne partent pas depuis ici. On nous apporte à mange une fois par jour à minuit.

»

1917 et 18 : Verdun, la Côte du Poivre, la Flandre belge, fraternisations... Deux carnets sur lesquels Jules BARBE évoque la misère quotidienne des soldats de premières lignes

 

 

106…Cahiers d’école de Suzanne RUPLINGER 1914-18

Décembre 1914

« ..Français et Allemands se touchent. Il parait que dans les moments de repos, bien au fond des tranchées, les soldats ennemis se donnent mutuellement des concerts, puis cinq minutes après se tirent dessus à outrance, ou se faut sauter.

Résultat, en France, nous n’avons pas bougé.. »

 

Sur ces deux cahiers d’écolier, sans rajouts ni suppressions, Suzanne RUPLINGER, née en 1901 à Lyon a tenu son journal, du mardi 28 juillet 1914 au 30 mai 1918.

13 ans, elle avait 13 ans !

Nous sommes bluffés par la connaissance des choses de la guerre et la maturité avec laquelle, elle rapporte, peut-être, ce qu'elle entend des adultes, c'est extrêmement intéressant de la lire, elle se permet même de faire de la géostratégie, quel talent!

 

 

 

105…Carnets de guerre 1914–1915 du sergent François COTHENET

du 134e régiment d’infanterie

25 août 1914, Rozelieures

« ..Nous avançons en bon ordre, les Allemands paraissent reculer.

Lorsque soudain une contre-attaque terrible nous oblige à reculer.

C’est une débandade générale sous une grêle de balles et d’obus. Nos soldats tombent par paquets, c’est épouvantable. Notre artillerie protège notre retraite.

Lorsque nous nous reformons, de ma compagnie sur environ 250 hommes, il en reste 90… »

 

Ce qui fait l'originalité de ce carnet, c'est qu'au début (du 5 Août  au 3 Sept. 1914) il a été rédigé par une personne visiblement très cultivée: le style est littéraire, presque lyrique...puis mon grand-père trouve le carnet le 4 septembre 1914 et le continue dans un style...plus "terre à terre"...

 

 

 

104…CARNET de CAMPAGNE 1914, d’Emile ORAIN du 47e régiment d’infanterie

Le carnet d’un soldat du 47e RI qui a traversé toute la guerre au 47e RI : bataille de la Marne, l’Artois, La Champagne

 

 

 

 

103…CARNET de CAMPAGNE 1914, du sous-lieutenant Gabriel GROSDENIS

19e Bataillon de chasseurs à pied

 

14 août 1914, Chambley

« …Chaque fois que je lève la tête des balles me sifflent aux oreilles ou tombent à mes pieds. On vise les chefs de section. Nos mitrailleuses entrent en action.

Mes chasseurs en blaguant froidement tirent sur tout ce qui se profile à la crête. Des bavarois passent en courant affolés jusqu’à un kilomètre, pendant que des balles les environnent de poussière.

Beaucoup tombent comme dans un jeu de massacre ou font les morts. S’ils se lèvent, ils ne vont pas loin. La crête semble couverte de cadavres.

Notre mouvement a réussi. Pris dans l’angle de feu par les autres sections, tous s’enfuient ou tombent jetant ses armes. 30 bavarois se rendent. J’ai un homme tué à ma section… »

 

A partir d’un carnet de campagne rédigé au jour le jour, Laurent MIROUZE a pu reconstituer le parcours d’un officier d’active tout juste sorti de St-Cyr, à travers les terribles combats de 1914 qui ont coûtés si cher à notre armée.

Il est exceptionnel de trouver des carnets écrits sur le vif notamment pendant une guerre de mouvement telle qu’elle l’était en août et septembre 1914, a fortiori émanant d’un officier qui survécu au sein d’une unité ayant perdu la quasi totalité de ses cadres en cinq semaines.

 

 

102..Carnet de campagne de Jean Mathurin OFFREDO

du 88e régiment d’infanterie territoriale

 

10 Juin 1915 :

Aéros, tranchées.

« …J'avais prié sur les tombes de mes camarades du 18ème corps, environ 300 corps étaient en rangées de 30, c'était bien arrangé, tous avaient des croix en bois ou en pierre. Les noms étaient inscrits, ils avaient des couronnes, des écritures de souvenir et de regrets.

Une fosse d'une quarantaine de mètre devait encore être remplie, ceux là n'avaient pas de noms inscrits.

Sur la campagne, pas loin de là, des boches il y avait partout dans les terrains… »

 

Les « pépères »…ont connu les mêmes dangers et les mêmes misères que les autres…

 

 

 

101..Correspondance de guerre de Wouithryde Henri VIDEAU, soldat au 5e cuirassiers

 

Octobre 1914

«…Nous avons chargé sur un escadron de Uhlans saxons la section seule, tu parles de les enfiler.

J’ai un camarade qui a eu le bonheur d’en tuer 3 et en blesser deux, moi pas tant de veine, 2 morts 2 blessés et un cheval pour ma part puis l’on a dégagé les voitures, et on les a finis à coups de mitrailleuses c’est horrible et beau… »

 

24 décembre 1914

« …Puis moi avec le Lieutenant, nous avons été chercher un journal Bavarois ; ils nous ont offert des cigares, des cigarettes ; le Lieutenant leur a donné un paquet de Maryland et moi 2 bâtons de chocolat que j’avais touché la veille ; il a fallu leur serrer la main à tout prix, puis on a retourné dans notre local… »

 

La correspondance d’un Cuirassier qui « sabrait » les soldats ennemis durant les charges de cavalerie. Des descriptions de combats, la fraternisation, une lettre codée, des inquiètudes, le début de la révolte…

 

 

 

 

100..Carnet de guerre de Wouithryde Henri VIDEAU, soldat au 5e cuirassiers

 

 

Carency, Artois, décembre 1914

« Ils se battent à coups de baïonnette et de grenades, l’autre bataillon s’élancent sur la 2ème ligne et arrivent même jusqu’au cimetière, mais malheureusement, le fil téléphonique qui servait de commandement à l’artillerie, et qui était installé dans notre première ligne est coupé, et notre 75 tire toujours mais trop court et tue de nos hommes.

Nous restons maître des 2 lignes de tranchées »

 

 

Né en mai 1893, engagé volontaire pour 5 ans, le 6 avril 1912, à la mairie de La Rochelle, mort à l’hôpital de Belfort, le 15 juillet 1915, suite de ses blessures Wouithryde Henri VIDEAU nous parle de ses conditions de vie et de l’atrocité des combats dans la boue des Flandres (Ypres) et d’Artois (Carency)

 

 

99..Carnet de guerre d’Edouard MATTLINGER, soldat au 132e RI

 

18 juin 1916 : Verdun, tunnel de Tavannes

« ..Nous quittons le tunnel à 8h ½ en marchant en file indienne.

Nous grimpons les hauteurs de l’ouvrage de Damloup. Vu sa pente rapide, nous sommes vite fatigués car il ne faut pas s’amuser. Lorsque tout le monde fut en haut, nous nous blottissons du mieux que nous pouvons dans le boyau en attendant que la nuit fût venue. Mais, ce fut angoissant car les marmites nous arrivaient de toute part. Plusieurs hommes jetaient des cris de douleur. Ils étaient atteints par des obus.

Nous nous portons en avant à 9 h ½ sous une pluie d’obus. Les Boches avaient aperçu un mouvement de troupes, aussi, ce fut avec des grandes difficultés que nous arrivons à l’ouvrage du fort de Vaux. Sur mon parcours, je trouvais déjà beaucoup de mes camarades blessés ou déchiquetés pas les obus, mais il n’y avait pas de temps à perdre. Il fallait arriver à la redoute du fort de Vaux.

Enfin, vers 10h ½, nous étions arrivés, tout bouleversés, et tout essoufflés…. »

 

Le carnet du front d’Edouard MATTLINGER : toute la guerre : l’Alsace, la fraternisation (1914), Les Eparges (1915), le bois de Calonne, l’attaque de Champagne, secteur de Souain (1915), Verdun, tunnel de Tavannes, secteur de Damloup (1916), la bataille de Montdidier (1918)

 

 

98..Carnet de guerre de Paul DUCHATELLE, sergent au 303e RI

 

2 juin 1915 ; Les Eparges

« …Cet ensemble de tranchées est un vrai cimetière, une centaine de morts, tous de l’attaque d’avril sont tout autour de nous et l’abri de commandement du lieutenant est proche voisin d’une tombe, et dans ce petit coin de plaine, entre les routes de Metz et Pareid, il y a plus d’un millier de braves camarades du 157ème et d’autres régiments qui sont tombés en avril, ce n’était vraiment pas la peine de faire tuer tant d’hommes pour un si petit résultat, surtout que cette tranchée payée si chère va être rebouchée puisqu’il en est recreusée une autre à 500 mètres en arrière, celle-ci ne pouvait plus être tenable avec les chaleurs… »

 

18 juillet 1915 ; Les Eparges

« …La côte des Éparges est d’un teint roux, et toute ravinée par la mitraille.

Elle fait tache sur la verdure de la ligne des côtes. Comme monument de souvenir à élever sur cette côte, il faudra après la guerre y ériger un immense Christ en croix et entourer tout le bas de la côte d’une grille et la laisser tel qu’elle se trouve en ce moment… »

 

4 septembre 1915 ; Les Eparges

« …Il serait temps que tout cela finisse.

Qu’entendent par là les gens de l’arrière, que nos poitrines mettent à l’abri des balles ennemies et qui n’ont pas la pudeur de respecter ceux qui sont mort depuis une année. Ces messieurs de l’armée font la fête… Le ministre s’inquiète de fixer la nuance du Kaki que messieurs les embusqués doivent porter, est-ce que nous en avons nous des uniformes à la mode, de bleu horizon, il doivent devenir pisseux nos uniformes !.. »

 

Carnets de guerre de Paul DUCHATELLE, Les Eparges, la guerre des mines, la fameuse « visite » des députés en premières lignes, ses réflexions sur la guerre sont intéressantes. (Les embusqués, les politiques, les officiers supérieurs..)

Si ses carnets étaient tombés entre des mains d’officiers….

 

 

 

 

97…Correspondance Alexandre MERCERON

32e, 174e, 21e et 255e régiments d’infanterie

 

« …Chère amie j'ai pourtant vu dire que la classe 1915 allait être appelée en tout cas si la patrie en danger a besoin de nous pour renforcer ses rangs j'irai moi aussi défendre fièrement mon beau pays de France et aider à chasser ces allemands si féroces et si barbares qui font partout les pires atrocités.. »

 

« …Depuis un mois nos braves soldats aux cœurs généreux luttent sans cesse, déjà beaucoup sont tombés sur le champ d'honneur, d'autres sont blessés ou usés par la fatigue ou la misère alors ces braves soldats auront besoin de repos qu'ils ont si bien gagné… »

 

Mobilisé en déc 14, réformé en juin 15 cause maladie, bon pour le service en sept 15, parti dans les tranchée, blessé en mars 1916, retour au front, tué en juin 1917. Son parcours au travers de ses lettres

 

 

 

 

96…Carnet de guerre d’Abel PINON du 70e Territorial

Mars 1915, Somme

« ..Vie des tranchées. Bombardement de nos abris à diverses reprises.

Je suis puni de 6 jours de prison parce qu’un homme de mon escouade a voulu manger des pissenlits. »

 

Sergent au 70e Territorial, il a connu les tranchées, la Somme, Verdun, l’Oise, a vu la mort de très près, tout comme les soldats de l’infanterie d’active.

 

 

 

95…Mémoires de guerre d’André MEYER du 43e d’infanterie

 

Samedi 1er août 1914

« J’avais alors moins de 17 ans. Dans l’après-midi, nous sommes allés, mon père et moi, avec deux ou trois de mes frères et sœurs, charger une voiture de foin. C’est tout au long de notre retour que nous avons entendu les trois cloches de l’Eglise sonner à toute volée pour annoncer la mobilisation générale. Leur son était puissant, le moment solennel.

Le garde-champêtre confirmait la nouvelle à l’aide de son tambour.

Partout les trains étaient pris d’assaut par les hommes qui partaient vers leurs garnisons. L’enthousiasme était grand chez ceux qui partaient, la tristesse était grande chez ceux qui restaient. Personne ne savait ce qui nous attendait.

Personne ne croyait passer l’hiver en guerre… »

 

Sept 1917, secteur de l’Yser, Belgique

« …Le secteur faisait naturellement partie du front ; donc nous avions droit à un quart d’eau de vie tous les matins. Et tous les matins, je devais me bagarrer avec mes hommes pour que le gendarme ait sa part.

Chaque fois on me répondait « il n’en a pas besoin »

Un dicton disait d’ailleurs à l’époque :

« Le front commence où s’arrête le gendarme »

Le front commençait bien là et je me suis toujours demandé ce que celui là pouvait bien faire avec nous… »

 

Toute la guerre vécue par André : les tranchées de l’Yser, les combats de Montdidier, l’attaque allemande, la captivité en France, la punition des évadés, l’épisode des 2500 chevaux «volés» par les allemands pendant leur retraite de 1918…

 

 

 

 

94…Carnet de route d’Albert DESMEUZES du 89e RI

Le petit carnet de son parcours. Il était affecté à l’ambulance N° 16.

Quelques photos de groupes de soldats

 

 

93…Carnet de route d’Octave-Alphonse ROGER du 11e d’artillerie

 

Février 1915, Vienne-la-Ville

« …Il a fallu leur aider à traîner les leurs comme nous avions fait les nôtres la veille.

Nous avons fini le lendemain à 2h du matin, après cela nous avons été tranquille et nous sommes restés à la même position les 8, 9,10, ce dernier jour l’adjudant chef a été décoré de la médaille militaire.

 

Le lendemain 11 il nous a payé un litre de vin.

C’est tout ce que nous avons eu… »

 

Les déplacements du 2ème groupe du 11e régiment d’artillerie, à travers la Meuse, Marne, l’Aisne

 

 

 

 

 

92…Carnet de route de Paul MADEUX, caporal aux 171e, puis 151e régiment d’infanterie

 

Mars 1915, ferme du Chamois, Alsace

« … Le soir même, quand, après avoir rampé, nous arrivions vers nos camarades d’attaque pour les relever, nous constations que beaucoup d’entre eux étaient étendus à jamais sur le gazon où accrochés aux réseaux.

Les lignes avaient simplement été avancées de quelques centaines de mètres.

La nuit est employée à creuser la nouvelle première ligne avec nos petits outils portatifs. Nous dûmes néanmoins rejoindre une contre-attaque boche qui s’était dessinée.

 »

 

De l’alsace à l’offensive de champagne en septembre 1915, la campagne d’un caporal fourrier

 

 

 

91…Correspondance de Nicolas THEUREAU, soldat aux 10e, 167e et 56e régiment d’infanterie

 

5 janvier 1916

« …Entre nous, il n’y a pas grand chose, d’ailleurs, c’est presque impossible avec le temps que nous avons, juste quelques coups de fusils de temps en temps ; les boches sont très raisonnables ; ils ont été jusqu’à fraterniser avec les nôtres au petit poste ; ils ont échangé une boule de pain pour des cigares que les nôtres leur ont donné, cela prouve que les boches en ont marre et je serais porté à croire que la guerre sera bientôt finie, je le souhaite bien vivement… »

 

Correspondance d’un soldat qui a été absent de « ses foyers », comme disent les militaires, durant près de six années pendant lesquelles il a été gravement blessé en tant que soldat, il a subi des vexations de toutes sortes en tant que prisonnier de guerre. Il n’a bénéficié que de quelques rares permissions et a obtenu une décoration méritée avec citation pour sa bravoure au combat.

 

 

 

90…Mémoire de Lucien TORCHEBOEUF, artilleur au 32e régiment d’artillerie

 

4 septembre 1914

« …La retraite s’accentue de plus en plus et prend les proportions d’une déroute effroyable.

Les chevaux ne peuvent plus avancer et tombent comme des mouches.

Des fourgonniers vident sur la route le contenu de leurs voitures pour  s’alléger.

Des conducteurs  de caissons de 155 abandonnent  des projectiles.

Sur la route, il est défendu, sous peine de mort, de couper une colonne en marche, défendu aussi aux conducteurs de voitures : caissons, fourgons, chariots de parc, de trotter.

La prévôté (maréchaussée) veille à l’exécution de ces ordres. Je vois un capitaine de gendarmerie flanquer deux balles de revolver au conducteur d’un fourgon qui a trotté une dizaine de mètres pour rejoindre sa colonne… »

 

Mémoires du début de la guerre : de Charleroi, la retraite, bataille de la Marne (secteur de Provins), Reims, fort de Brimont, l’Aisne.

Quelques « images » fortes de la retraite de l’armée française.

 

 

 

 

89…Extrait du carnet de campagne de Jean GENSOUS, cuisinier au 214e RI

 

Ippécourt, 8/09/1914

« …Le 8 au matin redescendu pour ravitailler et remonté aussitôt avec de l’eau et du pain sous les grosses marmites boches.

L’après-midi et le soir, prise du village à l’assaut à travers les balles et marmites.

Traversé le village à 9 heures du soir, à moitié incendié et en ruines.

Passer sur les morts et les blessés, les vaches et les chevaux crevés.

Rien de plus lugubre et triste… »

 

Le carnet a été tenu jour après jour pendant toute la guerre.

L’extrait présenté ici s’étend d’août 1914 à avril 1916 et concerne la guerre dans la Meuse.

Il comprend surtout, des indications sur l'itinéraire suivi par son régiment. Il y a cependant des éléments sur les conditions de vie qu'il évoque à travers son travail de cuisinier.

 

 

 

 

88…Gabriel DESAUTELS, soldats aux 9e RIT, 267e RI puis 4e escadron de Train

 

 

15 mars (1916) Verdun,

« …A quelques mètres de lui, pendait sur une traverse de bois, le corps déchiqueté d’un sergent, également de la 19ème. C’était la première fois que j’assistais à ces tueries, cela me fit peur et devant ces cadavres, une terrible impression. Mais réagissant et ayant toujours confiance, je marchais courageusement là où le devoir m’appelait, ne pensant plus qu’à une chose, défendre la Patrie en prenant mes précautions contre le danger… »

 

   « ..Dans ce village, nous restons deux jours et pendant ce court séjour, nous eûmes une mauvaise impression en rencontrant sur notre trajet et en nous promenant, des tombes de soldats français au nombre de cinq qui avaient été fusillés pour avoir refusé de marcher… »

 

Les souvenirs d’un soldat, mobilisé à 36 ans, qui a parcouru l’Aisne (Soupir, Paon, Dhuizel), la Champagne (Suippes, Souain), Verdun (Cumières, le bois Bourru).

 

87…Louis Treillet, maître-pointeur au 56ème RAC, puis au 256ème RAC

Ce carnet déjà présenté,  à été complété par la correspondance de Louis TREILLET, durant toute la guerre.

Cette correspondance est d’ailleurs très souvent beaucoup plus précise que son carnet.

 

Aisne, secteur du Chemin des Dames, juin 1917

« ..4 - Départ à 2 H pour arrivée à 4 H à côté de Ronans. Emplacement à l’échelon, nuit agitée – Bombardés par avions.

5 - Dans la nuit du 5 à 11 H du soir, nous montons à la position du sud de Craonne dans le bois Beaumarais – Relevé du 33ème – 2ème section.

6 - La position n’est pas fameuse. Les éclats radinent de partout. On ne peut rester dehors.

9 - Comptabilité des fusils.

17 - Etat des pertes – Officiers et hommes de troupe.

19 - Situation des munitions

23 - Sommes bombardés – Très sérieux – Les arbres de la position sont fauchés, le lieutenant est tué….

Calme - Beau temps - On a fusillé 2 alpins qui s'étaient révoltés et condamné une dizaine à quelques années de travaux publics - C'est pour calmer la morosité générale - La guerre est si longue

 

Carnet de route et sa correspondance de Louis Treillet depuis Janvier 17 jusqu'à la fin de la guerre : Chemin des Dames, l’Italie, l’Oise, la Somme

 

 

 

 

86…Journal de guerre de Charles DUMAY, sergent au 289e RI

 

« …Nous nous couchons, ma femme et moi après avoir mis notre bébé au berceau, mais il m’est impossible de dormir, cette terrible chose que depuis tant d’années, mon grand-père et mon père, m’ont parlé dans maintes circonstances, est donc enfin arrivée.

Je vais donc moi aussi voir ce qu’est la guerre, la vraie guerre, celle où il y a de vrai morts, n’ayant pu croire les récits ni pu m’en rapporter aux images rappelant ça.

Je vais donc en tuer de ces boches, de ces satanés boches qui nous font tant de mal par tous les moyens, et puis c’en est assez, il faut en finir et au plus vite... »

 

6 septembre 1914, Monthyon

Je perds un instant ma compagnie, mais je rattrape un homme blessé ; il m’appelle.

Je me couche à côté de lui pour voir ce qu’il a. je me garantie de mon sac ; les balles sifflent de tous côté ; les obus destinés aux allemands passent au dessus de nous, mais au même moment, je reçois une balle dans la fesse gauche.. »

 

Son parcours, jusqu’à sa blessure durant la bataille de la Marne, hôpital de Saint Malo..

Retour au front secteur de Soissons, Crouy en janvier 1915.

La particularité de ce carnet, c’est que certaines journées ont été « reprises » par la suite, avec des détails supplémentaires

 

 

 

85…Journal de guerre de Charles SALOMON, caporal aux 151e et 72e RI

 

7 septembre 1914

« …Nous avons mission de prendre le village de Villeneuve-lès-Charleville.

Notre artillerie le bombarde toute la matinée, enfin nous le prenons d’assaut, l’artillerie de chez nous, nous bombarde et nous laissons des morts et des blessé.

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« ..J’ai acheté ce carnet aujourd’hui à Abbeville aux nouvelles galeries. Dans l’hôpital tous les malades décédés sont morts dans de bonnes conditions. »

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« …J’ai un mois de convalescence, j’ai été proposé pour deux, mais le général a trouvé que ma barbe faisait beaucoup dans ma maladie aussi a-t-il retouché un mois… »

 

Blessé à Sillery, durant la bataille de la Marne, hôpital à Rodez, infirmier dans la Somme, puis ré-intègre le front au 72e RI en juin 1915, blessé en Argonne…Le parcours d’un aspirant-prêtre.

 

 

84…Carnet de guerre de Raymond BOSSARD, soldat au 4e Tirailleur de Marche

 

17 septembre 1915 en Champagne:

« …Ai bien dormi même malgré le fort bombardement. Nous avons depuis le 75 jusqu'au 360 sur rails en passant par tous les calibres. C'est fou ce qu'il y a d'artillerie…

Samedi 25 septembre 1915

…... Nous bombardons sans arrêt depuis le 38 – 58 cm avec des torpilles.

A 0h15  exactement, nos troupes sortent de nos tranchées, nous essayons de dérouler une ligne téléphonique derrière le Ct.

C'est impossible trop (de) casse. Ensuite un autre et moi avons été presque engloutis – nous sommes d'un dégoûtant car il a plu aussi je suis couleur  boue – ensuite notre poste s'effondre et nous essuyons les gaz asphyxiant – ce n'est pas bon à 12h…. »

 

Son journal concerne l’automne de 1915.

Après un passage pendant l’été dans la région de Montbéliard pour rejoindre le 4° tirailleurs au repos, il arrive au front avec celui-ci en Champagne où une grande offensive française doit être lancée (le 25/09/15). Il tient un journal jusqu’en décembre 1915.

Il sera tué en 1917, le 20 août au bois de Cumières près de Verdun lors de la contre-offensive française, lancée ce même jour.

 

 

 

83…Carnet de guerre de Victor LUCAS, soldat du 371e RI

 

Le 5 au soir

« …Avec un camarade, je vais dénicher des corbeaux pour faire une bonne soupe et nous tirons deux pigeons ramiers qui nous ont amélioré notre ordinaire.

Le 11 juin 18 :

Encore 3 pigeons de tirés et ils sont bons.

Nous avons mangé aussi 3 jeunes corbeaux, mais quelle différence, c'est un peu plus dur comme viande. Je remonte ce soir en réserve près du Capitaine… »

 

Il  retrace jour après jour sa campagne en Orient 1917-1918-1919 contre la Bulgarie.

 

82…Carnet de guerre de René MORIN, soldat au 39e RI

 

Le 12 juin 1916 à 18 heures : Départ pour premières lignes devant Thiaumont (Redoute 320)

« ..Le 13 à une heure du matin, attaque par le bataillon.

Avance de 200 mètres (sans perte).

Redoute 320 Thiaumont à 19 heures. Relève pour aller en réserve dans le petit Bois Fleury.

Le 14 juin : Réserve petit Bois Fleury (mort de Paul Baillard vers 4 heures par un obus qui tombe en face de son gourbi).

A 19 heures 30 : Départ pour Verdun.

Arrivée à 12 heures. Soir, cantonnement Hospice Sainte-Catherine…. »

 

Le carnet en lui-même comporte visiblement deux parties : les deux ont été écrites après juin 1916, ce qui revient à dire que la première partie est une liste de dates et de lieux, très factuelle.

La deuxième, écrite "à chaud" est le récit détaillé de ces deux années de captivité en Prusse Orientale.

 

 

81…Carnet de guerre d’Edouard OURSEL, brancardier au 236e RI

 

8 septembre 1914, Montceaux-lès-Provins, Seine et Marne

 

« ..Nous marchons en avant nous passons à Monceaux-lès-Provins où a eu lieu la bataille, le village est pillé, toutes les maisons sont démolies par les feux de l’artillerie, c’est effrayant de voir l’effet de l’artillerie, nous voyons des cadavres d’Allemands et de chevaux. »

 

« ..Nous passons à Villeneuve-la-Lionne où l’orage nous prend et nous trempe jusqu’aux os. Nous bivouaquons à Vézier mais on se remet en marche, toujours sous l’eau et nous retournons cantonner à Villeneuve-la-Lionne à 10 heures du soir… »

 

Edouard OURSEL nous relate son parcours au début de la guerre (1914-15), son « travail » de brancardier : La retraite, bataille de la Marne, l’Aisne (Berry-au-Bac, Sapigneul) et en Artois (le Labyrinthe, Neuville-Saint-Vaast..)

 

 

80…Carnet de guerre d’Alphonse FINQUEL, téléphoniste au 372e RI

 

 

7 juillet 1915 au Sudelkopf, Vosges

« Enfin ce jour là c'est presqu'un miracle que l'on soit sorti sain et sauf car plus d'une fois nous l'avons échappé belle. Malheureusement nous avons perdu 45 hommes dans cette affaire, seulement nous avons conservé la tranchée.

Pendant le reste de notre séjour ici nous avons tout transformé notre réseau téléphonique.

L'on a placé toutes les lignes dans les boyaux et en plus nous avons placé une ligne de secours qui était souterraine. Nous avons mis 8 jours pour faire le travail.

Nous avons terminé pour le 14 juillet. »

 

 

Le périple d’un téléphoniste du 372e RI de 1914 à 1916, des Vosges (le Linge, La Croix des Faux) puis son embarquement pour Salonique, la Serbie

 

 

 

79…Carnet de route d’Eugène Martin, brancardier au 16e artillerie

 

Nord de Paris, 2 septembre 1914 :

 « …Tous les habitants quittent leur pays pour échapper aux troupes allemandes. C’est un spectacle vraiment touchant de voir tous ces pauvres gens, vieillards se traînant péniblement, jeunes mères portant leurs enfants dans les bras ou les traînant dans une voiture sous une chaleur caniculaire.

Les vieux territoriaux organisent la défense de Paris ; des champs de poiriers tout entiers sont abattus pour faire un bouclier à nos fantassins.

On devine qu’on a l’intention d’arrêter l’invasion par là. »

 

 

Les combats vus côté artilleurs (ferme de Nogeon, ferme de Confrécourt, plateau de Nouvron, Soissonnais, Verdun…),le dramatique franchissement de l’Aisne sous les bombes, la mort en direct des ses camarades de régiment, leurs obsèques.... Ses « coups de gueule »…

 

 

78…Notes de campagne de Maurice MARTIN du 155e régiment d’infanterie

 
19 septembre 1914, secteur de Bezonvaux (nord de Verdun) :

« .. Le mauvais temps continue ; on entend fusillade un peu partout ; nous avons la permission de faire du feu, Oh ! Alors on est heureux comme des rois ; on sèche un coté pendant que l’autre mouille, enfin on est mieux quand même.

A 12 h. nous mangeons notre viande cuite à l’eau de pluie ramassée dans les trous d’obus, nous mangeons quelques haricots qui nous semblent exquis ; dans un quart de café on trouve environ une petite cuillerée de terre, mais cela ne fait rien, on trouve le moka épatant, car c’est le temps des biscuits et autres bontés comme cela.»

 

Un itinéraire par les combats de Joppécourt (22/08/1914), Courcelles-sur-Aire (10/09/1914), Lacroix-sur-Meuse (oct.14)

 

 

 

77…Mémoires de Jules PIGASSE des 14e et 77ème régiment d’infanterie

 

 

Probablement pour que reste une trace et qu’à jamais nous n’oublions cette période de l’histoire de France qu’il eût à traverser, Jules Pigasse nous a transmis ses mémoires.

 

 

En toute simplicité, il y a noté son parcours, des lieux, les brisques et les batailles sans jamais décrire ce que furent ses difficultés, ses souffrances ni ce qu’il vit et vécût.

 

 

 

 

 

 

76…Carnet de Benjamin CANAC du 140e régiment d’infanterie

 

9 mai 1915 secteur de Berthonval, Artois, la veille de l’attaque

« .. Le soir on nous relève à 2 h pour aller en repos la nuit car le lendemain c’était l’attaque. Nous avons encore pris une bonne cuite.

Réveil à 1 h du matin le 9. Départ pour les tranchées. Arrivés à la pointe du jour, l’on nous a mis dans les tranchées de première ligne.

A 5 h l’artillerie française a commencé à donner pour dix heures juste.

A 9 h ½ l’artillerie s’est arrêtée environ 5 minutes et a repris ensuite jusqu’à 10 h moins 1 minute.

A 10 h exacte tout le monde est sorti des tranchées. Nous arrivons dans leurs tranchées : pas un n’est sorti de son trou.

Nous étions 5 comme nettoyeurs.. » 

 

Un carnet trouvé sur une brocante, publié sur mon site pour le sortir de l’oubli ; Août14 – août 15, Les Vosges, l’Artois

 

 

75…Campagne de Léon CLAUDE du 38ème régiment d’artillerie

 

« ..Le destin qui m'avait conduit d'Italie en Grèce, de Serbie en Bulgarie, de Roumanie en Russie, puis ramené de Turquie, par la Méditerranée, à mon pays de France et à mon petit village de Rupt, a voulu, qu'après bien longtemps, là où fut toute ma vie, ces lignes fussent écrites à partir de mes récits.

Pour que chacun se souvienne et apprenne par mon enseignement, que loin du pays, rien ne vaut la Patrie et que si les hommes et les paysages sont différents, partout le cœur conduit la vie et ramène à son clocher les enfants partis au loin. » 

Léon CLAUDE, après la guerre…

 

 

74…Témoignage de Sebran TESSIER, ambulancier au 26ème RAC

 

27 août 1914, Aslon, frontière belge

« …Nous sommes repassés à Gomery où le convoi se renforça d’autres blessés et prisonniers.

Et l’on se remet en route, nous passons à Etre et quelle impression de voir les ruines du 3ème Groupe de chez nous = tous les caissons et chariots versés, chevaux et hommes tués en telle quantité, que nous passions sept jours après la bataille et que tout n’était pas encore enterré.

Petite ville à peu près trois mille habitant, toute incendiée et pillée, sauf la Mairie et la maison de la Croix-Rouge, même l’église fut incendiée et ainsi tous les pays que nous avons passés, sauf Arlon, capitale du Duché Belge, très belle petite ville de Belgique, où nous sommes arrivés à 3 Heures du matin… »

 

 

Le soldat Sebran Tessier a été cité comme témoin à Genève des exactions allemandes commises à l’été 1914 à l’hôpital de campagne de Gomery (Belgique) dont les blessés français ont été assassinés par les troupes allemandes

 

 

73…Mémoires d’un artilleur, Paul BERNIER, officier au 2ème régiment d’artillerie de montagne

 

 

Secteur de Verdun, 18 juin 1916.

« ..Il y a eu deux fois alerte cette nuit, et deux fois on a déclenché les tirs de barrage; c'est formidable et indescriptible. De tous côtés, les lueurs des coups de canon se succèdent d'une façon ininterrompue comme un scintillement perpétuel et le tonnerre de toutes ces pièces fait un roulement absolument continu; les obus sifflent, ronflent, au-dessus, à droite et à gauche, une brume générale s'étend sur toute la contrée et là-bas, au loin, c'est l'autre grondement de l'éclatement simultané des milliers d'obus sur les lignes ennemies qui sont submergées dans un enfer de feu, de fusées et de mitraille d'où les fusées éclairantes et les fusées de signal ont peine à émerger..

« .. Cela dure une demi-heure, quelques fois plus si l'ennemi a pu sortir malgré cela et s'il faut continuer l'arrosage. Puis les coups s'espacent; les fusées cessent, et le calme renaît, c'est-à-dire qu'on n'entend plus voler que les obus espacés qui vont de part et d'autre frapper les deuxièmes lignes, gêner les ravitaillements, la circulation intense des relèves, des cuisines, des munitions, des matériaux, qui se hâtent sans arrêt pendant toute la nuit d'apporter aux tranchées de première ligne et aux batteries le stock indispensable pour pouvoir continuer le lendemain avec la même âpreté cette terrible lutte... ».

 

Sous-lieutenant, puis lieutenant, à la 1ère Batterie du 2ème Régiment d'Artillerie de Montagne, il prit part aux combats aux abords de Nancy, avant d'être envoyé dans les Vosges (Reichsacker, Linge).

Après cinq mois à Verdun, de juin à octobre 1916, sa batterie rejoignit l'Armée Française d'Orient, à Salonique, puis occupa diverses positions en Grèce et en Serbie.

Muté, en 1917, à la 8e Batterie du 19e Régiment d'Artillerie de Campagne, et nommé capitaine, il participa à la campagne qui vainquit les Bulgares et fut blessé en octobre 1918.

 

 

 

 

72…Carnet de guerre d’Alexandre GAUDON, soldat au 32ème régiment d’infanterie

 

Secteur de La Fère Champenoise, 8 septembre 1914 :

« .. L’on essaye d’apporter le Capitaine à 4 par la droite qui se faisait arriver à une arrête de terrain. L’on est entre 2 feux de l’ennemi qui tire de chaque côté et par derrière.

Obligés de laisser le Capitaine dans un bois de sapins, sur 4 que l’on était pour le sauver, 3 sont tombés et moi le dernier, une balle me frôle la cuisse en perçant ma capote.

Fuite parmi les balles qui donnaient des 2 côtés et le feu d’une mitrailleuse. A chaque instant, mes camarades tombent criblés de balles. Le sous-Lieutenant Daras tombe blessé d’une balle qui lui traverse la figure par les joues.

Joubert tombe mort d’une balle à la tempe…(…)

Les gendarmes menacent de revolver ceux qui reculent encore.»

 

L’itinéraire d’un soldat du 32e RI, villages après villages (Lorraine, bataille de la Marne puis Belgique, Ypres), combats après combats ; des écrits brefs, précis et réels.

 

 

 

71…Notes de Guerre d’Albert THEVENIAUD, caporal au 205e Régiment d’infanterie

 

Crécy-le-Château; 30 août 1914 :

«  L’assaut va être tenté en masse par les 3 bataillons (205ème et 148ème) ils nous restent que deux mitrailleuses pour préparer le travail ; et encore les chevaux sont tués, les servants ont bien du mal à arriver au plus de la route. Enfin, le clairon se fait entendre et nous voilà partis. Nos deux pièces crachent bien et cela nous encourage. Nous sommes serrés et la route monte terriblement ; ce qui nous retarde. Nous avons un moment d’espoir, l’ennemi cesse de tirer pendant quelque temps ce qu’il nous fait croire qu’il va déguerpir. Hélas, ce n’est qu’une ruse, ils ont simplement déplacé leurs pièces, et c’est avec un feu terrible qu’ils nous reçoivent en enfilade au bout de la route.

Ils nous tuent à bout portant et rien pour s’abriter.

Ah si nous avions seulement un peu le 75 avec nous, nous aurions le passage ; car enfin ce n’est que de la cavalerie… »

 

Notes de guerre d’Albert THEVENIAUD, participe aux combats d’août 1914 de Grand-Fayt, Séry-lès-Mézières, Hamégicourt, Coucy-le-Château, puis est fait prisonnier le 2 septembre 1914 après le carnage de Neuville-sur-Ailette, où un régiment d’artillerie a été détruit.

 

 

 

70…Correspondance de guerre d’Emile NUSSBAUM, caporal au 371e Régiment d’infanterie

 

Burnhaupt, Alsace, janvier 1915 :

« Il était minuit et demi il en sortait par centaines des caves, nous étions 2 compagnies contre un régiment. A partir de ce moment jusqu’au jour ce fut un carnage, une tuerie épouvantable. Je ne pourrais pas te dire juste ce qui s’est passé seulement le 11ème que j’ai embroché m’a appelé « salop » en bon Français, j’étais fou. Nous n’avions plus de cartouches, je courus ou je savais en trouver et je rapportais une caisse de cartouches que je distribuais au hasard à ceux que je trouvais…

Depuis j’ai été trois jours étendu dans une ambulance on croyait à ma folie, mais aujourd’hui c’est passé, je tremble encore mais c’est passé. »

 

Série de lettres du soldat Emile NUSSBAUM, quelques une poignantes : combats de Mulhouse, Burnhaupt, le Vieil-Armand, son départ pour Salonique..

 

 

 

 

 

69…Carnet de DELEUZE Paul, ordonnance d’un officier de la 65e division d’infanterie

Le 30 septembre 1914 :

«.. Les journaux d’aujourd’hui racontent que le gouvernement fait préparer des tricots, des…., et des gants de laine pour les soldats. Ils n’auraient pas sans doute l’intention de nous faire passer l’hiver ici, ces messieurs !

Cà serait bigrement terrible et qu’est-ce que ce sera s’il faut rester encore trois ou quatre mois…»

 

Samedi 5 septembre, 5 h du soir.

« …Comme nouvelles, on dit que le 1er septembre, il y a eu des artilleurs du 38ème de NIMES, qui ont eu peur et qui se sont enfuis avec leurs chevaux, laissant sur place les canons et leurs servants.

Le lendemain, on en aurait fusillé 75 aux environs d’ETAIN. On dit aussi que le 312ème de ligne aurait refusé de marcher au moment de combattre : le Général a été obligé de mettre revolver au poing pour les obliger à marcher. Cà n’a pas réussi, alors il a dirigé sur eux deux batteries d’artillerie et ils se sont décidés à la fin de la journée… »

 

 

 

 

 

68…Carnet de section d’Hervé CUEFF, Sergent, commandant la 3ème section de la 3ème Compagnie de Mitrailleuses, du 118e Régiment d’Infanterie

 

 

Il s’agit d’un carnet de section, court, mais néanmoins très intéressant, avec de nombreux détails sur les hommes qui composaient une section de Mitrailleurs : Noms, prénoms, profession…armes, outils…

 

 

 

 

 

67…Carnet de guerre de Charles HOMAND, mitrailleur au 169ème d’Infanterie

 

 

Vision de guerre

  « .. Le dos courbé, le regard aux aguets , les doigts crispés au fusil, nous avions franchi au pas de course des fossés vaseux, des boqueteaux où les arbres fracassés par la mitraille semblaient attendre le coup de grâce, des chemins que la déroute des canons avait labouré, des enclos où l’on eut dit que s’était abattu un ouragan de grêle, où des cadavres aux pieds nus aux faces d’épouvante pourrissaient sur un tapis de mirabelles, assaillis par des nuées de mouches bleues, nous nous étions élancés vers le brave innocent qu’avait supplicié l’ennemi. ce n’étaient que le long de la route qui montait lumineuse vers les vignes que des squelettes rouges et noirs de maisons, que des pans de murs calcinés, que des amas de décombres, que des ferrailles tordues, que de pauvres meubles  brisés, que des tonneaux défoncés.

 

   A l’orée du village apparaissait la façade aux brèches béantes de ce qui avait été un château, des terrasses, des charmilles, des arceaux de roses et comme un moignon de géant, le vénérable clocher à moitié effondré dont ne survivaient que la rosace et le cadran de la pendule. Soudain dans ce silence de nécropole, tintèrent graves, espacés, solennels, les douze coups de midi. »..

 

 

 

 

66…Carnet de BOUVE Anatole, Lieutenant au 110e RI de Dunkerque

Le 12 septembre 1914 :

« .. – Quel temps – pluie – vent – marche à travers champs de vigne, de betteraves, etc. …et pendant la nuit. Quelle belle manœuvre – quels canons – nous n’avons plus rien à faire – Les 75 déblaient le terrain, nous n’avons qu’à avancer. A 9 H ½, entrée triomphale dans Reims –  Que de prisonniers ! Que nous sommes contents ! Les soldats les regardent défiler avec calme. S’ils pouvaient nous traiter comme nous le faisons au moins !

5000 prisonniers sans un coup de fusil et sans un blessé de notre côté ! C’est admirable !.. »

 

BOUVE Anatole est désigné pour conduire un détachement de 500 hommes pour renforcer le 110e et le 310e

 

 

 

 

65…Carnet de route de Charles NICOLAS, muletier au 210e Infanterie

 

 

 « …Le 08 avril 17, jour de Pâques, nous avons mangé 5 tortues, un hérisson, du singe et du riz ; nous avons fumé un cigare à quatre et bu une bouteille de vin vieux à 12. Si çà n’avait pas été le hérisson et les tortues, nous aurions fait une grosse ceinture !

 

Le 15.04.17, toujours au Malissa : j’ai été malade jusqu’au 20 ; j’avais 39° de fièvre et pendant ces cinq jours, nous avons été englouti sous la neige : on ne pouvais sortir de dessous les toiles et nous n’avions rien de chaud à manger pendant ces cinq jours sans pouvoir allumer un feu à cause du vent et de la neige.

Cinq jours de souffrance et de martyr.

 

La campagne d’Orient de 20 mois d’un soldat du 210e RI. Salonique, le Vadar, Fleurina, Monastir, les combats dans les montagnes enneigées

 

 

 

64…Lettres de Robert Fournier (adjudant-chef au 158e RI)

 

20 février 1916

« ..Ma chère Germaine

Un petit mot pour vous dire avant de vous embrasser que nous embarquons ce soir pour destination inconnue. La bataille fait rage vous le savez sur Verdun.

 

Peut-être allons-nous à la rescousse. Hourra !.. »

 

 

 

63…Carnet de campagne de Jean LAFONT, soldat au 238e Régiment d’Infanterie

20 août 1914, Flaxlanden, Vosges

« …Le 97ème poursuit l’ennemi avec le 96ème et le 157ème ; le 281ème et le 252ème sont au repos .Il y eut 3 attaques à la baïonnette. Français hors de combat ou blessés : 800 à 1000 .Allemands mis hors de combat : 3 à 4000 environ.

    La bataille a cessé à 21 heures. Les allemands ont ramassé leurs morts et leurs blessés jusqu’ 4 heures du matin. Morts français, peu nombreux.

Le régiment évacue le champ de bataille à 17 heures.

Les allemands pansent nos blessés et ils font prisonniers ceux qui peuvent marcher… »

 

 

 

 

62…Carnet de route de l’artilleur Alexandre DELOUCHE du 108e Régiment d’Artillerie Lourde

 

Ferme de Ferrière, Fay-le-Noyer, Aisne, 27 octobre 1918

« …En me dirigeant sur la ferme de Ferrière je cours les champs. Je savais que la lutte avait été chaude mais je ne m'attendais pas à tant d'horreur. Un peu avant la ferme 3 lignes de tranchées servaient d'appui à l'ennemi.

Celles-ci sont remplies d'équipement - de fusils - fusils mitrailleurs - mitrailleuses - minnenwerfen - casques etc… et aussi de nombreux trop nombreux cadavres aux visages douloureux. J'ai le cœur serré en regardant ce terrible résultat de la guerre.

Les Français sont aussi nombreux que les boches.

Des tirailleurs sont étendus sur le terrain, tout équipés.

Dans les tranchées certains morts sont debout appuyés au parapet. D'autres couverts de sang, le corps ou le crâne ouverts gisent près des abris ou sur le bord de la route. Ces malheureux sont jeunes pour la plupart.

Ils vont rester ainsi plusieurs jours ainsi sans sépultures. Et je songe que chacun a dans son pays respectif une famille qui pense à lui et qui attend son retour…. »

 

Carnet de campagne de fin de la guerre, pendant la retraite allemande, d’août à octobre 1918

 

 

 

61…Carnet de route du pontier André BOURRICAUD, soldat au 2ème régiment de Génie

 

Mars 1918, cote 304 ;

« ..J’alla faire des travaux de galerie à abris mitrailleuse entre Esnes et cote 304, plus tard, j’alla au tunnel Bismarck, travaux remarquables de l’ennemi pris par nos troupes en septembre 1917, ensuite je passa 8 jours à la surveillance et l’entretien du tunnel du Kronprinz plus remarquable car avant nos attaques de septembre 1917, ce tunnel faisait de 11 à 1200 mètres de long sur 3 mètres 50 de large et 2 mètres 20 de hauteur.

Il consistait également d’un petit train sur voie de 0,60 centimètres qui évacuait leurs blessés lors des grands combats de Verdun. Il y avait aussi une brasserie de bière où depuis notre attaque de septembre 1917 nous avions crevé une partie du tunnel près du ruisseau des Forges.

 

Donc, dans cette brasserie, il était resté une quantité de cadavres ennemis ainsi que dans une salle d’opération aux blessés. Donc, après cette attaque de septembre, nous n’habitions plus que 6.25 mètres de long dans ce tunnel du Komprinz.

 

Sur cette distance, il y avait 10 différentes sorties de droite et de gauche ainsi qu’une superbe salle de machine avec trois moteurs électriques, salle de réparation, etc… vraisemblablement l’éclairage du métropolitain à Paris… »

 

Le parcours d’un soldat du Génie, durant toute la guerre.

 

 

 

60…Carnet de route de Victor CADART, soldat au 41e artillerie

 

 Aisne, 7 septembre 1914 :

« …Là nous sommes sur un champ qui borde la route de Montmirail où a lieu une attaque des français très sérieuse l’on voit des voitures de blessés qui se dirigent sur la gare de Sézanne, puis une centaine de prisonniers Allemands escortés par des gendarmes à cheval, une heure plus tard c’est encore cinq prisonniers qui sont escortés par un maréchal des logis de chasseur à cheval et deux civils armés de bâtons qui les ont fait prisonniers eux-mêmes ; le canon n’a cessé de gronder toute la journée et une partie de la nuit,.. »

 

Le parcours (1914-1915) d’un soldat du 41e régiment d’artillerie de Douai

 

 

 

59…Carnet de route de Joannès DESSERTINE, soldat au 372e RI

 

Frontière grecque, 16 décembre 1915 :

« …Les terrains sont pleins d’eau. De la boue jusqu’aux genoux.

Jamais nous n’avons eu aussi mauvaise route. On en a marre et il pleut dur. Quel temps de misère. Enfin à 5 h du soir nous arrivons dans un pays où il n’y a plus une seule maison debout.

Nous dressons nos tentes sous la pluie dans le terrain mouillé et plein d’eau.

Quelle triste nuit nous passons.

Nos effets tout mouillés et point de bois pour faire du feu.

Quelle misère !... »

 

Le carnet de campagne d’un soldat de l’Armée d’Orient, son arrivée à Salonique, la vallée du Vardar, la guerre contre les Bulgares…

 

 

 

58...Poèmes de Victor VALET

Puis pénétrant chez nous, ce ne fut que carnage

Massacres, Assassinats, Viols, tous les méfaits

Ce n’était plus des hommes c’était de vrais sauvages

Jamais l’histoire n’enregistra de tels forfaits

O ! Très Haut use donc de ta toute Puissance

Pour détruire à jamais ce peuple de proscrits

Quoi ! N’aimerais-tu donc plus notre belle France

Pour la laisser aux prises avec de tels bandits

 

 

 

 

57…Carnet de route de Pierre DUCHEZ, soldat aux 159e et 359e RI

 

 

Son carnet est très succinct, il n’indique que les dates et les lieux qu’il a fréquentés avec parfois une petite annotation.

 

 

Mais il donne une indication sur le chemin que pouvaient parcourir les combattants à cette époque et il englobe la totalité de la guerre.

 

 

 

 

 

 

56…Journal du soldat Pierre BEAU des 175e, 176 et 287e RI

 

« …Nous sommes descendus la nuit dernière à Monastir pour quelques jours de repos…

Nous avons visité la ville qui n’a rien d’extraordinaire, et nous avons surtout cherché de quoi varier un peu notre ordinaire. Mais nous n’avons trouvé que du lait à 1 f. 20 le litre, des œufs à 0,60 et 0,75 pièce. Le sucre est paraît-il à 28 francs le kilo !!!....

 

« ..On parle du vandalisme des soldats allemands mais que devrait on dire des Français ? Tous les villages que nos troupes ont traversés ont été littéralement pillés par elles. Les Autrichiens en se retirant n’avaient touché à rien et les Français en avançant ont fait main basse sur tout ce qu’ils trouvaient : bétail, chevaux ou ânes, légumes etc. Un soldat du 372ème a même tué un Albanais pour avoir son âne… »

 

L’itinéraire de Pierre BEAU à Salonique, Monastir, les Montagnes d’Albanie et de Macédoine, la faim chronique et sa maladie qui le ramène combattre en France au sein du 287e RI

 

 

 

 

55…Carnet de campagne de Victor PIERRARD du 45e RIT

 

« …Journée de deuil pour la Cie ; à 9 h un homme revient des tranchées de St Maurice et nous apprend que le sergent Bonneville vient d’être tué par une balle en plein cœur.

Pauvre garçon, tout le monde est suffoqué, c’est la première perte à la Cie. Bonneville est domicilié à Blagny et a 3 enfants. Pauvre veuve et petits enfants. Ce soir nous le ramènerons des tranchées au bureau et le veillerons toute la nuit. Lanceraux est demandé pour venir faire le service demain matin et il sera enterré au cimetière de Braquis. Un cercueil lui est fait et une croix de bois sur sa tombe, dernière consolation pour les siens qui pourront venir le reprendre après la guerre. Quelle tristesse en pensant ne jamais revoir ceux qu’on aime et pour lesquels il ne reste que pleurs. Enfin tous ceux qui seront tombés n’auront pas leur tombe individuelle et beaucoup de femmes et parents ne sauront jamais où leur cher disparu repose pour toujours.

Tomberai-je ? A la grâce de Dieu. J’ai le ferme espoir de revoir ma Marie et mes chéris, mais que peut-on dire ? Et eux, les reverrai-je ?? Je ne sais toujours pas ce qu’ils sont devenus !!!!.. »

 

Le carnet de campagne quotidien d’un sous-officier de la territoriale (1914-1915), en Woëvre.

 

 

 

 

54…Carnet d’Eugène CHAUSSON

Péripéties aux abords de Reims et aux environs, la vie des civils sur Reims et Paris ; 1914-1919

 

 

 

 

 

53…Carnet du Lieutenant RAFFIN des 42e RIC, 17e et 57e Chasseurs

 « …Par bonds successifs, et sous une pluie de balles, nous avançons jusqu'à la crête d'où l'on aperçoit, au loin, et bien difficilement, quelques groupes d'allemands.

 

La fusillade est intense de part et d'autre ; nous tenons jusqu'à 8h, puis nous faisons un bond encore jusqu'au fond de la vallée où il y a un ruisseau ; nous restons dans l'eau un bon moment, puis presque sans pertes, nous arrivons à la crête suivante sous une pluie de balles…

 

 

 Le carnet du début de la guerre, jusqu’à sa blessure pendant la bataille de la Marne….

 

 

 

 

52…Lettres d’Ernest BENOIT, brancardier au 81ème Territorial

« …Nous avons fait cette nuit un prisonnier, or, bien qu'on prétende qu'ils crèvent de faim, je t'assure que celui-là avait une mine superbe; Grand gros et gras et infiniment plus propre que nous, car nous sommes ignobles, tous couverts de boue de la tête aux pieds (sans aucune exagération), pas lavés, pas rasés, j'ai une barbe bientôt aussi longue que celle de Paul !...

…Ce qu'il y a eu de curieux, c'est la nuit du réveillon; les Boches et nous même avons chanté; les Boches ont même joué de l'accordéon et je crois bien de l'harmonium; et chanté des chœurs le tout fort bien et très intéressant…

..A part ça, tout va bien, nous progressons sur tout le front comme dit le communiqué d’environ 30 centimètres par mois. J’espère bien que dans 175 ans la guerre commencera à tirer à la fin !.. »

 

Le « séjour » du 81e RIT, en Artois, fin 1914 début 1915, au travers des lettres d’Ernest BENOIST

 

 

 

 

51…Carnet de tranchée de Toussaint PICARD du 269e Régiment d’infanterie, puis pilote d’avion

 

« …C’est tout de même une chose horrible que la guerre, vivre ainsi retranchés comme des rats, ne sortant que la nuit ; dans une saleté repoussante, n’ayant pas d’eau pour se laver, on est obligé de garder le boue et la crasse sur soi, les puces habitent sous les abris et nous empêchent de dormir. L’air des abris est infect et humide… »

 

Son carnet de tranchée, ses impressions en le terrain après le recul des Allemands, début 1917, Bitry, Moulin-sous-Touvent, Trosly-Loire,

 

 

 

 

 

 

50…Mémoires de François SOMME, soldat aux 406e et 24e RI

 « ..Pour vous représenter le terrain de bataille en avant de Verdun regardez les paysages lunaires ou une éponge, c’est à peu près cela, après quelques jours passés ainsi le temps s’était mis à la gelée nos vêtements trempés étaient raides comme du bois sur nous, pour monter sur le parapet de la tranchée minuscule il me fallait prendre mes jambes à deux mains tellement elles étaient raides.. »

« ..aussi lorsqu’on venait en permission à Paris, dans le métro ou le tramway on n’avait qu’à se gratter un peu pour avoir de la place tout le monde s’écartait.. »

 

Ses mémoires ne décrivent pas (volontairement) les combats, mais plutôt quelques scènes de « vie » dans les tranchées (Verdun, le fort de Souville, Perthes les Hurlus, Tahure..), les obus, le froid, la faim,les poux…  

 

 

 

 

49…Lettre d’André BONNEAU du 176e RI, narrant le combat du 6 juin 1915 aux Dardanelles

 

 

« ..A 11 heures ¼ nous partons à la baïonnette, nous sommes comme fous, figurez vous qu’avant de charger, nous avons bu 3 quarts de vin et 1 de rhum.

 

C’est une mêlée terrible; nos obus éclatent à 100 m par devant nous, faisant de terribles ravages dans les rangs Turcs...”

 

Courte lettre écrit depuis l'hôpital de Toulon le 19 juin 1915, où il a été évacué après une blessure survenue aux Dardanelles le 4 juin 1915.

 

 

 

 

 

 

 

48…Journal du maréchal des Logis Eugène ALBERT du 29e Régiment d'Artillerie

 « …J’ai passé une très mauvaise nuit sur mon avant train, j’en ai mal aux reins, mais on n’a pas le temps de se retourner, vite a cheval et rapidement, nous allons mettre en batterie d’aussitôt nous ouvrons le feu sur les Boches qui essaient une contre attaque, car la nuit ils ont repassé la Meuse.

Il est 5 heures nous avons comme objectif le bois d’Yoncq, nous tirons à 2000m, 3400 puis 4000 nous avons fait paraît-il du fort beau travail avec l’aide du 52è et du 3è artie coloniale et du 2è art. lourde (155).

Jamais je n’ai vu tant d’artillerie en action sur un front de 900 m on compte 108 pièces qui crachent en veux-tu en voilà. Les marmites font leur apparition, c’est ainsi que nous avons baptisé leurs gros obus… »

 

Un artilleur nous décrit ses premières impressions en arrivant sur le champ de bataille en Belgique. La retraite, la bataille de la Marne, (Vitry le François, Thiéblemont), le bois de la Gruerie, Vienne le Château…jusqu’à son décès à Verdun

 

 

 

 

 

47…Album photos de Georges Auguste LAMY, du 110e Régiment Territorial

En Woëvre, près de Belfort, Bourogne, fort Mont Bart, le chant du 110e RIT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

46…Carnet de guerre de Clovis BERNIER, sergent au 94e Régiment d’infanterie

 

6 septembre 1914 :

« .. Aussitôt avec des pelles bêches, l’on se construit chacun une petite tranchée, plusieurs camarades sont tués ou blessés. L’on donne l’ordre de nous porter en avant coûte que coûte. Nous marchons et allons occuper un petit bosquet à 300 m de la crête, et la section se pose en tirailleur à la sortie de ce petit bosquet.

L’ennemi est à 200m, les balles sifflent, nous exécutons plusieurs feux, mais bientôt plusieurs groupes de tirailleurs placés à notre gauche en terrain découvert dans un champ de betteraves se replient sur nous. Le mouvement est vu par l’artillerie ennemie qui aussitôt balaie le bois avec ses 77mm.

En ¼ d’heure de temps le bosquet est fauché. La moitié de la section y reste, autant en tués qu’en blessés. Je suis culbuté par le déplacement d’air fait par un obus et reçois un Schrappnel au pied gauche (en dessous) qui me coupe toute la semelle. Je ne ressens qu’une contusion. L’adjudant est blessé mortellement, il n’y a plus moyen de tenir.

 

Les combats de Villeneuve-lès-Charleville, Chapton, durant la bataille de la Marne..Ses combats en Belgique, sa capture durant les furieux combats du 22 janvier 1915 à Fontaine-Madame dans le sanglant bois de la Gruerie.

 

 

 

 

 

 

45…Album photos de BLANCHARD Pierre Louis, 2ème escadrille, SAL 273 équipée d'avions Salmson, escadrille d'observation du 38ème Corps d'Armée

 

    Quelques photos d’aviation de l’escadrille

 

 

 

 

 

 

 

 

44…Carnet de marche du sous lieutenant Jules DURAND du 51e Régiment d’Artillerie

 

  « Comme nous apprenons la fuite du 17ème corps ; on parle de grandes pertes au 116ème et au 118ème et nous sommes tous consternés de revenir en arrière. A 17h nous recevons l’ordre d’aller ravitailler à 1km au nord de Bouillon ; nous allons passer la frontière, quelle joie !

Les hommes ne mangent même pas leur soupe pour partir plus vite.

  A 17h20 nous partons par Angecourt, Remilly, le pont de chevalets sur la Meuse, La Moncelle, Givonne et la Chapelle où nous arrivons à 23h. Il y a beaucoup d’ambulances et un chef d’Etat Major nous donne l’ordre d’arrêter le ravitaillement étant fait.

 

Son carnet, son itinéraire en Belgique, Aisne, Marne, Somme, ses impressions sur la guerre..

 Il est décédé le 2 mars 1916 à Bouy (Marne)

 

 

 

 

 

 

43…Carnet de route de QUINTARD Roger, téléphoniste, 7° Groupe du 106° R.A.L.

 

    Une succession de date et de lieux où le téléphoniste QUINTARD Roger s’est déplacé avec son régiment d’artillerie durant la guerre.

 

Son carnet du début de la guerre

 

 

 

 

 

 

 

42…Carnet de guerre de Claude PARRON Du 44e puis 26e Régiment d’Infanterie

 

  « Comme il était forcé ces pertes furent grandes et on peu dire qu’il perdit près de huit milles hommes dans ce plateau maintenant inoubliable qui s’étend de Souchez à Arras, mais il avait encore une fois fait sa large part de son devoir et plus tard ce sera encore du blé de France qui poussera dans ce fertile terrain que tant de braves auront racheter au prix de leur sang et de leur peine et j’aurai voulu qu’on les voit monter à l’assaut des tranchées barbares.

Aussi vous voyez mes amis tel sont les résultats de la guerre et surtout de la terrible guerre qui met les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe qui se disent civilisés et qui cependant font les plus terribles choses qui ne se sont jamais vu. »

 

Son carnet de 72 pages du début de la guerre…la description tragique des treize jours de combats en Artois, en mai 1915, au Labyrinthe où son régiment, le 26e RI, perdu le 1/3 de son effectif… ses critiques et pensées..

 Il est décédé le 31 août 1919 à Villeneuve (AIN), de la tuberculose, probablement une suite de la pleurésie chronique contractée dans les tranchées.

 

 

 

 

41…Carnet de guerre de Léon FONDER, musicien-brancardier du 150e RI 

 

    Un chasseur à pied de St Mihiel, nous raconte le fait curieux qui s'est passé hier : à la suite d'une escarmouche entre patrouille Française et Allemande, 6 chasseurs à pied se sont trouvés égarés, leur lieutenant fut tué et un d'entre eux fut blessé d'une balle dans le mollet, ils parviennent à se sauver et pénètrent dans une grange et se fourrent dans le foin.

Les Allemands, sachant qu'ils sont dans les environs, fouillent les granges. Ne trouvant rien, ils arrivent dans la leur et piquent leur baïonnette dans le tas où étaient les chasseurs à pied, mais ne les découvrent pas et se cantonnent dans la grange.

C'est alors qu'à la nuit, les chasseurs à pied se lèvent, et empruntent les effets des allemands pour s'en revêtir et c'est ainsi qu’ils se sauvèrent. Les allemands, à leur réveil fouillèrent dans toute la ferme, ne trouvant pas leurs fringues. Mais est-ce vrai ? Ils incendièrent plusieurs maisons avant de se retirer…..»

 

Son carnet du début de la guerre…

 

 

 

40…Carnet de guerre de Thomas GASTON, sergent au 352e RI

 

   « Nous restons dans cette fosse et les copains s'emparent de la distillerie ; il est 18 heures, le canon s'arrête et on entend plus que quelques balles sifflées à nos oreilles mais nous sommes sourds à cause du bruit des obus que nous entendons depuis le matin……. Nous commençons à manger le pain que j'ai trouvé, nous sommes obligés de retirer la croûte pleine de sang, je n'ai pourtant jamais fais un si bon repas avec mon copain Vuillaumé, on nous apporte également du mouton que l'on a récupéré dans la ferme, ce mouton était blessé ou tué mais quelle importance, on le fait rôtir sur les restes de flamme de l'incendie de la ferme de Nogeon...»

« 

Son carnet du début de la guerre, son itinéraire de la Haute Marne, Vosges, Alsace, Somme jusqu’à l’Oise, la description des atrocités allemandes de Reiningue, le combat de la ferme de Nogeon durant la bataille de la Marne, son passage dans le Soissonnais, sa capture durant la bataille de Crouy, Buçy le Long…

 

 

 

 

 

39…Souvenirs de Campagne du Chasseur GREC Jean Baptiste du 47e BCA

 

   « … Le 13  septembre   départ 4 h. prenons position dans petit village évacué à peine  par l’ennemi et croyant avoir à faire avec l’ennemi, l’artillerie nous tire dessus ; avant de pouvoir s’abriter nous avons 35 blessés du Bon. Toujours rien à manger, quelques pommes de terre, commençons à faire la soupe une alerte et il faut tout abandonner sur place toujours sans dormir.

La bataille continue par l’artillerie l’ennemi se replie vers le nord. Passons la nuit sur le champ de bataille sous une pluie battante, nous couchons dans la boue sans manger.                                                                                                                        

»

Ses feuillets retraçant jour après jour son itinéraire du Var jusque l’Oise, la poursuite de l’Armée allemande en septembre jusqu’a son décès dans le secteur de Vingré dans l’Aisne.

 

 

 

 

38…Carnet de guerre de Paulin Bert du 38e Régiment d'Infanterie

 

 « …Avec quelques camarades, nous sommes les plus avancés au fond du village, dans un atelier de forgeron. On tire chacun notre tour par une petite fenêtre, on a du plaisir car chaque coup porte.

Sans se soucier de ce qu’il se passe dehors, on tire toujours sur les Boches qui avancent en colonne par quatre, ça nous permet de taper dans le tas.

Mon fusil est tout rouge ! J’ai tiré plus de 300 cartouches… »

 

Son carnet avec quelques descriptions de combats de village : Roville-aux-Chênes, Machemont, Ribécourt, Marfaux ….

 

 

 

 

37…Julien BOURE, soldat aux 315ème et 103ème Régiment d’Infanterie

 

"...Nous passons par le « Faubourg Pavé ». Personne n’a envie de plaisanter quand nous voyons sur des planches arrachées à des portes ou à des volets, écrits en lettres de sang, l’inscription « chemin de l’abattoir », car nous savons que pour être relevé du  front dans ce secteur, il faut 80% de pertes.

       En chemin nous croisons de pauvres Noirs revenant de l’attaque du 24.

Beaucoup n’ont pour seule arme qu’un coupe-coupe, car, ils ne savent pas se servir d’un fusil. Ce sont des Africains que l’on a tirés de leur brousse et qu’il faut utiliser avant l’hiver. La plupart ne parlent pas français. On raconte qu’ils ont pour consigne de ne pas faire de prisonniers, qu’ils n’en font pas et que certains ont même dans leur musette une tête tranchée.."

 

Verdun, l’arrivée au fort de Douaumont….

 

 

 

 

36…Jean Marie MARCHEGAY, 1ère classe au 100ème Régiment d’Infanterie

      « On découvre une cave de champagne à Reims où il y avait plus de 10.000 bouteilles.

Toute la nuit, on en apporte.

Le lendemain on en fait sauter 200 bouteilles avec des grenades.

– On monte en ligne, relever les «bicots» qui partent à la grande offensive de la Somme.

– Le 28 au soir, on monte le champagne avec nous : tous les jours, pleins comme des huîtres.… »

 

 

Son carnet de route des deux dernières années de la guerre, au sein du 100ème RI …

 

 

 

 

35…Caporal Maxime CARON du 80e régiment d’infanterie

   « Sur la route glissante et par un froid de -20° on s’avance péniblement, vite quand même car on perçoit les halètements des respirations. Chacun un bâton à la main par ces chemins désolés, on a bien l’aspect de malheureux mais malheureux résignés qui ne veulent pas paraître tristes. Pendant plus d’un quart d’heure on marche de cette allure folle, particulière aux gens nerveux, décidés d’un grand coup ou alors d’en finir pour toujours… »

 

 

La montée en premières lignes à Verdun, à la cote 304, dans la neige, une nuit d’hiver 1917. Puis l’attaque, la sortie des tranchées, la course vers la mort …

 

 

 

34…Sergent GUYON des 235ème et 371ème RI

    « Nous avons eu la visite d’un zeppelin le vendredi 5 avril à 2 heures du matin. il a été abattu ½ h après par les artilleries de Catebourm ;il est tombé à 12 kilomètres de Salonique dans les marais...»

 

Les notes du sergent GUYON, son parcours en France puis en Orient à Salonique.

 

 

 

 

33…Aspirant Maurice MALLERON du 168e RI 

   « Ce soir, je l’ai échappé belle. Les Frigolin nous tirent à pigeon sur la tête Nos bombardiers répondent. Je veux voir lancer un pigeon. Je m’approche : le coup part, une fumée impénétrable, un bruit assourdissant, une lueur formidable. Le pigeon vient d’éclater. Rien, un tout petit éclat est venu me frapper sous la lèvre et c’est tout !

Quelle veine ! Le tireur, 50 centimètres à côté de moi a trois blessures.»

 

La description, en juin 1917 de sa « cagna », son premier poste de commandement, en Champagne.

 

 

 

 

32…Mitrailleur Henri PETIT du 118e RI  

    « Un spectacle épouvantable s'offrait à la vue, en considérant cette tranchée, que nous abandonnions jonchée de cadavres, certains d'entre eux restés le yeux grands ouverts, d'autres levant les bras et les mains au ciel. Une certaine émotion nous étreignait en entendant les dernières plaintes des mourants auxquels aucun secours ne pouvait être apporté.. »

 

 

La description de son dernier combat dans la région d’Hurtebise, en mai 1918, juste le premier jour de l’offensive allemande qui allait déferler du Chemin des Dames jusque la Marne. Il y sera fait prisonnier.

 

 

 

 

31…Soldat Jean AVEL du 101e RIT  

 

 

   « Les tranchées de Maricourt sont assez confortables mais peu solides.

En revanche celles des officiers sont de véritables chambres, du reste c’est partout la même chose, il n’y en a que pour eux, tant pour la nourriture que pour le confort. »

 

Les notes du carnet de Jean AVEL du 101e territorial décrivent son séjour dans les tranchées de la Somme, à Craonne, avec ses croquis des tranchées. Blessé en « bicycle », alors qu’il portait du courrier sur le Chemin des Dames, il sera réformé.

 

 

 

 

30…Soldat signaleur Georges SIBERT du 99e RI puis du 415e RI

   « Des cadavres sont étendus un peu partout, une tête, un bras manquent. Vision d’épouvante ! Dans le Ravin de la Mort quelques obus tombent sans nous faire de mal, nous passons et nous arrivons enfin. »

 

Son carnet de route, ses classes à Lyon, son inaptitude militaire, puis déclaré apte au 99e RI, puis au 415e RI, en Champagne, dans les Vosges (Vieil Armand), Verdun (sa blessure sous le bombardement), son séjour à l’hôpital.

 

 

 

 

 

 

29…Soldat François GUILLEMIN du 134e Régiment d’Infanterie

   « 4 heures du matin, on entend la fusillade. On part pour Rozelieures où on prend part à un combat acharné. Nous ne pouvons encore résister. Nos obus nous criblent, en fauche 7 de ma section. 1 mort. Chacun se disperse dans les bois. »

 

Son carnet de guerre, les combats pour Sarrebourg, les hécatombes de Rozelieures et de Magnières, les combats dans la forêt d’Apremont, jusqu’à sa blessure mortelle.

 

 

 

 

28…Soldat Marius LESCURE du 56ème Artillerie

    « Nous avons déchargé les munitions sur place et sommes partis à 6h30. Nous sommes passés à Amiens, nous avons fait 3km et nous avons cantonné à Domar en Pontieu. Les gens sont très aimables. »

 

 

Son carnet de route du début de la guerre, puis réformé pour blessure de guerre en Artois en oct. 1914.

 

 

 

 

 

 

27…Soldat Alfred MICARD des 85ème, 281ème, 176ème et 372ème RI

« …Le 25 septembre 17, parti pour Marseille, le 2 octobre, embarqué, traversée de l’Italie, arrivé à Tarente le 9 octobre.

Embarqué sur le paquebot Stymgalet, arrivé en Orient le 10.

Le 13, arrivé en Grèce,à Salonique… »

 

Carnet de campagne d'Alfred Micard, établi seulement en 1919, alors qu'il rentrait en France, car le carnet semble avoir été acheté en Grèce.

Ce n'est pas du "au jour le jour" mais seulement les souvenirs encore récents, quand ils sont encore présents à l'esprit. ..

 

 

 

 

26…Caporal Georges TARDY du 159ème RI, 4ème Génie puis au 226e RI

 

Plus de 380 photos de tous les fronts, Artois, Somme,  Meuse, Vosges, Lorraine,  Marne, Belgique, Allemagne..

Des clichés étonnants : des chars, aéroplanes, pont du génie, canons lourds, boucliers roulants, la DCA,  les premiers fusils mitrailleurs, la fraternisation franco-allemande,  ruines de villages traversés..

 

C’est une partie des photos qui est présentée sur mon site, vous pouvez retrouver TOUTES ses photos et toutes ses lettres, dans un ouvrage présenté sur le site de Bruno TARDY : Lettres et photos de Georges TARDY

 

 

 

 

 

 

25…Sergent Jean Marie CHAUBET du 81e RI

  « Nous partons de Montpellier à 5h40. La foule nous ovationne dans toutes les gares que nous traversons et nous apportent des fleurs ou de quoi manger.

A la gare du Teill on nous offre du café et nous achetons un drapeau sur lequel est inscrit ces quelques mots : Honneur : Patrie 81e   2e section 12e Cie nous jurons qu’il ira à Berlin. »

 

 

Son carnet de route, la mobilisation, les combats du secteur de Lunéville, sa lettre d’adieu à sa mère avant sa mort.

Il a été témoin de la mort d’un capitaine tué par l’un de ses soldats, pendant la retraite.

 

 

 

 

 

24…Lieutenant DOREMUS Fernand, du 366ème Régiment d'Infanterie

  « A la sortie d'Etain, pendant l'horreur d'une profonde nuit, le canon tonne, à l'horizon sept villages sont en flammes les vaches beuglent de partout, les enfants pleurent, leurs mamans les emmenant vers l'inconnu, que de tristes souvenirs et ce même soir nous devions nous replier jusqu'au pied des Eparges, cette montagne de boue véritable enfer quand les minenwerfer déchaînaient leurs bourrasques. »

 

 

Les mémoires (post guerre)  de Fernand DOREMUS, soldat, sous officier,  puis officier commandant la 5ème Cie de mitrailleurs du 366e RI, ses 5 citations

 

 

 

 

23…Lieutenant colonel CHARDOILLET, commandant du 128ème régiment d’infanterie

  «  6 octobre 1915, 5h30, l'attaque se déclenche. dès le début, vers la butte, le colonel Chardoillet qui commande le 128ème RI est tué par un éclat d'obus, son adjoint, le capitaine Leclercq est blessé.

Les deux bataillons du 128ème RI parviennent malgré les pertes à s'emparer de la butte de Tahure et s'y maintiennent"

 

 

L’album de 80 photos d’Eugène CHARDOILLET, il commanda le 128e RI jusqu'à sa mort à la butte de Tahure en 1915

 

 

 

 

22…Docteur Edgard BABIAUD du 123e, puis 323ème régiment d’infanterie

 

L’album photos d’Edgard BABIAUD, médecin.

Beaucoup de noms de soldats sont cités et sont photographiés

 

 

 

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21…Soldat Marcel RATTIER du 204ème régiment d’infanterie

 

« J'aimerais que soit précisé que ces photos ont été prises par Marcel  RATTIER, histoire de rendre hommage à cet homme qui était un amoureux de la photo et qui m'a laissé de superbes albums de famille ! »

 

 

L’album photos de Marcel RATTIER, agent de liaison

 

 

 

 

20…Caporal Pierre HEINE, du 54ème Régiment d'Infanterie

  « Dans cette tranchée, nous avons trouvé un chasseur à pied du 29ème bataillon. Il a le ventre ouvert et gémit douloureusement. Sa blessure, affreuse, laisse voir ses entrailles d'où il retire à chaque instant des brins de paille que le vent y apporte. Le Lieutenant Brizou, qui nous commande, nous interdit d'emmener ce malheureux. »

 

Quelques pages de son carnet où il raconte sa mobilisation, son départ pour le front, les combats de Gercourt, Rembercourt, Beauzée, le départ vers Verdun, les combats de St Rémy en Woëvre

 

 

 

 

19…Soldat Paul POUILLAUDE des 101e, 103e et 113e Régiment d’Artillerie Lourde

  « Puis ils prennent les voitures, les calèches, les chariots, les chevaux, les vaches, les porc, génisses, paille, avoine, fourrages chez divers cultivateurs. On a peine à trouver du pain car ils ont pris les farines et les blés. Beaucoup de maisons sont transformées en hôpitaux car les blessés sont nombreux. »

 

Un travail dans le Nord, à peine 17 ans,sa déportation en Allemagne, prisonnier à Mersenburg et Rastadt, libéré pour son jeune âge,enrôlé dans un régiment d’artillerie.

Ses descriptions de la retraite française, la ruée des colonnes allemandes, son internement, sa libération et la fin de la guerre dans l’artillerie

 

 

 

 

18…Soldat Célestin BLANCHARD du 45e RIT

  « L'exiguïté de notre trou n'en est pas le seul inconvénient. Avant nous, le roi Toto s'y est établi avec sa cour lilliputienne et son armée rangée en bataille.

Et il prétend conserver ses droits de premier occupant. Les rats aussi pullulent. »

 

Religieux et instituteur libre dans le civil, il décrit sa tranchée, son abri, ses messes.

 

 

 

 

 

17…Sergent Yves KERVADEC du 2e Zouaves

   « Tout d’un coup dans la fumée et la poussière d’un obus, j’aperçois un caporal qui tombe à environ 150m de moi et je crois reconnaître Ed. Je cours comme un fou.

Tout me tombe autour mais j’arrive sain et sauf. Ce n’est pas Ed, Je respire, mais c’est un ami et il a les deux bras cassés.

Je coupe les courroies de son sac et je mets son sac soutenu par son fusil pour lui faire un abri et je repars en avant. »

 

D’Oran à Arras, un épisode de la bataille de la Marne (Barcy), la poursuite vers Soissons.

 

 

 

 

16…Soldat Ludovic PLATEL du 109e Régiment d'Artillerie Lourde

    « Ce jour, nous touchons une deuxième couverture et une peau de mouton. Avec ça, cette fois, nous avons bien la tête de sauvage.

Le casque, le masque, les lunettes, ça nous donne une drôle de tête.

Enfin qu'est-ce que vous voulez ! C'est la vie en Orient et ce n'est pas de la petite bière »

 

 

Son séjour au sein de l’Armée d’Orient, l’embarquement pour Salonique, La Grèce, sa maladie, son retour en France

 

 

 

 

15…Sous-lieutenant Jacques PILVEN du 62ème régiment d’infanterie

 

L’album photos de Jacques PILVEN, dans la Somme. sous-lieutenant au 62ème d'Infanterie, mort le 25 septembre 1915 en Champagne à Tahure 

 

 

 

14…Soldat Alfred PISTRE : 121e RIT, 252e puis 358e régiment d’Infanterie

« C'est décourageant, nous sommes dans un état de malpropreté repoussante. Ce n'est plus des hommes, ce sont des amas de boue qui meuvent. C'est avec dégoût qu'on mange le pain trempé et qu'on ne peut protéger de l'eau. J'en vois qui pleurent et qui demandent la fin »

 

La vie quotidienne d’un groupe de poilus dans les tranchées de Lorraine : Badonviller, Pexonne, Ferme du Chamois. Son départ de Béziers, pour le front ;  Des journées passées sous la pluie, la neige, les balles, les bombardements.

 

 

 

 

 

13…Caporal Alfred PARISIS du 287e régiment d'infanterie

« si on peut appeler ça de la viande car il y a des crapules qui s’étaient amusées à désosser la viande que nous devions toucher. Nous avons laissé là ces os, pas de café pas de pain, pas de sucre enfin rien.  »

 

Ses premiers combats, ses désillusions, la mort de ses copains, sa blessure, ses soins :

parcours en Flandres, Maubeuge, Guise, retraite puis bataille de la Marne, Berry-au-Bac, Angers, Quimper..Ses descriptions de villages d'après batailles sont d'une émotion rare et intense.

 

 

 

 

 

 

 

 

12…Soldat Louis LESEUX brancardier, musicien puis téléphoniste du 47e RI

: « Nous vîmes les nôtres sortir de leurs tranchées, se mettre debout et, baïonnette au canon, s’élancer sur les Boches. Ce spectacle-là me restera toute la vie. C’était admirable de courage. »

 

De Saint-Malo à Strasbourg, parcours d’un soldat du 47e RI, carnet d’août 14 à mai 1915  Belgique, Guise, Epernay, Reims, Arras.

Ses croquis de guerre…

 

 

 

 

 

11…Soldat Antoine GRILLOT conducteur de la cantine du 69e Rég. d’infanterie

   « Partout dans les plaines et dans les bois, ce n’est que tombes et trous d’obus. A Mattexey, près du cimetière, une fosse contient 180 à 190 victimes qui appartenaient au 8ème corps : 86ème et 95ème RI »

 

Carnet personnel : Artois, Flandres, l’attaque en Champagne de sept.15, la bataille de la Somme, le Chemin des Dames.. ; il a fait toute la guerre, conducteur , puis cuistot ; il était sur tous les champs de batailles du 69e RI.

 

 

 

 

10…Caporal fourrier Adolphe COUROUBLE 126ème Régiment d’Infanterie :

   « Jour de Toussaint. Beau temps. On craint une attaque générale. Aujourd’hui extra. On paie le cigare à toute la Cie »

 

 

 La vie dans les tranchées à Wez et Courmelois (Reims), puis aux Eparges, tué à Neuville St Vaast (Artois) en sept. 1915

 

 

 

 

 

 

9…Soldat Gaston LEGALLET 319ème Rég. d’Infanterie, 115e Rég. Artillerie lourde et 2ème Rég. d’Artillerie :

   « Le bateau se met en place pour charger des patates. De près, nous voyons le Vésuve en éruption »

 

 

L’Artois, blessure à La Targette, embarquement pour Salonique, téléphoniste en Orient : de 1915 à 1918

 

 

 

 

 

8…Sergent Charles SEVERAC sergent au 215e Rég. d’infanterie :

   « Sur tout le parcours, grand enthousiasme des populations qui nous offrent des fleurs, du vin, de la bière. Cela faisait 8 jours que je n’avais pas bu un quart de vin. »

 

Carnet personnel : Les Vosges, le col du Bonhomme, Les lacs à l’ouest d’Orbey, la région de la tête de Faux

 

 

 

7…Capitaine Pierre MERCIER du 271e RI :

   « Il importe au plus haut point de profiter des circonstances actuelles.

 

A l’heure décisive qui vient de sonner , où se jouent l’honneur et le salut de la Patrie, français, officiers, sous-officiers, soldats, puiseront dans l’énergie de notre race, la force de tenir jusqu’au moment où, épuisé, l’ennemi va reculer. »

 

Carnet de route depuis St Brieuc à St Hilaire, date de ses blessures mortelles

 

 

 

6…Soldat André (?) du 224e RI :

Carnet personnel qui contient des photos avec quelques annotations

 

 

 

 

5…Soldat Elie ALBANHAC des 124e RIT, 312e et 112e RI :

    A Aubin surtout. De toutes les fenêtres des maisons d 'Aubin des mouchoirs, des drapeaux, des mains s'agitent pour nous dire adieu et nous souhaiter un prompt et heureux retour .»

 

De la mobilisation, à sa mort au bois de la Gruerie en juin 1915. Souvenirs retrouvés dans sa maison natale de l’Aveyron, par le nouveau propriétaire anglais.

 

 

 

4…Soldat Fernand DUMOULINNEUF du 76e RI :

   « Nous passons dans Laheycourt qui est en ruine où nous voyons encore de nos pauvres camarades carbonisés. Beaucoup de tombes allemandes, bien distinctes des nôtres par le casque qui les surplombe. Les Allemands ont enterré leurs morts ou tout au moins presque tous, mais pas les nôtres, cette triste besogne est faite par notre génie, et des territoriaux venus de Bar le Duc. »

 

Longwy, Callencourt, Longuyon, Noers, Charpentry, Fléville, Nouart.

 

 

 

 

3…Soldat Amédée MUYLS du 110e RI : 

   « On voyer partout des hommes malades près à mourir le long des routes et des bois.

Ont piller et voler tout sur notre passage pour tenir notre vie, ont nous nourrisser rien qu’avec des pommes et des fois une bouteille de cidre que l’on voler dans des caves car il n’y avait plus d’habitants nul par et tout était abandonner. »

 

Dunkerque, la retraite, La Marne à son ensevelissement par bombardement en 1915

 

 

 

 

 

 

 

2…Sapeur MERLE Jacques Marie du 334e puis 416e RI : 

« On fait des cercueils, cantines, matériel de casernement et en plus du commerce de bouteilles pour les officiers (ville de Reims, voiture volée, brigandage) »

 

Les péripéties d’un sapeur sur le front et à l’arrière ; de 1914 à 1918

 

 

 

1…Capitaine Jean GARNIER, commandant de la 7ème Cie du 2e Bat. de Pionniers du 97e RIT :

48 photos de la Somme, Champagne et autres

 

 

 

 

 

 

 

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