Les Fraternisations durant 14-18, trêve de noël 1914

 

 

 

4....Secteur de la 5e division d’infanterie

Nord de Reims, les Cavaliers de Courcy, Loivre, Saint-Thierry

Marne, décembre 1914

 

 

 

En décembre 1914, la 5e division d’infanterie se positionnait dans la Marne, au nord de Reims.

La 5e DI faisait parti du 3e corps d’Armée (CA)  (composition du 3e CA : 5e et 6e DI et 239e et 274e RI)

La 5e DI comprenait les 9e brigade (39e et 74e RI) et 10e brigade (36e et 129e RI) et une partie du 7e chasseurs à cheval

Les 239e RI et 274e RI étaient dans le secteur (rattaché au 3e CA)

La 185 brigade d’infanterie territoriale (75e et 78e RIT) se trouvait elle aussi dans le secteur

 

J’ai donc « fouillé » dans tous les JMO (Journaux de Marches et Opérations) de ces unités ; Voici ce que j’y ai déniché :

 

JMO de la 5e division d’Infanterie (9e et 10e brigade d’infanterie)

JMO de la 9e brigade d’infanterie (39 et 74e RI)

JMO du 39e RI

JMO du 74e RI

JMO de la 10e brigade d’infanterie (36 et 129e RI)

JMO du 36e RI

JMO du 129e RI

7e chasseurs à Cheval

JMO du 239e RI

JMO du 274e RI

185e Brigade d’infanterie territoriale (75e et 78e RIT)

JMO du 75e régiment territorial

JMO du 78e régiment territorial

 

JMO de la 5e division d’Infanterie (9e et 10e brigade d’infanterie)

 

 

25 décembre :

(…) Une patrouille (1 adjudant, 1 sergent, 1 caporal et 10 hommes) a été dirigée  sur Craonne dont elle s’est approchée à courte distance. Elle a perçu des chants accompagnés de musique, provenant de la lisière est de Craonne (…)

26 décembre :

Nuit calme sur tout le front (…)

JMO de la 9e brigade d’infanterie (39 et 74e RI)

 

 

23 décembre 1914

(...)

secteur (?) Chauffour : une reconnaissance composée de 13 hommes du 74e et de 9 hommes du 78e territorial, commandée par un sous-lieutenant, parvient à proximité d’un poste allemand, près d’une meule de paille en bordure de la route Loivre-Villers-Franqueux.

Reçue par des coups de fusils au moment où elle l’attaquait à la baïonnette, 8 hommes sur les 9 territoriaux se replièrent, abandonnant leurs camarades. Au même moment une fusillade partait du bois Chauffour.

La reconnaissance se replia sous le feu croisé des allemands et des français ; un homme disparut au cours de ce repli et un sergent fut légèrement blessé d’une balle à l’épaule.

Le lieutenant-colonel commandant le sous secteur a infligé 15 jours de prison aux hommes du 78e territorial qui ont lâché pied.

Cette punition sera lue à trois rassemblements au 78e territorial

 

24 décembre :

Sous-secteur du Chauffour : (…) Une reconnaissance de nuit dit avoir entendu des chants religieux à Loivres (…)

Sous-secteur du Luxembourg :

(…) à 21 h, le 274e (Verrerie) signale que les allemands ont chanté des cantiques toute la journée, fait un arbre de Noël sur les Cavaliers de Courcy et illumine le moulin de Courcy.

 

25 décembre :

Pas d’ordre d’opérations

Evénements principaux de la journée

Nuit du 24 au 25

-calme- Pendant la soirée démonstration allemande, chants et musique.

Une reconnaissance de 12 zouaves, commandée par un sergent, s’est approchée jusqu’à 600 mètres de nos lignes sur le chemin de Thil à Courcy. Carte à voir

Elle s’est heurtée à une ligne de sentinelle très renforcée, en arrière de laquelle se faisait entendre des cris et des chants durée 2h1/2 à 3 h

Journée du 25

Vers 9 h00 quelques groupes d’allemands sont sortis sans armes de leur tranchée, en levant les bras et se sont avancés entre leurs ligne et celles du 74e et 274e, dont plusieurs hommes partent ( ?) à leur rencontre et fraternisent quelques instants.

(… ??), dès qu’il fut averti de ces incidents regrettables, le commandant du sous secteur, donna l’ordre de faire rentrer les hommes et d’ouvrir le feu sur les Allemands

Des feus de salves furent exécutés par la 7e Cie du 75e territorial, et les hommes rentrent dans leurs tranchées

Sur l’ordre du général commandant de la division, une enquête fût ouverte qui établira les responsabilités et donnera des renseignements détaillés sur cet incident.

Le résultat de cette enquête n’est pas encore parvenu à la division (23 heures)

(…)

Vers 21h, le secteur du Chauffour a signalé qu’on percevait un bruit de défiler au pas de parade et de défilé dans le village de Loivre. Le feu de l’artillerie lourde a été activé sur cet objectif immédiatement

 

Voir la suite sur le JMO

JMO du 39e RI

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 39e RI

JMO du 74e RI

24 décembre :

Nuit calme sur tout le front du secteur du centre

(…)

25 décembre :

(…)

La nuit a été calme sur tout le front du secteur.

(…)

Pendant toute la soirée, les Allemands ont chantés et joués de la musique dans les tranchées que nous font face.

(…)

Dans la matinée, un certain nombre d’Allemands sont sortis de leurs tranchées sans armes et en levant les bras ; Quelques uns d’entre eux portaient des petits sapins comme arbre de Noël, quelques uns de nos hommes voyant cela, sont également sortis de leurs tranchées. Dés que ces faits regrettables ont été rapportés au colonel, il a donné ordre de faire rentrer ces hommes et d’ouvrir immédiatement le feu sur les Allemands.

(…)

 

26 décembre :

Nuit calme sur tout le front du secteur du centre

Dans la soirée du 25, les Allemands ont chanté et joué de la musique dans les tranchées qui nous font face.

 

 

JMO de la 10e brigade d’infanterie (36 et 129e RI)

25 décembre

Pendant la nuit du 24 au 25, les territoriaux ayant appris que pendant la nuit de Noël, les Allemands déclencheraient probablement une attaque, se livrent vers 19h30, à une tiraillerie incompréhensible et brûlent 10.500 cartouches dans l’espace de 20 minutes. L’énervement gagne le 129e (9e compagnie, capitaine LÖY) qui envoie des renseignements alarmistes à son chef de bataillon (Commandant PAUSEL).

Cet officier supérieur demande un tir de barrage (…), 24 obus sont tirés (…)

Tout cette canonnade et cette fusillade n’étaient motivées par rien. (...)

JMO du 36e RI

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 36e RI, mais au 31 décembre :

31 décembre

(…)

D’après un renseignement, les Anglais du 7e étrangers seraient sortis de leurs tranchées en chantant leur hymne national. Les Allemands ont ouvert le feu et répondu par l’hymne allemand

(…)

 

JMO du 129e RI

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 129e RI

7e chasseurs à Cheval

100 hommes du 7e RCC (25 par escadron) occupent ce même secteur durant la période de Noël et nouvel an.

Rien n’est signalé dans le JMO

JMO du 239e RI

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 239e RI

JMO du 274e RI

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 274e RI, pourtant dans le JMO de la 185e brigade d’infanterie territoriale citent les 74e et 274e RI.

185e brigade d’infanterie territoriale (75e et 78e RIT)

25 décembre

(…)

Vers 8 heures et demi, des Allemands se sont avancés hors de leurs tranchées, sans armes, ni équipement, pour fraterniser avec les Français, quelques groupes du 74e et 274e se rendirent devant eux.

Dés que le commandant du sous-secteur du centre eut connaissance de cet incident, il ordonna la rentrée immédiate des hommes et l’ouverture du feu sur les Allemands ; les feux de salves furent exécutés par la 7e compagnie du 75e territorial.

Aucun territorial n’est sorti des tranchées. Tout le monde était rentré à 10 heures

(…)

 

JMO du 75e régiment territorial

Le 75e RIT se trouve à Saint Thierry, des soldats se trouvent en tranchée au lieu-dit « le Cantonnier » indiqué le 23 décembre sur le JMO.

Le commandant du 75e RIT est le lieutenant-colonel DE CORAL

25 décembre :

Réception et distribution, aux 1e et 2 bataillons de braseros, sacs de couchage, peux de moutons, gants, cache-nez, molletières, pipes etc…

(…)

Vers 8h30, on a pu remarquer, en avant de nos tranchées de 1e ligne des groupes d’hommes tant Allemands que Français fraternisent ensemble.

Sur l’ordre du lieutenant-colonel commandant le sous-secteur, le capitaine Baroche commandant la 7e compagnie du 75e fit exécuter des feux de salves en l’air comme avertissement.

Les hommes rentrèrent alors dans leurs tranchées respectives. Aucun homme du 75e ne faisait parti de ces groupes

 

26 décembre :

 

Division provisoire ; état-major

 

Ordre N°2

 

Aujourd’hui 25 ( ?) décembre des allemands sont sortis de leurs tranchées en grand nombre, sans armées, les mains levées, invitant nos soldats à en faire autant et à venir fraterniser avec eux à l’occasion de la noël

Il s’est trouvé des hommes, dans nos rangs,  pour méconnaître leur devoir au point de répondre à cet appel, quitter leurs tranchées pour causer avec l’ennemi et en accepter des cigares ou des journaux.

 

Un pareil fait est un manquement des plus graves à la discipline et à la dignité. Il constitue une désobéissance à des ordres formels. Les Allemands doivent être reçus que comme le mérite un ennemi déloyal, capable de toutes les infamies, c’est à dire à coups de fusil ou à la baïonnette.

 

L’autorité des chefs, à défaut du bon sens des hommes, aurait du suffire à prévenir une telle faute. Cette autorité s’exerce avec une énergie qui n’hésite pas, au besoin, à forcer l’obéissance.

Si jamais semblable fait se reproduit, l’ordre du général commandant la division provisoire est de tirer sur les Allemands, même si des français se trouvent au milieu d’eux.

 

 

Le 25 décembre 1914

Le général commandant la division provisoire

Signé TASSIN

(…)

 

27 décembre

Des consignes générales et spéciales ont été données aux diverses sentinelles

(…)

JMO du 78e régiment territorial

Les faits ne sont pas relatés dans le journal du 78e RI

 

 

 

Voir les nombreux autres cas de fraternisations (5e, 28e, 52e, 53e, 70e divisions d’infanteries, et les écrits des soldats)

 

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