Les Fraternisations durant 14-18, trêve de noël 1914

Nouvel an 1915

Mise à jour : mai 2010

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1..Secteur de la 28e division d’infanterie

Secteur de Dompierre-en-Santerre, Foucaucourt, Fay

Somme, décembre 1914

 

 

 

En décembre 1914, la 28e division d’infanterie se positionnait dans la Somme, secteur Fay-Dompierre-Foucaucourt ;

La 28e DI faisait parti du 14e corps d’Armée.

La 28e DI comprenait les 55e brigade (22e et 99e RI) et 56e brigade (30e RI et groupe alpin du 11e Chasseurs)

Le 9e Hussards fournit 70 hommes de son 5e escadron qui prennent les tranchées dans le même secteur.

Une centaine d’hommes du 101e régiment territorial sont aussi dans le secteur (source : JMO du 30e RI)

J’ai donc « fouillé » dans tous les JMO (Journaux de Marches et Opérations) de ces unités ; Voici ce que j’y ai déniché :

 

Extrait du JMO de la 28e Division d’Infanterie :

Extrait du JMO de la 55e Brigade d’Infanterie

JMO du 22e RI

Extrait du JMO du 99e RI

Extrait du JMO de la 56e Brigade d’Infanterie

Extrait du JMO du 30e RI

JMO des 9e Hussards et 101e Territorial

JMO de la 28e Division d’Infanterie :

28 décembre 1914

« Dans le secteur de la 55e brigade, des relations de tranchée à tranchée se sont engagées entre nos troupes et des Bavarois.

Un certain nombre de nos hommes et des Bavarois sont sortis de leurs tranchées et se sont rencontrés à mi-distance environ, se sont serrés la main, échangés des journaux, des cigarettes et provisions de diverses natures.

Invités par nous de se rendre, les Bavarois ont déclarés en avoir assez ; mais ont refusé de se rendre pour l’instant, et vouloir réfléchir avant de prendre une décision.

Les relations et pourparler se poursuivront les jours suivants. »

 

29 décembre

« Rien à signaler sur le front de la division »

30 décembre

« Vers 13h30, entre la ferme Brûlée de Fay et la Palmeraie (secteur de la 55e brigade), un soldat allemand, porteur d’un fanion blanc et accompagné d’un sous-officier sortait des tranchées et se dirigeant vers les nôtre.

La sentinelle leur fit signe de s’arrêter à 250m de notre ligne, un officier, le capitaine Michoux, accompagné d’un homme parlant couramment allemand, se portèrent en avant et engagèrent une conversation avec le sous-officier et l’invitère à se rendre.

A ce moment 300 hommes environ sortirent sans armes des tranchées ennemies.

Sur l’invitation du capitaine Michoux, le sous-officier fit signe à tous les hommes de s’arrêter. Ce qui fût fait sur le champ.

La conversation se poursuivit, le sous-officier déclarant qu’ils en avaient tous assez, que nous devions d’ailleurs être comme eux, et que nous aurions fait la paix si nous n’étions poussés par les Anglais qui sont la cause de tout le mal.

Le capitaine Michoux répondant que nous tiendrons 3 ans s’il le fallait, qu’il ne pouvait être question de paix tant qu’un seul Allemand resterait sur le territoire français et ajoutant que la meilleure façon de terminer la guerre pour les Allemands était de se rendre, qu’ils pouvaient venir en toute sécurité chez nous où ils seraient bien traités.

Le Sous officier ne répondit rien et demanda qu’on leur fit venir quelques journaux et des renseignements sur la situation du point de vue politique et économique, afin de les comparer avec ceux qui leur parviennent d’Allemagne.

Bien qu’il ait été impossible de reconnaître le N° de régiment auquel appartenaient les Allemands, l’endroit où s’est engagé la conversation a été reconnu comme étant le front tenu par des troupes Prussiennes.

Cet incident n’en est pas plus significatif »

(…)

31 décembre 1914 :

« Dans la nuit du 30 au 31, à la suite de pourparlers engagés en pleine nuit, dans le 1er secteur de la 55e brigade, les Bavarois ont laissés des fraction du 99e travailler à la pose de réseaux de fil de fer, sur l’assurance que nous n’exécutions que des travaux définitifs et que nous ne nous proposions de ne pas couper leur propres réseaux.

Un Bavarois a adressé à nos hommes des cartes postales contenant des vœux de nouvel an et des remerciements pour le pain et le cognac qu’ils ont reçu d’eux.

Une de ces cartes est ainsi conçue :

« Aux camarades français :

Nous ne tirons que si un officier est à (auprès de) nous. Seulement notre lieutenant est toujours en rage et tire quelquefois ! Une bonne année, merci beaucoup pour le cognac, il a bien goûté. »

 

1er janvier 1915

Vers 23h00, deux sous officiers Bavarois ont déclaré à un lieutenant du 99e qui surveillait le placement des fils de fer, qui tout en restant nos camarades, ils ne pouvaient plus causer avec nous, parce que leur officiers l’ont défendu trop rigoureusement.

Cette interdiction s’explique soit par une certaine agitation qui se serait manifestée chez les Bavarois soit par la crainte de voir des renseignements importants transmis à nos troupes.

Ces relations, si elles ne nous ont pas permis de déterminer des soldats Allemands a  se rendre, ont cependant été utiles à plusieurs points de vue.

Elles ont renseigné les Bavarois sur des faits qu’ont leur cacahit, et sur notre intention de pousser la guerre jusqu’au bout ; elles nous ont permis de poser sans être inquiéter des réseaux de fil de fer et d’inhumer des cadavres des nôtres qui étaient resté sans sépulture très près des lignes ennemies après le 28 novembre.

2 janvier

Rien à signaler sur le front de la division (…)

JMO de la 55e Brigade d’Infanterie

Du 23 au 31 décembre

« Pendant cette période, le feu de l’infanterie ennemie diminue d’intensité, puis cesse complètement dans la région à l’est du bois Commun et du bois Touffu où nous est opposé un régiment Bavarois. Plusieurs soldats de ce régiment passent volontairement dans nos lignes (…)

L’ennemi cherche visiblement à rentrer en relations avec nous.

L’accalmie s’étend bientôt à la plus grande partie du front de la brigade. Nous profitons de ces circonstances pour faire parvenir aux Allemands des journaux français et étrangers afin de les informer de la situation européenne (…) »

1e au 6 janvier 1915

« Dés le 1er janvier au soir, les officiers allemands se sont opposés à toutes communication de leurs troupes avec nous. Ces relations sont de moins en moins fréquente et bientôt cessent complètement. »

Du 6 au 12 janvier

(…)

« L’accalmie signalée plus haut dans le feu de l’infanterie ennemie cesse peu à peu et bientôt nos travailleurs doivent s’abriter comme par le passé. »

JMO du 22e RI (55e BI, 28e DI)

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 22e RI

JMO du 99e RI (55e BI, 28e DI)

24 décembre

(…)

7 allemands se sont rendus. (…) d’après leurs dires une très grande animosité existe entre Bavarois et les Prussiens.

(…)

25 décembre

Les tirailleries ont cessé brusquement chez les Allemands dès le point du jour. Un grand nombre de Bavarois sont sortis de leurs tranchées en faisant signe de ne point tirer sur eux, puis ils se sont avancés à mi-distance de nos tranchées et ont engagé la conversation avec nos hommes devant le secteur du bois commun.

Trêve complète.

Fureur des Prussiens qui tirent sur les Bavarois.

Ceux ci nous préviennent de l’arrivée de leurs officiers et déclarent qu’ils tireront en l’air, ce qu’ils font en effet.

26 décembre

« Les bavarois sympathisent toujours devant le secteur du bois Commun.

Trêve absolue »

27 décembre

La paix continue

2 officiers Bavarois sont venus à mi-distance des tranchées Filippi.

Un de nos hommes s’est approché. La conversation s’est engagée et les officiers Bavarois ont paru tout étonnés d’apprendre que Lyon n’était pas investi par une armée Italienne ainsi que le bruit s’est répandu dans les tranchées allemandes.

 

28 décembre

« L’accalmie persiste sur tout le secteur

Au bois Touffu, nous avons pu enterrer 8 morts français remontant au 29 novembre, qu’on est allé chercher tout près des tranchées allemandes.

12 heures : Les Bavarois nous préviennent que le génie prussien va lancer des bombes sur les tranchées de 1e ligne du bois Commun.

12h10 : les bombes sont lancée sans effet (…) »

29 décembre

« Les Bavarois continuent à ne pas tirer et à nous informer de l’arrivée de leurs officiers. Nous en profitons pour placer des fils de fer devant le front de toutes nos tranchées (…) »

30 décembre

« Les relations continuent avec les Bavarois. Elles sont toutefois plus restreintes que précédemment. Ils ont prévenu qu’ils ne laisseraient plus travailler à découvert.

Un incident se produit devant les tranchées allemandes entre la ferme Brûlée de Fay et la Palmeraie : un sous-officier et un soldat prussien porteur d’un fanion blanc sortent de leurs tranchées se dirigeant vers les nôtres.

Un officier (capitaine MICHOUX) accompagné d’un homme parlant allemand se porte au devant du parlementaire

Aussitôt 300 soldats prussiens environ sortent sans armes de leurs tranchées .Sur l’invitation du capitaine MICHOUX, le sous-officier allemand fit arrêter ses hommes.

Après une conversation qui a porté sur l’état moral des troupes allemandes qui semble très abattu, le parlementaire a rejoint sa tranchée

Echange de journaux et de cartes postales du nouvel an. »

31 décembre

« La trêve continue toujours et les bavarois nous laissent travailler à condition, ont ils dit, que nous ne coupions pas leur propre réseau de fils de fer.

Dans le secteur de Foucaucourt, malgré les avances faites par les Prussiens, les coups de feu ont continué pendant la nuit (…)

1er janvier

« Continuation de la trêve. Echange de journaux. Nous en profitons pour fortifier nos défenses accessoires. Construction de réseau de fil de fer, chevaux de fraise. Les Allemands continuent à ne pas tirer.

Devant Dompierre et Foucaucourt, les prussiens sont dans de moins bonnes dispositions ; des coups de fusil nous arrivent de ces directions.

A minuit, pour fêter la nouvelle année, ils ont tirés de nombreux coup de feu en l’air.

Avec l’autorisation des Allemands, quelques cadavres ont été enterrés. »

2 janvier

« Confirmation de la trêve. Nous continuons à fortifier nos positions et enterrer les cadavres.

Les Allemands regrettent de ne pouvoir continuer à causer avec nous, leurs officiers l’ayant rigoureusement défendu (…) »

3 janvier

« L’accalmie persiste toujours dans le secteur.

On parvient très difficilement à renouer conversation avec les Bavarois.

Des relèves fréquentes ont lieu; Visiblement les chefs Bavarois cherchent à éviter les contacts prolongés avec les mêmes adversaires.

Les travaux ont cependant continué à découvert, l’ennemi n’a pas tiré. »

JMO de la 56e Brigade d’Infanterie

Secteur de Dompierre-en-Santerre, Somme

25 décembre 1914 :

« La journée est calme, une trêve très spontanée s’établit sur tout le front du secteur, notamment aux deux extrémités où soldats Allemands et Français sortent par endroits des tranchées pour échanger des journaux et cigarettes… »

 

27 décembre 1914 :

Situation stationnaire

« La trêve tacite de Noël se continue et le calme est complet sur tout le front ; sur les deux lignes opposées, les soldats n’hésitent pas à sortir des tranchées.

Des isolés viennent à la rencontre les uns des autres : il y a des échanges de journaux et de cigarettes… »

JMO du 30e RI : secteur de Dompierre-en-Santerre

25 décembre

(...)

26 décembre

(...)

27 décembre :

Situation stationnaire. La trêve de noël continue et le calme est complet sur tout le front.

Sur les 2 lignes opposées, les hommes n’hésitent pas à sortir des tranchées. Les Allemands viennent à la rencontre des nôtres, il y a échange de journaux, tabac, cigarettes.

Aucune autre manifestation dans la journée

 

28 décembre

(...)

29 décembre

(...)

30 décembre :

Rien de changer. La conversation s’engage à nouveau entre Français et Bavarois dans le secteur du Cond-Lagarde ( ?), mais n’atteint pas le but poursuivi de provoquer des déserteurs dans les rangs allemands. Tout est calme.

(...)

31 décembre

(...)

1e janvier

Journée calme sur tout le front, sauf quelques dialogues échangés de tranchée à tranchée

(...)

 

JMO des 9e Hussards et 101e Territorial

J’ai aussi consulté les JMO des 101e territorial et 9e Hussards, mais pas d’écrits sur ces faits de fraternisation.

Ces 2 régiments étaient aux côté du 30e RI (source : JMO du 30e RI)

 

Voir les nombreux autres cas de fraternisations (5e, 28e, 52e, 53e, 70e divisions d’infanteries, et les écrits des soldats)

 

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