Mise à jour : décembre
2011
Dans cette rubrique vous y trouverez des
carnets de guerre, de route, de campagne, lettres de plus d’une centaine de
soldats de 14/18, qui m’ont été offerts par des descendants (que je remercie
encore) pour les publier sur mon site avec leur accord.
Sont-ils des
carnets de guerre ? Ou des carnets « d’anti-guerre » ?
Je rappelle que
ces carnets, ne peuvent être reproduits sans le consentement de leur
propriétaires ou dépositaires.
Vous y
trouverez aussi des liens vers d’autres
sites consacrés à ce genre de carnets.
Si vous voulez
y ajouter celui que vous possédez, je peux le mettre en ligne pour vous, contactez
moi
« Il apparaît entre
les lignes de ces carnets, la souffrance journalière, l'attachement familial
et l'espoir du retour, hélas
hypothétique… »
Didier 2009
En cours de saisie
Il s'agit , en fait, d'un aide-mémoire,
qu'a écrit Joseph, tout au long de la guerre. Nous pouvons suivre son
itinéraire en France, mais aussi en Orient (Salonique)
"Je vais avec un camion faire un transport
militaire pour le génie.
Je pars à 8 h 30 de St-Rémy et passe par Toul,
Francheville, les Quatre Vents, Tremblecourt, Avrainville, et Domèvre-en-Haye.
Là, je suis sous la direction d’un capitaine du
génie. Nous chargeons des tôles ondulées, des pompes et les conduisons à Marney, près de Pont-à-Mousson.
Là, on entend les obus siffler au-dessus de nous. Il
en tombe de tous les côtés, sur les maisons où nous sommes, dans les champs,
partout. On en voit tomber plus de 130. Il y en a un qui tombe sur une cuisine
d’infanterie qui se trouve dans les champs derrière les maisons. Un obus tombe
sur la marmite. Les hommes sont balayés. Il y en a qui sont tués, les autres,
blessés. Un autre tombe dans une grange et éclate peu après.
Nous sommes dans une zone très dangereuse."
L'itinéraire d'un chauffeur d'un
camion durant la guerre, période 1914-1916
"On a été environ deux heures à en faire un
demi-tour ; de toutes parts se rendait sur notre passage des gens de toutes
sortes, des enfants, des femmes, des hommes se précipitent au passage avec des
fleurs, des litres de vin, des fruits, et même jusqu’à du pain. On a été
pendant toute la journée d’hier à la fenêtre des wagons occupés à saluer de nos
mains tous ces gens qui nous apercevaient jusqu’à 200 et 300 mètres on voyait
des mouchoirs s’agiter en signe d’adieu."
Les 3 premières et dernières
lettres de Louis HAUVESPRE à ses parents.
« Mathivet
Victor, matricule 06786, sergent à la 3ème compagnie du 121ème régiment
d’infanterie ; excellent sous-officier qui a toujours fait preuve du plus
grand courage et d’un haut sentiment de son devoir. Blessé très grièvement à
son poste de combat, le 23 juillet 1916 au cours d’un violent bombardement.
Amputé de la cuisse droite. »
"...Le 2 – travail de nuit –
dans cette nuit du 2 au 3 le Bon Dieu m’a sûrement protégé – 2 obus tombent à
quelques mètres de moi – au premier, je me suis couché je ne sais comment – le
second j’étais à terre je ne m’en suis pas occupé – cette nuit-là, marchant
avec le Génie, les ordres nous avaient été mal donnés – notre Compagnie était
en retard pour prendre le travail – le capitaine du Génie commandant le travail
et demandant un gradé me tombe sur le dos et me donne un ordre formel de
diriger tous les hommes de la compagnie à faire le travail sous peine de 8
jours de prison..."
"..Malheureusement beaucoup d'entre nous ne reviendront pas, que de familles endeuillées !
Tu vas dire que je n'ai pas beaucoup le caractère militaire mais c'est honteux de voir ce que l'on voit ici tous les jours : les camarades tombés sur la plaine, le ventre au soleil et c'est une infection que nous respirons.
Pour nous remonter le courage, ils ont fusillé deux types du 315e la semaine dernière.
J'aurais bien d'autres choses à te dire mais je risque la prison.."
"Nous touchons une grosse ration de gniole, nous devinons ce qui va se passer.
Une compagnie du 7ème colonial, vient prendre position à nos côtés dans la nuit, pendant que les crapouillots et nos 75 bombardent les tranchées d'en face."
"Nous réparons les boyaux complètement écrasés. Il pleut à torrent et sommes trempés jusqu'aux os.
Nous n'avons plus rien d'humain et sommes décidés à nous faire tuer sur place."
"Le bombardement continue de toute part, malgré cela nous avons pu être ravitaillé en pain et en vin. Nous sommes couverts de boue.
Si la mort venait, ce serait une vraie délivrance, car nous ne savons pas quand nous pourrons sortir de cet enfer."
"Je reçois la croix de guerre avec citation à l'armée signée Pétain. Je n'en suis pas plus fier et décide de ne pas la porter, étant donné que je ne la mérite pas plus que ceux qui étaient avec moi."
Emile nous décrit les combats de Verdun, Douaumont, des
Eparges et du secteur de Saint-Mihiel. De nombreux noms sont indiqués dans son
carnet.
"..On commence l'attaque à 6 h du matin, à 9 h (...) Les boches se mettent à nous bombarder, il tombe des obus de toute part, il en tombe un sur le caisson de la première pièce, plusieurs obus prennent feu alors les hommes de la pièce sont effrayés et veulent sortir de l'abri.
Au même moment une marmite arrive en plein sur la ... les met en miettes et on ne trouve qu'une main sur le moment.
Mais le lendemain on trouve des morceaux de tous côtés. x Villar a l'œil arraché.
Il est mort en arrivant au poste de secours. Flandrin reçoit un éclat dans un bras, Durand dans la cuisse. A Orsay AURSAY reçoit un éclat en pleine poitrine, il est mort sur le coup."
Cette
offensive fut terrible et mal préparée. Rien n’avait été tenu au secret et
manque de préparation notable. Les troupes montées au chant de notre hymne
national redescendaient des lignes hurlant l’Internationale… »
Résumé du parcours de guerre du soldat, puis caporal Jean
FOURNY
Nous
descendons avec précaution le revolver braqué en avant.
A
quelques mètres de la dernière marche nous entendons deux détonations. Nous
crûmes d'abord qu'on eu tiré sur nous, puis des râlements survinrent.
Nous
descendîmes alors et les deux officiers étaient par terre noyés dans leur sang.
Un
était mort sur le coup et le deuxième râlait encore. Il y avait de belles
choses dans l'abri mais ayant vu ce fait si méritoire et noble, je n'eus pas le
courage de prendre soit une jumelle soit un revolver. »
Jean Emmanuelli s’engage en 1914. Il sortira de l’armée en
1956. Titulaire de nombreuses décorations, dont la légion d’honneur, il nous
livre ici son carnet de l’année 1918.
Tout dans ce carnet n'est pas forcement intéressant car une
grande part concerne l'amour naissant de Jean pour sa marraine de guerre.
Cependant les combats du 132eme dans la Somme l'été 1918 y sont bouleversants.
« On
les décharge au cimetière où les gendarmes ce qui peut les faire reconnaître, plaque
d’identité, livret, lettre ; ensuite, on part en chercher d’autres. J’en
ai amené une quinzaine avec la corvée.
Il y
avait un capitaine d’infanterie instructeur à l’école Saint-Cyr, il avait son
bouc taillé un peu en pointe, un sous-lieutenant d’infanterie 45ème,
un lieutenant d’administration, in sous-officier du 13ème
d’artillerie, un sergent et le reste simples soldats d’infanterie et 2 ou 3
artilleurs dont un brigadier, la tête presque complètement enlevée par un obus.
On met les morceaux dans sa musette pour l’enterrer. Des chevaux tués, des
maisons brûlées, des cadavres. C’est d’une tristesse incroyable et pourtant,
aussitôt que la mort n’est plus sous nos yeux, on n’y pense plus.
Et
l’on rit, il est vrai que le vin et le poulet a profusion aide à noyer le
chagrin. »
« On
prend les premières lignes à
Nuit
épouvantable, tranchée d’approche, patrouille, grosse pertes, pas d’abri. On a
rien à croûter. On nous envoie du manger gelé comme les hommes, on ne peut
qu’absorber de la gnole.
Le
rata et le plat ne font qu’un.
Gelée
terrible.
On touche
de l’alcool solidifié.
Je
fais chauffer un peu de vin chaud. Bras est bombardé à outrance. Les chevaux et
bêtes de toutes sortes périssent dans les étables.
Nos
morts ? On ne peut les enterrer faute de temps.
Impossible
de creuser, c’est toujours de la pierre. »
« Enfin,
à 6 heures, la première vague partait à l’assaut.
Nous
devions attendre que les autres bataillons aient atteint leurs objectifs. Peu
après, on entendait les mitrailleuses boches, le marmitage ne les avait pas
enterrées. Ils avaient l’air de ne pas se rendre facilement. Malgré tout, la
première ligne était entamée, je vis des prisonniers boches qui étaient ahuris
et jeunes.
Plusieurs
repassèrent peu après portant nos blessés. Mais pendant ce temps, j’étais là et
sans ordre. Je ne devais partir qu’à l’heure H, après en avoir reçu l’ordre. le
temps me paraissait long et ça me semblait drôle de ne voir personne ?
Je
vais voir pour me renseigner à mes côtés, plus personne. »…
Son parcours au nord de Reims, fort de Brimont, Le Godat,
« ...Vers
quinze heures, à la 1e Compagnie, sur notre gauche, à la hauteur du Bois
Carré occupé par l’ennemi, en un point où les tranchées ne sont distantes que
d’une
Questionnés,
nos prisonniers volontaires avouent une grande lassitude de la guerre et nous
préviennent, en outre, que les Prussiens, nos vis-à-vis, ont décidé de nous
attaquer cette nuit !.. »
Les tranchées dans
Tout le parcours d’un soldat du 99e jusqu’à son
décès en 1918
« …Toujours
une santé aussi bonne ; le froid seul m’est un peu sensible, mais je m’y
habitué. Je reçois régulièrement de vos nouvelles, est-ce pour vous la même
chose ?
Nous
sommes très bien nourris, et je t’assure que si le canon ne tonnait pas si
souvent et si fort l’on se croirait en manœuvre. Si la victoire nous sourit, la
fin de la guerre ne tardera pas, et alors quel long repos !!... »
(Le régiment venait de subir la perte de plus de 500
hommes…)
Correspondance de trois frères à leur famille.1914-1919 et
le coup de gueule d’Henri Sauer 50 ans après, au
travers d’une à ses trois enfants :
« Me
voilà donc titulaire de SIX décorations, mais, malheureusement pas une seule ne
donne droit à pension… Il serait question d’attribuer médaille militaire avec
pension (3FN par an) aux soldats qui ont été blessés et ont séjourné plusieurs
années sur le front dans une unité combattante… je réponds aux conditions
prévues : avec 7 ans et 2 mois de service militaire et une blessure, je devrais
même avoir droit à une retraite de sous-officier tout au moins la moitié
puisque je suis resté 1 300 jours et nuits sur le front, soit 3 ans et 5 mois.
Vous
êtes maintenant fixés et même si l’un de vous ou de vos descendants sont
exonérés du service militaire je considère que j’ai fait leur part et pour moi
et pour plusieurs d’entre eux.»
« ...La
deuxième nuit, notre chef de section, l'adjudant MAX, un alsacien, nous propose
d'essayer de faire des prisonniers. L'opération consistait à attaquer un poste
avancé ennemi par surprise. Nous sommes partis au début de la nuit, presque au
départ, l'un de nous a marché sur un tas de grenades.
L'une
a explosé, il y a eu un mort et des blessés.
Il
faisait noir comme dans un four, nous avons commencé à marcher sur des
cadavres.
Quand
il y avait une fusée éclairante, nous nous fichions à plat ventre, les tranchées
étaient complètement bouleversées. Là, il y avait une baïonnette qui sortait de
terre, à côté, il y avait une main, plus loin c'était un pied et une tête des
cadavres déformés, hachés, si bien qu'aussitôt, la fusée éteinte, nous ne
pouvions pas faire autrement que de marcher dessus... »
50 ans après la guerre, Laurent COUAPEL nous raconte sa vie
de soldat, parfois misérable, parfois attachante, mais néanmoins réelle.
Les Eparges, son empoisonnement, l’attaque inutile en
Champagne, les charniers de Cumières (Verdun), la soif, le froid, la peur, le
pinard...
Avec l’aide des journaux de Marches et opérations, j’ai pu
dater précisément certains faits, certains combats, certaines journées parmi
ses souvenirs qu’il nous fait vivre au travers de ses écrits
« ...Bien
placé, on tire quand même sur des attelages qui fuient et des hommes que l’on
voit peu. Il faut reculer mais c’est très dangereux.
On se lève. Beaucoup tombent blessés aux jambes.
Je
reste après les autres et je recule sans trop de danger par bons courts et
rapides.
La débandade se produit le bataillon est éparpillé dans un pré la mitrailleuse
nous vise mais aucun blessé.
On
rentre dans un bois et l’on recule beaucoup en arrière après avoir rassemblé le
bataillon. Les blessés sont restés aux mains des Allemands... »
Henri BLEYS, sergent, instituteur, nous décrit son
témoignage. L’écriture est fine et régulière, le crayon papier précis, malgré
l’usure, le témoignage saisissant.
Il décrit avec exactitude ce que fut la retraite de son
régiment à partir de mi-août, en Belgique : les ordres imprécis, les
interrogations des hommes, la débandade, les villages ruinés...
« ...Changement
de position nous nous postons sur la droite de la route aussitôt installé il
nous faut tirer car la position devient critique à 1 heure les troupes belges
reculent et nous voilà en première ligne nous tirons jusqu’au dernier malgré
tombe près de nous notre pièce reste et la 6e l’ordre arrive.
Il
faut reculer car la position devient intenable on recule de
Itinéraire d’un artilleur en 1914-1915 : Lorraine,
Meuse, Reims, Flandres, Dunkerque, nord d’Arras. Des noms sont cités dans son
carnet
« Le
soir à 19 h nous montons en ligne, nous y arrivons à minuit.
Là
pas de tranchée, que des trous d’obus pleins d’eau et des macchabées.
Pour
le moment, je suis dans un trou d’obus avec deux autres. De la terre grasse
jusqu’aux genoux, de la flotte et plusieurs macchabée qui sentent
mauvais : et je vais rester là 6 jours et 6 nuits complètes sans pouvoir
bouger, assis dans l’eau, impossible d’écrire car les lettres ne partent pas
depuis ici. On nous apporte à mange une fois par jour à minuit.
»
1917 et 18 : Verdun,
« ..Français
et Allemands se touchent. Il parait que dans les moments de repos, bien au fond
des tranchées, les soldats ennemis se donnent mutuellement des concerts, puis
cinq minutes après se tirent dessus à outrance, ou se faut sauter.
Résultat,
en France, nous n’avons pas bougé.. »
Sur ces deux cahiers d’écolier, sans rajouts ni
suppressions, Suzanne RUPLINGER, née en 1901 à Lyon a tenu son journal, du
mardi 28 juillet 1914 au 30 mai 1918.
13 ans, elle avait 13 ans !
Nous sommes bluffés par la connaissance des choses de la
guerre et la maturité avec laquelle, elle rapporte, peut-être, ce qu'elle
entend des adultes, c'est extrêmement intéressant de la lire, elle se permet
même de faire de la géostratégie, quel talent!
25
août 1914, Rozelieures
« ..Nous
avançons en bon ordre, les Allemands paraissent reculer.
Lorsque
soudain une contre-attaque terrible nous oblige à reculer.
C’est
une débandade générale sous une grêle de balles et d’obus. Nos soldats tombent
par paquets, c’est épouvantable. Notre artillerie protège notre retraite.
Lorsque
nous nous reformons, de ma compagnie sur environ 250 hommes, il en reste
90… »
Ce qui fait l'originalité de ce carnet, c'est qu'au début
(du 5 Août au 3 Sept. 1914) il a été rédigé par une personne visiblement
très cultivée: le style est littéraire, presque lyrique...puis mon grand-père
trouve le carnet le 4 septembre 1914 et le continue dans un style...plus "terre
à terre"...
Le carnet d’un soldat du 47e RI qui a traversé
toute la guerre au 47e RI : bataille de
« …Chaque
fois que je lève la tête des balles me sifflent aux oreilles ou tombent à mes
pieds. On vise les chefs de section. Nos mitrailleuses entrent en action.
Mes
chasseurs en blaguant froidement tirent sur tout ce qui se profile à la crête.
Des bavarois passent en courant affolés jusqu’à un kilomètre, pendant que des
balles les environnent de poussière.
Beaucoup
tombent comme dans un jeu de massacre ou font les morts. S’ils se lèvent, ils
ne vont pas loin. La crête semble couverte de cadavres.
Notre
mouvement a réussi. Pris dans l’angle de feu par les autres sections, tous
s’enfuient ou tombent jetant ses armes. 30 bavarois se rendent. J’ai un homme
tué à ma section… »
A partir d’un carnet de campagne rédigé au jour le jour,
Laurent MIROUZE a pu reconstituer le parcours d’un officier d’active tout juste
sorti de St-Cyr, à travers les terribles combats de 1914 qui ont coûtés si cher
à notre armée.
Il est exceptionnel de trouver des carnets écrits sur le vif
notamment pendant une guerre de mouvement telle qu’elle l’était en août et
septembre
Aéros,
tranchées.
« …J'avais
prié sur les tombes de mes camarades du 18ème corps, environ 300
corps étaient en rangées de 30, c'était bien arrangé, tous avaient des croix en
bois ou en pierre. Les noms étaient inscrits, ils avaient des couronnes, des
écritures de souvenir et de regrets.
Une
fosse d'une quarantaine de mètre devait encore être remplie, ceux là n'avaient
pas de noms inscrits.
Sur
la campagne, pas loin de là, des boches il y avait partout dans les
terrains… »
Les « pépères »…ont connu les mêmes dangers et les
mêmes misères que les autres…
«…Nous
avons chargé sur un escadron de Uhlans saxons la section seule, tu parles de
les enfiler.
J’ai
un camarade qui a eu le bonheur d’en tuer 3 et en blesser deux, moi pas tant de
veine, 2 morts 2 blessés et un cheval pour ma part puis l’on a dégagé les
voitures, et on les a finis à coups de mitrailleuses c’est horrible et
beau… »
« …Puis
moi avec le Lieutenant, nous avons été chercher un journal Bavarois ; ils nous
ont offert des cigares, des cigarettes ; le Lieutenant leur a donné un
paquet de Maryland et moi 2 bâtons de chocolat que j’avais touché la
veille ; il a fallu leur serrer la main à tout prix, puis on a retourné
dans notre local… »
La correspondance d’un Cuirassier qui « sabrait »
les soldats ennemis durant les charges de cavalerie. Des descriptions de
combats, la fraternisation, une lettre codée, des inquiètudes, le début de la
révolte…
« Ils
se battent à coups de baïonnette et de grenades, l’autre bataillon s’élancent
sur la 2ème ligne et arrivent même jusqu’au cimetière, mais malheureusement,
le fil téléphonique qui servait de commandement à l’artillerie, et qui était
installé dans notre première ligne est coupé, et notre 75 tire toujours mais
trop court et tue de nos hommes.
Nous
restons maître des 2 lignes de tranchées »
Né en mai 1893, engagé volontaire pour 5 ans, le 6 avril
1912, à la mairie de
« ..Nous quittons le
tunnel à
Nous grimpons les hauteurs de
l’ouvrage de Damloup. Vu sa pente rapide, nous sommes vite fatigués car il ne
faut pas s’amuser. Lorsque tout le monde fut en haut, nous nous blottissons du
mieux que nous pouvons dans le boyau en attendant que la nuit fût venue. Mais,
ce fut angoissant car les marmites nous arrivaient de toute part. Plusieurs
hommes jetaient des cris de douleur. Ils étaient atteints par des obus.
Nous nous portons en avant à
Enfin, vers
Le carnet du front d’Edouard
MATTLINGER : toute la guerre : l’Alsace, la fraternisation (1914),
Les Eparges (1915), le bois de Calonne, l’attaque de Champagne, secteur de
Souain (1915), Verdun, tunnel de Tavannes, secteur de Damloup (1916), la
bataille de Montdidier (1918)
« …Cet
ensemble de tranchées est un vrai cimetière, une centaine de morts, tous de
l’attaque d’avril sont tout autour de nous et l’abri de commandement du
lieutenant est proche voisin d’une tombe, et dans ce petit coin de plaine,
entre les routes de Metz et Pareid, il y a plus d’un millier de braves
camarades du 157ème et d’autres régiments qui sont tombés en avril, ce n’était
vraiment pas la peine de faire tuer tant d’hommes pour un si petit résultat,
surtout que cette tranchée payée si chère va être rebouchée puisqu’il en est
recreusée une autre à
« …La
côte des Éparges est d’un teint roux, et toute ravinée par la mitraille.
Elle
fait tache sur la verdure de la ligne des côtes. Comme monument de souvenir à
élever sur cette côte, il faudra après la guerre y ériger un immense Christ en
croix et entourer tout le bas de la côte d’une grille et la laisser tel qu’elle
se trouve en ce moment… »
« …Il
serait temps que tout cela finisse.
Qu’entendent
par là les gens de l’arrière, que nos poitrines mettent à l’abri des balles
ennemies et qui n’ont pas la pudeur de respecter ceux qui sont mort depuis une
année. Ces messieurs de l’armée font la fête… Le ministre s’inquiète de fixer
la nuance du Kaki que messieurs les embusqués doivent porter, est-ce que nous
en avons nous des uniformes à la mode, de bleu horizon, il doivent devenir
pisseux nos uniformes !.. »
Carnets de guerre de Paul DUCHATELLE, Les Eparges, la guerre
des mines, la fameuse « visite » des députés en premières lignes, ses
réflexions sur la guerre sont intéressantes. (Les embusqués, les politiques,
les officiers supérieurs..)
Si ses carnets étaient tombés entre des mains d’officiers….
« …Chère
amie j'ai pourtant vu dire que la classe 1915 allait être appelée en tout cas si
la patrie en danger a besoin de nous pour renforcer ses rangs j'irai moi aussi
défendre fièrement mon beau pays de France et aider à chasser ces allemands si
féroces et si barbares qui font partout les pires atrocités.. »
« …Depuis
un mois nos braves soldats aux cœurs généreux luttent sans cesse, déjà beaucoup
sont tombés sur le champ d'honneur, d'autres sont blessés ou usés par la
fatigue ou la misère alors ces braves soldats auront besoin de repos qu'ils ont
si bien gagné… »
Mobilisé en déc 14, réformé en juin 15 cause maladie, bon
pour le service en sept 15, parti dans les tranchée, blessé en mars 1916,
retour au front, tué en juin 1917. Son parcours au travers de ses lettres
« ..Vie
des tranchées. Bombardement de nos abris à diverses reprises.
Je
suis puni de 6 jours de prison parce qu’un homme de mon escouade a voulu manger
des pissenlits. »
Sergent au 70e Territorial, il a connu les
tranchées,
« J’avais
alors moins de 17 ans. Dans l’après-midi, nous sommes allés, mon père et moi,
avec deux ou trois de mes frères et sœurs, charger une voiture de foin. C’est
tout au long de notre retour que nous avons entendu les trois cloches de
l’Eglise sonner à toute volée pour annoncer la mobilisation générale. Leur son
était puissant, le moment solennel.
Le
garde-champêtre confirmait la nouvelle à l’aide de son tambour.
Partout
les trains étaient pris d’assaut par les hommes qui partaient vers leurs
garnisons. L’enthousiasme était grand chez ceux qui partaient, la tristesse
était grande chez ceux qui restaient. Personne ne savait ce qui nous attendait.
Personne ne croyait passer l’hiver en guerre… »
« …Le
secteur faisait naturellement partie du front ; donc nous avions droit à
un quart d’eau de vie tous les matins. Et tous les matins, je devais me
bagarrer avec mes hommes pour que le gendarme ait sa part.
Chaque
fois on me répondait « il n’en a pas besoin »
Un
dicton disait d’ailleurs à l’époque :
« Le
front commence où s’arrête le gendarme »
Le
front commençait bien là et je me suis toujours demandé ce que celui là pouvait
bien faire avec nous… »
Toute la guerre vécue par André : les tranchées de
l’Yser, les combats de Montdidier, l’attaque allemande, la captivité en France,
la punition des évadés, l’épisode des 2500 chevaux «volés» par les allemands
pendant leur retraite de 1918…
Le petit carnet de son parcours. Il était affecté à
l’ambulance N° 16.
Quelques photos de groupes de soldats
« …Il a fallu leur aider à
traîner les leurs comme nous avions fait les nôtres la veille.
Le lendemain 11 il nous a payé
un litre de vin.
C’est tout ce que nous avons
eu… »
Les
déplacements du 2ème groupe du 11e régiment d’artillerie,
à travers
« … Le soir même, quand,
après avoir rampé, nous arrivions vers nos camarades d’attaque pour les
relever, nous constations que beaucoup d’entre eux étaient étendus à jamais sur
le gazon où accrochés aux réseaux.
Les lignes avaient simplement
été avancées de quelques centaines de mètres.
La nuit est employée à creuser
la nouvelle première ligne avec nos petits outils portatifs. Nous dûmes
néanmoins rejoindre une contre-attaque boche qui s’était dessinée.
»
De l’alsace à
l’offensive de champagne en septembre 1915, la campagne d’un caporal fourrier
« …Entre nous, il n’y a
pas grand chose, d’ailleurs, c’est presque impossible avec le temps que nous
avons, juste quelques coups de fusils de temps en temps ; les boches sont très
raisonnables ; ils ont été jusqu’à fraterniser avec les nôtres au petit poste ;
ils ont échangé une boule de pain pour des cigares que les nôtres leur ont
donné, cela prouve que les boches en ont marre et je serais porté à croire que
la guerre sera bientôt finie, je le souhaite bien vivement… »
Correspondance
d’un soldat qui a été absent de « ses foyers », comme disent les militaires,
durant près de six années pendant lesquelles il a été gravement blessé en tant
que soldat, il a subi des vexations de toutes sortes en tant que prisonnier de
guerre. Il n’a bénéficié que de quelques rares permissions et a obtenu une
décoration méritée avec citation pour sa bravoure au combat.
« …La retraite s’accentue
de plus en plus et prend les proportions d’une déroute effroyable.
Des fourgonniers vident sur la
route le contenu de leurs voitures pour s’alléger.
Des conducteurs de caissons de 155 abandonnent des projectiles.
Sur la route, il est défendu,
sous peine de mort, de couper une colonne en marche, défendu aussi aux
conducteurs de voitures : caissons, fourgons, chariots de parc, de
trotter.
La prévôté (maréchaussée)
veille à l’exécution de ces ordres. Je vois un capitaine de gendarmerie
flanquer deux balles de revolver au conducteur d’un fourgon qui a trotté une
dizaine de mètres pour rejoindre sa colonne… »
Mémoires du
début de la guerre : de Charleroi, la retraite, bataille de
Quelques
« images » fortes de la retraite de l’armée française.
« …Le 8 au matin
redescendu pour ravitailler et remonté aussitôt avec de l’eau et du pain sous
les grosses marmites boches.
Traversé le village à
Passer sur les morts et les
blessés, les vaches et les chevaux crevés.
Rien de plus lugubre et
triste… »
Le carnet a été
tenu jour après jour pendant toute la guerre.
L’extrait
présenté ici s’étend d’août 1914 à avril 1916 et concerne la guerre dans
Il comprend
surtout, des indications sur l'itinéraire suivi par son régiment. Il y a
cependant des éléments sur les conditions de vie qu'il évoque à
travers son travail de cuisinier.
« ..Dans ce village, nous restons deux
jours et pendant ce court séjour, nous eûmes une mauvaise impression en
rencontrant sur notre trajet et en nous promenant, des tombes de soldats
français au nombre de cinq qui avaient été fusillés pour avoir refusé de
marcher… »
Les souvenirs
d’un soldat, mobilisé à 36 ans, qui a parcouru l’Aisne (Soupir, Paon, Dhuizel),
Ce carnet déjà présenté, à été complété par la correspondance de Louis TREILLET, durant toute la guerre.
Cette correspondance est d’ailleurs très souvent beaucoup plus précise que son carnet.
« ..4 - Départ à
5 - Dans la nuit du 5 à
6 - La position n’est pas
fameuse. Les éclats radinent de partout. On ne peut rester dehors.
9 - Comptabilité des fusils.
17 - Etat des pertes –
Officiers et hommes de troupe.
19 - Situation des munitions
23 - Sommes bombardés – Très
sérieux – Les arbres de la position sont fauchés, le lieutenant est tué….
Calme - Beau temps - On a
fusillé 2 alpins qui s'étaient révoltés et condamné une dizaine à quelques
années de travaux publics - C'est pour calmer la morosité générale - La guerre
est si longue
Carnet de
route et sa correspondance de Louis Treillet depuis Janvier 17 jusqu'à la
fin de la guerre : Chemin des Dames, l’Italie, l’Oise,
« …Nous nous couchons, ma
femme et moi après avoir mis notre bébé au berceau, mais il m’est impossible de
dormir, cette terrible chose que depuis tant d’années, mon grand-père et mon
père, m’ont parlé dans maintes circonstances, est
Je vais donc moi aussi voir ce
qu’est la guerre, la vraie guerre, celle où il y a de vrai morts, n’ayant pu
croire les récits ni pu m’en rapporter aux images rappelant ça.
Je vais donc en tuer de ces
boches, de ces satanés boches qui nous font tant de mal par tous les moyens, et
puis c’en est assez, il faut en finir et au plus vite... »
Je perds un instant ma
compagnie, mais je rattrape un homme blessé ; il m’appelle.
Je me couche à côté de lui pour
voir ce qu’il a. je me garantie de mon sac ; les balles sifflent de tous
côté ; les obus destinés aux allemands passent au dessus de nous, mais au
même moment, je reçois une balle dans la fesse gauche.. »
Son parcours, jusqu’à sa blessure durant la bataille de
Retour au front secteur de Soissons, Crouy en janvier 1915.
La particularité de ce carnet, c’est que certaines journées
ont été « reprises » par la suite, avec des détails supplémentaires
Notre artillerie le bombarde
toute la matinée, enfin nous le prenons d’assaut, l’artillerie de chez nous,
nous bombarde et nous laissons des morts et des blessé.
-----------
« ..J’ai acheté ce carnet
aujourd’hui à Abbeville aux nouvelles galeries. Dans l’hôpital tous les malades
décédés sont morts dans de bonnes conditions. »
-----------
« …J’ai un mois de
convalescence, j’ai été proposé pour deux, mais le général a trouvé que ma
barbe faisait beaucoup dans ma maladie aussi a-t-il retouché un mois… »
Blessé à Sillery, durant la bataille de
« …Ai bien dormi même
malgré le fort bombardement. Nous avons depuis le 75 jusqu'au 360 sur
…... Nous bombardons sans arrêt
depuis le 38 –
A
C'est impossible trop (de)
casse. Ensuite un autre et moi avons été presque engloutis – nous sommes d'un
dégoûtant car il a plu aussi je suis couleur
boue – ensuite notre poste s'effondre et nous essuyons les gaz
asphyxiant – ce n'est pas bon à 12h…. »
Son journal concerne l’automne de 1915.
Après un passage pendant l’été dans la région de Montbéliard
pour rejoindre le 4° tirailleurs au repos, il arrive au front avec celui-ci en
Champagne où une grande offensive française doit être lancée (le
Il sera tué en 1917, le 20 août au bois de Cumières près de
Verdun lors de la contre-offensive française, lancée ce même jour.
« …Avec un camarade, je
vais dénicher des corbeaux pour faire une bonne soupe et nous tirons deux
pigeons ramiers qui nous
Encore 3 pigeons de tirés et
ils sont bons.
Nous avons mangé aussi 3 jeunes
corbeaux, mais quelle différence, c'est un peu plus dur comme viande. Je
remonte ce soir en réserve près du Capitaine… »
Il
retrace jour après jour sa campagne en Orient 1917-1918-1919 contre
« ..Le 13 à une heure du
matin, attaque par le bataillon.
Redoute 320 Thiaumont à
Le 14 juin : Réserve petit
Bois Fleury (mort de Paul Baillard vers
A
Arrivée à
Le carnet en lui-même comporte visiblement deux parties : les
deux ont été écrites après juin 1916, ce qui revient à dire que la première
partie est une liste de dates et de lieux, très factuelle.
La deuxième, écrite "à chaud" est le récit
détaillé de ces deux années de captivité en Prusse Orientale.
« ..Nous passons à
Villeneuve-la-Lionne où l’orage nous prend et nous trempe jusqu’aux os. Nous
bivouaquons à Vézier mais on se remet en marche, toujours sous l’eau et nous
retournons cantonner à Villeneuve-la-Lionne à
Edouard OURSEL
nous relate son parcours au début de la guerre (1914-15), son
« travail » de brancardier : La retraite, bataille de
« Enfin ce jour là c'est presqu'un
miracle que l'on soit sorti sain et sauf car plus d'une fois nous l'avons
échappé belle. Malheureusement nous avons perdu 45 hommes dans cette affaire,
seulement nous avons conservé la tranchée.
Pendant le reste de notre
séjour ici nous avons tout transformé notre réseau téléphonique.
L'on a placé toutes les lignes
dans les boyaux et en plus nous avons placé une ligne de secours qui était
souterraine. Nous avons mis 8 jours pour faire le travail.
Nous avons terminé pour le 14
juillet. »
Le périple
d’un téléphoniste du 372e RI de 1914 à 1916, des Vosges (le Linge,
« …Tous les habitants quittent leur pays
pour échapper aux troupes allemandes. C’est un spectacle vraiment touchant de
voir tous ces pauvres gens, vieillards se traînant péniblement, jeunes mères
portant leurs enfants dans les bras ou les traînant dans
Les vieux territoriaux
organisent la défense de Paris ; des champs de poiriers tout entiers sont
abattus pour faire un bouclier à nos fantassins.
On devine qu’on a l’intention
d’arrêter l’invasion par là. »
Les combats
vus côté artilleurs (ferme de Nogeon, ferme de Confrécourt, plateau de Nouvron,
Soissonnais, Verdun…),le dramatique franchissement de l’Aisne sous les bombes,
la mort en direct des ses camarades de régiment, leurs obsèques.... Ses
« coups de gueule »…
« .. Le mauvais temps
continue ; on entend fusillade un peu partout ; nous avons la
permission de faire du feu, Oh ! Alors on est heureux comme des
rois ; on sèche un coté pendant que l’autre mouille, enfin on est mieux
quand même.
A
Un itinéraire
par les combats de Joppécourt (22/08/1914), Courcelles-sur-Aire (10/09/1914),
Lacroix-sur-Meuse (oct.14)
En toute
simplicité, il y a noté son parcours, des lieux, les brisques et les batailles
sans jamais décrire ce que furent ses difficultés, ses souffrances ni ce qu’il
vit et vécût.
« .. Le soir on nous
relève à
Réveil à
A
A
A
Nous étions 5 comme
nettoyeurs.. »
Un carnet
trouvé sur une brocante, publié sur mon site pour le sortir de l’oubli ;
Août14 – août 15, Les Vosges, l’Artois
« ..Le destin qui m'avait
conduit d'Italie en Grèce, de Serbie en Bulgarie, de Roumanie en Russie, puis
ramené de Turquie, par
Pour que chacun se souvienne et
apprenne par mon enseignement, que loin du pays, rien ne vaut
Léon CLAUDE,
après la guerre…
« …Nous sommes repassés à
Gomery où le convoi se renforça d’autres blessés et prisonniers.
Et l’on se remet en route, nous
passons à Etre et quelle impression de voir les ruines du 3ème Groupe de chez
nous = tous les caissons et chariots versés, chevaux et hommes tués en telle
quantité, que nous passions sept jours après la bataille et que tout n’était
pas encore enterré.
Petite ville à peu près trois
mille habitant, toute incendiée et pillée, sauf
Le soldat
Sebran Tessier a été cité comme témoin à Genève des exactions allemandes
commises à l’été 1914 à l’hôpital de campagne de Gomery (Belgique) dont les
blessés français ont été assassinés par les troupes allemandes
« ..Il y a eu deux fois
alerte cette nuit, et deux fois on a déclenché les tirs de barrage; c'est
formidable et indescriptible. De tous côtés, les lueurs des coups de canon se
succèdent d'une façon ininterrompue comme un scintillement perpétuel et le
tonnerre de toutes ces pièces fait un roulement absolument continu; les obus
sifflent, ronflent, au-dessus, à droite et à gauche, une brume générale s'étend
sur toute la
« .. Cela dure une
demi-heure, quelques fois plus si l'ennemi a pu sortir malgré cela et s'il faut
continuer l'arrosage. Puis les coups s'espacent; les fusées cessent, et le
calme renaît, c'est-à-dire qu'on n'entend plus voler que les obus espacés qui
vont de part et d'autre frapper les deuxièmes lignes, gêner les
ravitaillements, la circulation intense des relèves, des cuisines, des
munitions, des matériaux, qui se hâtent sans arrêt pendant toute la nuit
d'apporter aux tranchées de première ligne et aux batteries le stock
indispensable pour pouvoir continuer le lendemain avec la même âpreté cette
terrible lutte... ».
Sous-lieutenant,
puis lieutenant, à la 1ère Batterie du 2ème Régiment d'Artillerie de Montagne,
il prit part aux combats aux abords de Nancy, avant d'être envoyé dans les
Vosges (Reichsacker, Linge).
Après cinq
mois à Verdun, de juin à octobre 1916, sa batterie rejoignit l'Armée Française
d'Orient, à Salonique, puis occupa diverses positions en Grèce et en Serbie.
Muté, en
1917, à la 8e Batterie du 19e Régiment d'Artillerie de Campagne, et nommé
capitaine, il participa à la campagne qui vainquit les Bulgares et fut blessé
en octobre 1918.
« .. L’on essaye
d’apporter le Capitaine à 4 par la droite qui se faisait arriver à une arrête
de terrain. L’on est entre 2 feux de l’ennemi qui tire de chaque côté et par
derrière.
Obligés de laisser le Capitaine
dans un bois de sapins, sur 4 que l’on était pour le sauver, 3 sont tombés et
moi le dernier, une balle me frôle la cuisse en perçant ma capote.
Fuite parmi les balles qui
donnaient des 2 côtés et le feu d’une mitrailleuse. A chaque instant, mes
camarades tombent criblés de balles. Le sous-Lieutenant Daras tombe blessé
d’une balle qui lui traverse la figure par les joues.
Joubert tombe mort d’une balle
à la tempe…(…)
Les gendarmes menacent de
revolver ceux qui reculent encore.»
L’itinéraire
d’un soldat du 32e RI, villages après villages (Lorraine, bataille
de
« L’assaut va être tenté en masse par les 3
bataillons (205ème et 148ème) ils nous restent que deux
mitrailleuses pour préparer le travail ; et encore les chevaux sont tués,
les servants ont bien du mal à arriver au plus de la route. Enfin, le clairon
se fait entendre et nous voilà partis. Nos deux pièces crachent bien et cela
nous encourage. Nous sommes serrés et la route monte terriblement ; ce qui
nous retarde. Nous avons un moment d’espoir, l’ennemi cesse de tirer pendant
quelque temps ce qu’il nous fait croire qu’il va déguerpir. Hélas, ce n’est
qu’une ruse, ils ont simplement déplacé leurs pièces, et c’est avec un feu
terrible qu’ils nous reçoivent en enfilade au bout de la route.
Ils nous tuent à bout portant
et rien pour s’abriter.
Ah si nous avions seulement un
peu le 75 avec nous, nous aurions le passage ; car enfin ce n’est que de
la cavalerie… »
Notes de
guerre d’Albert THEVENIAUD, participe aux combats d’août 1914 de Grand-Fayt,
Séry-lès-Mézières, Hamégicourt, Coucy-le-Château, puis est fait prisonnier le
« Il était
Depuis j’ai été trois jours
étendu dans une ambulance on croyait à ma folie, mais aujourd’hui c’est passé,
je tremble encore mais c’est passé. »
Série de
lettres du soldat Emile NUSSBAUM, quelques une poignantes : combats de
Mulhouse, Burnhaupt, le Vieil-Armand, son départ pour Salonique..
«.. Les journaux
d’aujourd’hui racontent que le gouvernement fait préparer des tricots, des….,
et des gants de laine pour les soldats. Ils n’auraient pas sans doute
l’intention de nous faire passer l’hiver ici, ces messieurs !
Cà serait bigrement terrible et
qu’est-ce que ce sera s’il faut rester encore trois ou quatre mois…»
Samedi 5 septembre,
« …Comme nouvelles, on dit
que le 1er septembre, il y a eu des artilleurs du 38ème de NIMES, qui ont eu
peur et qui se sont enfuis avec leurs chevaux, laissant sur place les canons et
leurs servants.
Le lendemain, on en aurait
fusillé 75 aux environs d’ETAIN. On dit aussi que le 312ème de ligne aurait
refusé de marcher au moment de combattre : le Général a été obligé de
mettre revolver au poing pour les obliger à marcher. Cà n’a pas réussi, alors
il a dirigé sur eux deux batteries d’artillerie et ils se sont décidés à la fin
de la journée… »
Il s’agit
d’un carnet de section, court, mais néanmoins très intéressant, avec de
nombreux détails sur les hommes qui composaient une section de
Mitrailleurs : Noms, prénoms, profession…armes, outils…
Vision de guerre
« .. Le dos courbé, le regard aux aguets
, les doigts crispés au fusil, nous avions franchi au pas de course des fossés
vaseux, des boqueteaux où les arbres fracassés par la mitraille semblaient
attendre le coup de grâce, des chemins que la déroute des canons avait labouré,
des enclos
A l’orée du village apparaissait la façade
aux brèches béantes de ce qui avait été un château, des terrasses, des
charmilles, des arceaux de roses et comme un moignon de géant, le vénérable
clocher à moitié effondré dont ne survivaient que la rosace et le cadran de la
pendule. Soudain dans ce silence de nécropole, tintèrent graves, espacés,
solennels, les douze coups de midi. »..
« .. – Quel temps – pluie
– vent – marche à travers champs de vigne, de betteraves, etc. …et pendant la
nuit. Quelle belle manœuvre – quels canons – nous n’avons plus rien à faire –
Les 75 déblaient le terrain, nous n’avons qu’à avancer. A
5000 prisonniers sans un coup de
fusil et sans un blessé de notre côté ! C’est admirable !.. »
BOUVE Anatole
est désigné pour conduire un détachement de 500 hommes pour renforcer le 110e
et le 310e…
Le
Cinq jours de souffrance et de
martyr.
La campagne
d’Orient de 20 mois d’un soldat du 210e RI. Salonique, le Vadar, Fleurina,
Monastir, les combats dans les montagnes enneigées
Un petit mot pour vous dire
avant de vous embrasser que nous embarquons ce soir pour destination inconnue.
La bataille fait rage vous le savez sur Verdun.
Peut-être allons-nous à la
rescousse. Hourra !.. »
« …Le 97ème poursuit
l’ennemi avec le 96ème et le 157ème ; le 281ème et le 252ème sont au repos
.Il y eut 3 attaques à la baïonnette. Français hors de combat ou blessés :
800 à 1000 .Allemands mis hors de combat : 3 à 4000 environ.
La bataille a cessé à
Le régiment évacue le champ de
bataille à
Les allemands pansent nos
blessés et ils font prisonniers ceux qui peuvent marcher… »
« …En me dirigeant sur la
ferme de Ferrière je cours les champs. Je savais que la lutte avait été chaude
mais je ne m'attendais pas à tant d'horreur. Un peu avant la ferme 3 lignes de
tranchées servaient d'appui à l'ennemi.
Celles-ci sont remplies
d'équipement - de fusils - fusils mitrailleurs - mitrailleuses - minnenwerfen -
casques etc… et aussi de nombreux trop nombreux cadavres aux visages
douloureux. J'ai le cœur serré en regardant ce terrible résultat de la guerre.
Les Français sont aussi
nombreux que les boches.
Des tirailleurs sont étendus
sur le terrain, tout équipés.
Dans les tranchées certains
morts sont debout appuyés au parapet. D'autres couverts de sang, le corps ou le
crâne ouverts gisent près des abris ou sur le bord de la route. Ces malheureux
sont jeunes pour la plupart.
Ils vont rester ainsi plusieurs
jours ainsi sans sépultures. Et je songe que chacun a dans son pays respectif
une famille qui pense à lui et qui attend son retour…. »
Carnet de
campagne de fin de la guerre, pendant la retraite allemande, d’août à octobre
1918
« ..J’alla faire des
travaux de galerie à abris mitrailleuse entre Esnes et cote 304, plus tard,
j’alla au tunnel Bismarck, travaux remarquables de l’ennemi pris par nos
Il consistait également d’un
petit train sur voie de
Donc, dans cette brasserie, il
était resté une quantité de cadavres ennemis ainsi que dans une salle
d’opération aux blessés. Donc, après cette attaque de septembre, nous
n’habitions plus que
Sur cette distance, il y avait
10 différentes sorties de droite et de gauche ainsi qu’une superbe salle de
machine avec trois moteurs électriques, salle de réparation, etc…
vraisemblablement l’éclairage du métropolitain à Paris… »
Le parcours
d’un soldat du Génie, durant toute la guerre.
« …Là nous sommes sur un champ qui borde la route de Montmirail où a lieu une attaque des français très sérieuse l’on voit des voitures de blessés qui se dirigent sur la gare de Sézanne, puis une centaine de prisonniers Allemands escortés par des gendarmes à cheval, une heure plus tard c’est encore cinq prisonniers qui sont escortés par un maréchal des logis de chasseur à cheval et deux civils armés de bâtons qui les ont fait prisonniers eux-mêmes ; le canon n’a cessé de gronder toute la journée et une partie de la nuit,.. »
Le parcours
(1914-1915) d’un soldat du 41e régiment d’artillerie de Douai
« …Les terrains sont
pleins d’eau. De la boue jusqu’aux genoux.
Nous dressons nos tentes sous
la pluie dans le terrain mouillé et plein d’eau.
Quelle triste nuit nous passons.
Nos effets tout mouillés et
point de bois pour faire du feu.
Quelle misère !... »
Le carnet de
campagne d’un soldat de l’Armée d’Orient, son arrivée à Salonique, la vallée du
Vardar, la guerre contre les Bulgares…
Puis pénétrant chez nous, ce ne
fut que carnage
Ce n’était plus des hommes
c’était de vrais sauvages
Jamais l’histoire n’enregistra
de tels forfaits
O ! Très Haut use donc de
ta toute Puissance
Pour détruire à jamais ce
peuple de proscrits
Quoi ! N’aimerais-tu donc
plus notre belle France
Pour la laisser aux prises avec
de tels bandits
Son carnet
est très succinct, il n’indique que les dates et les lieux qu’il a fréquentés
avec parfois une petite annotation.
Mais il donne
une indication sur le chemin que pouvaient parcourir les combattants à cette
époque et il englobe la totalité de la guerre.
« …Nous sommes descendus
la nuit dernière à Monastir pour quelques jours de repos…
Nous avons visité la ville qui
n’a rien d’extraordinaire, et nous avons surtout cherché de quoi varier un peu
notre ordinaire. Mais nous n’avons trouvé que du lait à
« ..On parle du vandalisme
des soldats allemands mais que devrait on dire des Français ? Tous les
villages que nos troupes ont traversés ont été littéralement pillés par elles.
Les Autrichiens en se retirant n’avaient touché à rien et les Français en
avançant ont fait main basse sur tout ce qu’ils trouvaient : bétail,
chevaux ou ânes, légumes etc. Un soldat du 372ème a même tué un Albanais pour
avoir son âne… »
L’itinéraire
de Pierre BEAU à Salonique, Monastir, les Montagnes d’Albanie et de Macédoine,
la faim chronique et sa maladie qui le ramène combattre en France au sein du
287e RI
« …Journée de deuil pour
Pauvre garçon, tout le monde
est suffoqué, c’est la première perte à
Tomberai-je ? A la grâce
de Dieu. J’ai le ferme espoir de revoir ma Marie et mes chéris, mais que
peut-on dire ? Et eux, les reverrai-je ?? Je ne sais toujours pas ce
qu’ils sont devenus !!!!.. »
Le carnet de
campagne quotidien d’un sous-officier de la territoriale (1914-1915), en
Woëvre.
Péripéties
aux abords de Reims et aux environs, la vie des civils sur Reims et Paris ;
1914-1919
La fusillade est intense de
part et d'autre ; nous tenons jusqu'à
Le carnet du début de la guerre, jusqu’à sa blessure pendant
la bataille de
« …Nous avons fait cette
nuit un prisonnier, or, bien qu'on prétende qu'ils crèvent de faim, je t'assure
que celui-là avait une mine superbe; Grand gros et gras et infiniment plus
propre que nous, car nous sommes ignobles, tous couverts de boue de la tête aux
pieds (sans aucune exagération), pas lavés, pas rasés, j'ai une barbe bientôt
aussi longue que celle de Paul !...
…Ce qu'il y a eu de curieux,
c'est la nuit du réveillon; les Boches et nous même avons chanté; les Boches
ont même joué de l'accordéon et je crois bien de l'harmonium; et chanté des
chœurs le tout fort bien et très intéressant…
..A part ça, tout va bien, nous
progressons sur tout le front comme dit le communiqué d’environ
Le
« séjour » du 81e RIT, en Artois, fin 1914 début 1915, au
travers des lettres d’Ernest BENOIST
Son carnet de tranchée, ses impressions en le terrain
après le recul des Allemands, début 1917, Bitry, Moulin-sous-Touvent,
Trosly-Loire,
« ..aussi lorsqu’on venait
en permission à Paris, dans le métro ou le tramway on n’avait qu’à se gratter
un peu pour avoir de la place tout le monde s’écartait.. »
Ses mémoires
ne décrivent pas (volontairement) les combats, mais plutôt quelques scènes de
« vie » dans les tranchées (Verdun, le fort de Souville, Perthes les
Hurlus, Tahure..), les obus, le froid, la faim,les poux…
« ..A
C’est une mêlée terrible; nos
obus éclatent à
Courte lettre
écrit depuis l'hôpital de Toulon le
« …J’ai passé une très mauvaise nuit sur
mon avant train, j’en ai mal aux reins, mais on n’a pas le temps de se
retourner, vite a cheval et rapidement, nous allons mettre en batterie
d’aussitôt nous ouvrons le feu sur les Boches qui essaient une contre attaque,
car la nuit ils ont repassé
Il est
Jamais je n’ai vu tant
d’artillerie en action sur un front de
Un artilleur
nous décrit ses premières impressions en arrivant sur le champ de bataille en
Belgique. La retraite, la bataille de
En Woëvre,
près de Belfort, Bourogne, fort Mont Bart, le chant du 110e RIT
« .. Aussitôt avec des
pelles bêches, l’on se construit chacun une petite tranchée, plusieurs
camarades sont tués ou blessés. L’on donne l’ordre de
L’ennemi est à 200m, les balles
sifflent, nous exécutons plusieurs feux, mais bientôt plusieurs groupes de
tirailleurs placés à notre gauche en terrain découvert dans un champ de
betteraves se replient sur nous. Le mouvement est vu par l’artillerie ennemie
qui aussitôt balaie le bois avec ses 77mm.
En ¼ d’heure de temps le
bosquet est fauché. La moitié de la section y reste, autant en tués qu’en
blessés. Je suis culbuté par le déplacement d’air fait par un obus et reçois un
Schrappnel au pied gauche (en dessous) qui me coupe toute la semelle. Je ne
ressens qu’une contusion. L’adjudant est blessé mortellement, il n’y a plus
moyen de tenir.
Les combats de
Villeneuve-lès-Charleville, Chapton, durant la bataille de
Quelques photos d’aviation de l’escadrille
« Comme nous apprenons la
fuite du 17ème corps ; on parle de grandes pertes au 116ème et au 118ème
et nous sommes tous
Les hommes ne mangent même pas leur
soupe pour partir plus vite.
A
Son carnet,
son itinéraire en Belgique, Aisne, Marne, Somme, ses impressions sur la
guerre..
Il est décédé le
Une succession de date et de lieux où le
téléphoniste QUINTARD Roger s’est déplacé avec son régiment d’artillerie durant
la guerre.
Son carnet du
début de la guerre
« Comme il était forcé ces pertes furent grandes et on peu dire
qu’il perdit près de huit milles hommes dans ce plateau maintenant inoubliable
qui s’étend de Souchez
Aussi vous voyez mes amis tel sont les résultats de la guerre et surtout de la terrible guerre qui met les uns contre les autres tous les peuples de l’Europe qui se disent civilisés et qui cependant font les plus terribles choses qui ne se sont jamais vu. »
Son carnet de
72 pages du début de la guerre…la description tragique des treize jours de
combats en Artois, en mai 1915, au Labyrinthe où son régiment, le 26e RI, perdu
le 1/3 de son effectif… ses critiques et pensées..
Il est décédé le
Les Allemands, sachant qu'ils sont dans
les environs, fouillent les granges. Ne trouvant rien, ils arrivent dans la
leur et piquent leur baïonnette dans le tas où étaient les chasseurs à pied,
mais ne les découvrent pas et se cantonnent dans la grange.
C'est alors qu'à la nuit, les chasseurs à pied se lèvent, et empruntent les effets des allemands pour s'en revêtir et c'est ainsi qu’ils se sauvèrent. Les allemands, à leur réveil fouillèrent dans toute la ferme, ne trouvant pas leurs fringues. Mais est-ce vrai ? Ils incendièrent plusieurs maisons avant de se retirer…..»
Son carnet du
début de la guerre…
« Nous restons dans cette fosse et les
copains s'emparent de la distillerie ; il est
«
Son carnet du
début de la guerre, son itinéraire de
« … Le 13 septembre
départ
La bataille continue par
l’artillerie l’ennemi se replie vers le nord. Passons la nuit sur le champ de
bataille sous une pluie battante, nous couchons dans la boue sans manger.
»
Ses feuillets
retraçant jour après jour son itinéraire du Var jusque l’Oise, la poursuite de
l’Armée allemande en septembre jusqu’a son décès dans le secteur de Vingré dans
l’Aisne.
Sans se soucier de ce qu’il se
passe dehors, on tire toujours sur les Boches qui avancent en colonne par
quatre, ça nous permet de taper dans le tas.
Mon fusil est tout rouge !
J’ai tiré plus de 300 cartouches… »
Son carnet
avec quelques descriptions de combats de village : Roville-aux-Chênes,
Machemont, Ribécourt, Marfaux ….
En chemin nous croisons de pauvres Noirs revenant de l’attaque
du 24.
Beaucoup n’ont pour seule arme
qu’un coupe-coupe, car, ils ne savent pas se servir d’un fusil. Ce sont des Africains
que l’on a tirés de leur brousse et qu’il faut utiliser avant l’hiver. La
plupart ne parlent pas français. On raconte qu’ils ont pour consigne de ne pas
faire de prisonniers, qu’ils n’en font pas et que certains ont même dans leur
musette une tête tranchée.."
Verdun,
l’arrivée au fort de Douaumont….
« On découvre une cave de champagne
à Reims où il y avait plus de 10.000 bouteilles.
Toute la nuit, on en apporte.
Le lendemain on en fait sauter
200 bouteilles avec des grenades.
– On monte en ligne, relever
les «bicots» qui partent à la grande offensive de
– Le 28 au soir, on monte le
champagne avec nous : tous les jours, pleins comme des huîtres.… »
Son carnet de
route des deux dernières années de la guerre, au sein du 100ème RI …
La montée en
premières lignes à Verdun, à la cote 304, dans la neige, une nuit d’hiver 1917.
Puis l’attaque, la sortie des tranchées, la course vers la mort …
« Nous avons eu la visite d’un
zeppelin le vendredi 5 avril à
Les notes du
sergent GUYON, son parcours en France puis en Orient à Salonique.
Quelle veine ! Le tireur,
La
description, en juin 1917 de sa « cagna », son premier poste de
commandement, en Champagne.
La description
de son dernier combat dans la région d’Hurtebise, en mai 1918, juste le premier
jour de l’offensive allemande qui allait déferler du Chemin des Dames jusque
En revanche celles des
officiers sont de véritables chambres, du reste c’est partout la même chose, il
n’y en a que pour eux, tant pour la nourriture que pour le confort. »
Les notes du
carnet de Jean AVEL du 101e territorial décrivent son séjour dans les tranchées
de
Son carnet de
route, ses classes à Lyon, son inaptitude militaire, puis déclaré apte au 99e
RI, puis au 415e RI, en Champagne, dans les Vosges (Vieil Armand),
Verdun (sa blessure sous le bombardement), son séjour à l’hôpital.
« 4 heures du matin, on entend la
fusillade. On part pour Rozelieures où on
prend part à un combat acharné. Nous ne pouvons encore résister. Nos obus
nous criblent, en fauche 7 de ma section. 1 mort. Chacun se disperse dans
les bois. »
Son carnet de
guerre, les combats pour Sarrebourg, les hécatombes de Rozelieures et de Magnières,
les combats dans la forêt d’Apremont, jusqu’à sa blessure mortelle.
Son carnet de
route du début de la guerre, puis réformé pour blessure de guerre en Artois en
oct. 1914.
Embarqué sur le paquebot
Stymgalet, arrivé en Orient le 10.
Le 13, arrivé en Grèce,à
Salonique… »
Carnet de
campagne d'Alfred Micard, établi seulement en 1919, alors qu'il rentrait en
France, car le carnet semble avoir été acheté en Grèce.
Ce n'est pas
du "au jour le jour" mais seulement les souvenirs encore récents,
quand ils sont encore présents à l'esprit.
..
Plus de 380
photos de tous les fronts, Artois, Somme,
Meuse, Vosges, Lorraine, Marne,
Belgique, Allemagne..
Des clichés
étonnants : des chars, aéroplanes, pont du génie, canons lourds, boucliers
roulants,
C’est une partie des
photos qui est présentée sur mon site, vous pouvez retrouver TOUTES ses photos
et toutes ses lettres, dans un ouvrage présenté sur le site de Bruno TARDY : Lettres
et photos de Georges TARDY
A la gare du Teill on nous
offre du café et nous achetons un drapeau sur lequel est inscrit ces quelques
mots : Honneur : Patrie 81e 2e
section 12e Cie nous jurons qu’il ira à Berlin. »
Son carnet de
route, la mobilisation, les combats du secteur de Lunéville, sa lettre d’adieu
à sa mère avant sa mort.
Il a été
témoin de la mort d’un capitaine tué par l’un de ses soldats, pendant la
retraite.
Les mémoires
(post guerre) de Fernand DOREMUS, soldat,
sous officier, puis officier commandant
la 5ème Cie de mitrailleurs du 366e RI, ses 5
citations
« 6 octobre 1915,
Les deux bataillons du 128ème
RI parviennent malgré les pertes à s'emparer de la butte de Tahure et s'y
maintiennent"
L’album de 80
photos d’Eugène CHARDOILLET, il commanda le 128e RI jusqu'à sa mort
à la butte de Tahure en 1915
L’album photos d’Edgard BABIAUD, médecin.
Beaucoup de
noms de soldats sont cités et sont photographiés
.
« J'aimerais que soit précisé
que ces photos ont été prises par Marcel RATTIER, histoire de rendre
hommage à cet homme qui était un amoureux de la photo et qui m'a laissé de
superbes albums de famille ! »
L’album
photos de Marcel RATTIER, agent de liaison
« Dans cette tranchée, nous avons trouvé
un chasseur à pied du 29ème bataillon. Il a le ventre ouvert et gémit
douloureusement. Sa blessure, affreuse, laisse voir ses entrailles d'où il
retire à chaque instant des brins de paille que le vent y apporte. Le
Lieutenant Brizou, qui nous commande, nous interdit d'emmener ce
malheureux. »
Quelques
pages de son carnet où il raconte sa mobilisation, son départ pour le front,
les combats de Gercourt, Rembercourt, Beauzée, le départ vers Verdun, les
combats de St Rémy en Woëvre
« Puis ils prennent les voitures, les calèches,
les chariots, les chevaux, les vaches, les porc, génisses, paille, avoine,
fourrages chez divers cultivateurs. On a peine à trouver du pain car ils ont
pris les farines et les blés. Beaucoup de maisons sont transformées en hôpitaux
car les blessés sont nombreux. »
Un travail
dans le Nord, à peine 17 ans,sa déportation en Allemagne, prisonnier à
Mersenburg et Rastadt, libéré pour son jeune âge,enrôlé dans un régiment
d’artillerie.
Ses
descriptions de la retraite française, la ruée des colonnes allemandes, son
internement, sa libération et la fin de la guerre dans l’artillerie
Et il prétend conserver ses
droits de premier occupant. Les rats aussi pullulent. »
Religieux et
instituteur libre dans le civil, il décrit sa tranchée, son abri, ses messes.
Tout me tombe autour mais
j’arrive sain et sauf. Ce n’est pas Ed, Je respire, mais c’est un ami et il a
les deux bras cassés.
Je coupe les courroies de son
sac et je mets son sac soutenu par son fusil pour lui faire un abri et je
repars en avant. »
D’Oran à
Arras, un épisode de la bataille de
Le casque, le masque, les
lunettes, ça nous donne une drôle de tête.
Enfin qu'est-ce que vous
voulez ! C'est la vie en Orient et ce n'est pas de la petite bière »
Son séjour au
sein de l’Armée d’Orient, l’embarquement pour Salonique,
L’album
photos de Jacques PILVEN, dans
« C'est décourageant, nous
sommes dans un état de malpropreté repoussante. Ce n'est plus des hommes, ce
sont des amas de boue qui meuvent. C'est avec dégoût qu'on mange le pain trempé
et qu'on ne peut protéger de l'eau. J'en vois qui pleurent et qui demandent la
fin »
« si on peut appeler ça de
la viande car il y a des crapules qui s’étaient amusées à désosser la viande
que nous devions toucher. Nous avons laissé là ces os, pas de café pas de pain,
pas de sucre enfin rien. »
Ses premiers
combats, ses désillusions, la mort de ses copains, sa blessure, ses
soins :
parcours en
Flandres, Maubeuge, Guise, retraite puis bataille de
: « Nous vîmes les
nôtres sortir de leurs tranchées, se mettre debout et, baïonnette au canon,
s’élancer sur les Boches. Ce spectacle-là me restera toute la vie. C’était
admirable de courage. »
De Saint-Malo
à Strasbourg, parcours d’un soldat du 47e RI, carnet d’août 14 à mai
1915 Belgique, Guise, Epernay, Reims,
Arras.
Ses croquis
de guerre…
« Partout dans les plaines et dans les
bois, ce n’est que tombes et trous d’obus. A Mattexey, près du cimetière, une
fosse contient 180 à 190 victimes qui appartenaient au 8ème corps : 86ème
et 95ème RI »
Carnet
personnel : Artois, Flandres, l’attaque en Champagne de sept.15, la
bataille de
« Jour de Toussaint. Beau temps. On
craint une attaque générale. Aujourd’hui extra. On paie le cigare à toute
La vie dans les tranchées à Wez et Courmelois (Reims), puis
aux Eparges, tué à Neuville St Vaast (Artois) en sept. 1915
« Le bateau se met en place pour
charger des patates. De près, nous voyons le Vésuve en éruption »
L’Artois,
blessure à
« Sur tout le parcours, grand
enthousiasme des populations qui nous offrent des fleurs, du vin, de la bière.
Cela faisait 8 jours que je n’avais pas bu un quart de vin. »
Carnet
personnel : Les Vosges, le col du Bonhomme, Les lacs à l’ouest d’Orbey, la
région de la tête de Faux
« Il importe au plus haut point de
profiter des circonstances actuelles.
A l’heure décisive qui vient de
sonner , où se jouent l’honneur et le salut de
Carnet de
route depuis St Brieuc à St Hilaire, date de ses blessures mortelles
Carnet personnel
qui contient des photos avec quelques annotations
A Aubin surtout. De toutes les fenêtres des
maisons d 'Aubin des mouchoirs, des drapeaux, des mains s'agitent pour nous
dire adieu et nous souhaiter un prompt et heureux retour .»
De la
mobilisation, à sa mort au bois de
« Nous passons dans Laheycourt qui est
en ruine où nous voyons encore de nos pauvres camarades carbonisés. Beaucoup de
tombes allemandes, bien distinctes des nôtres par le casque qui les surplombe.
Les Allemands ont enterré leurs morts ou tout au moins presque tous, mais pas
les nôtres, cette triste besogne est faite par notre génie, et des territoriaux
venus de Bar le Duc. »
Longwy,
Callencourt, Longuyon, Noers, Charpentry, Fléville, Nouart.
« On voyer partout des hommes malades
près à mourir le long des routes et des bois.
Ont piller et voler tout sur
notre passage pour tenir notre vie, ont nous nourrisser rien qu’avec des pommes
et des fois une bouteille de cidre que l’on voler dans des caves car il n’y
avait plus d’habitants nul par et tout était abandonner. »
Dunkerque, la
retraite,
« On fait des cercueils, cantines,
matériel de casernement et en plus du commerce de bouteilles pour les officiers
(ville de Reims, voiture volée, brigandage) »
Les
péripéties d’un sapeur sur le front et à l’arrière ; de 1914 à 1918
48 photos de
Carnet d’un soldat
du 28e Régiment d’Infanterie (RI)
Carnet d’un soldat des 57 RI et 60e RI
Album de photos d’un soldat du 64e RI
Carnet
d’un soldat du 285 et 295e RI
Carnet d’un soldat du 372e RI (1)
Carnet d’un soldat du 372e RI (2)
Carnet
d’un soldat du 12e Régiment d’Artillerie de Campagne (RAC)
Carnet d’un soldat de la 1e section d'infirmiers militaires
Carnet
d’un soldat du 1e Bataillon de Chasseurs à Pieds (BCP)
Carnet d’un
soldat des 81e, 94e ,98e Régiment d’Infanterie Territoriale (RIT)
Carnet d’un
soldat du 107e RIT
Carnet d’un soldat du 142e RIT
Carnet d’un soldat du 3e Zouaves
Carnet
d’un soldat du 4e Génie Territorial
Carnet d’un soldat du 8e Régiment du Génie
Mémoire d’un soldat du 12ème Escadron du Train
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