85 CARNETS de GUERRE, Carnets de campagne,

 Carnets de route, Albums photos, Lettres

de Poilus

                                                                                                                                                                                          

    Dans cette rubrique vous y trouverez 85 carnets de guerre, de route, de campagne, lettres de dizaines de soldats de 14/18, qui m’ont été offerts par des descendants (que je remercie encore) pour les publier sur mon site avec leur accord.

 

Je rappelle que ces carnets, ne peuvent être reproduits sans le consentement de leur propriétaires ou dépositaires

 

Vous y trouverez aussi des liens vers d’autres sites consacrés à ce genre de carnets.

 

Si vous voulez y ajouter celui que vous possédez, je peux le mettre en ligne pour vous, contactez moi

 

 

Carnet de guerre d’Edouard MATTLINGER, soldat au 132e RI

18 juin 1916 : Verdun

« ..Nous quittons le tunnel à 8h ½ en marchant en file indienne. Nous grimpons les hauteurs de l’ouvrage de Damloup. Vu sa pente rapide, nous sommes vite fatigués car il ne faut pas s’amuser. Lorsque tout le monde fut en haut, nous nous blottissons du mieux que nous pouvons dans le boyau en attendant que la nuit fût venue. Mais, ce fut angoissant car les marmites nous arrivaient de toute part. Plusieurs hommes jetaient des cris de douleur. Ils étaient atteints par des obus.

Nous nous portons en avant à 9 h ½ sous une pluie d’obus. Les Boches aveint aperçu un mouvement de troupes, aussi, ce fut avec des grandes difficultés que nous arrivons à l’ouvrage du fort de Vaux. Sur mon parcours, je trouvais déjà beaucoup de mes camarades blessés ou déchiquetés pas les obus, mais il n’y avait pas de temps à perdre. Il fallait arriver à la redoute du fort de Vaux.

Enfin, vers 10h ½, nous étions arrivés, tout bouleversés, et tout essoufflés

 

 

 

Carnet de guerre de Victor LUCAS, soldat du 371e RI  

 

Le 5 au soir

« …Avec un camarade, je vais dénicher des corbeaux pour faire une bonne soupe et nous tirons deux pigeons ramiers qui nous ont amélioré notre ordinaire.

Le 11 juin 18 :

Encore 3 pigeons de tirés et ils sont bons.

Nous avons mangé aussi 3 jeunes corbeaux, mais quelle différence, c'est un peu plus dur comme viande. Je remonte ce soir en réserve près du Capitaine… »

Il  retrace jour après jour sa campagne en Orient 1917-1918-1919 contre la Bulgarie.

 

Carnet de guerre de René MORIN, soldat au 39e RI  

 

Le 12 juin 1916 à 18 heures : Départ pour premières lignes devant Thiaumont (Redoute 320)

« ..Le 13 à une heure du matin, attaque par le bataillon.

Avance de 200 mètres (sans perte).

Redoute 320 Thiaumont à 19 heures. Relève pour aller en réserve dans le petit Bois Fleury.

Le 14 juin : Réserve petit Bois Fleury (mort de Paul Baillard vers 4 heures par un obus qui tombe en face de son gourbi).

A 19 heures 30 : Départ pour Verdun.

Arrivée à 12 heures. Soir, cantonnement Hospice Sainte-Catherine…. »

 

Le carnet en lui-même comporte visiblement deux parties : les deux ont été écrites après juin 1916, ce qui revient à dire que la première partie est une liste de dates et de lieux, très factuelle.

La deuxième, écrite "à chaud" est le récit détaillé de ces deux années de captivité en Prusse Orientale.

 

 

Carnet de guerre d’Edouard OURSEL, brancardier au 236e RI  

 

8 septembre 1914, Montceaux-lès-Provins, Seine et Marne

 

« ..Nous marchons en avant nous passons à Monceaux-lès-Provins où a eu lieu la bataille, le village est pillé, toutes les maisons sont démolies par les feux de l’artillerie, c’est effrayant de voir l’effet de l’artillerie, nous voyons des cadavres d’Allemands et de chevaux. »

 

« ..Nous passons à Villeneuve-la-Lionne où l’orage nous prend et nous trempe jusqu’aux os. Nous bivouaquons à Vézier mais on se remet en marche, toujours sous l’eau et nous retournons cantonner à Villeneuve-la-Lionne à 10 heures du soir… »

 

Edouard OURSEL nous relate son parcours au début de la guerre (1914-15), son « travail » de brancardier : La retraite, bataille de la Marne, l’Aisne (Berry-au-Bac, Sapigneul) et en Artois (le Labyrinthe, Neuville-Saint-Vaast..)

 

 

Carnet de guerre d’Alphonse FINQUEL, téléphoniste au 372e RI

 

 

7 juillet 1915 au Sudelkopf, Vosges

« Enfin ce jour là c'est presqu'un miracle que l'on soit sorti sain et sauf car plus d'une fois nous l'avons échappé belle. Malheureusement nous avons perdu 45 hommes dans cette affaire, seulement nous avons conservé la tranchée.

Pendant le reste de notre séjour ici nous avons tout transformé notre réseau téléphonique.

L'on a placé toutes les lignes dans les boyaux et en plus nous avons placé une ligne de secours qui était souterraine. Nous avons mis 8 jours pour faire le travail.

Nous avons terminé pour le 14 juillet. »

 

 

Le périple d’un téléphoniste du 372e RI de 1914 à 1916, des Vosges (le Linge, La Croix des Faux) puis son embarquement pour Salonique, la Serbie

 

 

 

Carnet de route d’Eugène Martin, brancardier au 16e artillerie

 

Nord de Paris, 2 septembre 1914 :

 « …Tous les habitants quittent leur pays pour échapper aux troupes allemandes. C’est un spectacle vraiment touchant de voir tous ces pauvres gens, vieillards se traînant péniblement, jeunes mères portant leurs enfants dans les bras ou les traînant dans une voiture sous une chaleur caniculaire.

Les vieux territoriaux organisent la défense de Paris ; des champs de poiriers tout entiers sont abattus pour faire un bouclier à nos fantassins.

On devine qu’on a l’intention d’arrêter l’invasion par là. »

 

 

Les combats vus côté artilleurs (ferme de Nogeon, ferme de Confrécourt, plateau de Nouvron, Soissonnais, Verdun…),le dramatique franchissement de l’Aisne sous les bombes, la mort en direct des ses camarades de régiment, leurs obsèques.... Ses « coups de gueule »…

 

 

 

 

Notes de campagne de Maurice MARTIN du 155e régiment d’infanterie

 
19 septembre 1914, secteur de Bezonvaux (nord de Verdun) :

« .. Le mauvais temps continue ; on entend fusillade un peu partout ; nous avons la permission de faire du feu, Oh ! Alors on est heureux comme des rois ; on sèche un coté pendant que l’autre mouille, enfin on est mieux quand même.

A 12 h. nous mangeons notre viande cuite à l’eau de pluie ramassée dans les trous d’obus, nous mangeons quelques haricots qui nous semblent exquis ; dans un quart de café on trouve environ une petite cuillerée de terre, mais cela ne fait rien, on trouve le moka épatant, car c’est le temps des biscuits et autres bontés comme cela.»

 

Un itinéraire par les combats de Joppécourt (22/08/1914), Courcelles-sur-Aire (10/09/1914), Lacroix-sur-Meuse (oct.14)

 

 

 

 

Mémoires de Jules PIGASSE des 14e et 77ème régiment d’infanterie

 

 

Probablement pour que reste une trace et qu’à jamais nous n’oublions cette période de l’histoire de France qu’il eût à traverser, Jules Pigasse nous a transmis ses mémoires.

 

 

En toute simplicité, il y a noté son parcours, des lieux, les brisques et les batailles sans jamais décrire ce que furent ses difficultés, ses souffrances ni ce qu’il vit et vécût.

 

 

 

 

 

 

Carnet de Benjamin CANAC du 140e régiment d’infanterie

 

9 mai 1915 secteur de Berthonval, Artois, la veille de l’attaque

« .. Le soir on nous relève à 2 h pour aller en repos la nuit car le lendemain c’était l’attaque. Nous avons encore pris une bonne cuite.

Réveil à 1 h du matin le 9. Départ pour les tranchées. Arrivés à la pointe du jour, l’on nous a mis dans les tranchées de première ligne.

A 5 h l’artillerie française a commencé à donner pour dix heures juste.

A 9 h ½ l’artillerie s’est arrêtée environ 5 minutes et a repris ensuite jusqu’à 10 h moins 1 minute.

A 10 h exacte tout le monde est sorti des tranchées. Nous arrivons dans leurs tranchées : pas un n’est sorti de son trou.

Nous étions 5 comme nettoyeurs.. » 

 

Un carnet trouvé sur une brocante, publié sur mon site pour le sortir de l’oubli ; Août14 – août 15, Les Vosges, l’Artois

 

 

 

Campagne de Léon CLAUDE du 38ème régiment d’artillerie

 

« ..Le destin qui m'avait conduit d'Italie en Grèce, de Serbie en Bulgarie, de Roumanie en Russie, puis ramené de Turquie, par la Méditerranée, à mon pays de France et à mon petit village de Rupt, a voulu, qu'après bien longtemps, là où fut toute ma vie, ces lignes fussent écrites à partir de mes récits.

Pour que chacun se souvienne et apprenne par mon enseignement, que loin du pays, rien ne vaut la Patrie et que si les hommes et les paysages sont différents, partout le cœur conduit la vie et ramène à son clocher les enfants partis au loin. » 

Léon CLAUDE, après la guerre…

 

 

Témoignage de Sebran TESSIER, ambulancier au 26ème RAC

 

27 août 1914, Aslon, frontière belge

« …Nous sommes repassés à Gomery où le convoi se renforça d’autres blessés et prisonniers.

Et l’on se remet en route, nous passons à Etre et quelle impression de voir les ruines du 3ème Groupe de chez nous = tous les caissons et chariots versés, chevaux et hommes tués en telle quantité, que nous passions sept jours après la bataille et que tout n’était pas encore enterré.

Petite ville à peu près trois mille habitant, toute incendiée et pillée, sauf la Mairie et la maison de la Croix-Rouge, même l’église fut incendiée et ainsi tous les pays que nous avons passés, sauf Arlon, capitale du Duché Belge, très belle petite ville de Belgique, où nous sommes arrivés à 3 Heures du matin… »

 

 

Le soldat Sebran Tessier a été cité comme témoin à Genève des exactions allemandes commises à l’été 1914 à l’hôpital de campagne de Gomery (Belgique) dont les blessés français ont été assassinés par les troupes allemandes

 

 

Louis Treillet, maître-pointeur au 56ème RAC, puis au 256ème RAC

 

Aisne, secteur du Chemin des Dames, juin 1917

« ..4 - Départ à 2 H pour arrivée à 4 H à côté de Ronans. Emplacement à l’échelon, nuit agitée – Bombardés par avions.

5 - Dans la nuit du 5 à 11 H du soir, nous montons à la position du sud de Craonne dans le bois Beaumarais – Relevé du 33ème – 2ème section.

6 - La position n’est pas fameuse. Les éclats radinent de partout. On ne peut rester dehors.

9 - Comptabilité des fusils.

17 - Etat des pertes – Officiers et hommes de troupe.

19 - Situation des munitions

23 - Sommes bombardés – Très sérieux – Les arbres de la position sont fauchés, le lieutenant est tué….

 

Carnet de route de Louis Treillet depuis Janvier 17 jusqu'à la fin de la guerre : Chemin des Dames, l’Italie, l’Oise, la Somme

 

 

 

Mémoires d’un artilleur, Paul BERNIER, officier au 2ème régiment d’artillerie de montagne

 

 

Secteur de Verdun, 18 juin 1916.

« ..Il y a eu deux fois alerte cette nuit, et deux fois on a déclenché les tirs de barrage; c'est formidable et indescriptible. De tous côtés, les lueurs des coups de canon se succèdent d'une façon ininterrompue comme un scintillement perpétuel et le tonnerre de toutes ces pièces fait un roulement absolument continu; les obus sifflent, ronflent, au-dessus, à droite et à gauche, une brume générale s'étend sur toute la contrée et là-bas, au loin, c'est l'autre grondement de l'éclatement simultané des milliers d'obus sur les lignes ennemies qui sont submergées dans un enfer de feu, de fusées et de mitraille d'où les fusées éclairantes et les fusées de signal ont peine à émerger..

« .. Cela dure une demi-heure, quelques fois plus si l'ennemi a pu sortir malgré cela et s'il faut continuer l'arrosage. Puis les coups s'espacent; les fusées cessent, et le calme renaît, c'est-à-dire qu'on n'entend plus voler que les obus espacés qui vont de part et d'autre frapper les deuxièmes lignes, gêner les ravitaillements, la circulation intense des relèves, des cuisines, des munitions, des matériaux, qui se hâtent sans arrêt pendant toute la nuit d'apporter aux tranchées de première ligne et aux batteries le stock indispensable pour pouvoir continuer le lendemain avec la même âpreté cette terrible lutte... ».

 

Sous-lieutenant, puis lieutenant, à la 1ère Batterie du 2ème Régiment d'Artillerie de Montagne, il prit part aux combats aux abords de Nancy, avant d'être envoyé dans les Vosges (Reichsacker, Linge).

Après cinq mois à Verdun, de juin à octobre 1916, sa batterie rejoignit l'Armée Française d'Orient, à Salonique, puis occupa diverses positions en Grèce et en Serbie.

Muté, en 1917, à la 8e Batterie du 19e Régiment d'Artillerie de Campagne, et nommé capitaine, il participa à la campagne qui vainquit les Bulgares et fut blessé en octobre 1918.

 

 

 

 

Carnet de guerre d’Alexandre GAUDON, soldat au 32ème régiment d’infanterie

 

Secteur de La Fère Champenoise, 8 septembre 1914 :

« .. L’on essaye d’apporter le Capitaine à 4 par la droite qui se faisait arriver à une arrête de terrain. L’on est entre 2 feux de l’ennemi qui tire de chaque côté et par derrière.

Obligés de laisser le Capitaine dans un bois de sapins, sur 4 que l’on était pour le sauver, 3 sont tombés et moi le dernier, une balle me frôle la cuisse en perçant ma capote.

Fuite parmi les balles qui donnaient des 2 côtés et le feu d’une mitrailleuse. A chaque instant, mes camarades tombent criblés de balles. Le sous-Lieutenant Daras tombe blessé d’une balle qui lui traverse la figure par les joues.

Joubert tombe mort d’une balle à la tempe…(…)

Les gendarmes menacent de revolver ceux qui reculent encore.»

 

L’itinéraire d’un soldat du 32e RI, villages après villages (Lorraine, bataille de la Marne puis Belgique, Ypres), combats après combats ; des écrits brefs, précis et réels.

 

 

 

Notes de Guerre d’Albert THEVENIAUD, caporal au 205e Régiment d’infanterie

 

Crécy-le-Château; 30 août 1914 :

«  L’assaut va être tenté en masse par les 3 bataillons (205ème et 148ème) ils nous restent que deux mitrailleuses pour préparer le travail ; et encore les chevaux sont tués, les servants ont bien du mal à arriver au plus de la route. Enfin, le clairon se fait entendre et nous voilà partis. Nos deux pièces crachent bien et cela nous encourage. Nous sommes serrés et la route monte terriblement ; ce qui nous retarde. Nous avons un moment d’espoir, l’ennemi cesse de tirer pendant quelque temps ce qu’il nous fait croire qu’il va déguerpir. Hélas, ce n’est qu’une ruse, ils ont simplement déplacé leurs pièces, et c’est avec un feu terrible qu’ils nous reçoivent en enfilade au bout de la route.

Ils nous tuent à bout portant et rien pour s’abriter.

Ah si nous avions seulement un peu le 75 avec nous, nous aurions le passage ; car enfin ce n’est que de la cavalerie… »

 

Notes de guerre d’Albert THEVENIAUD, participe aux combats d’août 1914 de Grand-Fayt, Séry-lès-Mézières, Hamégicourt, Coucy-le-Château, puis est fait prisonnier le 2 septembre 1914 après le carnage de Neuville-sur-Ailette, où un régiment d’artillerie a été détruit.

 

 

 

Correspondance de guerre d’Emile NUSSBAUM, caporal au 371e Régiment d’infanterie

 

Burnhaupt, Alsace, janvier 1915 :

« Il était minuit et demi il en sortait par centaines des caves, nous étions 2 compagnies contre un régiment. A partir de ce moment jusqu’au jour ce fut un carnage, une tuerie épouvantable. Je ne pourrais pas te dire juste ce qui s’est passé seulement le 11ème que j’ai embroché m’a appelé « salop » en bon Français, j’étais fou. Nous n’avions plus de cartouches, je courus ou je savais en trouver et je rapportais une caisse de cartouches que je distribuais au hasard à ceux que je trouvais…

Depuis j’ai été trois jours étendu dans une ambulance on croyait à ma folie, mais aujourd’hui c’est passé, je tremble encore mais c’est passé. »

 

Série de lettres du soldat Emile NUSSBAUM, quelques une poignantes : combats de Mulhouse, Burnhaupt, le Vieil-Armand, son départ pour Salonique..

 

 

 

 

 

Carnet de DELEUZE Paul, ordonnance d’un officier de la 65e division d’infanterie

Le 30 septembre 1914 :

«.. Les journaux d’aujourd’hui racontent que le gouvernement fait préparer des tricots, des…., et des gants de laine pour les soldats. Ils n’auraient pas sans doute l’intention de nous faire passer l’hiver ici, ces messieurs !

Cà serait bigrement terrible et qu’est-ce que ce sera s’il faut rester encore trois ou quatre mois…»

 

Samedi 5 septembre, 5 h du soir.

« …Comme nouvelles, on dit que le 1er septembre, il y a eu des artilleurs du 38ème de NIMES, qui ont eu peur et qui se sont enfuis avec leurs chevaux, laissant sur place les canons et leurs servants.

Le lendemain, on en aurait fusillé 75 aux environs d’ETAIN. On dit aussi que le 312ème de ligne aurait refusé de marcher au moment de combattre : le Général a été obligé de mettre revolver au poing pour les obliger à marcher. Cà n’a pas réussi, alors il a dirigé sur eux deux batteries d’artillerie et ils se sont décidés à la fin de la journée… »

 

 

 

 

 

Carnet de section d’Hervé CUEFF, Sergent, commandant la 3ème section de la 3ème Compagnie de Mitrailleuses, du 118e Régiment d’Infanterie

 

 

Il s’agit d’un carnet de section, court, mais néanmoins très intéressant, avec de nombreux détails sur les hommes qui composaient une section de Mitrailleurs : Noms, prénoms, profession…armes, outils…

 

 

 

 

 

Carnet de guerre de Charles HOMAND, mitrailleur au 169ème d’Infanterie

 

 

Vision de guerre

  « .. Le dos courbé, le regard aux aguets , les doigts crispés au fusil, nous avions franchi au pas de course des fossés vaseux, des boqueteaux où les arbres fracassés par la mitraille semblaient attendre le coup de grâce, des chemins que la déroute des canons avait labouré, des enclos où l’on eut dit que s’était abattu un ouragan de grêle, où des cadavres aux pieds nus aux faces d’épouvante pourrissaient sur un tapis de mirabelles, assaillis par des nuées de mouches bleues, nous nous étions élancés vers le brave innocent qu’avait supplicié l’ennemi. ce n’étaient que le long de la route qui montait lumineuse vers les vignes que des squelettes rouges et noirs de maisons, que des pans de murs calcinés, que des amas de décombres, que des ferrailles tordues, que de pauvres meubles  brisés, que des tonneaux défoncés.

 

   A l’orée du village apparaissait la façade aux brèches béantes de ce qui avait été un château, des terrasses, des charmilles, des arceaux de roses et comme un moignon de géant, le vénérable clocher à moitié effondré dont ne survivaient que la rosace et le cadran de la pendule. Soudain dans ce silence de nécropole, tintèrent graves, espacés, solennels, les douze coups de midi. »..

 

 

 

 

Carnet de BOUVE Anatole, Lieutenant au 110e RI de Dunkerque

Le 12 septembre 1914 :

« .. – Quel temps – pluie – vent – marche à travers champs de vigne, de betteraves, etc. …et pendant la nuit. Quelle belle manœuvre – quels canons – nous n’avons plus rien à faire – Les 75 déblaient le terrain, nous n’avons qu’à avancer. A 9 H ½, entrée triomphale dans Reims –  Que de prisonniers ! Que nous sommes contents ! Les soldats les regardent défiler avec calme. S’ils pouvaient nous traiter comme nous le faisons au moins !

5000 prisonniers sans un coup de fusil et sans un blessé de notre côté ! C’est admirable !.. »

 

BOUVE Anatole est désigné pour conduire un détachement de 500 hommes pour renforcer le 110e et le 310e

 

 

 

 

Carnet de route de Charles NICOLAS, muletier au 210e Infanterie

 

 

 « …Le 08 avril 17, jour de Pâques, nous avons mangé 5 tortues, un hérisson, du singe et du riz ; nous avons fumé un cigare à quatre et bu une bouteille de vin vieux à 12. Si çà n’avait pas été le hérisson et les tortues, nous aurions fait une grosse ceinture !

 

Le 15.04.17, toujours au Malissa : j’ai été malade jusqu’au 20 ; j’avais 39° de fièvre et pendant ces cinq jours, nous avons été englouti sous la neige : on ne pouvais sortir de dessous les toiles et nous n’avions rien de chaud à manger pendant ces cinq jours sans pouvoir allumer un feu à cause du vent et de la neige.

Cinq jours de souffrance et de martyr.

 

La campagne d’Orient de 20 mois d’un soldat du 210e RI. Salonique, le Vadar, Fleurina, Monastir, les combats dans les montagnes enneigées

 

 

 

Lettres de Robert Fournier (adjudant-chef au 158e RI)

 

20 février 1916

« ..Ma chère Germaine

Un petit mot pour vous dire avant de vous embrasser que nous embarquons ce soir pour destination inconnue. La bataille fait rage vous le savez sur Verdun.

Peut-être allons-nous à la rescousse. Hourra !.. »

 

 

 

Carnet de campagne de Jean LAFONT, soldat au 238e Régiment d’Infanterie

20 août 1914, Flaxlanden, Vosges

« …Le 97ème poursuit l’ennemi avec le 96ème et le 157ème ; le 281ème et le 252ème sont au repos .Il y eut 3 attaques à la baïonnette. Français hors de combat ou blessés : 800 à 1000 .Allemands mis hors de combat : 3 à 4000 environ.

    La bataille a cessé à 21 heures. Les allemands ont ramassé leurs morts et leurs blessés jusqu’ 4 heures du matin. Morts français, peu nombreux.

Le régiment évacue le champ de bataille à 17 heures.

Les allemands pansent nos blessés et ils font prisonniers ceux qui peuvent marcher… »

 

 

 

 

Carnet de route de l’artilleur Alexandre DELOUCHE du 108e Régiment d’Artillerie Lourde

 

Ferme de Ferrière, Fay-le-Noyer, Aisne, 27 octobre 1918

« …En me dirigeant sur la ferme de Ferrière je cours les champs. Je savais que la lutte avait été chaude mais je ne m'attendais pas à tant d'horreur. Un peu avant la ferme 3 lignes de tranchées servaient d'appui à l'ennemi.

Celles-ci sont remplies d'équipement - de fusils - fusils mitrailleurs - mitrailleuses - minnenwerfen - casques etc… et aussi de nombreux trop nombreux cadavres aux visages douloureux. J'ai le cœur serré en regardant ce terrible résultat de la guerre.

Les Français sont aussi nombreux que les boches.

Des tirailleurs sont étendus sur le terrain, tout équipés.

Dans les tranchées certains morts sont debout appuyés au parapet. D'autres couverts de sang, le corps ou le crâne ouverts gisent près des abris ou sur le bord de la route. Ces malheureux sont jeunes pour la plupart.

Ils vont rester ainsi plusieurs jours ainsi sans sépultures. Et je songe que chacun a dans son pays respectif une famille qui pense à lui et qui attend son retour…. »

 

Carnet de campagne de fin de la guerre, pendant la retraite allemande, d’août à octobre 1918

 

 

 

Carnet de route du pontier André BOURRICAUD, soldat au 2ème régiment de Génie

 

Mars 1918, cote 304 ;

« ..J’alla faire des travaux de galerie à abris mitrailleuse entre Esnes et cote 304, plus tard, j’alla au tunnel Bismarck, travaux remarquables de l’ennemi pris par nos troupes en septembre 1917, ensuite je passa 8 jours à la surveillance et l’entretien du tunnel du Kronprinz plus remarquable car avant nos attaques de septembre 1917, ce tunnel faisait de 11 à 1200 mètres de long sur 3 mètres 50 de large et 2 mètres 20 de hauteur.

Il consistait également d’un petit train sur voie de 0,60 centimètres qui évacuait leurs blessés lors des grands combats de Verdun. Il y avait aussi une brasserie de bière où depuis notre attaque de septembre 1917 nous avions crevé une partie du tunnel près du ruisseau des Forges.

 

Donc, dans cette brasserie, il était resté une quantité de cadavres ennemis ainsi que dans une salle d’opération aux blessés. Donc, après cette attaque de septembre, nous n’habitions plus que 6.25 mètres de long dans ce tunnel du Komprinz.

 

Sur cette distance, il y avait 10 différentes sorties de droite et de gauche ainsi qu’une superbe salle de machine avec trois moteurs électriques, salle de réparation, etc… vraisemblablement l’éclairage du métropolitain à Paris… »

 

Le parcours d’un soldat du Génie, durant toute la guerre.

 

 

 

Carnet de route de Victor CADART, soldat au 41e artillerie

 

 Aisne, 7 septembre 1914 :

« …Là nous sommes sur un champ qui borde la route de Montmirail où a lieu une attaque des français très sérieuse l’on voit des voitures de blessés qui se dirigent sur la gare de Sézanne, puis une centaine de prisonniers Allemands escortés par des gendarmes à cheval, une heure plus tard c’est encore cinq prisonniers qui sont escortés par un maréchal des logis de chasseur à cheval et deux civils armés de bâtons qui les ont fait prisonniers eux-mêmes ; le canon n’a cessé de gronder toute la journée et une partie de la nuit,.. »

 

Le parcours (1914-1915) d’un soldat du 41e régiment d’artillerie de Douai

 

 

 

Carnet de route de Joannès DESSERTINE, soldat au 372e RI

 

Frontière grecque, 16 décembre 1915 :

« …Les terrains sont pleins d’eau. De la boue jusqu’aux genoux.

Jamais nous n’avons eu aussi mauvaise route. On en a marre et il pleut dur. Quel temps de misère. Enfin à 5 h du soir nous arrivons dans un pays où il n’y a plus une seule maison debout.

Nous dressons nos tentes sous la pluie dans le terrain mouillé et plein d’eau.

Quelle triste nuit nous passons.

Nos effets tout mouillés et point de bois pour faire du feu.

Quelle misère !... »

 

Le carnet de campagne d’un soldat de l’Armée d’Orient, son arrivée à Salonique, la vallée du Vardar, la guerre contre les Bulgares…

 

 

 

Poèmes de Victor VALET

Puis pénétrant chez nous, ce ne fut que carnage

Massacres, Assassinats, Viols, tous les méfaits

Ce n’était plus des hommes c’était de vrais sauvages

Jamais l’histoire n’enregistra de tels forfaits

O ! Très Haut use donc de ta toute Puissance

Pour détruire à jamais ce peuple de proscrits

Quoi ! N’aimerais-tu donc plus notre belle France

Pour la laisser aux prises avec de tels bandits

 

 

 

 

Carnet de route de Pierre DUCHEZ, soldat aux 159e et 359e RI

 

 

Son carnet est très succinct, il n’indique que les dates et les lieux qu’il a fréquentés avec parfois une petite annotation.

 

 

Mais il donne une indication sur le chemin que pouvaient parcourir les combattants à cette époque et il englobe la totalité de la guerre.

 

 

 

 

 

 

Journal du soldat Pierre BEAU des 175e, 176 et 287e RI

 

« …Nous sommes descendus la nuit dernière à Monastir pour quelques jours de repos…

Nous avons visité la ville qui n’a rien d’extraordinaire, et nous avons surtout cherché de quoi varier un peu notre ordinaire. Mais nous n’avons trouvé que du lait à 1 f. 20 le litre, des œufs à 0,60 et 0,75 pièce. Le sucre est paraît-il à 28 francs le kilo !!!....

 

« ..On parle du vandalisme des soldats allemands mais que devrait on dire des Français ? Tous les villages que nos troupes ont traversés ont été littéralement pillés par elles. Les Autrichiens en se retirant n’avaient touché à rien et les Français en avançant ont fait main basse sur tout ce qu’ils trouvaient : bétail, chevaux ou ânes, légumes etc. Un soldat du 372ème a même tué un Albanais pour avoir son âne… »

 

L’itinéraire de Pierre BEAU à Salonique, Monastir, les Montagnes d’Albanie et de Macédoine, la faim chronique et sa maladie qui le ramène combattre en France au sein du 287e RI

 

 

 

 

Carnet de campagne de Victor PIERRARD du 45e RIT

 

« …Journée de deuil pour la Cie ; à 9 h un homme revient des tranchées de St Maurice et nous apprend que le sergent Bonneville vient d’être tué par une balle en plein cœur.

Pauvre garçon, tout le monde est suffoqué, c’est la première perte à la Cie. Bonneville est domicilié à Blagny et a 3 enfants. Pauvre veuve et petits enfants. Ce soir nous le ramènerons des tranchées au bureau et le veillerons toute la nuit. Lanceraux est demandé pour venir faire le service demain matin et il sera enterré au cimetière de Braquis. Un cercueil lui est fait et une croix de bois sur sa tombe, dernière consolation pour les siens qui pourront venir le reprendre après la guerre. Quelle tristesse en pensant ne jamais revoir ceux qu’on aime et pour lesquels il ne reste que pleurs. Enfin tous ceux qui seront tombés n’auront pas leur tombe individuelle et beaucoup de femmes et parents ne sauront jamais où leur cher disparu repose pour toujours.

Tomberai-je ? A la grâce de Dieu. J’ai le ferme espoir de revoir ma Marie et mes chéris, mais que peut-on dire ? Et eux, les reverrai-je ?? Je ne sais toujours pas ce qu’ils sont devenus !!!!.. »

 

Le carnet de campagne quotidien d’un sous-officier de la territoriale (1914-1915), en Woëvre.

 

 

 

 

Carnet d’Eugène CHAUSSON

Péripéties aux abords de Reims et aux environs, la vie des civils sur Reims et Paris ; 1914-1919

 

 

 

 

 

Carnet du Lieutenant RAFFIN des 42e RIC, 17e et 57e Chasseurs

 « …Par bonds successifs, et sous une pluie de balles, nous avançons jusqu'à la crête d'où l'on aperçoit, au loin, et bien difficilement, quelques groupes d'allemands.

 

La fusillade est intense de part et d'autre ; nous tenons jusqu'à 8h, puis nous faisons un bond encore jusqu'au fond de la vallée où il y a un ruisseau ; nous restons dans l'eau un bon moment, puis presque sans pertes, nous arrivons à la crête suivante sous une pluie de balles…

 

 

 Le carnet du début de la guerre, jusqu’à sa blessure pendant la bataille de la Marne….

 

 

 

 

Lettres d’Ernest BENOIT, brancardier au 81ème Territorial

« …Nous avons fait cette nuit un prisonnier, or, bien qu'on prétende qu'ils crèvent de faim, je t'assure que celui-là avait une mine superbe; Grand gros et gras et infiniment plus propre que nous, car nous sommes ignobles, tous couverts de boue de la tête aux pieds (sans aucune exagération), pas lavés, pas rasés, j'ai une barbe bientôt aussi longue que celle de Paul !...

…Ce qu'il y a eu de curieux, c'est la nuit du réveillon; les Boches et nous même avons chanté; les Boches ont même joué de l'accordéon et je crois bien de l'harmonium; et chanté des chœurs le tout fort bien et très intéressant…

..A part ça, tout va bien, nous progressons sur tout le front comme dit le communiqué d’environ 30 centimètres par mois. J’espère bien que dans 175 ans la guerre commencera à tirer à la fin !.. »

 

Le « séjour » du 81e RIT, en Artois, fin 1914 début 1915, au travers des lettres d’Ernest BENOIST

 

 

 

 

Carnet de tranchée de Toussaint PICARD du 269e Régiment d’infanterie, puis pilote d’avion

 

« …C’est tout de même une chose horrible que la guerre, vivre ainsi retranchés comme des rats, ne sortant que la nuit ; dans une saleté repoussante, n’ayant pas d’eau pour se laver, on est obligé de garder le boue et la crasse sur soi, les puces habitent sous les abris et nous empêchent de dormir. L’air des abris est infect et humide… »

 

Son carnet de tranchée, ses impressions en le terrain après le recul des Allemands, début 1917, Bitry, Moulin-sous-Touvent, Trosly-Loire,

 

 

 

 

 

 

Mémoires de François SOMME, soldat aux 406e et 24e RI

 « ..Pour vous représenter le terrain de bataille en avant de Verdun regardez les paysages lunaires ou une éponge, c’est à peu près cela, après quelques jours passés ainsi le temps s’était mis à la gelée nos vêtements trempés étaient raides comme du bois sur nous, pour monter sur le parapet de la tranchée minuscule il me fallait prendre mes jambes à deux mains tellement elles étaient raides.. »

« ..aussi lorsqu’on venait en permission à Paris, dans le métro ou le tramway on n’avait qu’à se gratter un peu pour avoir de la place tout le monde s’écartait.. »

 

Ses mémoires ne décrivent pas (volontairement) les combats, mais plutôt quelques scènes de « vie » dans les tranchées (Verdun, le fort de Souville, Perthes les Hurlus, Tahure..), les obus, le froid, la faim,les poux…  

 

 

 

 

Lettre d’André BONNEAU du 176e RI, narrant le combat du 6 juin 1915 aux Dardanelles

 

 

« ..A 11 heures ¼ nous partons à la baïonnette, nous sommes comme fous, figurez vous qu’avant de charger, nous avons bu 3 quarts de vin et 1 de rhum.

 

C’est une mêlée terrible; nos obus éclatent à 100 m par devant nous, faisant de terribles ravages dans les rangs Turcs...”

 

Courte lettre écrit depuis l'hôpital de Toulon le 19 juin 1915, où il a été évacué après une blessure survenue aux Dardanelles le 4 juin 1915.

 

 

 

 

 

 

 

Journal du maréchal des Logis Eugène ALBERT du 29e Régiment d'Artillerie

 « …J’ai passé une très mauvaise nuit sur mon avant train, j’en ai mal aux reins, mais on n’a pas le temps de se retourner, vite a cheval et rapidement, nous allons mettre en batterie d’aussitôt nous ouvrons le feu sur les Boches qui essaient une contre attaque, car la nuit ils ont repassé la Meuse.

Il est 5 heures nous avons comme objectif le bois d’Yoncq, nous tirons à 2000m, 3400 puis 4000 nous avons fait paraît-il du fort beau travail avec l’aide du 52è et du 3è artie coloniale et du 2è art. lourde (155).

Jamais je n’ai vu tant d’artillerie en action sur un front de 900 m on compte 108 pièces qui crachent en veux-tu en voilà. Les marmites font leur apparition, c’est ainsi que nous avons baptisé leurs gros obus… »

 

Un artilleur nous décrit ses premières impressions en arrivant sur le champ de bataille en Belgique. La retraite, la bataille de la Marne, (Vitry le François, Thiéblemont), le bois de la Gruerie, Vienne le Château…jusqu’à son décès à Verdun

 

 

 

 

 

Album photos de Georges Auguste LAMY, du 110e Régiment Territorial

En Woëvre, près de Belfort, Bourogne, fort Mont Bart, le chant du 110e RIT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carnet de guerre de Clovis BERNIER, sergent au 94e Régiment d’infanterie

 

6 septembre 1914 :

« .. Aussitôt avec des pelles bêches, l’on se construit chacun une petite tranchée, plusieurs camarades sont tués ou blessés. L’on donne l’ordre de nous porter en avant coûte que coûte. Nous marchons et allons occuper un petit bosquet à 300 m de la crête, et la section se pose en tirailleur à la sortie de ce petit bosquet.

L’ennemi est à 200m, les balles sifflent, nous exécutons plusieurs feux, mais bientôt plusieurs groupes de tirailleurs placés à notre gauche en terrain découvert dans un champ de betteraves se replient sur nous. Le mouvement est vu par l’artillerie ennemie qui aussitôt balaie le bois avec ses 77mm.

En ¼ d’heure de temps le bosquet est fauché. La moitié de la section y reste, autant en tués qu’en blessés. Je suis culbuté par le déplacement d’air fait par un obus et reçois un Schrappnel au pied gauche (en dessous) qui me coupe toute la semelle. Je ne ressens qu’une contusion. L’adjudant est blessé mortellement, il n’y a plus moyen de tenir.

 

Les combats de Villeneuve-lès-Charleville, Chapton, durant la bataille de la Marne..Ses combats en Belgique, sa capture durant les furieux combats du 22 janvier 1915 à Fontaine-Madame dans le sanglant bois de la Gruerie.

 

 

 

 

 

 

Album photos de BLANCHARD Pierre Louis, 2ème escadrille, SAL 273 équipée d'avions Salmson, escadrille d'observation du 38ème Corps d'Armée

 

    Quelques photos d’aviation de l’escadrille

 

 

 

 

 

 

 

 

Carnet de marche du sous lieutenant Jules DURAND du 51e Régiment d’Artillerie

 

  « Comme nous apprenons la fuite du 17ème corps ; on parle de grandes pertes au 116ème et au 118ème et nous sommes tous consternés de revenir en arrière. A 17h nous recevons l’ordre d’aller ravitailler à 1km au nord de Bouillon ; nous allons passer la frontière, quelle joie !

Les hommes ne mangent même pas leur soupe pour partir plus vite.

  A 17h20 nous partons par Angecourt, Remilly, le pont de chevalets sur la Meuse, La Moncelle, Givonne et la Chapelle où nous arrivons à 23h. Il y a beaucoup d’ambulances et un chef d’Etat Major nous donne l’ordre d’arrêter le ravitaillement étant fait.

 

Son carnet, son itinéraire en Belgique, Aisne, Marne, Somme, ses impressions sur la guerre..

 Il est décédé le 2 mars 1916 à Bouy (Marne)

 

 

 

 

 

 

Carnet de route de QUINTARD Roger, téléphoniste, 7° Groupe du 106° R.A.L.

 

    Une succession de date et de lieux où le téléphoniste QUINTARD Roger s’est déplacé avec son régiment d’artillerie durant la guerre.

 

Son carnet du début de la guerre

 

 

 

 

 

 

 

Carnet de guerre de Claude PARRON Du 44e puis 26e Régiment d’Infanterie

 

  « Comme il était forcé ces pertes furent grandes et on peu dire qu’il perdit près de huit milles hommes dans ce plateau maintenant inoubliable qui s’étend de Souchez à Arras, mais il avait encore une fois fait sa large part de son devoir et plus tard ce sera encore du blé de France qui poussera dans ce fertile terrain que tant de braves auront racheter au prix de leur sang et de leur peine et j’aurai voulu qu’on les voit monter à l’assaut des tranchées barbares.

Aussi vous voyez mes amis tel sont les résultats de la guerre et surtout de la terrible guerre qui met les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe qui se disent civilisés et qui cependant font les plus terribles choses qui ne se sont jamais vu. »

 

Son carnet de 72 pages du début de la guerre…la description tragique des treize jours de combats en Artois, en mai 1915, au Labyrinthe où son régiment, le 26e RI, perdu le 1/3 de son effectif… ses critiques et pensées..

 Il est décédé le 31 août 1919 à Villeneuve (AIN), de la tuberculose, probablement une suite de la pleurésie chronique contractée dans les tranchées.

 

 

 

 

Carnet de guerre de Léon FONDER, musicien-brancardier du 150e RI 

 

    Un chasseur à pied de St Mihiel, nous raconte le fait curieux qui s'est passé hier : à la suite d'une escarmouche entre patrouille Française et Allemande, 6 chasseurs à pied se sont trouvés égarés, leur lieutenant fut tué et un d'entre eux fut blessé d'une balle dans le mollet, ils parviennent à se sauver et pénètrent dans une grange et se fourrent dans le foin.

Les Allemands, sachant qu'ils sont dans les environs, fouillent les granges. Ne trouvant rien, ils arrivent dans la leur et piquent leur baïonnette dans le tas où étaient les chasseurs à pied, mais ne les découvrent pas et se cantonnent dans la grange.

C'est alors qu'à la nuit, les chasseurs à pied se lèvent, et empruntent les effets des allemands pour s'en revêtir et c'est ainsi qu’ils se sauvèrent. Les allemands, à leur réveil fouillèrent dans toute la ferme, ne trouvant pas leurs fringues. Mais est-ce vrai ? Ils incendièrent plusieurs maisons avant de se retirer…..»

 

Son carnet du début de la guerre…

 

 

 

Carnet de guerre de Thomas GASTON, sergent au 352e RI

 

   « Nous restons dans cette fosse et les copains s'emparent de la distillerie ; il est 18 heures, le canon s'arrête et on entend plus que quelques balles sifflées à nos oreilles mais nous sommes sourds à cause du bruit des obus que nous entendons depuis le matin……. Nous commençons à manger le pain que j'ai trouvé, nous sommes obligés de retirer la croûte pleine de sang, je n'ai pourtant jamais fais un si bon repas avec mon copain Vuillaumé, on nous apporte également du mouton que l'on a récupéré dans la ferme, ce mouton était blessé ou tué mais quelle importance, on le fait rôtir sur les restes de flamme de l'incendie de la ferme de Nogeon...»

« 

Son carnet du début de la guerre, son itinéraire de la Haute Marne, Vosges, Alsace, Somme jusqu’à l’Oise, la description des atrocités allemandes de Reiningue, le combat de la ferme de Nogeon durant la bataille de la Marne, son passage dans le Soissonnais, sa capture durant la bataille de Crouy, Buçy le Long…

 

 

 

 

 

Souvenirs de Campagne du Chasseur GREC Jean Baptiste du 47e BCA

 

   « … Le 13  septembre   départ 4 h. prenons position dans petit village évacué à peine  par l’ennemi et croyant avoir à faire avec l’ennemi, l’artillerie nous tire dessus ; avant de pouvoir s’abriter nous avons 35 blessés du Bon. Toujours rien à manger, quelques pommes de terre, commençons à faire la soupe une alerte et il faut tout abandonner sur place toujours sans dormir.

La bataille continue par l’artillerie l’ennemi se replie vers le nord. Passons la nuit sur le champ de bataille sous une pluie battante, nous couchons dans la boue sans manger.                                                                                                                        

»

Ses feuillets retraçant jour après jour son itinéraire du Var jusque l’Oise, la poursuite de l’Armée allemande en septembre jusqu’a son décès dans le secteur de Vingré dans l’Aisne.

 

 

 

 

Carnet de guerre de Paulin Bert du 38e Régiment d'Infanterie

 

 « …Avec quelques camarades, nous sommes les plus avancés au fond du village, dans un atelier de forgeron. On tire chacun notre tour par une petite fenêtre, on a du plaisir car chaque coup porte.

Sans se soucier de ce qu’il se passe dehors, on tire toujours sur les Boches qui avancent en colonne par quatre, ça nous permet de taper dans le tas.

Mon fusil est tout rouge ! J’ai tiré plus de 300 cartouches… »

 

Son carnet avec quelques descriptions de combats de village : Roville-aux-Chênes, Machemont, Ribécourt, Marfaux ….

 

 

 

 

Julien BOURE, soldat aux 315ème et 103ème Régiment d’Infanterie

 

"...Nous passons par le « Faubourg Pavé ». Personne n’a envie de plaisanter quand nous voyons sur des planches arrachées à des portes ou à des volets, écrits en lettres de sang, l’inscription « chemin de l’abattoir », car nous savons que pour être relevé du  front dans ce secteur, il faut 80% de pertes.

        En chemin nous croisons de pauvres Noirs revenant de l’attaque du 24.

Beaucoup n’ont pour seule arme qu’un coupe-coupe, car, ils ne savent pas se servir d’un fusil. Ce sont des Africains que l’on a tirés de leur brousse et qu’il faut utiliser avant l’hiver. La plupart ne parlent pas français. On raconte qu’ils ont pour consigne de ne pas faire de prisonniers, qu’ils n’en font pas et que certains ont même dans leur musette une tête tranchée.."

 

Verdun, l’arrivée au fort de Douaumont….

 

 

 

 

Jean Marie MARCHEGAY, 1ère classe au 100ème Régiment d’Infanterie

      « On découvre une cave de champagne à Reims où il y avait plus de 10.000 bouteilles.

Toute la nuit, on en apporte.

Le lendemain on en fait sauter 200 bouteilles avec des grenades.

– On monte en ligne, relever les «bicots» qui partent à la grande offensive de la Somme.

– Le 28 au soir, on monte le champagne avec nous : tous les jours, pleins comme des huîtres.… »

 

 

Son carnet de route des deux dernières années de la guerre, au sein du 100ème RI …

 

 

 

 

Caporal Maxime CARON du 80e régiment d’infanterie

   « Sur la route glissante et par un froid de -20° on s’avance péniblement, vite quand même car on perçoit les halètements des respirations. Chacun un bâton à la main par ces chemins désolés, on a bien l’aspect de malheureux mais malheureux résignés qui ne veulent pas paraître tristes. Pendant plus d’un quart d’heure on marche de cette allure folle, particulière aux gens nerveux, décidés d’un grand coup ou alors d’en finir pour toujours… »

 

 

La montée en premières lignes à Verdun, à la cote 304, dans la neige, une nuit d’hiver 1917. Puis l’attaque, la sortie des tranchées, la course vers la mort …

 

 

 

Sergent GUYON des 235ème et 371ème RI

    « Nous avons eu la visite d’un zeppelin le vendredi 5 avril à 2 heures du matin. il a été abattu ½ h après par les artilleries de Catebourm ;il est tombé à 12 kilomètres de Salonique dans les marais...»

 

Les notes du sergent GUYON, son parcours en France puis en Orient à Salonique.

 

 

 

 

Aspirant Maurice MALLERON du 168e RI 

   « Ce soir, je l’ai échappé belle. Les Frigolin nous tirent à pigeon sur la tête Nos bombardiers répondent. Je veux voir lancer un pigeon. Je m’approche : le coup part, une fumée impénétrable, un bruit assourdissant, une lueur formidable. Le pigeon vient d’éclater. Rien, un tout petit éclat est venu me frapper sous la lèvre et c’est tout !

Quelle veine ! Le tireur, 50 centimètres à côté de moi a trois blessures.»

 

La description, en juin 1917 de sa « cagna », son premier poste de commandement, en Champagne.

 

 

 

 

Mitrailleur Henri PETIT du 118e RI  

    « Un spectacle épouvantable s'offrait à la vue, en considérant cette tranchée, que nous abandonnions jonchée de cadavres, certains d'entre eux restés le yeux grands ouverts, d'autres levant les bras et les mains au ciel. Une certaine émotion nous étreignait en entendant les dernières plaintes des mourants auxquels aucun secours ne pouvait être apporté.. »

 

 

La description de son dernier combat dans la région d’Hurtebise, en mai 1918, juste le premier jour de l’offensive allemande qui allait déferler du Chemin des Dames jusque la Marne. Il y sera fait prisonnier.

 

 

 

 

Soldat Jean AVEL du 101e RIT  

 

 

   « Les tranchées de Maricourt sont assez confortables mais peu solides.

En revanche celles des officiers sont de véritables chambres, du reste c’est partout la même chose, il n’y en a que pour eux, tant pour la nourriture que pour le confort. »

 

Les notes du carnet de Jean AVEL du 101e territorial décrivent son séjour dans les tranchées de la Somme, à Craonne, avec ses croquis des tranchées. Blessé en « bicycle », alors qu’il portait du courrier sur le Chemin des Dames, il sera réformé.

 

 

 

 

Soldat signaleur Georges SIBERT du 99e RI puis du 415e RI

   « Des cadavres sont étendus un peu partout, une tête, un bras manquent. Vision d’épouvante ! Dans le Ravin de la Mort quelques obus tombent sans nous faire de mal, nous passons et nous arrivons enfin. »

 

Son carnet de route, ses classes à Lyon, son inaptitude militaire, puis déclaré apte au 99e RI, puis au 415e RI, en Champagne, dans les Vosges (Vieil Armand), Verdun (sa blessure sous le bombardement), son séjour à l’hôpital.

 

 

 

 

 

 

Soldat François GUILLEMIN du 134e Régiment d’Infanterie